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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 10/15/16--07:56: JE ME SUIS HABITUE
  • Je me suis habituéà cette terreur lente,
    À la défaite acceptée, au profit de la mort.
    Dans ma voix se dessinent des îles,
    Mais les amis ne savent pas que je converse avec les morts.
    Heureux d'une journée, d'une rencontre au bord des routes
    Avec le cantonnier, ou, appuyé sur un bâton,
    Avec quelqu'un qui est déjà plus qu'un berger...
    La chair a une odeur de soufre.
    Mon poids s'est augmenté de ma fatigue et de sagesse.
    Il y a des portes dans les aires naufragés
    Et nous marchons, serrant au poignet
    Cette paresse, cette présence, une habitude,
    Cette vie qui cache la nôtre et que nous n'avons pas connue.

     

    .

     

    JEAN MALRIEU

     

    .

     

    MALRIEU


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    Chasuble du matin
    l'azur
    – et la sève du ciel
    s'étoile en fusées d'hirondelles
    Une jaune rumeur d'abeilles et d'amour
    auréole les noces des poiriers
    Grise en son nid de cloches
    quelle heure à voix cassée
    décline son identité

    ...

     

    Automne des visages
    où ce qui fut regard
    n'est plus qu'une eau troublée

    Aux deux bouts de la nuit
    bien au-delà des rosées d'hortensias
    et des épis de dauphinelles
    les crépuscules se répondent
    dans le reflet fumeux des vitres

    Nous allons
    sous l'ombrage du Temps
    vers des puits sans paroles

     

    .

     

    FRANCIS BOURQUIN

     

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    mahmoud al- Kurd

    Photographie Mahmoud Al Kurd

    http://www.mahmoudalkurd.com

     

     

     

     


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  • 10/16/16--01:22: LA MISE AU MONDE....Extrait
  • Elle a un fruit d’Andalousie
    de grains sombres de sang
    chaque caillot de martyr
    est dans sa pulpe entre nos dents
    chaque vengeance dans le plomb
    mûr pour l’éclatement
    Ô chant profond ! Et nous ne savions pas
    en cet été s’il y a trente étés
    quand la première fois ton cri nous révélait :
    se pouvait-il qu’un jour fut déchirée
    cette étoffe de source de soie et de joie
    qui découvrait le monde avec le jeune corps ?

    Trente années trente années et nous ne savions pas
    qu’il déchirait déjà Lorca et Guernica
    Grimau pêle-mêle os pierres de nos remords.
    Près de vous quand le jour viendra
    oserons-nous aimer vous goûter vieux témoins ?

    Ô jardins ô jasmins fruits et l’eau jaillissant
    pour deux bouches au creux d’une main.

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    Claudine CHONEZ

    (1906-1995)

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    contra_vosotros_asesinos_de-palomas2

    Oeuvre Roberto Matta

    " Contra vosotros asesinos de palomas 1950 " en hommage à Federico Garcia Lorca


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  • 10/16/16--02:11: VOIX..

  • Voix aimées, idéales, de nos morts
    et de ceux qui, pour nous, sont perdus à jamais.
    Parfois elles reviennent dans nos rêves.
    Parfois elles se lovent dans nos pensées.
    El leur écho ramène pour un moment —
    telle une musique lointaine qui se perd dans la nuit —
    cette poésie première qui effleura notre vie.

    ...

    Autant que possible

    Si dans ta vie tu ne peux faire
    selon tes désirs, tâche au moins ceci:
    autant que possible, ne la prostitue pas
    la traînant chez les gens,
    parmi l'agitation des gestes et des paroles.
    Ne la dégrade pas à force de la promener,
    la faire briller et l'exposer
    à l'imbécillité quotidienne
    des fréquentations et des cercles
    jusqu'à en faire une étrangère importune.

    ...

