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ECLAT D'UNE POETIQUE DE L'INACCOMPLI, LIVRE 5...Extrait

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No siempre se puede tocar el alma profunda.

— Robarte de tus labios un beso abrasador. *

S.V.

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Nous avons traversé des orages, des tempêtes, les hautes solitudes, les profondes douleurs.

Ne fût-ce que cela la vie ? La mort, n'était-ce que cela. — Vers l'haut-delà ?

Des joies, — l'éclair, du bonheur, — l'éblouissement. — Or, j'avance somnambule, entre rêve et réel.



Et j'ai outrepassé le visible, — le cap vers l'inconnu, — l'invisible. Nous serions donc passés, comme des fantômes pressés. Pourquoi ce brouillard, ce perpétuel brouillard ?



— Mais quoi, folie, pourquoi ce doute ? dit l'Éveilleur. Vois ! l'homme qui disparaît au seuil de l'embrasure. Que la nuit tombe enfin, pour que renaisse le jour ! Et le soleil victorieux, avec le mot amour réécrit, avec ces lèvres tremblantes, — avec ces lettres tremblées, avec ces corps lents de musique, de frais parfums, avec dans la bouche ce goût de fruit d'été.



Nos corps tournant, dans le torrent du lit, roulant, parmi les draps d'aube d'or, le grand soleil, le vent.

Les cigales écrasées par le silence énorme. Dans l'obscur du soleil, les champs noirs de midi.

Une porte a été fracturée. — Une autre sera entr'ouverte.



Et ainsi tu vois l'homme dans son inachevé. J'outrepasse l'humain.

J'écoute les colombes et les rires s'envoler. Une promesse.

Oui, rien qu'une promesse. — Juste une promesse !



* Toujours l'on ne peut atteindre l'âme profonde.

— Arracher de tes lèvres un baiser ardent.

 

 

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SERGE VENTURINI

 

 

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phil charpentier

Oeuvre Philippe Charpentier

 

DEMETER

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Jouissance,

en étroit contact
    l'argile fraîche et ma peau.
    Chemins ouverts
    sources bavardes
    résineux    et térébinthes
    désordre d'herbes,
    c'était jouissance...

    Un stylet
    a pris place en mon âme.
    Maintenant sans mâture
    tout a goût de cendres
    tout m'est étranger
    indifférent.



    Jambes fantômes
    usées par trop d'errance
    jambes griffées
    ensanglantées...
    Mémoire d'un autre sang
    d'une hémorragie primitive
    plaie épaisse        ouverte
    lochies      lambeaux d'images
    qui s'égarent et que je perds
    lentement.
    Mémoire d'un cri de délivrance
    et de cet autre
    plus pénétrant
    ma vie         en une autre
    incarnée.



    Perséphone...
    À peine nubile
    déjà convoitée,
    mon étoile en souffrance.
    Par l'avidité de l'homme
    ma fille      courbée.

    Mains mêlées,
    mes mots recueillaient ses mots
    mon souffle entourait son souffle.
    Il ne me reste de son nom
    que syllabes
    sonores     encore
    pour combien de temps ?

    Voler vers ses tournoiements
    vers sa joie        sa lumière
    courir à son chant
    danser dans ses pas
    me fondre en son ombre.

    Papillon noir démesuré
    j'arpente rocailles      grèves
    et jardins clos,
    papillon noir desséché
    de ténèbres
    je marche     je dérive
    inutile répétition
    d'une recherche avortée.



    Quelle ironie le fugace
    quelle torture la finitude...
    Tant me reste à parcourir !
    La terre noire étouffe les germes
    et les racines retiennent
    leur puissance.

    Tout se rétrécit tout s'éteint
    tout se meurt
    ceps et yeuses
    oliviers et orangers.
    Voici un blé qui ne lèvera pas
    des feuilles mortes avant d'être
    et la faim terrible
    pour cette engeance aveugle.
    La faim fouaillera
    leurs entrailles
    comme l'absence noue
    les miennes.
    La rumeur qui m'accompagne
    est incantation de mort.




    Lignes chevauchées
    images floues        inversées
    sons étouffés
    ombres multiples
    sans cesse plus denses
    et mes yeux aveuglés
    et mes mains inutiles.
    Perséphone !
    Je cherche ta voix
    tes traits sous les masques.
    J'imagine je crains,
    sauvage solitude
    noyade.

    Plus pierre que ce roc
    plus froide
    ma voix sombre
    n'a plus d'écho.
    Ce point à trouver
    ce lieu       terre stérile
             à laquelle je refuse
             ardeur et vitalité
             sève asséchée ou figée
    ce lieu s'éloigne s'obscurcit..

    Sous l'écume        sous les pierres
    j'ai cherché.
    Le vent déserte
    mon errance.

