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QUE LA VIE ME PARDONNE

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La vie…

La vie est une orange mûre et bigarrée

Un présent que l’on ne finit pas d’ouvrir

Une mémoire d’autres vies

Une enfance qui tourbillonne vers sa lumière

J’ai habité un nuage

Et j’ai tellement voyagé que j’ai avalé le noyau du monde

Je n’avais que mon cœur pour monture

J’ai pansé le soleil

Rendu hommage aux femmes nues

La vie m’a toujours tout donné

Des pépites d’amour

Des cimetières de rêves

Des sanglots

Des naufrages

Et des torrents de rires

Ainsi soit-elle

Ma parole a usé les miracles

Elle a aussi recyclé les arcs-en-ciel

A force de souffler sur les braises d’amour

Toute vie est une faille

Un arbre que l’on plante dans sa propre chair

Dans la plus belle des solitudes

Mais il y a pire

Il y a ceux qui souffrent

Ou qui meurent de vivre

Qui remontent à la source au-delà du malheur

Peut-être faut-il aimer le présent

Ouvrir le cadeau

Et demander l’hospitalitéà la vie

Où est la maison du rêve

Nous la construisons chaque soir sous l’éclat des paupières

Mais le rêve ne nous attend pas

La vie est trop pressée de vivre pour attendre

L’oiseau court après son chant

Et moi je cours après mon ombre

Je n’ai jamais douté de l’ombre

Cette part fidèle de l’errance

Aux dernières nouvelles

Demain remontera de la nuit

Comme un seau sort du puits

Il y aura de l’eau pour toutes les soifs

Et de l’amour à boire

Aux dernières nouvelles

Il y aura des indignés sur les places publiques

On parlera au printemps

On réveillera le feu

L’amour applaudira

Je veux de cette vie là

Je veux de la rosée des mots

Je dis à ma vie qu’elle est tambour

Une résistance à l’affût

Une mer en manœuvre de beauté

Voici ma vie

Je la suis ou je la précède

J’emprunte une oasis cosmique

J’emprunte un nom de guerre et d’amour

J’emprunte un monde boiteux

J’emprunte tout y compris ma peau d’homme

Et je vis

Avec vous

Parmi vous

Comme un mendiant heureux de respirer

Le monde a une odeur de mère

J’habite ma mère

Je vis…

Comme l’arbre hisse sa voile

Comme l’abeille polit son miel

Je vis…

Sans raison de vivre

Par la femme qui porte ses seins comme un bouquet

Par le vent qui m’enlace sans m’étouffer

Par la poésie qui me souffle d’aimer

Que la vie me pardonne

Que la vie me pardonne

 

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Ernest Pépin

Faugas/Lamentin

21 décembre 2011

 

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elisabeth guilhem3

Oeuvre Elisabeth Guilhem

http://cmourey.blogspot.fr/2015/09/dans-latelier-echange-avec-elisabeth.html

GEOLOGIE...Extrait

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Parfois je me réveille avec un goût d’écorce
en bouche, un goût qui vient de la montée des sèves.
Peut-être ai-je connu un grand bonheur là-haut
et dormi dans la cérémonie des branchages
quand se faisait l’accouplement des eaux du ciel
après l’hiver velu dans le tronc paternel.
Peut-être dans l’enfance ou sa vaine poursuite
peut-être en ce délaissement de la lumière
ai-je entendu cela qui me dit à voix basse :
n’espère plus. Tiens-toi ferme dans le silence.
Alors de rien, ainsi qu’un saut de truite à l’aube
je bondirai dans l’espérance, un bel instant.
Peut-être étant sorti du cercle de la lampe
dormeur, ai-je touché la trame de la nuit.
Peut-être ai-je entendu celle qui m’a guidé
depuis l’eau tendre et maternelle, par les fleuves
du temps griffu, vers le lieu où l’on doit se rendre,
disant : il ne faut plus vouloir. A quoi bon !
Être ou vouloir, telle est la question qui se pose

 

 

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HENRY BAUCHAU

1913-2012

 

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ARBRE

 

 

CITADELLE...Extrait

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Tu ne sais pas, leur disait-il, ce qu’est un arbre. J’en ai vu un qui avait poussé par hasard dans une maison abandonnée, un abri sans fenêtres, et qui était parti à la recherche de la lumière. Comme l’homme doit baigner dans l’air, la carpe doit baigner dans l’eau, l’arbre doit baigner dans la clarté. Car planté dans la terre par ses racines, planté dans les astres par ses branchages, il est le chemin de l’échange entre les étoiles et nous.


