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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco
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  • 01/07/18--04:28: AGNES SCHNELL...Extrait
  • Lente déclosion
    accoutumance à la lumière
    on traverse des terres obscures
    des zones où l’âme s’expose.

    On porte haut ce qu’on aime.
    Pensées où les éboulis sont libres, langue sèche
    hiatus entre réalité et songe.

    Tant de naissances pour être soi !
    Tant de jours âpres
    de peurs à contenir
    de brisures à colmater.
    Eternel saltimbanque
    de pirouettes en retournement
    jusqu’à l’acmé.
    Tu te cognes.
    Cailloux dans l’âme
    ou dans la gorge.
    Voix trop fluette malgré ton cri
    immense
    de l’intérieur.

    Crainte soudaine de fondre
    de sombrer dans le tumulte composé.

    On craint l’avalement
    la nuit
    sans fond.

     

     

    .

     

     

    AGNES SCHNELL

     

     

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    Charles-Clos Olsommer2,

    Oeuvre Charles-Clos Olsommer 

     

     

     

     

     

     


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  • 01/07/18--09:45: MADRID
  • Cette ride sinistre de la sierra et l'horizon cerné d'un orage de fer :

    le ciel n'a plus un sourire plus un seul tesson d'azur

    Pas un arc à lancer l'espoir d'une flèche de soleil

    les arbres déchiquetés se redressent gémissent comme des violons désaccordés

    tout un village endormi dans la mort s'en va à la dérive

    quand la mitrailleuse crible la passoire du silence

    quand explose la cataracte de fracas

    que le plâtras du ciel s'écroule

    Et les flammes tordues lèchent dans la cité

    les blessures des lézardes calfatées de nuit

    et dans le petit square abandonné où règne maintenant la paisible épouvante

    il y a

    mais oui il y a

    sur le visage sanglant de cet enfant un sourire

    comme une grenade écrasée à coup de talon

     

    Plus d'oiseaux de doux chants d'oiseau des collines

    l'âge de feu et d'acier est né la saison des sauterelles apocalyptiques

    et les tanks avancent l'invasion obstinée des gros hannetons ravageurs

    et l'homme est terré avec sa haine et sa joie pour demain

    et quand il s'élance

    la mort te vendange Hans Beimler *

    la mort qui agite sur le van de la plaine

    une moisson de cris

    Voici avec  la neige la denture cariée des montagnes

    l'essaim des balles bourdonnant sur la charogne de la terre

    et la peur au fond des entonnoirs est comme le ver dans une pustule crevée.

    Qui se rappelle l'incroyable saison le miel des vergers et le sentier sous les branches

    le murmure froissé des feuilles et le rire tendre et bon de la jeune femme

    la paix du ciel et le secret des eaux

    - Il y a longtemps déjà que tomba dans l'oliveraie Lina Odena * là-bas dans le sud

     

    C'esy ici l'espace menacé du destin

    la grève où accourue de l'Atlas et du Rhin

    la vague confondue de la fraternité du crime déferle

    sur l'espoir traqué des hommes

    Mais c'est aussi malgré les sacré-coeurs brodés sur l'étendard de Mahomet

    Les scapulaires les reliques

    les grigris du lucre

    les fétiches du meurtre

    les totems de l'ignorance

    tous les vêtements du mensonge les signes démentiels du passé

    ICI que l'aube s'arrache des lambeaux de la nuit

    que dans l'atroce parturition et l'humble sang anonyme du paysan et de l'ouvrier

    naît le monde où sera effacée du front des hommes

    la flétrissure amère de la seule égalité du désespoir.

