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Channel: EMMILA GITANA
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CHRISTIANE SINGER...Extrait

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Persévérer à chercher davantage la saveur que le savoir,
le balbutiement que la rhétorique satisfaite.
Persévérer en ces temps de fer à faire crédit à ce qui est fragile,
à ce qui vacille, à ce qui fait faillite.
Persévérer à avoir foi en chaque homme, ...
à préférer être déçu dix fois
plutôt qu’hostile une seule fois.
Persévérer à n’investir que dans le sable qui coule entre les doigts
et dans les espérances non cotées en bourse.
Persévérer à croire que l’instinct primordial en chaque homme
est la vénération et que c’est la répression de ce désir
qui rend haineux et fou.
Persévérer à voir Dieu partout. Entre les lignes des slogans,
dans les caniveaux des villes et sur les murs des banlieues,
à l’entendre dans le braillement des haut- parleurs,
dans le crissement des freins et dans le frrrrrt...d’un oiseau envolé.
Persévérer à préférer que la raison me quitte plutôt que l’espoir.
Et l’espoir plutôt que l’amour.
Persévérer.
Pour que la gangrène de l’indifférence ne se propage pas.
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CHRISTIANE SINGER
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sin2

AGNES SCHNELL...Extrait

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Un ramassis de feuilles et brindilles
et l’argile brûlée,
tant d’insignifiance
de l’infime essentiel.

En germe un goût de sang.
Des mots trop humains
des mots clandestins.

Étreinte ocre des rives
caillouteuses
balbutiements sans patience
viscères nues soudain.

Les mortes-eaux grignotent
nos repères
qui de la rive ou de l’eau
trop enserre ?

 

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AGNES SCHNELL

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Deedra Ludwig

Oeuvre Deedra Ludwig

 

 

AUTREFOIS...

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Autrefois,
nous rêvions trop
en vers et en couleurs
en parler d’avant les langues
nous masquions nos songes de sable
ou de crainte

Toujours à l’écoute du chant
du murmure des cicatrices
« on s’aime blessé» dit un poète
Nous le croyons…

 

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AGNES SCHNELL

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AGNES2

OLGA SCHEPS - CHOPIN PIANO CONCERTO No.1- ROMANCE

HIMOUD BRAHIMI

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Si j'avais à choisir parmi les étoiles,

pour comparer,

le soleil lui-même ne saurait éclipser la lumière du verbe que tu caches

aucun lieu sacré,

ni aucune capitale ne saurait réunir ce que chaque matin le lever du jour t'offre comme guirlande.

Là où le poète dit ce que le coeur enfin fait savoir tout alentour.

Là où le poème, comme une miche de pain caresse la faim de l'intelligence.

Là où la confession à tendance à se dépasser pour le bien du prochain.

Là où la musique enchante le vent

et fait danser les vagues et les poissons.

Là où le théà la menthe trouve la joie dans la théière,

par où le liquide coule.

Là où le peuple écoute la pierre lui raconter l'odyssée de ses ancêtres.

Dans ce périmètre sacré,

mon Dieu,

permets à El Bahdja, El Djazaïr, la grâce.

 

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HIMOUD BRAHIMI

 

 

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alger

Alger

Oeuvre ?

 

 

 

SCENARIO: DIALOGUE MUET. ( Epilogue d'une fresque Lierre )

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*Que te trouves-tu ici, parasite impitoyable
qui n’as de cesse d’abolir toute vie en ces lieux ?

-Je ne me nourris pas de la sève de mes semblables
et tire exclusivement la mienne, depuis le sol.

*Le terrain vague laissé exprès pour nos caravanes
s’enlaidit de broussailles où tu règnes en seigneur.

-Je me dresse pour tous pouvoirs en contradicteur même,
les tenant à distance, ni subis ni exercés.

*Puisque tant de climats et latitudes te conviennent
d’où tiens-tu l’étrange don d’être partout à la fois ?

-Je pérégrine au centre de l’intense, sans extase,
à toujours mieux aimer nos prochains, de mes attributs.

*Je dois te détruire pour aménager cet espace,
rendre un tel lieu sinon agréable, au moins serein.

