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Channel Description:

Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco
    0 0
  • 08/02/17--23:14: LA MONTAGNE PREND LA PAROLE
  • Et voilà mon silence dur fonçant sur le moindre bruit
    qui ose.
    Je souffre de ne pouvoir donner le repos sur mes flancs
    difficiles
    Où je ne puis offrir qu'une hospitalité accrochée,
    Moi qui tends toujours vers la verticale
    Et ne me nourris que de la sécheresse de l'azur.
    Je vois les sapins qui s'efforcent, en pèlerinage
    immobile, vers l'aridité de ma cime.
    Plaines, vallons, herbages et vous forêts, ne m'en
    veuillez pas de mes arêtes hautaines !
    J'ai la plus grande avidité de la mer, la grande
    allongée toujours mouvante que les nuages
    tentèrent de me révéler.
    Sans répit j'y dépêche mes plus sensibles sources,
    les vivaces, les savoureuses !
    Elles ne me sont jamais revenues.
    J'espère encore.

    .

    JULES SUPERVIELLE

    " Débarcadères "

    .

    nath

    Photographie Nathalie Magrez


    0 0
  • 08/03/17--05:22: IL Y A DES MATINS
  • Il y a des matins en ruine
    Où les mots trébuchent
    Où les clefs se dérobent
    Où le chagrin voudrait s’afficher
    Des jours
    Où l’on se suspendrait
    Au cou du premier passant
    Pour le pain d’une parole
    Pour le son d’un baiser
    Des soirs
    Où le cœur s’ensable
    Où l’espoir se verrouille
    Face aux barrières d’un regard
    Des nuits
    Où le rêve bute
    Contre les murailles de l’ombre
    Des heures
    Où les terrasses
    Sont toutes
    Hors de portée.

     

    .

     

     

    ANDREE CHEDID
     in « Par-delà les mots ».

     

    .

     

     

    Katia Chausheva Photography3,

    Photographie Katia Chausheva


    0 0

    Dans ma maison de Geronimo
    personne ne sait comment j'apprivoise le jour
    ni avec quelle violence je l'agrippe
    et le défie
    pour l'épingler finalement sous mes paupières
    Personne ne connaît le nom de l'oubliette
    d'où je remonte
    le coeur en pendule au bout d'une corde
    pieds et mains bras et jambes
    dans un désordre si inconcevable
    qu'il faut reconstituer le puzzle à chaque coup


    ...

     

    A qui parlons-nous lorsque nous nous taisons
    Dans ma maison de Geronimo
    je garde un troupeau de silence
    que parfois je mène boire à la mer
    Qui vient paître trop près de mon silence
    sera fusillé dans toutes mes langues étrangères

     
    ...



     Pardonnez-moi
    Pardonnez mon sommaire petit violon
    c'est parfois à cela que l'on voudrait réduire l'histoire
    et expliquer notre solitude

     
    ...

     

     Je n'ai pas le coeur assez bien accroché
    il est suspendu à un trapèze d'oiseau dans une cage
    et boit à petites gorgées dans un goutte à goutte
    C'est pour cela que je n'avance pas

     ...

     
    Le monde en feu la misère la vie allégée de rien
    et pourtant la vie doucement belle
    dans le lointain de nous
    sans notre regard sur elle
    Serions-nous moins inquiets
    si le monde augmenté du poids de deux brebis
    pouvait en être bouleversé

     
    ...

     

    On peut tenir debout longtemps
    même avec ses disparus à l'intérieur de soi
    il suffit de s'aménager le ventre le coeur la tête
    il suffit de meubler les endroits trop vides
    sous peine d'égarement de prostration
    il suffit de donner une chambre à chaque fantôme
    de fermer à clé
    et jeter la clé dans la mer
    On peut aussi siffloter des airs connus
    ou courir les bois comme une biche
    à la tombée du jour

     
    ...

     

     Et pourtant vient le matin l'oiseau qui pépie
    le vent tiède et les bourgeons
    la lumière qui filtre à travers les persiennes
    le souvenir d'un petit ruisseau
    pour s'y laver les jambes
    de menues choses qui pourraient sauver le jour

     

     

    .

     


    MARIE HUOT

     

     

    .

     

     

    marie huot2

     


    0 0
  • 08/03/17--06:04: PHILIPPE RAHMY...Extraits
  • Une foule sans bords de migrants s’ébranle à chaque heure
    en direction de l’occident



    Chaque foule ouvre une meurtrière à travers laquelle
    se présente un paysage dévasté



    Chacun des personnages de cette foule a son propre texte
    à chanter, mais il est impossible de reproduire ces voix,
    maintenant qu’elles ont été anéanties. Ce qui nous est donné
    de faire, c’est d’essayer de faire entendre leur âme

      …

     

    .

