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Channel: EMMILA GITANA
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LES NOMADES

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Ils sont nés près de Barcelone,
Ils ont grandit en Australie,
Ils se sont aimés à Paris,
Mais ils s'en vont encore d'ici,
Les nomades..

Ils ont habité la roulotte,
Les quatre planches qui cahotent,
De St Ouen en Ste Marie
Mais ils s'en vont encore d'ici,
Les nomades...

Ni la couronne d'orangers
Ni la cheminée de faux marbre,
Ne leur mettent racine aux pieds,
Ils ne sont pas comme les arbres,
Les nomades..

Ils vont toujours de villes en plaines,
Il n'y a rien qui les retienne,
Dessus la route qui les mène,
En dimanche comme en semaine,
Les nomades...

Ils ont eu froid comme personne,
Ils ont chanté mieux que nous tous,
Mais c'est la route qui les pousse,
Avec des fifres à leurs trousses,
Les nomades..

Qu'ils soient venus du fond des âges,
Tous les gitans, tous les tziganes,
Un violon leur a brisé l'âme,
Ils en gardent parfois des larmes,
Les nomades...

Ni la peur de mourir un jour,
Dans quelque ville frontalière,
Sans tenir la main d'un amour,
Ne les arrête sur la Terre,
Les nomades..

Et quand on voit sous les platanes,
Passer les mulets et les ânes,
On a beau être des profanes,
On aim'rait suivre la caravane..
..Des nomades...

 

 

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JEAN FERRAT

 

 

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tsiganes2

BETTY

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Tu n'as pas sommeil
Tu fumes et tu veilles
T'es toute écorchée
T'es comme un chat triste
Perdu sur la liste
Des objets trouvés
La nuit carcérale
Tombant sur les dalles
Et ce lit glacé
Aller et venir
Soleil et sourire
Sont d'l'autre coté

Ces murs, ces grillages
Ces portes et ces cages
Ces couloirs, ces clés
Cette solitude
Si dure et si rude
Qu'on peut la toucher
Ce rayon de lune
Sur le sol allume
Visage oublié
De celui que t'aimes
Qui tire sur sa chaîne
Comme un loup blessé

Betty faut pas craquer
Betty faut pas plonger
Je sais, ils t'on couchée là
Et puis ils ont fermé leurs barreaux d'acier

Betty faut pas pleurer
Betty faut pas trembler
Je sais, tu vas rester là
T'aimerais plus t'réveiller, plus jamais rêver

Je te dis je t'aime
Dans ce court poème
Dans ce long baiser
Tu es ma frangine
Juste une féminine
Que j'avais rimée
Je te donne ma force
Mes mots et mes notes
Pour te réchauffer
Je haie la morale
Les prisons centrales
Les maisons d'arrêt

Je n'ai pas sommeil
Je fume et je veille
Et j'ai composé
Une chanson d'amour
Une chanson secours
Pour l'autre côté
Pour ceux que l'on jette
Dans les oubliettes
Dans l'obscurité
Pendant qu'les gens dorment
Au fond du conforme
Sans se réveiller

Betty faut pas craquer
Betty faut pas plonger
Je sais, ils t'ont couchée là
Et puis ils ont fermé leurs barreaux d'acier

Betty faut pas pleurer
Betty faut pas trembler
Tu sais, on s'retrouvera, là
Ailleurs, en plein soleil ...

 

 

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BERNARD LAVILLIERS

 

 

