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JEAN CAMILLE...Extrait

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Nous les enfants
Ordinaires des vents contraires
Malgré tout il nous fallut vivre
Etre mais contre
Un adversaire ou une épaule
C’est un métier à temps complet
Qu’aimer et qu’être aimé
Puis un jour le couplet s’arrête
On a beau recompter ses doigts
Remettre à jour
Le carnet de bal des caresses
C’est à coups de pied dans les fesses
Que l’on vous envoya valser
La vie est assez cavalière
La perspective l’est aussi
Passant avancé sur les rives
Le ballot se chargeait d’éclats
La rivière charriait les shrapnels d’en quatorze
Les mères allaient rond mais ça ne tournait guère
Et leurs enfants blessés n’avaient ni bras ni jambes
Il arrive qu’on chante
Certains soirs le malheur avait le goût sucré du goûter de quatre heures
Qui appelle ?
Est-ce ma mère à la fenêtre ?
Ou est-ce mon amour qui me tend une pierre ?
Pour peu on entendrait
Un bol de sang en une paume creuse
Un vent dur comme une façade a clos l’hiver
Entends-la vaciller la tige métronome
Elle est le branle du cœur
Le bonheur un grain de beauté
Sur une beauté sans figure
Femme étincelle
De mon âme la virevolte
Tu descendis dans la rosée
Aimer essaimer des bouquets d’Egypte
Et des roses de Phénicie
Saupoudrées au sel des étoiles
La nuit tu me sauvais la vie.

 

 

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JEAN CAMILLE

 

 

 

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salvador DALI3

Oeuvre Salvador Dali

MARION LUBREAC

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Entrez, soleils!
Ce matin, assise sur un banc bleu
J’ai vu rire la terre.
Alors les grenouilles, puissantes et limpides, ont envahi de verdure cette nouvelle nuit,
tandis que
Durant des heures,
siffle le merle noir.
De mes orteils de plumes sauvages
ont germé d’énormes tournesols éblouissants pour éclairer ma route.

Froufrou d’envol ;
On s’ improvise d’évasion.
Vole, enfant du secret!
Les hélianthes voguent et tremblotent entre mes cuisses cigogne.
Je dois voler,
tête haute au vent,
frôler de près la mousse des arbres engourdis,
sans l’encorner.
Ce sont de ces charmes
qui simulent des ressentiments blanchâtres
alors qu’ils ont les yeux dans le fort loin du ciel.
Je dois flotter entre les vagues des charmilles
même si mes cheveux s’y enguirlandent
à me faire hurler de terreur.

...J’ai nagé trop haut dans leurs yeux pâles.
J’ai goûté l’âpreté des salissures de leurs passés
enfouis sous les cendres de leurs existences
mortes à jamais.

Je me sais si petite.
Tellement frêle.
Comme un roc éternellement mâché par les dents du varech.
Impuissante à pied ferme!

Je reste l’enfant du soleil couchant
Fille de la lune et de l’arbre de vie.
Ma nage est pureté.
J’ai cessé d’atterrir quand on m’a enfermée.
Au grand large de moi-même.

 

 

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MARION LUBREAC

09/05/2020

 

 

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THAM227,,

Photographie Thami Benkirane

https://benkiranet.aminus3.com/

 

RÉCIPROQUE

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Enfin abandonnant après toi les jetées,
La grouillance du port où rouillent les attaches
Lien rougeâtre des chaînes ombilicales
Et les marins rieurs -vois encore dans leurs yeux ces alcools qui dansent-
Tu partiras
Droit devant, vers cette ligne qui s'incline
Ourlée de roses cuivres et de lumières grises
Va vers l'aube ! Cherche quelque musique, cueille-la sur la vague et file,
Toutes voiles tendues le vent soulevant ta poitrine
Inspire, expire, avance, trace ce chemin d'eau,
Découvre sur tes flancs la caresse que laisse, amer et sûr,
L'irréparable des départs
Tu dis que tu as renoncé mais
Qui a renoncéà toi ?

 

 

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ALEXO XENIDIS

 

 

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egon shiele10,

 Oeuvre Egon Shiele

AUX ATROCES IMPUNIS

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À ceux qui pansent le cercueil quand c’est le cœur qui saigne,
À ceux qui pensent comme on dépense en vendant notre peau,
À ceux qui cousent nos paupières avec le fil du discours,
À ceux qui cousent des drapeaux et décousent les nids,
À ceux qui noient l’amour dans le cours de la Bourse,
À ceux qui se saoulent à l’égout des égos,
À ceux qui transforment l’espoir en loterie monétaire,
Les jardins d’enfants en fabriques à soldats,
Et le chant des cigales en grillon du foyer,
Aux prophètes du Texas qui se prennent pour Dieu,
Aux vendeurs de pilules, de prières et de bombes,
Aux atroces impunis adorant le veau d’or,
Aux empêcheurs de vivre, aux bourreaux qu’on encense,
Aux saccageurs de rêves, aux pilleurs de tombeaux,
Qui renversent les pôles sans inverser les rôles,
Aux signeurs de décrets, aux saigneurs d’abattoir,
Aux seigneurs des finances, des églises et des stades,
À eux qui sèment la tempête sans connaître le vent,
À ceux qui comptent la mer à tant le grain de sel,
Et vendent les châteaux à tant le grain de sable,
Aux flics, aux banquiers, aux notables,
À ceux qui font leur beurre avec la loi,
À la racaille qui nous juge,
Aux assassins qui nous gouvernent,
je ne dis pas je vous hais
mais je vous souhaite le malheur.