Cet arbre né aveugle, avait donc déroulé dans la nuit sa puissante musculature et tâtonné d’un mur à l’autre et titubé et le drame s’était imprimé dans ses torsades. Puis ayant brisé une lucarne dans la direction du soleil, il avait jailli droit comme un fût de colonne , et j’assistais, avec le recul de l’historien, aux mouvements de sa victoire.

… 

 

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ANTOINE DE SAINT-EXUPERY

 

 

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MAISON

 

GASPARD, ENTRE TERRE ET CIEL - GASPARD, SOLDAT DE L'AMOUR

SYBILLE PERSE...Extrait

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O villes d'Orient, Ninive aux jardins suspendus,

Babylone drapée de pourpre, Ecbatane superbe,

Persépolis éblouissante de marbres, toutes je vous connus

quand j'errais dans la plaine entre les deux fleuves,

voyant les péchés de vos rois

et lisant dans le ciel le châtiment

qui devait s'ensuivre .

Mais ce ciel était si cristallin

qu'en le contemplant,

en dépit de tant de signes à l'évidence néfastes,

je ne me sentais pas inquiète .

L'avenir me paraissait déjà comme un lointain passé,

une douleur fanée pacifiée par les siècles;

l'attente comme la mémoire : toutes les deux légères

comme le bruissement d'une haie dans la nuit,

pli mince sur le vent - et le vent comme un fleuve

plus vaste que l'Euphrate, emportant tout

vers un invisible delta .

Je regardais les étoiles lumineuses se suspendre

aux rameaux obscurs du ciel, la lune mûrir

comme un fruit argenté avant de se réduire

à un fruit d'ombre .

Prodigieux était l'ordre naturel des choses,

d'avantage qu'une folle comète

apparaissant soudain ou que des pierres incandescentes

tombant du ciel sur la terre

en m'inspirant mes prophéties .

A l'instant même où je les prononçais

pour ceux qui m'écoutaient effarés, je restais consciente

de cette première et ultime nuit inviolable

dans laquelle tombe éternelle la rosée,

s'élève le chant des grillons, bruissent les feuilles

au vent, tandis que la lune et les étoiles accomplissent

leur course .

Je l'accueillais encore

et d'elle m'enveloppait dans une région intacte

de l'âme, par delà l'amertume

de l'homme auquel j'annonçais le destin

de ses royaumes éphémères .

 

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MARGHERITA GUIDACCI

Traduction Raymond et Bruno Farina

 Extrait de Liber Fulguralis, Collection La mela stregata,

Faculté du Magistère, Université de Messine, 1986

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NINIVE

Ninive

LE SEUIL

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L'âme frissonnante de froid

(dehors ce serait le geste
de qui se blottit dans son manteau)
nous hésitons sur ce seuil vide
(faut-il entrer ? faut-il fuir ?)
avec la sensation d'être épiés,
dès que nous tournons le dos
par une oeillade, furtive, 
décochée depuis un rideau ou un abat-jour,
prompte à se retirer comme une lame
de canif se refermant en un déclic.

Qui nous attend et pourquoi ? Viendra-t-il à notre rencontre
en hôte amical
pour nous conduire à son feu à sa table ?
Ou jaillira-t-il de l'ombre pour nous saisir aux poignets
et nous étouffer de chaînes ?

Déchirant la trame des minutes,
brouillant les images,
le vent règne
désormais sur tout :
un vent innombrable
affole les girouettes,
disperse nos pensées
jusqu'à l'orée de l'enfance,
jusqu'aux visions encore plus confuses
d'un futur qui ne parvient pas àéclore.

Nous sommes ici (y resterons-nous toujours ?)
cloués devant un seuil
que nous n'osons franchir ou quitter :
incertains du choix
et de la possibilité même de choisir.
Mais qu'est-ce donc qui importe là où nous sommes,
si, étant, ce que nous sommes,
nulle part nous ne connaissons la paix.

 

 

.

Rabbrividendo di freddo
dentro l'anima
'fuori sarebbe il gesto
di chi si stringe in un mantello)

esitiamo su questa soglia vuota
(meglio entrare ? fuggire ?)
col senso di qualcuno che ci spia,
dell'occhiata che scocca
da una tenda o un paralume, furtiva,
pronta a guizzare indietro come lama
di temperino che a scatto si chiude
appena ci voltiamo.

