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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco
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  • 07/16/18--04:53: CATHERINE SMITS...Extrait
  • Tu m'as dit:
    As-tu remarqué
    que dans le mot "Nous"
    il y a "os" et "nu"?

    Je comprends mieux maintenant
    le terrible secret
    de notre solitude
    l'indigence de ma peau 
    et le bruit sourd
    qui s'insinue
    pulsion de sang 
    battant le manque
    dès que s'étirent
    jusqu'au silence
    nos cris de bêtes 
    cherchant
    l'une dans l'autre
    l'essentielle substance

     

     

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    CATHERINE SMITS

     

     

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    catherine smits,


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  • 07/17/18--01:44: HENRI GUERIN...Extrait
  • Nous ignorons de moins en moins de choses, nous commençons à savoir comment s'établirent les montagnes, quand les océans refluèrent, pourquoi ils battent sur nos berges. Nous connaissons mieux les caprices du ciel et de la terre, nos vieilles terreurs semblent reculer à mesure que s'étirent vers le bas autant que vers le haut, nos lunettes du dedans jointes à celles du dehors. De nouveaux aventuriers, guetteurs de vie et nouveaux poètes, du biologiste à l'astrophysicien, scrutent les infinies combinaisons de la matière que voile à voile ils soulèvent alors que le mystère plus encore recule et se dérobe.

     

    N'y a-t-il pas quelques puérilités à s'attarder ainsi pour vouloir saisir encore les signes anciens des apparences, signes défrichés plus qu'établis depuis qu'au monde un cœur bat, les yeux ouverts pour s'accorder avec la main et tenter de les saisir ? D'autres êtres jamais ne cessèrent de se lever pour arrêter l'insaisissable temps, pour l'immobiliser dans sa course, en filtrer l'écho et l'offrir en partage, toutes fleurs cueillies d'un merveilleux jardin, d'où l'arbre peint ne perdra plus ses feuilles, la musique son silence, le poème, sa prière.

     

    N'y a-t-il pas quelque effroi à conjurer quand ces quelques-uns découvrent à force de fréquenter les saisons et leur déclin que tout est marqué sur terre d'un signe inéluctable, que peu veulent regarder et voir. Oui, ce qu'ils ont appris à voir, laissera toujours ceux-là aussi démunis devant le bout de bois sec d'un rosier tailléà mort, lorsque la lente procession des sèves suscitera cette infime congestion de vie, promesse d'un bourgeon d'où tant de matières inouïes surgiront. Regard qui pressentira tout autant le tragique d'une saison des lilas quand il mesure que quelques jours suffiront pour que cette grappe miraculeuse, saisie d'éphémères parfums, ne s'affaisse et se décolore en cet amas de pourriture dont la fermentation d'une seule graine assurera la survie. Loterie pour une fécondité promise à des oiseaux distraits, quand cette graine risque de ne pas échapper à la multitude dévoreuse de l'ombre, tapie sous la terre.

     

    Terre, notre planète, astre unique ! Peut-être le seul vaisseau habité de l'univers, minuscule planète perdue au sein des constellations, elle roule dans l'abîme à tombeau ouvert. Astre couvert d'herbes, de feuilles, de plumes, de poils, piétinant sur l'infime pellicule de vie qui le recouvre. Son terreau n'est que le résidu des milliards d'épaves, naufrages accomplis saison après saison : sables et limons, savanes et forêts, pollens, fleurs, fruits, graines et feuilles dans la chute du bruissement ailé d'insectes et d'oiseaux, joint aux cris des mammifères déchirant de leurs traques, fuites et étreintes, cette implacable décoration de vie. C'est dans ce même terreau d'infime épaisseur, levé par les siècles, couche après couche, que les hommes eux-mêmes, s'abîment et se défont, s'y dissolvent. Tous encore demeurent, répandus, enfouis, en cette surface féconde, ils nous accompagnent en notre vaisseau clos, dans sa course éperdue. 