     

     

    * Hans Beimler : https://fr.wikipedia.org/wiki/Hans_Beimler

     

    * Lina Odena : https://es.wikipedia.org/wiki/Lina_Odena


    Lina Odena, jeune dirigeante communiste qui devint secrétaire générale de l’organisation des femmes après la victoire du Front populaire, appartient au même type d’héroïne virginale. Au cours d’un contrôle franquiste, au tout début de la guerre civile, elle préféra se donner la mort avec son pistolet plutôt que de tomber entre les mains des phalangistes : le récit de sa mort l’apparente aux femmes martyres de la tradition chrétienne qui préférèrent la mort au déshonneur, ici représenté par les tortures et sévices, notamment à caractère sexuel, auxquelles étaient souvent soumises les femmes « rouges » par les franquistes

     

     

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    JACQUES ROUMAIN

     

     

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    femmes guerre d'espagne

    Résistante guerre d'Espagne


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  • 01/07/18--12:02: NOËL...
  • J’en ai assez de votre bonne conscience
    J’en ai assez Messieurs-je-sais-tout
    J’en ai assez de votre omniscience
    J’en ai assez de vos airs de toutou
    J’en ai assez

    Voici Noël et ses marchands du temple
    Voici Noël et ses soldes à deux sous
    Voici Noël et ses feux qu’on contemple
    Voici Noël, la misère en dessous
    Voici Noël

    Qu’a-t-on gardé de la Nativité ?
    Qu’a-t-on gardé du mystère divin ?
    Qu’a-t-on gardé de la céleste cité ?
    Qu’a-t-on gardé du sang changé en vin ?
    Qu’a-t-on gardé ?

    On m’avait appris naguère le miracle
    On m’avait appris le visage humain
    On m’avait appris le son de l’oracle
    On m’avait appris le cœur sur la main
    On m’avait appris

    Comme un livre ouvert c’est un autre langage
    Comme un livre ouvert venu du fond de l’être
    Comme un livre ouvert que déplierait un mage
    Comme un livre ouvert à suivre à la lettre
    Comme un livre ouvert

    Le cœur est là cousu en filigrane
    Le cœur est là posé en évidence
    La cœur est là léger qui se pavane
    Le cœur est là qui bat et qui danse
    Le cœur est là

    C’était avant que les choses vous submergent
    C’était avant le siècle des pesanteurs
    C’était avant les chaînes et les verges
    C’était avant le règne des menteurs
    C’était avant

    Tout a un prix désormais ici-bas
    Tout a un prix qu’on s’en saigne les veines
    Tout a un prix l’homme est au plus bas
    Tout a un prix jusque dans la haine
    Tout a un prix

    Quand je sors des murs de ma maison
    Quand je sors je vois l’obscène étalage
    Quand je sors l’air a un goût de poison
    Quand je sors c’est l’infâme déballage
    Quand je sors

    Vraiment je me sens moins qu’un étranger
    Vraiment les affiches, réclames, slogans
    Vraiment vos articles si bien rangés
    Vraiment mon mépris vous va comme un gant
    Vraiment

    Vous voici, dieux de la marchandise
    Vous voici, votre règne est arrivé
    Vous voici, vos appâts vos friandises
    Vous voici, vers vous nos bras levés
    Vous voici

    Le nouveau dogme c’est le plaisir sans frein
    Le nouveau dogme du bonheur facile
    Le nouveau dogme prêchéà fond de train
    Le nouveau dogme taillé pour imbéciles
    Le nouveau dogme

    On vous assure les rêves les plus longs
    On vous assure les plaisirs solitaires
    On vous assure : ni barrières ni jalons
    On vous assure : ni dieu ni maître sur terre
    On vous assure

    Un seul dieu pourtant, au-dessus des autres
    Un seul dieu, non pas au sein d’une chapelle
    Un seul dieu, non pas dans un cœur d’apôtre
    Un seul dieu pour un unique appel
    Un seul dieu

    En chiffres on le vénère, comme le veau d’or
    En chiffres les prières qu’on lui adresse
    En chiffres on le conjure, on l’honore
    En chiffres on se mortifie, on se confesse
    En chiffres

    Tout se vaut pour peu que cela s’achète
    Tout se vaut les prix sont affichés
    Tout se vaut, se porte, s’use et se jette
    Tout se vaut Amour comme Psyché
    Tout se vaut