 

 

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JEAN-MARC LA FRENIERE

 

 

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LETAT-MATRAQUANT-LA-LIBERTE_Goin

Oeuvre Goin " L'Etat matraquant la liberté"

Street art

LE LIVRE DE LA MEDITATION ET DE LA VIE...Extrait

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Vous est-il déjà arrivé– oui, j’en suis sûr – d’avoir la perception soudaine d’un événement, et que, dans cet instant de perception, le problème s’évanouisse ?
Le problème a définitivement cesséà l’instant même où vous l’avez perçu.
Est-ce que vous comprenez ?
Vous avez un problème, alors vous y songez, vous en discutez, vous vous tracassez à son sujet ; vous mettez en œuvre, pour l’appréhender, tous les moyens dont vous disposez dans les limites de votre pensée.
Et à la fin, vous dites : « Je ne peux rien faire de plus. »
Personne ne peut vous venir en aide, aucun gourou, aucun livre.
Vous restez seul face au problème, et il n’y a pas d’issue.
Ayant exploré le problème dans la pleine mesure de vos capacités, vous le laissez tomber.
Votre esprit ne s’en préoccupe plus, cesse de s’y user, et vous cessez de dire : « Je dois trouver la réponse » ; il devient alors silencieux, n’est-ce pas ?
Et dans ce silence, vous trouvez la réponse.
Cela ne vous est-il jamais arrivé, à une occasion ou une autre ?
Il n’y a rien d’exceptionnel à cela.
C’est une chose qui arrive à de grands mathématiciens et scientifiques, et certaines personnes en font parfois l’expérience dans leur vie quotidienne.
Et qu’est-ce que cela veut dire ?
Que l’esprit, après avoir exercé pleinement toutes ses facultés de pensée, est arrivéà la lisière extrême de toute pensée sans avoir trouvé de réponse ; donc, il fait silence – mais pas par lassitude, pas par épuisement, ni parce qu’il s’est dit : « Je vais faire silence, grâce à quoi je trouverai la réponse. »
Ayant épuisé toutes les possibilités pour trouver la réponse, l’esprit devient spontanément silencieux.
Alors est une conscience lucide, une conscience qui ne choisit rien, n’exige rien, une conscience d’où toute angoisse est absente ; et dans cet état d’esprit est la perception.
Seule cette perception saura résoudre tous nos problèmes.
Cette conscience sans choix.
Les grands visionnaires nous ont toujours dit que l'expérience était nécessaire.
Selon eux, c'est grâce à l'expérience que l'on comprend.
Mais seul l'esprit qui est innocent, qui n'est pas obscurci par l'expérience mais qui est totalement délivré du passé– seul cet esprit-là peut percevoir ce qu'est la réalité.
Si vous voyez cette vérité, si vous la percevez, ne serait-ce que l'espace d'une fraction de seconde, vous saurez ce qu'est la formidable clarté de l'esprit innocent.
Ce qui suppose la disparition de tout ce qui est incrusté dans notre mémoire, et donc l'abandon du passé.
Mais pour percevoir cela, les « comment faire ? » sont hors de question.
Votre esprit ne doit pas se laisser distraire par des « comment », par des désirs de réponse.
Car un tel esprit n'est pas un esprit attentif.
Comme je l'ai dit précédemment au cours de cette causerie, au commencement est la fin.
Au commencement est, en germe, la fin de ce que nous appelons la souffrance.
C'est dans la souffrance elle-même – non dans la fuite devant elle – que se réalise la fin de toute souffrance.
S'écarter de la souffrance n'est rien d'autre que vouloir trouver une réponse, une conclusion, une échappatoire ; mais la souffrance continue.
Alors que si vous lui accordez toute votre attention, c'est-à-dire si vous y impliquez tout votre être, vous verrez alors qu'il y a une perception n'impliquant ni le temps, ni l'effort, ni le moindre conflit ; c'est cette perception immédiate, cette conscience sans choix, qui met fin à la souffrance.
Un esprit immobile et actif.
L'esprit qui est réellement silencieux est étonnamment actif, vivant et puissant – mais sans aucune visée particulière.
Seul cet esprit est littéralement libre –, libre de toute influence de l'expérience, du savoir.
Un tel esprit est capable de percevoir la vérité, d'avoir la perception directe, qui est au-delà du temps.
L'esprit ne peut être silencieux que lorsqu'il a saisi le mécanisme du temps, et cela requiert de la vigilance, ne croyez-vous pas ?
Ne faut-il pas que cet esprit soit non seulement libre par rapport à toute chose, mais libre tout court ?