     

     

    PHILIPPE RAHMY

     

     

    .

     

    Shelby McQuilkin2,

    Oeuvre Shelby Mc Quilkin


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  • 08/03/17--11:52: PERSONNE NE ME CONSOLE PLUS
  •  Personne ne me console plus, ma mère.
    Ton cri n’arrive pas jusqu’à moi
    même en songe. Il n’arrive pas une plume
    de ton nid sur cette rive.

     

    Les soirs bleus, est-ce toi
    qui attends les mulets à la porte,
    les mains cachées dans les plis de ta robe ?
    Lis-tu dans le feu les combats
    qui dispersent tes fils aux abords des villes ?

     

    Un abîme entre nous, un flot nous sépare
    qui coule entre les digues d’où s’élève de la fumée.
    Ces étoiles sont-elles tiennes ?
    Ce vent, celui de la terre ?
    Est-il notre espérance
    ce ciel qui accueille tes peines,
    ta bonne volonté, ta demande de paix ?

     

    Forte de ta vertu tu vis :
    tu as vêtu les corps bigarrés
    des pères morts. Chaque nuit
    tu as trouvé la clé de nos songes,
    tu as donné le blé en mémoire des morts.

     

     Nous, sur la tour la plus haute,
    nous attendons ton signal.
    C’est toi qui nous appelles. Est-ce toi
    la flamme blanche à l’horizon ?
    Un été de deuils a réveillé aux ventres
    les fautes d’autrefois,
    a poussé les loups sous les murailles des bourgs.
    Au soleil de midi hurlent les chiens, et la chouette
    pour le lugubre hiver demande des otages.

     

    Toi, ma mère, tu écoutes
    les pleurs inconsolés des Ombres
    qui ne trouvent pas le repos sous les pierres
    où tombent avec un bruit sourd
    les fruits pourris.

     

     

    .

     


    LEONARDI SINISGALLI

    .

     

    .

     

    .

     

    HENRY MALFROY

    Oeuvre Henry Malfroy

     


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  • 08/04/17--00:56: LORSQUE JE SERAI MORT
  • Qu'on me lave de vin lorsque je serai mort

    que le sang de la vigne envahisse nos veines

    au jugement dernier qu'on amène mon corps

    parfumé de raisin de menthe et de verveine

     

     Femme aux plaisirs humains à la sève des fleurs

    que ton coeur affamé jamais ne se dérobe

    les chemins de l'amour sont ravinés de pleurs

    si tu passes par là relève bien ta robe

     

    Ne traine pas ta peine à mon enterrement

    je n'y veux que sanglots de bonbonne bien pleine

    où que j'aille j'irai couronné de sarments

    droit comme le cyprès bon comme la romaine

     

    Bon comme le festin aux dernières bouchées

    bon comme le bon vin à la dernière cruche

    et bon comme la nuit où je serai couché

    à l'abri des embruns à l'abri des embûches

     

    Le temps est une cage elle sera brisée

    je prendrai mors aux dents vers l'espace immobile

    et je tendrai les bras pour un nouveau baiser

    au germe du raisin palpitant sur l'argile

     

     

    .

     

     

    HENRI GOUGAUD

     

     

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    .

    Illustration-Vignes-Details

     

     

     


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  • 08/04/17--01:02: LE CLOWN SE MEURT
  • Je nais chaque fois que je monte sur scène

     Un gros nez rouge sur mon visage blême

     Je suis l’enfant dont je me souviens bien

     Un homme d’esprit, un poète du rien

     

     J’attrape le ridicule et le fait tournoyer        

     Avec l’élégance des désespérés

     Je suis le fou qui transforme les blessures

     Des âmes fêlées de mille et une brisures

     

     

     Je jongle avec mon ballon pathétique

     Entre tristesse et vérités cyniques

     Mes soupirs sont une oraison d’amour

     Qui bat doucement la mesure des tambours

     

     

     Je verse des larmes que personne ne remarque

     Détresse muette, miroir de mes grimaces

     Je tente de vous prendre par le bout du cœur

     Je ne suis pour vous qu’un stupide amuseur

     

     

     Je trébuche sur le gradin de vos rires

     Mes pieds dans cette humaine tragédie

     Bienvenue dans le cirque de l’Univers

     J’ouvre mes bras d’étoiles et de poussière

     

     

     L’heure de ma dernière farce a sonné

     Je rejoins ma verdine les bras chargés

     De la misère du monde et de vos peurs

     Sous son fardeau, le clown se meurt

     

     

     Mais avant de tirer ma révérence

     Avant de toucher le fond en silence

     Il me reste l’ironie du désespoir

     Pour ceux qui n’ont rien compris à l’histoire.