    Je m'en suis allé

    J'ai ignoré toute entrave. Je m'en suis allé.
    Je suis parti vers la nuit illuminée
    aux jouissances moitié réelles,
    moitié issues de mon imagination.
    Et j'ai bu des vins forts, tels
    que n'en boivent que ceux
    qui ne craignent pas la volupté.

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    CONSTANTIN CAVAFIS
    Traduit par François Sommaripas

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    cava


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  • 10/16/16--04:18: L'ARIDE DES JOURS...Extrait
  • Bouche ouverte
    au silence inépuisable
    Seul fracas: les montagnes dévalant leur à-pic.
    J'avoue ma chair périssable,
    et ma langue déglutit
    le passé dénommé.
    De mon corps au paysage, toujours
    l'espace désertique des mots
    Il pleut à travers mes os.

     

    .

     


    JEAN-CLAUDE IZZO

     

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    serge3,

    Oeuvre Serge Fiorio

    sergefiorio.canalblog.com

     


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  • 10/17/16--04:29: LES PORTES BOUGENT...Extrait
  •  Il y a eu cet orage de tropique

    parmis les flamboyants du plaisir

    la vitre battant sur des chevelures immenses

    la pluie cisaillée d'étoiles

    la lumière avalée à plein ventre

    à plein gosier à plein sang.

     

    Il y a eu cette heure

    d'anthracite et d'argent sous les tentures

    des baisers de couteaux des rires de poudre

    les niveaux de sang reversés l'un dans l'autre

     

    Il y a eu

    le pays sans cloison le regard sans clôture

    clouant la nuque stupéfaite.

    Et cette eau tendre aux nervures du corps

    la fièvre du rideau calmée

    la housse de nuit

    sur nous bénis.

     

     .

     

    CLAUDINE CHONEZ

     

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    guy denning8

    Oeuvre Guy Denning

     

     

     