Nous ne connaissons de liberté que relative.
L'esprit qui est libéré de quelque chose n'est pas un esprit libre ; sa liberté, qui existe en fonction de quelque chose, n'est qu'une réaction ; ce n'est pas la liberté.
L'esprit qui est à la recherche de la liberté n'est jamais libre.
Mais il est libre dès qu'il comprend le fait, tel qu'il est, sans le traduire, le condamner, ni le juger ; et parce qu'il est libre, cet esprit est innocent, qu'il ait vécu cent jours ou cent ans d'existence ou connu toutes les expériences.
S'il est innocent, c'est parce qu'il est libre, non par rapport à quoi que ce soit, mais libre en soi.
Seul un tel esprit est en mesure de percevoir le vrai, cette réalité hors du temps.
De la perception jaillit l'énergie.
Tout le problème, assurément, consiste à libérer l'esprit de façon absolue, de sorte qu'il soit dans un état de perception sans frontières, sans limites.
Et comment l'esprit peut-il découvrir cet état ?
Comment peut-il atteindre à cette liberté ?
J'espère que cette question, vous vous la posez à vous-même sérieusement, car ce n'est pas à moi qu'il incombe de vous la poser.
Je ne cherche pas à vous influencer, je ne fais que souligner à quel point il est capital de se poser cette question.
Mais si elle est posée par un autre, la question est sans valeur : vous devez vous la poser vous-même, avec une insistance pressante.
Notre marge de liberté se rétrécit de jour en jour, ainsi que vous le savez, si vous êtes un tant soit peu observateur.
Les politiciens, les décideurs, les prêtres, les journaux et les livres que vous lisez, les connaissances que vous assimilez, les croyances auxquelles vous vous agrippez – tout cela rend de plus en plus étroite la marge de liberté dont chacun dispose.
Si vous avez conscience de toute cette situation, si vous avez réellement la perception lucide de cet état de choses persistant, de cet esclavage grandissant de l'esprit, vous vous apercevrez alors que de cette perception jaillit l'énergie; et c'est cette énergie née de la perception qui va briser en éclats cet esprit mesquin, cet esprit respectable, cet esprit qui va au temple, cet esprit qui a peur.
La perception est donc la voie qui conduit à la vérité.
Le bavardage de l'esprit.
La véritable perception est une formidable expérience.
J'ignore si vous avez jamais perçu quoi que ce soit de manière authentique – si vous avez déjà réellement perçu une fleur, un visage, ou le ciel, ou la mer.
Bien sûr, toutes ces choses, vous les voyez, quand vous passez à leur niveau, en autobus ou en voiture ; mais je me demande si, en fait, vous avez jamais pris la peine de regarder une fleur.
Et dans ce cas, que se passe-t-il ?
Vous la nommez immédiatement, vous cherchez à savoir à quelle espèce elle appartient, ou vous dites : « Quelles couleurs splendides elle a !
J'aimerais la cultiver dans mon jardin ; j'aimerais l'offrir à ma femme, ou la porter à la boutonnière », et ainsi de suite.
En d'autres termes, dès que vous regardez une fleur, votre esprit se met aussitôt à bavarder à son sujet ; vous ne percevez donc jamais vraiment la fleur.
La perception n'est possible que lorsque l'esprit est silencieux, étranger à tout bavardage.
Si vous êtes capable de contempler l'étoile du berger scintillant au-dessus de la mer sans le moindre mouvement de votre esprit, alors vous en percevez réellement la beauté extraordinaire ; et lorsqu'on perçoit la beauté, ne fait-on pas simultanément l'expérience de l'amour ?
L'amour et la beauté sont identiques, bien sûr.
Sans l'amour, il n'est point de beauté, et sans la beauté, il n'est point d'amour.
La beauté est partout – elle est dans la forme, elle est dans le discours, elle est dans notre conduite.
Si l'amour est absent, notre conduite tourne à vide ; elle n'est que l'expression de la société, d'une culture particulière, et le résultat est mécanique et sans vie.
Mais quand l'esprit sait percevoir sans la moindre fébrilité, alors il est capable de voir jusqu'au plus profond de lui-même ; et cette perception échappe à toute notion de temps.
Il n'y a rien à faire de spécial pour la susciter ; il n'existe ni discipline, ni pratique, ni méthode qui permette d'apprendre à percevoir de cette façon-là.
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 JIDDU KRISHNAMURTI
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Tatsufumi Kobayashi2