     

     

    .

     

     

    CATHERINE SMITS

    Poème inédit

     

    .

     

     

    Achille_Zavatta

    Photographie ClaudeTruong-Ngoc

    Achille Zavatta, le clown de mon enfance

     


    0 0

    Nuit trop lucide
    La vie bat
    sous l’écorce des heures

    Elle bat
    simple à fleur de temps
    et s’use lentement
    s’éloigne à pas de neige

    La mémoire
    est une chemise froissée
    longtemps portée
    et qui encore le sera
    jusqu’à la déchirure

    Mais voilà la nuit
    qui s’écarte un peu
    pour nous laisser passer
    nous laisser retrouver
    la première étoile du jour
    et le chemin de l’aube

    Quand la rumeur
    du monde nous rejoint
    nous regardons monter
    la flamme du soleil

    et nous étonnons d’être encore

     

    ...

     

    Tous ces mots
    la plupart inutiles

    Juste pour déplacer
    l’ombre un peu
    l’ombre trop lourde
    qui écrase

    Juste pour avancer
    un peu plus vers là-bas
    sur un chemin d’abîme

    Juste pour
    essuyant la vitre et
    la glace sans tain des années

    entrevoir la clarté du fanal
    dans la chaleur duquel
    comme une flambée brève
    un fagot de sarments

    a brûlé la maison
    de l’enfance

     

    .

     

     

    MICHEL DIAZ

    https://michel-diaz.com/page/4/

     

     

    .

    bernard liegeois AA

    Photographie Bernard Liégeois

     

     

     

     


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  • 08/04/17--09:02: MICHEL DIAZ...Extrait
  • certains jours de partage
    on s’habille si justement
    de la simplicité du vent
    ou de la lumière exacte du ciel

    qu’on habite son seul silence
    au cœur du nœud léger du Temps
    comme un lit d’écume
    initiale
    une énigme délicieuse

    que la vie
    tout entière
    ne pèse pas plus lourd
    dans l’assiette bleue de sa paume
    que la langue d’un chien ami

     

     

    .

     

     

    MICHEL DIAZ

     

     

    .

    mamoun slama


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  • 08/04/17--09:23: FOURNAISE
  • Voilà que tu te défends
    contre l'air du temps défié
    Au-delà des étés d'antan
    du repos mérité de l'attelage
    et de l'aire de battage  qui s'est tue
    rien ne va plus

    Vers le ciel gris des cimes
    chauffées à blanc
    au coeur des vallées
    de la fournaise
    la vie suffoque
    les estives ont perdu la source
    et le ruisseau

    Il monte des hameaux de pierres
    des campaniles
    qui vacillent entre d'âcres  touffeurs
    un silence brûlant
    Les paupières rougies
    tu entrevois le spectre de la soif

    Désertiques nuées
    sombres augures
    plus rien ne te rappelle aux vérités de l'eau
    et ton pas crisse
    sous le figuier qui rend
    le fruit immature
    quand meurt le chant de ses feuilles odorantes

    Le passereau fuit les sentiers
    de vos lointains partages
    tu te terres vers le foyer ancestral
    qui se fait abri refuge
    où attendre
    que le crépuscule
    et le grand duc enfin reviennent

    La panique
    guette le feu de forêt
    Le désespoir
    redoute l'engeance meurtrière
    du chaos
    des migrations irraisonnées
    au plus haut des ciels
    dilacérés et du mercure qui s'affole

    Je n'ai plus assez de mots
    un monde nouveau
    en impose des myriades
    qui mènent  furieuses
    aux suicides assistés
    des foules

    Quel sens   quelle voie
    suivre quand le troupeau aveugle et sourd 
    gagne la barre rocheuse
    D'après le maître
    des deniers    selon la devise majeure
    la multitude court à sa perte
    et chute

    Je louais jadis  tant de saines fatigues
    remontant le cours des heures
    et des jours que nous inventions
    Complices des joies
    des saisons et de la nature
    en beauté
    nous vivions intensément
    sains comme ceints d'humbles joyaux

     

    .

     

     

    CRISTIAN GEORGES CAMPAGNAC

     

     

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    Xavier-Alexandre-Pons2

    Photographie Xavier Alexandre Pons