-A ma façon je préserve la nature sauvage
dont si je ne m’abuse tu fais toi aussi partie.

*Avec l’harmonie du monde tu es incompatible,
on aime rêver des paysages sans ton fléau.

-Je suis lierre mais plante, comme toi gitan mais homme ;
nos règnes ne sont pas face à face pour se tuer.
N’est-ce pas à toi aussi qu’est adressé le reproche
d’émerger d’on ne sait où sans justice ni raison ?

*Me voyant dans ce miroir que tu tends je prends conscience
des peurs insanes qui sourdent du plus profond de nous,
occupant tout l’espace de la pensée et du verbe,
d’où germent les regards détournés, les antipathies.

-En contributeur de l’atmosphère que tu respires
je suis nécessaire à l’oxygène pour ta survie.

*Rebelle à tous les pouvoirs existants ? J’en sais un autre
dont la route est maison, qui habite le mouvement.

-Nous avons mieux à faire que nous empêcher de vivre ;
d’allées prestigieuses nous sommes ensemble écartés.

En chœur :
L’un et l’autre générons de la beauté dans ce monde,
en artistes nous sommes également incompris
d’esprits et de cœurs sommaires, aux panurgiens réflexes
qui détruisent, décapitent, voudraient tout aplanir ;
en retour de nos élans nous ne glanons que sarcasmes,
gouffre de mésintelligence devenu normal…
Ô préjugés, ô paresse des idées toute faites :
ce que nous souffrons ici, nous le déplorons partout.

 

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HENRI-LOUIS PALLEN

www.lierreentravail.com

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lierre

 

 

 

 

LE FOU DE LA CASBAH...Extrait

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Merci à Adéla pour m'avoir fait connaitre ce poète

 

Amour de Lumière étends tes ailes
Et vaccine les âmes nues pour les immuniser contre le courant du mal .

Amour de Lumière étends tes ailes
Et rafraichis le visage brulant
De celui qui pleure le deuil de sa Terre natale meurtrie .

Amour de Lumière étends tes ailes
Et allège la douleur de la plaie
Recouverte par la voie de la consolation .

Amour de Lumière étends tes ailes
Et guide les âmes indécises
Vers l'horizon des vastes connaissances .

Amour de Lumière n'as- tu pas dit :
Que les grandes entreprises que tu entames
Sont le privilège des coeurs d'enfants
Destinés à devenir des Hommes .

 

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HIMOUD BRAHIMI

1918 -1997

 

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lumiere

 

 

LES VRILLES DE LA VIGNE...Extrait

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Il n’y a dans notre maison qu’un lit, trop large, pour toi, un peu étroit pour nous deux. Il est chaste, tout blanc, tout nu ; aucune draperie ne voile, en plein jour, son honnête candeur. Ceux qui viennent nous voir le regardent tranquillement, et ne détournent pas les yeux d’un air complice, car il est marqué, au milieu, d’un seul vallon moelleux, comme le lit d’une jeune fille qui dort seule.
Ils ne savent pas, ceux qui entrent ici, que chaque nuit le poids de nos deux corps joints creuse un peu plus, sous son linceul voluptueux, ce vallon pas plus large qu’une tombe.

 .

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COLETTE

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colette2

 

 

 

ESPERANCE...Extrait

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"Persévérer à chercher davantage la saveur que le savoir,
le balbutiement que la rhétorique satisfaite.
Persévérer en ces temps de fer à faire crédit à ce qui est fragile,
à ce qui vacille, à ce qui fait faillite.
Persévérer à avoir foi en chaque homme, ...
à préférer être déçu dix fois
plutôt qu’hostile une seule fois.
Persévérer à n’investir que dans le sable qui coule entre les doigts
et dans les espérances non cotées en bourse.
Persévérer à croire que l’instinct primordial en chaque homme
est la vénération et que c’est la répression de ce désir
qui rend haineux et fou.
Persévérer à voir Dieu* partout. Entre les lignes des slogans,
dans les caniveaux des villes et sur les murs des banlieues,
à l’entendre dans le braillement des haut- parleurs,
dans le crissement des freins et dans le frrrrrt...d’un oiseau envolé.
Persévérer à préférer que la raison me quitte plutôt que l’espoir.
Et l’espoir plutôt que l’amour.
Persévérer.
Pour que la gangrène de l’indifférence ne se propage pas."