    Point n’est besoin désormais de penser
    Point n’est besoin encore moins de croire
    Point n’est besoin pour l’esprit d’avancer
    Point n’est besoin c’est une vieille histoire
    Point n’est besoin

    Désormais l’homme a déclaré forfait
    Désormais devant « l’objet intelligent »
    Désormais c’est lui sa bonne fée
    Désormais il en veut pour son argent
    Désormais

    Entre nous on a baissé les bras
    Entre nous toute affaire devient négoce
    Entre nous on discute le bout de gras
    Entre nous dans un monde féroce
    Entre nous

    Notre époque porte la grande illusion
    Notre époque au nom de la liberté
    Notre époque aveugle à toute vision
    Notre époque ni croyante ni athée
    Notre époque

    Bienvenue au siècle numérique
    Bienvenue le cul sur sa chaise
    Bienvenue au nouvel Amérique
    Bienvenue au nouveau catéchèse
    Bienvenue

    Vous verrez des mondes étonnants
    Vous verrez, comme on vous le souhaite
    Vous verrez entre levant et ponant
    Vous verrez le miroir aux alouettes
    Vous verrez

    Les mots sont vides : comme « démocratie »
    Les mots ne sont plus que de la fumée
    Les mots rances au goût de pain rassis
    Les mots, les mots, de mensonge parfumés
    Les mots

    J’en dirais tant de ces mots à vous tous
    J’en dirais tant comme ça vient tout seul
    J’en dirais tant, ça se dit sur le pouce
    J’en dirais tant jusque dans mon linceul
    J’en dirai tant

    Jusqu’à ma mort je vous vomirai
    Jusqu’à ma mort mon dégoût de vos normes
    Jusqu’à ma mort quand léger je partirai
    Jusqu’à ma mort en y mettant les formes
    Jusqu’à ma mort

    En crachant sur vos rituels du grand nombre
    En crachant sur vos prophètes du bas ventre
    En crachant, sur cet écran qui encombre
    En crachant, jusqu’au désert de mon antre
    En crachant

    Achetez, c’est le nouvel acte de foi !
    Achetez au nom du nouveau Moloch !
    Achetez dieu et mortel à la fois !
    Achetez, tout se vend et tout se troque !
    Achetez !

    En ce Noël où se lisent dans les foyers
    En ce Noël, bien des récits de naufrage
    En ce Noël où sombrent des destins ployés
    En ce Noël où l’indigence fait rage
    En ce Noël

    Je dis non à l’unique dimension
    Je dis non au culte de la matière
    Je dis non sans feinte ni diversion
    Je dis non à la terre entière
    Je dis non

    Au nom du feu qui étincelle en l’homme
    Au nom du feu qui au fond de vous couve
    Au nom du feu que l’on crie et l’on nomme
    Au nom du feu où que l’on se trouve
    Au nom du feu

    Le sacré, à l’envi tâché de honte
    Le sacré enfoui comme au fond d’une bière
    Le sacré avili enfle et remonte
    Le sacré comme une rancœur d’hier
    Le sacré

    Assez de votre Eden à quatre voies
    Assez de vos muettes complaisances
    Assez de vos grands messes vidés de voix
    Assez de vos Romes et de vos Byzances
    Assez

    Je préfère oublier vos tièdes rubans
    Je préfère la corde raide et sa froideur
    Je préfère du monde être mis au ban
    Je préfère à d’autres chaînes la roideur
    Je préfère

    Fatiguées sont vos molles consciences
    Fatiguées vos pensées devant les défis
    Fatiguées vos doctrines et vos croyances
    Fatiguées dans un monde qui se suffit
    Fatiguées

    Qu’on arrête vos jeux intellectuels
    Qu’on arrête vos prouesses formalistes
    Qu’on arrête vos merdes conceptuelles
    Qu’on arrête vos tours de fabulistes
    Qu’on arrête

    En ce Noël de bien des détresses
    En ce Noël j’en appelle au sursaut
    En ce Noël oublié des promesses
    En ce Noël étouffé au berceau
    En ce Noël

    Qu’il revienne l’homme symbole d’un ailleurs
    Qu’il revienne, arbre entre ciel et terre
    Qu’il revienne arraché de sa torpeur
    Qu’il revienne de cette graine que j’enterre
    Qu’il revienne

     

    .