     

     

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    HENRI GUERIN

     

     

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    TERRE

     

     


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  • 07/17/18--02:52: HENRI GUERIN...Extrait
  • Comme une couturière en journée

    Le vent a coupé, taillé, rogné

    Tout au long du jour

    Dans le coupon du ciel.

    Dès le soir venu,

    Il a ramassé minutieusement

    Toutes les chutes d’étoffes épandues

    Pour en faire un petit tas coloré

    Qu’il a poussé

    Dans un des coins de l’horizon.

    Il est parti en emmenant

    Pour tout paiement de sa journée

    Dans son vieux cabas de couturière

    Le soleil, rond et doré

    Comme un écu.

     

     

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    HENRI GUERIN

     

     

     

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    HENRI GUERIN,

    Vitrail Henri Guérin


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  • 07/17/18--08:34: L'ADOLESCENCE...
  • C'est un coin d'herbes folles, de bleuets, de chiendent,
    Blotti entre la jungle infernale des grands
    Et le petit jardin tranquille de l'Enfance,
    C'est une île inconnue de vos cartes adultes,
    Un lagon épargné, une prairie inculte,
    Une lande battue où les korrigans dansent,
    L'Adolescence...

    C'est l'échelle de soie, c'est Juliette entrevue,
    Debout dans le miroir c'est la cousine nue
    Qui s'émerveille et crie au fond de mon silence,
    C'est un baiser voléà la barbe du Temps,
    C'est deux enfants qui s'aiment à l'ombre d'un cadran
    Où sous chaque seconde l'Immortalité danse,
    L'Adolescence...

    C'est "Toujours", c'est "Jamais", c'est éternellement
    Le cœur au bord des lèvres, le spleen à fleur de dents
    Et au ventre-volcan l'Amour-incandescence,
    C'est "Je t'aime : on se tient !" c'est "Je t'aime : on se tue !"
    C'est la Vallée d'la Mort de l'autr' côté d'la rue,
    Vers les noirs pâturages la haute transhumance,
    L'Adolescence...

    C'est les poings dans les poches fermés à double tour,
    C'est "Familles, je vous hais !", c'est Renéà Combourg,
    Ophélie qui se noie, c'est Lucile qui s'avance,
    C'est notre Diable au corps, c'est le Grand Meaulne en route,
    C'est ce vieux Bateau Ivre qui reviendra sans doute
    Les flancs chargés d'oiseaux, de fleurs et d'innocence,
    L'Adolescence...

    Depuis plus de vingt ans que j'y ai jeté l'ancre
    Dans ce pays de fous, de chiens tièdes et de cancres,
    Depuis plus de vingt ans j'y passe mes vacances,
    Et comme ce vieillard de quatre-vingts printemps
    Qui s'endort, un beau soir, et qu'on couche dedans
    Son petit, tout petit coin de terre de Provence,
    Couchez-moi, je vous prie, quand viendra le moment,
    Dans ma terre, mon pays, couchez-moi doucement
    En Adolescence, en Adolescence !

     

     

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    HENRI TACHAN

     

     

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  • 07/17/18--09:16: PATRICK ASPE...Extrait
  • Suis-je déjà mort... 

    Il est des temps où la raison l'emporte sur les choix du temps...
    Mille raisons qui font la volonté des humains ...
    Que demain m'apporte la nuit infinie des mots,
    Morts joyeuses en éclats de vie,
    allongé dans les fougères fraîches,
    contemplations des cieux sous les grands arbres,
    la tête proche des racines et des pierres,
    monde oublieux...,

    l’eau des sources me baigne - aux galets,
    aux sables,
    où est-il ce mystère des hommes...
    Prendre son temps pour s'offrir aux vents...
    Rires insouciants des enfants...
    Les baisers déforment nos mémoires,
    comme les craintes nos espoirs...
    Oh que vienne cette tendre révolte,
    illusion des bonheurs,
    suis-je un bon sauvage ou un affreux civilisé,
    homme des lumières et des ténèbres les plus affreuses, ...
    A la morgue des poète le cri des affamés…
    Misères secrètes,
    …Combien de femmes condamnées dans les prisons de l’espérance...