Chi ci attende e perché ? Ci verrà incontro
come un ospite amico
per guidarci al suo fuoco, alla sua mensa ?
O balzerà dall'ombra per afferrarci ai polsi 
e soffocarci di catene ?

Ora su tutto
domina il vento
lacerando la trama dei minuti,
scompigliando le immgini :
un vento innumerevole
che fa impazzire le banderuole
e sperde i nostri pensieri
fino agli orli confusi dell'infanzia
e alle visioni ancora più confuse
d'un futuro che non riesce a sorgere.

Noi siamo qui (vi staremo sempre ?)
inchiodati davanti ad una soglia
che non osiamo varcare o lasciare :
incerti sulla scelta
e sul potere di compierla.
Ma cosa importa dove siamo
se, essendo quel che siamo,
in nessun luogo ci sentiamo salvi ?

 

 

.

 

 

MARGHERITA GUIDACCI

Traduction Philippe Di Meo

 

 

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guidacci

 

 

 

 

 

L'EXODE....Extrait

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" Poème ! Quelle dérision ! Et cependant il y a plus dans l'humble expérience de la poésie liée au quotidien (et le mot implique ici regard, action, Évangile) que dans cent mille ordinateurs. Allons, vous aussi, « maîtres » de la foi, comme David buvez au torrent et redressez la tête, au lieu de vous laisser entraîner dans la dérive de ce temps, acharnés à vos disputes.

En ce sens la poésie est conversion. Enfin voir de son propre regard, entendre, parler sa parole pleine. Conversion à l'amour sans domination. A l'humanité des hommes, à leur liberté. Qu'est-ce qu'une spiritualité, une foi qui ne seraient pas poétiques, c'est-à-dire éveil, action, création ?
Mais vous êtes tous poètes. J'écris pour n'importe qui. Faut-il le redire ? Pourquoi voulez-vous demeurer ces bêtes de somme poussées vers les abattoirs ?
Ce langage voudrait suggérer qu'il existe une spiritualité liée au sensible, une résonnance, une corporéité de la parole, et que ce qui manque à la communion chrétienne ce ne sont ni les idées ni l'obéissance, c'est de la *chair spirituelle*, un support au sacrement. 
Quel long oubli ! Quelle logomachie idéologique et archéologique vous a détourné du corps sensible spirituel ! "

 

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JEAN SULIVAN

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Sulivan

 

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chair spirituelle

DEVANCE TOUT ADIEU...Extrait

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"Vivre c'est aller d'une sagesse confuse à une nouvelle sagesse conquise. Mais sur cette route, sans cesse tenté par l'art et la littérature comme par le jeu d'une pensée claire sournoisement adossée à la peur et qui se construit un univers logique et efficace contre le malheur, il me semble avoir toujours été déchiré : ce doit être la part innocente de cet enfant obstiné, caché dans la forêt, qui choisit souvent Dionysos contre Apollon, Jérusalem contre Athènes, qui préfère Maître Eckhart, Jean de la Croix à Thomas d'Aquin, Malebranche à Spinoza, les Indes à la Grèce, qui traîne partout avec lui la Bible, les *Elégies de Duino*, *Plexus*, le *Voyage au bout de la nuit* et qui donnerait beaucoup de poètes classiques pour l’œuvre d'un Whitman." 

... 

 

 "Pour elle la vie est un passage avec la même évidence que la nuit précède le jour, que l'hiver conduit au printemps. Ce mouvement spontanéà prendre le parti de l'Infini contre toutes les séductions des apparences et de l'immédiat, contre toutes les terreurs, ce que Fichte appelle la nostalgie de l'éternel, m'a toujours semblé la condition de la foi, si elle n'est la foi elle-même. Qui garde la soif de l'impérissable est tout proche. Les chasseurs de béatitude je les connais pour avoir marché dans leur cohorte. Ils se jettent sur le premier objet venu, disant : Suis-je heureux maintenant ? Ils ont beau être sceptiques, lucides, ils se ménagent secrètement des plaisirs le long de la route, des espoirs à remplacer l'Espérance, mais dès que s'apaise le torrent de la vie ils entendent au fond d'eux la voix qui dit : non. Alors les voici en chasse de nouveau à courir après la perle précieuse, l'inépuisable amour, ou s'ils ont déjà cessé d'y croire, mille objets qui les pourraient combler une seconde. Ce ne sont que projets, travaux, ambitions, craintes, désabusements truqués à masquer l'avidité, mille battements de cœur, battements d'ailes pour trouver un nouveau support. Nous allons de l'avant à pas précipités, c'est une fuite. Nous prenons de la hauteur, c'est une chute. Tout est bon qui voile l'abîme. Ils achètent, vendent, intriguent, se font pousser, obtiennent le ruban, trônes et dominations, et sur ces hauteurs, disparues les ardeurs de la jeunesse, le vieux chagrin ne les a pas quittés, ils disent que la sagesse est de ne point trop espérer, qu'on ne trouve jamais que le néant, qu'enfin ils ont bien tiré parti de la vie... Ou s'ils sont croyants ils se battent la coulpe, nous entretiennent des aspirations de leur belle âme ; leur phrase n'en finit plus de trembler sur leur propre mort comme pour se faire pardonner de garder leur château, de rester attachés aux honneurs mondains en disant : la vie éternelle, la vie éternelle..." 