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  • 10/17/16--08:39: L'EAU DE LA SOURCE
  • C’est l’automne. Le vent s’empale aux crocs des arbres laissant tomber leurs feuilles comme on enterre un os. La terre les dévore pour réchauffer sa chair. Déjà, les oiseaux ont crevé les yeux des tournesols et des épis de maïs. Les fruits gèlent sur les branches avant le vin d’hiver. Les épinettes gonflent leurs gobelets de résine. Les insectes frileux rejoignent l’invisible. Les criquets sèchent dans les plinthes et retournent au silence. La pluie d’octobre éveille les enfants de poussière. Je me perds partout mais ne retrouve que des mots. Je regagne le rêve comme le fauve sa tanière. J’écris des mots de feu en prévision du froid. J’entends mes pas dans la pièce où je fus. Pourtant, surveillant mes arrières, c’est devant que je marche. Le corps du présent garde les pas de l’enfance, les bras du souvenir, l’épaule des années. Je ne sais pas pourquoi certains mots que j’écris ont des souvenirs que je n’ai pas, des désirs que j’ignore, des images qui me sont inconnues. Ce qui n’a pas été féconde ce qui est. Ce qui sera maintient le corps du vivant. Ce qui porte la vie unit l’homme et la femme.
    Oùétions-nous avant la vie ? Où serons-nous après ? Les gens ne se regardent plus que par écrans interposés. Je veux l’eau de la source, pas celle de la mer qui n’offre pas à boire. Je veux la terre du jardin, pas celle du désert qui ne fait pas de pain. L’amour n’est pas fait pour les peureux. De la vigne à la veine, le sang n’a pas de fin. Au coin des lèvres, deux ou trois mots retiennent le sourire, les larmes au coin des yeux. J’en tricote le fil en gouttelettes d’encre. Le plus banal cache toujours quelque chose. Ce n’est pas un décor qu’il nous faut habiter, mais le creuset de l’être. Écrire est une façon de vivre. À chacun son aventure. À chacun ses odeurs, son rythme, ses paroles. J’ai des frères parmi les végétaux, une jumelle à l’espoir. C’est au lichen, la neige, à la pluie, aux lucioles qui s’agitent que je dis les mots. C’est à l’homme que je traduis la pierre, la cardamine, la sauge. Mieux qu’une jarre de grès, la main du potier. Mieux qu’un robinet de cuivre, le bois du coudrier. Mieux que le vent, l’humble poussière du pollen. Mieux qu’un miserere, la prière des bêtes. Mieux qu’une chapelle ardente ou l’air climatisé, l’orgasme de la terre sous les caresses de l’eau. Mieux que le pain qu’on déballe pour les moineaux de gare, les bourgeons gonflés de sève et la terre à légumes. Par la force des mots, je tiens encore debout.
    C’est chez les «honnêtes gens» que le fascisme ordinaire s’installe le plus facilement. Ils sont prêts à tout accepter pour avoir un salaire, tuer la vie, payer la mort. Enchaînés au travail, ils suent au lieu de pleurer et leurs rires sont faux. Leurs noms se perdent dans le nombre. La majorité silencieuse est à la droite de Dieu, l’économie son bras armé. C’est chez les marginaux que j’ai rencontré le plus de bonté, les hors normes, les rejetés, les artistes, ceux qu’on nomme des «losers». Ceux qui savent attendre arrivent toujours en retard. Les impatients se perdent sur la route. Seuls les amoureux se retrouvent partout. Sans la faim, les fruits ne sont que des objets. Sans la soif, la source prendrait froid, mais les oiseaux viennent boire. Il y a tant d’échecs àêtre plus qu’un homme, si peu d’efforts pour être bon. On met du vide sur le temps et du sang sur le sol. On met des chiffres sur la plaie. On met le rêve entre parenthèses, l’amour dans un étau. On compte le réel sur du papier monnaie. Heureusement, des voyelles faseillent au milieu d’une phrase. Des consonnes sonnent l’heure et le secret caché. Il faut savoir plier le mot chaise pour s’y tenir assis, redresser le mot arbre pour atteindre les branches. Ce matin, je m’éloigne du village. Je grimpe la montagne aux hanches lourdes. Je convoque les vents au carrefour du monde. J’invoque l’aubépine. Je provoque à l’amour. Quand je manque de mots, j’en appelle aux oiseaux, aux grenouilles, aux criquets, aux frissonnements du vent. La feuille morte qui tombe fait partie de la vie.
    Faute d’identité, les mots me servent de visage. Chaque phrase est une empreinte digitale. Tant de vies invisibles traversent le papier et tant d’anges grelottent quand l’homme les ignore. La poésie est cette fleur absente des bouquets, celle qui pousse en nous dans le terreau du cœur.

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    JEAN-MARC LA FRENIERE

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    JEAN-MARC

     


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     Ne te retourne pas
    Le souvenir est devant toi

    Car ce printemps est advenu
    Comme d'une étoile écorchée

    Dans la grande allée du royaume
    À jamais perdu retrouvé

                   Douceur des larmes dans la chair
    Enfance aiguë

     

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    HELENE CADOU

     

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    scandola,


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  • 10/18/16--06:13: SOUDAIN TRAVERSE UN JARDIN
  • Soudain traverse un jardin
    Au bord de tes lèvres. Eden
    Mon coeur te plaque sous le porche

    Adossée au froid bleu des fresques
    Tu es là. Délice
    Le tremblé d’un rose la pierre d’iris

    T’ai arraché pull jupe et bikini
    Ai mangé d’emblée le blé
    De ton sexe d’or, et ma bouche

    L’a pénétréà moins
    Que ce ne soit ton corps
    Qui ait fondu dans ma bohème. Ma main.

    Je ne sais plus qui est le monde
    Dans ce moment-là
    Mais le jardin fut de chair un verger

    Et de l’esprit qui rit
    Sous le porche ton cri chant
    Le plus beau que j’entendis

    Sous le dôme du kiosque
    Dans les tresses de saules
    Dans les pleurs naturels

    Ton cri nous délivra
    Outremer noir de bougie
    Sont des couleurs de toi

    Lorsque je ferme les paupières
    Que se reflète sur leur tain
    Ton corps en transe dans mon âme

     

    .