 

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* Dieu peut incarner des sens différents, à l'appréciation de chacun...

Connaissance, philosophie, sagesse, foi, sapience, nature....

 

 

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CHRISTIANE SINGER

 

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CHRISTIANE

 

 

SERGE WELLENS...Extrait

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Le vent courant jouait de l’orgue
dans les figuiers de Barbarie

La mer trinquait à notre table
puis s’en allait à reculons
en nous faisant des révérences

La lune venait boire à ta bouche
comme à la fraîcheur d’un puits
Notre amitié portait le nom
intraduisible des fontaines.

 

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SERGE WELLENS

 

 .

 

 

 

Figuiers-de-Barbarie

 

 

 

 

 

LA PAROLE / LA PALABRA ...Extrait

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De toute chose ma mémoire
a nourri la parole ;
l'ombre de quelque flamme vivante
que son rythme annonce
depuis l'aube entre miroirs de miroirs
a nourri la parole.
Des mers d'ors troubles elle demandait à mes yeux
et des prairies exsangues où les journées appuient
les genoux de pierre
pour se dresser à nouveau pour respirer.
Plus tard dans les sourires de la pierre
elle cherchait entremêlés les visages des vivants
avec ceux qui ne meurent pas.

De toute chose ma mémoire
a nourri la parole,
et à l'instant de la main brève
et la fleur, devenu long, le chemin du chant,
avec le profil plongé dans mes années
proue qui casse et n'avance jamais
avec les vies et les morts
dans les multiples fluides de mon sang
a nourri la parole.

À celui que je n'atteins pas je parle à peine
mais à la fin du son
c'est comme si l'amour qui était divisé
se rapprochait un instant au centre de lui-même.

 

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 De toda cosa la memoria mía
ha nutrido la palabra ;
sombra de alguna viva llama
que el ritmo anuncia
desde el amanecer entre espejos de espejos
ha nutrido la palabra.
Mares de turbios oros reclamaba a mis ojos
y praderas ceñdas donde apoyan los días
las rodillas de piedra
para alzarse de nuevo a respirar.
Más tarde en las sonrisas de la piedra
las caras de los vivos buscaba entremezcladas
con aquéllas que no mueren.

De toda cosa la memoria mía
ha nutrido la palabra,
y en el instante de la mano breve
y la flor, se hizo largo el camino del canto,
con el perfil hundido en años míos
proa que rompe y nunca avanza
con las vidas y las muertes
en múltiples fluidos de mi sangre
ha nutrido la palabra.

A aquél que no alcanzo apenas hablo
pero al final del sonido
es como si el amor que estaba separado
se acercara un instante al centro de sí mismo.

 

.

 

 

 

 

SUSANA SOCA

 

Œuvre poétique, © Sable, 2011, p.174-177
Traduction de Franck Ravail et Juan Alvarez Márquez

 

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memoire

 

 

 

 

JEAN LAVOUE...Extrait

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Aucun accord ne se fera d’en haut
Aucune puissance ne descendra des cieux
C’est du très-bas que naissent les prairies
Que s’allument au printemps des bouquets de jonquilles

C’est du très bas que la terre est si belle
Qu’elle est pour nous jardin
Cette fête infinie

C’est du très-bas que nos chemins se croisent
Et que nos mains s’appellent
Que nos corps se dénouent sous l’astre des caresses

C’est du très-bas que s’annonce l’enfant
Le feu d’un jour nouveau
La merveille à nos yeux

C’est du très bas que s’embrase le ciel
Que s’élancent les oiseaux
Que la terre est promise

C’est du très bas que nos frontières s'ouvrent
Que nous sommes aimés
Que nous sommes bénis

C’est du très bas que nous sommes rejoints
Que nous sommes relus
Que nous sommes compris

C’est du très-bas que nous sommes portés
Sur les flots en furie
Et c’est du fond de l’arche que nous disons merci

 

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JEAN LAVOUE

 

 

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bernard vercruyse

Oeuvre Bernard Vercruyce

 

 

 

JUSQU'OU MEURT UN POINT D'ORGUE ? ...Extrait

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Il suffit qu'un matin
un brin d'herbe se mette
à frémir qu'une rose s'émeuve
de ses plis
qu'un tournesol
de nuit
rayonne pour personne
pour qu'on ne sache plus
si le temps est un arc-en-ciel
entre deux rives
ou une harpe
entre nos doigts

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GILLES BAUDRY

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baudry

 

Oeuvre ?

