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Channel Description:

Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco
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    Sur la sable doux que caresse la mer
    Ses traces sont sans retour,
    Un chemin solitaire de peine et de silence
    Est arrivé jusqu’à l´eau,
    Un chemin solitaire de peine silencieuse
    Est arrivé jusqu’à l´écume des vagues.
    Dieu sait quelle angoisse t’accompagna,
    Quelle longue souffrance ta voix a tué,
    Pour que, bercée, elle se réfugie
    Dans le chant des coquillages,
    La chanson que chantent au fond de la mer
    Les coquillages.

    Tu t´en vas, Alfonsina, avec ta solitude,
    Quels nouveaux poèmes es-tu allée chercher,
    Une voix lointaine de vent et de sel
    A charmé ton âme et l’emporte,
    Et tu t’en vas là-bas, comme dans un rêve,
    Endormie, Alfonsina, et toute vêtue de mer.

    Cinq petites sirènes t’emmèneront
    Par des chemins d´algues et de corail,
    Et des hippocampes phosphorescents
    Feront une ronde à tes côtés,
    Et tous les habitants de l´eau
    Joueront bientôt à tes cotés.
    « Baisse donc la lampe encore un peu,
    Laisse-moi, nourrice, dormir en paix;
    Et s´il me demande, ne dis pas que je suis là,
    Dis-lui qu’Alfonsina ne reviendra pas.
    Et s’il me demande, ne lui dis jamais que je suis là,
    Dis-lui que je suis partie. 

    .

     

    .

    .

     

    Por la blanda arena
    Que lame el mar
    Su pequeña huella
    No vuelve más
    Un sendero solo
    De pena y silencio llegó
    Hasta el agua profunda
    Un sendero solo
    De penas mudas llegó
    Hasta la espuma

     

    Sabe Dios qué angustia
    Te acompañó
    Qué dolores viejos
    Calló tu voz
    Para recostarte
    Arrullada en el canto
    De las caracolas marinas
    La canción que canta
    En el fondo oscuro del mar
    La caracola

     

    Te vas Alfonsina
    Con tu soledad
    Qué poemas nuevos
    Fuíste a buscar?
    Una voz antigüa
    De viento y de sal
    Te requiebra el alma
    Y la está llevando
    Y te vas hacia allá
    Como en sueños
    Dormida, Alfonsina
    Vestida de mar

     

    Cinco sirenitas
    Te llevarán
    Por caminos de algas
    Y de coral
    Y fosforescentes
    Caballos marinos harán
    Una ronda a tu lado
    Y los habitantes
    Del agua van a jugar
    Pronto a tu lado

     

    Bájame la lámpara
    Un poco

     

     

     

    .

     

     

    ALFONSINA STORNI

     

     

    .

     

     

    .


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  • 10/10/18--10:42: SILENCE DE MIDI
  •  

    Tes mains sont ouvertes dans les longues herbes fraîches,
    Les bouts des doigts pointent telles des roses en fleur :
    Tes yeux souriants respirent la paix. Le pré luit puis s’assombrit
    Sous un ciel de nuées qui se dispersent et se rassemblent.
    Tout autour de notre nid, aussi loin que l’œil puisse voir,
    S’étendent des champs dorés de boutons d’or, bordés d’argent
    Là où le cerfeuil sauvage longe la haie d’aubépine.
    C’est un silence visible, aussi immobile que l’est devenu le sablier.

    Dans la profondeur de la verdure fouillée par le soleil, la libellule
    Est suspendue tel un fil bleu qu’on aurait défait du ciel :
    Ainsi cette heure ailée nous est envoyée d’en haut.
    Oh ! Serrons-la sur nos cœurs, comme don immortel,
    Cette heure d’une communion intense et inexprimable
    Où un silence partagéà deux fut le chant de l’amour.
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    DANTE GABRIEL ROSSETTI
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    dante-gabriel-rossetti-ophelia

    Oeuvre Dante Gabriel Rossetti

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  • 10/10/18--12:26: OISEAUX
  • Les yeux partis du front des aveugles deviennent des oiseaux.

    – Les petits oiseaux, passe encore ! allez-vous dire, mais les grands ?…
    Les grands oiseaux, ne voyez en eux que des yeux exorbitamment épars depuis des temps immémoriaux.
    Quelle force au surplus pourrait empêcher les yeux de grandir, une fois dans le libre azur ?