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CROISIERE MEDITERRANEE

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Venues des hauts plateaux
Incendiées par la guerre
Écrasées de soleil
Les fourmis silencieuses
Fouettées par la poussière
Devorées par le sel
On avait tous un jour
Imaginé la mer
Et le douceur du vent
Mais dans cette nuit noire
Qu'on a payée si cher
On coule en dérivant
Croisières méditerranéennes
Sourires carnassiers des murènes
Très loin des sirènes italiennes
Tu atteindras ces rives sombre
Très près des côtes siciliennes
Les vierges noires comme une traîne
Imaginez la mer qu'on a payée si cher
Imaginez la mer
On est venu de loin
Plus loin que tes repères
A des millions de pas
On est venu à pied
Du fond de la misère
Ne nous arrête pas
Retourne à la maison
Mais si j'en avais une
Je serais pas là
Et la mer engloutit
Dans un rouleau d'écume
Mon chant et puis ma voix
Croisières méditerranéennes
Sourires carnassiers des murènes
Très loin des sirènes italiennes
Tu atteindras ces rives sombres
Très près des côtes siciliennes
Les vierges noires comme une traîne
Imaginez la mer qu'on a payée si cher
Imaginez la mer
On est venu de loin
Plus loin que tes repères
A des millions de pas
On est venu à pied
Du fond de la misère
Ne nous arrête pas
Retourne à la maison
Mais si j'en avais une
Je ne serais pas là
Et la mer engloutit
Dans un rouleau d'écume
Mon chant et puis ma voix
Croisières méditerranéennes
Sourires carnassiers des murènes
Très loin des sirènes italiennes
Tu atteindras ces rives sombres
Très près des côtes siciliennes
Les vierges noires comme une traîne
Imaginez la mer qu'on a payée si cher
Imaginez la mer
Nous dormons dans des villes
Ombres parmi les ombres
Les longs couteaux tirés
A deux doigts de l'Europe
Qu'on a rêvé si for
Qu'on commence à douter
Tu es resté debout
Devant les barbelés
Sous le ciel minéral
Tu commences à ramper
En dessous du silence
Et dans l'oubli total
Croisières méditerranéennes
Sourires carnassiers des murènes
Très loin des sirènes italiennes
Tu atteindras ces rives sombres
Très près des côtes siciliennes
Les vierges noires comme une traîne
Imaginez la mer qu'on a payée si cher
Imaginez la mer
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BERNARD LAVILLIERS
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RAPHAËL GLUCKSMANN...Extrait

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Ce que notre indifférence face à la mort des migrants en Méditerranée et la peur du "grand remplacement" disent de ce que nous sommes devenus...

La France, son identité, sa culture, son histoire, ses modes de vie, sa langue ne peuvent être menacés par l'accueil de 50 000 réfugiés par an. Ou 100 000. Ou même 200 000. À quel point faut-il douter de son pays et de soi-même pour être gagnés par l'angoisse ou "l'insécurité culturelle" face aux 0,1% ou 0,2% (ou même 0.8% pour reprendre les chiffres les plus farfelus) de migrants venant d'horizons différents chaque année?

Non, ce qui menace des siècles d'héritages humanistes, le legs des Lumières et de la Révolution, la tradition républicaine - notre véritable identité nationale - c'est bien plutôt notre repli sur nous-même, notre indifférence face aux centaines d'être humains mourant chaque mois dans la Méditerranée, notre incapacitéà nous mettre à la place des ombres de Calais, La Chapelle ou Vintimille, notre renoncement au message universel qui contribua à façonner la France pendant (au moins et bien plus en réalité) 250 ans.

Le mélange constamment répété entre réfugiés et immigrés, entre problèmes d'accueil des demandeurs d'asile et difficultés d'intégration de populations déjà là depuis longtemps (et parquées dans des ghettos) est le signe d'une confusion mentale générale. Cette confusion - savamment entretenue par des dirigeants politiques sans scrupules et des éditorialistes sans idées ni principes - vient du fait que nous ne savons plus qui nous sommes et ce que nous faisons ensemble. Des élites aphasiques et abouliques, incapables de définir un horizon commun, laissent les uns et les autres définir leur "être" et le nôtre par exclusion de l'autre, quand elles ne nous y poussent pas joyeusement.

S'il y a un "grand remplacement", c'est bien celui de nos principes humanistes par des valeurs d'exclusion et de repli, de siècles d'hégémonie culturelle progressiste par la doxa néo-réactionnaire, de la France ouverte qui nous a vus naître par une France fermée que notre apathie contribue à construire.

