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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 04/18/13--14:21: RETOUR SUR IMAGES...Extrait
  • Et l'oiseau-nuit suspend la peine

    des vallons et des maquis

    troupeau du coeur

    qui se prolonge

    de toit en toit sur la folie

    et les écumes littorales

    marient demain à aujourd'hui

    s'incruste dans la peine l'heure

    L'île somnole c'est le soir

    Je me souviens tu te regardes

    Nous en serons toujours là du miroir 

     

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    GHJACUMU FUSINA

     

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    charpentier2

    Oeuvre Philippe Charpentier

     

     


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  • 04/18/13--14:37: GHJACUMU FUSINA
  • Je me faufile entre les heures
    pour te saisir
    toi le temps maigre des encoignures
    et t’habiter
    en mage étreinte
    Je m’évertue
    à t’investir
    à te clouer contre les portes
    et mes années battent en mesure
    à tous les noms
    que l’on te donne sans le vouloir
    tailleur d’habits
    d’ici d’ailleurs
    qui du plus loin m’énamoures
    pour t’arrêter
    à fleur de nuit
    pour me tromper
    à peine

     

    .

     

    GHJACUMU FUSINA

     

    .

     

    JAAMATI MOHAMED

    Oeuvre Jaamati Mohamed


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    Je ne dis pas : Il est trop tard,
    Nous avons laissé se mourir la terre,
    Elle ne portera plus
    Les fruits de la lumière
    Et ses graines de vie.
    Je dis : Le ciel demeure
    Ouvert au soleil, aux étoiles,
    Tous les arbres n’ont pas péri,
    Les feux brûlent aussi de joie.
    Je ne dis pas : Il fait si noir
    Que les hommes ne peuvent plus voir
    Le visage de ceux qu’ils aiment,
    Ils ont oublié le silence
    Mais ne savent plus se parler.
    Je dis : Chaque aube tient promesse,
    Elle te rend ce que la nuit
    Avait effacé pour toujours,
    Les fleurs, l’espoir, le goût du vent
    Sur les plages bleues du matin.
    Je ne dis pas : Les sources sont taries.
    Je dis que rien jamais n’est perdu,
    C’est à toi de creuser plus profond
    Pour que l’eau pure à nouveau jaillisse.

     

    .

     

    PIERRE GABRIEL

     

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    gab

     

     

     

     


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    Plus grande
    que lui

    la baguette de pain
    dépasse de l’enfant.

    À terre
    des flaques d’ombre
    jaillit son visage

    piqué de roux
    et taché de rouge

    le rouge de la glace
    qu’il avale en marchant

    par-dessus les flaques
    plus grandes que ses pas.

    Plus grande
    que lui

    la baguette de pain
    cogne au plafond du ciel

    que l’enfant saisit
    par poignée dans les yeux.

    Je le regarde
    et descends dans mon enfance

    qui
    ce matin
    est plus grande que moi.

     

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    YVON LE MEN

     

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    enfant-baguette-willy-ronis

    Photographie Willy de Ronis

     

     

     


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  • 04/19/13--08:23: LE NOCEUR
  • La voiture avançait
    Dans la pénombre humide
    L'homme avait choisi son quartier
    Un carillon sonnait
    Pour dire que la nuit se termine
    Pour un fêtard
    Il est trop tôt pour rentrer
    La nuit a été chaude
    En alcools, en farines légères
    Ces gens-là ont tout ce qu'ils veulent
    Mais lui, il s'était inventé
    Un jeu supplémentaire
    Surtout, surtout
    Ne jamais rentrer seul

    C'est pas un jeu précis
    C'est plutôt une envie de plaire
    Quelque chose comme passer du bon temps
    C'est pour ça qu'il a choisi
    Ce quartier ordinaire
    Cette fin de nuit parmi les pauvres gens
    Lui, c'est un noceur, un dandy, un rouleur

    La première fille qu'il croise
    Il sait qu'il doit faire vite
    Alors, il lui sourit pour ne pas qu'elle s'inquiète
    Une sorte de Jazz monte
    Comme il baisse la vitre
    Elle n'a même pas tourné la tête…