    Mon fruit      ravi,
    il ne reste que voile parfumé
    rides sur l'eau calme
    mouvement évanescent
    et cette image qui tremble
    en mon image.

    Mon cri ne déchire que moi
    ne défait que moi.

    Seule.
    Mon pas sur la glèbe nue
    mon pas brisé.


    J'aimerais
    mes os blanchis par la vague
    coquille vide
    bois mort
    sillage unique presque effacé,
    mes pas
    traces éphémères.
    Sans elle ?
    La mort      seule, lénifiante
    et que tout meure
    avec moi !




    Vague unique sans ressac
    sans retour
    je suis portée
    au delà des mes pas
    plus loin encore.
    En creux      son poids
    en mes bras tannés
    en creux son rire.

    Ma vie        sa vie
    désaccordées
    ma vie sans elle mutilée.
    Jours incendiés
    nuits de vertige
    tout m'exile.



    La terre abandonnée
    stérile soudain.
    Poussière...
    nulle incandescence
    pour la réchauffer.
    Me voici rompue
    inapaisée
    poing tendu
    pierres récoltées
    pour frapper.
    Qui ?

 

 

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AGNES SCHNELL

Extrait de « Flâneries mythologiques » Inédit

    09/02/04

 

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Gustav-Klimt

Oeuvre Gustav Klimt

 

 

 

FEUILLETS, ECRITS I...Extrait

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L’exubérance, fleurs, feuillages, du milieu de juin n’est rien comparée à la puissante maturité qui saisit cette terre plus belle qu’aucun ciel. A la fin de juillet le ciel auparavant comme une lisse toile bleue se creuse soudain, gouffre sans un frisson où baignent les feuillages verts et noirs d’une dureté inexorable ; et lorsque août arrive, on voit vers le soir la lumière comme un fleuve fuir à l’horizon vers une mer inconnue et rendre à la voûte abandonnée sa transparence peu à peu chargée d’étoiles.

 

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Gustave Roud

Bibliothèques des arts, 1978, pp.30

 

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damian elwes2

Oeuvre Damian Elwes

INDECISO

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Nous
voyageurs
à l'amble imprévisible
nous nageurs
luttant contre l'ombre
d'un ciel absent


nous errants
dans l'éloignement
n'avons que nos chimères
pour nous haler...


Une flamme
aussitôt cendre
et ces mains toujours lasses
d'un corps embrasé.


On craignait l'arythmie
de cet autre
qui incendiait nos mots.


Sur la morsure
de longs échos reviennent
déformés
grimaçants


On craignait son regard
d'écorché
son ignition
et sa bouche
dans l'imposture
d'un sourire crissant.


Le rêve clos
nous laisse nus
le coeur naufragé.

 

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AGNES SCHNELL

 Mezza Voce, Editions le Serpolet, 2012, p.22-23

 

 

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banksy-street-art

Oeuvre " street Art " de Bansky

ACOUSTIC-L'INTEGRALE LAMOMALI MATTHIEU CHEDID

L'ONDEE

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Sous son sarrau d'ambre et d'ébène
L'ondée aligne ses sarments
Comme autant de larmes anciennes
Que le vent sème sur les champs

Il se fait tard sous la remise
Le soir détrousse le jardin
Sous le préau lassé s'irise
Un crépuscule byzantin

La nuit s'en vient filant sa laine
Le long des murailles noircies
Sans rémission saigne la plaine
Sous l'oeil opalin de la pluie

Sous son sarrau d'aube liquide
L'ondée aligne ses sarments
Comme autant de larmes candides
Que le vent sème sur les champs

 

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SYLVIE MEHEUT

 

 

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SYLVIE

PAR-DELA LES MOTS...Extrait

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Recueillir le grain des heures
Éteindre l’étincelle
Ravir un paysage
Absorber l’hiver avec le rire
Dissoudre les nœuds du chagrin
S’imprégner d’un visage
Moissonner à voix basse
Flamber pour un mot tendre
Embrasser la ville et ses reflux
Écouter l’océan en toutes choses
Entendre les sierras du silence
Transcrire la mémoire des miséricordieux
Relire un poème qui avive
Saisir chaque maillon d’amitié

 

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ANDREE CHEDID

« Par-delà les mots »

 

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Photograhie Hengki Koentjoro

 

 

LIBRATIONS

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Jusqu’où peut aller la danse,
Dans le tumulte d’un tapis nocturne ?
Qu’accompagne, au juste,
Cette lumineuse euphorie ?
Les mains, semblables à des fruits aveugles,
A des fruits de questions,
Froissent la page d’éther
Qu’entretient le quiet phénix.
Et la robe, de ses flammes, enveloppe
La danse qui se lave à l’ivresse de l’éphémère.
Tant que semblent durer
Cette nuit, cette barque,
Ce port, ce pont, ce phare,
Je chanterai cette lune aux arabesques foetales.