 

 

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RAPHAËL GLUCKSMANN

 

 

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Ahmad Moualla

Oeuvre Ahmad Moualla

Artiste Syrien

LES VENTS ABSENTS

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L'écho râle des vents absents
S'en retourne des monts pétrés
Où se perdent in-conscients
Le poème vagabond de l'âme
Hasardeuse la destinée 
Au souffle pèlerin 
Qui m'eût porté vers toi
Je te ressens comme tu m'écoutes 
Et de nous ce cantique osé
D'une frange dévêtue d'éternité

 

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CRISTIAN-GEORGES CAMPAGNAC

 

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maxgasparini2

Oeuvre Max Gasparini

JEAN LAVOUE...Extrait

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Un chant va-t-il fleurir tout au bout de tes pas ?
Tu n’en sais rien encore mais ne t’en soucie pas :
L’éclat de l’hirondelle, la fraîcheur des courants
Te portent du bout des ailes ;
Tu respires en marchant.
C’est un pic de silence, un rivage inversé,
Un mot de contrebande, une passe oubliée...
La danse des papillons,
Tu t’engouffres en rêvant.
Le flot bleu des je t’aime,
Tu devises en priant :
Oh ! Que la terre est belle,
Que me prenne son chant.
Dans la toile du vent, les libellules se font
Des allures de reines. 
Tu foules les ajoncs dans le feu des promesses.
Sur le lit de ta page, 
Même les renoncules t’éclaboussent en riant.

 

 

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JEAN LAVOUE
www.enfancedesarbres.com

 

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pap

L'EAU ET LES RÊVES...Extrait

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En effet, nous croyons possible de fixer, dans le règne de l’imagination, une loi des quatre éléments qui classe les diverses imaginations matérielles suivant qu’elles s’attachent au feu, à l’air, à l’eau ou à la terre. Et s’il est vrai, comme nous le prétendons, que toute poétique doive recevoir des composantes, — si faibles qu’elles soient — d’essence matérielle, c’est encore cette classification par les éléments matériels fondamentaux qui doit apparenter le plus fortement les âmes poétiques. Pour qu’une rêverie se poursuive avec assez de constance pour donner une œuvre écrite, pour qu’elle ne soit pas simplement la vacance d’une heure fugitive, il faut qu’elle trouve sa matière, il faut qu’un élément matériel lui donne sa propre substance, sa propre règle, sa poétique spécifique. Et ce n’est pas pour rien que les philosophies primitives faisaient souvent, dans cette voie, un choix décisif. Elles ont associéà leurs principes formels un des quatre éléments fondamentaux qui sont ainsi devenus des marques de tempéraments philosophiques. Dans ces systèmes philosophiques, la pensée savante est liée à une rêverie matérielle primitive, la sagesse tranquille et permanente s’enracine dans une constance substantielle. Et si ces philosophies simples et puissantes gardent encore des sources de conviction, c’est parce qu’en les étudiant on retrouve des forces imaginantes toutes naturelles. Il en va toujours de même : dans l’ordre de la philosophie, on ne persuade bien qu’en suggérant des rêveries fondamentales, qu’en rendant aux pensées leur avenue de rêves.
Plus encore que les pensées claires et les images conscientes, les rêves sont sous la dépendance des quatre éléments fondamentaux. Les essais ont été nombreux qui ont relié la doctrine des quatre éléments matériels aux quatre tempéraments organiques. Ainsi un vieil auteur, Lessius, écrit dans l’Art de vivre longtemps (p. 54) : « Les songes des bilieux sont de feux, d’incendies, de guerres, de meurtres ; ceux des mélancoliques d’enterrements, de sépulcres, de spectres, de fuites, de fosses, de toutes choses tristes ; ceux des pituiteux, de lacs, de fleuves, d’inondations, de naufrages ; ceux des sanguins, de vols d’oiseaux, de courses, de festins, de concerts, de choses même que l’on n’ose nommer. » Par conséquent, les bilieux, les mélancoliques, les pituiteux et les sanguins seront respectivement caractérisés par le feu, la terre, l’eau et l’air. Leurs songes travaillent de préférence l’élément matériel qui les caractérise.