    Il reste un bar ouvert
    Où quelques soûlards se cramponnent
    Et où la serveuse ne s'étonne de rien
    Il laisse la voiture devant
    Il est sûr que ça l'impressionne
    Mais elle a répondu en retirant sa main

    Elle a dit: no sir, no sir
    La vie a fait de toi un dandy, un rouleur
    T'avances comme au volant d'un cargo, d'un croiseur
    J'aime pas comme tu claques des doigts

    Elle a dit: no sir, no sir
    T'es tombé du côté des nantis, des menteurs
    Dans ta poitrine j'entends le battement d'un compteur
    Faut pas que tu comptes sur moi

    On n'a pas la vie facile
    Hey, mais on a tout ce qu'il faut
    On a rangé les évangiles
    On ne fera plus de cadeau

    On voit venir le jour
    C'est comme la chance qui le quitte
    Il faut partir avant que tout ne se complique
    Dans cette chasse à courre
    Y'a quand même une limite
    Celle de rentrer avant que ne s'éteigne l'éclairage public

    Il revient vers chez lui
    Le portail él.
    Et l'allée de graviers entre les massifs de fleurs
    Faire un peu de café
    Mettre un peu de musique
    Oublier ce que cette fille lui disait tout à l'heure…

    Quand elle parlait d'un noceur…
    Puis elle a parlé d'un dandy, d'un rouleur
    Et aussi d'un cargo, d'un croiseur
    Et de gens qui claquent des doigts

    Elle a dit : no sir, no sir
    La vie a fait de toi un dandy, un rouleur
    T'avances comme au volant d'un cargo, d'un croiseur
    J'aime pas comme tu claques des doigts

     

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    FRANCIS CABREL

     

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  • 04/19/13--09:02: DANIEL LEDUC
  • Dès les premiers instants la vie se confronte à la vie,
    les pulsations du monde donnent le rythme au cœur,
    le jour et la nuit se succèdent dans un regard
    qui n’est pas encore limité par le contour des choses ;
    dès les premiers instants la sensation de vivre
    se fait par les cris les sommeils et les autres vertiges
    et l’air dans les poumons est une bulle de soleil
    qui réchauffe l’éternité néante d’où l’on vient.
    L’enfance est une emprise du réel sur l’instant
    nous disent le nuage qui éclate en pluie
    et le chat qui bondit sur le miroir qui le guette.
    Carpe diem : tout se trouve là où tu es
    dans une prégnance immédiate, fusionnelle.
    Toutes les portes s’ouvrent quand tu avances,
    quand tes yeux deviennent clefs dans les serrures,
    tout se libère en toi.
    L’enfant, tu le portes depuis l’enfance
    jusqu’à cette vieillesse qui est un autre pli.
    C’est ainsi que les jouets sont jeux puis séductions puis théâtre de la vie,
    que la grimace devient masque et le fou rire sagesse dans sa folie.
    Rien ne se perd de ce que glane l’enfance
    surtout ce qui paraît avoir disparu
    à l’angle du regard, au coin d’une rue,
    dans les profondeurs sinueuses de la mémoire.
    Rien ne s’obscurcit vraiment même dans le noir.
    Et le jeu demeure en toi l’identité possible
    du bouffon, du clown conscient de l’état du monde.
    Rien ne s’obscurcit sur le visage vieilli
    pas même ce qui s’insinue dans les creux et les rides.

     

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    DANIEL LEDUC

     

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    salvador-dali-drei-

    Oeuvre Salvador Dali  " Les trois âges "

     


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  • 04/19/13--10:14: LA ROSE DETACHEE...Extrait
  • Aujourd'hui combien d'heures tombent, tombent
    dans le puits, dans la nasse, dans le temps:
    elles sont lentes mais ne prennent de repos,
    elles tombent, se rassemblant
    au début comme des poissons,
    puis comme des pierres lancées ou des bouteilles.
    En bas, les heures
    avec les jours s'entendent,
    avec les mois,
    avec les souvenirs fumeux,
    avec des nuits désertes,
    des femmes, des habits, des trains et des provinces,
    le temps
    s'accumule, et chaque heure
    se dissout en silence,
    s'effrite et choit
    dans l'acide aux vestiges,
    dans les eaux noires
    dans la nuit sens dessus dessous.