     

     

    REZA AFCHAR NADERI
    Paris, le 17 décembre 2009

     

     

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    illusion1

     

     

     

     


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    Si quelques mots voulaient venir à son secours
    peut-être traverserait-il le jour
    sans trop mourir celui que
    le poids des choses conduit dans
    les vergers sans fruits du silence

    Peut-être serait-il absous
    d’avoir été dans un même temps
    l’ange et la bête
    celui qui traquait des langages
    dans l’azur et dans la paille

    Et si quelque parole fût-elle pauvre
    aimait à le prendre en pitié
    peut-être s’ouvrirait-il au péril
    de vivre encore une journée
    celui qui défaille et espère

     

     

    .

     

     

    ANDRE SCHMITZ

     

     

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    tofographies2

     


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  • 01/08/18--11:57: NOMADE
  • Je traverse en nomade le grand corps du monde, de la fraîcheur des sources jusqu’au vent du désert, de la froideur de l’eau jusqu’aux habits de flammes, du rhume des objets jusqu’à la toux de l’âme, du sel de la mer jusqu’au fil de salive, des grottes de Lascaux jusqu’aux mots sur la page, de l’amibe encore chaud au cristal de Bohème, des hommes dans les mines aux femmes à ciel ouvert. Je traverse le monde comme un ruisseau perdu où viennent boire les bêtes. Je recueille une à une les larmes oubliées, les ailes des oiseaux pétrifiées dans la pierre. Je marche en titubant de la blessure au baume.

    Je voudrais bien savoir de quoi parlent les arbres quand le vent les visite, ce que chante un oiseau pour endormir le nid. Nous apprenons la vie par les gestes qu’on pose. Nous apprenons la langue par les mots que l’on dit. Je construis ma demeure avec du bois d’homme. Je croise sur la page la baleine et l’agneau, la montagne et le pain, la source et le volcan. Ils se comprennent mieux que les hommes s’accordent. L’espérance y butine les insectes en fleurs. Des plantes inconnues escaladent le roc. À l’école du vent, les papillons par paires potassent le pollen. Les arbres du verger ne comptent pas leurs pommes. Ils se dessinent un cœur dans les lignes de l’aubier.

    Je regarde le ciel sans oublier la terre. Plus léger qu’un oiseau qui marche sur la neige, je déchiffre du pied l’hexagramme des pas. Je veux tisser ma vie sans en briser le fil. Le plus beau des arbres a les racines tordues. L’abîme le plus creux aspire au soleil. La grosseur des bourgeons me tient lieu de journal. Avec le vent qui passe, les aiguilles de pin font des calligraphies. Il faut croire à son ombre autant que le soleil. Sur la route du yang, la charrette du yin bringuebale parfois. Sa vieille roue de bois ne reste pas en place. Pâle croissant de lune, je traverse en nomade l’histoire du ciel. Je cherche encore la porte pour entrer ou sortir, un horizon sans borne, une horloge sans temps.

    J’ai préféré la vigne aux escaliers de marbre, les branches du pommier aux carcasses d’autos, les ronces dans les mûres au bois des balustrades. Sous les sabots du cerf, on n’entend plus la terre. La peur du chasseur fait taire les oiseaux. Même le vent dans les feuilles est une cloche sans battant. La rivière qui chante ne finit plus ses phrases. Que savons-nous au juste de la souffrance des pierres, de la peur des enfants, de la tendresse des épines ? Que savons-nous des arbres enfermés dans les portes et le bois des matraques ? Que savons-nous des morts que l’on bâillonne encore, des étoiles aveugles et des bêtes qui boitent, du courage des plantes sous le poids de la neige ?

