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ABDULLAH IBRAHIM - DESERT AIR

LES SENTIERS DU MONDE...Extrait

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L’ombre ne s’enfuit ne s’enfuit jamais
(Sauf au zénith un instant bref)
Jamais autant présente
Que par un soleil clair.

Tu te refuses à nier le soleil.
Accepte la dérive quotidienne
Et l’avancée de l’ombre
Dans son vagabondage calculé.

Allonge le pas avec l’ombre
La tienne, jusqu’au soupir interrompu – le dernier –
Sachant à toute heure accueillir
Ainsi que l’ombre le soleil.

 

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PIERRE ETIENNE

 

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pierre etienne

JARDINS SECRETS

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Respecter l’autre, c’est aussi ne pas le questionner sur ses jardins secrets, sur ses silences, sur tout ce qu’il ne désire pas révéler de lui-même. Chacun éprouve quand il le souhaite le besoin de s’exprimer sur un sujet ou sur un autre. S’il ne s’exprime pas, c’est un devoir que de respecter cette plage privée. Donner de soi et aimer vraiment, c’est peut-être justement accepter tout ce que l’autre propose, et rien d’autre. L’échange peut alors avoir lieu, sans contraindre ni blesser, sans heurt, en toute sécurité. La confiance s’offre en douceur, la peur n’y a pas de place. Je voudrais pouvoir être cet élément rassurant dans lequel l’autre peut puiser, allant chaque jour un peu plus de l’avant, tâchant d’être plus juste, plus vrai, plus sincère. Aucun mensonge avec soi-même n’a de place en ces lieux. Si l’autre me fait confiance, je me crois capable de le rassurer, de trouver la réponse juste, l’écoute nécessaire. Je vis dans l’instant, celui qui me révèle dans ce que je dois être, et sans rien vouloir brusquer. Il me semble qu’aimer se situe dans ce centre, en tout cas c’est le seul endroit que j’ai trouvé pour exprimer tout ce qu’il y a au plus profond de mon être.
Vivre, c’est mourir chaque jour de ce qu’on était la veille, c’est recommencer, renaître, re-vivre. C’est un jour nouveau qui se lève à chaque instant, comme un nourrisson qui s’éveille à la vie. Vivre c’est aujourd’hui, maintenant, et c’est aussi demain. Car demain bien des choses auront changé, bien des ciels se seront éclaircis, tout comme bien des tempêtes apparaîtront. Vivre c’est respirer, apprécier les rayons du soleil, le silence d’une chambre, la lumière sur un moment de répit et dans lequel soudain une porte s’ouvre.
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BRUNO FRANCOIS-BOUCHER
2011, in L'Homme qui aimait
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Katia Chausheva Photography5,,

Katia Chausheva Photography

LEXIQUE

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Je ne trouve pas le verbe
Correspondant à dérision
Juste l’adjectif, dérisoire, je triture
Dérisoire des rasoirs désiroir
Invente des désirs à tiroirs rasoirs
Tranchants comme des lèvres qui se pincent
Où se coupent les mots
Est-ce que la dérision
C’est le rire
Quand il finit
Ou l’inverse de
Désirions

 

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ALEXO XENIDIS

 

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CHRIS MAHER,

Photographie Chris Maher

JEAN LAVOUE...Extrait

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Désormais nous marcherons
Au pas des battements du cœur.
Nous ferons face à l’ennemi
Avec tranquillité et force.

Nous ne nous laisserons pas voler
Cela que nous avons frôlé de plus haut.

Nos rêves ne sont pas à prendre.
Nous n’éclairerons pas ce monde
Aux torches de la haine,
Mais nous protégerons la flamme de nos tendresses,
Nous ne tiendrons pas nos lampes
Sous le boisseau.

 

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JEAN LAVOUE

www.enfancedesarbres.com

 

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mark briscoe2

Oeuvre Mark Briscoe

DONNEZ-MOI DES MOTS D'HOMME

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À la mémoire d’Albert Camus...
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Donnez-moi des mots d’Homme
Des mots qui s’acheminent
De Tipasa la bleue aux flancs de Lourmarin
Ces mots d’ocre et de feu qui épousent les cimes
Délestant le soleil du poids des lendemains
Ces mots je les voudrais griffonnés de lumière
D’une lumière écrue revenue du bonheur
Quand à midi la plage offre son ventre amer
Aveuglant le passant d’une intime candeur
Je voudrais des mots d’Homme
De ceux qui vont en paix
Rapiécer le silence au Petit Villeblevin
Où le phénix d’or étonnement renait
La mort est ce beau leurre dont on remoud le grain
Servez-moi des mots d’Homme à l’abri des platanes
De ces mots va-nu-pieds qui remontent le temps
Des mots de Mondovi que l’on boit à la palme
Comme une eau de printemps
..
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SYLVIE MEHEUT
.
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CAMUS