 

 

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GASTON BACHELARD

 

 

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Oeuvres Annie Coe

 

 

LE CORPS

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Ici l'univers est à l'abri dans la profonde température de l'homme
Et les étoiles délicates avancent de leurs pas célestes
Dans l'obscurité qui fait loi dès que la peau est franchie
Ici tout s'accompagne des pas silencieux de notre sang
Et de secrètes avalanches qui ne font aucun bruit dans nos parages,
Ici le contenu est tellement plus grand
Que le corps à l'étroit, le triste contenant …
Mais cela n'empêche pas nos humbles mains de tous les jours
De toucher les différents points de notre corps qui loge les astres,
Avec les distances interstellaires en nous fidèlement respectées.
Comme des géants infinis réduits à la petitesse par le corps humain, où
il nous faut tenir tant bien que mal,
Nous passons les uns près des autres, cachant mal nos étoiles, nos vertiges,
Qui se reflètent dans nos yeux, seules fêlures de notre peau.
Et nous sommes toujours sous le coup de cette immensité intérieure
Même quand notre monde, frappé de doute,
Recule en nous rapidement jusqu'à devenir minuscule et s'effacer,
Notre coeur ne battant plus que pour sa pelure de chair,
Réduits que nous sommes alors à l'extrême nudité de nos organes,
Ces bêtes à l'abandon dans leur sanglante écurie.

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JULES SUPERVIELLE

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FEDERICO infante-

L'ESPERANCE

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J’ai ancré l’espérance
Aux racines de la vie

Face aux ténèbres
J’ai dressé des clartés
Planté des flambeaux
A la lisière des nuits

Des clartés qui persistent
Des flambeaux qui se glissent
Entre ombres et barbaries

Des clartés qui renaissent
Des flambeaux qui se dressent
Sans jamais dépérir

J’enracine l’espérance
Dans le terreau du cœur
J’adopte toute l’espérance
En son esprit frondeur.

 

 

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ANDREE CHEDID

 

 

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goxwa borg4,

Oeuvre Goxwa Borg

 

 

DIANA SALICETI- U MO PAESE

SORTS / CONJUROS

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Merci Cristina mia...

Aimer, c'est être seul
Irrémédiablement
Au-delà des êtres et des choses.
Parce qu'aucune grâce ne s'apparente
À cette joie qui rend l'intelligence
L'incertitude du passage des vies.
Ce n'est pas posséder,
C'est, au contraire,
Tout abandonner,
Retour à la pauvreté primordiale,
Être nu comme devant Dieu,
Sans autre richesse
Qu'un chant
Entre les lèvres pensifs.

 

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Amar es estar solo

irremediablemente
más allá de los seres y las cosas. 
Porque ninguna gracia se asemeja 
a esa dicha que vuelve inteligencia
el incierto transitar de las vidas.
No es poseer,
es, por el contrario,
dejarlo todo,
volver a la pobreza primordial,
estar desnudo como ante Dios,
sin otra riqueza
que un canto
entre los labios pensativos.

 

 

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HECTOR CIOCCHINI

 

 

 

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Katia Chausheva2,

Photographie Katia Chausheva

 

 

 

JUAN RAMON JIMENEZ...Extrait

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"Les dieux n'ont pas eu d'autre substance que celle que j'ai moi-même." J'ai, comme eux, la substance de tout ce qui a été vécu et de tout ce qui reste à vivre. Je ne suis pas seulement un présent, mais une fugue torrentielle, de bout en bout. Et ce que je vois, de part et d'autre, dans cette fugue (avec des roses, des ailes brisées, de l'ombre et de la lumière) n'appartient qu'à moi, souvenirs et désirs bien à moi, pressentiment, oubli. Qui sait mieux que moi, qui, quel homme ou quel dieu peut, a pu, ou pourra me dire à moi ce que sont ma vie et ma mort, ce qu'elles ne sont pas ? Si quelqu'un le sait, je le sais mieux que lui, et si quelqu'un l'ignore, je l'ignore plus encore que lui. Une lutte entre cette ignorance et ce savoir, voilà ma vie, sa vie, voilà la vie. Passent des vents comme des oiseaux, des oiseaux comme des fleurs, des fleurs soleils et lunes, des lunes soleils comme moi, comme des âmes, comme des corps, des corps comme la mort et la résurrection; comme des dieux. Et je suis un dieu sans épée, sans rien de ce que font les hommes avec leur science; seulement avec ce qui est le fruit de la vie, ce qui change tout; oui, de feu et de lumière, de lumière. Pourquoi mangeons-nous et buvons-nous autre chose que lumière ou feu ?

