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Channel: EMMILA GITANA
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ENFANT NU COMME L'INSTANT AUX RUINES DE LA DUREE

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Sur le mur de la maison détruite demeure le
papier peint,
comme demeure le poème, une fois le cœur
démoli.
Vert, violet, de gros dessins jolis, ce papier fossile
a la fraîcheur des sentiments neufs,
comme le poème dévoile son cœur d’enfant, à
l’épreuve du temps.

Sur le mur de la demeure en ruines, le papier
peint s’expose,
à la façon du nourrisson, orphelin d’intention,
Œdipe, Moïse, Dionysos ou Persée, Gilgamesh…

tous ceux-ci qui, humblement, parmi les roseaux,
au creux des flots ou bien à flanc de coteau,
sur la roche escarpée se pénètrent déjà, tout
petits, de l’âpreté du destin.

L’abandon est source de sagesse.

L’enfant mis à nu sur la paroi du cœur démoli
possède l’intuition d’une science qui nous
dépasse –

notre au-delà, la pluie qui bat,
l’amarrage de l’instant clapotant
sur la revêche éternité sans joie,
l’immobile écran de nos tourments

sans nous, le vide de notre désarroi.

Mais nous nous tenons pour tous parmi les
roseaux,
au creux des flots ou bien à flanc de coteau,
enfant nu comme l’instant aux ruines de la durée,
ressaisi, exposé, ce papier peint, le poème,
naguère, une chambre d’enfant,

l’abandon est source d’attention.

Exposés, nus, nous voici parfaitement aux aguets
parfaitement disposés à résister au destin,


en son âpreté.

 

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ANNE MOUNIC

 

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ABANDON

MEMOIRES SANS VISAGES & AUTRES TEXTES

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La terre est brune, et le pied s'y imprime
Cercueil de vent, chaque pas mène à l'autre
Dans les feuilles
Ton visage défiguré mime
Un autre soleil

J'ai tiré le rideau sur les grimaces du printemps
Trop de boue,
Trop de vent, et j'ai perdu la trace
J'avance, dans les gifles des fleurs,
Peut-être à reculons

Là-bas, c'est sans doute l'été?
Tu disais: le feu pur
La terre est rouge, et le pied la possède
Et tu disais: les grands vols d'oiseaux fous
Mais le ciel pèse lourd, ton visage se fige
Et le soleil a mis le masque de la mort

 

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 COLETTE GIBELIN

 

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noyer1,,

 

 

 

 

LES INEDITS 12

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Près du visage que tu aimes
Se trouvent les lucioles
Se trouvent les baisers
Non encore échangés
Se trouve l’argile de l’origine
Près du visage que tu aimes
Se trouvent les oiseaux
Non encore envolés
Les secrets non encore dévoilés
Se trouve la genèse des arbres
Se trouvent les racines
D’un amour inouï
Et c’est le tien
Et c’est le mien
Tous les jours
A nouveau réinventé
Par la force et le lien
De l’invisible
De l’indicible
Garde auprès de toi
Le visage que tu aimes
Ne sois pas distrait par la foule
Garde en toi cet amour
Après toutes ces années
Il contient le sens
Que tu cherchais jadis
Sans jamais le toucher
Il faut parfois longtemps
Pour comprendre la lumière
Du verbe aimer

 

 

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PATRICK CHEMIN

 

 

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Pauline

LA QUESTION D'INDIVIDU !

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Dans Paris, tu pisses tes bières en vociférant ta réussite sociale en prétentieux frimeur et quand ton aide est sollicitée alors qu’un enfant souffrant a besoin de soins, tu souris d’ironie car tu y vois une arnaque burlesque et compliquée ; il ne faut donc pas chanter le vaudeville et tant pis si l’enfant gémit seul comme un poulain pendu dans la détresse de sa maman. Mais, quand un chef politique parle de petites escarmouches lancées à son endroit par la localité bancaire qui l’a enrichi, tu te déchaînes à son secours d’une volonté qui mord le ciel. Tu te sens dépossédé de ta bonté et l’humanité entière est subitement en danger. Tu animes les réseaux sociaux, tu enflammes du feu des titans tes hardiesses pour l’appuyer dans sa quête gourmande, tu vantes ses conquêtes politico-commerciales comme si le mérite t’en revenait. Tu t’offusques quand les autres ne suivent pas et tu es prêt à disséquer ta carte de crédit. Puis, tu respires d'un air de fin de mission et paradoxalement, tu te sens homme de principes car le milliardaire a repris sa course d’un seigneurial dédain envers l’enfant souffrant.