 

 

 

 

A LA LUMIERE DES LARMES

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L'ange de l'épreuve
brûle d'abord nos yeux
avant d'ouvrir un chemin
inconnu devant nous.
Oseras-tu avancer?

Monte! Egare-toi!

Si les mots ont trahi
si l 'anneau est brisé
si tes larmes sont noyées
dans l'eau perdue
de la pierre
tu peux encore avancer.

Monte! Egare-toi!

Tous nos cris ont des ailes
tous les coeurs trouvent un chemin.

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ALAIN SUIED

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ANGE

 

 

 

NOCES A TIPASA / NUPCIAS EN TIPASA ...Extrait

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"Non, ce n'était pas moi qui comptais, ni le monde, mais seulement l'accord et le silence qui de lui à moi faisait naître l'amour. Amour que je n'avais pas la faiblesse de revendiquer pour moi seul, conscient et orgueilleux de le partager avec toute une race, née du soleil et de la mer, vivante et savoureuse, qui puise sa grandeur dans sa simplicité et, debout sur les plages, adresse son sourire complice au soleil éclatant de ses ciels".

 

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"No, no era yo quien contaba, ni el mundo, sino el acuerdo y el silencio que de él a mi hacía nacer el amor. Amor que no tenía yo la debilidad de reivindicar para mí solo, consciente y orgulloso de compartirlo con toda una raza, nacida del sol y del mar, viva y sápida, que extrae su grandeza de su sencillez y, de pie sobre las playas, dirige su sonrisa cómplice a la sonrisa luciente de sus cielos".

 

 

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ALBERT CAMUS

 

 

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site romain de tipasa

Tipasa, site romain

 

 

      

LE BONJOUR ET L'ADIEU...Extrait

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L'herbe parsemée de violettes, un bosquet de lilas dont les grappes s'éveillent devant la masse armée d'un yucca; un jeune pêcher fleuri contrastant avec la haie de cyprès d'où surgit le profil du mont au sommet dardé vers le ciel comme un sein perlé de neige; un ravage d'oiseaux dans le feuillage des chênes, mordoré et cassant; une pie traversant le verger à hauteur de regard.

 

Vient aux lèvres un goût de roseau, le sifflement tremblé, le sang léger, la salive sur la langue d'un baiser.

 

Cette innocence abandonnée est celle d'un chemin dont il est dans l'ordre des détours de connaître les versants de ce monde, d'en accepter sereinement les dires inverses, de les fondre aux instants privilégiés, et d'oublier ensuite, sous une profonde couche de sommeil et de rocaille, le nouveau sentier apparu sans sa propre chaleur.

 

 

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PIERRE ALBERT JOURDAN

 

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violettes

 

 

SNOWY WHITE - MIDNIGHT BLUES -

DE BOUCHE A OREILLE...EXTRAIT

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A Grenade 

je suis juif, chrétien
et maure de surcroît
 
D'en haut, d'en bas, 
Grenadins, 
pourquoi fondre l'or du Siècle
en vils bijoux, 
donner à Lorca des éclats d'échoppe
et des rimes marchandes aux coplas?
 
Pour les oubliés,
pour les insoumis,
je rouvre les bûchers,
circonscris les mémoires
d'où jaillissent les encres des livres de nos cris
et mêlant à vos sangs
l'huile de nos lampes
fais renaître des cendres
la prière des rebelles.
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MARC BONAN
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JOAQUIN SOROLLA Y BASTIDA2

Oeuvre Joaquin Sorolla y Bastida

"Grenade"

CASBAH LUMIERE...Extrait

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Comme un cygne paré de sa blancheur laiteuse,

La Casbah s'apprête à recevoir le soleil arquéà l'horizon.

Paraissant immobile, le soleil avance, et la Casbah en révérence ailée, le salue.