    Je ne compte pas les jours mais les cailloux blessés. Les chiffres de la pluie s’additionnent aux parfums. Le soleil multiplie les tiges du jardin. Sur la falaise de l’homme, je m’accroche aux images pour ne pas perdre pied. Je laisse sur le roc des cicatrices en feu. Dans la chair des mots, la pointe du scalpel est le bout de la langue.

     

     

    .

     

     JEAN-MARC LAFRENIERE

     

     .

     

      

    NATH.

    Photographie Nathalie Magrez

    http://www.mondessensibles.canalblog.com


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    À ceux à qui il ne manque rien
    Il manque l’essentiel :
    Le manque lui-même précisément

    N’ayant plus rien à désirer et tout venant à leur manquer
    Ceux-là déjà ressemblent à leur mort



    .

     

    ANDRE SCHMITZ

     

    .

     

    ileana serban2

    Oeuvre Iléana Serban


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     Il y a tout au fond de la fatigue

    Tout ce qu’un homme a de plus beau à donner :

    Son courage peut-être,
    Sa sueur perlée, sa respiration difficile
    Et ses blessures déjà anciennes.

    Et au sommet de la colline,
    Près des myrtilles, des bruyères et de la pluie,

    Il y a aussi ce secret bien gardé

    Que seule
    La Nature est prête à partager avec lui.

     

    ...

     

    Un silence
    Qui ne se mesure pas au nombre de mètres qu’il faut pour l’enjamber
    Et passer dans l’histoire d’un autre silence,

    Un silence
    Qui est parfois rempli de pétales de roses
    Et de tristesse,

    Un silence
    Qui ressemble parfois à ces choses qu’on a perdues,
    Englouties par des torrents de pluie
    Ou des amours déçues.

    Un silence comme ça nous renverse parfois,
    Comme si nous n’étions qu’un simple tas de paille
    A la merci du vent.

    ...

     

    .

     

     

    YVES NAMUR

     

     

    .

     

    rose-

     

     

     


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     . 

     


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  • 01/12/18--17:39: BERNARD PERROY...Extrait
  • ...

    Et si nos peines

    ont du mal à se taire,

    il me reste tout de même ce sang

    qui court dans tous les canaux de ma vie,

    cette pauvre démarche en moi

    qui ne suis qu'un homme de peu,

    si fragile,

     


    mais qui sait combien

    toutes ses boiteries

    sont sa seule façon de danser

    vers la lumière,

     

    vers cet immense cadeau

    qui se pelotonne

    dans le fond de son cœur,

     

    ce halo, cette pointe,

    ce regard

    dont la tendresse

    n'a pas de fin…

     

     

    .

     

    BERNARD PERROY

     

    .

     

    Deedra Ludwig

    Oeuvre Deedra Ludwig


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    Quelles profondeurs nous atteignons parfois

    Dans une conversation banale,

    Dans une caresse ordinaire

    Quand on sonde des vérités logées plus profond qu’on ne sait

    Doucement, sans rien déranger

    Comme des gens qui se parlent depuis des siècles.

     

    Si je ferme les yeux je peux sentir mon souffle

    Tandis que la douleur s’atténue,

    Les mots venant plus aisément,

    Hésitant, poissons nageant de nuit ;

    Doucement, sans rien déranger,

    Des phrases rejoignent le banc d’une pensée inattendue ;

     

    Dans le lac Baïkal il y a des poissons sans arêtes

    Ils se dissolvent là où c’est peu profond

    Ils se dissolvent dans l’air.

    Quelles vies doivent-ils mener là dans les ténèbres,

    Doucement, sans rien déranger,

    Des vies à une profondeur inattendue comme la nôtre ce soir.

     

     

    .

     

     

    THEO DORGAN

    traduction de l’anglais  Anne Bernard-Kearney et Nicole Laurent-Catrice

     

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    Brooks Shane Salzwedel8

    Photographie Brooks Shane Salzwedel