Quand le riche arrache des droits, il a de la fermeté, quand le pauvre réclame les siens, c'est un entêté.
Quand les deux accusent du retard dans une tâche, le riche est soigneux, le pauvre est fainéant.
Quand les deux exécutent vite leurs tâches, le riche est studieux, le pauvre bâcle.
La pauvre dans un petit commerce : il magouille, le riche dans les transferts suspects : il se débrouille.
Quand les deux rejettent les idées reçues, le riche a de la clairvoyance, le pauvre a de l'outrecuidance.
On ne dit pas au riche : tu mens, on lui dit, monsieur, vos dires ne sont pas conformes à la vérité.
Quand le pauvre se montre aimable, il est forcément hypocrite et quand le riche est odieux, c’est de notre fausseté qu’il s’acquitte.
Quand les deux te rendent visite, Le riche t'honore, le pauvre te dérange.
Si les deux citent tes carences, le riche est franc, tu rougis de honte, le pauvre est insolent, tu rougis de colère
Le riche s'éclate, le pauvre chahute. Le riche est économe, le pauvre est radin. Le riche a des faiblesses, le pauvre a des tares. Le riche critique, le pauvre dénigre. Le riche s’enivre, le pauvre se soûle. Le riche rend, le pauvre dégueule. Le riche se soulage, le pauvre chie. Le riche demande, le pauvre prie. À leur mort, le riche s'éteint, le pauvre crève...
La question d’individu fausse tes pensées, ton arbitrage et ta lucidité. Tu loges dans la tornade des débris de sons et de fureurs. Ta nature est fébrile au croisement du vent et de la raison, "hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère".

 

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DJAFFAR BENMESBAH

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ombre du pouvoir

EEVA LIISA MANNER...Extrait

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Quand la rive et son reflet sont parfaitement semblables
et qu’harmonieux et paisible se fait le mariage entre
ciel et eau,
quand profonde et claire est l’illusion du miroir,
et que flânent les animaux, et les nuages, et que la sombre forêt
frémit en profondeur sans un souffle,

il suffit alors d’une aile d’oiseau plongée dans l’eau pour
briser le mirage :
la reconnaissance émerveillée de l’eau et de la lumière
au monde,
fine comme le soir ; mais elle noue le mariage.

Et le monde, frais et beau comme après la pluie ou la
création,
ou une conversion ou une longue maladie,
est unique, lourd, seul membre à membre.

 

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EAEVA-LIISA MANNER

 

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EAU LUMIERE

 

 

LE VOYAGE DES OISEAUX...Extrait

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" ... La huppe, tout émue et pleine d'espérance, arriva et se plaça au milieu de l'assemblée des oiseaux : Chers oiseaux, dit-elle, pendant des années, j'ai traversé la mer et la terre, occupée à voyager. J'ai franchi des vallées et des montagnes ; j'ai parcouru un espace immense du temps du déluge. J'ai accompagné Salomon dans ses voyages ; j'ai souvent arpenté toute la surface du globe. Je connais bien mon roi, mais je ne puis aller le trouver toute seule. Si vous voulez m'y accompagner, je vous donnerai accès à la cour du roi. Délivrez-vous de toute présomption timide et aussi de tout trouble incrédule. Celui qui a joué sa propre vie est délivré de lui-même. Nous avons un roi légitime, il réside derrière le mont Câf. Son nom est Simorgh ; il est le roi des oiseaux. Il est près de nous, et nous en sommes éloignés. Le lieu qu'il habite est inaccessible, et il ne saurait être célébré par aucune langue. Il a devant lui plus de cent mille voiles de lumière et d'obscurité. Le chemin est inconnu, et personne n'a assez de constance pour le trouver, quoique des milliers de créatures le désirent. On trouve tour à tour dans ce chemin l'eau et la terre ferme, et l'on ne saurait se faire une idée de sa longueur. Il faut un homme à cœur de lion pour parcourir cette route extraordinaire ; car le chemin est long et la mer profonde. Aussi marche-t-on stupéfait, tantôt riant, tantôt pleurant. Quant à moi, je serais heureuse de trouver la trace de ce chemin car ce serait pour moi une honte que de vivre sans y parvenir. A quoi servirait l'âme, si elle n'avait un objet à aimer ? ... "