     

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    PATRICK ASPE

     

     

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    cascade2


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  • 07/17/18--11:08: POESIE VII...Extrait
  •  

    Matin d’aurore fraîche

    lune des grandes fuites

    je m’éveillais

    le vent cachait le feu

    la table beige du bois

    luisant les herbes hautes

    dans le pré

    à jamais l’heure des joies

    un silence de roses

    l’escalier,

    l’évier, libre de son eau

    un ailleurs

    qui consume l’absence lente

    nous imaginons le monde

    à notre image

    vertiges des hasards

    croyons nous aux mêmes légendes,

    aux ombres rugueuses

    dans le livre des courbes bleues

    devant la source

     

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    PATRICK ASPE

     

     

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    HERVE DESACHE3,

    Oeuvre Hervé Desaché

     

     

     


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  • 07/17/18--23:09: ANNE MARGUERITE MILLELIRI
  • Il y a ce ravage
    que la raison écarte
    un temps ; il y a
    ce grésil craché du ciel, et l'aile 
    alourdie de cendre est sang sec ; 
    les eaux mêlées du fleuve vie
    se figent dans les veines.

    La vérité est blanche ou noire ;
    solarisée, la vérité crève les yeux :
    dans le réduit cubique de la question,
    la lumière blanche 
    ensanglante les murs,
    la tache noire au fond de l'oeil
    absorbe le cri,
    le lisse, le lyse,
    le silence-on-tue ;

    le silence honteux
    déchette. Ici naît l'homme-guenille
    d'âme sans mémoire.
    Sur la terre piétinée pousse l'herbe noire
    nourrie de l'eau de morts, de phanères,
    de scories vite éteintes.

    Pas de traces reste trace de pas
    le passé ne passe pas ;
    et dans l'eau noire de boue, 
    ce trou de blanche croix, le ciel
    aile alourdie de cendres, 
    phanères, scories vite éteinte --

    Quelqu'un.

     

     

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    ANNE MARGUERITE MILLELIRI 

    18.07.2018

     

     

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    Anselm-Kiefer

     Oeuvre Anselm Kiefer


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    Enfant il n’a pas arraché les ailes des mouches
    attaché des boîtes de conserve à la queue des chats
    ni emprisonné les cafards dans des boîtes d’allumettes
    ou détruit des fourmilières
    il a grandi
    et toutes ces choses on les lui fit
    j’étais à son chevet quand il mourut
    récite un poème dit-il
    sur le soleil sur la mer
    sur les cuves atomiques et les lunes artificielles
    sur la grandeur de l’humanité

     

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    NAZIM HIKMET

     

     

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    Niraz Saeed,,

     Photo Niraz Saeed, mort ce 16 juillet 2018, dans une prison syrienne, après trois ans de détention.

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    niraz saeed2,

     

    Niraz Saeed


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  • 07/18/18--11:58: NOSTALGIE
  • Pareilles à de grosses gouttes de miel les abeilles
    les abeilles portent les ceps de vigne jusqu’au soleil
    c’est de ma jeunesse qu’elles arrivent en volant
    tout comme ces pommes
    ces lourdes pommes
    ce chemin à la poussière dorée
    ces galets blancs tout au long de la rivière
    et ma foi dans les chansons
    et mon absence d’envie
    de là aussi cette journée sans un nuage 
    cette journée si bleue
    et la mer couchée sur le dos toute nue et chaude
    et cette nostalgie
    et les dents lumineuses 
    de cette bouche aux lèvres épaisses
    avec les abeilles dans ce village du Caucase
    comme de grosses gouttes de miel
    me sont revenues de ma jeunesse
    de ma jeunesse que j’ai laissée quelque part
    sans avoir pu m’en rassasier…

     

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    NAZIM HIKMET

     

     

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    ABEILLE