 

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© MOKHTAR EL AMRAOUI

"Arpèges sur les ailes de mes ans"

 

 

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Photographie Nathalie Magrez

http://http://mondessensibles.canalblog.com

 

UNE HISTOIRE DE BLEU...Extrait

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Ne rechigne pas à la dépense.
Quand tu ne lui arracherais que des loques, il te faut écrire comme si tu devais liquider la mer. Les mots sont tout ce qu'il te reste : lance toi à l'assaut de ce bleu.
Tu dois courir encore derrière la mer.
Il t'appartient d'en modifier la teinte, comme de recolorer de temps en temps le ciel, et de rhabiller ses fantômes avec des vêtements neufs. Pour se perpétuer, l'invisible a besoin de figures. L'infini est avide de formes.
Il ne prend corps que sur ses bords où se conjoignent le large et le rivage, là où se noie de ton poème le beau regard exact et bleu : la mer est le grand encrier indestructible.

 

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JEAN-MICHEL MAULPOIX

 

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bleu

 

 

NOTES SUR LA MELODIE DES CHOSES...Extrait

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L'un entend plus, l'autre moins, de la puissante mélodie de l'arrière-fond.

Beaucoup ne l'entendent plus du tout.
Eux sont comme des arbres qui ont oublié leurs racines.
Beaucoup n'ont pas le temps de l'écouter.
Ce sont des pauvres sans patrie,
Qui ont perdu le sens de l'existence.
Ils tapent sur les touches des jours
Et jouent toujours la même monotone note diminuée.

Il faut avoir démêlé la ligne vivante qui porte les autres.
Il faut avoir oublié le beaucoup pour l'amour de l'important.

Une fois qu'on a découvert la mélodie de l'arrière-plan,
On n'est plus indécis dans ses mots ni obscur dans ses décisions.
C'est une certitude tranquille
Née de la simple conviction de faire partie d'une mélodie,
Donc de posséder de plein droit une place déterminée
Et d'avoir une tâche déterminée au sein d'une vaste œuvre
Où le plus infime vaut exactement le plus grand.

 

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Rainer Maria Rilke
Notes sur la mélodie des choses

 

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L'ILLUSION

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Bleutée

Fragile

L'Illusion

Racole

Sur nos chemins de terre

Porteuse de risques et d'étoiles

Elle naît d'entre les dunes

Comble nos vides

Rachète nos chagrins

Si l'œil lucide

La traverse

Elle s'écroule

Essaimant voiles et chimères

Blessant le souvenir

Chute provisoire

En attente

Du prochain envol.


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ANDREE CHEDID

 

 

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Photographie Nathalie Magrez

mondessensibles.canalblog.com

 

 

 

 

L'ECART

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Souvent j'habite mon corps jusqu'aux creux des aisselles
Je me grave dans ce corps jusqu'aux limites des doigts
Je déchiffre mon ventre
Je savoure mon souffle
Je navigue dans mes veines à l'allure du sang



Sur mes pommettes la brise prend appui
Mes mains touchent aux choses
Contre ma chair ta chair m'établit



Souvent d'être mon corps

j'ai vécu

Et je vis



Souvent d'un point sans lieu
Ce corps je l'entrevois martelé par les jours assailli par le temps

Souvent d'un point sans lieu
J'assourdis mon histoire
De l'avant à l'après je conjugue l'horizon

Souvent d'un point sans lieu
Ce corps je le distance



Et de cet écart même en alternance
Je vis.

 

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ANDREE CHEDID

 

 

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Photographie Nathalie Magrez

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UN AUTRE SANG

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Le corps des fleuves sommeille

Plus déserte que l'os

la branche s'est engourdie

Le cadavre de l'été a plombé son pelage
Nos mémoires dilapident le cadavre des humains

Indifférence des actes du ciel

Et de nos mondes couvant trop de plaies!

Morte morte terre
Sous l'aveugle neige un autre sang mûrit-il?

Je le savais jadis je le saurai plus loin

Sous sa gangue d'argile la vie toujours s'explore et se retaille
Vie.

 

 

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ANDREE CHEDID

 

 

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Photographie Nathalie Magrez

mondessensibles.canalblog.com

 

TOI MOI

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Par l'univers-planète univers à toute bride
Par l'univers-bourdon dans chaque cellule du corps

Par les mots qui s'engendrent
Par cette parole étranglée
Par l'avant-scène du présent
Par vents d'éternité

Par cette naissance qui nous décerne le monde

Par cette mort qui l'escamote

Par cette vie

Plus bruissante que tout l'imaginé



TOI

Qui que tu sois!
Je te suis bien plus proche qu'étranger.

