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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco
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    Je défendrais la posture suivante : nécessité de la poésie ; nécessité, si on est poète, de se revendiquer comme poète. Pas d’excuse. Je suis contre la posture du renoncement.
    - Vous parlez au nom de qui ?
     En mon nom propre. Je vois les choses ainsi, c’est tout.

    - Et vous justifiez l’existence de la poésie ?
     La conception de la poésie qui résulte des hypothèses avancées ne peut donner à la poésie aucune des justifications qui sont généralement proposées comme raisons de son existence, de sa survie. Elle n’amène pas non plus à admettre ce qui lui est souvent annoncé comme faisant partie de ses devoirs.
    En même temps j’affirmerais fortement que la question de la poésie ne concerne pas que les poètes. La chute de la poésie menace la langue d’aphasie. La chute de la poésie menace chacun en sa mémoire, menace sa faculté d’être libre.

    - Vous parlez comme si le poète était possesseur de la langue.
    La poésie, c’est vrai, donne à quelqu’un comme aucune autre activitéà mon sens la mémoire de sa propre langue.

    Parce que la poésie contient le futur de la langue, 
    la langue paraît étrange dans la poésie extrême-contemporaine parce qu'elle y représente certains traits de son futur. 
    La langue paraît étrange dans la poésie extrême-contemporaine parce qu'elle y présente certains traits oubliés de son passé. 
    La poésie préserve le passé de la langue dans son présent."

     

     

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    JACQUES ROUBAUD

     

     

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    igor bitman,

    Oeuvre Igor bitman


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  • 08/15/18--00:44: EGLISE DES PINS

  • Eglise des pins des grillons blancs de l’anis
    quand je dormais coulait bas la lune attenante
    je vois toutes les buées où j’écrivis du doigt
    au carreau, je veux que ce soit janvier, jaunissent
    des yeux rosés de la lumière lancinante
    les murs de craie et les jardins cillant de froid

    je saluais les tempes minces de la montagne
    une crête de neige tendait ses antennes
    fraîcheur invisibles remuée en fontaines
    j’étais en Paradis, ah, j’étais en Cocagne
     seule, l’eau, incertaine…

     

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    JACQUES ROUBAUD

     

     

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    arlette cotella2,

    Oeuvre Arlette Cotella


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  • 08/15/18--01:36: PREFACE
  •  

    La poésie contemporaine ne chante plus ... Elle rampe

    Elle a cependant le privilège de la distinction... elle ne fréquente pas les mots mal famés... elle les ignore
    On ne prend les mots qu'avec des gants: à"menstruel" on préfère "périodique", et l'on va répétant qu'il est des termes médicaux qui ne doivent pas sortir des laboratoires ou du Codex.

    Le snobisme scolaire qui consiste, en poésie, à n'employer que certains mots déterminés, à la priver de certains autres, qu'ils soient techniques, médicaux, populaires ou argotiques, me fait penser au prestige du rince-doigts et du baisemain

    Ce n'est pas le rince-doigts qui fait les mains propres ni le baisemain qui fait la tendresse
    Ce n'est pas le mot qui fait la poésie, c'est la poésie qui illustre le mot.
    Les écrivains qui ont recours à leurs doigts pour savoir s'ils ont leur compte de pieds, ne sont pas des poètes, ce sont des dactylographes
    Le poète d'aujourd'hui doit appartenir à une caste
    à un parti 
    ou au Tout-Paris
    Le poète qui ne se soumet pas est un homme mutilé
    La poésie est une clameur. Elle doit être entendue comme la musique. Toute poésie destinée à n'être que lue et enfermée dans sa typographie n'est pas finie. Elle ne prend son sexe qu'avec la corde vocale tout comme le violon prend le sien avec l'archet qui le touche
    L'embrigadement est un signe des temps. De notre temps
    Les hommes qui pensent en rond ont les idées courbes
    Les sociétés littéraires sont encore la Société
    La pensée mise en commun est une pensée commune

    Mozart est mort seul, accompagnéà la fosse commune par un chien et des fantômes
    Renoir avait les doigts crochus de rhumatismes
    Ravel avait une tumeur qui lui suça d'un coup toute sa musique

    Beethoven était sourd

    Il fallut quêter pour enterrer Bela Bartok
    Rutebeuf avait faim
    Villon volait pour manger
    Tout le monde s'en fout
    L'Art n'est pas un bureau d'anthropométrie
    La Lumière ne se fait que sur les tombes

    Nous vivons une époque épique et nous n'avons plus rien d'épique
    La musique se vend comme le savon à barbe
    Pour que le désespoir même se vende il ne reste qu'à en trouver la formule. 
    Tout est prêt: les capitaux
    La publicité
    La clientèle. 
    Qui donc inventera le désespoir?

