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Channel: EMMILA GITANA
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ANDREE CHEDID

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Nos corps tissent la vie
Et puis tissent la mort

A perdre regard
Ils vont
Au point de ne plus être
Ils étaient cependant

J'existais
Et tu vas

Dans le cerne de toute chair
Dans la maison des yeux
Dans l'amour vulnérable
Dans l'incessant renaître.

.

 

ANDREE CHEDID

 

.

 

andree

Photographie Claude Renault

 

 

AU SEUIL DU BLEU ...Extrait

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...

désir
touche épouse
je prie la terre
porte-moi propulse-moi

dépouillée d’une autre peau
j’ouvre la cage
où se meurtrit captif
l’oiseau rouge
privé d’air et d’espace

les matins
s’offrent tous si bleus
le feuillage des oliviers
tourne à l’argenté
entre les mains du vent

émerveille-toi
le bonheur
le cœur picore des miettes
et chante

 

.

 

NANCY R. LANGE

 

.

 

 

van gogh

Oeuvre Vincent Van Gogh

 

 

 

 

POURQUOI

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Tu sèmes des rêves qui ne germent pas.
Les nuits ouvertes
mouillent le chemin de ta voix
et trouvent l’écho de mon registre
sur la trace de notre légende.
Nous surgissons de nos jouissances
l’écume de nos vies éblouit les étoiles.
Un arc-en-ciel de colombes s’envole
quand je retiens ton sommeil entre mes draps
calciné par l’été.
J’ouvre mes bras
et te garde dans un bercement
qui fait de ton corps le visage de mes nuits.
Entre mes mains as de mirages
ce prodige a filé le métal de nos épreuves.
Je t’offre la transgression insomniaque du réel
un sentier en dehors de la mélancolie.

 

.

 

ODELIN SALMERON

 

.

 

NATHALIE MAGREZ14,

 

Photographie Nathalie Magrez

JOEL GRENIER...Extrait

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La brise du soir lui avait dit. Les vents étaient favorables à pousser les voiles vers les ports. Alors elle l'attendait, le voyageur de son coeur.
Et la mer montait comme pour repousser le coucher du soleil et figer dans le ciel ses dernières lueurs.
Un pas de plus vers les retrouvailles, c'est une éternité en moins loin ses bras. L'horizon lui répétait son vide. Les nuages passaient plus vite que le temps.
On ne saura jamais si le marin était revenu ou si, au nouveau matin, un amour s'était noyé puisque la nuit s'était refermée sur le secret des vagues.

 

! DIAMON~11

 

 

JOEL GRENIER

 

! DIAMON~11

 

 

coucher,

 

 

PUISQUE L'AUBE EST DEFAITE

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Ton corps
Sur l’estran,
Comme une épave.
Les goélettes quittent le rivage, pourtant.

De grands oiseaux de mer
S’expatrient en Hollande :
Le deuil est un voyage
Pour le peuple des nues.

Ton corps,
Sur l’estran,
N’étincelle plus.
Les vagues ont tout bouffé
De tes feux-étoiles d’or.

L’appel du large…
Méfiance.
Ton corps, ton corps…
Sirène étouffe et meurt.

Ton corps
Happé
Par l’Océan,
N’est plus que sable flasque,
Un souvenir salin.

! DIAMON~11

 

 

AURELIEN DONY

 

! DIAMON~11

 

 

 

mer

LES RÊVES BLEUS DOIVENT ÊTRE RANGES DANS UN CLASSEUR A PART...Extrait

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On ne peut rien écrire
sur la nuit

une tache d’encre
sur une tache d’encre

n’est jamais qu’une obsession défaite

 

! DIAMON~11 

 

 JEAN-PIERRE GANDEBOEUF

 

! DIAMON~11

 

 

dupre

 

 

 

 

LA TERRE SE TAIT

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Ne me cherchez pas
dans mes poèmes

Je ne fais que les traverser —

Ils sont la mer
sur laquelle je marche
le morceau de silence
que j’enveloppe de mots

 

! DIAMON~11



ANISE KOLTZ

! DIAMON~11

 

lafemmepapillon

 

 

EPREUVE DU VIVANT

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Jusqu’aux bords de ta vie
Tu porteras ton enfance
Ses fables et ses larmes
Ses grelots et ses peurs

Tout au long de tes jours
Te précède ton enfance
Entravant ta marche
Ou te frayant chemin

Singulier et magique
L’œil de ton enfance
Qui détient à sa source
L’univers des regards.