     

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    PABLO NERUDA

     

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    NERUDA


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  • 04/19/13--11:22: CHANT D'HERBE VIVE...Extrait
  • Exilés des champs de lumière
    Nous portons le message
    Lieu inversé de la couleur

    Parole filée de blé
    En rumeur de mer
    Et l’ampleur de la courbe
    Naguère ouverte à notre marche

    Gage de ces années
    Vers lesquelles nous croisons
    Furtifs passeurs de l’obscur





    Aux prémices du sable
    L’onde a épelé
    Le signe du ciel
    Vertige d’une errance sans fond
    Et la phrase étrange
    Versant obscur
    Palimpseste de notre passage

     

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    CECILE OUMHANI

     

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    champ-de-ble 2

     

     

     

     

     


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  • 04/19/13--14:40: POUR LES POETES D'HAÏTI
  • A Port-au-Prince les poètes sont légions
    Ils ont les yeux crevés des voyants
    Les mains percées de mots
    Et le visage tatoué par les griffes de la nuit
    J’écoute le testament de leurs songes
    Quand leurs lèvres brûlées
    N’ont plus d’ombre pour panser la misère

    A Port-au-Prince
    Les poètes sont légions
    Ils inventent des cris de funambules
    Sur le fil des mots
    Ce ne sont pas des araignées
    Même s’ils cousent les jours clandestins
    Ce ne sont pas des chiens errants
    Même si l’amour aboie pour ne pas pleurer
    Ils ont la peau pelée de la montagne
    Et le rire large de l’Artibonite
    Chaque seconde ils inventent une étoile
    Parce que la ville pourrait mourir aveugle
    Chaque seconde ils déposent aux carrefours
    Un poème
    Parce que les mots pourraient mourir de faim

    A Port-au-Prince les poètes sont légions
    Ils nous invitent au cabaret des songes
    Au pays que voici
    A Ombarigore
    Pour boire les mots des folies douces
    Les mots des villes où les mots se suicident
    Dans les casernes
    Et les cauchemars
    Les mots mêlés à la poussière
    A l’exil
    A l’odeur des odeurs mortes
    Ce ne sont pas des éboueurs
    Même s’ils ont un ciel à nettoyer
    Ils veulent qu’on les écoute
    Et qu’on prie avec eux
    Et qu’on peigne avec eux une ville de peintres

    A Port-au-Prince les poètes sont légions
    Ils vont entre amour et colère
    Dénoncer les pluies assassines
    Et les soleils en uniforme de vampire
    Chaque fois que vous allez à Port-au-Prince
    Ecoutez les troubadours
    Regardez le sang des peintres
    Achetez le cœur des marchandes
    Entrez dans la danse des passants
    Vous trouverez toujours un poète
    Sans passeport
    Dont les mots voyagent
    De marchés en musiques
    De musiques en capitales
    De capitales en citadelles
    Pour le peuple des peuples

    A Port-au-Prince les poètes sont légions
    Ils lancent dans la ville
    Des ailes de papillons
    Des avions en papier
    Des lettres d’amour
    Des colibris bleus
    Et des cris de prophètes
    Et la ville s’envole dans un rire de poète
    Et la ville saigne
    Et la ville prend la drogue du soleil
    Et la ville tourne en rond
    Comme un chien qui se mord la queue
    Et la ville jouit comme une fleur sauvage

    A Port-au-Prince les poètes sont légions
    Ils n’ont pas de tréteaux
    Parfois ils ont des livres ouverts
    A même le ciel
    A même les bibliothèques des trottoirs
    A même les veines ouvertes des matins
    A même la nuit sonore des femmes
    Le plus souvent ils habillent le silence
    Et polissent les larmes des divinités
    Ils donnent la voix
    Ils sont la voix du peuple des peuples

     

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    ERNEST PEPIN

     

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    B

    Oeuvre B.  Bony

     

     

     


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  • 04/20/13--12:26: L'ICÔNE ESPERANCE
  • Il y a le bleu des brèches et des horizons pâles
    Il y a que je pense à un figuier comme
    A la perfection du sommeil
    Il y a que le ciel penche au-dedans de nous
    Et se relève : il y a la jeunesse des eaux.

