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Channel: EMMILA GITANA
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POEMES SAHARIENS...Extrait

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Des fleurs!!!
il me faut des fleurs
plein les mains 
et la tête
plein le coeur
plein les poumons
des fleurs à respirer
à mettre en pot
en terre
en gerbe

La nuit s'ouvre
comme une femme
douce
immense...

C'est une veillée d'armes

Alors on pense
on compte
on additionne
on se souvient
on regrette
on s'en veut
on s'en fout
on comprend...
On aime surtout
on aime grand
comme le vide
qui vous guette...
sans crainte
sans maudire
sans médire
sans rancune
sans façons...
On aime tranquillement
gentiment

Alors toi
dis à toutes et à tous
qu'ils sont ce soir
à la fête 
dans mon coeur...
que c'est pour eux
que je suis là
pour eux
et tous les autres
que je ne connais pas
que je ne sais nommer
que je ne peux nommer
que je ne veux nommer

... Pour eux
pour Toi
pour moi
afin de voir
de dire
de crier...

Qu'ils sachent que c'est là
ma vie
mon métier
mon urgence
ma force
ma responsabilité
ma dignité...
Il monte de la ville
un souffle d'homme
une plainte de femme
un sommeil d'enfant

Il monte de la ville
un peu de mon pays
de ses cannes à sucre
de ses cayes
comme une odeur de tafia
comme un fond de tam-tam

...

 

 

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GERALD BLONCOURT

 

 

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HAITI

Oeuvre ?

MICHEL EKHARD ELIAL...Extrait

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Il goûte tout l’arbre dans la graine

Tout songe est poussière des voyages
l’herbe tissée de la vapeur du monde
pour être ce grand visage clair
épanché vers le ciel
de l’attente qui nous lie
aux lèvres de chair et aux mondes nouveaux
simple éternel voici les oiseaux du voyage
qui essaiment les graines
de l’inchangé et du pur
entre la rose et l’or
aussi longtemps que les mots
sont des fleurs d’amour
l’un peut lire dans les yeux de l’autre 
la profondeur de l’eau
semée en toi

 

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MICHEL EKHARD ELIAL

 

 

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Pascal Lazzarotti

Oeuvre Pascal Lazzarotti

LA VAGABONDE...Extrait

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" Il y a des jours où la solitude, pour un être de mon âge, est un vin grisant qui vous saoule de liberté, et d'autres jours où c'est un tonique amer, et d'autres jours où c'est un poison qui vous jette la tête aux murs. Ce soir, je voudrais bien ne pas choisir. Je voudrais me contenter d'hésiter, et ne pas pouvoir dire si le frisson qui me prendra, en glissant entre mes draps froids, sera de peur ou d'aise."

 

 

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COLETTE

 

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Bato Dugarzhapov2

Oeuvre Bato Dugarzhapov

EDWIN MUIR...Extrait

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C'est moi qui éprouve du remords pour tout ce que le Temps 

T'a fait, mon amour, comme si je t'avais 

Imposé l'usure du soleil sans-repos

Et tous ces jours mortels pour accomplir ce crime-là.

 

Pour ne pas conserver ce qui nous fut donné 

Par pure grâce et l'abandonner 

A l'oisiveté des heures, laissant l'automne enterrer 

Notre été paradisiaque: A une telle accusatîon, que puis-je répondre

 

Sinon le vieux dicton surgi du cœur :

« Le Temps épargne l’amour »

Mais nous, l’aimée et l’amant, nous vieillissons ;

Seule la vérité est toujours nouvelle :

« L’Éternité seule peut changer le faux en vrai,

Elle qui nous rajeunit en dépit du Temps »

 

 

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EDWIN MUIR

Traduction Alain Suied

 

 

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Matteo Massagrande2,

 

Oeuvre Matteo Massagrande

UN PEU D'ETYMOLOGIE

LE PASSE...Extrait

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« Une mémoire infaillible ne guide mon souvenir qu’à travers le jardin embrouillé de mon enfance. Demandez-moi de vous dire la forme et la couleur d’une seule feuille de ces giroflées marron, que la gelée et la neige confisaient, chaque hiver, dans le jardin, et qui ressemblaient, cuites de froid sur la terre blanche, à de pauvres salades ébouillantées… Demandez-moi si la glycine, vieille de deux siècles, fleurissait deux fois chaque année, et si le parfum de sa seconde floraison, exhalé de maigres grappes, semblait le souvenir affaibli de la première… Je saurai vous dire le nom de mes chattes et de mes chiens morts, je noterai pour vous le chant funèbre, le miaulement mineur des deux sapins qui berçaient mon sommeil, et la voix jeune, aigüe et douce, de ma mère criant mon nom dans le jardin… J’entrouvrirai pour vous les livres où se penchait mon front aux longues nattes, et, d’un souffle, j’en ferai s’envoler, humides encore, les pétales de pivoines roses, les pensées noires au visage froncé, les myosotis couleur d’eau bleue, que pressait entre leurs pages mon paganisme ingénu…"