     

    MARTINE CROS

     

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    martine cros2,

     

    Oeuvre Martine Cros

    https://bleumouvantdelanuit.wordpress.com/2016/10/18/soudain-traverse-un-jardin/

     

     

     

     


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  • 10/19/16--01:28: PHILIPPE SOUPAULT...Extrait
  • Rien que cette lumière que sèment tes mains
    Rien que cette flamme et tes yeux
    Ces champs cette moisson sur ta peau
    Rien que cette chaleur de ta voix
    Rien que cet incendie
    Rien que toi

    Car tu es l’eau qui rêve
    Et qui persévère
    L’eau qui creuse et qui éclaire
    L’eau douce comme l’air
    L’eau qui chante
    Celle de tes larmes et de ta joie

    Solitaire que les chansons poursuivent
    Heureux du ciel et de la terre
    Forte et secrète vivante
    Ressuscitée
    Voici enfin ton heur

     

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    PHILIPPE SOUPAULT

     

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    THIERRY RAYNAUD

    Photographie Thierry Raynaud

    thierry-raynaud.com


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  • 10/19/16--01:34: AUTOMNE MALADE
  • Automne malade et adoré
    Tu mourras quand l'ouragan soufflera dans les roseraies
    Quand il aura neigé
    Dans les vergers
    Pauvre automne
    Meurs en blancheur et en richesse
    De neige et de fruits mûrs

    Au fond du ciel
    Des éperviers planent
    Sur les nixes nicettes aux cheveux verts et naines
    Qui n'ont jamais aimé
    Aux lisières lointaines
    Les cerfs ont bramé

    Et que j'aime ô saison que j'aime tes rumeurs
    Les fruits tombant sans qu'on les cueille
    Le vent et la forêt qui pleurent
    Toutes leurs larmes en automne feuille à feuille

    Les feuilles
    Qu'on foule
    Un train
    Qui roule
    La vie
    S'écoule.

     

    .

     

    GUILLAUME APOLLINAIRE

     

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    FREDE & vous2

    Photographie Frede & Vous


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  • 10/19/16--01:58: L'IDENTITE OBSCURE...Extrait
  • ....

    alors on s'enfonce, on traverse

    des étendues où le seul futur est le cœur qui bat

    comme cet appel auquel on voudrait répondre

    et c'est pourquoi on avance, même si à chaque pas

    rien ne bouge que le corps obstiné qui poursuit

    l'ombre qu'il n'a pas, on aimerait pouvoir

    s'arrêter, regarder simplement l'aube qui vient,

    poser la main sur la pierre froide et saluer

    la lumière, dire les premiers mots, écouter

    le crissement du sable, le bruissement de l'eau,

    la rumeur des choses qui commencent mais le jour

    est déjà le soir, on n'a rien pu saisir, on reste

    vacant à regarder ses mains dans l'éclat des lampes

    ou sur la vitre l'attente du visage noir,

    on se perd, on se retrouve, il y a des silences

    remplis de voix, des matins tombés comme des soirs,

    plus on avance et moins on sait, on cherche demain

    entre des mots qui disent hier, ce qu'on a gagné

    on l'a perdu, comparéà ce qu'on a été

    on n'est rien, disait-il, mais un rien qui insiste,

    on guette entre les signes du corps l'imperceptible

    grignotement tandis que sur la fenêtre brille

    une sorte de splendeur, on voudrait y entrer,

    être le courant et à la fois se voir couler,

    on cherche, les choses semblent n'avoir pas bougé

    mais quand on veut les prendre, les toucher, simplement,

    c'est comme si elles reculaient, s'effaçaient

    ne laissant sur les doigts qu'un peu de poussière à peine,

    quelque chose qui peut-être ressemble à l'oubli,

    alors c'est dans cet oubli qu'on s'avance,

    au moment où on croit ne plus rien tenir, c'est là,

    un éblouissement minuscule, on est perdu...