 

L'OISEAU

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L’oiseau

deux oiseaux de Georges BRAQUE

L'oiseau
deux oiseaux
tu les regardes
comme le bleu
comme tu regardes le jaune et le gris
aussi la fenêtre des vents
la lumière qui caresse la zébrure des ailes
plumes de l'imaginaire
légères dans les paroles de la lune
tu prends le pinceau de ton coeur
les ciseaux des traces vertes
orangées de mauves-roses
franges de tes mains
à l'oeil des verbes
tu sais que sans toi
l'oiseau
les deux oiseaux
ne voleront pas vers cet arc en ciel
.
PATRICK ASPE
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BRAQUE2

Oeuvre Georges Braque

MANDELA

ELECTIONS PRESIDENTIELLES FRANCAISES 2017

CAROLE DAWSON

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Poème pour Patrig

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Je bois goutte à goutte à la pluie du silence
J'écoute les bruits qui se sont tus
J'entends les mots qui ne sont plus
Immuable cadence
Qui danse qui danse
Et je glisse au-delà du paysage
Là où la clarté repose
Amarrée à mon rivage
Au frôlement d'un murmure qui s'impose
Au coeur du silence
L'invisible frémit d'abondance
Quand tout s'est tu quand tout se tait
Plus rien n'y paraît
Suspendu est le temps
Et juste là
Germe une lueur s'inspirant
D'une parcelle d'un ciel rougissant
Juste là
De l'immensité
Naît toute l'intensité
Et la source ressurgit
Grouillante de vie
Bouillonnante de magie
Qu'on ressent à chaque pas
Qu'on voit et qu'on ne voit pas
Sur les vagues de l'infini, j'ai balbutié
Au vent de mon propre souffle...envolée
Alors peu m'importe
Que viennent maintenant les bruits
Peu m'importe
J'ai entendu le silence de tous les puits
J'ai frissonné aux portes secrètes de toutes les nuits
Je fus de connivence
Avec l'essence dans toute sa transparence
Déposée en ces lieux
J'ai marché les chemins silencieux
En pleine conscience
Que là est l'origine de toute naissance
Où chaque instant est renaissance

 

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© CAROLE DAWSON

 

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Katia Chausheva Photography2A

Photographie Katia Chausheva

 

 

 

REINVENTEZ-VOUS...

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Pas de meneurs, s’il vous plaît

Inventez-vous puis réinventez-vous,
ne nagez pas dans le même bourbier
inventez-vous puis réinventez-vous
et
libérez-vous des griffes de la médiocrité.

Inventez-vous puis réinventez-vous,
changez de ton et de forme si souvent qu'on ne pourra
jamais
vous
cataloguer.

Ressourcez-vous et
acceptez ce qui est
mais uniquement selon les termes que vous avez inventés
et réinventés

apprenez par vous-même.

Et réinventez votre vie parce qu'il le faut ;
c'est votre vie et
son histoire
et le présent
n'appartiennent
qu'à vous.

 

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CHARLES BUKOWSKI

 

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GILBERT garcin

Photographie Gilbert Garcin

DERNIER POEME

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" Mon dernier poème au Peuple Haïtien avant de quitter le sol qui m’a vu naître écrit le 29 novembre 2016.

Ce Peuple en gestation d’une nouvelle victoire contre l’obscurantisme." Gérald Bloncourt

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La colère
est en moi
je hume l’existence
je me heurte
aux fils de fer barbelés
de la désespérance


je franchis les ruisseaux
boueux de l’inquiétude
Martissant, Carreour-feuille,
Bizoton, Jérémie, Jacmel,
Pétionville, Port-au-prince,
l‘Ile de la Gonave,
bruissants de misère


L’azur est en folie
Tout se mêle
S’entrecroise
Et se noue


Je sonde l’espace séculaire
Ce brassage de peuples
Qui fil sonner le glas
Du sordide esclavage

Je dis à la jeunesse
Aux yeux-diamants
luisants d’espoir
Aux cohortes affamées
des bidonvilles
aux créateurs
peintres
poètes
écrivains
L‘heure est venue
De dire NON
aux embroglios
des politiciens véreux
aux corrompus
aux assassins

Le jour se lève
en ma mémoire
Les « CINQ GLORIEUSES » de Janvier 1946
Ont offert au Monde
Un sursaut salutaire

Haiti d’infortune
des tremblements de terre
tes enfants sont là
Kampé ! Debout !
Je crois en tes vertus
En vous
Nouvelle générations
Je crois en ce renouveau cosmique
De Liberté, d’Égalité et de Fraternité

Je dis Merde à l’Espace
Je crie mon mot d’ordre
« Kembe fèm ! pa lagé ! »

Salut à vous
mes racines profondes
mon doux parlé créole
mes cassaves, boborits
rapadou, mes rorolis,
mes pisquettes grillées
mon choux palmiste

Salut à vous Furcy
Kenscoff, le Morne Bourrette
Le Massif de la Selle

Salut à vous
Dessalines, Toussaint Louverture,
Héros de l’Indépendance

Salut à vous Jacques Roumain, Jacques Stephen Alexis,
Gérard Chenet, René Depestre
Et tous les autres

Je m’incruste dans les rues démembrées
Je soude espoir et certitude
pour bannir l’obscurité.



