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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco
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  • 04/17/19--10:35: MADAME, AVANT LE JOUR...
  •  

    Madame,
    qui d'hier me regardez
    comme un jugement d'ailes 
    on m'a conté vos cris
    et vos prières 
    l'histoire de mes frères 
    assis
    veillant à vos côtés 
    l'ange noir
    la beauté des Enfers
    que leurs yeux n'osaient plus
    ni voir ni boire
    de peur qu'on les réveille 
    avant le jour, Madame,
    avant le jour

    Tant d'années ont passé 
    à lisser l'aube et la lumière 
    sous une barque
    sans autre poésie 
    que l'oubli de la Seine

    Tant d'objets ont poli
    jusqu'à l'iris 
    nos coeurs d'enfants 
    sous une image
    sans autre cathédrale 
    qu'un manège en fer blanc

    Que peuvent encore les flammes 
    Madame,
    pour un aveugle
    que l'on promène entre deux pierres
    entre deux rives mortes
    sans flèche et sans boussole
    repu
    de laideurs ordinaires

    Que peuvent encore les flammes 
    Madame,
    pour un enfant 
    que l'on recrache entre deux mers
    entre deux rives sèches 
    sans but et sans visages
    perdu
    dans une forêt de cendres

    Que peuvent encore les flammes 
    Madame,
    pour l'homme seul
    portant ses ruines
    comme on porte une histoire
    trop longue
    sans regarder le ciel 
    qu'à l'hideuse fenêtre 
    d'un écran de poussières

    Toutes beautés ardentes 
    Madame,
    criez encore un peu
    pour réveiller nos frères 
    avant le jour, Madame,
    avant le jour
    et souffler à la pierre
    plus qu'elle-même 
    des mains à rebâtir 
    pour tendre l'eau, Madame,
    aux gorges assoiffées 
    aux regards asséchés

    ------

    Rebâtir l'Homme avant la pierre...

     

     

    .

     

     

    LAURENT DELABESSE

     

     

    .

     

     

    NOTRE DAME DE PARIS

    Gargouilles, Notre Dame de Paris


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    0 0

    Au bleu des rives tes rêves dérivent 
    entrelacés de nuits blanches.
    Parfois leurs ailes se ferment, 
    deux petits pieds d'enfants se posent
    sur le sable brûlant du passé --
    à petits pas rapaces
    le silencieux ravage du souvenir.
    D'autres fois, c'est l'oubli : 
    une déchirure rouge au visage du ciel --

    rire claquant de mouette
    sur la vague.

     

     

    .

     

     

    ANNE MARGUERITE MILLELIRI

     

     

    .

     

    MEMOIRE

     


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    Je peux me perdre des heures entières dans une strophe de Baudelaire, y nager inlassablement. Si nous sommes tous nostalgiques du ventre maternel, eh bien, j'ai retrouvé ce confort originel dans les poèmes.

     

    .

     

    Jean-Pierre Marielle

     

      .    

     

    MARIELLE

    Jean pierre Marielle

     

    .

     