 

 

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JEAN SULIVAN

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Sulivan

 

 

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Oeuvre Salva Roman

 

 

TURQUIE, ETAT PREDATEUR...

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C'est dans la nuit, en écoutant les infos à la radio que j'ai appris qu'à Istanbul, Ahmet Altan venait d'être condamnéà la prison à vie, après déjà 18 mois passés derrière les barreaux de Silivri. Ahmet Altan est non seulement un romancier virtuose, capable de tresser l'histoire contemporaine aux ravages d'une sexualité obsédante mais il est aussi un journaliste et éditorialiste incontrôlable, insoumis et suffisamment indépendant pour avoir osé prendre dans ses articles la défense des minorités arménienne et kurde, ce qui lui avait déjà valu de connaître la prison quand les militaires étaient au pouvoir en Turquie. Au cours de la même audience, hier matin, la romancière Nazli Ilicak et l'économiste Mehmet Altan, le frère d'Ahmet, ont écopé de la même peine. C'est ce qu'annonce la voix à la radio, pendant que la pluie tambourine sur le toit du camion : perpétuité pour les trois accusés, avec des actes d'accusation délirants, parlant de messages subliminaux lors d'un talk-show télévisé, la veille du coup d'État avorté en juillet 2016.

J'étais à la première audience de ce procès, en juin 2017 au palais de justice d'Istanbul . Plusieurs ONG s'étaient mobilisées, avec un avocat américain venu pour observer les procédures, des journalistes aussi étaient présents et quelques écrivains. P24 et le Pen Club norvégien avaient fait un travail remarquable pour alerter les médias étrangers. Peine perdue puisqu'aujourd'hui les trois auteurs sont condamnés à la peine maximale. Il y a des jours où c'est violent de vérifier qu'écrire ne sert à rien face aux violences d'un État aguerri aux tromperies. La Turquie est devenue depuis 18 mois un État carcéral qui a emprisonné ou forcéà l'exil ses meilleurs écrivains, ses journalistes soucieux de vérité et ses enseignants encore capables d'insoumission. Qu'allons nous faire ? Nous qui écrivons dans un pays où la littérature n'est pas encore complètement bâillonnée ? Qu'allons-nous écrire et inventer pour que des dizaines d'écrivains, poètes, essayistes ou romanciers ne se sentent pas abandonnées entre les serres d'un État prédateur en Turquie ?

 

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TIERI BRIET

http://www.kedistan.net/2018/02/17/yucel-altan-pose-un-retiens-trois/

 

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Mehmet Altan, Ahmet Altan, Nazli Ilicak condamnés à la prison à vie...

 

 

MARGHERITA GUIDACCI...Extrait

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J'ai remis mon âme entre tes mains.
Fais-en un nid : elle ne désire rien
Que de reposer en toi.
Mais ouvre-les si un jour
Tu sentais qu'elle t'échappe. Fais alors qu'elles soient
comme les feuilles et comme le vent,
et qu'elles portent son envol.
Et sache que le sentiment de l'adieu
N'est pas moindre que celui de la rencontre. Il reste
identique et sera éternel. Mais divers parfois
pour satisfaire le destin
les chemins."

 

 

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MARGHERITA GUIDACCI

 

 

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main

DEXTER GORDON -BALLADS

DERIVE DU VOYAGEUR

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...

frère des pommes sures,
des fous rires, des algarades,
par quel chas d'aiguille
passais-tu pour m'entendre ?

Noël suivait dans les fermes
tabliers gris, paille vivante,
Noël se faisait papier d'or,
oranges fraîches, papillotes.

Toujours à l'orée de mes yeux,
tu recomptes mots crus,
cœurs gros, histoires anciennes.