Oeuvre Tatsufumi Kobayashi

SOUSOU & MAHER CISSOKO - WULA

SONNET

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J’aime, de la nuit, le prélude lorsque vous

venez,

Main dans la main et me prenez lentement,

strophe après strophe, dans vos bras.

Vous m’emporterez, tout là-haut, sur vos ailes.

Amis, restez, ne vous hâtez pas

Et dormez contre mes flancs pareils aux ailes

d’une hirondelle fatiguée.

 

Votre soie est chaude. A la flûte d’attendre un

peu

Pour polir un sonnet lorsque vous me trouverez

secret et beau

Comme un sens sur le point de se dénuder. Ne

parvenant à arriver

Ni à s’attarder devant les mots, il me choisit pour

seuil.

 

J’aime, de la poésie, la spontanéité de la prose

et de l’image voilée,

Dépourvue d’une lune pour l’éloquence :

Ainsi lorsque tu t’avances pieds nus, la rime

abandonne

L’étreinte des mots et la cadence se brise au

plus fort de l’essai.

 

Un peu de nuit auprès de toi suffit pour que je

sorte de ma Babylone

Vers mon essence – ma fin. Oint de jardin en

moi

Et tu es toute, toi. Et, de toi, déborde le moi libre et bon.

 

 

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MAHMOUD DARWICH

 

 

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hiroko otake3,

Oeuvre Hiroko Otake

 

UN RÊVE DE FEMME

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Il rôde un rêve de femme
comme une faim de louve
la tendresse féroce à surgir
et à fondre dans ce qui s’ouvre
la paupière percée du monde.
Il rôde un rêve de femme
une odeur de bête blanche
étourdie dans la neige
la vie silencieuse et sauvage
et les oiseaux de brume.
Il rôde un rêve de femme
l’instinct puissant, éruptif
comme un souffle vital
comme une coulée de lave
à durcir le vivant et à le faire tenir
le chant écorché-vif.
Il rôde un rêve de femme
accroché dans les branches
à boire aux nervures creuses
le sang et toutes les sèves
à faire le renouveau.
Il rôde un rêve de femme
àéteindre la nuit et redresser le jour
la chair lavée de ses envies
à l’acmé des orages et du pur
la chair aux vents séchée.
Il rôde un rêve de femme
un ciel salin de mère
à faire frissonner l’onde
et siffler les sirènes
pour endormir l’enfant.
Il rôde un rêve de femme
comme une faim tenace.
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PAT RYCKEWAERT
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maxfield-parrish

 

Oeuvre Maxfield Parrish

SABINE SICAUD...Extrait

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Solitude...Pour vous cela veut dire seul,
Pour moi – qui saura me comprendre ?
Cela veut dire : vert, vert dru, vivace, tendre,
Vert Platane, vert calycanthe, vert tilleul.

Mot vert. Silence vert. Mains vertes
De grands arbres penchés, d’arbustes fous ;
Doigts mêlés de rosiers, de lauriers, de bambous
Pieds de cèdres âgés où se concertent
Les bêtes à Bon Dieu ; rondes alertes
De libellules sur l’eau verte...

Dans l’eau, reflets de marronniers,
D’ifs bruns, de vimes blonds, de longues menthes
Et de jeune cresson ; flaque dormante
Et courants vifs où rament les « meuniers » ;
Rainettes à ressort et carpes vénérables ;
Martin- pêcheur... En mars, étoiles de pruniers,
De poiriers, de pommiers ; grappes d’érables.
En mai, la fête des ciguës,
Celle des boutons d’or : splendeur des près.
Clocher blanc des yuccas, lances aiguës
Et tiges douces, chèvrefeuille aux brins serrés,
Vigne-vierge aux bras lourds chargés de palmes,
Et toujours, partout, fraîche, luisante calme,
L’invasion du lierre à petits pas lustrés
Gagnant le mur des cours, les carreaux des fenêtres,
Les toits des pavillons vainement retondus...
Lierre nouant au front du chêne, au cou du hêtre
Ses bouquets de grains noirs comme un piège tendu
À la grive hésitante ; vert royaume
Des merles en habit – royaume qui s’étend
Ainsi que dans un parc de Florence ou de Rome
En nappes d’émeraude et cordages flottants...
Lierre de cette allée au porche de lumière
Dont les platanes séculaires, chaque été,
Font une longue cathédrale verte – lierre
De la grotte en rocaille où dorment abrités
Chaque hiver, les callas et les cactus fragiles ;
Housse que la poussière blanche de la ville
Givre à peine les soirs de très grand vent – pour moi
Vert obligé des vieilles pierres,
Des arbres vieux, des toits qui penchent, des vieux toits –
...

Mais le jazz des moineaux fait rage dans les feuilles,
Les pigeons blancs s’exhalent, le cyprès
Est la tour enchantée ou les notes s’effeuillent
Autour du rossignol. Du pré
Monte la fièvre des grillons, des sauterelles,
Toutes les herbes ont des pattes, ont des ailes –
Et l’Âne et le Cheval de la fable sont là
Et Chantecler se joue en grand gala
Jour et nuit dans la cour où des plumes voltigent.
...
Un tilleul, des bambous. L’abri vert des poètes,
Du vert comprenez-vous ? Pour qu’aux vieilles maisons
Rien ne blesse les yeux sous leurs paupières lasses.
Douceur de l’arbre, de la mousse, du gazon...
Vous dites : Solitude ? Ah ! dans l’heure qui passe,
Est-il rien de plus vivant qu’un jardin,
Plus mystérieux, parfumé, dru tenace,
Et peuplé– si peuplé qu’il arrive soudain
Qu’on y discourt avec mille petits génies
Sortis l’on ne sait d’où, comme chez Aladin.

Un mot vert... Qui dira la fraîcheur infinie
D’un mot couleur de sève, et source et de l’air
Qui baigne une maison depuis toujours la vôtre,
Un mot désert peut-être et desséché pour d’autres
Mais pour soi familier, si proche, tendre, vert
Comme un îlot, un cher îlot dans l’Univers ?...