Et toi, baie d'el Djazaïr,

comme une vierge de Botticelli qui attend tout de l'amour

tu drapes ta nudité en baissant pudiquement les paupières.

 

C'est la grâce de son sillage qui rend le cygne attirant,

C'est la rondeur de la terre qui rend le soleil heureux,

C'est aussi le sourire des étoiles qui rend les terrasses joyeuses.

 

Si je m'avisais à décrire ton état actuel, mienne Casbah,

 je me détruirais tout en te détruisant.

Ne dit-on pas que lorsque le cygne sent l'approche de son départ,

il annonce sa mort en offrant son chant à tous les alentours.

Si le chant du cygne est le chant du grand départ,

pour toi mon chant est comme une ode.

Tu me fais écrire des mots dont tu composes la musique.

Tu me fais dire des paroles décrites par ton climat.

Tant que je t'adule je ne peux t'abhorrer,

et tant que tu es là je ne peux t'oublier

Quant à ceux qui m'invitent àécrire sur la Casbah...

Ô mon Dieu, comme la Casbah est très demandée ces jours-ci.

Je leur dirai que la Casbah est encore celle

que le regard de mon enfance a coincé dans une impasse.

Dans cette impasse il n'y a qu'elle et moi

Elle, encore vierge malgré son âge sans âge.

Moi pas jeune du tout

quoique dans mes yeux pétille un accent de vie de jouvence,

que seul je sens lorsque près d'elle je suis.

Je me rappelle cette nuit là !

C'était une nuit sans lune, sans éclairage.

Un nuit où les marches d'escaliers vous guettent

pour vous surprendre et vous faire glisser, le long de la ruelle,

pour vous la faire haïr davantage.

 

....

 

Se retrouver dans la nuit et le noir de la nuit

avec un corps pour flambeau

un coeur pour lumière

une âme pour servir

C'est retrouver la Casbah dans toute sa juvénilité millénaire.

C'est retrouver des ruelles qui vous guident jusqu'aux sources de la vie.

C'est retrouver des murs qui vous racontent les récits collés à leur patine.

C'est retrouver les terrasses qui vous confient les échos

des voix de nos parents confondues dans les nues.

C'est retrouver les confidences de la mer qui vous réconforte

avec la pureté qu'elle sait circonscrire dans ses moments de bon accueil.

C'est se retrouver soi-même en train d'apprendre à respirer la respiration,

comme on respirerait une rose qui vous serait offerte par surprise.

 

...

 

Sous le dôme de ma Casbah, j'ai retrouvé les restes de l'école musicale

arabo-andalouse, avec un je ne sais quoi de parfum de cédrat d'antan.

Et la musique comme un plain-chant serein réveille à la vie ce coeur souverain. En respirant les noubas arabo-andalouse,

je lisais la démarche sonore comme le rebond d'une balle

qui ne s'arrête pas de bondir et rebondir,

en décrivant des arcs autour de la terre.

Voyez-ça d'ici ou plutôt voyez-ça avec votre ouïe.

Des arcs qui se croisent et s'entrecroisent.

Des arcs qui ne finissent plus d'imiter le dôme.

Des arcs par où coule la musique comme on ferait couler de l'or fondu.

Des arcs en or fondu pour obtenir un arc musical

par où passerait le cortège d'amour de musique vêtue..

 

Rendre grâce à la terre pour être mieux aimé par elle,

c'est ce que le musique arabo-andalouse fait en flânant sereinement autour.

La modale de la musique arabo-andalouse ne se multiplie pas

pour architecturer une superposition de vibrations sonores

qui veulent défoncer le ciel.

Elle est un acte d'amour qui répond aux besoin de la terre.

 

Je me sentais une intimité foisonnante qui se collait à la peau de la terre.

Je voyais tomber des gouttes d'étoiles comme des flocons de neige

et la terre en était imbibée.

Le dôme recevait cette offrande comme un don de la vie à la vie.

Comme une vision peinte par Salvador Dali, le dôme fondait en tous les tons.

Toute une ribambelle de demi-tons se joignaient à la noce.

Toute une myriade de corpuscules se bousculaient autour du quart de ton.

 

...