 

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ANDREE CHEDID

 

 

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Montserrat Gudiol (62),

Oeuvre Montserrat Gudiol

 

FRANCOFOLIES DE LA ROCHELLE - L'INTEGRALE DE LAMOMALI

TANT DE CORPS ET TANT D'ÂME

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Captifs de l'étrange machine

Qui nous mène de vie à trépas

En quel lieu de ce corps en fonction

De ce sang qui déambule

Se fixe l'être

Bâti d'élans de songes de regards

Qui parle les langues du silence

Qui devance mots et pensées?

Qui prononce notre mort

Qui instaure notre vie

Qui présence ou absence

Dans la mêlée des vallées et des gouffres

Nous prodigue

Cette sarabande de rixes et de roses

Nous assigne

Ce pêle-mêle de discordes et d'harmonies?



Qui

tissant ensemble

tant de corps et tant d'âme

Nous imprègne de passé

Nous génère un avenir?






Plus loin que tes membres

Plus haut que ton front

Plus libre que racines

Tu t'émancipes de l'arbre de chair

Vers les récits du monde

Vers l'image inventée

Hors des marques quotidiennes

Où tu vécus fièvres et moissons

Soleils ou mélancolies

Tu t'élances

Une fois de plus

Débauchant l'espérance.




L'esprit s'aventure

Tandis qu'en sourdine

Le corps tout à sa trame

Poursuit de secrètes et mortelles visées

Spectateurs ahuris

Nous déchiffrons soudain

Sur nos peaux en nos charpentes

Les croquis de l'âge

Tout ce grené tout ce tracé

Tous ces naufrages

Que nous n'avons pas conduits

Ces mêmes érosions ces mêmes

Qu'aucune chair n'a jamais fuis

Le temps triomphe des temps

Soumis au projet sans failles

De l'impassible métronome

Le corps lentement se déconstruit

Tournant autour du pieu

Où s'embrochent nos destins

Il nous reste la parole

Faite d'argile et de souffles

Il nous reste le chant

Fortifié d'autres chants

Alluvions qui progressent

Vers l'horizon sans appel.

 

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ANDREE CHEDID

 

 

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michael parkes12,

Oeuvre Michael Parkes

 

 

 

GAZA

POEMES....Extrait

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Les enfants

ce sont des hommes petits et rien d'autre.

Les vrais enfants

ce sont des hommes fatigués d'être des hommes.

Fatigués d'être debout sur les années,

voici qu'ils veulent descendre.

Ils balancent les livres les fusils les maisons les chapeaux

les ornements les couteaux - asolument tout ! -

et ils jouent au moineau et au vent,

au si léger flocon de neige.

Ils jouent à mourir.

 

 

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I bambini

sono uomini piccoli, e nulla più.

I veri bambini

sono gli uomini stanchi di essere uomini.

Stanchi di stare in piedi sugli anni,

ora vogliono scendere giù.

Gettano i libri i fucili le case i capelli

gli ornamenti i coltelli - tutto ! -

giocano al passero al vento

al fiocco di neve si lieve,

giocano al morire

 

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ANNA MARIA ORTESE

Traduction Irène Lentin,  Stefano Mangano et Ambra Zorat

 

 

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SAROLTA BAN3

Photographie Sarolta Ban

 

 

L'ÎLE DU COMMENCEMENT

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ma nuit s'achève sur un fil de soie
esprit éperdu fais tournoyer l'aurore
mon verre est rempli de merveille

messager des horizons solitaires
l'oiseau fidèle à la veillée de l'amour
porte ma raison à la main avisée

dis seulement la fièvre du vers
et l'alphabet de l'éveil des sens
déclame la sueur des cieux émus

reviens-moi au minuit des lumières
procure la supplique du regard
sur mon poitrail dépose son solfège

à la mémoire de mon futur songe
je transcrirai mon offrande à la sultane
mon œuvre sera l’île du commencement

 

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KAMEL YAHIAOUI

 

 

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Bahram Dabiri T

Oeuvre Bahram Dabiri

THIERRY METZ...Extrait

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Un avril d’oiseaux s’éveille dans les arbres. Qui sait où je vais ? Pas un nuage, seulement le chemin de castine puis le bois. Je rôde par là vers rien. Dans cette lumière qui me cherche comme une ombre. Seule, agaçante, une abeille me tourne autour. Mais chacun des pas compose un chemin.
Ce n’est pas que moi. Né d’une fougère.
Promeneur sans bâton.
Toujours lui, jamais le même. Une branche, peut-être de l’indiscernable.

 

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THIERRY METZ

https://www.terreaciel.net/Thierry-Metz#.WWuz1VFpzIV

 

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Photographie Nathalie Magrez

http://mondessensibles.canalblog.com