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CHRISTIANE SINGER...Extrait

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Je suis Celle que rien n'arrête
Je suis Celle qui arrache aux morts leurs bandelettes
Je suis Celle qui entre en trombe par les fenêtres ouvertes
Arrache les rideaux, décroche les volets

Je suis Celle qui n'a peur de rien
Qui se lève et clame son indignation, 
sa colère devant les scandales du mépris

Je suis celle que même la mort n'a pu faire mettre à genoux et
Qui court en enjambant les ruines

Je n'ai jamais stagné
J'ai reçu la vie de tous ceux et de toutes celles que j'ai aimé et que j'aime
Ils marchent pieds nus dans mes rêves
Ils dorment à l'ombre de mes cils
Jamais où je suis ils ne sont pas

Je suis Celle que le monde sans cesse éblouit 
Jamais je n'ai laissé l'indifférence me gangrener
J'aime ouvrir les yeux des aveugles
Comme des âmes ailées m'ont ouvert les miens
Et je porte le flambeau de la mémoire des hommes et des femmes dont je suis le témoin vivant.

 

 

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CHRISTIANE SINGER

 

 

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martine cros2

Oeuvre Martine Cros 

http://allerauxessentiels.over-blog.com/ 

ZENO BIANU...Extrait

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" Un jour tu es entré dans le bleu
comme on pénètre dans la vraie vie
tu es entré dans le bleu
tu as fait le pari de l'immensité
et ce fut comme un sésame
un passage sur l'autre versant du miroir
un jour tu es entré dans le bleu
pour n'en plus jamais revenir "

 

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ZENO BIANU

 

 

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FERDINAND SIMEONI

 Photographie Ferdinand Siméoni

 

LA NUIT LA MER APRÈS AILLEURS D'AUTRES CIELS

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Rêve de  ne plus dormir ou verser  dans le long sommeil de la nuit dés-astres sans Lumière  

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Les Moires  les  Parques  infatigables filandières    La folle Camarde    la Grande Faucheuse 
Ô figures de la  Mort   dont le O ouvert sonne creux 
résonne comme un euphémisme caverneux 
Aveu capital    aux cent vains  maux      tellement démuni 
qui survient     tôt ou tard 
au terme irrévocable de l'échéance pesante
juché face contre l'immensité du temps

 

Oppose-leur le destin unique  d'un  brin de conscience inconnu    Alors  
Délire    Marin    Rêve     et-va-naissant 
circonscris - en à volonté les possibles diaphanes 
pose  les cairns d'un vertige cosmique
allant bien      Eau-Delà  
des  sens et du commun     Ainsi  du sibyllin départ  

Tel  le solitaire     hauturier des vastités 
livré aux forces ouragans
aux lames de l'océan pers 
à l'éternel silencieux 
qu' Océan-Ciel destine 
au vivant

lorsqu'il lui vaut antichambre 

tangible ailleurs
apaisante folie ou  sagesses
Voici les nouveaux accords d'un tout autre viatique 

Fais - le tien    Epargne - lui  la tragédie   Récuse le sort   la fatalité 
Mais de l'après   d'un probable retour    encore et encor     sublimés
de la Mort   aux allants  allégoriques de la délivrance 
Elle que l'on souille    à l'envi     si bas    livrée en pâtures   sans fin   selon la loi
tel l'outrage odieux  à l'Eternel 
La mort travestie    négociée sur l'autel 
des écritures   des iniques  traités
que portent  si haut le  dogme  doré
maculant l'oriflamme sanglant-élevé 
Cruelles gageures   quelles impudences 
embrasent le désert pérennel de la vie

 

- Que tu sois      à demeure 
à toujours 
des vires      des lices du purissime
en perpétuelle partance     déjà consentant

Qu'un penser abyssal abîme à jamais
ici-bas 
le règne invalidant des certitudes  et des vérités  meurtrières

Oeuvre aux portes de l'infini 
Vis intensément le poème de la mer
Vole sur les ailes des  vents éthérés 