 

Voir une ligne droite qui ondule et épouse les formes du corps humain jusqu'à l'ubiquité,

c'est voir un rai de lumière qui paraphe son parcours.

Une clé de sol qui s'agite et se démène pour bâtir sa maison.

Une gamme de serrures qui attendent l'avènement de leurs vies.

Une profusion de signes où se reconnaît l'appel de la terre entière.

Chaque montagne, chaque vallée, chaque champs, chaque prairie, chaque mer, chaque océan

chaque vie s'animait en s'identifiant à travers la profusion de signes.

 

L'image de ma Casbah avait toute la terre pour espace.

 

Le monde musical que je respirais n'avait d'autre droit

que celui d'ouvrir les voix à la clarté de la parole,

pour que le jour ouvre à la nuit l'entrée du secret des lumières.

Ma Casbah et moi sommes à l'aise dans notre placenta planétaire.

Voici que la musique s'empare de ma plume et me demande

de prêter ma perception à tout ce qui m'entoure.

Je dresse mon coeur.

Assidûment , je dresse mon coeur et j'entends

une polyphonie assourdissante, comme étouffée,

elle me parvient des façades des maisons.

Ces façades qui semblent remercier leurs bâtisseurs.

Ces façades qui ne finissent pas d'être des façades

et comme façades on ne trouverait pas mieux.

Ces façades qui se révèrent et se prosternent toutes en même temps.

Avez-vous jamais vu une cité qui se prosterne ?

Venez à ma Casbah, vous les verrez comme elles acceptent

cette attitude à la fois humble et altière.

Chacune d'elle est un serment témoin.

Chaque maison de distingue par sa génuflexion spéciale.

Chaque terrasse  se singularise pour épater sa voisine.

Chaque patio sert de place publique aux muses heureuses de danser la musique

Chaque arceau sur sa colonne chante la modale du marbre enivré par sa torsade.

Chaque ruelle est une corde de luth et quand la corde vibre,

l'âme de toute la médina frissonne au son de cet accent envoûtant.

Chaque fontaine est une oasis d'attraction,

et la bousculade des enfants vaut tout un spectacle.

Une cité qui se prosterne face à la mort, face à la vie

ne peut être une cité comme les autres.

Un médina pareille a quelque chose en plus et cette chose là:

C'est l'amour avec lequel l'endroit a été choisi.

C'est l'amour avec lequel le maçon l'a construite.

C'est l'amour avec lequel l'histoire l'a glorifiée.

C'est l'amour avec lequel moi-même,

pris dans les mailles de son filet,

je me complais à y rester

pour continuer à respirer et à attendre

celui qui,

par cette nuit noire,

vint me rendre visite pour me marquer au front.

 

 

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HIMOUD BRAHIMI

 

 

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GALETS...Extrait

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Peuple d’ombres, mes amis,

vous dont les lèvres ne sont plus

que des pétales réduits en cendres

puis dispersés comme poussière

et confondus avec l’humide

et froide terre de silence

qui vous enserre sous les fleurs

et fait de vous quelle pâture

stérile et vaine, destinée

aux racines ivres de terreau !

Peuple d’ombres, mes amis,

vous, les trop aimés des dieux

et qu’ils nous ont ravis tandis

que vos bras s’unissaient aux nôtres

pour ceindre d’amples couronnes

le front des Sœurs mélodieuses,

ah ! ne m’entourez pas trop

et que les cadences de vos chants,

si belles d’être suspendues,

et si beaux d’être inachevés,

n’aient sur moi, près de ce fleuve

que je me refuse à passer,

nul attrait sirénien !

Ou bien faites que la cire

scellant les coquilles de mes oreilles

ne se fonde pas de sitôt

ni avant que ma frêle barque

soit amarrée en terre ferme !

 

Sous les palmiers, devant les sites

aimés de nous et des oiseaux,

vos cadences suspendues

et vos chants inachevés

revivront au bout de mes lèvres

d’une vie exultante de triomphe :

ils y pendront comme des fleurs

qu’aux dieux dont vous êtes captifs,

larcin d’un autre Prométhée,

des mains humaines auraient ravies !

 

 

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 JEAN-JOSEPH RABEARIVELO

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conditions