 

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FARID AL-DIN ATTAR

 traduction du persan par Garcin de Tassy 

 

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SIMORGH2

 

JIDDU KRISHNAMURTI...Extrait

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La Vérité est un pays sans chemin, vous ne pouvez avancer vers elle par quelque voie que ce soit, par aucune religion, aucune secte...

La Véritéétant infinie, non conditionnée, inapprochable par aucune voie, on ne peut l'organiser... Il est impossible d'organiser la foi. La foi est quelque chose de strictement personnel, vous ne pouvez ni ne devez l'organiser. Si vous le faites, elle meurt, se cristallise, devient un credo, une secte, une religion que l'on impose aux autres.

Ce n'est pas une initiative glorieuse que je prends en disant que je ne veux pas de disciples. Dès l'instant où vous suivez quelqu'un, vous cessez de suivre la Vérité. Une seule chose m'importe et elle est essentielle : rendre l'homme libre. Je désire le libérer de toutes les cages, de toutes les peurs et non fonder une religion, une nouvelle secte, ou établir une nouvelle théorie ou une nouvelle philosophie.

A quoi cela servirait des milliers de gens qui ne comprennent pas, qui sont complètement englués dans leurs préjugés, qui ne veulent pas ce qui est nouveau mais préfèrent interpréter le nouveau à la convenance de leur moi stérile et stagnant ? Je désire que ceux qui cherchent à me comprendre soient libres, qu'ils ne fassent pas de moi une cage. Ils devront plutôt se libérer de toutes leurs peurs - peur de la religion, peur du salut, peur de la spiritualité, peur de l'amour, peur de la mort, peur de la vie elle-même.

Nul ne peut vous rendre libres de l'extérieur ; nul culte organisé, non plus que votre immolation à une cause, ne peuvent vous rendre libres. Le fait de vous constituer en organisation ou de vous précipiter dans le travail ne peut vous rendre libres.

Vous vous imaginez que seules certaines personnes détiennent la clé du Royaume du bonheur. Nul ne la détient. Personne n'a l'autorité pour la détenir. Cette clé est en vous ; dans le développement, la purification et l'incorruptibilité de vous seul, se trouve le Royaume de l'Eternité...

Ceux qui désirent vraiment comprendre, qui sont à la recherche de ce qui est éternel, qui est sans commencement ni fin, marcheront ensemble avec une plus grande ardeur et seront un danger pour tout ce qui n'est pas essentiel, pour les chimères et les ombres. Et ils se concentreront, ils deviendront flamme. De cette amitié naîtra une véritable coopération entre tous, qui ne sera pas due à l'autorité, mais à une authentique compréhension. Grâce à cela, vous pouvez vivre dans l'éternel. Cela dépasse tous les plaisirs et tous les sacrifices....

