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MONSIEUR MANDELA...Extrait

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Aujourd'hui les 95 ans du grand Madiba

 

Tu es Nelson
Tu es Mandela
Mon poing levé
Le souffle de ma voix
Dans la forge des jours
Tu es Mandela
L’onde irisée
L’appel soleillé
Paraphe de flammes
Aux linteaux des libertés
Mandela
La houle la verve et l’étoile
De mon sang
Rendu au bleu
De l’océan
Nelson
L’octave parabolique
Dressée
Dessus l’enclos
Des guerres chromatiques

Nelson Mandela
Ma pomme de concorde
Aux arènes
Surmontées
Tu es Nelson
Tu es Mandela
Le bleu des veines
Aux armoiries
Délacées
La ligne focale
La corde d’horizon
Le chant de la brise
La lettre du ciel
Et la trace des mers
Faisant corps
En une périphrase
De sucre
Mémoriel
Mandela
L’index matinal
L’appel du jour
L’onde capitale
L’étoile hiératique
Le souffle phréatique
Dessus
Les soifs séculaires
Du Sahara
Delà le buste
Et le torse des dunes
Du Kilimandjaro
Nelson
Le chalumeau
La braise
Au beurre
Désolé
Des fers
Mandela
L’accent
Aux soleils
De la conscience
La gorgée de miel
Lampée
De mots
Offerts aux ciels
D’une geste
Sans
Cadastre
Mandela
La verve
De l’arbre
La saille
Du fruit
La Promesse
Tenue
Des corolles enluminées
Mandela
Matin inédit
Eclatant
De verbes
En fleur de rosée
Pavé
Torse et mains
Tressées
En laurier d’espérance
Nelson
Le saut d’Armstrong
Dans l’aire
Du jour
Qui vient
Et le matin
Fait de tous les tons
De l’entrain
Le fil
Tissé de mains
Accordées
Pour la joie
De l’océan en émoi

Et voici en toi
Seule hirondelle
A faire des cycles
Et des siècles
De printemps
Le chant fécond
De la liberté
Tu es Nelson
Tu es Mandela

 

.

 

JOSUE GUEBO


in « Monsieur Mandela », textes rassemblés par Paul Dakeyo,
Panafrika/Silex/Nouvelles du sud, Paris, 2013.

 

.

 

 

MADIBA2

 

 

 

 

L'ORAGE

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voir
je veux vous voir –
voir
vous voir là assise sur le banc
voir votre rire
et toutes vos dents
les lèvres roses si rosées
la voix qui va dedans
sous la langue
qui fait des pas de géant
voir le cou
tendre
à vos épaules
la peau humide
au tissu léger de votre robe entre ouverte
deviner
la courbe de vos cuisses
sur le paradis de minuit
attendre la goutte
la goutte de pluie – pluie paradis- vous me dites -
sur la bretelle
de votre soutien gorge
qui glisse
danse timide
fluide jusqu’à vous reins
féérique de la démesure des parfums d’orage
voir cette main
à la vitesse de l’éclair lent défaire
le geste en succession - avancer
mémoire vive - rires
lune des craintes
aux draps si bleus de l’étreinte
voir
voir sur ce banc vos mots enlacés au liseron des hortensias
jungle des fraises des bois
juillet frissonne
flaques

 

.

 

 

PATRICK ASPE

 

 

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RIPOIS3


 

 

 

UNE ERREUR REMEDIABLE / UN RIMEDIABILE ERRORE

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Si nous avions - imaginais-je –
l’espoir secret des enfants :
se réveiller un matin
avec la seule obligation de vivre
avec le courage des pastels
avec l’avenir d’une feuille blanche
et des oiseaux aériens
revenir en arrière en interrompant
le jeu ou réparer
des blessures même profondes des méchancetés
avec de petites blandices.
Si nous avions le droit au retour
juste avant la limite de l’innocence
au bord d’une journée imprévoyante
le simple geste qui efface
la douleur
fait renaître l’amour scelle
dans ce toujours un toujours
qui est nôtre. Si nous pouvions
sauver ce qui peut l’être
comme à la fin d’une journée
de vacances
fermer les tiroirs en riant
comprendre que nous avons grandi       
et peut-être
que l’essence de l’action
est une erreur remédiable…

 

.