Ces écrins de ciels     tu le sais
sont invisibles pour les yeux 
et jamais ne se referment pour qui voyage et migre  avec les étoiles et les oiseaux  -

 

 

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CRISTIAN GEORGES CAMPAGNAC

http://marin56.canalblog.com/archives/2019/03/29/37217404.html

 

 

 

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safwan-dahoul 11,,,

 Oeuvre Safwan Dahoul

 

 

LETTRE OUVERTE À MONSIEUR LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

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Ghjuvan Marcu Rodriguez
Merre di U Poghju di Venacu
"L’exercice de la démocratie exige de mettre en adéquation ses paroles et ses actes."

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Monsieur le Président de la République française,


J’accuse réception de votre invitation pour le débat organiséà Cuzzà le 4 avril 2019.
N’ayant pas la même conception que vous du débat que vous transformez sciemment en meeting politique savamment orchestré, je me permets de décliner votre invitation.
Nous savons, vous et moi, que le grand débat que vous avez initié suite aux pressions légitimes du peuple français n’est qu’un leurre destinéà faire gagner du temps à votre gouvernement. Ravi que vous vous intéressiez enfin aux élus de la ruralité, je pourrais comme, tout un chacun, dresser l’abaque de revendications aussi fondées les unes que les autres et dont vous ne tiendrez sûrement pas compte, si ce n’est à la marge, avec autant de cautères sur une jambe de bois. Mais je préfère m’en tenir à ce que vous considérez comme une contingence mais qui pour les Corses est d’une importance capitale.
Dans votre ligne de défense , vous opposez au mouvement des gilets jaunes une répression violente, pratiquée depuis des lustres chez nous, mais également des arguments que vous jugez irréfutables ; en l’occurrence vos décisions tiendraient leur légitimité du fait que ces dernières étaient partie intégrante de votre programme électoral et surtout que vous avez été démocratiquement élu.

Des élections démocratiques se sont tenues également sur le territoire de la Corse en décembre 2017, avec le résultat que vous n’êtes pas sans connaître. Cinquante six pour cent des votants ont amenéà la gouvernance de la Collectivité de Corse une coalition de nationaux corses. « Per à Corsica » a étéélue sur un programme sans ambiguïté, sur un programme de mandature qui tendait à amener progressivement la Corse vers une autonomie certaine. Lors de votre visite au mois de février 2018 vous avez bafoué et foulé aux pieds le vote et les aspirations de milliers de Corses; vous avez préféré soutenir le corps préfectoral dans sa vengeance d’état plutôt que de répondre à la demande d’amnistie pour les prisonniers et recherchés politiques, laissant votre (in)justice, à travers le Fijait, continuer à faire l’amalgame entre terroristes djihadistes et patriotes corses.
Vous avez, par votre attitude et vos déclarations, essayé d’humilier notre peuple, notamment en ignorant l’emblème de notre nation. Pourquoi voudriez-vous que le peuple français dans ses différentes composantes respecte ce que vous êtes censé incarner ? Et à fortiori le peuple Corse, bien que votre attitude arrogante et méprisante nous conforte dans notre volonté de devenir autonomes si ce n’est indépendants.

Alors, avec une grande majorité, oui, nous sommes pour le rétablissement de l’ISF; oui, nous sommes pour une justice fiscale; oui, nous sommes pour une revalorisation du SMIC; oui, nous sommes pour l’indexation des retraites sur le coût de la vie; oui, nous sommes pour le maintien de tous les services dans le monde rural; oui, nous sommes contre la désertification médicale. Nous accompagnerons toutes ces revendications d’un peuple en grande précarité qui souffre. Mais nous sommes, par dessus tout, opposés à votre politique jacobine, autoritaire et condescendante qui nous interdit, entre autres, d’appliquer la corsisation des emplois et de faire reconnaître notre langue.

Persuadés que nous détenons les clefs de nombre de problèmes, à travers, par exemple, un statut fiscal et social ou la Charte pour l’emploi local, que vous avez balayés d’un revers de main, nous restons viscéralement engagés à nous libérer de votre tutelle.