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JIDDU KRISHNAMURTI

Extrait du discours du 3 août 1929 dans Krishnamurti, les années de l'éveil (Éd. Arista)

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Tejo Verstappen9,

Oeuvre Tejo Verstappen

 

 

 

 

 

SAMUEL BARBER - ADAGIO FOR STRINGS

UNE COLOMBE EN CAGE

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Élevée derrière des pierres et des murs très imposants
Mes pas comptabilisés sous des regards menaçants
Des montagnes en dentelle à me donner des frissons
Et des portes verrouillées , étaient mes seuls horizons

Mon royaume de songes et de rêve pointé des doigts
Tout était là pour me priver de mes propres droits
J'ai alors chanté, dansé , feintant une immense joie
Pour que mes geôliers aient enfin confiance en moi

J'ai tissé des ailes de soie avec résilience et passion
J'ai cassé les boulets que je traîne depuis longtemps
J'ai chanté ma condition d'oiseau libre à tous les vents
Et j'ai reculé très loin pour mieux prendre mon élan

Armée de ma patience, j'ai cassé toutes les serrures
J'ai enjambé toutes le barrières et les hauts murs
Et je me suis envolée très haut au sommet de l'âge
Libérer mes pousses et mes plumes élevées en cage

Des étreintes avec la vie et des ébats très épuisants
Ont secoué la tempête que je couve depuis longtemps
Imprévisible, pleine de surprises et des instants fins
Conquérir ma liberté, la curiosité m'a poussée loin

La nature avec ses spectacles m'ont beaucoup apporté
Je me remplis et je me vide d'émotions à vouloir l'imiter
Je n'ai pas senti la prison, toujours en gestation de la vie
Les fossoyeurs de mes angoisses, les nuages de l'oubli

Ainsi à ma mission de colombe, je n'ai jamais failli
Mes chants de fraternité et de paix , mes grands cris
Que jai semés à la terre entière à tous et à tout prix
Sont l'écho au bruit du monde, le battement de la vie.

 

 

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KELTOUM DEFFOUS

Constantine, 12/03/2015

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Oeuvre " Ma " Joss

 

 

 

KAREL LOGIST...Extrait

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J'écris des poèmes nains.

Mes poèmes mélangent

sous le manteau de l'ange

le miel et le venin.

J'écris des poèmes faits main.

Mes poèmes étranges

troublent parfois dérangent

l'ordre d'hier avec demain.

J'écris des poèmes en forme d'orange

et votre bouche qui les mange

c'est encore moi qui la peins.

 

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KAREL LOGIST

 

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coucher-de-soleil2

 

 

OUBLI

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Ferme les yeux et perds toi dans l'obscurité
sous le feuillage rouge de tes paupières.
Enfonce toi dans ces spirales
du son qui bourdonne et tombe,
et rêve là bas, lointaine,
jusqu'au site du tympan,
comme une cataracte assourdie.
Plonge ton être dans les ténèbres,
noie toi dans ta peau,
et plus profondément, dans tes entrailles;
que l'os, livide éclair,
t'éblouisse et t'aveugle,
et entre des cimes et des golfes sombres
qu'ouvre son panache bleu le feu follet;
Dans les ténèbres liquides du sommeil
trempe ta nudité;
abandonne ta forme, écume
qui ne sait pas qui elle a laissé sur le rivage.
Perd toi en toi, infinie,
dans ton être infini,
mer se perdant dans une autre mer :
oublie toi et oublie moi.

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OCTAVIO PAZ

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MER

 

 

 

 

OLVIDO

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Cierra los ojos y a oscuras piérdete
bajo el follaje rojo de tus párpados.
Húndete en esas espirales
del sonido que zumba y cae
y suena allá, remoto,
hacia el sitio del tímpano,
como una catarata ensordecida.
Hunde tu ser a oscuras,
anégate en tu piel,
y más, en tus entrañas;
que te deslumbre y ciegue
el hueso, lívida centella,
y entre simas y golfos de tiniebla
abra su azul penacho el fuego fatuo.
En esa sombra líquida del sueño
moja tu desnudez;
abandona tu forma, espuma
que no se sabe quién dejó en la orilla;
piérdete en tí, infinita,
en tu infinito ser,
mar que se pierde en otro mar:
olvídate y olvídame.

