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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 09/23/17--14:15: CE JARDIN D'ENCRE...Extrait
  •  

    un jour peut-être exista-t-il entre les deux une coïncidence

    le temps tout au plus d’un cri de joie qui n’a pas su ce qu’il était

    que peut ensuite un cri jeté dans l’ignorance de son sens 

    rien sinon se retourner contre la bouche ayant craché l’oubli

    ruiné dans le corps même l’élan vers la seule évidence

    on écoute une rumeur dans l’arrière-pays de la voix 

    parfois cela résonne comme une promesse parfois ce n’est qu’un bruit

    qu’attendez-vous dit la raison puisque rien jamais n’arrive par là

    mais chacun caresse l’illusion comme son bien par excellence

    ce qui n’existe pas ne doit qu’à nous d’avoir une existence 

    ainsi la fiction rature la réalité ou bien se venge

    de ne pas suffire à la vie alors qu’elle suffit à l’occuper 

    la syntaxe peut tout sauf dévier la flèche et clouer l’âge 

     

    ...

     

    .

     

    BERNARD NOËL

     

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    Le temps qui passe2


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  • 09/23/17--14:22: LE CHANT DE LA TERRE
  • Dans la transparence du regard, le ciel s’accouple avec la terre ;
    les nuages sont des sources, les feuillages, des étoiles.
    Depuis longtemps l’Homme s’interroge sur le fluide et sur l’opaque ;
    sur ce qui coule et ce qui voile ; ce qui prodigue ; ce qui recèle.
    Le sang provient-il des océans ; et la peau, de la glaise ?
    Qu’y a-t-il en deçà du commencement ? Et par delà nous-mêmes,
    qu’y a-t-il d’autre, qui ne soit ni le tout ni le néant ?
    L’Homme, arc-bouté sur ses pensées, depuis toujours se nomme,
    ainsi qu’on prononce un silence, le rectifiant en somme.
    La Terre n’est-elle qu’une question qui tourne sur elle-même ?

    Et l’espace résonne de ces espèces de mots que cultive l’Homme,
    en éructant les questions qu’il se pose. Questions qu’il dépose
    comme des strates empilées dans un ordre stochastique,
    où les ombres attisent les clartés qui sommeillent.
    L’espace, multiple, dont les courbes rectilignes propagent le temps.
    L’espace, déboussolé de poussières invisibles, au fond duquel
    ne renaît que l’espace dans ses contraires possibles. L’espace,
    un certain temps ; une autre boucle où s’accordent les sons
    dans leur dimension inaudible. Et cet espace, que le cerveau retient
    pour ce qu’il est nous autres, combien a-t-il de temps, fugaces ?

    La Terre tourne ainsi que du lait, oubliée par les Hommes.
    La forêt se déchire, les icebergs se sectionnent, les eaux se confondent.
    Et la pensée s’émiette sur des tables rondes qui tournent pour des spectres ;
    tandis que la nuit se berce d’étoiles au fond des pouponnières
    d’oùémergent les sanglots et les rires de futurs univers.
    La Terre est une giclée expectorée des gouffres,
    un noyau que des dieux chimériques ont déféqué du verbe,
    une poudre aux yeux ébahis de ceux qui la contemplent,
    un ovocyte prêt à multiplier les vies>
    pourvu qu’un peu de sperme fuse des testicules du temps.

    La Terre, notre demeure. Notre parfum d’essence. Notre
    pulsation, dans un cœur qui se rythme au son des circonstances,
    et que la liberté tachycarde jusqu’à flamber la glace,
    jusqu’à faire fondre les calculs qui nous bloquent les reins ; la Terre.
    Ses accrétions de sable, de nuages, de tempêtes ; d’émerveillements,
    au fond, de ce qui surplombe sans jamais dominer.
    La Terre, notre faim, notre terme ; notre ciel migrateur
    qui toujours revient à ce point final, d’où il a émigré ->
    ellipse autour d’un Soleil, enjambement du temps
    qui passe, alors que le temps ne peut être… que passé.