 

 

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SABINE SICAUD

1913-1928

 

 

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Reineke-Manry Catherine-Nymphéas-Encre de chine sur papier marouflé sur toile-

Oeuvre Catherine Reineke-Manry

DANS LE TUMULTE DU LABYRINTHE...Extrait

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Les forges de l’ombre
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Les mélodies silencieuses des feuilles tournoient
là où le mur au soleil montre ses lézardes
comme les échardes scintillantes des vagues
errant vers leurs mots affamés de caresses
et de mies de lunes offertes
par les chants des oiseaux
Et les calligraphies des fourmis renaissent
du feu des paumes
quand les pages s’ouvrent sur la voix
de leur nocturne blancheur de jasmins
hélas piétinés par l’indifférence pressée
des ingrats des tours du vol
tuant tout envol.
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MOKHTAR EL AMRAOUI

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OMBRE

 

MICHEL PICCOLI...HOMMAGE

POEMES DE SAMUEL WOOD...Extrait

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Feindre d'ignorer les lois de la nature

Réincarner en songe la forme abolie,

Prêter au mirage les vertus d'un miracle

Est-ce pour autant faire échec à la mort ?

Tout au plus douter qu'elle nous sépare,

Que soit un fait le fait de n'être nulle part.

 

Irréparable cassure. Prenons-en acte.

Nous voilà désolés la vie durant,

Notre mémoire ouverte comme une blessure,

C 'est en elle que nous la verrons encore

Mais captive de son image, mais recluse

 

Dans cette obscurité dévorante

Où, pour lier son infortune à la nôtre,

Nous rêvions d'aller nous perdre ensemble

toute amarre tranchée, et joyeux peut-être

Si le pas eût été moins dur à franchir,

Ne faire qu'un avec elle dans la mort

Choisie comme la forme parfaite du silence.

 

A s'unir au rien, le rien n'engendre rien.

S'il faut vivre éveillé aux chose vivantes, 

Craignons plutôt que le chagrin ne s'apaise

De même que vient à faiblir la mémoire

Cesser de souffrir en cessant de la voir

Nous rejoindre la nuit favorable aux rencontres

Serait comme laisser le coeur s'appauvrir

Par deux fois dévasté, et désert.

 

 

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LOUIS-RENE DES FORÊTS

 

 

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DES FORÊTS,

POEMES DE SAMUEL WOOD...Extraits

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Pires que les nuits sans rêves, les nuits sans sommeil

Où se livre jusqu'au jour dans l'esprit divisé

Une implacable lutte intestine

Mais en pure perte car le jour va poindre

Qui sait noyer sous sa lumière aveuglante

Le tourment des vérités trop dures

Rendre vie au désir animal de vivre

...

Comment  jouer sans y croire à se croire ailleurs

Qu'en ce crâne qui nous emmure de toutes parts ?

Ameutées, enhardies par le silence nocturne

Tant de voix contraires s'y font entendre

Qu'elles nous rendent sourds aux appels du dehors

Et ruinent jusqu'à nos plus fermes certitudes.

...

Nous autres encore vivants ici sur terre,

Le soleil là-haut est notre sauveur, 

L'ami du matin qui nous pousse hors du lit, 

Le miroir où les alouettes se font piéger, 

Le dieu d'or semant sa poudre trompeuse,

Qu'on voit comme un gros oeil rouge à son déclin

Quand le moment approche de reprendre en main

Les pièces de cet interminable procès,

D'avoir à comparaître devant soi-même

Selon le rite imposé par l'insomnie,

D'être  tout ensemble le juge et le prévenu

 

....

 

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RENE-LOUIS DES FORÊTS

 

 

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Krzysztof Iwin3

Oeuvre  Krzysztof Iwin 

POESIE LA VIE ENTIERE...Extrait

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Tu es dans un jardin et tu es sur mes lèvres
Je ne sais quel oiseau t'imitera jamais
Ce soir je te confie mes mains pour que tu dises
A Dieu de s'en servir pour des besognes bleues

Car tu es écoutée de l'ange tes paroles
Ruissellent dans le vent comme un bouquet de blé
Et les enfants du ciel revenus de l'école
T'appréhendent avec des mines extasiées

Penche-toi à l'oreille un peu basse du trèfle
Avertis les chevaux que la terre est sauvée
Dis-leur que tout est bon des ciguës et des ronces
Qu'il a suffi de ton amour pour tout changer

Je te vois mon Hélène au milieu des campagnes
Innocentant les crimes roses des vergers
Ouvrant les hauts battants du monde afin que l'homme
Atteigne les comptoirs lumineux du soleil

Quand tu es loin de moi tu es toujours présente
Tu demeures dans l'air comme une odeur de pain
Je t'attendrai cent ans mais déjà tu es mienne
Par toutes ces prairies que tu portes en toi.

 

 

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RENE GUY CADOU

Editions Seghers

 

 

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Salvador dali 55,

Oeuvre Salvador Dali

 

SALAH STETIE...HOMMAGE

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salah-stetie

 

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Merci , Monsieur Stétié, merci pour vos mots, merci pour votre humanité et votre gentillesse, merci por votre amitié....

Que votre chemin soit parsemé d'étoiles....

 

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Dans les filets du vent
Il y a des étoiles
Elles ne servent à rien
Qu'à mesurer le temps


Il écrit pour l'esprit
Son histoire éternelle
Il y a beaucoup d'idoles
Malaxées et meurtries
Brisées et rebrisées
Sous le sabot du vent


Dans les filets du vent
Il y a les mots des hommes
Leurs mots d'amour leurs mots
De sang leurs mots de rêve
Et parfois le vent tendrement
Se désaltère à leurs syllabes :
Mots de sable, de terre


Quand les amants seront
Ces naufragés de terre
Pris au filet du vent,
Que l'herbe les habille
D'une douce mémoire
Pour apaiser de leur amour
Le pouls vivant !