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OCTAVIO PAZ

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Echasses Blanches1

 

 

 

CONTRE-COURANT

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Je ne me coucherai jamais dans un lit de sang, je nagerai jusqu’à l’exténuement, remontant vers la source, là où un jour tout s’est joué sous l’arc-en-ciel des hommes. Et mes muscles, usés d’écarter les branches dérivantes, reposeront sur les brûlures de l’onde. Alors d’autres que moi franchiront d’autres cascades, d’autres reliefs, et jamais, jamais cela ne s’arrêtera. Car nous appartenons à la force des contre-courants, nageurs infatigables de l’histoire et nous ne nous résignerons jamais. Jour après jour, nous dessinons le nouvel océan qui nous contient malgré nos différences, l’émeraude partagée des hommes qui inventent, pensent et actent le monde. Aujourd’hui nous sommes quelques-uns à nager dans le noir. Non ce n’est pas nous qui sommes aveugles, c’est seulement l’obscurité qui nous entoure. J’entends l’éclat riant de nos brasses. Ne nous arrêtons pas. Ne nous arrêtons pas. Il faut parfois savoir garder raison contre la foule.

 

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Bruno Ruiz

2017

https://brunoruiz.wordpress.com

 

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Reflets-deau-Photo

 

IDENTITE CULTURELLE

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Mon identité culturelle n'est pas légitimée par un terroir ancestral, une pureté originelle, ni par une langue ou une culture dominantes, mais par le fait d'assumer les dépossessions originelles et le partage des altérités réunies, quelles qu'en soient les contraintes imposées ou choisies. Un métissage d'humanités, offrant fraternellement au monde toutes ses re-créations, échappées aux frontières des couleurs, des papiers et des langues d'identité.
Ainsi, pour toi, lecteur :
les mots que je te donne imaginent que tu rêves
le mot que je réserve rêve que tu l'imagines
et la feuille prend son vol au risque de sa verdure

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DANIEL MAXIMIN

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dessin2

Oeuvre ?

 

 

 

OEUVRE POETIQUE...Extrait

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" Il se pourrait que le chant
Soit plus fort que la nuit

Il se pourrait que le sang
Sculpte une terre de vie

Il se pourrait que le vent
Conduise vraiment au pays

Et que les mots faisant la chaîne
Arrachent à la roche la gorgée d'eau

Où tremble la femelle du renne
Ce peu de clarté pure qu'il faut

Pour croire que ca valait la peine
Les faims les soifs et les couteaux

Quand tu seras devenue très belle
À force de souffrir
Quand tu seras devenue très belle
Je m'approcherai sur la pointe des ailes

Je toucherai tes paupières
Ton torse tes seins
Et surtout tes jambes
Je toucherai aussi tes blessures

Je tendrai l'oreille vers ton coeur
Comme si la nouvelle saison
Devait surgir du sud de ton être brûlé
J'écouterai car dès aujourd'hui je crois aux ciseaux de ton sang

Quand tu seras devenue transparente
Et très calme
Et humaine
à force de souffrir de dialoguer avec tes épaules de fièvre
à force de ne rien dire d' apprivoiser la flamme de ta chevelure
Avec tes mains aux songes longs
Je viendrai
Et le temps sera feuillage fixe immortel près de la source."

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@ ANDRE LAUDE
Éditions de la Différence

 

 

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Tejo Verstappen6,

Oeuvre Tejo Verstappen

 

 

 

OEUVRE POETIQUE...Extrait

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"Je suis la rage, la rage universelle contre les limites
La fleur, la Fleur d'acier
La Fleur parmi les ruines

La fin se lève ? Qui a parlé. Moi , un inconnu, un fantôme.
Nous habitons une terre féroce où les "droits de l'homme" sont au mieux notre misérable butin. Dans la nuit , j'entends tourner les roues maléfiques qui broient victimes et bourreaux, pêle-mêle.
Le flanc perçé d'une lance longue et fourbe, l'homme saigne.
La lumière a rétréci dans nos regards jusqu'àépouser la dimension de la plus minuscule piécette d'argent.
La fin se lève?
Mais nous n'avons pas encore donné notre accord.
Egarés, déchirés d'amour, d'un désir d'amour surgi le premier jour avec nos os, nos vertèbres, nous tentons parfois de nous redresser hors de la bauge de fatalité et d'ennui.
Nous contemplons les étoiles glacées, sans signification.
Nous questionnons la bête morte, putride, abandonnée au bord du chemin, et le caillou muet.
Nos poings se serrent, se souvenant toujours des antiques rébellions, des songes plus anciens que la mousse au pied des arbres.
La foi a fait place à la terrifiante lucidité.
Mais la lucidité est plus amère que le plus pauvre pain.
Mais nous tenons au bord de l'aube, au bord de la nuit, nous écoutons les voix sourdes des camarades qui agonisent dans les prisons bâties par des mains d'hommes.
Et nous creusons des labyrinthes pour parvenir jusqu'à eux, dénouer les bâillons, déchirer les chaînes.
Nous tendons à travers la ténèbre l'oreille des désespérés.
Le feu s'est refroidi dans nos muscles.
Devenu matière dure, infracassable, il nous maintient debout, irrémédiables dissidents.

