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Channel: EMMILA GITANA
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LA FEMME SOLITUDE...Extrait

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La peau grêlée des pierres tremble 
de l'intérieur --
cette peau qui n'est plus frisson
mais lave éteinte parmi les villes mortes.
Le tonnerre gronde et mord la chair verte 
de la mer
à dechiqueter le deuil du ciel,
à broyer les braises des étoiles.
Toute une couvée d'orage
habite les yeux des chats errants, 
aimante la peur au ventre
toujours bleu.

Petite fleur du soir que le matin chiffonne,
petite soeur des mots aimants
que les grands froids fustigent,
Il existe un sol plus noir, plus fertile,
une forêt d'arbres frères où les branches enlacent comme des bras 
les âmes solitaires, 
un soleil plus pur
comme le bleu du cristal 
à la brisure 
ciselée.

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 ANNE MARGUERITE MILLELIRI

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francoise de_Felice 1

ANNE MARGUERITE MILLELIRI...Extrait

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À l'heure blanche d'heures
les nuages s'abolissent
dans un ciel démâté
S'endérivent échevelés 
aux doigts du vent fileur
sans limites
Ton coeur gîte en pleine mer
où l'horizon s'égare 
dans l'oeil fixe des mauves --
Seul amer
ce regard
peuplé d'ailes.

 

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ANNE MARGUERITE MILLELIRI

 

 

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ANNE3

 

 

 

M , TOUMANI ET SIDIKI DIABATE, FATOUMATA DIAWARA - LAMOMALI

ROSTRO DE VOS

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J’ai une solitude
si pleine de gens
si pleine de nostalgies
et de visages de toi
d’adieux passés
et de baisers bienvenus
à la première occasion
et en dernier recours

j’ai une solitude
si pleine de gens
que je peux l’organiser
comme si c’était un défilé
par couleurs
tailles
et promesses
par époques
par toucher
par saveur

sans hésiter
je m’enlace à tes absences
qui viennent et m’assistent
avec mon visage de toi

je suis plein d’ombres
de nuits et de désirs
de nombreux rires
et de quelques
regrets

mes hôtes accourent
arrivent comme des rêves
avec leurs rancœurs
l’absence de pureté
je mets un balai
derrière la porte
parce que je veux rester seul
avec mon visage de toi

mais le visage de toi
regarde de l’autre côté
avec les yeux amoureux
qui ne m’aiment plus

comme des vivres
qui cherchent la faim
regardent et regardent
et éteignent mon jour

les murs s’en vont
la nuit reste
la nostalgie s’en va
il ne reste rien

mon visage de toi
ferme les yeux

et c’est une solitude
si désolée.

 

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Extrait du film d’Eliseo Subiela, Mario Benedetti, Juan Gelman,

El lado oscuro del corazón (1992)

Traduction Olivier Favier

 

 

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scuplture2

 

 

 

CINQ MÉDITATIONS SUR LA BEAUTÉ...Extrait

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Merci à Cristina Castello

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En estos tiempos de miserias omnipresentes, de violencias ciegas, de catástrofes naturales o ecológicas, hablar de la belleza puede parecer incongruente, inconveniente, incluso provocador. Casi un escándalo. Pero por esta misma razón, vemos que, en lo opuesto al mal, la belleza se sitúa efectivamente en la otra punta de una realidad a la cual debemos enfrentarnos. Estoy convencido de que tenemos el deber urgente, y permanente, de examinar los dos misterios que constituyen los extremos del universo vivo: por un lado, el mal; por otro, la belleza.
El mal ya sabemos lo que es, sobre todo el que el hombre inflige al hombre. Debido a su inteligencia y a su libertad, cuando se sume en el odio y la crueldad, puede abrir abismos sin fondo, por así decirlo. Hay un misterio que atormenta nuestra conciencia, causándole una herida aparentemente incurable. La belleza también sabemos lo que es. No obstante, por poco que pensemos en ella, nos sentimos inevitablemente aturdidos por el asombro: el universo no tiene obligación de ser bello, y sin embargo es bello. A la luz de esta constatación, la belleza del mundo, pese a sus calamidades, también nos parece un enigma.