    Roitelet : œil de poupon !
    Mésange : œil de fillette !
    Fauvette : œil de garçon !
    Bengali : œil d’infante !
    Pinson : œil de page !
    Linotte : œil de bohémienne !
    Moineau : œil de gavroche !
    Alouette : œil de pâtre !
    Bergeronnette : œil de lavandière !
    Ortolan : œil de vicaire !
    Rossignol : œil de poète !
    Hirondelle : œil de bayadère !
    Pivert : œil de pèlerin !
    Chardonneret : œil de troupier !
    Martin-pêcheur : œil de matelot !
    Chauve-souris : œil de pierreuse !
    Coucou : œil d’écornifleur !
    Grive : œil d’ivrogne !
    Merle : œil de satirique !
    Sansonnet : œil de contribuable !
    Canard : œil de mendiant !
    Perroquet : œil d’histrion !
    Tourterelle : œil de religieuse !
    Ramier : œil d’amant !
    Colombe : œil de martyr !
    Pie : œil de veuve !
    Corbeau : œil de fossoyeur !
    Hibou : œil d’avare !
    Goéland : œil de corsaire !
    Coq : œil de toréador !
    Poule : œil de ménagère !
    Faisan : œil de gentilhomme !
    Dinde : œil de magistrat !
    Oie : œil de chanoine !
    Héron : œil de cénobite !
    Cygne : œil de patriarche !
    Chat-huant : œil d’astrologue !
    Cormoran : œil de flibustier !
    Cigogne : œil de mage !
    Condor : œil de bandit !
    Vautour : œil de tyran !
    Paon : œil de pape !
    Aigle : œil d’empereur !
    Et tant d’autres !

    La preuve que voilà bien des yeux ailés, considérez les nids et les aires.
    Dirait-on pas des orbites ?
    Ils vont de climat en climat, de pic en pic, de lande en lande, de bosquet en bosquet, de branche en branche, les oiseaux ; et leur repos met, sur les choses, des yeux.
    Lorsqu’un oiseau se pose, le roc ou la branche nous voit, et ses regards sont, selon le miroir de notre âme, bellement ou laidement sonores.
    Aussi faut-il s’efforcer toujours d’avoir une âme claire et de marcher avec d’infinies précautions à travers la vie ; car, n’étant plus ceux des fronts humains, les yeux « tombés dans le domaine public » sont devenus les yeux de la nature.
    Possible explication du Dieu-voit-tout qui surprenait notre enfance !
    En effet Dieu c’est la fille, le garçon, le riche, le mendiant, celui qui souffre et celui qui jouit, celui qui nous aide et celui qui nous éprouve, celui qui récompense et celui qui châtie, – c’est enfin tout le monde à la fois.
    Ne tuez donc pas les oiseaux !
    Ne tirez pas sur eux la paupière de la mort !
    Ne crevez pas les yeux qui volent !
    N’aveuglez pas Dieu !

     

     

    .

     

     

    SAINT-POL ROUX

     

     

    .

     

    OISEAUX

    Oeuvre ?


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  • 10/10/18--17:05: SECONDES...Extrait
  • Aujourd’hui encore, parfois,
    tu peux avec la clef d’un simple trèfle
    ouvrir le monde...

    .

    .

     

    .

    YANNIS RITSOS

     1909 - 1990

    .

    .

     

    .

    rit

     

     

     


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  • 10/11/18--11:41: DU SILENCE PREMIER


  • Mère soyez gentille

    différez l’heure

    de ma naissance

    Ainsi je serai

    en puissance

    comme on existe

    en poésie

    comme une lettre

    en souffrance

    qui aimerait bien

    faire sens

    sous le vacarme des idiots

     

    Je me contenterai

    des traces des saveurs

    & du pur aliment

    d'un travail de silence

     

    or feu puisés sans cesse

    dans les âges anciens de soi

    substance incandescente

    qui calcine les simulacres-

     

    Je boirai

    ce que les oiseaux

    voudront me laisser

    de l'aurore

     

    chaque jour

    un peu plus léger

    chaque jour

    un peu plus sensible

    à la pure loi intrinsèque

    qui osera me dire enfin :

     

    laisse

    toute chose

    chanter sa vie

    instinctivement

    à son rythme

     

    laisse

    toute chose s'inventer

    l'hirondelle

    décider le bleu

    & la voyelle

    oser le sens

     

    Sois vraiment

    dans tes mots

    & qu'ils soient

    où tu es

     

    Que ta pensée

    revienne vers

    la simplicité

    de tes mains

     

     

    .