    La Terre, concassée par trop de calculs et de rêves ; dans notre
    imaginaire, la Terre, sublimée, violée, tout en même temps.
    Mais la Terre, qui nous porte, comme nous portons nos yeux
    sur l’horizon ; nos enfants, vers le futur. La Terre.
    Amazone, Nil, Yangtsé ; Mississippi, Ienisseï, Huang He ;
    Ob-Irtych, Amour, Congo : fleuves qui tracent d’immenses zigzags
    sur les courbes lascives de la Terre ; sourires et plaies de l’eau.
    Et le Brahmapoutre, qui descend du Kubigangri, pour imbiber
    les flancs du Tibet, de la Chine, de l’Inde ; abreuvant
    rhinocéros, tigres, éléphants – et cette femme, penchée sur son âge…

    La Terre. Nous la cultivons sans la connaître, l’interrogeons
    sans la comprendre. L’aimons avec nos dents. Et le temps,
    soleil et pluie mêlés, fauche des espaces, des espèces,
    à jamais terrassés. La Terre, notre puits, notre inventaire ;
    notre sol dont la clef donne l’harmonie peut-être. Peut-être la nuit
    dans le chant. Peut-être ce qui luit, dans ce qui naît, du néant. Et
    nous songeons pour vivre, nous tournons sur nous-mêmes. Et
    le champ de tournesols, balayé de grands soleils, explose en capitules
    entourés de bractées, protectrices de l’éphémère clarté qui sombre. Et
    la Terre, notre planète, subit l’héliotropisme – comme on oriente sa vie.

    Ça vit, la Terre ; ça vibre en diapason. C’est un accord au plus haut
    de la note. C’est un élan d’oiseau, la Terre, un élan dans le souffle…>
    Au bord de la rivière, dès l’aube, la locustelle lance ses trilles,
    tapie dans les ajoncs. Le cri strident du martin-pêcheur fait écho à la nuit
    qui sommeille. L’aigrette garzette chante un silence, déployé d’ailes.
    Tout est stridulation. Même les taiseux, par leurs couleurs, simulent.
    Et le vent fait son nid dans toute gorge qui se découvre ;
    sur chaque branche où l’écorce crevasse, où la feuille ondule,
    où la lumière s’emporte. La Terre prononce complaintes et ritournelles,
    ondulant dans le spectre infini des clartés inaudibles. La Terre

    qui nous enchante – malgré ce qui déchire : viol, guerre, CO2 ;
    terrorisme, dictat, censure ; et ces mots qui tamponnent la pensée
    au lieu de l’affranchir. La Terre, notre source. Que l’on y puise
    sans épuiser. Que l’on s’abreuve sans tarir. Sans dépouiller l’arbre
    de ses racines, l’oiseau de ses plumes, le ciel de ses nuages.
    L’Homme, de ses vertiges. Parbleu ! La Terre, un jour, s’effacera ;
    tel un songe, au bord de la secousse de l’aube – La Terre
    ne sera plus que de l’écume, bordant la gueule d’un univers
    trou noir – Et ce qui ne sera deviendra le nouveau songe,
    dans lequel l’impensable virevoltera – comme seule, et grande, et piètre vérité…
    La Terre !

     

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    DANIEL LEDUC

     

     

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    salvador dali2

    Oeuvre Salvador Dali


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  • 09/23/17--15:32: C'EST LA PLUS JEUNE FEE
  • Blonde et blanche, de lis ou de lilas coiffée,
    Elle passe dans l'air, ou sur les romarins et les renoncules.
    Le sillage argenté de son char minuscule
    Laisse deux tourbillons d'éclairs...

    Elle passe, rapide, au gré des vents épars.
    Et les étangs dressent leurs nénuphars,
    Et les jardins tendent leurs roses,
    Et les bois agitent leurs branches.
    Pour qu'un instant elle s'y pose et s'y balance !

    Mais elle passe,
    Car elle est si pressée, elle a tant à penser !
    Mais elle passe,
    Et dans le lointain de l'espace,
    Elle s'efface,
    Elle est passée !