Le dernier mot de ce livre sera le mot : REFUS."

 

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@ ANDRE LAUDE
Éditions de la Différence

 

 

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ANDRE2

 

DE L'EGO OU DU SAIN CREDO ?

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D'aucuns avancent aisément
ou d'un commun accord                   Ego
confinant alors au devant de la scène
au con-sensus    de circonstance
Mais je leur oppose                        Credo
l'envers sibyllin des sens
l'immémoriale allégeance
du nomade   du passeur  sans paraître

Un oiseau    un voilier    au loin
unitivement
lient les horizons extasiés de la mer et du ciel
Ils fondent l'espoir  

De la migration immanente
au temps d'une courte traversée
entre deux infinis qui poignent
que je devienne

Ainsi les Ciels distancent
plain-chant
envol
desquels   dès lors   destiner les maux du coeur
cette souffrance latente
aux mondes brisés
que l'on ressent
jusqu'au bout de ses doigts tremblés
au fil de l'écriture fluide
solennellement guidée

Quelle manne quel écrin
en chemin
sur la voie blanche et bleue
la solitude ne  dévoile-t-elle pas 
Allégorie métaphore
le poète
irradie sans limites le songe
immensurable
empruntent à la foi profondeur
et clarté
d'un penser pacifique
à l'orée du sacré

Ainsi va le sentiment
océanique
quand de la beauté létale
émerge la certitude essentielle
de l'harmonique
du vivre sain

Que je demeure comme on meurt
à la lumière de ces accords fondamentaux
en esprit
qui comblent les étendues de l'océan
en vaguant à la semblance de l'âme
vagabonde 
Aux antipodes du doute
un peu plus près du vrai
du soleil
être aux mondes

Quand ils affirment        Ego
je panse toujours               Credo
le cri
et le chant meurtris des vagues et des baleines immortelles
le douloir de tout dont l'écrit s'empare
sans frein

Qui trace  un sillage
ne laisse aucune empreinte
De passage  sur le parchemin
initiatique   quelques portulans
marie à toujours
amour et liberté

Qui se livre
loue les limbes du mystère et de l'éther
sert le Grand Livre
nourrit et sème l'Etant
en sachant au Tout mourir enfin
en paix
contre le sang    les ordures
infime poussière d'étoiles

Que ce viatique
honore
l'Azur   Un et Multiple
dont je ne suis que l'humble témoin   l'intuition cosmique

 

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CRISTIAN GEORGES CAMPAGNAC

 

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GOELAND2,

Photographie Emmila

 

 

 

A CEUX QUI VIENDRONT APRES NOUS

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Vraiment, je vis en de sombre temps !
Un langage sans malice est signe
De sottise, un front lisse
D’insensibilité. Celui qui rit
N’a pas encore reçu la terrible nouvelle.

Que sont donc ces temps, où
Parler des arbres est presque un crime
Puisque c’est faire silence sur tant de forfaits !
Celui qui là-bas traverse tranquillement la rue
N’est-il donc plus accessible à ses amis
Qui sont dans la détresse ?

C’est vrai : je gagne encore de quoi vivre.
Mais croyez-moi : c’est pur hasard. Manger à ma faim,
Rien de ce que je fais ne m’en donne le droit.
Par hasard je suis épargné. (Que ma chance me quitte et je suis perdu.)