Permettez-moi de vous rappeler que dans votre programme figurait le pacte girondin.

Un pacte que vous avez refusé de mettre en œuvre jusqu’à présent. L’exercice de la démocratie exige de mettre en adéquation ses paroles et ses actes. Depuis le dépôt des armes décrété unilatéralement par le Front de Libération Nationale Corse, le peuple Corse a choisi son émancipation par la voie de cette démocratie et le chemin des urnes. Nous avons fait ce fameux premier pas vers la paix par aspiration profonde, nous aimerions que le pays qui se targue d’être le pays des droits de l’homme suive le même chemin.

Par respect pour votre peuple, veuillez agréer, Monsieur le président de la République, l’expression de ma considération.

 

 

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GHJUVAN MARCU RODRIGUEZ
Merre di U Poghju di Venacu

 

 

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isula morta2

 

 


CHARLIE MUSSELWHITE - RICHARD BARGEL

LE FEU GOUVERNE...Extrait

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Pour dire celui qui précipite dans ses solitudes brûlées la

perfection du feu et de la cendre, je maintiens la fin dans

l’ébranlement, le départ dans le terme.



 Le monde est muré. La ville est murée. Sans répit la folle cogne

son outil de fer contre la peau du cercle. Son loisir est la haine.



 Je ne dénonce pas. Mais dans l’absolu des menthes et des sauges

bleues, entre la mort en habits de laine et l’été intime des

plantations, j’éveille les musiciens, je rassemble les jeteuses de sort,

j’applique une fraîcheur d’argile sur la cicatrice qui pourrit.

 

 

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ERIC BROGNIET

 

 

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sauge3

MON TRESOR

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A mes petits-enfants Mila, Emma, Cesare, Loreleï

 

 

 

Mon fils cherche un trésor. Il va finir par le trouver, j'en sais quelque chose.

Le trésor, lui dis-je, est à l'image de ce mois d'avril, il ne tient qu'à un fil. Tout ce que tu as à faire pour le saisir, c'est de devenir un peu plus subtil.

Et puis il y a le songe des autres pour t'aider à accomplir ton rêve éveillé.

La prescription de La Fontaine par exemple, qui mêle la joie à la peine. Pour lui, il n'y a pas de trésor, ou plutôt si, et ce trésor n'est pas un mirage mais ton ouvrage. Y travailler est la seule source de bonheur et de richesse...

Selon la légende, dit Kafka, le trésor n'est autre que toi...Tu ne le chercherais pas, si tu ne l'avais déjà trouvé. C'est aussi simple que ça: la reconquête de soi.

Mon dernier mot, je l'emprunterais à Edgar Poe qui te dirait que pour trouver le trésor, il ne faut surtout pas chercher quelque chose de caché... et je rajouterais qu'il faudrait te cacher pour le trouver...

 

 

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LE JOURNAL DE PERSONNE

https://www.lejournaldepersonne.com/2019/04/mon-tresor/ 

 

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LETTRE DE BLANCHE GARDIN AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

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Monsieur le Président,

Je suis flattée. Merci. Mais je ne pourrai accepter une récompense que sous un gouvernement qui tient ses promesses et qui met tout en œuvre pour sortir les personnes sans domicile de la rue.
En Juillet 2017, vous avez déclaré« La première bataille c’est de loger tout le monde dignement. Je ne veux plus, d’ici la fin de l’année, avoir des hommes et des femmes dans la rue, dans les bois ou perdus ». Et, vous avez annoncé le lancement d’une politique du « logement d’abord », qui a laissé planer l’espoir d’une plus grande attention portée aux personnes mal-logées.