 

! DIAMON~11

 

ANDREE CHEDID

 

 

! DIAMON~11

 

 

rackham

 Oeuvre Arthur Rackham

 

BERNARD PERROY...Extrait

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Tu ne me parles plus
d'emboîter le pas
pour des rives inconnues…

Le temps peut-être
à sa manière
simplifie le désir,

et les mots
s'empressent de donner
au plus juste
l'expérience d'un regard
jeté sur la vie

avec ses fenêtres,
ses fleurs,
ses visages,

comme on s'émerveille
de la richesse
d'une enluminure.


! DIAMON~11

 

BERNARD PERROY

 

! DIAMON~11

 

patricia seibert2

Oeuvre Patricia Seibert

http://www.patriciaseibert.com  

 

HYMNE DANS LA NUIT

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L’ombre, comme un parfum, s’exhale des montagnes, et le silence est tel que l’on croirait mourir. On entendrait, ce soir, le rayon d’une étoile remonter en tremblant le courant du zéphyr.

Contemple. Sous ton front que tes yeux soient la source qui charme de reflets ses rives dans sa course... Sur la terre étoilée surprends le ciel, écoute le chant bleu des étoiles en la rosée des mousses.

Respire, et rends à l’air, fleur de l’air, ton haleine, et que ton souffle chaud fasse embaumer des fleurs, respire pieusement en regardant le ciel, et que ton souffle humide étoile encor les herbes.

Laisse nager le ciel entier dans tes yeux sombres, et mêle ton silence à l'ombre de la terre : si ta vie ne fait pas une ombre sur son ombre, tes yeux et ta rosée sont les miroirs des sphères.

Sens ton âme monter sur sa tige éternelle : l’émotion divine, et parvenir aux cieux, suis des yeux ton étoile, ou ton âme éternelle, entrouvrant sa corolle et parfumant les cieux.

À l’espalier des nuits aux branches invisibles, vois briller ces fleurs d’or, espoir de notre vie, vois scintiller sur nous, – scels d’or des vies futures, – nos étoiles visibles aux arbres de la nuit.

Écoute ton regard se mêler aux étoiles, leurs reflets se heurter doucement dans tes yeux, et mêlant ton regard aux fleurs de ton haleine, laisse éclore à tes yeux des étoiles nouvelles.

Contemple, sois ta chose, laisse penser tes sens, éprends-toi de toi-même épars dans cette vie. Laisse ordonner le ciel à tes yeux, sans comprendre, et crée de ton silence la musique des nuits.

 

! DIAMON~11

 

 

 

PAUL FORT

 

 

! DIAMON~11

 

 

ETOILEE

 

 

 

 

 

MANOSQUE-DES-PLATEAUX....Extrait

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Ce temps des olives ! Je ne connais rien de plus épique. De la branche d'acier gris jusqu'à la jarre d'argile, l'olive coule entre cent mains, dévale avec des bonds de torrents, entasse sa lourde eau noire dans les greniers, et les vieilles poutres gémissent sous son poids de nuit. Sur le bord de ce grand fleuve de fruits qui ruissellent dans le village, tout notre monde assemblé chante... ça, c'est le temps de la cueillette, le temps où l'on trait l'arbre comme on ferait pour traire une chèvre, là, mains à poignées sur la branche, le pouce en l'air, et puis cette pression descendante. Mais au lieu de lait, c'est l'olive qui coule ...


...



 Quand j'étais tout petit, je jouais, puis j'avais faim. Ma mère taillait alors une plate tartine de pain, elle la saupoudrait de sel, elle l'arrosait d'huile, par un large huit de la burette penchée, elle me disait "mange". Ce sel, il me suffisait de humer le vent odysséen : il était là avec l'odeur de la mer ; ce pain, cette huile, les voilà tout autour dans ces champs de blé vert dessous les oliviers.