    Il y a une icône au fond d'un temple
    Et le temps qui s'inscrit tout entier en toi
    Il y a ce poème qui te ressemble
    Une rose à jamais pure
    Rose noire la rose de ta voix.

    Il y a une arche au-dessus du froid
    Quelque chose qui respire tout près d'ici
    Je t'écoute est-ce toi est-ce moi
    Il y a une source qui ne finit pas.

     

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    LIONEL RAY

     

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    PATRICK COTTENCIN

    Oeuvre Patrick Cottencin

     

     

     


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  • 04/20/13--14:05: ALAIN SUIED
  • Ne cherche pas à combler le manque:
    il te constitue. Ne cherche pas à ignorer
    le manque: tu le constitues.
    Etre au monde - voilà ce qui compte
    et voilà ce qui disparaîtra.
    Le monde existe quand tu le perds.

    Ne cherche pas à scruter le vide:
    il a tes yeux. Ne cherche pas à voiler
    le vide: tu le constitues.
    Aimer le monde - voilà ce qui survivra.
    Le monde répond quand tu l'oublies.

     

    .

     

    ALAIN SUIED

     

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    SUIED

     

     

     


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  • 04/20/13--14:32: VERS LE HAUT
  • Le poème en avant de nous - toujours se
    dresse, oui, vers le haut. Intuition majeure, éclat de
    quelques subtile origine, présence incernable? Peut être
    seulement la liberté du sujet, échappant à la
    définition, ouverte à l'infini des galaxies comme à
    l'infini de l'instant.
    Pourquoi sinon le poème parlerait-il à chacun
    intensément et secrètement - même dans le silence des
    organes, même dans la surprise de l'écoute?
    Matière et voix, travail profond et
    surgissement nouveau, rêve et volonté, évènement et
    durée.
    Le poème en avant de nous -
    détaché, désaliéné, inaccessible et possible à la fois.
    Toute tentation dogmatique, toute prétention de
    maîtrise, toute défaillance de notre part le
    libèreraient plus encore - et même de tout rappel, de
    toute exigence authentique.
    Vers le haut, oui. Comme les bras levés d'une
    interrogation, d'un sursaut au-dessus de nos propres
    limites, d'un refus de toute fermeture.
    Adosséà la Nuit mais veilleur attentif de la
    première ou de l'unique lueur, le poème tranquille
    amoureux lucide, nous montre la voie de la fidélitéà
    soi, les ombres du passé menaçantes et
    imprévisibles, l'épure de l'Avenir.
    Cœur battant de lumière, Déluge de
    vérité, transmettant les affres et les bonheurs de
    toute condition de vivant, le poème parle à chacun dans
    la langue de sa peine, de son exil, de son espérance.

     

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    ALAIN SUIED

     

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    Parkes_Michael-Angel_

    Oeuvre Michaël Parkes

     

     

     