 

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 En «Cinco meditaciones sobre la belleza»

 

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 En ces temps de misères omniprésentes, de violences aveugles, de catastrophes naturelles ou écologiques, parler de la beauté peut sembler incongru, incommode, voire provocateur. Presque un scandale. Mais pour cette même raison, nous voyons que, à l'opposé du mal, la beauté se situe effectivement à l'autre bout d'une réalitéà laquelle nous devons nous attaquer. Je suis convaincu que nous avons le devoir urgent, et permanent, d'examiner les deux mystères qui constituent les extrémités de l'univers vivant : D'une part, le mal ; d'autre part, la beauté.
Le mal nous savons déjà ce que c'est, surtout celui que l'homme inflige à l'homme. En raison de son intelligence et de sa liberté, quand il s'associe à la haine et à la cruauté, il peut ouvrir des abîmes sans fond, pour ainsi dire. Il y a un mystère qui hante notre conscience, causant une blessure apparemment incurable. La beauté nous savons aussi ce que c'est. Cependant, pour peu que nous pensons à elle, nous nous sentons inévitablement étourdis par l'étonnement : L'univers n'a aucune obligation d'être beau, et pourtant il est beau. À la lumière de ce constat, la beauté du monde, malgré ses calamités, nous semble aussi une énigme .
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FRANCOIS CHENG
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beaute

LE FOU DE BAB CHÂBA

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Soliloque du fou

assis sur le trottoir

Journal où il découpe

de ses doigts minutieux

comme un théâtre d'ombres

 

silhouettes de quel chaos

quelle intime dramaturgie

descendance de quel secret

 

confidences d'épouvantail

que n'écoutent plus

les oiseaux

 

 

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RAYMOND FARINA

Extrait de Détails in Anecdotes,

Rougerie, 1988

 

 

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gaston chaissac2

 Oeuvre Gaston Chaissac

 

LETTRE DE GASTON CHAISSAC A RAYMOND QUENEAU

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Je ne me dis pas artiste, je ne me dis pas poète, mais je me sens artiste, je me sens poète parfois. Je me sens paysan. Je me sens traceur de piste, guide. Je me sens dompteur. Je me sens prêtre. Je me sens voyageur. Et je me sens surtout le spectateur d’une pièce ou tous les hommes et tout ce qui existe sur  la terre, jouent un rôle. Je me sens soldat qui doit lutter pour la paix. Je me sens tout.

 

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GASTON CHAISSAC

 Mars 1946

 

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Gaston-Chaissac-Sainte-Florence-robert-doisneau3

Gaston Chaissac photographié par Robert Doisneau

 

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gaston chaissac2,

Oeuvre Gaston Chaissac

AUX LARMES CITOYENS, RENDEZ-MOI MAI 68 !

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Aux larmes citoyens”, ont-ils dit,
savaient-ils que l’heure de courber le dos
doit un jour enfin finir ?

Rangez, pliez, fermez vos utopies”, disaient-ils,
Ne savaient-il pas que le temps d’armer nos rêves
était encore là ?

Moi, vieille pierre posée sur la mort des rêves
je me dresse, et déclare :
Ouvrez les tombeaux de l’abstinence
La résignation est l’ennemie des peuples.

J’en appelle à l’espoir citoyen
J’en appelle au droit, au travail et au pain
Je déclare que la spoliation, la confiscation,
l’accaparation du bien commun
sont un même crime économique
majeur et condamnable.

J’en appelle à la révolte des moineaux
pour ne plus oblitérer les cris et les graffitis sur les murs
J’en appelle aux poings levés, aux frondes de l’amour
et revendique le droit à un monde humain.

Je suis porteur d’un deuil du bonheur
je suis en berne de ces travailleurs spoliés,
je suis las d’une politique funéraire : “Le rêve est mort, circulez !”
de cet empire de la dérision qui défenestre le mot justice,
je suis las de ce pouvoir qui, sous faux couvert de raison,
prône la résignation pour les uns,

la richesse, la santé et le reste pour eux

Je veux ressusciter le cri et l’espérance
au prix même de la révolte.

Je parle d’une mémoire en deuil
où chaque jour on enterre la joie,
j’en appelle à la jeunesse insoumise
loin des mornes projets,
J’exige l’équité et une même justice pour tous,
J’exige la fin d’un monde à deux vitesses.
Je veux l’égalité et le droit au bonheur.