 

GIACOMO CERRAI

Traduction Raymond Farina

 

.



Avessimo – immaginavo –
la speranza segreta dei bambini :
risvegliarsi un mattino
col solo obbligo di vivere
col coraggio dei pastelli
col futuro di un foglio bianco
e di uccelli ventosi
tornare indietro interrompendo
il gioco o risarcire
ferite pur profonde cattiverie
con piccola blandizie.
Avessimo il diritto al ritorno
appena prima del limite dell’innocenza
sull’orlo d’una giornata improvvida
il semplice gesto che cancella
il dolore
ripristina l’amore sigilla
in questo sempre il sempre
che è nostro. Potessimo
salvare il salvabile
come alla fine d’un giorno
di vacanza
chiudere ridendo i cassetti
capire che siamo cresciuti
e forse
che essenza dell’agire
è un rimediabile errore…

 

 

.

 

NOURS3

 

 

 

PREMICES DU DESERT...Extrait

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Loin, plus loin que la vie,
à quel  point les choses peuvent trahir
et surprendre la chasteté de la pensée,
tu l’as vu, tu en as douté, tu l’as connu,
à quel point les choses peuvent blesser
et leurrer la pureté intérieure,
tu l’as vu, tu l’as mesuré même par le songe.
Le réveil est le soir impétueux,
c’est ce signe d’âmes exilées,
l’hirondelle en crie la fraîcheur.
Ah, il n’est par tard quoique la nuit menace,
tu as avant cela eu le temps de voir
à quel point les choses portent loin,
à quel point d’un seul coup elles peuvent manquer,
faire défaut à la vive vérité de l’esprit.
Les routes, si tu les parcours à cette heure, sont parsemées
de ces hommes, non, de ces larves
inquiètes qui répètent la vie déjà vécue,
vagues dans l’implacable clarté
des sentiers déjà vus et déjà parcourus,
et qui hâtent la mort pour s’ouvrir
dans l’ombre, pour se dérober au connu.
Tu en vis venir dans la nuit
une lumière minuscule surgie du fond
pour chercher accueil dans l’amour.

 

.

 

MARIO LUZI

 

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partir

 

 

 

L'APERITIF DE LA NEIGE...Extrait

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J’ai
Dans l’oubli de mon ventre
Mon garde-manger
Pris un rêve de toi
Où coloriés de cils
Les hanches blancheurs laiteuses
Comme des cygnes arc-en-ciel
Peint

J’ai
Où filent les fusées
Les nuageux nuages
En paquets de ouate et
Coton blanc délavé
Puis arc-en-ciel sur fond azuré
Lavé

J’ai
De ces noirceurs
Ces suies où suintait l’ennui
Ces gris ces glauques gris
En couches affalées et durcies
Enfin éclairées arc-en-ciel
En resplendissement
Laqué

J’ai
De toi
Préféré le gris accéléré,
Les jambes qui tracassent,
Les fêlures du temps de vivre
Dans tes tissus tes lins tes feuilles
Tes strates cutanées tressées
Ta natte aux reins finissante
Puis au ciel de toi, en labours et sentes
Tes pays obligatoires
Et tes frontières du verbe aimer.

 

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MARC LAUMONIER

 

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nu artistique jean-loup sieff2

Photographie Jean-Loup Sieff

 

 

 

 

LES MOTS LONGS - POEMES 195O - 1994...Extrait

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La fleur pourrait voler, le papillon prendrait racine,
l’étoile éclairerait la vie dans le cœur,
la veille effaroucherait le jour, et le rêve aurait un sens.

Tout est possible, peu importe.
L’indifférence est la haute pensée
qui règle le cours des événements.

....

L’envie d’immortalité est pareille à la peur de l’ombre,
et histoire de voiler la même réalité,
on croit surmonter ses propres limites
en se figurant que le savoir de l’autre vaut l’infini.

J’énumère de désagréables évidences.
Il semble pourtant que le plus vrai
ne soit pas encore énoncé– ou alors je me dupe encore.
Par magie je rends vrai le mensonge, si le vrai est
mensonge

et si je veux embrasser mon illusion bien-aimée.