C'est une longue histoire
Dans le piège des astres
Dans les filets du vent
Que ce passage vif
De nous avec nos chiens
Nos femmes nos chevaux
Au coin du temps furtif


Nous attachons nos vies
Le vent les démantèle
Nous caressons nos femmes
Et nos femmes nous quittent
Nous nourrissons nos chiens
Et ils nous abandonnent
Nous flattons nos chevaux
Et ils nous désarçonnent


C'est une longue histoire
C'est un matin d'amertume
Et les saisons sont quatre
Ainsi que de coutume
Et nous allons toujours
Par le même chemin
Vers le même pardon
Qu'une grille a fermé


Nos maisons nous regardent
Nos fenêtres nous rêvent
Quand nous disparaîtrons
Elles oublieront nos ombres
Mais garderont peut-être
Le souvenir de notre avancée dans le temps
Et de nos mains craintives
Sur la taille du vent


Nous avançons vers quoi ?
Vers le temps du naufrage
Le brassage de l'âme
Avec les corps salés
Le brassage du corps
Avec le deuil de l'âme

On chantera un peu
Notre disparition
On oubliera beaucoup
La brève apparition
De notre vie vivante
Agréée consolée
Un jour d'inanition


Beaucoup d'ombre beaucoup
D'ombre et de nostalgie
La vie déjà partie
Et les aimées aussi
Les libellules vaines
Les papilles perdus


Toute voix va finir
Dans la plante du vent
Son filet déchiré
A lâché ses poissons
A lâché ses oiseaux
Le merle et le pinson


Voici venir à nous l'intensité
Voici venir à nous la majesté
Voici venir à nous la pauvreté


Et la beauté ?
Il faut habiter la beauté
On ne sait pas, mon amour,
De quoi c'est fait


On ne saura jamais ce que c'est, mon amour,
On en saura jamais si l'on a voyagé
Dans quel pays, sous quel bénéfice d'astres ?
Les étoiles sont toujours là, toujours muettes,
Au-dessus du chuchotis des arbres
Et d'un amour que j'ai
Et d'un amour que j'ai,
Comme un chant égorgé d'alouette

 

 

 

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SALAH STETIE

 Sur

http://emmila.canalblog.com/archives/poesie_d_orient___salah_stetie/index.html

 

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  .

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BRUNO ODILE...Extrait

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Ô combien il me plairait de ne pas renoncer à la joie en donnant un sens aux jours qui viennent ! Ma solitude est une porte défoncée, un levain sans adjonction, un ébruitement de l’ombre mourante à la lumière. La joie est punie lorsqu’elle reste sur le seuil, redoutant l’accomplissement comme une culbute prévisible. Un croche-pied à l’assiduité des épreuves et des délits. Une dégringolade pitoyable que la crainte et le doute s’empressent de tenir à l’écart. Des lumières naissent sous les dalles du silence. Quelque part, dans la neige toute entière, se cache un flocon noir et tremblant qui envenime la masse blanche.

La vie est à l’aise lorsque tout se tait. La vibration est l’excavateur où se laminent les boutures semées dans nos moelles. L’amour nous éprouve par son exigence à vouloir unifier deux êtres totalement distincts. Il perfore le miroir où se renvoie l’image de nos ego. Une clôture translucide nous entoure comme les anneaux de Saturne et, pour l’instant, tu demeures cette orbite solaire enveloppant le vague des étendues disloquées.

 

N’aie nulle crainte, nous marcherons doucement pour mieux débusquer les reliques de nos rêves ensevelis dans la vase. Nous avancerons pas à pas pour mieux déchiffrer le maquis dans lequel nos visages ont disparu. Nos moelles ne conserveront pas indéfiniment le secret que la nuit débobine comme une pelote de souvenirs laissés en friches. L’énigme s’oubliera elle-même dans le jour qui ne pose plus de questions. Nous toucherons ce qui reste et qui n'existe plus et nous parlerons de ce qui existe et qui ne reste pas.

L’acceptation nous confond davantage. Accepter, c’est dire la mort qui nous rassemble, c’est emporter avec soi la morsure du vent sur la poitrine mouvante de nos tendresses. L’écriture est là comme un jardin pour nos corps de poussière. Elle provoque et contourne tous les volumes où s’engouffrent les êtres vivants dépités par la blessure dévastatrice. Bientôt, nous serons ensemble dans le mot comme dans une gerbe de feuilles parfumées. Tes gestes sont des sourdines chevillées aux pieds des garrigues et ta voix emprunte le Mistral pour clamer la résurrection de la beauté.

Entends-tu, toi aussi, claquer les portes et la bourrasque qui s’immisce ? Derrière nous, la terre est immobile et désolée. C’est une lande à repeupler, un territoire à vaincre par de nouveaux serments. Nous fécondons les pierres qui nous recouvrent. Une île vivante s’enlise. Nos cœurs sont des ficelles qui flottent entre deux eaux. Un sésame ouvre nos brèches. Dans mes tripes, je t’entends retentir comme un bris de vitre après un coup de tonnerre.