Rendez-moi mon Mai 68 !

 

 

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JEAN-MICHEL SANANES

https://www.recoursaupoeme.fr/jean-michel-sananes-poemes/

 

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paris-maio1968

NICOLAS MATHIEU

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"Ecoute-moi. Demain, nous serons vieux et lents. Il y aura tes enfants et tes dossiers, tes lessives et les gens au bout du fil, des lois et des embouteillages, le brouhaha du diner et le trop plein de tes journées. Demain, tu seras loin et chacun dans notre coin, nous devrons faire bonne figure. Demain, il faudra à nouveau respirer, gagner de l'argent et remplir le frigo, aller chercher les petits à l'école et lire des journaux, rire encore et vieillir aussi, peu à peu, inévitablement. Ce métier de vivre, nous le ferons du mieux possible, toi et moi, l'un sans l'autre et le temps sera toujours plus épais entre nous. Et nous finirons par ne plus savoir ce que fait l'autre, où il se trouve et s'il pense à nous. Ne dis rien. Écoute-moi. Nous existerons malgré cela, la distance et puis l'oubli. Ce sort-là, nous allons le connaître et il ne nous fera même pas si mal, c'est encore le pire. Mais tu dois savoir qu'aujourd'hui, à cette terrasse et dans le gris, je t'ai trouvée belle à crever. J'ai pris mon temps et je t'ai regardée comme une dernière fois. J'ai pris tes rides, le trait noir au coin de l'œil, ta peau, le grain de beauté dans ton cou, un cheveux blanc, ta bouche rose et moelleuse comme du bubble-gum, les ongles cassés, la bague en argent, la paille avec laquelle tu t'es nettoyée les dents. J'ai tout regardé avec une patience de bête. J'ai tout écrit dans mon ventre qui me faisait mal et cette minute-là, demain ne pourra rien contre elle. Je ne te ferai pas cet aveu ridicule, ces trois mots qu'on se dit tard, au lit et dans le noir. Tu ne l'as pas su et un jour nous serons vieux et lents, et bientôt morts. Mais cet instant-là fut le nôtre. Tu trouvais mon regard stupide et fixe. Je faisais provision de toi. Je t'emportais en détail. Je goûtais cette plaie qui est de te savoir perdue d'avance."

 

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NICOLAS MATHIEU

https://www.facebook.com/nicolas.mathieu.923

 

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mes parents 1945 2,

 

 

 

 

PUISQUE TU PARS...

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Puisque l'ombre gagne
Puisqu'il n'est pas de montagne
Au-delà des vents plus haute que les marches de l'oubli
Puisqu'il faut apprendre
À défaut de le comprendre
À rêver nos désirs et vivre des "Ainsi-soit-il"
Et puisque tu penses
Comme une intime évidence
Que parfois même tout donner n'est pas forcément suffire
Puisque c'est ailleurs
Qu'ira mieux battre ton cœur
Et puisque nous t'aimons trop pour te retenir
Puisque tu pars
Que les vents te mènent où d'autres âmes plus belles
Sauront t'aimer mieux que nous
Puisque l'on ne peut t'aimer plus
Que la vie t'apprenne
Mais que tu restes le même
Si tu te trahissais, nous t'aurions tout à fait perdu
Garde cette chance
Que nous t'envions en silence
Cette force de penser que le plus beau reste à venir
Et loin de nos villes
Comme octobre l'est d'avril
Sache qu'ici reste de toi comme une empreinte
Indélébile
Sans drame, sans larme
Pauvres et dérisoires armes
Parce qu'il est des douleurs qui ne pleurent qu'à l'intérieur
Puisque ta maison
Aujourd'hui c'est l'horizon
Dans ton exil, essaie d'apprendre à revenir
Mais pas trop tard
Dans ton histoire
Garde en mémoire
Notre au revoir
Puisque tu pars
Dans ton histoire
Garde en mémoire
Notre au revoir
Puisque tu pars
J'aurai pu fermer, oublier toutes ces portes
Tout quitter sur un simple geste, mais tu ne l'as pas fait
J'aurai pu donner tant d'amour et tant de force
Mais tout ce que je pouvais ça n'était pas encore assez
Pas assez, pas assez, pas assez
Dans ton histoire
Garde en mémoire
Notre au revoir
Puisque tu pars
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JEAN-JACQUES GOLDMAN
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PREMICES DU DESERT III...Extrait

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Où vas-tu, toi qui dans le vent aride cours
par une de ces rues sans saisons
derrière des murs lumineux de laquelle
un pas qui vient à retentir excite les chiens
et éveille l’écho ? Vus de la maison
d’où je te regarde, où le corps est vivant,
mouvement et quiétude se défont.