Mais simultanément vous avez baissé durement les APL qui aident les plus pauvres à se loger, vous avez réduit les budgets des centres d’hébergement d’insertion pour les sans domicile, vous avez coupé une part importante des moyens dédiés à la construction de logements sociaux, coupé drastiquement dans les emplois aidés, supprimé l’ISF, ce qui a eu, entre autres conséquences, de faire chuter les dons aux associations qui luttent en faveur des plus démunis. Vous n’avez pris aucune mesure ambitieuse qui permettrait d’encadrer les loyers dans toutes les villes ou le coût du logement étouffe le budget des plus fragiles.. A une période où notre pays bat des records d’expulsions parce que les familles n’arrivent plus à payer leurs loyers. Et la liste serait encore longue…

Où comptiez vous les mettre, ces gens que vous ne vouliez plus voir dans la rue Monsieur le président, alors que vous preniez toutes ces mesures qui allaient provoquer l’effet inverse ? Il y en a de plus en plus tous les jours, des femmes, des hommes, et des enfants qui vivent, dorment et meurent dans les rues de France. Mais peut-être votre absence de vision vous a aussi ôté la vue. 
Les solutions existent. Vous le savez. 
Il ne vous a peut-être pas échappé que j’ai donné une représentation de mon spectacle « Bonne nuit Blanche » au Zenith de Paris le 31 mars dernier. Les bénéfices de cette soirée ont été reversés à la fondation Abbé Pierre et à l’association Les enfants du Canal.
Vous comprendrez qu’il y aurait quelque chose d’illogique d’accepter votre proposition.
Merci quand même.

 

 

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BLANCHE GARDIN

 

 

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L’image contient peut-être : texte

DECLARATION

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Par la montagne bleue
Qui frissonne d’émotion
Par le gommier rouge
Qui incendie les bois
Par le sang des ancêtres
Que promène la mer
Je t’aime

Mon amour
Ne crois pas que je mens
J’ai pour toi
La tendresse des cannes où se lève mon histoire
L’audace de la vague qu’épouse un rivage 
Le miroir oublié par les temps

Ne crois pas que je mens
Les vents n’ont pas dit autre chose
Au moulin où tourne mon cœur
Au rêve qui emprunte ta voix
Au berceau fou de nos corps
Je suis ce que tu veux
Quand tu le veux
Un pays en pâture
Une jachère qui se meurt
Ou une main dans tes cheveux

Lové comme un enfant dans ton ventre
Meurtri d’attendre
Le vin des nuits pour se saouler
D’amour

Mon amour
Je veux que mes mots aillent
Pour toi 
Décrocher mille soleils
Peindre le monde en bleu
Teindre d’étincelles la couleur de tes yeux
Depuis mille ans
Je marche comme un mendiant
Au carrefour de ta joie
Depuis mille ans
Je jalouse l’oiseau perché sur tes bras
Et je fonds dans tes lèvres
Comme s’en vient un dimanche
Mon amour d’aube insoumise
Mon amour de poings d’orages
Mon amour de vent levé
Mon amour de lueurs promises
Laisse le monde aller où il veut
Comme bon lui semble
Laisse dire
Laisse faire
Je serai toujours là 
Pour toi
Comme un rocher têtu
Un feu de bois
Un voyage qui ne bouge pas
Je serai là
Toujours là

Comme une ombre ensoleillée
Qui défie les saisons
Laisse couler sur nos épaules
L’eau vive des baptêmes
Le châle du soleil
Quand je t’aime
Comme je t’aime

 

 

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ERNEST PEPIN
Faugas
Le mardi 02 Avril 2019

 

 

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CEDRIC SOREL2,

Oeuvre Cédric Sorel

LA POESIE...

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La poésie c'est ce que l'homme a de plus divin dans la pensée, de ce que la nature divine a de plus magnifique dans l'image et de plus mélodieux dans les sons. C'est à la fois sentiment et sensation, esprit et matière, et voilà pourquoi c'est la langue complète, la langue par excellence qui saisit l'homme par son humanité toute entière, idée pour l'esprit, sentiment pour l'âme, image pour l'imagination et musique pour l'oreille...

 

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ALPHONSE DE LAMARTINE

 

 

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POESIE

L'AILLEURS N'EST A PERSONNE...Extrait

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...