 

.

 

PENTTI HOLAPPA

 

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phil charpentier ,,,,,,

Oeuvre Philippe Charpentier

 

 

UN FIL ROUGE DANS LE LABYRINTHE...Extrait

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J'ai si longtemps navigué que je ne sais plus
quel royaume oublié vit un jour mon départ
ni même si de quelque terre originaire
j'en suis à traverser ce présent hors voyage
dans l'immobile sans feu ni lieu de l'exil



J'ai vu le sang couler des pierres
J'ai vu la lumière s'évanouir de douleur
J'ai vu pleurer la terre
muette de chagrin
Et j'ai vu des hordes ravager les cités
disposer du bétail humain en hécatombe
tandis que les fleuves mugissaient rougissaient
J'ai vu la nuit s'ouvrir dans le jardin des nuits
J'ai vu danser les ombres
apparaître des anges
sans pouvoir retenir leurs signes ni leurs mots
Et j'ai vu le brasier m'attendre de tous temps
et puis j'ai vu chaque matin comme un miracle



- Demain est un rêve ancien.



Quel jour ? quel squelette ?

Ossature par défaut
Mémoire en quelque sorte membre fantôme

Belle comme l'éclair
Maigre comme la lune
- disent les enfants

 

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CHRISTIAN ARJONILLA

 

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arjonilla2

Oeuvre Christian Arjonilla

 

 

 

 

 

 

L'EMIGRE

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Ommi Yêma Ya Mima !*

Le bateau m’emporte,
Loin de tes yeux enflammés.
La mer me balance,
Loin de tes bras qui tremblent.
Ommi Yêma Ya Mima !
Ils m’ont fouillé,
Jusque dans mes plus petits souvenirs.
Ils me poursuivent,
Jusque dans mes lunes les plus émiettées.
Ommi Yêma Ya Mima !
Ils m’ont ligoté dans leurs citadelles de l’oubli.
Ommi Yêma Ya Mima !
Mes appels qu’ils matraquent,
Dans les asiles de leurs rues.
Mon âge sans repères,
Les cages de mes nuits sans étoiles.
Ommi Yêma Ya Mima !
Ton sourire bleu qui m’obsède,
Qui me précède dans mes cris.
Leurs djinns cravatés,
Leurs cravaches qui se fâchent,
Qui crachent leurs venins de lâches
Qui ne me lâchent, en aucun lieu,
Leurs djinns qui m’arrachent les cheveux
Ommiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !
Yêmaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !
Yaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !
Mimaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !
Dans mes nuits froides,
Dans mes soupirs sans logis,
Leur ciel, leur ciel est plein de pus !
Je pue, je sue, je suis à moitié nu,
Dans leurs rues qui me tuent !
Ommi Yêma Ya Mima !
Tes yeux humides,
Tes yeux qu’ils fouillent,
Dans ma valise qui grelotte,
Tes yeux qu’ils m’arrachent
De ta photo qui me tient au chaud.
Tu m’appelles,
De mon appel enchaîné
Ommi Yêma Ya Mima !
Le bateau m’emporte,
Comme une feuille endormie !
Ommi !
Leurs syllabes d’inquisiteurs !
Yêma !
Leurs poisons d’affameurs !
Leurs rires moqueurs !
Leurs tours, leurs détours !
Leurs danses de vautours !
Ya !
Mima !
Le retour vers tes cheveux,
Vers tes yeux qui m’attirent,
Comme un aimant, loin d’eux !
Mon râle comprimé !
Ommi Yêma Ya Mima !
Mon ombre qui se brise !
Mon ombre qui s’enlise !
Mon ombre qui se paralyse !
Mon nom que j’oublie,
Dans mon sang qui frémit !
Ma trace que je vomis !
Ommi Yêma Ya Mima !
Mon exil, dans leurs ports !
Leur vie, dans ma mort !
Ommi Yêma Ya Mima !
Le bateau me ramène,
Vers nos rêves assassinés !

 

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 MOKHTAR EL AMRAOUI

 "Arpèges sur les ailes de mes ans "

 

 * Mère

 

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tunisie0

 

 

 

AGNES SCHNELL

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(Certaines âmes ne trouvent asile
que dans l’ombre.)