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  • 04/26/19--09:38: LA GREVE DES FLEURS
  • D’un coup comme ça
    C’est arrivé
    Les fleurs ont dit : 
    ASSEZ
    Assez des pieds dessus nos têtes
    Assez des roues voitures charrettes
    Les amoureux les amoureuses les enterrements
    D’un coup comme ça
    C’est arrivé
    Les fleurs n’ont plus poussé !
    Ce sont les marchands qui ont fait la gueule
    Parce que les promeneurs les paysans disaient :
    « C’est encore un coup des saisons
    Y’a trop d’usines
    Y’a trop d’avions
    Y’a trop de saleté dans l’air ! »
    Z’avaient pas tort
    Mais pour ce qui est de cette affaire
    C’était plutôt un coup d’en dessous
    Mais ni les engrais
    Ni pesticides
    Ni toutes ces nécessités acides
    Qu’on ingurgite à bonne terre pour l’exploiter
    Non c’était que
    D’un coup comme ça
    C’est arrivé
    Les fleurs n’ont plus poussé !
    Les marguerites et les dahlias
    Les gueules de loup les pétunias
    Les patati les patata
    Toute la fine fleur de la flore
    A laissé seule ce matin se lever
    L’aurore
    Et pourquoi ?
    … Je sais pas…enfin…peut-être
    Peut-être un gros chagrin d’amour
    Les fleurs sont amoureuses du jour c’est bien connu
    Et le jour se lève
    De plus en plus gris de plus en plus lourd
    La terre est trop lourde elle va craquer
    On le sait bien mais à la télé couleur
    Sur le petit écran magique
    Les fleurs en plastique ça ressort bien
    Et puis nos narines ne sentent plus grand-chose
    Si ce n’est toutefois le doux parfum des roses
    Parce que la rose voyez-vous
    C’est la reine des fleurs
    Eh bien la reine et ses sujettes
    Fleuri fleura fleuron fleurette
    D’un coup comme ça 
    C’est arrivé
    Les fleurs n’ont plus poussé
    Nous sommes faites pour la fête
    Nous sommes faites pour la terre
    Et la terre plus rien du tout alors
    Adieu les hommes adieu les femmes
    Le soleil la lune les étoiles
    Adieu le feu adieu le vent
    Adieu l’automne et le printemps
    Adieu les pieds adieu les têtes
    Adieu les roues voitures charrettes
    Les amoureuses les amoureux 
    Les enterrements les p’tits enfants 
    D’un coup comme ça
    C’est arrivé
    Les fleurs ont décrété
    C’est pas du badinage

    GREVE ILLIMITEE
    GREVE DU PAYSAGE

    Signé : les fleurs.

     

     

    .

     

     

    PHILIPPE FORCIOLI

     

     

    .

     

     


    0 0

     

    Je voudrais que mon crâne soit comme une chapelle
    Abandonnée perdue au fond d'un val touffu
    On entend bourdonner une mouche une abeille
    Et l'on croît deviner des sourires aux statues
     
    Je voudrais que mon cœur soit comme un feu dans l'âtre
    Qui rougeoie dans la nuit avec sa bonne odeur
    Dans les tisons l'on voit un mystérieux théâtre
    De masques de chevaux de rires et de fleurs
     
    Je voudrais que mon corps soit une goélette
    Qui danse en s'amusant sur la crête des flots
    A la proue le beaupré se moque des tempêtes
    Tous les vents sont amis de ce fringant rafiot
     
    Je voudrais que mes mains sachent guérir les peines
    De tous ces fronts brûlants les enfants affolés
    Ce pauvre homme qui pleure et cette bohémienne
    Au milieu des bagnoles et comme hallucinée
     
    Je voudrais que mes yeux comprennent la lumière
    Qui dore toutes choses du long manteau de Dieu
    Les paupières fermées plus loin que la prière
    Embrasser d'un regard le profond puits des cieux
     
    Je voudrais que mon âme demeure la fidèle
    De ce chant lumineux en enfance jailli
    Qu'au silence épanoui elle file comme une aile
    Vers le grand rendez-vous du soleil de la Nuit
    .

     

    PHILIPPE FORCIOLI

    2015

     

    .

     

    Kelly-Tan-

    Photographie Kelly Tan


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  • 04/27/19--08:50: LE POEME PULVERISE...Extrait
  • Ne te courbe
    que pour
    aimer. Si tu meurs, tu 
    aimes encore.

     

    .

     

     

    RENE CHAR

     

     

    .