Je t’invoque pour la nuit
qui vient et pour le sommeil ;
toi qui souffres, toi seule peut me secourir
dans ce passage aveugle du temps
vers le temps, dans cet âpre voyage
de celui que je suis à celui que je serai,
vivant une vie dans la vie,
dormant un sommeil dans le sommeil.
Toi, adorée, qui souffres comme moi,
toi dont cela me donne le vertige de penser
que le temps, ce froid
parmi les astres et sur les tempes et autre chose encore, contient
la naissance, la maladie, la mort,
la présence de mon ciel et la perte.

 

 

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MARIO LUZI

 

 

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Paweł Kosior2

Oeuvre Pawiel Kosior

PLATERO ET MOI...Extrait

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Doux Platero trottinant, mon petit âne, qui tant de fois transporta mon âme - seulement mon âme !- par ces profonds chemins de figuiers de Barbarie, de mauves et de chèvrefeuilles : A toi, ce livre qui parle de toi, maintenant que tu peux le comprendre. Qu’il touche ton âme qui broute désormais au paradis, avec l’âme de nos paysages de Moguer, elle aussi , avec la tienne, est montée au ciel.

 

...

 

Regarde, Platero, toutes ces roses qui partout tombent ; roses bleues, roses blanches, incolores... On dirait que le ciel se brise en roses. Regarde-les couvrir mon front, toutes ces roses, et rouler sur mes épaules et mes mains...

Que vais-je faire de tant de roses?


Peut-être sais-tu, toi, d'où vient cette douce flore dont j'ignore l'origine, cette douce flore qui attendrit, chaque jour, le paysage, et le laisse insensiblement rose, blanc ou bleuté - oh, toutes ces roses qui tombent! -, comme un tableau de Fra Angelico, qui peignait le ciel à genoux!

On dirait que des sept galeries du Paradis on jette des roses à la terre, Celles-ci, comme une neige tiède vaguement colorée, jonchent le clocher, le toit, les arbres. Regarde comme tout ce qui était si dur devient, sous leur parure, délicat. Oh, toutes ces roses qui tombent...

 

...

 

Magnificence du matin! Le soleil verse sur la terre son allégresse d'argent et d'or ; des papillons aux cent couleurs s'ébattent à l'infini, parmi les fleurs, dans la maison, au-dehors, sur la source. Partout la campagne s'ouvre en éclats, en craquements, en un bouillonnement de vie saine et nouvelle.

On croirait se trouver à l'intérieur d'un grand alvéole de lumière, coeur d'une rose ardente, immense et chaude.

 

....

 

Toujours blanche sur la pinède toujours verte ; rose ou bleue, elle la blanche, pendant l'aurore ; verte ou azur, elle la blanche, durant la nuit ; la vieille fontaine, Platero, où tu m'as vu si souvent, si longtemps arrêté, renferme, comme une clef ou une tombe, toute l'élégie du monde, autrement dit le sentiment de la vie véritable.

J'ai vu en elle le Parthénon, les Pyramides, les cathédrales au grand complet. Chaque fois qu'une fontaine, un mausolée, un portique m'ont empêché de dormir en paix par l'insistante permanence de leur beauté, leur image alternait dans mon demi-sommeil avec celle de la vieille fontaine.

 

 

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JUAN RAMON JIMENEZ

 

 

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mariano andreu

Oeuvre Mariano Andreu

ENCRUCIJADA / CARREFOUR

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¡ Oh, qué dolor el tener

versos en la lejanía

de la pasión, y el cerebro

todo manchado de tinta !



¡ Oh, qué dolor no tener

la fantástica camisa

del hombre feliz : la piel,

alfombra de sol, curtida !