 

 

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COLETTE 

 

 

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fatat bahmad,

Oeuvre Fatat Bahmad

TONY JOE WHITE - You're Gonna Look Good In Blues

NOS JEUNES HIVERS...

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Tu ne m’as jamais rien refusé

Pas même l’écorce échancrée de ton regard 

Pas même les premiers grains de l’aurore quand nous divaguons enlacés à la rencontre de notre amour

Pas même, offrande suprême, les papillonnements exaltés du soir quand nous nous emparons l’un de l’autre sous les lanternes d’un nouveau monde

J’ai su en te croisant que le lieu de ton corps serait mon ultime héritage

Que tes lèvres ourleraient dans la nuit la plus infime de mes défaillances

Que je n’aurais plus jamais peur dans les ravines du silence

Ni en haute mer

Ni dans le creux de ma mémoire

Ni dans les sillons de l’absence

 

Je ne t’ai jamais rien refusé

Pas même ces vers insensés qui escortent ta solitude quand les mots viennent à faillir, là-bas face à la mer

Pas même le crépitement de mes pensées sur l’essaim tiède de tes hanches

Pas même la clé de cette grange antique où dorment mes gisants

J’ai su en te croisant que le lieu de ta joie serait mon ultime passage

Qu’il me faudrait ôter une à une les écailles qui encombraient mon seuil

et m’abandonner à l’étreinte si tendre de nos jeunes hivers

 

 

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SYLVIE MEHEUT

http://www.sylviemeheut.com

 

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Katell Le Goarnig,

Oeuvre Katell Le Goarnig

LE KEPI...Extrait

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De là, je retombai dans l’enfance, car une créature féminine s’y reprend à plusieurs fois pour éclore. Je fus laideronne avec délices, la chevelure cordée et des mèches plates sur les joues. A toutes parures, je préférai mes vieilles chaussures lacées, mes anciens tabliers d’école et leurs poches pleines de noisettes, de ficelles et de chocolat. Les sentiers bordés de ronces, les massettes de roseaux, les lacets de souliers en pâte de réglisse, les chats, brefs tout ce que j’aime encore aujourd’hui me redevint cher. Il n’est pas de mots pour chanter, de souvenirs précis pour illustrer de telles périodes, que de loin je ne puis comparer qu’à des abîmes de sommeil heureux. Une odeur de fenaison me les rappelle parfois, peut-être parce que soumise aux fatigues de la croissance je m’endormais sans rêves, pendant une heure, dans les foins neufs. 

 

 

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COLETTE

 

 

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auguste-renoir

Oeuvre Auguste Renoir

 

L'ETRANGER

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Un jour tu frapperas à ma porte et ton ombre sera ma lumière
Saurai-je alors être digne lorsque ce jour viendra
Saurai-je être digne de toi
Saurai-je tendre le cœur et sans frémir accepter ton miroir
Saisir entre tes cils le sel de ma mémoire
Et d’un simple regard reconnaître mon frère
Nous aurions dû recevoir à parts égales notre ration de soleil
J’ai reçu plus que toi
Et le si peu que j’ai déjà
Je te le dois
Le jour où tu viendras tu m’offriras le parfum de ta terre
Je serai l’exilé
L’assoiffé
L’éphémère
Homme parmi les hommes
Nu et déraciné
Plus tranchant que le glaive
Plus tendre que l’aubier
Plus malléable encore que l’argile sous les doigts du potier
Et je me hisserai mon frère
Et je me hisserai vers toi
Comme l’olivier aux portes du désert
Comme la colombe sur les vestiges d’un monde ancien
Je sentirai battre en mon âme l’écho de tous les préludes
Alors peut-être serai-je digne mon frère
Digne de ton regard
Digne de ta lumière
Digne de l’amandier
Digne des lendemains
Lorsque demain tu frapperas à ma porte et que l’étoile t’aura précédé
Serai-je alors digne de toi devant l’éternité
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SYLVIE MEHEUT
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alessandro spano