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     JACQUES ANCET

     

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    ancet2


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  • 10/19/16--09:06: JOËL GRENIER...Extrait
  • Sur la route de plus tard, assise en tailleur de rêves, elle comptait sur les feuilles les projets du printemps. Un, deux , trois, soleil d'automne, les arbres s'en souviennent qui se parent de feu.
    Je l'aime un peu, beaucoup et même à la folie des hivers qui se rapprochent pour se tenir chaud quand les corps s’effeuillent dans un roman d'amour.
    Entre ses doigts, la vie est un sacré herbier...

     

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    JOËL GRENIER

     

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    automne

     

     

     

     


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  • 10/20/16--13:33: LES EMIGRANTS...
  •  Merci Gérard Cléry  et Guy Allix ...

    ...  

    lissant leur vie aux fenêtres des trains

    ils voient blêmir ces paysages

    où nul arbre ne brûle

     

     

    terre affamée de caresses et du vent

    pour eux déroule tes bandages

     

     

    ils vont leur renommée voyage

    ils n'amasseront pas

    rivés

    à la souffrance plane

     

     

     

     

    de temps en temps toisonnent

    par le gué d'un bocage

    ces gibets de tendresse qui

    ne les balancent guère

     

     

    ils vont sachant fort peu plier genoux

    parmi la courbe hospitalière

     

     

    en habit de fatigue

    et de paternité ils vont

    méchamment dispersés

     

     

    petite écume de leur vie

    regarde-les passant qui soliloquent

     

     

    sur leurs cahiers de doléances

    rugit la rime à l'univers

     

    .

     

    GERARD CLERY

    " Empreintes/fragments "

    sur le site de Guy Allix

    http://anthosuballix.canalblog.com/

     

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    emigrants2

    Oeuvre Jacob Lawrence

     

     

     

     

     

     


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  • 10/20/16--14:14: TACITE...Extrait
  • Où en sommes-nous dans l'amnésie et dans l'oubli ?

    Dans l'oubli du temps, dans l'oubli de l'être ?

    Dans la fraternité et la terreur toujours complices ?

    Que pouvons-nous dire de la culture de mort,

    des commémorations sous surveillance ?

    Et que se cache-t-il derrière les superstitions,

    les ruminations, les inhibitions, les désolations, les occultations, les convulsions ;

    derrière les représentations lisses et festives du monde,

    sinon une incapacitéà penser et à surmonter le nihilisme ?

    Sombre histoire, histoire des arrière-mondes.

    Seul le décor se modifie.

    Mais la vision peut figurer l'instant du monde.

    Et puis, le cœur bat toujours.

    Le cœur traverse les deux côtés du ciel. 

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    PASCAL BOULANGER

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    tham48,

    Photographie Thami Benkirane

    benkiranet.aminus3.com

     


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  • 10/20/16--15:28: LOUISA PAULIN
  • Quelqu’un d’un doigt léger m’a touchée à l’épaule.
    Je me suis retournée mais il s’était enfui :
    Peut-être es-tu celui que je n’espérais plus
    Et dont le souvenir confus
    Trouble encore quelquefois le miroir de mes songes ?
    Ou bien
    L’ange gardien de mon âme d’enfant
    Alors que résonnait aux jardins du Printemps
    Le doux éclat de nos deux rires ?
    Je froissais quelquefois tes ailes dans nos jeux,
    Blanches ailes au reflet bleu
    Comme l’enfantine journée.
    Viens-tu comme autrefois, poser mes pieds lassés
    Sur la divine échelle où palpitaient les anges ?
    Nous la sentions vibrer d’amour pur sous nos doigts,
    Mais c’était le temps d’autrefois…
    Ou bien
    Es-tu tout simplement
    Celle que chaque jour j’attends,
    La patiente Silencieuse,
    Avec le fil aiguisé de ta faux
    Dissimulé derrière ton épaule ? …
    Es-ce donc en ce soir d’automne
    Et dans sa fragile beauté
    Qu’il faut partir pour l’incertain voyage ?
    Ô Mère du sommeil, prends moi donc par la main,
    Ne faisons pas de bruit et ne troublons personne,
    Partons comme s’envole une feuille en automne.