(Alrededor de mis ojos

bandadas de letras giran.)



¡ Oh, qué dolor el dolor

antiguo de la poesía,

este dolor pegajoso

tan lejos del agua limpia !



¡ Oh dolor de lamentarse

por sorber la vena lírica !

¡ Oh dolor de fuente

ciega y molino sin harina !



¡ Oh, qué dolor no tener

dolor y pasar la vida

sobre la hierba incolora

de la vereda indecisa !



¡ Oh el más profundo dolor,

el dolor de la alegría,

reja que nos abre surcos

donde el llanto fructifica !



(Por un monte de papel

asoma la luna fría.)

¡ Oh dolor de la verdad !

¡ Oh dolor de la mentira !

 

 

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Ô la douleur de sentir

Son poème à la distance

De la passion, son cerveau

Maculé de taches d'encre !



La douleur de n'avoir point

La fantastique chemise

De l'homme heureux : une peau

— Robe de soleil — brunie !



(Tout autour de mes regards

Un essaim de lettres tourne.)



Quelle douleur que la vieille

Douleur de la poésie,

Cette douleur insistante

Et si loin de l'eau limpide !



Douleur de se lamenter

Pour aspirer le lyrisme !

Douleur de fontaine aveugle

Et de moulin sans farine !



Douleur d'être sans douleur,

Tandis que s'en va la vie

Sur les herbes incolores

D'une venelle indécise !



La douleur la plus profonde

Est la douleur de la joie,

Soc qui ouvre les sillons

Où fructifient les larmes !



(Sur un sommet de papier

La froide lune se penche.)

Douleur de la vérité !

Hélas, douleur du mensonge !

 

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FEDERICO GARCIA LORCA

 

 

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EDOUARD VUILLARD2

Oeuvre Edouard Vuillard

LA MORT A DISTANCE...Extrait

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Elle est sublime, la petitesse

d'une goutte de rosée



saisissez-la quand elle tremble

encore sur un pétale



et que le temps s'immobilise et que l'infime

vous accorde l'infini.

 

 

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CLAUDE ESTEBAN

 

 

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GOUTTE

 

 

DAN PATLANSKY - BIG THINGS GOING DOWN

POUR MILA - DIALOGUES AVEC L'ANGE...Extraits

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Pour Mila qui a 14 ans aujourd'hui

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Le feu intérieur est le plus important que l'on possède. La terre appartient à ceux qui portent en eux la plus haute musique. Je me tourne vers les rares individus et les incite àélever leur musique intime, tout comme à bâtir sur l'avenir 

Edith Södergran

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"Hier, pour une humanité enfant, l’ange était un être mythique, loin et surnaturel, accessible seulement à quelques élus. Aujourd’hui, pour une humanité qui entre dans son adolescence, l’ange descend dans l’ordinaire, et l’ordinaire devient sacré. L’ange est maintenant accessible à chacun de nous.

...

Chaque homme a un ange. Il faut un certain degré de maturité pour entendre son ange, maturité des organes des sens intérieurs capables de capter cela; il faut être capable de le supporter. Nous sommes tous sur une gamme infinie de développement, d'évolution individuelle.

...

 

Les gens vont s'éveiller à leur responsabilité envers la terre, comme ils s'éveilleront à leur responsabilité envers l'ange et la lumière. Le haut et le bas vont ensemble. C'est un même mouvement. Et l'homme est au milieu.

 

...

 

L'ange est ma moitié vivifiante et moi je suis sa moitié vivifiée. Il est ma préfiguration dans l'invisible et moi je suis la figuration dans le visible. Il est mon pareil intemporel et moi je suis son pareil limité par le temps. il est mon complément intuitif dans l'esprit et moi je suis son complément exécutif dans la matière. Mais nous sommes un ! Il est mon corps de lumière et moi je suis son corps de matière mais nous sommes un ! Donc à la place de la lumière sans corps, à la place du corps sans lumière il y aura l'homme, les deux amants réunis. Ciel et terre unis. Une seule personne, une seule lumière qui a un corps. "

 

 

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GITTA MALLASZ

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Oeuvre Mila Bordin

PASSANT DE LA LUMIERE - PASSAGE DU PASSEREAU

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Le passereau est un passer-moineau, un petit oiseau de l’ordre de ceux qui passent et traversent, fuselés, la vie précaire.