Alessandro Spano

LES RACINES DU CIEL...Extrait

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Il faut absolument que les hommes parviennent à préserver autre chose que ce qui leur sert à faire des semelles, ou des machines à coudre, qu’ils laissent de la marge, une réserve, où il leur serait possible de se réfugier de temps en temps. C’est alors seulement que l’on pourra commencer à parler d’une civilisation. Une civilisation uniquement utilitaire ira toujours jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’aux camps de travail forcé. Il nous faut laisser de la marge. Et puis je vais vous dire… il n’y a pas de quoi être tellement fier, n’est-ce pas ? il n’y a plus vraiment que la tour Eiffel pour nous permettre de regarder de haut en bas sur le reste de la création. Vous allez m’envoyer composer des poèmes, comme le gouverneur, mais dites-vous bien que les hommes n’ont jamais eu plus besoin de compagnie qu’aujourd’hui. On a besoin de tous les chiens, de tous les chats, et de tous les canaris, et de toutes les bestioles qu’on peut trouver…
Il cracha soudain par terre, avec force. Puis il dit, la tête baissée, comme s’il n’osait pas regarder les étoiles :
— Les hommes ont besoin d’amitié.

 

 

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ROMAIN GARY

 

 

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roelant-savery-

 

Oeuvre Roland Savery 

1576 - 1639 

VOUS AVEZ FAIM ET MOI JE CHANTE

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Merci Adélita mia...

 

 

Les vagabonds vont par les routes, je ne les vois pas.
Les prisonniers hurlent, je ne les entends pas.
Les affamés cherchent du pain, les gueux montrent leurs loques,
les hommes floués cherchent la vérité.
Et la terre couverte d’ivraie, la terre belle et fière,
défend sa dignité
par une souffrance obstinée.

O hommes affamés, loqueteux, floués!
Je sais bien qu’un jour

Les vagabonds vont par les routes, je ne les vois pas.
Les prisonniers hurlent, je ne les entends pas.
Les affamés cherchent du pain, les gueux montrent leurs loques,
les hommes floués cherchent la vérité.
Et la terre couverte d’ivraie, la terre belle et fière,
défend sa dignité
par une souffrance obstinée.

O hommes affamés, loqueteux, floués!
Je sais bien qu’un jour
le pain sera partagé avec les songes
et la tristesse de la terre, entre nous tous
qui passons par la rivière vers un ciel nouveau
de pluies et de grains.
Viendra le moment où chaque pas du monde
fera pousser du pain. Les broussailles et l’ivraie
seront du pain et le sang deviendra du pain.
Nos coeurs seront le blé
et nos chants la pluie. Et le bruit de la meule
sera notre ultime parole.

Vagabonds du monde, vous ai-je offensés?
Vous avez faim, et moi je chante.
Mais si je cesse de chanter la tristesse
de ce feuillage liéà nous
de toute éternité par un bon
et patient dévouement,

si je cesse de chanter les branches qui naissent
les branches qu’il faut sauver,
si je cesse de chanter l’effort
par lequel il faut préserver chaque arbre
sous ce soleil, chaque cri
dans ce corps, de chanter l’effort
pour sauver la beauté,

alors seront oubliées, frères,
la fatigue du chasseur et la peine du laboureur,
seront oubliées la main
qui forgeait et la main
qui retenait les torrents,
si je cesse de chanter la tendresse,
nul homme ne connaîtra plus, frères,
le secret de l’arbre qu’on a planté,
le conte de la fleur qui a poussé
au milieu des prairies désertes.
Nul homme ne saura plus
pourquoi il est là et qui a sauvegardé
ses yeux, pour qu’ils soient le feu du monde.

Qui dira alors à l’homme
qu’il a eu faim, qu’il a été nu,
qu’il fut soldat, qu’il fut infirme,
qu’il fut malheureux,

si nous ne forçons pas la mer à hurler notre pensée
si nous ne forçons pas la terre à chanter notre soif.
Si nous ne sauvons pas notre chant du mépris de ceux
qui n’ont pas besoin de la pureté du monde.

Affamés et nus, chantez avec moi
mon chant! C’est aussi votre chant.
Si nous cessons de le chanter
le pain deviendra de nouveau ivraie
qui pousse sans pitié.

Le pain deviendra ivraie,
ivraie et sang du monde.