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GERALD BLONCOURT 90 ANS

NATIF-NATAL

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Gérald Bloncourt 2016

THE SWAN - SAINT-SAËNS/GODOWSKY

NOUS AUTRES MEURTRIERS

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...

 Parce qu’il est plus facile de faire son travail quotidien et d’attendre dans une paix aveugle que la mort
vienne un jour, les gens croient qu’ils ont assez fait pour le bien de l’homme en ne tuant personne directement.
Mais, en vérité, aucun homme ne peut mourir en paix s’il n’a pas fait tout ce qu’il faut pour que les autres vivent et s’il n’a pas cherché ou dit quel est le chemin d’une mort pacifiée. Et d’autres encore, qui n’ont pas envie de penser trop longtemps à la misère humaine, préfèrent en parler d’une façon très générale et dire que cette crise de l’homme est de tous les temps. Mais ce n’est pas une sagesse qui vaut pour le prisonnier ou le condamné. Et, en vérité, nous continuons d’être dans la prison, attendant les mots de l’espoir.

Les mots d’espoir sont le courage, la parole claire et l’amitié. Qu’un seul homme puisse envisager aujourd’hui une nouvelle guerre sans le tremblement de l’indignation et la guerre devient possible. Qu’un seul homme puisse justifier les principes qui conduisent à la guerre et à la terreur et il y aura guerre et terreur. Il faut donc bien que nous disions clairement que nous vivons dans la terreur parce que nous vivons selon la puissance et que nous ne sortirons de la terreur que lorsque nous aurons remplacé les valeurs de puissance par les valeurs
d’exemple. Il y a terreur parce que les gens croient ou bien que rien n’a de sens, ou bien que seule la réussite historique en a. Il y a terreur parce que les valeurs humaines ont été remplacées par les valeurs du mépris et de l’efficacité, la volonté de liberté par la volonté de domination. On n’a plus raison parce qu’on a la justice et la générosité avec soi. On a raison parce qu’on réussit. A la limite, c’est la justification du meurtre .

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ALBERT CAMUS

 

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Photographie Thami Benkirane

https://benkiranet.aminus3.com

L'HOMME REVOLTE...Extrait

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L’homme ne peut que se proposer de diminuer arithmétiquement la douleur du monde. Mais l’injustice et la souffrance demeureront et, si limitées soient elles, elles ne cesseront pas d’être le scandale .

Prométhée, coincé entre le mal humain et le destin, n’a plus que sa force de révolte.

(Mais ) la révolte ne peut se passer d’un étrange amour.

Ceux qui ne trouvent de repos, ni en Dieu, ni en l’histoire, se condamnent à vivre pour ceux qui, comme eux, ne peuvent pas vivre : pour les humiliés.

Cette folle générosité est celle de la révolte, qui donne sans tarder sa force d’amour, et refuse sans délai l’injustice Son honneur est de ne rien calculer, de tout distribuer à la vie présente et à ses frères vivants

La vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent

 

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ALBERT CAMUS

 

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robert lerivrain2

Sculpture Robert Lerivrain

LE TEMPS RETROUVE....Extrait

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 La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c’est la
littérature ; cette vie qui, en un sens, habite à chaque instant chez tous les hommes aussi bien chez l’artiste. Mais ils ne la voient pas, parce qu’ils ne cherchent pas à l’éclaircir. Et ainsi leur passé est encombré
d’innombrables clichés qui restent inutiles parce que l’intelligence ne les a pas "développés" . Notre vie, et aussi la vie des autres. Le style pour l’écrivain, aussi bien que la couleur pour le peintre, est une question non de technique mais de vision. Il est la révélation, qui serait impossible par des moyens directs et conscients, de la différence qualitative qu’il y a dans la façon dont nous apparaît le monde, différence qui, s’il n’y avait pas l’art, resterait le secret éternel de chacun. Par l’art seulement nous pouvons sortir de nous, savoir ce que voit un autre de cet univers qui n’est pas le même que le nôtre, et dont les paysages nous seraient restés aussi inconnus que ceux qu’il peut y avoir dans la lune. Grâce à l’art, au lieu de voir un seul monde, le nôtre, nous le voyons se multiplier, et, autant qu’il y a d’artistes originaux, autant nous avons de mondes à notre disposition, plus différents les uns des autres que ceux qui roulent dans l’infini et, bien des siècles après qu’est éteint le foyer dont il émanait, qu’il s’appelât Rembrandt ou Ver Meer, nous envoient encore leur rayon spécial."