    Avec nos avions qui dament le pion au soleil. Avec nos magnétophones qui se souviennent de " ces voix qui se sont tues ", avec nos âmes en rade au milieu des rues, nous sommes au bord du vide, ficelés dans nos paquets de viande, à regarder passer les révolutions

    N'oubliez jamais que ce qu'il y a d'encombrant dans la Morale, c'est que c'est toujours la Morale des autres.

    Les plus beaux chants sont les chants de revendications

    Le vers doit faire l'amour dans la tête des populations.

    A L'ECOLE DE LA POESIE ET DE LA MUSIQUE ON N'APPREND PAS

    ON SE BAT !

     

     

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     LEO FERRE

     

     

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  • 08/15/18--23:35: LES EAUX SONT CERTAINES
  • Marche allègre et vive sur les passerelles de l’aube
    Le sang dormant s’ébroue
    L’écriture coule drue
    Verticale
    La pluie a ravivé les feuilles
    J’ai troqué mon pays contre le rire immense
    De chutes de cascades de torrents vers la mer
    J’ai traversé des fleuves qui n’avaient pas de nom
    J’ai reconnu le ciel au tremblement des feuilles 
    Troqué des cimetières contre des chemins d’or
    J’ai tenu tête à l’âme elle s’en est souvenue
    J’ai marché sans compter sans mesurer mes pas
    J’ai senti le pollen de mes aurores vives
    J’ai bougé des écluses dans le sens des astres
    Changé des hirondelles contre des nids cendrés 
    J’ai bu à toutes sources le vin des venaisons
    En toutes traces vives je respirai ta voie
    Tout était délivrance rien n’était damnation
    J’ai vu des cormorans dans le vent silencieux
    Bleuir toutes leurs ailes dans le sens des courants
    Comme ces étendards dans les houles de Dieu 
    J’ai ouvert des carrières 
    Là où l’espoir de l’homme n’avait pu pénétrer 
    J’ai cru je vous le jure voir la langue tanguer
    Comme un buisson en flammes
    J’ai bu tous les tourments je les ai transmués
    La saison du poème fut trouée d’oriflammes
    De pervenches sonores de grappes de jonquilles 
    D’oliviers feux roulant jusqu’au bord de l’extase
    De nappes suspendues au plafond des Sixtine
    J’ai recouvert l’écrin où la raison chavire
    D’un grand drap de patience pour débusquer sa voix
    J’ai toléré des arbres beaucoup plus hauts que vifs
    Alors qu’ils n’avaient plus d’armes pour le combat
    Je suis las de ces ors des brancards pourrissants
    C’est un chant qu’il me faut puissant et sans scories
    Un affluent de sève 
    Un matin délivré aux vigueurs végétales 
    Un palmier où pivote la racine du monde
    Un tombeau dont le jour ruisselle d’eau de vie 
    Et s’il ne reste rien de ces bouquets de noces
    Je porterai moi-même leurs couronnes au néant
    Ecris encore mon âme délivrée des peaux mortes
    Ne garde que ta soif sur les versants du jour
    Et ne soit que désir vers les flots du couchant

     

     

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    JEAN LAVOUE
    www.enfancedesarbres.com

     

     

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    max gasparini,

    Oeuvre Max Gasparini


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  • 08/16/18--00:09: HISTOIRE ET VERITE
  •  

    Je suis convaincu qu’un monde islamique qui se remet en mouvement, un monde hindou dont les vieilles méditations engendreraient une jeune histoire, auraient avec notre civilisation, notre culture européenne, cette proximité spécifique qu’ont tous les créateurs. Je crois que c’est là que finit le scepticisme. Pour l’Européen en particulier, le problème n’est pas de participer à une sorte de croyance vague qui pourrait être acceptée par tout le monde ; sa tâche, c’est Heidegger qui le dit : « Il nous faut nous dépayser dans nos propres origines », c’est à dire qu’il nous faut revenir à notre origine grecque, à notre origine hébraïque, à notre origine chrétienne pour être un interlocuteur valable dans le grand débat des cultures ; pour avoir en face de soi un autre que soi, il faut avoir un soi.

    Rien par conséquent n’est plus éloigné de la solution de notre problème que je ne sais quel syncrétisme vague et inconsistant. Au fond les syncrétismes sont toujours des phénomènes de retombée ; ils ne comportent rien de créateur ; ce sont de simples précipités historiques. Aux syncrétismes il faut opposer la communication, c’est à dire la relation dramatique dans laquelle tour à tour je m’affirme dans mon origine et je me livre à l’imagination d’autrui selon son autre civilisation.