On me dit : mange, toi, et bois ! Sois heureux d’avoir ce que tu as !
Mais comment puis-je manger et boire, alors
Que j’enlève ce que je mange à l’affamé,
Que mon verre d’eau manque à celui qui meurt de soif ?
Et pourtant je mange et je bois.

J’aimerais aussi être un sage.
Dans les livres anciens il est dit ce qu’est la sagesse :
Se tenir à l’écart des querelles du monde
Et sans crainte passer son peu de temps sur terre.
Aller son chemin sans violence
Rendre le bien pour le mal
Ne pas satisfaire ses désirs mais les oublier
Est aussi tenu pour sage.
Tout cela m’est impossible :
Vraiment, je vis en de sombre temps !

 

Je vins dans les villes au temps du désordre
Quand la famine y régnait.
Je vins parmi les hommes au temps de l’émeute
Et je m’insurgeai avec eux.
Ainsi se passa le temps
Qui me fut donné sur terre.

Mon pain, je le mangeais entre les batailles,
Pour dormir je m’étendais parmi les assassins.
L’amour, je m’y adonnais sans plus d’égards
Et devant la nature j’étais sans indulgence.
Ainsi se passa le temps
Qui me fut donné sur terre.

De mon temps, les rues menaient au marécage.
Le langage me dénonçait au bourreau.
Je n’avais que peu de pouvoir. Mais celui des maîtres
Etait sans moi plus assuré, du moins je l’espérais.
Ainsi se passa le temps
Qui me fut donné sur terre.

Les forces étaient limitées. Le but
Restait dans le lointain.
Nettement visible, bien que pour moi
Presque hors d’atteinte.
Ainsi se passa le temps
Qui me fut donné sur terre.

 

Vous, qui émergerez du flot
Où nous avons sombré
Pensez
Quand vous parlez de nos faiblesses
Au sombre temps aussi
Dont vous êtes saufs.

Nous allions, changeant de pays plus souvent que de souliers,
A travers les guerres de classes, désespérés
Là où il n’y avait qu’injustice et pas de révolte.

Nous le savons :
La haine contre la bassesse, elle aussi
Tord les traits.
La colère contre l’injustice
Rend rauque la voix. Hélas, nous
Qui voulions préparer le terrain à l’amitié
Nous ne pouvions être nous-mêmes amicaux.

Mais vous, quand le temps sera venu
Où l’homme aide l’homme,
Pensez à nous
Avec indulgence

 

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BERTOLT BRECHT

 

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gala dittmar

Oeuvre Gala Dittmar

https://www.galadittmar-photographie.com

B.B. KING WITH SLASH AND OTHERS - 2011

JEAN JOUBERT...Extrait

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Tout te ressemble et te chante à mi-voix,
L’arbre, le vent, la gorge des collines,
L’eau qui sommeille et les veines du bois,
Le feu couvant au coeur d’une racine.

Ton corps s’étire aux courbes du salpêtre,
Dans un roseau s’apprivoise ton sang
Et sur le givre affolé des fenêtres
Une main s’ouvre et me jette ton gant.

Rien qui ne soit ton geste, ta parole
Et cette plaie toujours mal refermée
Dans ma mémoire et cette parabole
Que je suis seul encore à déchiffrer.

Si je te fuis près d’autres amoureuses
Ta bouche nue se mêle à nos baisers.
Tu viens à moi dans cette nuit poreuse
Et l’aube laisse un masque à mon côté.

L’une à tes cils, une autre ton visage,
Une autre parle et te vole ta voix,
Une autre enfin délace son corsage
Avec les mêmes gestes enfantins.

De par ce monde aux fontaines légères
Où ton reflet multiple s’écartèle
J’ai poussé les ombres passagères
Et m’y plongeant je te restais fidèle.

Mais si le feu tourne aux brises futures
Et si l’amour change de paysage
Tu ne seras sous une cendre obscure
Qu’un beau miroir hanté d’une autre image.

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JEAN JOUBERT

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le-miroir-hante2