 

 

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VESNA PARUN

poétesse croate (1922- 2010)

 

 

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Kostis Moudatsos

Oeuvre Katerina Dramitinou, Kostis Moudatsos

ERNEST PEPIN...Extrait

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Je vis soudéà mon poème
Buvard qui absorbe mes émotions
Quand elles débordent du lit
De la vie
Et dans les pages que j’écris
Je capte toutes les lucioles du monde
Baisers de feu
Sur les lèvres intranquilles du réel
Et l’univers m’accueille
Comme un enfant nouveau-né
Couvert de mots
De peur 
De colère
Mais aussi d’un collier d’amour
Que je porte toujours au cou
Pour conjurer ma vie
Je suis mon propre poème qui va
Comme un torrent
Invente sa mer
Comme un éclair
Vomit sa lumière
A pas d’homme désarmé
Vers l’innocence de son pays
Ce drapeau d’humanité
Que je colporte à bout de bras
Et qui me fait aimer le genre humain
Ecoute
Lis
Mon poème est là
Il te tiendra chaud
Et plus encore il te guérira
Car je l’ai écrit pour toi
A l’heure intime des métamorphoses
C’est un poème-papillon
Qui frissonne
Une lettre que l’infini t’envoie
Une rosée
Un pollen
Un voyage sans frontière
Un peu de moi
Un tout-moi qui dit nous

 

 

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ERNEST PEPIN
Faugas
Le 5 Février 2019

 

 

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ernest

LA PLUIE MAUDITE ET AUTRES POEMES...Extrait

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Sur la plage où l'ombre de la baie s'allonge
Il est couché tel une vigne en son clos,
Solitaire et tourné du côté des vagues.
Son visage est empreint d'une grâce grave,
Le vent de midi à ses traits se caresse,
Il est plus beau que branche de grenadier
Gorgée de pépiements d'oiseaux, et sa taille
Plus souple que l'ondulation d'un lézard.

J'écoute la rumeur basse de la mer
Qui surgit de la vague et se répercute,
Masquée par un agave antique, j'épie
Sa gorge qui se change en une mouette
Pour s'envoler avec un gémissement
Vers l'or des nuages. Et de l'airain du ventre
Somptueux s'érige sombrement le roc
En fleur qui porte un cortège de princesses
Fascinantes, de fées surgies des légendes.

Grise est la mer, le sable crisse.
Des ombres blondes s'étendent sur la vigne.
Dans le lointain des colonnes de ciel saillent.
L'orage maintenant vient battre la plage.

Et moi je tête l'odeur d'été qui croît
Et je bois le vin des plantes dénudées
Et j'emplis mon regard de ces mains qui luisent,
De ces flancs brillants et polis d'une écume
Ou se déplace l'huile des oliviers,
Moi, mes yeux apaisés reposant sur lui
Enveloppé par la vague, qui sommeille
Dans ce tonnerre lent et vieux comme agave,
Moi livrée au vol multiple des désirs,
Je me demande combien d'ailes ouvertes
Palpitent dans les creux bleutés et les monts
De ce corps si calme qu'il s'en va troubler
L'herbe solitaire et la mer en son verbe.

 

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VESNA PARUN

 

 

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Mahmoud Al-Kurd5,

Oeuvre Mahmoud Al-Kurd

SUPPLIQUE

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Je vous prie

Qu'on me lave d'eau douce, celle du puits où dort la salamandre
Tout au fond du jardin près du figuier à l'ombre mortelle
Qu'on me lave de pluie
Celle tombée qui fait bouger la terre de miracles légers
Je vous prie,
Qu'on me lave de neige, de grêle,
Et du flot de la mer que je ne reverrai pas,
De l'eau des larmes que j'ai pleurées quand je pleurais encore
De ce que vous n'avez pas touché
Qu'on me lave, nue,
Du vin, du sang, des paroles, qu'on me lave
De la puanteur
On donne, on reprend, je ne sais rien de la tête des hommes
De ce qui y grouille, vermine et douceurs mêlées,
Et de cette marée qui soulève le cœur, porte aux nues
Avant de jeter à bas le naïf, l'autre ou celui qui ne joue pas
Aux mêmes jeux que vous
Je vous prie
Qu'on me lave de mon odeur d'humain qui me fait honte

 

 

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ALEXO XENIDIS

 

 

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montserrat gudiol

Oeuvre Montserrat Gudiol

L'ETOILE VESPER...Extrait

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« Faut-il vraiment donner le nom de pensées à une promenade, à une contemplation sans buts ni desseins, à une sorte de virtuosité du souvenir que je suis seule à ne pas juger vaine ? Je pars, je m’élance sur un chemin autrefois familier, à la vitesse de mon ancien pas ; je vise le gros chêne difforme, la ferme pauvre où le cidre et le beurre en tartines m’étaient généreusement mesurés. Voici la bifurcation du chemin jaune, les sureaux d’un blanc crémeux, environnés d’abeilles en nombre tel qu’on entend, à vingt pas, leur son de batteuse à blé… J’entends sangloter les pintades, grommeler la truie… C’est cela, ma méthode de travail. Puis soudain, un trou mental, le vide, l’abolition, une ressemblance parfaite, je pense, avec ce que doit être le début d’une mort, la route perdue, barrée, effacée. »