Belle aurore aux yeux tourmentés, tu te répands encore là où tout n’est que faillite. Nos mains fanées ressemblent aux feuilles que les arbres relâchent chaque automne. Le ciel se donne des gifles lorsque tu t’envoles parmi les rêves cloués à l’aveu du jour qui grimpe dans ses miradors de lumière. Il nous faut quitter toute résistance et nous confier librement à la nature de nos êtres. Parfois, mon cœur est cette pincée d’eau cherchant l’issue la plus proche.

Regarde, dix-huit ou vingt lumières demeurent accrochées au bracelet de nos enfances. La clarté a la beauté de tes yeux lorsqu’ils se tiennent debout sur l’écho couché devant eux. Dans chaque amour naît une prison de coton et d’épines.

Nous habitons le monde dans la dispersion inévitable qui peuple la route invisible reliant notre entendement à notre cœur. Nous allons vers nous-mêmes, hors du réduit des courbes, hors de cette vie de misères vacillantes. Nous nous sommes chantés par ce filtre de lumière où nos voix se sont rejointes. Nous avons écouté nos messes d’amour et de désastre au cœur même de notre église intérieure. Chaque silence est devenu une ascension vers ce sanctuaire où le dépouillement ouvre la voie à cette unité d’émerveillement. Notre fatigue meurt dans le vide et l’essentiel nous rappelle.

A son commencement, le détachement est brimé. Il marche dans les roseaux, il se dérate à l’ombre des cailloux, il fuit l’instant qui le condamne à suspendre les salves d’émotions.

Ton visage s’agite dans ma mémoire. Il me faut exclure ton regard resté dans le raffut des naufrages. Couper l’amarre. Couper le lien. Partout des épines, partout des griffures.

Au petit jour, nos cendres se couchent sur le vent. L’ardoise a l’odeur de la craie. La main du désir a retrouvé la porosité de la nuit. Mon corps cherche à virer à bâbord. Et puis, il y a cette impression que tout piétine. Mon enfance est redevenue le berceau des premières aubes, des premières fuites. Les jambes fuselées de notre avenir poussent des cris innommables. C’est l’écartèlement entre la matière vivante et la suie des heures écoulées. Le jour se reconstruit dans tes yeux. Je n’ai rien préparé. Je n’ai aucun bagage, mais il faut partir.

Ton présent sur mon présent, j’avance vers la déchirure. Je ne dis rien. Il fait froid et vif. L’air des sommets de givre glace ma langue. Comment apprendre à se détacher sans dégeler jusqu’à la première empreinte ? Il n’est plus question de regarder autre chose que la clarté au fond de l’eau. J’ai peur. Avant toi et après toi, le néant. Le vide absolu qui ne sait rien de l’émotion.

J’entends la nuit ruminer et ma bougie laisse deviner quelques silhouettes tremblantes sur le mur de ma mémoire. Des bouffées câlines s’échappent de moi. Une rose du désert attend la pluie qui la fera se dissoudre. Je plie sous l’assaut des « il était une fois pour toujours ». Une horde d’abeilles se ruent sous ma poitrine. L’essaim est mort, les alvéoles pleurent du miel. Je me larve dans mes cicatrices en priant le ciel pour qu’il ne me tombe pas sur la tête. Ma sincérité est une onde fragile, ma mémoire me lâche, j’ai dix ans. Ton regard sera peut être une poignée, peut-être une catacombe.

Ma main est sur ton ventre. Sa faim me brûle. Donne-moi à boire, ma langue est à ton chevet.

Les frontières du vivre sont mouvantes. Les ombres soudées à nos pulsions nagent dans la flaque tuméfiée d’assertions inutiles.Je te dis l’empressement du silence à recouvrir notre histoire et tu sembles trancher le temps à vif. Les ombres sont dépecées et l’air décharné. Faute de merles, des grives.Nos vies précédentes sont étalées sur une planche boursouflée de cristal. Le mouvement leur sera fatal et je tremblote dans la démesure de l’appréhension.

Nous sommes périssables. Nos matières d’illumination se dissimulent dans les cellules de nos absolus. Nous sommes un mélange de vin et d’alcool.

Nous étions poche d’eau avant d’être réservoir de sang. Nous étions une écuelle gorgée de rouge après la saignée. Un tressaillement d’éther vibre dans nos veines. Nulle perclusion ne peut être propice. Nous nous vidons néanmoins. Nous sommes abattus et la vidange des liens vivants nous terrasse sans contrepartie.

L’effacement de nos cris est simulé dans l’obscurité. Des ombres voyagent au-dessus de nos têtes sans que nous sachions si elles s’échappent de nos crânes.

Toute connaissance présuppose une ignorance. Ou le contraire. Qu’importe ! Nos cœurs s’enténèbrent. La vérité jaillit dans sa dualité inconcevable. Elle crache nos arguments avec l’ambiguïté fratricide qu’on lui connaît. Mais nos rejets demeurent incompressibles. Nos mains disparaissent et les mots qu’elles tenaient fermement serrés se sont dissous au chagrin décapant. La lumière nous envoie en l’air. Nous flottons. Nous quittons le mensonge affligeant du sentiment qui délabre notre royaume. Le soleil finit par effacer la trace cristalline de nos sucres partagés.