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  • 04/21/13--02:31: PLAIDOYER POUR UNE ENFANCE
  • C'est toi. C'est moi, c'est nous peut-être ce plein, ce rond, ce sourire qui fond sur les joues et illumine l'instant. Ce corps sans réticence, moelleux.
    Je ferme les yeux et je nous parle. Nous dont le coeur vieillit à force de savoir et de vouloir, à force d'escalader un devenir. A force de spéculation. A force de détourner la subtile logique de l'univers.
    Nous qui tranchons des réponses. Nous qui administrons la vie. Nous tous enfin qu'on nomme adultes et qui depuis l'enfance n'en finissons pas de trébucher.
    Mais nous sommes sourds, bornés le plus souvent. La raison ne fait que ligoter nos peurs et nos folies.
    Nous fabriquons une raison comme d'autres organisent un match. La raison du plus fort qui casse la spontanéité, qui décapite l'instant, le souffle.
    A coups de systèmes, de credos, d'avidité, nous pilonnons le ciel la terre les mers et notre enfance. Nous barbouillons le rire, le rêve, les bonheurs. Nous ossifions le vif de la vie.
    Partout nous traquons le naturel pour le dénaturer.
    Quand nous étions enfants, nous savions pourtant jouer gravement au présent et puis quitter le jeu et l'effacer sur l'ardoise magique.
    Pourquoi sommes nous tellement jaloux de nos existences, de nos conquêtes, tellement agrippés à notre image ? Est-ce que par hasard nous aurions commis une faute qu'il nous faille sans cesse nous justifier et prouver notre réalité ?
    Peut-être bien que nous sommes tous coupables d'enfance et nous écartons cette nostalgie comme un mal à enfouir. On nous l'a assez répété cette petite phrase vindicative : "Tu n'es plus un enfant !", ce qui signifie en clair : tu ne peux plus aimer, sentir, agir comme un enfant, spontanément, librement selon tes élans. Tu dois réfléchir avant de parler, d'aimer, de donner, de sourire. Avant.
    Or plus "le coeur" réfléchit, plus il épuise le sentiment, l'intuition, plus il tarit la source.
    Toute contrainte génère sa violence, éteint le jaillissement, cette innocence primordiale qui nous relie à l'autre, à soi, qui englobe.
    Mais qui donc est cet autre ? N'est-il pas un reflet de nous même, pétri de la même substance. L'accueillir, c'est jouer à se démultiplier, c'est s'agrandir.
    Qui a dressé la muraille entre l'enfance et l'âge de raison ? Qui nous a expulsés? Quoi nous alourdit, le savoir, la conscience, la responsabilité? Pourquoi la pénitence ?
    Qu'avons-nous fait de ce corps doué d'enfance qui osait respirer danser sans méthode ni projet. Ce corps d'argile réceptif à la lumière, aux caresses, gourmand de vie, présent.
    L'expérience nous raidit. Ne pourrait-elle au contraire nous apprendre à sauvegarder l'enfance, à préserver ses traces comme un repaire, une plénitude possible. La maturité de notre enfance. Alors, retournons y à ce jardin d'enfance comme on revient à une mémoire essentielle. Comme on revient dans son pays natal pour s'ancrer et se bonifier.
    L'état d'enfance contient le mystère qui nous habite. Ce don de vie énigmatique, cet éclat sans pourquoi. Il est. Il s'impose, il provoque. Alors, consciemment ou pas nous le refoulons pour mieux nous protéger de son insolence, de sa pétulance et de sa liberté.
    L'état d'enfance crée le jaillissement, l'imprévisible, comme le poème, comme le vent.
    Capter l'enfance en nous, c'est retrouver la source, accepter d'être ce vivant confiant devant l'inconnu. C'est épouser l'instant.
    Et pourquoi ne pas rêver d'une pédagogie amoureuse Une pédagogie du bonheur, de la saveur et du désir.
    Plus la science nous laisse entrevoir la complexité du monde, plus la création du bonheur apparaît comme une urgence, un territoire à conquérir.
    Si nous perdons le goût, si nous négligeons l'instant, comment saurons nous lutter pour échapper au désastre qui gronde ? Comment résisterons nous à la confusion ?
    Aimer l'enfance dans toutes ses manifestations, c'est peut-être notre chance et notre avenir.
    Envisager les plus infimes battements de vie qui s'offrent au quotidien comme autant de signes susceptibles d'engendrer une harmonie.
    Organiser le choeur de la planète ou bien précipiter son meurtre ? Là se situe sans doute notre choix.
    Considérer qu'en chacun de nous est nichée une enfance qui a voix au chapitre.

     

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    MARIANNE AURICOSTE

     

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    MILOU5

     


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  • 04/21/13--03:07: JEAN AMROUCHE
  • Debout palmiers
    Dans le vent d’ouest qui vous jette vers l’orient

    Nous avons faim dans la tête
    Et nous lançons nos mains et nos regards
    Par-dessus la mer étale
    Aux millions d’écailles d’or
    Vers un rivage futur
    Une ligne indécise
    Un contre-jour du soleil levant.

    Nous avons faim.
    Pas de blé, pas de chair, pas de fruits.
    L’eau qui gonfle vos barrages
    Et vos fleuves artificiels,
    Tous vos canaux dans les cotonniers,
    Nous n’en voulons plus.

    Nous avons faim et soif
    D’un amour humain.
    Ne nous parlez pas de Dieu,
    C’est inutile.
    Vous mentez.
    Pour parler de lui sans mensonges,
    Il faut d’abord être un homme.
    Et vous n’êtes plus des hommes,
    Mais des machines effroyables d’intelligence
    Au service du meurtre.