     

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    FERNAND GREGH

     

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    LIBELLLULE


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  • 09/23/17--15:56: PATRICK CHEMIN...EXTRAIT
  • C'était un collecteur de mots. Il allait par les rues du village et devant chaque porte demandait des phrases, des images, des silences. Oui des silences car il pensait que les mots étaient posés dans le vase des silences. Il allait dans les jardins et caressaient les plantes et susurrait des secrets aux différentes fleurs. C'était un secret différent pour chacune. Il était amoureux des ruisseaux et à chaque période de l'année il comparait leurs courants aux variations de la parole. Et parfois la sécheresse le faisait tantôt pleurer tantôt rire aux éclats, car il n'est rien qui demeure. C'était un collecteur de mots, il avait de grands trésors, un peu partout dans la vaste poche de son pantalon-mémoire. Pourtant il ne gardait rien pour lui, il était follement épris du partage. Il partageait les plus précieux, les plus rares mais aussi les mots de tous les jours. Il ne parlait pas au nom des autres, non les autres parlaient par sa voix et se reconnaissaient. C'était un collecteur des mots, un diseur de bonne aventure, un conteur de la vie dans la tristesse ou la joie. On pensait qu'il était un peu fou mais il avait sa place au sein du village. Un soir il est monté dans une étoile et c'est pourquoi il est fréquent certaines nuits d'entendre tomber des mots du ciel. Des phrases, des fragments, des poèmes, des silences. Peu importe, il faut tendre l'oreille dans l'obscurité. Il y a toujours suffisamment d'espoir et de vertiges dans cette nuit des mots

     

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    © Patrick Chemin

    - 2010 -

     

     

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    Katzuhiko Fukuoji2

    Oeuvre Katzuhiko Fukuoji

     


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    ...

    Que l’innocence demeure
    qu’il lui soit donné de pouvoir se perdre dans l’inutilité de ce monde
    qu’elle soit suffisamment forte pour oublier de le clamer
    que dans son silence où elle éclaire il n’y ait pas d’obstacle à son silence
    qu’elle soulève ce monde las et danse dans sa poussière
    que son sourire de fleur soit à jamais inscrit sur mes lèvres lorsqu’elles deviendront givre
    qu’elle soit l’innocence à jamais.
    Que d’aucuns puissent s’en saisir qui voudront sauter hors du bourbier

    ...

     

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    PIERRE-ALBERT JOURDAN

     

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    jourdan

     

     


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  • 09/25/17--08:16: FEMME
  • Femme
    Au désert nu des précipices,
    Déroule les vieilles sagesses
    Et cours, cours à la mesure de tes cicatrices
    Avant toute victoire il te faudra
    courir
    Avant de te poser sur une feuille d'ange
    dans la neige et le vent sur des plages oranges
    Bras ouverts, comme des ailes dans un éclair d'oiseaux pressés
    à la lune au silence des pluies
    Sur les canaux de feu où danse un peuplier

    Sur un ciel bleu comme un dieu de bohème.
    Aime, cours, de toute ta chair, de toute ton âme,
    Femme
    Au plus secret des roses, aux empreintes barbares,
    emperlée des sortilèges roses
    Bras tendus, robe ouverte sur tes seins ardents
    Cours, sur l'échine des mers,
    les reins ruisselants des larmes de ton corps
    Au ventre humide des terres fortes
    à ta rencontre

    Puis
    Écrire, hantée d'amour et de mélancolie la noblesse des arbres
    Et la beauté du jour et la vie et l'orage,
    Aimer l'ombre des rois comme l'araignée d'eau
    Aimer,
    La joue dans le velours d'un ciel de papillon
    Rien qui ne soit donné par un dieu de passage

    Puis,
    Quand tu pourras sourire
    à l'horizon noirci des fous
    et lorsque tu pourras ne plus fuir devant toi,

    S'asseoir
    Une fleur de soleil posée sur les genoux.

     

    .

     



    DANY LEBRUN

     

    .