Nous habitons désormais la forme vide de nos pensées. Tu parles à ma place et ta pensée domine la mienne. Une mosaïque de vertige s’essuie sur ma poitrine. A l’embouchure de nos gestes éteints et de nos voix fluidifiées, nous nous tenons à la poignée des intervalles du monde. Nous sommes deux et pourtant deux n’est plus rien. Une branche lourde cède à l’éclair et tes yeux sont toujours devant les miens.

Nous avons décloué les croix et défait les madriers qui nous servent désormais de radeau. Nous flottons parmi le tumulte des énergies et nos plus petites particules s’interrogent malgré tout : pourvu que le bonheur existe !

L’identité du monde accueille nos visages pelés et nous divaguons ça et là sans surveillance.

Une présence faite de peurs, de fumées et de grimaces tourbillonne dans le vide. Mémoire à laquelle je ne peux rien extraire d’autre que des tatouages nus livrés à des promesses compactes. Derrière chaque mot un chaos en rut. La parole est chahutée par le hurlement de la mort. Le suicide est ce vieux tronc d’arbre auquel on a arraché les racines. Toute la nuit je marche sous la pluie et j’attends le vent. Et lorsque les branches s’agitent, je cours, déchiré comme cette feuille que tu as laissée sur le bord de ton lit.

Dans l’ombre une présence s’en va.

 

 

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BRUNO ODILE 

Tous droits réservés ©

 

 

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bruno

FERNANDE...

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Ma petite Fernande, 23 ou 24 ans,  hier, au paradis des chats...Si tristes....

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" Les larmes, le vent et les nuages parfois volent si bas

 

Que l’on en a le visage mouillé
Si bas, que pour ne pas mourir, il nous faut rouvrir de vieux soleils "

J.M. Sananès

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Fernande 23 mai 2020

 

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Aussi amis,
pardonnez que parfois la tristesse me gagne
mais sachez que, du haut de mes vieux printemps,
je n’oublierai jamais ni l’heure des Mistrals Gagnants
ni la puissance du cri, de l’amour et de l’espoir,
je n’oublierai jamais de vouloir du pain
et du soleil à jeter sur les matins qui se lèvent.

Je n’oublierai jamais le temps des mots d’enfant,
ni mon chat
trois pattes posées sur mon bonheur.

 

 

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JEAN-MICHEL SANANES

 

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IL RÔDE UN RÊVE DE FEMME...Extrait

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Elle voudrait la paix des eaux tranquilles
et des vastes plaines

le souffle bleu du froid à givrer les cils
et la clarté dans les regards

le pur des cimes où rêvent les grands oiseaux
et les baisers du ciel, un peu de lait sur les lèvres.

Elle voudrait l'envol de ses mots tendres
vers ceux qui en manquent

et le silence juste après la pluie
comme un écho.

Elle voudrait l'accord juste, la résonance belle
tout ce qui s'attire, s'allie et se scelle

tout ce qui va dans le même sens.

Elle voudrait les confidences douces
chuchotées, et les caresses à peine

quelque chose qui la délivre
et lentement l'élève vers le meilleur d’elle.

elle voudrait se sentir vivante

mais c’est une fille qui chancelle
étreinte par le soir et la mélancolie.

 

 

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PAT RYCKEWAERT 

 

 

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hugo de cesare2

 Oeuvre Hugo de Cesare

 

ÎLES...Extrait

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Soleil aux aplombs verts
ces contrées étaient tiennes par toutes les racines
des muscles et des pierres
par les nefs et le vent
par les tapis bengale des roches usagées où l’oraison des mers
s’achevait en exils
par la paupière close et tapissée de foudres
ces sentes et ces plages
ces vains cheminements sur des pas retournés
À toi ces pistes d’ombre au thorax des forêts
ces meurtres
ces blessures
l’égorgement des lianes
ce massacre de fleurs
la noire purulence d’anciens pourrissements d’écorces
À toi ces peuples lents à toi par le daim mûr des peaux par le balancement des hanches capitales qui gerbent les tissus alanguis dans la marche
par les blanches semonces
le mors baveux
les fers
par les sévices fous des pleins après-midi noueux
sur leurs poudres cassantes
par l’oreille alourdie de vagissants lointains
par nos sommeils immenses
morts orangés dans une libre aisance à glaner tes granits
nous fûmes tes pendus

À tes colliers
À tes fougères
À tes palans

Missel

À tes perruques
À tes voilures
À tes onguents

Carnage

À tes balises
À tes terrasses
À tes ferveurs

Forceps

ma femme les seins nue clouée sous tes outrages
comme à l’amour languide et souple et engourdie
comme à l’amour fuyante et souple et conforme
comme à l’amour unie et docile et passive
ma femme les seins nus
comme à l’amour remise à tes eucharisties

Pénitence

À tes sondes
À tes laines
À tes rois

Origine

Amants feutres à parapher tes servitudes
nous fûmes tes élus.

 

 

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LOUIS CALAFERTE

 

 

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Oeuvre Salvador Dali

JEAN-MICHEL SANANES...Extrait

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On ne devient un homme que lorsque l’on comprend que la tendresse n’est pas une forme nécessiteuse de l’amour mais la pleine expression de l’amour hors des contingences des exigences du désir.

J’affirme que sans tendresse, il n’y a pas d’amour authentique.

 

 

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JEAN-MICHEL SANANES

chevalfou.over-blog.net/

 

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salvador_dali_3

Oeuvre Salvador Dali