     

     

     

    RAYMOND FARINA

    Extrait de "Ces liens si fragiles ",

    Editions Rougerie

     

     

    .

     

    DANIEL TERNON2,

    Oeuvre Daniel Ternon


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  • 10/10/18--16:57: APPRENTISSAGE AMER...Extrait
  • Il arrive un jour où le jour se termine
    avant que la nuit ne soit tout à fait tombée.
    Il arrive un jour où la main, en chemin déjà,
    oublie tout à coup la tendresse de son geste.
    Il arrive un jour où le bois ne parvient pas
    à allumer le feu de la cheminée.
    Il arrive un jour où l’amour qui était infini,
    soudain finit, soudain.

    La force est de savoir aimer avec douceur et constance
    avec l’enchantement de la rose bien droite sur sa tige,
    afin que l’amour, blessé, ne finisse pas
    dans l’éternité amère d’un instant

     

    .

     

     

    THIAGO DE MELLO

     

     

    .

     

    nicolas rozier3,

    Oeuvre Nicolas Rozier


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  • 10/12/18--08:55: A L'ORIENT DE TOUT...Extrait
  • Derrière les yeux, le mystère
    D’où infiniment advient la beauté
    D’où coule la source du songe
    Bruissant entre rochers et feuillages
    Chantant en cascade
    les saisons renouvelées
    Chantant les instants
    de la vraie vie offerte
    Matin du martinet disparu
    Midi de la mésange retrouvée
    Longues heures à travers le jour
    Un seul battement de cils et mille papillons
    prêts à s’enfouir parmi les pétales
    prêts à durer tant que dure la brise
    Jusqu’à la passion du couchant
    où les âmes clameront alliance
    Jusqu’à l’immémorial étang
    où rayon de lune et onde d’automne
    Referont un

     

    .

     

     

    FRANCOIS CHENG

     

     

    .

     

    LADO gudiashvili girl with a pigeon3

    Signature non lisible 

     


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  • 10/12/18--23:35: C'EST DANS L'ABSENCE VIVE
  • C’est dans l’absence vive
    Que s’oriente le Chant :

    Y aurait-il un rythme
    Au secret du silence ?

    Ecrire est à douleur
    Quand le souffle se cherche :

    Mais si le cœur fatigue
    Où peupler ses saisons ?

    Tant que le monde va
    Nous sommes sans bagages :

    Y a-t-il un matin
    Devançant tous matins ?

    Peut-être le printemps 
    Pourrait nous mettre au monde

    Si nous étions vraiment 
    Accordés ici-même :

    Arbres-vie abreuvés
    Aux racines du ciel !

     

    .

     

     

    JEAN LAVOUE
    www.enfancedesarbres.com

     

     

    .

     

    tham37,

    Photographie Thami Benkirane 

    https://benkiranet.aminus3.com/

     


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  • 10/12/18--23:54: PEU A PEAU
  •  

    Est ce qu’un jour
    Un jour seulement
    Les peaux se souviendront
    Qu’elles ont le même ton

    Juste Soie en granité
    De Clair en Obscur moiré
    Comme nous sommes
    Humains bêtes de somme

    Est ce qu’un peu enfin _ un jour

    Juste le temps de reprendre
    Le fil de l’humain en Chœur
    Les sens voilés à nos cœurs
    En tête pourront Doux entendre

    Que l’espace au temps d’exister

    S’il te plaît
    Vous

    Tant se meurt
    A vivre seul courbé
    Quand
    On devrait surtout S’aimer
    Et plus encore se protéger.

    Cil Scille Sur le fil de l’Exil
    Peu à peau

    S’il vous Plaît
    Cil se tait.

     

     

    .

     

     

    CORINNE GRANDEMANGE

    https://www.facebook.com/profile.php?id=100010362851322

    .

    honore daumier2,

     

    Oeuvre Honoré Daumier


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