 

Entrer dans le silence de l'écriture
et dans l'ailleurs du sang.
Mêler la paille des choses
au grain des mots.
Les mots échangent toujours
un peu de leur substance,
de leur couleur,
de leur espace.

Je les épuise
pour mieux toucher une terre lointaine
pour supporter l'odeur du temps passé.

 

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EMILE HEMMEN

 

 

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Egon Schiele3,

Oeuvre Egon Schiele

EN CORSE, LA STRATEGIE PERDANTE D'EMMANUEL MACRON...

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Après une visite controversée dans l’île voici un an, vécue souvent comme une humiliation par l’opinion insulaire et encore plus par l’exécutif territorial, Emmanuel Macron avait l’occasion, grand débat aidant, de renouer le fil du dialogue. Pour ce faire, fallait-il encore accepter une confrontation sur toutes les questions, y compris celles qui nourrissent les crispations entre l’île et l’État. Gilles Simeoni dégaine un argument massue lorsqu’il compare à l’aune de l’histoire le traitement dont la Corse fut l’objet sous François Mitterrand alors que les nationalistes étaient minoritaires et l’approche du dossier insulaire par le président Macron alors que ces mêmes nationalistes sont désormais aux commandes. Le Président socialiste n’hésita pas alors à offrir un statut particulier, à supprimer la cour de sûreté de l’État, à rouvrir l’université, autant d’avancées qui se firent alors sans qu’autonomistes et indépendantistes ne disposent du poids électoral qui est le leur aujourd’hui.

Il veut bien avancer, mais dans le sillon de sa socialisation politique qui n’est autre que celle des élites dont il est le produit : bruxelloises par absence d’imagination...

Prudent mais connaissant son histoire, François Mitterrand avait compris qu’en Corse la politique était indissociable de la culture et qu’en conséquence il fallait s’adapter au terrain, bien plus que d’imaginer adapter la Corse à une république qui ne lui offrait plus, décolonisation oblige, les grandes aventures que l’Empire lui avait prodiguées. Les Corses dans leur île avaient pris conscience de leur identité, de la déshérence de leur territoire, et ne trouvant plus dans l’État un levier à leur mobilité individuelle y voyaient dorénavant un obstacle à leur destin collectif. Macron, lui, n’a pas ce background. Il s’est construit, comme nombre de jeunes décideurs de sa génération, loin des résiliences identitaires, historiques mais tout tourné vers un horizon qu’il n’envisage qu’au prisme de la mondialisation, de la technologie et de l’économie. Il veut bien avancer, mais dans le sillon de sa socialisation politique qui n’est autre que celle des élites dont il est le produit: bruxelloises par absence d’imagination, technocratiques par éducation, un brin sociétales pour être «tendance» et conservatrices pour le reste...

Confrontéà ce que l’on appelait dans d’autres temps, dont il ignore tout, le «problème corse» Emmanuel Macron se crispe avec le réflexe du haut fonctionnaire qui en fin de compte constitue l’archétype de la forge qui l’a générée. Fils de Juppé, petit-fils de Giscard, le chef de l’État est à lui tout seul la parabole finissante d’une lignée qui se cherche, à travers la com’, un second souffle.

À l’épreuve de la petite île, rétive elle aux idées arrêtées, soucieuse du solide des identités quand les marcheurs fluides n’y voient qu’un obstacle à leur fascination pour l’idéologie de la start-up, Macron se cabre et révèle cette part de sa personnalité qui entrave le progrès dont il se revendique... indûment. Toutes les îles européennes sont autonomes, à l’exception de la Corse, dont l’histoire pourtant, la géographie, la culture poussent inévitablement dans cette direction. L’autonomie n’est en soi qu’un mode de gouvernance qui , loin de remettre en cause l’appartenance à l’État unitaire, vise à articuler la relation d’une spécificité, difficilement niable, à un ensemble plus vaste, la République en l’occurrence.