Au sortir de la nuit
chiffonnée encore
l’âme s’étourdit et brûle.

Tu portes tant d’instants
simultanés
méandres empêchés
songes qui se disjoignent…

Tous ces instants perdus
à assembler copeaux et miettes
à tisser sans grâce
l’ombre des souvenirs !


Il arrive un temps
où vivre est insensé.

 

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AGNES SCHNELL

 

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VUILLARDtrees-

Oeuvre Edouard Vuillard

 

 

 

L'HOMME IMAGINANT...Extrait

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La droite considère l’homme comme foncièrement “mauvais” mais capable de s’améliorer par la stricte observance des règles qu’impose le respect de certaines “valeurs” qu’elle trouve “bonnes” parce qu’elles lui permettent de survivre agréablement. L’homme de gauche, depuis Rousseau, ne peut s’interdire de considérer l’homme comme foncièrement “bon” s’il n’est pas soumis aux déformations du comportement que lui inspire une société rendue “mauvaise” par l’existence de la classe bourgeoise. Ainsi, dans une société sans classes, des anges asexués passeraient leur vie à travailler en chantant, des gerbes de blé sur leur épaule, et à se serrer la main, car logiquement l’ambition, la jalousie, l’envie, l’instinct de domination, la haine, la colère, auront vu leur source se tarir par la transformation du milieu social. 

Malheureusement, ce paradis terrestre ne risque pas de se réaliser tant que l’homme n’aura pas compris par quels mécanismes biologiques ces différents comportements peuvent apparaître et par quels moyens précis il peut parvenir à les contrôler. En effet, on pourrait aussi bien envisager d’agir d’abord sur le comportement individuel plutôt que sur l’environnement social, si nous avions les moyens scientifiques de le faire, puisque l’homme fait partie intégrante du milieu. On peut imaginer qu’en supprimant l’instinct de domination on supprimerait non pas seulement les luttes de classes, mais les classes elles-mêmes. Par contre, il est peu probable qu’en supprimant les classes sociales, on supprime l’instinct de domination. Celui-ci semble intiment liéà la propagation et à la survie de l’espèce. 

Il y aurait un certain progrès si chaque homme était conscient de ce déterminisme. Imaginez une campagne électorale à la télévision où chaque candidat serait conscient qu’il présente à l’admiration des foules son sexe plus ou moins camouflé en disant : “J’ai le plus beau, le plus fort, suivez-moi, je suis Tarzan” et où chaque électeur jugerait la présentation plus ou moins convaincante et tenterait de découvrir derrière la feuille de vigne ce qui resterait d’utile à l’ensemble social. Beaucoup d’animaux pour exprimer leur domination sur un autre individu du même sexe font sur lui le simulacre de l’acte sexuel. J’ai souvent l’impression, en voyant vivre mes contemporains, qu’ils présentent généralement leurs fesses de la même façon aux plus agressifs et aux plus dominateurs. 

 

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Henri LABORIT

 

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MAGRITTE1

Oeuvre René  Magritte

 

 