Tu loges dans des remous,

tu n'étouffes personne,
et moi, je m'endors en toi.

 

 

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RICHARD ROGNET

 

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pomme-de-noel2

 

 

 

 

 

SIDO...Extrait

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«… Je revenais à la cloche de la première messe. Mais pas avant d'avoir mangé mon soûl, pas avant d'avoir, dans les bois, décrit un grand circuit de chien qui chasse seul, et goûté l'eau de deux sources perdues, que je révérais. L'une se haussait hors de la terre par une convulsion cristalline, une sorte de sanglot, et traçait elle-même son lit sableux. Elle se décourageait aussitôt née et replongeait sous la terre. L'autre source, presque invisible, froissait l'herbe comme un serpent, s'étalait secrète au centre d'un pré où des narcisses, fleuris en ronde, attestaient seuls sa présence. La première avait goût de feuille de chêne, la seconde de fer et de tige de jacinthe... Rien qu'à parler d'elles je souhaite que leur saveur m'emplisse la bouche au moment de tout finir, et que j'emporte, avec moi, cette gorgée imaginaire...»

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COLETTE

 

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JACINTHE D'EAU

 

THIERRY METZ

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Fraîcheur qui défie le sel
Riveraine de nos soifs –
Un peu d’eau
Et la trace libère une envolée de feuilles claires
Récitantes
Au poème buissonnier de l’enfant

Seul tu franchis la passe de l’Épineuse
Seul
Tu reviens par le chemin exposé
Aux rudesses du bâtisseur.
Et à son chant.

Sur les margelles de nos puits
Tes cailloux éclatent
Baie succulente
Et douces à nos mains
Tes graines dans les jardins du livre.

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THIERRY METZ

 

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riviere

 

CE QUI DEMEURE

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Chacun souffre

de l'harmonie désaccordée

du vivant.

Ce qui demeure, c'est

ce qui n'est pas nous

au fond de nous.

Cette commune et vacillante

mémoire de l'origine.

 

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ALAIN SUIED

 

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origines

JUSQU’OÙ LES MASSACRES ET LA COMPLAISANCE ?

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Déluges de feu, carnages, crises humanitaires majeures, asphyxie, famines, maladies, blessés par centaines de milliers, des millions de personnes déplacées, en fuite, réfugiées, en situations de détresse insupportables ! Après 7 années de destructions, de sièges, de pillonnages incessants  sur ses populations, ASSAD, aidé par POUTINE oeuvre  dans la fuite en avant, jusqu'au dernier survivant ! Une honte à la Démocratie, une Insulte aux principes de l'ONU, aux Droits de l'Homme, à la Modernité, à l'éthique, une fin de non-recevoir au sens de l'Histoire et de l'Evolution, en plein coeur de l'olympisme ... Selon Moscou, " l'aide humanitaire  : impensable " 

C'est à  gerber !

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L'ECHEC DE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE EN SYRIE 

 LES EXTRÊMES D'UN RÈGLEMENT UNILATÉRAL 

 

 

Il  y a la terreur de l'Eil, les rebelles dressés contre Assad depuis sept années, et puis il y a le terrorisme d'état orchestré et piloté de l'extérieur qui décime les populations civiles. Les armes ne discernent jamais ; elles frappent ! Quant au problème,  au fait séculaire Kurde, observons l'opportunisme insupportable de la Turquie venue jeter de l'essence sur le brasier syrien et bien au-delà !... Alep, Raqua, tragédie actuelle dans la Gouta Orientale, Mossoul, combien d'autres fiefs à" nettoyer " exposant les civils ?  

En fait, accorder le  droit aux deux bourreaux Assad et Poutine  de  parachever les massacres, les attentats aux missiles contre les civils et les hôpitaux, au mépris de la vie quotidienne  profondément et tragiquement meurtrie qui se terre pour aller 

Vers 400.000 morts, un pan de civilisation à toujours perdu!

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NON INGERENCE  

A QUELS PRIX ?

 

Désormais, la Syrie, ce sont des centaines d'attentats perpétrés par le Régime, sans discernement, " usant de gaz qui n'en sont pas " : le chlore, question de nommenclature inepte oblige.

Nous ne savions pas qu'à l'instar du dopage et de certains produits déclarés non-efficients,  il existait des gaz mortels, non-répertoriés comme tels, mais redoutables, aux maux insidieux. Une situation, un euphémisme létal qui en définitive conforte l'élite occidentale  timorée,   soulagée de ne pas avoir  à intervenir, à traiter de façon définitive le hors sujet qui fâcherait Moscou  ! ...