     

    dan

     

     

     


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  • 09/25/17--09:50: MER / MARE

  • Je marche sur mes eaux de femme.

    Je t’expliquerai qu’il y a une mer salée

    et une mer pleine d’amour.

    La ligne de démarcation a été ma poésie.

    Avec elle j’ai divisé les mystères de la mer

    et mon propre mystère.

    Cependant j’ai compris que dans les petites choses,

    comme ma modeste maternité,

    il existe des mers infinies.

    Où s’alternent seiches et larmes,

    des choses jamais vues et grandeur de Dieu.

    Et j’ai compris que la poésie est inutile.

    Comme la beauté de la mer,

    si on ne pense pas à qui l’a créée

    qui est un grand mystère.

     



     .

     


    ALDA MERINI

     

     

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    Cammino sulle mie acque di donna.

    Ti spiegherò che c’è un mare salato

    eun mare pieno d’amore.

    Lo spartiacque è stata la mia poesia.

    Con quella ho diviso i misteri del mare

    e il mio stesso mistero.

    Però ho capito che nelle piccole cose,

    come la mia modesta maternità,

    esistono mari infiniti.

    Dove si alternano seppie e lacrime,

    cose non viste e grandiosità di Dio.

    Ed ho capito che la poesia è inutile.

    Come la bellezza del mare,

    se non si pensa a chi l’ha creato

    che è un gran mistero.

     

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    Katzuhiko Fukuoji2

    Oeuvre Katzuhiko Fukuoji

     

     

     

     

     


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  • 09/26/17--02:28: BERNARD PERROY...Extrait
  • Les mains tendues
    vers le rebord du jour,

    vers une joue, une larme,
    une page, un regard,
    un simple vol d’oiseau,
    une luisance d’herbe,

    pour y cueillir le fruit
    de ce qui me dépasse
    hors de prix
    dans ma vie

    comme un feu perpétuel
    couvant sous la cendre.

     

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    BERNARD PERROY

     

     

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    Main tendue

    Photographie Jean-loup Sieff

     

     


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  • 09/26/17--04:08: CHANT NOIR..
  • Le silence des pierres
    je l'entends chanter parfois
    quand la pluie pianote en rythme
    sur leurs têtes grises
    Et la mer mugir
    quand le vent fouille le ciel
    en vrac désempile les draps blancs
    des nuages brise au sol les vases fanés de la colère

    Le tonnerre
    je l'entends mille chevaux au galop
    sur l'eau noire mille soldats en armure
    déchiquettent l'horizon
    J'entends battre le coeur de la terre
    parfois quand il s'arrête en ondes confuses sourdre d'entre les morts
    battant les champs le sang
    des fleuves des fleurs des tempes

    Je l'entends ce chant
    grisailler dans ma tête ses notes
    en sourdine
    ses mots inaudibles je les entends
    noirs sur blanc.

     

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    ANNE MARGUERITE MILLELIRI

     

     

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    silence-des-pierres2

     


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  • 09/26/17--23:55: JOËL GRENIER...Extrait
  • Viens, on va courir. Les fleurs pousseront dans nos mains et le soleil, à nos trousses, nous emportera sur d'autres chemins.
    Te souviens-tu qu'on sera vieille, des drôles d'idées sous nos chapeaux et des moissons dans nos cheveux qui feront taire bien des soleils.
    Et l'on rira, tu sais, on se moquera des grands, comme des herbes folles qui ont des cailloux dans leurs chaussures pour les faire danser.
    Viens ! C'est là-bas, au bout de notre enfance qui se prend par la main.
    Le ciel aura des airs sérieux. Alors on s'enfuira très loin, tu sais, quand on commencera à vivre une vie de grand.

     

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    JOËL GRENIER

     

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    fillettes


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  • 09/27/17--00:03: DES AILES
  • Si l'on garde les yeux ouverts même le désespoir à des ailes ...