L'ARBRE DES AMIS / EL ARBOL DE LOS AMIGOS

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Il existe des personnes qui nous rendent heureux dans la vie, par le simple hasard de les avoir rencontrées sur notre chemin. Quelques-unes parcourent le chemin en entier à nos côtés, et voient passer beaucoup de lunes, mais il en est d’autres que nous voyons à peine, d’un pas à l’autre. Toutes, nous les appelons amies, et il en est plusieurs sortes. Chaque feuille d’un arbre pourrait caractériser un de nos amis. Les premiers àéclore du bourgeon sont notre papa et notre maman qui nous enseignent ce qu’est la vie. Ensuite, viennent les amis frères, avec lesquels nous partageons notre espace pour qu’ils puissent fleurir comme nous. Nous en arrivons à connaître toute la famille des feuilles, nous la respectons et lui souhaitons du bien. Mais le destin nous présente d’autres amis, ceux dont nous ne savions pas qu’ils allaient croiser notre chemin. Parmi ceux-là, il y en a beaucoup que nous appelons amis de l’âme, du coeur. Ils sont sincères et vrais. Ils savent lorsque nous n’allons pas bien, ils savent ce qui nous rend heureux. Parfois un de ces amis de l’âme étincelle en notre coeur, nous l’appelons alors ami amoureux. Il met du brillant dans nos yeux, de la musique sur nos lèvres, fait danser nos pieds et chatouiller notre estomac. Il existe aussi des amis d’un temps, peut-être de vacances, de quelques jours ou de quelques heures. Pendant ce temps où nous sommes à leurs côtés, ils s’ habituent à mettre de nombreux sourires sur nos visages. Parlant de près, nous ne pouvons oublier les amis lointains, ceux qui se trouvent au bout des branches et qui, lorsque souffle le vent, apparaissent d’une feuille à l’autre. Passe le temps, s’en va l’été, l’automne s’approche et nous perdons quelques unes de nos feuilles, certaines naîtront lors d’un autre été et d’autres restent pendant plusieurs saisons. Mais ce qui nous réjouit le plus, c’est de nous rendre compte que celles qui tombèrent continuent d’être proches, en alimentant notre racine de joie. Ce sont les souvenirs de ces moments merveilleux lorsque nous les avons rencontrées. Je te souhaite, feuille de mon arbre, paix, amour, santé, chance et prospérité. Aujourd’hui et toujours… tout simplement parce que chaque personne qui passe dans notre vie est unique. Elle laisse toujours un peu d’elle-même et emporte un peu de nous. Il y a celles qui auront emporté beaucoup, mais il n’y en a pas qui n’auront rien laissé. C’est la plus grande responsabilité de notre vie et la preuve évidente que deux esprits ne se rencontrent pas par hasard.

 

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Existen personas en nuestras vidas que nos hacen felices por la simple casualidad de haberse cruzado en nuestro camino. Algunas recorren todo el camino a nuestro lado, viendo muchas lunas pasar, mas otras apenas las vemos entre un paso y otro. A todas las llamamos amigos y hay muchas clases de ellos.

Tal vez cada hoja de un árbol caracteriza uno de nuestros amigos. El primero que nace del brote es nuestro papá y nuestra mamá, nos muestra lo que es la vida. Después vienen los amigos hermanos, con quienes dividimos nuestro espacio para que puedan florecer como nosotros.

Pasamos a conocer a toda la familia de hojas a quienes respetamos y deseamos el bien.

Mas el destino nos presenta a otros amigos, los cuales no sabíamos que irían a cruzarse en nuestro camino. A muchos de ellos los denominamos amigos del alma, de corazón. Son sinceros, son verdaderos. Saben cuando no estamos bien, saben lo que nos hace feliz.

Y a veces uno de esos amigos del alma estalla en nuestro corazón y entonces es llamado un amigo enamorado. Ese da brillo a nuestros ojos, música a nuestros labios, saltos a nuestros pies, cosquillitas a nuestro estómago, etc.

También existen aquellos amigos por un tiempo, tal vez unas vacaciones o unos días o unas horas. Ellos acostumbran a colocar muchas sonrisas en nuestro rostro, durante el tiempo que estamos cerca.

Hablando de cerca, no podemos olvidar a los amigos distantes, aquellos que están en la punta de las ramas y que cuando el viento sopla siempre aparecen entre hoja y otra.

El tiempo pasa, el verano se va, el otoño se aproxima y perdemos algunas de nuestras hojas, algunas nacen en otro verano y otras permanecen por muchas estaciones.

Pero lo que nos deja más felices es darnos cuenta que aquellas que cayeron continúan cerca, alimentando nuestra raíz con alegría. Son recuerdos de momentos maravillosos de cuando se cruzaron en nuestro camino.

Te deseo, hoja de mi árbol, paz, amor, salud, suerte y prosperidad. Hoy y siempre... simplemente porque cada persona que pasa en nuestra vida es única. Siempre deja un poco de sí y se lleva un poco de nosotros. Habrá los que se llevaron mucho, pero no habrá de los que no nos dejaran nada.

Esta es la mayor responsabilidad de nuestra vida y la prueba evidente de que dos almas no se encuentran por casualidad.