Le Président oublie ce que la politique doit au symbolique.

La crispation macroniste traduit cette méconnaissance de l’histoire qui affleure souvent dans la mécanique de la majorité. La Corse a gagné en apaisement depuis quelques années ; mieux elle s’est efforcée de régler par les urnes plutôt que par les bombes ses questions existentielles. En déclinant l’invitation des élus territoriaux à se rendre dans leur Assemblée, instance de la légitimité insulaire, lieu de l’imaginaire de la «consulte»à laquelle les Corses ne manquent jamais de se référer quand il s’agit de s’affirmer, le Président oublie ce que la politique doit au symbolique. Il prend le risque de la régression en lieu et place du progressisme. Pire: il accrédite l’idée d’une «remastérisation» de ce dernier à des fins bien plus de marketing que de convictions. Il trahit surtout les contradictions d’un macronisme qui, corseté au prisme de Maastricht, compense son déficit criant de souveraineté par un excès de dirigisme. Avec l’Affaire Corse, Macron contredit tout à la fois son pragmatisme supposé, son progressisme affiché, son libéralisme revendiqué au risque de s’hypertrophier dans l’image de l’homme qui n’entend pas...

 

 

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ARNAUD BENEDETTI *

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/en-corse-la-strategie-perdante-d-emmanuel-macron-

 

Arnaud Benedetti est professeur associéà l’Université Paris-Sorbonne. Il est rédacteur en chef de la revue politique et parlementaire. Il a publié Le coup de com’ permanent(éd. du Cerf, 2017) dans lequel il détaille les stratégies de communication d’Emmanuel Macron.

 

 

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corse2,

 

 

ANNA MARIA CARULINA CELLI....Extrait

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Depuis les aquarelles du passé 
Assis et enchaînés à leurs chairs inertes
Ils nous regardent, les morts 
Ils ne nous jugent pas 
Les yeux largement étendus
Ils nous regardent passer 
Nous sommes leurs fantômes 
Leur illusion d’avoir autrefois existé sur le mur de la caverne
Leurs reflets inconstants jouant à la surface d’un absurde miroir
Feux follets égarés dans une nuit semblable au jour
Leurs empreintes orphelines 
Ô mères
Ô pères
Qui ont l’âge des pierres
Pourquoi nous avez-vous abandonnés ? 
Je porte un nom d’hier
Né sur les bords effondrés d’une rivière 
L'unique qui reste 
D’où viennent tous les morceaux de ma figure étrange 
La profondeur de mes mains
L’ombre rousse répandue sur mes cheveux flous
Ce nez qui avec les saisons se rapproche des pierres
Mon rire
L’odeur de ma peau
Ma voix
Mon chant de gorge
Mon chant de ventre
Et jusqu’aux mots cachés dans mes pensées
Enroulés à ma langue 
Poussés à tous les vents ?
Qui parle à travers moi ? 
En moi se tiennent tous les morts
La première goutte d’eau inonde la dernière
Là haut 
La danse des étoiles
Au loin nées du chaos
Ce n’est pas un mensonge à l’enfant
Que toutes les lumières semées de par le ciel
Que tous les papillons éparpillés parmi les fleurs
Sont des scintillements
Des polychromies d’âmes
Et je luirai un jour
Ou quelque chose de moi 
Des signes déliés puis reliés en constellations
Haillons
Nous nous écrirons en l’être
Nous appartiendrons au grand livre 
Que nous découvrent les poètes

 

 

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ANNA MARIA CARULINA CELLI

 

 

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Atomic Citrocity2

Photographie Atomic Citrocity

FÊTE FORAINE

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Entre lanternes &

étoiles

se balançant

la fête

 

Si petite l'église

& trop grand pour les yeux

le monde

cherchant à retarder

le sommeil

 

Orient de quatre sous

fétiches & présages

Ici on gagne

des cigarettes des poupées

grandes comme des femmes

 

quand la chance

tourne sa crécelle

& que le cœur

oublie de battre

 

 