     

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    Blanche de Richemont

     

     

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    plume


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  • 09/29/17--01:22: L'ORANGERIE
  • L'idée me vient que je suis pur et je demeure
    Dans la haute maison dont je m'étais enfui.
    Oh pour que tout soit simple aux rives où je meure
    resserre entre mes doigts le seul livre et le prix.

    Lisse-moi, farde-moi. Colore mon absence.
    Désoeuvre ce regard qui méconnaît la nuit.
    Couche sur moi les plis d'un durable silence,
    Eteins avec la lampe une terre d'oubli.

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    YVES BONNEFOY

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    BONNEFOY

     


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    Le tracé des doutes est tel une rivière

    Et les berges appellent en cendres le héron

    Qui pourtant déploie

    Ses ailes argentées juste là,

    Au sommet où le baiser se pose

    Toujours à la cime

    Surplombant les pans de solitude de silence,

    Un baiser ourle le ciel d'un nuage blanc ;

    Un voile léger dans l'immensité bleue,

    Un regard intense dans l'océan des inaperçus

     

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    MARTINE CROS

    http://allerauxessentiels.over-blog.com

     

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    bleue

     


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    ...

    La pleine actualisation de ce que nous sommes n'est possible qu'au regard d'autre chose, d'une autre présence, d'un autre être qui aurait la vertu de nous mettre en mouvement. Car il nous faut sortir de nous-mêmes ; mais comment, à cause de qui, si nous ne sommes pas amoureux? Saint Jean de la Croix écrit : «  Mon âme est employée / ainsi que tout mon bien à son service »

    Pour que nous soyons pleinement nous-même, il faut que quelque chose ait rendu présent notre trésor, que ce qu'on appelle le « fond de l'âme » se répande à la surface ; que rien n'y demeure possibilité, passivité, que nous soyons enfin acte pur. L'être humain ne peut se posséder lui-même ; tout au plus peut-il posséder ses instruments, ce qu'il a en lui d'instrumental : son corps, son âme, sa pensée. Mais le plein usage, la possession absolue de ses instruments, révèle ses insuffisances. Et la perfection instrumentale s'épuise plus vite que le désir qui en use.

    C'est pourquoi l'âme amoureuse ne peut demeurer en elle-même, elle n'est pas elle-même quand elle ne fait que se posséder, car elle ne réussit tout au plus qu'à posséder ses instruments. Mais en dessous, demeure quelque chose – les philosophes l'ont appeléêtre – de tout aussi caché qu'auparavant. Nous ne sommes même pas ce que nous possédons. Et s'il était possible de tout rassembler à un instant précis ; de rassembler, de réunir tout ce que nous possédons dans toutes ses potentialités, en acte, en corps, en âme, en pensée, nous nous rendrions compte que nous possédions très peu de chose, que l'unité continue à nous faire défaut.

    Ce que le philosophe aurait dû savoir, le poète l'a toujours su. Ce n'est pas que l'unité ne lui importait pas, non ; la condamnation était injuste. Mais il a toujours su qu'il ne l'atteindrait qu'en sortant de lui-même, en s'abandonnant, en s'oubliant. « De troupeau n'ai gardé / et n'ai plus d'autre office / car dans l'amour j'ai mon seul exercice » 

    Dans l'amour seul, dans l'abandon absolu, sans réserve aucune, sans qu'il ne garde rien pour lui. La poésie, c'est l'être qui s'ouvre vers le dedans et vers le dehors en même temps. C'est écouter dans le silence, voir dans l'obscurité. « Musique sans un bruit / solitude sonore »

      C'est sortir de soi, se posséder parce qu'on s'est oublié, oublier parce qu'on a atteint le renoncement total. C'est se posséder parce qu'on n'a plus rien à donner ; c'est, plein d'amour, sortir de soi ; s'abandonner à ce qu'on ne sait pas, à ce qu'on ne voit pas encore. C'est tout entier se trouver parce qu'on s'est donné tout entier.

     

    ...