 

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COLETTE

 

 

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Childe Hassam

Oeuvre Childe Hassam

SILENCE -BEETHOVEN

PALESTINE, APARTHEID, MASSACRE, CA SUFFIT !!!

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Je perdrai peut-être – si tu le désires – ma subsistance
Je vendrai peut-être mes habits et mon matelas
Je travaillerai peut-être à la carrière comme porte faix, balayeur des rues
Je chercherai peut-être dans le crottin des grains
Je resterai peut-être nu et affamé
Mais je ne marchanderai pas
O ennemi du soleil
Et jusqu’à la dernière pulsation de mes veines
Je résisterai.

 

Je résisterai

Tu me dépouilleras peut-être du dernier pouce de ma terre 
Tu jetteras peut-être ma jeunesse en prison 
Tu pilleras peut-être l’héritage de mes ancêtres 
Tu brûleras peut-être mes poèmes et mes livres 
Tu jetteras peut-être mon corps aux chiens 
Tu dresseras peut-être sur notre village l’épouvantail de la terreur 
Mais je ne marchanderai pas 
O ennemi du soleil 
Et jusqu’à la dernière pulsation de mes veines 
Je résisterai.

 

Tu éteindras peut-être toute lumière dans ma vie 
Tu me priveras peut-être de la tendresse de ma mère 
Tu falsifieras peut-être mon histoire 
Tu mettras peut-être des masques pour tromper mes amis 
Tu élèveras peut-être autour de moi des murs et des murs 
Tu me crucifieras peut-être un jour devant des spectacles indignes 
O ennemi du soleil 
Je jure que je ne marchanderai pas 
Et jusqu’à la dernière pulsation de mes veines 
Je résisterai.

Je résisterai

 

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SAMIH AL-QASSIM

 

 

 

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ET MOI, JE MARCHE

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Le corps droit je marche, tête haute je marche
Le corps droit je marche, tête haute je marche
dans ma main un rameau d’olivier et sur mon épaule mon cercueil

Mon cœur est une lune rouge, mon cœur est un jardin
il y a des lyciums et du basilic

Mes lèvres sont un ciel qui pleut
un feu parfois et de l’amour des fois

Dans ma main un rameau d’olivier et sur mon épaule mon cercueil
et moi je marche et moi je marche et moi je marche et moi et moi et moi je marche

Le corps droit je marche, tête haute je marche
Le corps droit je marche, tête haute je marche

Dans ma main un rameau d’olivier et sur mon épaule mon cercueil
et moi je marche et moi je marche et moi je marche et moi et moi et moi je marche

 

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SAMIH AL-QASSIM

 

 

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Frida_Kahlo-The_Dream

 Oeuvre Frida Kahlo

 

 

GAZA

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Mère:Palestine
Père : le monde
Agée comme la Terre
Profession : survivre

Là-bas
chaque jour un homme
Et une femme qui voit en lui,
comme toutes les femmes de la Terr,
un être cher et beau,
un homme ensanglanté
qui gît sur une civière
au lieu de grandir et de vivre
comme tous les enfants de la Terre.

 

Gaza crie :
« Mon ventre, porteur de vie,
déchiqueté
comme le corps de mes parents,
le corps de mes frères
et de mes enfants.

A la place des cadeaux

sous le sapin,
leurs corps
empaquetés dans le papier cadeau de la 
mort.

A la place des guirlandes qui illuminent
les rues du monde, 
mes rues sont éclairées
par les bombes.

A la place de l’eau,
des robinets,
coule le sang de mes adolescents.

Même les rats, dans ma maison,
ont faim et soif.

Destruction,
destruction,

hurlements,
hurlements,

Mais ils ne parviennent pas
aux oreilles du Ciel,
en congé pour les Fêtes.

Ni aux yeux des prophètes,
en train de regarder
un match de foot.

Et moi,
j’agonise,
j’agonise

et personne ne s’en soucie. »

 

 

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MARAM AL-MASRI

 

 

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Mahmoud-Al-Kurd-17,

Photographie Mahmoud Al- Kurd