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RAYMOND FARINA

(Extrait de Sagesse de Klee, in Anecdotes,

Editions Rougerie)

 

 

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paul klee,


   Oeuvre Paul Klee

"Fête de nuit" 

 

FARFALLA DI DINARD...Extrait

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Le petit papillon couleur safran qui venait chaque jour me trouver au café, sur la place de Dinard, et m’apportait (me semblait-il) de tes nouvelles, sera-t-il revenu, après mon départ, sur cette petite place froide et éventée ? Il était improbable que le glacial été breton fît naître des vergers transis tant d’étincelles toutes pareilles, toutes de la même couleur. Peut-être avais-je rencontré non pas les papillons, mais le papillon de Dinard, et la question à résoudre était de savoir si ce visiteur matinal venait exprès pour moi, s’il négligeait délibérément les autres cafés parce que je me trouvais dans le mien (aux « Cornouailles ») ou parce que ce petit coin était simplement inscrit sur un itinéraire mécanique, qu’il suivait chaque jour ? Promenade matinale, en somme, ou message secret ? Afin de lever le doute, avant de repartir, je décidai de laisser un bon pourboire à la serveuse, avec mon adresse en Italie. Elle devait m’écrire un oui ou un non : si le visiteur s’était de nouveau manifesté après mon départ, ou s’il ne s’était plus montré. J’attendis donc que le petit papillon se posât sur un vase de fleurs et, sortant un billet de cent francs, un bout de papier et un crayon, j’appelai la jeune fille. Dans un français plus hésitant que de coutume, en balbutiant, j’expliquai la situation, non pas toute la situation, mais une partie. J’étais un entomologiste amateur, je voulais savoir si le papillon allait encore revenir, jusqu’à quand il pourrait tenir avec ce froid. Puis je me tus, en nage, atterré.-Un papillon ? Un papillon jaune ? - dit la charmante Phyllis en écarquillant deux yeux à la Greuze. – Sur ce vase ? Mais je ne vois rien. Regardez mieux. Merci bien, Monsieur.Elle mit le billet de cent francs dans sa poche et s’éloigna en tenant un café filtre. Je baissai la tête et, quand je la relevai, je vis que, sur le vase de dahlias, le papillon n’était plus là.

 

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EUGENIO MONTALE

Extrait de Farfalla di Dinard, Ed. Mondadori, Milan, 1961. Traduit par Mario Fusco.

 

 

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ANNE MARGUERITE MILLELIRI...Extrait

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Ce que le vent traverse -- ton coeur
et les nuages, l'enfance et tous tes rêves ;

ce que le vent traverse -- la forêt sans chemin 
où le soleil transperce les feuillages ;

ce que le vent traverse -- les yeux ouverts
dans le visage fermé de ce jour, 
cette tache rouge qui s'étend lentement
sur ton oeil gauche comme pour le noyer de sang ;

ce que le vent traverse -- ta voix, inaudible,
tes pas,qui s'éloignent ;

ce que le vent traverse -- le cri blanc
des mouettes mortes sur le sable gris
de cette plage ;

ce que le vent traverse -- la résistance des corps, 
celle du ressouvenir.

 

 

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ANNE MARGURITE MILLELIRI

 

 

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VENT4,

 

 

 

 

 

LETTERA AMOROSA

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Il y a eu cette trouée d’ombre, ses balcons en encorbellement. Ce n’est d’abord qu’un petit air de plainte, mais qui revient, vague sans cesse, et feu. Voix qui naît des chairs mêmes et se transforme au fond, modulations qui vrillent au plus intime. Une blessure ou un frisson si prêts à recueillir le battement d’un sang qui se propage et se partage ! Un temps, tout l’art d’aimer.