     

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    MARIA ZAMBRANO

    Traduit de l'espagnol par Jacques Ancet

    Sur

    http://allerauxessentiels.over-blog.com

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    vague

     

     


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     Ecrire, c’est défendre la solitude dans laquelle on se trouve ; c’est une action qui ne surgit que d’un isolement effectif, mais d’un isolement communicable, dans la mesure où, précisément, à cause de l’éloignement de toutes les choses concrètes le dévoilement de leurs relations est rendu possible.

                Mais c’est une solitude qui nécessite d’être défendue, ce qui veut dire qu’elle nécessite une justification. L’écrivain défend sa solitude en montrant ce qu’il trouve en elle et uniquement en elle.

                Mais pourquoi écrire si la parole existe ? C’est que l’immédiat, ce qui jaillit de notre spontanéité, fait partie de ces choses dont nous n’assumons pas intégralement la responsabilité parce que cela ne jaillit pas de la totalité de nous-même ; c’est une réaction toujours urgente, pressante. Nous parlons parce que quelque chose nous presse et que la pression vient du dehors, d’un piège où les circonstances prétendent nous pousser ; et la parole nous en libère. Par la parole nous nous rendons libres, libres à l’égard du moment, de la circonstance assiégeante et immédiate. Mais la parole ne nous recueille pas, pas plus qu’elle ne nous crée ; au contraire, un usage excessif de la parole produit toujours une désagrégation ; grâce à la parole nous remportons une victoire sur le moment mais bientôt nous sommes à notre tour vaincus par lui, par la succession de ceux qui vont soutenir notre attaque sans nous laisser la possibilité de répondre. C’est une victoire continuelle qui, à la fin, se transforme pour nous en déroute.

                Et c’est de cette déroute, déroute intime, humaine - non pas d’un homme en particulier mais de l’être humain, que naît l’exigence d’écrire. On écrit pour regagner du terrain sur la déroute continuelle d’avoir longuement parlé.

                La victoire ne peut se  remporter que sur le lieu de la déroute, dans les mots eux-mêmes. Ces mêmes mots auront, dans l’écriture, une fonction différente; ils ne seront pas au service du moment oppresseur ; ils ne serviront pas à nous justifier devant l’attaque du momentané, mais, partant du centre de notre être, en reconnaissance, ils iront nous défendre devant la totalité des instants, devant la totalité des circonstances, devant la vie entière.

                Il y a dans l’écriture le fait de retenir les mots, comme dans la parole il y a celui de les lâcher, de se détacher d’eux, qui peut être le fait de les laisser se détacher de nous. Au moment de l’écriture, les mots sont retenus, appropriés, assujettis au rythme, marqués au sceau de la domination humaine de celui qui ainsi les manie. Et cela, indépendamment du fait que celui qui écrit se préoccupe des mots, qu’il les choisit et les place consciemment dans un ordre rationnel connu. En dehors de ces préoccupations, il suffit d’être celui qui écrit, d’écrire  à cause de cette intime nécessité de se délivrer des mots, de l’emporter totalement sur la déroute subie, pour que cette rétention des mots ait lieu. Cette volonté de rétention se rencontre dès le début, à la racine même de l’acte d’écrire et constamment elle l’accompagne. Les mots alors entrent, précis, dans le processus d’une réconciliation de l’homme qui les lâche en les retenant, de celui qui les prononce avec une générosité pleine de mesure.

                Toute victoire humaine doit être une réconciliation, les retrouvailles d’une amitié perdue, une réaffirmation après un désastre où l’homme a été la victime ; victoire dans laquelle il ne pourrait y avoir humiliation de l’adversaire, parce qu’elle ne serait alors pas une victoire ; c’est-à-dire une manifestation de la gloire pour l’homme.

                Et c’est ainsi que l’écrivain cherche la gloire, la gloire d’une réconciliation avec les mots, anciens tyrans de sa faculté de communiquer.  C’est la victoire d’un pouvoir de communiquer. Parce que l’écrivain exerce non seulement un droit requis par une tenaillante nécessité, mais également un pouvoir, une puissance de communication qui accroît son humanité, qui porte l’humanité de l’homme jusqu’aux frontières récemment découvertes, aux frontières de l’humain, de l’être de l’homme et de l’inhumain - celles où l’écrivain arrive lorsqu’il est victorieux dans sa glorieuse entreprise de réconciliation avec les mots si souvent trompeurs. Sauver les mots de leur vanité, de leur vacuité, en les durcissant, en les forgeant durablement, c’est ce but que poursuit, même sans le savoir, celui qui véritablement écrit.