     

    .

     

    JEAN EL MOUHOUB AMROUCHE

     

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    TCHOBA 36

    Oeuvre Tchoba

     

     

     


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  • 04/21/13--03:55: LE PRINTEMPS DE LA COLERE
  • A mes amis, connus et inconnus, aux enfants, aux arbres, aux oiseaux, aux poètes et à tous les regards en quête de lumière.
    Jours de colère .
    Et chaque jour un peu plus, en piétinant l'asphalte, elle se plante dans le corps, tout le corps, des pieds qui travaillent à la tête qui pense. Pas un jour sans elle.
    Et pourtant dans la ville, on sait encore chanter , crier des mots en partage, en liberté.
    Des mots d'espoir à lancer par dessus les murailles.
    Des mots en rouge pour dire la résistance, pour dire que rien ne saura nous encager vivants.
    Et chaque matin saluer la vie, le ciel, encore par dessus les toits, et un printemps qui se souvient qu'il doit recommencer à pondre ses bourgeons.
    Chaque matin formuler ses promesses dans l'encre des menaces et tenir ses défis.
    Chaque matin lancer ses filets à travers les présages.
    Chaque jour haranguer la langue et savonner les mots.
    La pestilence qui lustre nos regards.
    Je marche dans la ville.
    Partout des corps cassés, tassés. Dans tous les recoins, des lambeaux d'humains, des hommes, des femmes traqués, des enfants qui bientôt à coups de peur et de misère deviendront des ogres, tout juste bons à séquestrer dans des grillages.
    Des cris, des déchirures enfouies dans les caves et les taudis de la ville lumière.
    Qui s'en inquiètent, qui hurlent avec des mégaphones par dessus les toits et dans les rues de la capitale? Une poignée d'innocents, attablés devant les tribunaux en espoir d'un minuscule répit dans ce déferlement de la férocité.
    Les hyènes sont entrées dans la ville. Les vautours s'engraissent de la moisson humaine.
    " Ah, Ministres intègres, conseillers vertueux ..." L'histoire récidive et nul ne songe encore à la capturer pour l'enfermer à vie dans les sous sols de nos aéroports.
    La honte est un mot qui noircit à la lumière du jour et qui pourrit sous le soleil.
    La honte sera votre habitacle. La demeure des morts vivants.
    Je marche dans la ville.
    L'autre jour, place des fêtes, à côté des écoles qui affichent leur résistance, une
    banderole en travers d'un bâtiment, un somptueux drapeau oùétait écrit en grosses
    lettres noires: " SDF en colère, SDF en grève ". Je me suis arrêtée pour applaudir.
    Je marche dans la ville.
    Huit heure du matin, je dévale les escaliers du métro. Une voix éraillée me rappelle que chacun de nous est un danger pour l'autre, que je dois surveiller tout ce qui m'environne.
    Je regarde les habitants du wagon. Je ne vois rien que des visages éteints, des regards en creux. Le geste fané, usé de la répétition.
    Six heures, le soir, je reprends le métro. La voix éraillée toujours présente. Les corps se sont épaissis, tassés sous le néon. La journée s'achève dans le chuintement monocorde des portes qui s'ouvrent et qui se ferment. Seul un bébé, dans son panier, sourit en contemplant ses mains.
    Je marche dans la ville
    Tôt le matin, je pars avec mon chien prendre mon café au bar, à l'angle de la rue. Le jour est neuf, les regards frais et je savoure la simple bienveillance qui consiste à saluer ceux de mon quartier, à caresser le chien du voisin et à tendre mes mots pour accueillir la lumière.
    Je rentre dans un magasin. Une radio graillonne sa vulgarité. Je demande au patron de baisser le son. Il me dévisage.
    J'essaie de formuler ce " droit au silence ". Ca n'intéresse personne,.puisque personne ne l'entend "ce bruit ".
    Les adultes sont devenus sourds .
    Je marche dans la ville
    Rue St Antoine, le tabac a brûlé, carbonisé en une nuit. La suie dégouline sur la
    devanture. Depuis, la patronne et son équipe dorment à la belle étoiles dans des sacs de couchage. Le bailleur, une socièté immobilière, refuse de signer la déclaration d'assurance. Il espère reprendre le bail pour en tripler le prix. Le quartier se mobilise, les pétitions circulent. Les consciences s'agitent. La patronne est saluée comme une héroïne. Elle l'est. Son courage et sa détermination font acte. Enfin les paroles parlent.
    Tous les matins, je les retrouve dans leurs duvets et dans le froid. On se sourit et on
    s'embrasse. Pourvu que la résistance s'organise ! Pourvu qu'elle persiste ! pourvu que le rire éclate !
    Je marche dans la ville.
    Dans tous les kiosques de journaux, le bazar de l'obscénité ." Mesdames, Messieurs, avalez, rincez vous l'oeil, le foie, on vous sert du tout chaud, du croustillant, du cul, des guerres, des atrocités, faites votre choix, composez le menu !".
    Dans les écoles, des enfants sont traqués. Des mères tremblent à la maison pour leur famille. Des mères, des pères disparaissent du jour au lendemain. Les enfants pleurent et attendent, en vain.
    On expédie les uns, menottes au poing en zone de rétention, les autres dans les
    commissariats pour délit de faciès !.
    Assez !
    Dans nos prisons, des hommes deviennent fous. La rage et la douleur.
    Dans nos banlieues, la détresse et la désespérance font leurs ravages.
    Assez !
    Je marche dans la ville, dans ma ville.
    Et la honte me mord le coeur. Le déshonneur !