    La vérité humaine n’est que dans ce procès où les civilisations s’affronteront de plus en plus à partir de ce qui, en elles, est le plus vivant, le plus créateur. L’histoire des hommes sera de plus en plus une vaste explication où chaque civilisation développera sa perception du monde dans l’affrontement avec toutes les autres. Or ce procès commence à peine. Il est probablement la grande tâche des générations à venir. Nul ne peut dire ce qu’il adviendra de notre civilisation quand elle aura véritablement rencontré d’autres civilisations autrement que par le choc de la conquête et de la domination. Mais il faut bien avouer que cette rencontre n’a pas encore eu lieu au niveau d’un véritable dialogue. C’est pourquoi nous sommes dans une sorte d’intermède, d’interrègne, où nous ne pouvons plus pratiquer le dogmatisme de la vérité unique et où ne sommes pas encore capables de vaincre le scepticisme dans lequel nous sommes entrés. Nous sommes dans le tunnel, au crépuscule du dogmatisme, au seuil des vrais dialogues. Toutes les philosophies de l’histoire sont à l’intérieur d’un des cycles de civilisation ; c’est pourquoi nous n’avons pas de quoi penser la coexistence de ces multiples styles, nous n’avons pas de philosophe de l’histoire pour résoudre les problèmes de coexistence. Si donc nous voyons le problème, nous ne sommes pas en état d’anticiper la totalité humaine, qui sera le fruit de l’histoire même des hommes qui engageront ce redoutable combat.

     

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    PAUL RICOEUR

    1964

     

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    STEFANO ROSA

    Oeuvre Stefano Rosa


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    "Le toi qui fait presque mal tellement il lie..." 

    18 juin 1933.

     

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    "Nanaqui,

     

    Je voudrais revivre mille fois ce moment sur les quais, et toutes les heures de cette soirée. Je veux sentir encore cette violence et votre douceur, vos menaces, votre despotisme spirituel… toutes les craintes que vous m’inspirez, et les joies si aiguës. Craintes parce que vous attendez tant de moi… l’éternité, l’éternel… Dieu… ces mots… Toutes ces questions que vous m’avez posées. Je répondrai doucement à vos questions. Si j’ai semblé me dérober, c’est uniquement parce qu’il y avait trop à dire. Je sens la vie toujours en cercle, et je ne peux pas détacher un fragment parce qu’il me semble qu’un fragment n’a pas de sens. Mais tout semble se résoudre, se fondre dans l’étreinte, dans la confiance de l’instinct, dans la chaleur et la fusion des corps. Je crois entièrement à ce que nous sentons l’un en face de l’autre, je crois à ce moment où nous avons perdu toute notion de la réalité et de la séparation et de la division entre les êtres. Quand les livres sont tombés, j’ai senti un allègement. Après cela, tout est devenu simple… simple et grand et doux. Le toi qui fait presque mal, tellement il lie… le toi et tout ce que tu m’as dit, j’oublie les mots, j’entends la tendresse et je me souviens que tu as été heureux. Tout le reste ne sont que tortures de nos esprits, les fantômes que nous créons… parce que pour nous l’amour a des répercussions immenses. Il doit créer, il a un sens en profondeur, il contient et dirige tout. Pour nous il a cette importance, d’être mêlé, lié, avec tous les élans et les aspirations… Il a trop d’importance pour nous. Nous le confondons avec la religion, avec la magie.

    Pourquoi, avant de nous asseoir au café, as-tu cru que je m’éloignais de toi simplement parce que j’étais légère, joyeuse, souriante un instant ? N’accepterais-tu jamais ces mouvements, ces flottements d’algue ? Nanaqui, il faut que tu croies à l’axe de ma vie, parce que l’expansion de moi est immense, trompeuse, mais ce n’est que les contours… Je voudrais que tu lises mon journal d’enfant pour que tu voies combien j’ai été fidèle à certaines valeurs. Je crois reconnaître toujours les valeurs réelles… par exemple quand je t’ai distingué comme un être royal dans un domaine qui a hanté ma vie.

    Nanaqui, ce soir je ne veux pas remuer les idées, je voudrais ta présence. Est-ce qu’il t’arrive de choisir ainsi un moment précieux (notre étreinte sur les quais) et de t’y raccrocher, de fermer les yeux, de le revivre, fixement, comme dans une transe où je ne sens plus la vie présente, rien, rien que ce moment ? Et après, la nuit, la succession de tes gestes, et de tes mots, de la fièvre, de l’inquiétude, un besoin de te revoir, une grande impatience."

     

     

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    ANAÏS NIN

    1903-1977

    https://www.deslettres.fr/

    Merci à Severine Flou.