                Parce qu’il y a une manière d’écrire en parlant - lorsqu’on écrit “ comme si on parlait ” ; on doit se défier de ce “ comme si ” puisque la raison d’être de quelque chose doit être la raison d’être de cette chose et seulement de celle-là. Et faire une chose “ comme si ” elle était une autre lui enlève et lui sape tout son sens, et jette alors l’interdit sur sa nécessité.

    Ecrire ce n’est ni plus ni moins que le contraire de parler ; on parle dans l’urgence d’une nécessité momentanée, et en parlant nous nous constituons prisonniers de ce que nous avons énoncé tandis que dans l’acte d’écrire résident libération et permanence - la libération ne se trouve que lorsque nous arrivons à quelque chose de permanent.

                Sauver les mots de leur instantanéité, de leur être transitoire et les conduire par notre réconciliation vers le perdurable, c’est la tâche de celui qui écrit.

                Mais les mots disent quelque chose. Qu’est ce que l’écrivain désire dire et pourquoi désire-t-il le dire ? Pourquoi et pour qui ?

                Il désire dire le secret ; ce qui ne peut se dire à haute voix à cause de la trop grande charge de vérité qu’il renferme ; les grandes vérités n’ont pas l’habitude de se dire  en parlant. La vérité de ce qui se passe dans le sein secret du temps, c’est le silence des vies, et il ne peut se dire. “ Il y a des choses qui ne peuvent se dire ”, cela est certain. Mais ce qui ne peut se dire, c’est ce  qu’il faut écrire.

                Découvrir le secret et le communiquer, ce sont les deux stimulants qui meuvent l’écrivain.

     

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    MARIA ZAMBRANO

    Traduction Jean-Marc Sourdillon

    Suite sur http://www.maulpoix.net/Zambrano.html

     

     

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    CHRISTIAN SCHLOE14,

    Oeuvre Christian Schloe

     

     


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    Si me vuelvo loco, que no me encierren.

    Que me permitan soñar con las nubes.

    Con la firmeza de mi voluntad

    yo levantaré vagos techos y luego los alzaré como tapas.

    Mis ojos os traerán los columpios.

    Os gobernaré con polvillo de santos.

    Sabréis adorar otros paños,

    y la elegancia de su caída hará que acerquéis vuestras bocas

    Dejadme que nazca a la pura insumisa,

    creación de mi nombre.

     

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    Pasión de la tierra
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     Si je deviens fou, ne me faites pas enfermer.

    Qu'ils me permettent de rêver aux nuages.

    Avec la fermeté de ma volonté,

    je lèverai les plafonds et les lèverai comme des tapas.

    Mes yeux vous apporteront la balançoire.

    Je vous gouvernerai avec de la poussière de fée.

    Vous saurez adorer d'autres draps,

    et l'élégance de votre chute vous fera approcher vos bouches,

    laissez-moi naître à la pure insoumission,

    création de mon nom.

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    VICENTE ALEIXANRE
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    SaroltaBan KeyForest

     Oeuvre Sarolta Ban

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  • 09/30/17--02:36: RÊTS D'ETERNITE...Extraits
  • Réveillez-vous, réveillez-vous, ôégarés !
    Vos religions sont subterfuges des Anciens.
    Ils disent que le Temps mourra bientôt,
    Que les jours sont à bout de souffle.
    Ils ont menti – ils ignorent son échéance.
    N’écoutez pas ces champions de fourberie.

    Les gens voudraient qu’un imam se lève
    Et prenne la parole devant une foule muette.
    Illusion trompeuse – il n’est d’imam que la raison,
    Notre guide de jour comme de nuit.