! DIAMON~11

 

 

JEAN GIONO

 

 

! DIAMON~11

 

Huile

 

 

 

 

 

MAHMOUD DARWICH...Extrait

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 Si l'olive se souvient de son planteur

Son huile se transformera en larmes

Oh ! sagesse des ancêtres, notre corps

Pour vous deviendra un habit de protection.

On va éplucher les épines par nos cils

Et on va couper la tristesse

Et l'enlever de notre terre.

L'olivier conservera sa couleur verte à jamais

Et rentrera dans la terre comme une arme.

! DIAMON~11

 

 

MAHMOUD DARWICH

 

 

! DIAMON~11

 

OLIVIER

 

 

L'ALPHABET DES ETOILES...Extrait

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On ne veille pas le mistral
l’amour est un souffle de splendeur parmi les siècles.
Le jour tremble au milieu de ses assises
soutenues par la solitude.
Laisse les ailes ouvertes
et sans résister
plane au-dessus de ta raison
plonge dans ma vie.
Tes rêves sont fêlures du souvenir
sur le soir instigateur des frémissements du temps.

 

! DIAMON~11

 

 

ODELIN SALMERON

 

 

! DIAMON~11

 

Maurice-Elie Sarthou1

 Oeuvre Maurice-Elie Sarthou

 

 

AGNES SCHNELL...Extrait

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Tensions et écorchures
tout était là

on entrait dans les histoires
dans le brouillon des autres
dans leur nécessité

on lisait les brisures
comme on lit les lignes de la main
ou la fébrilité des heures

on disait de nos voix incomplètes
les présences extrêmes
jusqu’à l’âme en retrait

on serrait des mains sans visages
on parlait des lieux perdus
des rêves errants

! DIAMON~11

 

AGNES SCHNELL

 

! DIAMON~11

 

DE CHIRICO,

 

LES ÂMES ROUGES ...Extrait

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L’aube souffle en mon cœur
mains de ruisseaux et d’herbe fraîche
champs de caresses veines enlacées
où collines moutonnent ton front de menthe.

Langue, étoile où défilent mille saisons,
nuit, que tu roules comme un corps d’abondance
parmi les blés où glissent tes mains
comme des allumettes qui craquent sur mes lèvres.

Respiration, prune de mes rêves
d’homme des bois, près de la lune où
je place ta joie sur l’enclume avant de
glisser en toi comme un clapotis d’étoile.

! DIAMON~11

 

AXEL MAUGEY

 

! DIAMON~11

 

zilberman_8

Oeuvre Anne-Marie Zilberman

 

 

 

ALAIN HANQUEZ

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 Dans l’éclat vernissé des poussières
Et des sentes de pierres,
Dans l’ocre aridité de la terre ancestrale,
Quand le sol asséché se convulse à forer
Les sources des racines,
S’élance aux aplats de lumière
La fourberie tenace de la sève

 

Olivier maculé du suint lourd des troupeaux
Et des laines graisseuses,
Olivier vitriolant l’arrogance de l’ordre,
Olivier scarifié des affres de bouture,
Ton indifférence séculaire s’émonde
D’un tremblé d’aube lente
D’une ligneuse effervescence de torsades et de branches
Qui émascule l’arpentage de tes plants
Dans le noueux de tes plaies divergentes

 

Le temps d’avant le temps s’avilit
De tes ultimes fleuraisons
Pour l’émergence frugifère du retour des saisons.
Rameau de la colombe sur l’Arche de Noé
Tu fructifias l’alliance de l’homme et du pardon.