    Depuis toujours je vis dans les mots, par les mots, avec eux et contre eux .
    Mais aujourd'hui je m'insurge. La douleur est trop lourde, les mots trop malmenés. La confusion beugle.
    silence.
    Silence devant les marée noires.
    Silence devant l'échec de la conscience.
    Silence devant l'offense à la dignité
    Silence devant la perte d'humanité
    Silence devant les pestilences
    Silence devant la barbarie quotidienne et permanente
    Silence pour peser sa colère
    Silence pour agir sa colère
    Silence pour planter des arbres.
    Silence pour écouter le vent dans les arbres.
    Silence pour apprendre à aimer.
    Silence pour apprendre à se taire
    Silence pour être poète et le rester.
    Silence.
    Un silence comme un poing levé.
    Comme des mots qui se feraient silex.
    Pour affirmer que " vivre en poésie "
    C'est aussi porter haut son regard
    et opérer le noir.
    C'est extraire un espoir.

     

    .

     

    MARIANNE AURICOSTE

     

    .

     

    Ville mystère

    Oeuvre Nanouanne

     

     

     


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  • 04/21/13--10:32: FEMMES
  • L'impossible ne peut être femmes!

     Nous aurons toujours la taille de nos rêves !

     Nous rejoindrons, de notre florale impatience

     

    Dans la lumière de nos espérances,

     Le suc flamboyant des étoiles

     Et le rire assourdissant des dansantes comètes !

     

    Nos fièvres habillées des houles des naissances

     Nous offriront, comme toujours, tout ce temps

     Pour  tisser, dans nos profondeurs ailées, 

     Tous ces fruits volants de l’amour

     Qui naissent et s’abritent au creux de nos reins,

     En amples saisons tracées au miel des matins,

     S’élevant des caresses de nos mains !

     

    Femmes !

     Flammes d’amour et de paix!

     Ecrites par tous les éléments,

     Nous réchauffons, de nos racines,

     Toutes ces tiges d'or qui poussent

     Couronnées, dans la mousse de nos rêves,

     Par les ascendantes douces gerbes ailées de notre sève!

     

    Femmes!

    Le possible est aussi  femmes!

     

    .

     

    MOKHTAR EL AMRAOUI

     

    .