 

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MARCEL PROUST

 

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PROUST

LES ECORCES VIVES

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Dans le verger des fées. A droite du petit chemin. Sur le toit de mousse. Deux amants reposaient là contre le ventre d’un arbre. Que dire de l’amour ? Que dire du temps ? Il est venu. Somptueusement nu. Elle attendait la vasque de son corps. Deux étoiles sont tombées. Tout près. En plein jour. Ses seins pointent vers le ciel. Sa peau est du miel. Que dire du temps qui les sépare puis les réunit. De nouveau. Et ainsi jusqu’à la fin des temps. Que dire de l’amour qui réunit un versant de l’âme, la petite chapelle. Qui réunit un buisson délicat et le roseau des écritures. Le désir se confond avec l’horizon. Il vit en paix celui qui est aimé. Elle visite le sanctuaire et les écorces vives du verbe. Celle qui est aimée. Dans le verger des fées.
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PATRICK CHEMIN
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pat

VIVRE A MOITIE

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Ne fréquente pas ceux qui sont à moitié amoureux,
Ne sois pas l’ami de ceux qui sont à moitié des amis..
Ne lis pas ceux qui sont à moitié inspirés.
Ne vis pas la vie à moitié
Ne meurs pas à moitié
Ne choisis pas une moitié de solution
Ne t’arrête pas au milieu de la vérité
Ne rêve pas à moitié
Ne t’attache pas à la moitié d’un espoir
Si tu te tais, garde le silence jusqu’à la fin, et si tu t’exprimes, exprime -toi jusqu’au bout aussi.
Ne choisis pas le silence pour parler, ni la parole pour être silencieux …
Si tu es satisfait, exprime pleinement ta satisfaction et ne feins pas d’être à moitié satisfait …
et si tu refuses, exprime pleinement ton refus, car refuser à moitié c’est accepter..
Vivre à moitié, c’est vivre une vie que tu n’as pas vécue…
Parler à moitié, c’est ne pas dire tout ce que tu voudrais exprimer
sourire à moitié, c’est ajourner ton sourire,
aimer à moitié, c’est ne pas atteindre ton amour
être ami à moitié c’est ne pas connaître l’amitié
Vivre à moitié, c’est ce qui te rend étranger à ceux qui te sont les plus proches, et les rend étrangers à toi….
La moitié des choses, c’est aboutir et ne pas aboutir, travailler et ne pas travailler, c’est être présent et …absent
Quand tu fais les choses à moitié, c’est toi, quand tu n’es pas toi-même, car tu n’as pas su qui tu étais
C’est ne pas savoir qui tu es…
Celui que tu aimes n’est pas ton autre moitié…c’est toi même, à un autre endroit, au même moment.

Boire à moitié n’apaisera pas ta soif, manger à moitié ne rassasiera pas ta faim…
Un chemin parcouru à moitié ne te mènera nulle part

et une idée exprimée à moitié ne donnera aucun résultat …
Vivre à moitié, c’est être dans l’incapacité et tu n’es point incapable…

Car tu n’es pas la moitié d’un être humain
Tu es un être humain…

Tu as été créé pour vivre pleinement la vie, pas pour la vivre à moitié

 

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KHALIL GIBRAN

 

 

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BERTHEMORISOT,

Oeuvre Berthe Morisot

ABDELWAHAD MEDDEB

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 Absolu perçu raison d'histoire
chez ceux qui ont vaincu
comme chez ceux qui ont perdu
Absolu que scelle le silence des pierres
face au désastre face à la victoire
au lieu de gager Absolu contre Absolu
n'est-il pas juste de céder l'Absolu
à son irrévocable silence

 

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ABDELWAHAD MEDDEB

 

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thamll,

Oeuvre Thami Benkirane

https://benkiranet.aminus3.com 

 

 

ANNE MOUNIC...Extrait

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Le poème – une parole qui ne peut, ne veut,
prétendre coïncider.
L’erreur consisterait à vouloir effacer l’omniprésente disjonction
au cœur du temps,
de la bouche à l’oreille et du présent à sa reprise,
mais il s’agit d’une transcendance par-dessous,
qui fonde en fusant sans fonder uniformément,
et s’éprouve au fluide de l’intuition, puis de la pensée que peu à peu elle engendre, lorsque les bulles à la surface de l’eau
se mettent à former des phrases.

Ainsi le remuement des mille lèvres de l’instant,
entre ces lignes,
le grand soleil, les menues hirondelles
et la constance des cigales.

 

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ANNE MOUNIC

 

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joseph henri lebasque

Oeuvre Joseph Henri Lebasque