 

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JORGE LUIS BORGES

 

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NATHALIE MAGREZ bb

Photographie Nathalie Magrez

 

 

 

 

 

 

GEORGES BATAILLE

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“À la base, la passion des amants prolonge dans le domaine de la sympathie morale la fusion des corps entre eux. Elle la prolonge ou elle en est l’introduction. Mais pour celui qui l’éprouve, la passion peut avoir un sens plus violent que le désir des corps. Jamais nous ne devons oublier qu’en dépit des promesses de félicité qui l’accompagnent, elle introduit d’abord le trouble et le dérangement. La passion heureuse elle-même engage un désordre si violent que le bonheur dont il s’agit, avant d’être un bonheur dont il est possible de jouir, est si grand qu’il est comparable à son contraire, -à la souffrance. Son essence est la substitution d’une continuité merveilleuse entre deux êtres à leur discontinuité persistante. Mais cette continuité est surtout sensible dans l’angoisse, dans la mesure où elle est inaccessible, dans la mesure où elle est recherche dans l’impuissance et le tremblement. Un bonheur calme où l’emporte un sentiment de sécurité n’a de sens que l’apaisement de la longue souffrance qui l’a précédé. Car il y a, pour les amants, plus de chance de ne pouvoir longuement se rencontrer que de jouir d’une contemplation éperdue de la continuité intime qui les unit.
Les chances de souffrir sont d’autant plus grandes que seule la souffrance révèle l’entière signification de l’être aimé. La possession de l’être aimé ne signifie pas la mort, au contraire, mais la mort est engagée dans sa recherche. Si l’amant ne peut posséder l’être aimé, il pense parfois à le tuer : souvent il aimerait mieux le tuer que le perdre. Il désire en d’autres cas sa propre mort. Ce qui est en jeu dans cette furie est le sentiment d’une continuité possible aperçue dans l’être aimé. Il semble à l’amant que seul l’être aimé– cela tient à des correspondances difficiles à définir, ajoutant à la possibilité d’union sensuelle celle de l’union des coeurs, – il semble à l’amant que seul l’être aimé peut en ce monde réaliser ce qu’interdisent nos limites, la pleine confusion de deux êtres, la continuité de deux êtres discontinus. La passion nous engage ainsi dans la souffrance, puisqu’elle est, au fond, la recherche d’un impossible et, superficiellement, toujours celle d’un accord dépendant de conditions aléatoires. Cependant, elle promet à la souffrance fondamentale une issue. Nous souffrons de notre isolement dans l’individualité discontinue. La passion nous répète sans cesse : si tu possédais l’être aimé, ce coeur que la solitude étrangle formerait un seul coeur avec celui de l’être aimé. Du moins en partie, cette promesse est illusoire. Mais dans la passion, l’image de cette fusion prend corps, parfois de différente façon pour chacun des amants, avec une folle intensité. Au-delà de son image, de son projet, la fusion précaire réservant la survie de l’égoïsme individuel peut d’ailleurs entrer dans la réalité. Il n’importe : de cette fusion précaire en même temps profonde, le plus souvent la souffrance – la menace d’une séparation – doit maintenir la pleine conscience”.

 

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GEORGES BATAILLE

 

 

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Roméo et Juliette - 1968

 

 

 

MARMONNEMENT

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 Pour ne pas me rendre et pour m’y retrouver, je t’offense, mais combien je suis épris de toi, loup, qu’on dit à tort funèbre, pétri des secrets de mon arrière-pays. C’est dans une masse d’amour légendaire que tu laisses la déchaussure vierge, pourchassée de ton ongle.

 

 

 

Loup, je t’appelle, mais tu n’as pas de réalité nommable. De plus, tu es inintelligible. Non-comparant, compensateur, que sais-je ? Derrière ta course sans crinère, je saigne, je pleure, je m’enserre de terreur, j’oublie, je rie sous les arbres. Traque impitoyable où l’on s’acharne, où tout est mis en action contre la double proie : toi invisible et moi vivace.

 

Continue, va, nous durons ensemble ; et ensemble, bien que séparés, nous bondissons par-dessus le frisson de la suprême déception pour briser la glace des eaux vives et se reconnaître là.