     

     

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    ANAIS ET ANTONIN

     

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  • 08/16/18--07:51: L'ARBRE PARLE...Extrait
  • Écoute-moi comme on entend la pluie
    ni attentive ni distraite,
    les pas légers de la bruine,
    l’eau dissoute en air, l’air tissé de temps,
    le jour n’en finit pas de s’en aller,
    la nuit n’est pas vraiment venue,
    figurations du brouillard
    à l’ angle de la rue,
    figurations du temps
    au tournant de cette pause,
    écoute-moi comme on entend la pluie,
    sans écouter, écoute-moi parler
    les yeux ouverts sur l’intérieur,
    assoupie, chaque sens en éveil,
    il pleut, des pas légers, rumeurs de syllabes,
    l’air et l’eau, paroles qui ne pèsent :
    ce que nous étions, ce que nous sommes
    les jours et les années, cet instant même,
    temps qui ne pèse, lourde peine,
    écoute-moi comme on entend la pluie,

     

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    OCTAVIO PAZ

     Traduit de l’espagnol par Frédéric Magne et Jean-Claude Masson

     

     

     

    Anselm-Kiefer-2

    Oeuvre Anselm Kiefer 

     


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  • 08/17/18--01:43: ECLATS ET BRECHES...Extrait
  • Est-ce bien nous

    ce tremblement fragile du ciel

    ce rire évanoui ?



    Nous sommes brèches, éclats ,

    explosions éphémères 

    Les creux laissés par nos corps

    sur la plage

    se sont remplis de sable

    plus d'une fois



    Nos cris ont la fragilité de la craie,

    la vitesse du goéland 

    Nos tendresses sont torturées 

    Nos mots s'ėcaillent

    Nos rêves n'ont pas toujours le temps

    de nous parvenir



    Et c'est dans cette incertitude

    que nous nous plaisons à vivre.



    .

     

     

    COLETTE GIBELIN

     

     

     

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    Max Gasparini-www

    Oeuvre Max Gasparini


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  • 08/17/18--11:05: C'ETAIT DEMAIN...
  •  

    J’aime le temps d’avant
    Et même un peu plus tôt… 
    Quand l’attente s’éveille…
    Quand le regard se croise 
    Et que se tend l’oreille sur un sourire naissant…
    Un mouvement de tête, timide, sur le coté penché, complice du sourire avant de s’en aller sans penser à plus tard.. 
    Et puis qui se retourne à l’angle de nulle part…
    Ici, là-bas, plus loin, ailleurs…
    Au détour du chemin, de la ruelle étroite, de la terrasse du Bar, pour semer un espoir, fixer un au revoir, un frêle espoir promis en guise de pourboire…
    Un battement de cil…furtif… qui se voudrait…caché, mais… qui se laisse voir. 
    Juste à peine entrevoir..
    Des cheveux qu’on relève… d’un geste de la main…
    Juste une mèche fine…petit un accroche-cœur… pour accrocher l’instant.
    Un tout léger soupir…
    Une idée qui rougit…
    Une main qui trahit, petit frémissement, léger, qui laisse tomber les clés. 
    Le cœur se précipite… 
    Pour…vite… les ramasser.
    Pour effleurer la main juste au bout des longs doigts.
    Les caresser à peine. Juste du bout d’un doigt.
    Un parfum capturé.
    Une ombre qui s’en va. 
    Et le pas qui revient pour traverser le temps
    Pour le suspendre un peu 
    Puis, l’ombre qui s’envole.et s’évade, .en promesse… 
    Partie…
    Un tout petit zéphire, tombé d’un alizé, ramène, folâtrant… le parfum échappé…
    Il effleure les narines… 
    Le rêve prend racine et…se met en attente… 
    Il reste suspendu à l’ aurore naissante d’un sentiment naissant..
    Une éternité passe
    L’étoile du berger agite un fin mouchoir
    L’aube fraiche, à l’orée de l’aurore qui pointe… vient éclairer le temps…et,
    réchauffer les mains justes à l’instant présents….
    Une perle de rosée ose mouiller les pas… du jour qui, lentement, s’avance… 
    Oui ! J’aime l’instant présent patiné par le temps.
    Le temps aux pieds mouillés.
    Juste le temps d’avant la perle de rosée.
    Juste avant…
    Juste un temps….

    Après, avec le temps, la perle s’évapore.
    J’ose dire s’évapleure et..
    Nait… un autre temps.

    ET CE TEMPS EST TOMBÉ. ..NET..COMME TOMBE LA FOUDRE.

     

     

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    GHJISEPPU MAESTRACCI

    CATENA

     

     

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    Dean-James-East-of-Eden

    A l'est d'Eden