     

    .

     

    LOUISA PAULIN

    https://brunoruiz.wordpress.com/2016/10/21/decouvrir-la-poesie-de-louisa-paulin

     

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    louisa


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  • 10/21/16--11:41: L'EMPREINTE

  • Je suis d’un autre clan

    Et d’une autre fratrie

     

    Je suis l’homme à genoux

    Et la femme aux abois

     

    La louve suffocante

    Au ventre du sous-bois

    Quand sonne l’hallali

    Sur l’autel des jours

     

    Je suis d’un autre monde

    Et d’une autre patrie

     

    Je suis la voie tremblée

    Qui dépèce le soir

    La main fraîche du vent

    Au front du désespoir

     

    Et l’hospice espéré

    Au versant de l’amour

     

    Je suis d’un autre siècle

    Et d’une autre mémoire

     

    Je suis ce ciel ouvert

    Rompu dans ton regard

     

    Je suis celui qui sait

    Et celle qui s’égare

     

    Je suis le dissident

    L’aveugle

    L’exilé

    Qui sur le dos des villes

    Sabrent l’immensité

     

    Je suis de tous les camps

    De toutes les fratries

     

    Je suis de chaque monde

    Et de chaque patrie

     

    Je suis de tous les siècles

    Et sur chaque mémoire

     

    L’empreinte de la vie

    L’empreinte de l’espoir

     

     

    .

     



     
    SYLVIE MEHEUT

    http://meheutsylvie.over-blog.com/

     

    .

     

     

    Francis Picabia 5,

    Oeuvre Francis Picabia

     


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  • 10/21/16--12:03: DINARD
  • Si tout se vitrifiait

    En un sursaut mauresque

    Cézembre

    La contrescarpe

    Les villas pittoresques

    Le casino ramier

    Et ses chausses d’opale

    L’hôtel incandescent

    Le Printania

    Les voiles

    Les arêtes du vent

     
     
    Si tout se confondait

    Panoramiquement

    Sous l’arceau simplifié

    Du temps qui se repose

    Emargeant tendrement

    Le bréviaire des roses

    Et le parapet fou

    Où veillent les amants

     
     
    Si tout se mausolait

    Océaniquement

    Sous la croupe ivoirine

    D’un sanglot exemplaire

    Il me viendrait tes mots

    Encorneillant la mer

    Sous l’aplasie perlière

    D’un  brûlot  frémissant

     
     
    Si tout me revenait

    Imperceptiblement

    Sur les reins tuméfiés

    D’un sentier famélique

    L'îlot

    La contrescarpe

    Les  villas excentriques

    Tricotant sur la mer

    Des césures de jais

     
     
    Il fleurirait des cales

    Des palmes volubiles

    Et sur le marchepied

    De nos vies fleurantines

    Des rotondes de mai

    .

     

    SYLVIE MEHEUT

     

    .

     

     

    baie du Prieuré Dinard2

     

     


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  • 10/21/16--12:28: LE SANG LE SOIR ...Extrait
  • Parfois on se dit
    Qu’il faut du courage
    Même si on ne sait plus au juste pourquoi

    La peine n’a plus que le temps
    De cet adagio lancinant de Barber
    De ces notes arrachées au silence

    Et on ferme les yeux
    On essaie de tourner la page
    De tenter d’oublier qui venait t’enchanter
    Et qui donnait le sens

    Parfois on se dit
    Qu’il faut du courage
    Même si on ne sait plus au juste pour qui
    Même si on ne sait pas ce que cela veut dire
    Du courage sans plus d’amour

     

    .

     

    GUY ALLIX

    http://guyallixpoesie.canalblog.com/pages/poemes-de-guy-allix/27534453.html

     

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