 

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RENE CHAR

http://lafreniere.over-blog.net/article-marmonnement-119211257.html

 

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homme-loup-Werner-Freund

 

 

IDENTITE

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Tu marches

et c’est ton pas qui

donne sens à la route

 

Tu marches

et c’est la route qui

s’enracine en toi

 

en ton désir d’aller

de ce que tu fus

à ce que tu es

 

Tu marches

et c’est le pays traversé qui

met des ailes à ton identité

 

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BEATRICE LIBERT

Sur l'excelent blog de Guy Allix

http://anthosuballix.canalblog.com/pages/beatrice-libert/27633826.html

 

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artwork_images_424755332_487062_mauricede-vlaminck

Oeuvre Maurice de Vlaminck

 

 

LA SAGESSE DES SABLES ( inédit )...Extrait

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« Nous dirons que les bœufs sont heureux ; 

quand ils trouvent à manger de la vesce ».

 

Héraclite, Fragment 4.

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Tous ceux qui comptent qui amassent

courtiers & courtisans

histrions gladiateurs

jouteurs & faux-jetons

philistins de tout poil

savent combien coûte leur gloire

& ils ruminent leur grandeur

comme de savoureuses vesces

se vautrent dans leur renommé

incapables de voir

que toujours et partout

la même loi régit

talent & nullité

idiotie & sagesse

Loin de ces hiérarchies

oublieux des bousiers

ébloui de bourrache

en votre pays d’herbes

vous aurez vous aussi

votre moment de gloire

luciole seule & solidaire

soleil infime en sa nuit vaste :

un bref appel incandescent

dont un dieu – de son insomnie –

sans doute las d’être immortel

enviera l’éclat éphémère

 

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RAYMOND FARINA

 

.

 

 

 

 

courtisans3

 

 

 

 

 

DEPUIS TANT D'ANNEES

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Depuis tant d'années je lave mon regard
dans une fenêtre où ciel et mer
depuis toujours sont sans s'interrompre
où leurs vies sont un, sont innombrables
sont une fois encore dans mon âme
un champ magnétique d'épousailles
une goutte de lumière-oiseau.

Depuis tant d'années je lave mon regard
à la première couleur si fraîche
sur les lèvres humides de nuit
d'être la peau et d'être la pierre
où mes doigts rencontrent le secret,
ce savoir qu'ils sont et celui qui est
des tonnes infinies de lumière.
Du plus pâle au tranchant du plus sombre
sans s'interrompre entre sang et pensée
entre feuille pinceau étendue
corps de liquide musique à jamais

 

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LORAND GASPAR

 

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CIEL MER2

 

 

LORAND GASPAR

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"La gorge peut délivrer le silence, le chant, la parole ou le cri d’angoisse quand elle se
resserre sur son souffle le plus désespéré ; “ce rien qui coule” est entre vie et néant ;
la “houle emporte” pour perdre comme pour sauver… La “ligne de partage” est parfois à
peine discernable entre la tempête qui ravage au-dehors et le “bonheur d’entendre le
vent au-dedans —” ( ). “Tant de choses incomprises”, et qui le restent selon l’art trop
ordinaire du comprendre, n’interdisent pourtant pas l’effort d’un “com-prendre” — attentif,
presque muet, poétique en un mot — où, en soutenant l’insoutenable, “l’être ici”
(parfois “cinglant”, parfois plein d’“ardeur”, magnifique parfois) s’harmonise un instant
avec “la force tranquille d’être là des choses” dans “l’indessinable/ pure jouissance
d’être” un instant seulement…

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LORAND GASPAR

 

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CRABE2

 

 

 

JE TE NOMME TUNISIE

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Avec le 56ème anniversaire de la république en Tunisie...A tous nos amis Tunisiens...

 

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Et tu m'habites terre
Archet sur la joue du violon
Dans le hennissement de la mer
Indomptable les notes éphémères
Déroulées en pelotes d'écume
Jalouses de la chevelure rebelle
Dans la chevauchée des prismes
Cette taille comme une crinière
Pour libérer mille et un cavaliers
Des montures aux parages des bordures
Touches de piano aux tourbillons d'exil
Guidées par les contraintes des contours
Pourquoi avez-vous égaré mon ancre
Les cordes usées de tant d'incendies

(...)