Le passereau est éphémère, il est passe-fleur, passiflore, passionné comme l’anémone qui vibre en plein vent d’étincelles.

Ses poumons sont d’oiseau éphémère, les bronchioles se ramifient dans le tissu pulmonaire, le traversent et se prolongent par des sacs aériens qui sont tissus d’or et de songes dans le souffle des nuages.

Le passereau passe le souffle dans le syrinx de son chant comme message d’un ciel si proche et comme essor de passage.

Volatilia, matière volatile évaporée dans la fibre du monde, il vole dans l’obscurité de la nuit comme dans la clarté du jour.

Il taille dans les ailes et les airs jusqu’à trouver la forme juste d’un anniversaire de feuilles.

Il est le souffle de la nuit qui se heurte contre la paroi des fleurs.

Il tourne tout autour de la table des morts et, en veillée funéraire, s’incruste dans le vitrail.

Son œil de verre rouge irise la couleur.

Sur la neige ne demeure que l’étroite empreinte de sa fine patte de passereau posée sur le mouron des tombes.

Il passe oiseau éphémère comme la précarité de l’amour. 

Pour moi, le passereau est bleu, mais je ne sais pas trop sa couleur. Il est bleu comme l’oiseau d’enfance et souffre douleur d’amour.

Pour moi, le passereau est rouge, mais je ne sais pas sa couleur, ensanglanté des stigmates de pluie, il traverse les larmes.

Pour moi le passereau est gris, car je sais trop bien sa couleur. Il passe en glissade légère les ailes étendues, discret, il passe dans la vie précaire.

Et dans les plantes aromatiques, la myrrhe d’un étrange berceau, il passe et renaît, passereau, oiseau de cendre et de lumière.

 

 

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BEATRICE BONHOMME

 

 

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moineau2

 

 

TOTEMS D'AILLEURS...Extrait

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sourdement sous la vague
et l’écho diluvien
comme la peur ancestrale
le naufrage d’un monde
qui nous glaviote sur la toile
quelques ris dans le cœur
sous les grains la tourmente
le dépit de gerber au gré des entourloupes
à la cape au bord du vide
que l’accalmie revienne

...

 

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ALAIN JEGOU

 

 

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LE LIVRE ROUGE...Extrait

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Le savoir du coeur ne se trouve dans aucun livre et dans la bouche d'aucun professeur, mais il grandit en toi comme la graine verte sort de la terre noire.Mais comment puis-je acquérir le savoir du coeur ? Tu ne peux acquérir ce savoir qu'en vivant pleinement ta vie. Tu vis pleinement ta vie quand tu vis aussi ce que tu n'as jamais vécu, ce que tu as laissé les autres vivre et penser.

Tu vas dire : "Je ne peux tout de même pas tout vivre et penser ce que d'autres vivent et pensent." Mais tu dois dire : "La vie que je pourrais encore vivre, je devrais la vivre, et les pensées que je pourrais encore penser, je devrais les penser." Tu veux apparemment échapper à toi-même pour ne pas devoir vivre ce que tu n'as pas vécu jusqu'à maintenant. Mais tu ne peux pas échapper à toi-même. Cette vie est toujours avec toi et réclame son accomplissement. Si tu te montres sourd et aveugle envers ce désir, tu te montres également sourd et aveugle envers toi-même. De cette manière, tu n'atteindras jamais le savoir du cœur.

 

 

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CARL GUSTAVE JUNG

 

 

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JUNG

JOURNAL...Extrait

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En moi un immense silence, qui ne cesse de croître.
Tout autour, un flux de paroles qui vous épuisent parce qu’elles n’expriment rien.
Il faut être toujours plus économe de paroles insignifiantes pour trouver les quelques mots dont on a besoin.
Le silence doit nourrir de nouvelles possibilités d’expression…
Les pétales de rose jonchent mes livres.
Une des roses jaunes est épanouie à ses dernières limites et me regarde, béante, de son grand œil…
Je suis si reconnaissante de ces quelques heures,
et aussi de la concentration qui ne cesse de croître en moi.

 

 

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ETTY HILLESUM

25 juillet 1942

 

 

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Yellow-rose-