 

Des soutes phéniciennes aux rives de la Crète
Du val de la Bekka aux plaines almoravides
Et de Kalamata aux confins de l’Attique,
Tu conquiers les pays de la mer du milieu
Et l’huile de ton fruit dans l’ombre des amphores
S’insinue au mortier des cryptes Pharaoniques

 

Des dieux archaïques tu fus la joute jalouse
Quand la fourche du tronc, de Pallas le don,
Supplanta le trident du vain Poséidon.
Et de l’Unique
Tu recueillis l’angoisse sans sommeil
Comme le basilic le sang du Golgotha

 

Les terrasses conquises aux pentes des maquis
Par la sueur et l’effort des hommes de patience
Ont cerné l’oléastre aux rebelles frissons
Pour l’ardeur de la meule et le secret des lampes

 

Arbre tutélaire de notre vain passage
Tu prolonges le geste de t’avoir semé
Au-delà de nos morts pour la magnificence
De nos gloires de cendre et de la terre aimée.

! DIAMON~11

 

 

ALAIN HANQUEZ

 

 

! DIAMON~11

 

 

OLIVIER2

SI PEU DE TRACE

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Rendre l'eau douce à la source
Et la sente au détour
L'étonnement du pas
à l'élan qu'il génère
L'opulence des seuils
à l'usure des margelles :

Si peu de trace
De l'étier au salant
De la gemme aux saumures
De l'haleine au silence
Du parcours à l'enfance
Et ce regard
Obstinément

 

! DIAMON~11

 

 

ALAIN HANQUEZ

 

 

! DIAMON~11

 

jaya suberg,

Oeuvre Jaya Suberg

 

 

 

 

 

 

 

SACRE ET MASSACRE DE L'AMOUR

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À l'orient pâle où l'éther agonise
À l'occident des nuits des grandes eaux
Au septentrion des tourbillons et des tempêtes
Au sud béni de la cendre des morts

Aux quatre faces bestiales de l'horizon
Devant la face du taureau
Devant la face du lion
Devant la face de l'aigle
Devant la face d'homme inachevée toujours
Et sans trêve pétrie par la douleur de vivre

Au cœur de la colombe
Dans l'anneau du serpent

Du miel du ciel au sel des mers

Seul symbole vivant de l'espace femelle
Corps de femme étoile
Urne et forme des mondes

Corps d'azur en forme de ciel

 


Territoire fantôme des enfants de la nuit
Lieu de l'absence du silence et des ombres
Tout l'espace et ce qu'il enserre
Est un trou noir dans le blanc plein

Comme la caverne des mondes
Tout le corps de la femme est un vide à combler

 


L'aube froide
Des ténèbres pâles
Inonde les pôles
Du ciel et de la chair

Des courants souterrains de la chair et des astres

Au fond des corps de terre
Les tremblements de terre
Et les failles où vont les volcans du délire
Tonner

Entez sur le trépied
Celle qui hurle
La bouche mangée
Par l'amertume
En flammes du laurier de gloire
Écume
De la colère des mers
La femme à chevelure
D'orages
Aux yeux d'éclipsé
Aux mains d'étoiles rayonnantes
À la chair tragique vêtue de la soie des frissons
À la face sculptée au marbre de l'effroi
Aux pieds de lune et de soleil
À la démarche d'océan
Aux reins mouvants de vive houle
Ample et palpitante

Son corps est le corps de la nuit
Flamme noire et double mystère
De son inverse identité qui resplendit
Sur le miroir des grandes eaux

 


Visitation blême au désert de l'amour

Aveugle prophétesse au regard de cristal
Que les oreilles de ton cœur
Entendent rugir les lions intérieurs
Du cœur

Le grand voile de brume rouge et la rumeur
Du sang brûlé par le poison des charmes

Et les prestiges du désir
Suscitant aux détours de ta gorge nocturne
La voracité des vampires

Danse immense des gravitations nuptiales
Aux palpitations des mondes et des mers
Au rythme des soleils du cœur et des sanglots
Vers le temple perdu dans l'abîme oublié
Vers la caverne médusante qu'enfanta
L'ombre panique dans la première nuit du monde
Voici l'appel la trombe et le vol des semences
L'appel au fond de tout du centre souterrain

Danseuse unissant la nuit à l'eau-mère
Végétal unissant la terre au sang du ciel

 