"C'était un décembre de colère

Debout comme un eucalyptus
A l'appel des probités
Je te disais ami des tailleurs de marbre
La voix des battages en choeur
Ces mille pas battus au rythme de l'hiver
Sidi Bouzid Thala Siliana et Kasserine
Fallait-il marcher encore et encore
Marcher sur l'ombre violente 
Et dédier aux steppes ces chants
Nourris à plein gosier de ta douleur
Dans le cri des rouges-gorges
S'élevait ta promesse de braise
Les douilles tombaient indignes

Voleuses de souffles et de vies"

(...)

Je t'aime
Dans les lueurs étincelantes
Dans l'envolée des rayons comme des rubis
Dis au soleil
Libère ta lumière
L'éclipse est sœur des potentats
Suppôts tapis dans les pliures sans relâche
Dis au soleil
La rumeur par-delà les haies
Paraphe nos désirs de pleine lune
Cyprès figuiers de barbarie et alfa
Pour tanner nos visages
Nulle peur ne se terre

(...)

 

 

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TAHAR BEKRI

 

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tunisie

 

 

 

 

LE COEUR NAVIGUANT

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Loin des cultes
qui nous réduisent en cendres,
Des temples
où le ciel se force en vain une entrée,
Loin des puissances d’airain que d’autres
puissances culbutent
Élisons encore la vie
Au sommet du jour blessé.
Plutôt le fruit hasardeux
Que la lettre de marbre,
Plutôt toujours chercher
Et ne jamais savoir :
Arc à travers buissons,
Aile à travers pièges,
Que la sinistre fresque
d’une vérité bouclée.
Le temps fond comme cire,
Et les verrous ne cèdent qu’au coeur naviguant.

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ANDREE CHEDID

 

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RECH

 

 

 

 

 

PARTIR

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Nous partons pour nous éloigner du lieu qui nous a vu
naitre et voir l'autre versant du matin. Nous partons à la
recherche de nos naissances improbables. Pour
compléter nos alphabets. Pour charger l’adieu de
promesses. Pour aller aussi loin que l’horizon, déchirant
nos destins, éparpillant leurs pages avant de tomber,
quelquefois , sur notre propre histoire dans d’autres
livres.
Nous partons vers des destinées inconnues. Pour redire
à ceux que nous avons croisés que nous reviendrons et
que nous referons connaissance. Nous partons pour
apprendre la langue des arbres qui, eux, ne partent
guère. Pour lustrer le tintement des cloches dans les
vallées saintes. A la recherche de dieux plus
miséricordieux. Pour retirer aux étrangers le masque de
l’exil. Pour confier aux passants que nous sommes,
nous aussi, des passants, et que notre séjour est
éphémère dans la mémoire et dans l’oubli. Loin des
mères qui allument les cierges et réduisent la couche du
temps à chaque fois qu’elles lèvent les mains vers le ciel.
Nous partons pour ne pas voir vieillir nos parents et ne
pas lire leurs jours sur leur visage. Nous partons dans la
distraction de vies gaspillées d’avance. Nous partons
pour annoncer à ceux que nous aimons que nous
aimons toujours, que notre émerveillement est plus fort
que la distance et que les exils sont aussi doux et frais
que les patries. Nous partons pour que, de retour chez
nous un jour, nous nous rendions compte que nous
sommes de exilés de nature, partout où nous sommes.
Nous partons pour abolir la nuance entre air et air, eau
et eau, ciel et enfer. Riant du temps, nous contemplons
désormais l’immensité. Devant nous, comme des enfants
dissipés, les vagues sautillent pendant que la mer file
entre deux bateaux. L’un en partance, l’autre en papier
dans la main d’un petit.
Nous partons comme les clowns qui s’en vont de
village en village, emmenant les animaux qui donnent
aux enfants leur première leçon d’ennui. Nous partons
pour tromper la mort, la laissant nous poursuivre de lieu
en lieu. Et nous continuerons ainsi jusqu’à nous perdre,
jusqu’à ne plus nous retrouver nous-mêmes là où nous
allons, afin que jamais personne ne nous retrouve.

 

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ISSA MAKHLOUF

 

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