Des hôpitaux bombardés, des missiles ravageant en profondeur et retournant les quartiers populaires des villes syriennes déjà détruites, sans aucun discernement, tuant  autant de civils sinon davantage que de combattants dits " rebelles " au régime  Assad !

Des centaines d'enfants périssent, sous le couvert et le regard glacé de la tutelle Poutime, signant par là de nouvelles forfaitures à verser dans les culs-de-basses-fosses de l'histoire moderne en marche, au nom des droits des peuples à disposer d'eux mêmes !  Les alliances ont bon dos  qui voilent et cachent l'envers du décor ! Et ce tyran, ce bourreau, ce grand assassin et son acolyte soviétique d'agir les mains libres, sans états d'âme, devant l'hémicycle onusien  comble et  indigné.

Deux chefs d'états  qui affichent un cynisme  abjecte, insupportable devant lequel se couchent les démocraties en respectant  désormais et scrupuleusement les lignes rouges à ne pas dépasser de leur côté ! Et si le grand barbare décide de passer les dernières poches rebelles par les gaz, les missiles ultra - modernes russes,  quoiqu'il en coûtât de vies humaines, enfants, civils, les Onusiens seraient toujours impuissants et divisés  face à toute intervention destinée à faire cesser ces tueries.

On appelle cela l'indignation, premier stade de l'incurie, de l'impuissance face au diktat du plus fort : la Russie que l'on craint, depuis toujours ! Rapports de forces et marchés confinent à pérennisation du mal et de la mort massive...

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MANQUEMENTS ET DYSFONCTIONNEMENTS MAJEURS

OU DE LA SUPERCHERIE 

 

Un homme d'état qui assassine ainsi son Peuple ne peut présider au destinées de son pays ! Lui serrer la main  serait ensanglanter la vôtre et passer sous silence les horreurs commises par les armes de destructions massives ! Cet homme ne doit plus compter  parmi les futurs interlocuteurs d'une Syrie retournée à la paix ou d'autres présidents élus démocratiquement ! La paix ne sera plus jamais viable dans la région, en Syrie comme en Irak, en Afghnistan, en Palestine tant le mal commis restera ancré dans toutes les consciences, fussent-elles en exil, dans les ghettos.

Accepter le principe du droit de veto de la Russie, des cinq membres permanents à l'ONU c'est cautionner en silence les purges  entamées par le bourreau ASSAD en Syrie, contre le Régime bientôt séculaire. En effet, quelle aubaine, quelle occasion rêvée pour le tortionnaire  Assad  et son Commis russe de profiter ainsi des chaos de la Guerre civile totale pour mener à bien,  sans épargner la population, les purges radicales auxquelles nous assistons, impuissants.  Poutine le couvre, le protège, l'aide ; nous  ne l'entendons plus ; il pilote la machine à tuer en masse.

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FUNESTES LUTTES D'INFLUENCES

  

Mais on continue de travailler avec lui, en bonne entente, marchés et débouchés, ressources obligent. L'argent n'a jamais eu d'odeur... Les chefs d'états jouent la carte de la diplomatie mondiale quand à terre, sur le front des guerres en Orient, en Palestine, des milliers d'enfants, de civils, d'innocents  meurent. Les représentants des états, les décideurs, les chefs d'états ont tous de ce sang sur les mains, depuis les ventes d'armes à l'état de chaos laissé par les grandes puissances venues embraser toute une région du Globe, il y a déjà et bientôt 20 années,, depuis la première guerre du Golfe. L'enfer est à nos portes, dure, reprend de la vigueur, rivalise avec les années des grandes guerres, même si le nombre de victimes n'est pas comparable.

Les conflits ne laissent et  ne cessent plus de se multiplier, de s'embraser, de couvrir une étendue croissante, nécessitant et légitimant  à chaque fois un nombre exponentiel de victimes civiles. L'extrêmisme s'exporte, la guerre le suit, met le feu aux poudres, propage ses menées à la fois gratifiantes, ( ventes d'armes - marchés ) et  meurtrières ; il convient d'être du bon côté des frontières  dont le trait ténu s'amenuise.