C’était bien toi, toi dont le chant éveille à profusion des songes, comme d’autres, passant à travers l’éteule, lèvent un vol de perdrix rouges. Tantôt, une sente de mars te conduit à goûter d’une source perdue qui jaillit à l’air par une sorte de spasme sanglotant, et toi, d’un vibrato soyeux plus que duvet, apaise alors l’immense alarme du sous-bois – tantôt le chiffre étrange de ta voix loin des grandes avenues semble tenir de quelque danse énigmatique ou d’un graphisme au système oublié. Je me délecte à ne pas perdre, dans les courbes d’une venelle, le sillage de cette aria (Parque ou nymphe humide) dont ton approche ressuscite l’écho.
Toi si proche des points d’eau herbus, tu invites à ton seuil clandestin et tu ris. Ton secret ? C’est la voie blanche de lumière, poudre d’astres innommés de plus belle eau que toutes gemmes parmi leur velours touffu.
Tu as souhaité que je souscrive au fastueux texte inconcevable. Tu as dit : « Tous les rêves te sont permis puisque j’offre mon goût de mer dans l’ondoiement de mes étreintes ». Arquée, tu saluais le vent comme si quelque flux gonflait ton ventre évasé de tendresse. Tu as dit : « Je pressens ton désir d’accéder à ma joie, d’apercevoir où naît mon cri ».
Le trajet de tes appels offre à boire ton vin sombre. Ô fête de faveur, ô noces !

 

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FRANCOIS LAUR

 

 

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fran 2

LA PAROLE QUI VACILLE...Extrait

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Dés la peau
la caresse abolit l'inutile

aux lèvres nues
juste aux miennes baillées

aux regards
puits secrets des longs chants de la terre

aux frissons d'entre pluies
sur avides ravines

aux herbes que rien
ne peut fouler
d'éternel
aux herbes

aux rosées
fragiles et tendres
qui nous unirent

au temps d'entre deux notes
où musique fleurit
sur nos bonheurs
tendue

aux pas
qui de tout me séparent
ou m'approchent selon
l'instinct bleu des étoiles

aux silences des paumes
ensemble reposées
dans la nuit

à ce qui aurait pu
mais fit bien de ne pas

à ce qu'on retiendra
de ce peu de ce rien
qui nous portèrent

j'accorde pleinement
et mon jour
et ma vie

immobile.

 

 

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FRANCIS ROYO 

 

 

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fran

LA TABLE D'ECRITURE

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Un peu de ma forêt
En ce bois de bureau,
Cet herbier de secrets,
Qui se tiennent au chaud.
L'attente d'une plume
Attentive à l'oiseau, 
Qui veille sous les brumes
De l'encre de mes mots.
Cette crèche immobile 
Sous la lampe du ciel,
Ce voyage de cils 
Vers le vent de leurs ailes. 
Une page paisible 
Où dorment tant de lunes,
Ce grand bourdon de bible
Aux grands saints d'infortunes. 
Et l' espace poli
Du rêve d'un silence
Qui préservent les plis 
De ces pages qui pensent..
Tout un temps qui sommeille
Dans la ruche d'un livre,
Et mes milliers d'abeilles 
Pour qu'un miel se délivre.

 

 

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PATRICK CHARLES MULLER

 

 

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Photographie Patrick Charles Muller

PROMENADE

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Il est des lieux limpides où dorment les lumières, 
Filtrant l'intimité comme un secret d'église,
Ces endroits qui invitent à se mettre en prière,
Délivré du vulgaire à la mine trop grise.

Cette grâce qui vient gercer les plaies impures,
De nos fronts fatigués des pensées qui déroutent 
Et fait la seule ride d'un horizon si sûr, 
Vers des lèvres qui lèvent le voile de nos doutes.

Il est des lieux profonds qui parlent comme la mer,
Quand notre âme a repris sa lenteur à aimer, 
Et les pas d'un rêveur tranquille et solitaire.
Sur le chemin si doux qui mène au passé.

J'aime ainsi promener ton ombre à mes cotés
Comme un amant comblé d'un amour tant aimé,
Prendre ton bras fantôme en des endroits divins, 
Et suivre ton sourire aux lèvres du destin.

 

 

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PATRICK CHARLES MULLER ©

 

 

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