Comme Antée reprend vie au contact de la terre
Le vide reprend vie au contact de la chair

Je viens dans ton sein accomplir le rite

Le rythmique retour au pays d'avant-naître
Le signe animal de l'extase ancienne

Je viens dans ton sein déposer l'offrande
Du baume et du venin

Aveugle anéanti dans les caves de l'être

 


Mais qui saurait forcer le masque de ta face
Et l'opaque frontière des peaux
Atteindre le point nul en soi-même vibrant
Au centre le point mort et père des frissons
Roulant à l'infini leurs ondes circulaires
Tout immobile au fond du cœur l'astre absolu
Le point vide support de la vie et des formes
Qui deviennent selon le cercle des tourments
Le secret des métamorphoses aveugles

D'où vient l'espoir désespéré
D'amour anéanti dans une double absence
Au sommet foudroyé du délire
Acte androgyne d'unité
Que l'homme avait à jamais oublié
Avant la naissance du monde

Avant l'hémorragie
Avant la tête

 


Paroles du Thibet
Il est dit autrefois
Qu'errant éperdue dans l'informe
Éparse dans l'obscurité
La pauvre ombre sans graisse du mort

La bouche pleine de terre
Dans le noir sans mémoire tourbillonne il fait froid
L'espace ne connaît que le glissement glacé des larves
Soudain
Si phalène que tente une lueur lointaine
Elle aperçoit la caverne enchantée
Le paradis illuminé des gemmes chaudes
Le règne des splendeurs et des béatitudes
Aux confins du désir essentiel
Qui jamais satisfait perpétuel se comble

À l'appel enivrant d'odeurs vertigineuses
Qu'elle y entre
Ombre morte
Et s'endorme
Pour se réveiller à jamais enchaînée
Engluée aux racines d'un ventre
Fœtus hideux voué pour une vie encore
Au désespoir des générations
Roulé par la roue de l'horreur de vivre

Du vieux fœtus aïeul
À notre mère putride
La pourriture aïeule
En robe de phosphore

La reine démente
Qui fait et défait
Les destins et les formes

Et du corps étoile
De l'éternelle femme
Livre les ossements à l'honneur de la cendre

Impose à l'orgueil de statue des chairs
L'horizontalité effroyable de l'eau.

 

 

! DIAMON~11

 

 

ROGER GILBERT-LECOMTE

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! DIAMON~11

 

 

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Oeuvre Edvard Munch

 

 

 

L'OPERATION D'AMOUR...Extrait

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allons-nous faire un?
m’es-tu?
te suis-je dans cette nuit célébrée comme feu qui tourne?
flétries tombent-elles les distances
craquent-elles comme feuilles écrasées par l’automne?
distances de toi à moi
de toi à toi comme des eaux secrètes où je flotte
rameau à la dérive de toi?
mer qui fouille mon front
mon palais
mon oubli
mes petits os
houle qui chante au milieu de toi?
fleur qui regarde?
route où est passée la peine à pied?
ou comme un enfant dans mes bras endormi?
vie nouvelle dans tes bras
parfumés comme toi?

 

! DIAMON~11

 

 

JUAN GELMAN

 

 

! DIAMON~11

 

CARL

Oeuvre Carl Vilhem  Holsoe

A LA NUIT MONTANTE...Extrait

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 Tu as gommé tous les mots
pour que la page redevienne d’un blanc parfait.
Tu peux laisser la place à une alouette
dont le vol écourte le temps,.
Tu longes au gré de tes sommeils
le bord du fleuve
en partance pour nul estuaire.

Quel monde bruit désormais en toi
dont tu es l’incendiaire?

.....

Tu parles,
mais ce n’est que du silence
aussi clair
qu’un regard qui s’attarde sur l’enfance.
Tu marches,
mais c’est pour donner le change
aux feuilles, aux arbres, aux roseaux.

Et la vie
que tu as prise en charge
t’a concédé le droit
de poursuivre ta route à pas comptés.

 

 

! DIAMON~11

 



MAX ALHAU

 

! DIAMON~11

 

 

LIVRE2