    Peut-être dans les temples se trouvent-ils des gens
    qui procurent la terreur à l'aide de versets,
    Comme d'autres dans les tavernes
    Procurent le plaisir.

    Les lois divines ont semé parmi nous la rancune
    Et nous ont apporté toutes sortes de malheurs,

    Les corps vont à la poussière.
    Aucun savant ne sait où va l'âme.

    Malgré moi, je suis sorti en ce bas monde,
    Et mon voyage est pour un monde ailleurs.
    Cela malgré moi aussi, et Dieu m'en est témoin !
    Suis-je prédestiné, entre ces deux mondes,
    A accomplir une tâche,
    Ou suis-je libre de mes choix ?

    Raison - demeures laissées à l'abandon
    Ignorance - solides demeures habitées.

    La religion - commerce de morts.
    Pour cette raison, c'est un objet invendable
    parmi les vivants.

    L'égaré appelle impie celui qui ne partage pas sa foi.
    Malheur à lui ! Quel homme n'a pas connu l'impiété ?

    Le Livre est devenu trompettes des égarés,
    Et les versets, mélodies.
    Ils en ont joué, puis, dans leur infamie,
    Les ont agitées comme des épées
    Sur l'homme paisible qui veille
    Au clair de lune.

    Je ne blâme pas l'athée
    Mais plutôt celui qui, craignant l'enfer,
    Persiste dans sa furie.

    La raison ne peut que s'étonner des lois,
    Qu'elles soient païennes, musulmanes,
    juives ou chrétiennes...


    Quant à la certitude, elle n'existe pas.
    L'apogée de mes efforts se trouve
    Dans l'intuition et les pressentiments.

    J'ai poussé loin mes recherches
    Et mes investigations.
    J'affirme, malgré cela,
    Que je suis perdu et ignorant.

    Le mensonge a détruit
    Les habitants de la terre.
    Leurs descendants se sont groupés en sectes
    Qui ne peuvent fraterniser.
    Si l'inimitié n'avait été dans leur nature,
    Dès l'origine,
    Mosquée, église et synagogue
    N'auraient fait qu'une.

    La vérité est soleil recouvert de ténèbres -
    Elle n'a pas d'aube dans les yeux des humains.

    La raison, pour le genre humain
    Est un spectre qui passe son chemin.

    Foi, incroyance, rumeurs colportées,
    Coran, Torah, Évangile
    Prescrivant leurs lois ...
    A toute génération ses mensonges
    Que l’on s’empresse de croire et consigner.
    Une génération se distinguera-t-elle, un jour,
    En suivant la vérité ?

    Deux sortes de gens sur la terre :
    Ceux qui ont la raison sans religion,
    Et ceux qui ont la religion et manquent de raison.

    Tous les hommes se hâtent vers la décomposition,
    Toutes les religions se valent dans l'égarement.

    Si on me demande quelle est ma doctrine,
    Elle est claire :
    Ne suis-je pas, comme les autres,
    Un imbécile ?

     

    ...

    Les musulmans trébuchent, les chrétiens sont égarés
    Les juifs sont dévoyés, les mages sont dans l’erreur
    Nous les mortels nous répartissons en deux catégories
    Les crapules initiées et les dévots stupides

    ...

     

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    ABUL-ALÂ AL MAARI

    Humaniste, poète et philosophe syrien de langue arabe.

    ( 973 -1057  )

     

     

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    rêts d'éternité2

     


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  • 10/01/17--00:28: COLETTE GIBELIN...Extrait
  • Automne admirable et trompeur
    Fête folle des couleurs
    Comme si la terre était pétrie de joie et d’or

    Les oiseaux s’en vont vers ailleurs
    Ils ont bien tort
    Le monde est superbe et fragile

    Cette beauté qui s’éparpille
    me fait un peu peur
    Le ciel est un palais de mille fleurs

    Il faut aimer chaque seconde
    Vivre est miracle provisoire
    emporté par le vent

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    COLETTE GIBELIN

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    Pierre-Bonnard

    Oeuvre Pierre Bonnard


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