Exodes, crises humanitaires majeures,  exil, horreurs de la guerre à l'encontre des organisations non gouvernementales, mépris et négation de la vie, des secours, de l'aide sous toute ses formes...  Il est là-bas des visions de cauchemars, de guerres totales recommencées et  de désastres civilisationnels ! L'échec de la Communauté internationale reposerait-il  sur un couple infernal : ASSAD / POUTINE, bien affiché, entre autres séides et affidés, plus discrets et certainement satisfaits du sort  que deux assassins d'état font subir aux populations civiles, officialisant et légalisant  ainsi les  menées  légitimes d'une purge aveugle en situation de conflit, de guerre civile...

Il existe de nos jours bien d'autres moyens d'exfiltrer un ennemi  ! On ne peut tout raser, sacrifier des  centaines de milliers de victimes,  son peuple, laisser l'histoire, le concept et la problématique diplomatique justifier de tels agissements, des issues de la crise, buter  contre la contradictions et les facéties de l'analyse par trop controversée des intellectuels de salons.

Pendant ce temps, une Médaille  aux J.O, sur fonds de forêts primaires décimées en Corée, fait la une des journaux. Si l'on peut comprendre la liesse du  champion, cela ne saurait jamais effacer de nos consciences que des bébés, des enfants, des innocents, des vieillards sans défense soient pris pour cibles par les exécutants barbares aux ordres d'un véritable grand salaud et de son mentor, deux personnages qui règnent sans partage à la façon des anciens tyrans, par les armes, la  torture, la négation des droits de l'homme, contre toute éthique et de surcroît  sur les principes  fondateurs d'un nouveau monde que  l'ONU semble vouloir incarner.

 

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CRISTIAN GEORGES CAMPAGNAC

http://marin56.canalblog.com/archives/2018/02/21/36161893.html

 

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syrie2,

Syrie , Février 2018

 

JE SUIS NE DANS LA NATURE...Extrait

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Je rêve des quatre éléments, terre, eau, feu, air.

Je rêve du Bien et du Mal.

Et la terre, l'eau, le feu, l'air, le Bien et le Mal s'entremêlent et deviennent l'Essentiel.

 

D'une toison céleste agitée s'élève une feuille.

La feuille se transforme en un torse.

Le torse se transforme en un vase.

Un énorme nombril apparaît.

Il grandit,

il devient toujours plus grand.

La toison céleste agitée se dissout en lui.

Le nombril est devenu un soleil,

une source immense.

la source du monde.

Elle brille.

Elle est devenue lumière.

Elle est devenue l'Essentiel.

 

En faisant un effort, je peux me souvenir de la différence

entre un palais et un nid.

Un nid et un palais ont la même splendeur.

Dans la fleur l'étoile rougit déjà.

Ce mélange, cet entremêlement, cette dissolution, cette abolition des frontières, c'est le chemin qui mène à l´Essentiel.

 

Comme les nuages les formes du monde tournent les unes dans les autres.

Plus elles s'unissent en profondeur,

plus elles sont proches de l'essence du monde.

Lorsque le corporel disparaît,

l'Essentiel resplendit.

Je rêve du crâne volant,

de la porte du nombril et des deux oiseaux qui forment la porte,

d'une feuille qui se change en un torse,

de boules jaunes, de surfaces jaunes,

de temps jaune, vert, blanc,

de la montre essentielle sans aiguille ni cadran.

Je rêve de dedans et dehors, d'en haut et d'en bas, d'ici et là-bas, d'aujourd'hui et demain.

Et dedans, dehors, en haut, en bas, ici, là-bas, aujourd´hui, demain se mélangent, s'entremêlent, se dissolvent.

Cette abolition des frontières est le chemin qui mène à l'Essentiel.

 

 

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HANS ARP

Traduction Laurent Margantin

 

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arp

 

 

 


LE JARDIN ETAIT DANS LA MER

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Le jardin était dans la mer
Œillets d'écume cap profond
Ta main s'en allait avec l'eau
Comme une traîne nuptiale
Ta main libérait tout le ciel

Des anges à onze épées
Flottaient à côté de ton nom
Coupeurs de vagues à leurs crêtes
Et les voiles blanches penchaient
Aux courtes rafales du vent

Avec des épines de roses
Tu cousais les rubans de l'attente
Aux cheveux des collines de ton amour
Et disais ; celle qui peigne la lumière
Est une cascade ici qui s'amuse

Flèche voleuse scandale du rire
O petite enfant du jour qui n'en finit pas
Dans les arbres rayonnants tu jouais avec les racines
Tu ouvrais les cornets de l'eau
Gaulant les jujubes de l'oubli

Et quand venait la nuit aux prodigues violons
Dans les moulins à demi-détruits tu parlais
Tout bas avec une magicienne
Dans tes seins tu cachais un cadeau
Qui était la lune elle-même

Lune de-ci lune de-là
Énigme que lisait la mer
Sans aucun mal et pour ton seul plaisir
Œillets d'écume cap profond
Le jardin était dans la mer.