     

    ANA PAULA3

     

    Photographie Ana Paula


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  • 04/27/19--09:08: BALLADE EN NOVEMBRE
  •  


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  • 04/27/19--09:11: UN MUR POUR PLEURER
  • Je cherche un mur pour pleurer
    Je cherche un mur pour pleurer
    On ne pleure plus, paraît-il
    En un vol, tout, c'est facile
    On ne dit plus rien
    Lorsqu'on vous crache dessus
    On reste serein, la colère
    C'est mal vu
    On est poli, poli
    On tend son cul, merci merci
    Je cherche un mur pour pleurer
    Je cherche un mur pour pleurer
    On ne s'aime plus, paraît-il
    On dit que l'amour est fragile
    On est très moderne,
    On laisse sa liberté
    Mais on fait les poches
    Aussitôt le dos tourné
    On est copain, copain
    On ne se raconte rien, plus rien
    Je cherche un mur pour pleurer
    Je cherche un mur pour pleurer
    On connaît tout par le journal
    Mais les mots, ça ne fait pas mal
    On est toujours plus ému
    Par ce qui est loin
    Mais on oublie la détresse
    De son voisin
    On est bistrot, bistrot
    On ne se connaît pas trop, pas trop
    Je cherche un mur pour pleurer
    Je cherche un mur pour pleurer
    On mélange les accidents,
    Les princesses et leurs prétendants
    On ne dit plus rien
    Lorsque des enfants ont faim
    Mais on ouvre sa bourse
    Pour sauver des chiens
    On est toutou, toutou
    On a bon cœur, c'est tout, c'est tout
    Je cherche un mur pour pleurer
    Je cherche un mur pour pleurer
    On ne pleure plus, paraît-il
    On rigole, c'est plus facile
    On n'écoute plus
    Les poètes, les errants
    On leur dit "Taisez-vous,
    Vous n'êtes pas marrants."
    On est télé, télé
    On est si fatigué de penser
    Je cherche un mur pour pleurer
    Je cherche un mur pour pleurer
    On va à la messe, au caté
    Ou bien on bouffe du curé
    Mais on chante en chœur
    Il est né le divin enfant
    On va tous ensemble au muguet
    Quand il est blanc
    On est païen, païen
    Dieu reconnaîtra les siens, c'est bien
    Je cherche un mur pour pleurer
    Je cherche un mur pour pleurer
    On est toujours comme on n'est pas
    Un jour c'est triste, un jour ça va
    On essaye bien
    Mais on n'a jamais le temps
    On croit tenir la fleur
    Mais on meurt mécontent
    On est paumé, paumé
    Et si on pouvait s'aimer, s'aimer
    Etre ensemble pour pleurer
    Avoir le temps de pleurer...

     

    .

     

     

    ANNE SYLVESTRE

     

     

    .

     

     


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  • 04/27/19--10:36: SUICIDE LA CHRONIQUE
  • Prévenez si ça les intéresse,

    de prés de loin, et ce qu'il reste des miens

    car ce soir cahin caha

    je chemine vers des sentes interdites...

    Ce soir mon cœur est si plein et gonflé

    que l'idée fait chemin et vient me hanter.

    Pourquoi poursuivre, pourquoi rester...?

    SEUL au milieu de tant d'immensité,

    de vide, sans gaieté, le projet fait rage.

    Pourquoi, pour qui continuer ?

    Des ombres se déploient, sur moi tombe leur froid !

    Il y a eu erreur, rendez-vous manqués,

    aucune voie ne parait meilleure j'ai beaucoup essayé !

    Un Amour idéal, absolu, passionné, irremplaçable et inespéré .

    M'a pris et m'a laissé.

    Suis-je alors cet être ignoble ou bâtard

    à ne susciter qu’indifférence et vil rejet ?

    J'arrive au bout de cette Solitude, au feu le tout dernier ...

    Ce soir, je voudrais finir la danse et retourner au charnier de l'humanité.

    Comment mettre un point final à cette absurdité.

    Trouver l'outil qui trouera mon corps pour ce soir enfin,

    S'EFFACER à jamais ?

     

    .

     

    JACQUES CEAUX

     

    .

     

    MORT