     

     

    BOUDJOU NACER2

    Oeuvre Nacer Boudjou

     

    J'aurai souhaité poster un lien sur les oeuvres de Nacer Boudjou, mais n'ai rien trouvé sur le web

     


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  • 04/21/13--11:34: LETTRES D'OR
  • Dieu, c'est le nom de quelqu'un qui a des milliers de noms. Il s'appelle silence, aurore, personne, lilas, et des tas d'autres noms, mais ce n'est pas possible de les dire tous, une vie entière n'y suffirait pas et c'est pour aller plus vite qu'on a inventé un nom comme celui-là, Dieu, un nom pour dire tous les noms, un nom pour dire quelqu'un qui est partout, sauf dans les églises, les mairies, les écoles et tout ce qui ressemble, de près ou de loin, à une maison.
    Car Dieu est dehors, tout le temps, par n'importe quel temps, même l'hiver, et il s'endort dans la neige et la neige pour lui se fait douce, elle ne lui donne que sa blancheur avec quelques étoiles piquées dessus, elle garde pour elle la brûlure du froid. Dieu n'a pas de maison, il n'en a pas besoin et d'ailleurs lorsqu'il voit une maison, il ouvre les portes, déchire les murs, brûle les fenêtres et c'est tout qui entre avec lui, le jour, la nuit, le rouge, le noir, tout et dans n'importe quel ordre, et alors, et alors seulement, les maisons deviennent supportables, alors seulement on peut les habiter, puisqu'il y a tout dedans, le soleil, la lune, la vie très folle, la douceur très grande de la folie, les yeux pervenches de la folie.
    Et Dieu repart ailleurs, toujours ailleurs : à force de traîner les chemins, de s'endormir partout, dans les sources, dans les fougères, dans le nid des mésanges ou dans les yeux des tout-petits, Dieu à une drôle d'allure, vraiment.
    Quand il n'ouvre pas toutes grandes les portes, Dieu ne fait rien. Ce serait là son métier : ne rien faire. C'est un métier très difficile, il y a très peu de gens qui sauraient ne rien faire. Dieu, lui, fait cela très bien. De temps en temps, pour se reposer, il s'arrête de ne rien faire : alors il fait des bouquets; il cueille toutes les lumières du monde, même celles des orages et des encriers, il en fait des bouquets mais ne sait à qui les offrir. Ou bien il met un coquillage tout contre son oreille et il écoute des musiques, toutes les musiques du monde, longtemps il écoute et c'est comme un flocon dedans son coeur, un tourment d'écume, le premier âge de la mer, l'immensité de la mer dedans son coeur et Dieu se met à rire et Dieu se met à pleurer, parce que rire ou pleurer, pour Dieu c'est pareil, parce que Dieu est un peu fou, un peu bizarre. Et si on lui demande ce qu'il a , il dit qu'il ne sait pas, qu'il ne sait rien, qu'il a tout oublié le long des chemins et qu'il a perdu la tête, perdu son ombre, qu'il ne sait plus son nom. Et puis il rit, et puis il pleure, et il s'en va, et il s'en vient, et c'est le jour, puis c'est la nuit, et puis voilà, c'est toujours comme ça, toujours, chaque jour.

     

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    CHRISTIAN BOBIN

     


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    cedre

     

     


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  • 04/22/13--09:32: SOUFFLES...Extrait
  • "Du vaisseau natal ne reste que
    l'avenir d'un voyage avorté.
    Coule sur le corps l'âcre couleur
    d'un lever d'inconnu
    . Qui pour dire?

    Une main, ou peut-être une voix,
    s'approche, frôle, emmène le cri
    vers le val de deux sources immunes :
    C'est la première douceurà vif.
    Un peu de matin dans le nocturne."

     

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    JEAN-FRANCOIS AGOSTINI

     

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    Parkes_Michael-Angel_

    Oeuvre Michaël Parkes

     

     

     

     


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  • 04/22/13--12:42: LE POEME
  • Le poème tient dans la main
    le temps d'un voyage à fleur de chair

    A la lisière d'un bruit fragile
    dont l'envie dure

    Au remous des sables galants
    quand la mer se retrousse
    pour arranger l'étoile...

    Avec ses trous d'oiseaux
    c'est la maison du printemps

    Avec ses veines bleues
    c'est l'habité par ses douleurs

    Avec ses feuilles
    qui ont plus que du vent à raconter
    c'est la permission de séjour

    Avec ses fruits
    tombés à terre
    il décide des grands départs.

     

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    CLAUDE ALBAREDE

     

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    main-ouverte-papillon-

     


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