 

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Ο κήπος έμπαινε στη θάλασσα

Βαθύ γαρίφαλο ακρωτήρι
Το χέρι σου έφευγε με το νερό
Να στρώσει νυφικό το πέλαγος
Το χέρι σου άνοιγε τον ουρανό.

Άγγελοι μ’ έντεκα σπαθιά
Πλέανε πλάι στ’ όνομά σου
Σκίζοντας τ’ ανθισμένα κύματα
Κάτω μπατέρναν τα λευκά πανιά
Σ’ απανωτές σπιλιάδες γραίγου.

Μ’ άσπρα τριανταφυλλαγκάθια
Έραβες φιόγκους προσμονής
Για τα μαλλιά των λόφων της αγάπης σου
Έλεγες: Η χτενίστρα του φωτός
Είναι πηγή στη γη που διασκεδάζει.

Κλέφτρα σαΐτα σκάνταλο του γέλιου
Ώ εγγονούλα της γρια-λιακάδας
Μέσ’ απ’ τα δέντρα πείραζες τις ρίζες
Άνοιγες τα χωνάκια του νερού
Ραβδίζοντας της λησμονιάς τα τζίτζιφα.

Ή πάλι νύχτα μ’ άσωτα βιολιά
Μέσα στους μισοχαλασμένους μύλους
Κρυφομιλούσες με μια μάγισσα
Στους κόρφους σου έκρυβες μια χάρη
Που ήταν το ίδιο το φεγγάρι.

Φεγγάρι εδώ φεγγάρι εκεί
Αίνιγμα διαβασμένο από τη θάλασσα
Για το δικό σου το χατήρι
Ο κήπος έμπαινε στη θάλασσα
Βαθύ γαρίφαλο ακρωτήρι.

 

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 ODYSSEUS ELYTIS

Traduction Dominique Grandmont

 

 

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Maxime-Maufra

Oeuvre Maxime Maufra

 

 

 

 

 

 

 

 

MOMENT VITAL

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Plus que deux mots

Dans ma besace de misère, à côté du couteau au manche d’olivier
Dont j’ai tordu la pointe dans je ne sais quelle rencontre
Et de la ficelle, du mouchoir bleu, à plonger dans la mer
Qu’il devienne rouge
De ces hontes dont nous détournons les yeux
Ne sont ils pas de notre espèce, ceux qui nagent, s’étouffent et s’enfoncent,
Et sont ce des statues ces enfants pétrifiés couverts de cendre
Dans des villes crevées par les bombes vendues par nos pays ?
Quels pays ? nous n’en sommes plus que les esclaves muets,
Pendant ce temps 
Vos fils et vos filles pointant l’aiguille sur la veine bleue
Ecœurés de vous, dégueulants l’héroïne au dessus des chiottes
J’en ai soutenu des fronts, je sais de quoi je cause,
Et je me demande si je ne devrais pas faire comme eux,
Me planter des seringues dans la gorge qui me calmeraient
Je fais une over dose de monde
Une over dose d’humains
Même si je vois quelques lumières bénies à l’horizon
Et mon dernier rêve se peuple de charognards perchés
Attendant quoi grappiller de plus quoi arracher
Je serre contre moi ma besace, ma misère,
Le couteau et la ficelle
Les deux mots :
Mourir
Révolte
Mais
Je ne sais plus crier
Assez fort

 

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ALEXO XENIDIS

 

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syrie2

Enfants victimes Syrie 2018

FLEURS

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De toi à moi règne

le silence des fleurs
qui éclot d’une graine
de soie

des fleurs oranges-
tendre expansion
à flots veloutés de joie

la complicité subtile
des fleurs bleues-
désir fugitif et caché

ou le silence pensif
des fleurs blanches-
le déclic de leur chasteté

l’ardeur des fleurs rouges
danse dans l’air
et l’espace
déborde de passion

la fresque d’or
de l’univers entier
jaillit du silence
des fleurs jaunes

Mais quel silence de cendre
envahit mon âme
quand l’ombre
captive les couleurs…

Ton sourire éclot
d’une graine de soie

Parle-moi
par le silence
des fleurs !

 

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LUCIA SOTIROVA

 

 

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Oksana Kravchenko2

 Oeuvre Oksana Kravchenko