 

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"Los dioses no tuvieron más sustancia que la que tengo yo." Yo tengo, como ellos, la sustancia de todo lo vivido y de todo lo por vivir. No soy presente sólo, sino fuga raudal de cabo a fin. Y lo que veo, a un lado y otro, en esta fuga (rosas, restos de alas, sombra y luz) es sólo mío, presentimiento, olvido. ¿Quién sabe más que yo, quién, qué hombre o qué dios puede, ha podido, podrá decirme a mí qué es mi vida y mi muerte, qué no es? Si hay quien lo sabe, yo lo sé más que ése, y si quien lo ignora, más que ése lo ignoro. Lucha entre este ignorar y este saber es mi vida, su vida, y es la vida. Pasan vientos como pájaros, pájaros igual que flores, flores soles y lunas, lunas soles como yo, como almas, como cuerpos, cuerpos como la muerte y la resurrección; como dioses. Y soy un dios sin espada, sin nada de lo que hacen los hombres con su ciencia; sólo con lo que es producto de lo vivo, lo que se cambia todo; sí, de fuego o de luz, luz. ¿Por qué comemos y bebemos otra cosa que luz o fuego?

 

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JUAN RAMON JIMENEZ

 

 

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marc guillaumat

Oeuvre Marc Guillaumat

 

 

DANSE NUIT...Extrait

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Une danse
qui a connu l'éclat du feu et le marteau du forgeron
et l'effleurement
ne pas oublier l'effleurement
de l'horizon
et la danse rieuse de la pluie et de la mer

Danse aveuglée de larmes et de silence

Écoute la respiration
écoute avec lenteur
avec une lenteur concentrée
sans gravité ni inquiétude
danse la danse de l'écoute

Écoute la chaleur
danse l'air en plein soleil

danse lentement
avec tendresse
danse l'enfant
l'opale
et les gouttes d'eau
ne pas oublier les gouttes d'eau...

 

 

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MICHEL THION

 

 

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thierry raynaud photographie2

 

Thierry Raynaud Photographie

LE VIOLON ENCHANTE...Extrait

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Là-bas, la blanche voile sombre, offerte 
A quelque brise immatérielle, 
Saura conduire notre vie-sommeil 
Jusqu'aux lieux où les eaux se mêlent 

Aux rives bordées d'arbres noirs, 
Où les forêts inconnues s'accordent 
Aux élans du lac vers plus d'être, 
Afin de rendre le rêve complet. 

Là-bas nous saurons bien nous cacher, disparaître, 
Engloutis dans le vide liséré de la lune, 
Ressentant que cela qui fait notre substance 
En d'autres temps était musique.

 

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FERNANDO PESSOA

 

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gisèle l'épicier2,

Oeuvre Gisèle L'épicier

 

TERRES DE MEMOIRE...Extrait

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Les ajoncs, la pierraille au sursis de l'hiver, 
Haute ruine aux lambeaux de songe, 
Tous les siècles de l'obscur dans le vent, 
La vallée, le grand pays familier et désert. 
Le couple né de ces granits, de ces racines, 
Et moi qui porte au fond des mots, au fond du sang 
Je ne sais quel appel, je ne sais quel écho 
De ce passage de serfs et de guerriers, 
De vagabonds, de paysans et de rois, 
D'enfances tenaces et terrifiées, 
L'effrayante ou miraculeuse saveur 
D'une lézarde entre deux nuits.

 

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GEORGES EMMANUEL CLANCIER

 

 

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SERGE FIORIO5

Oeuvre Serge Fiorio

http://sergefiorio.canalblog.com

ET POUR ADIEU

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Et pour adieu s’il faut le pauvre don
de ces quelques lumières qu’on a cru entrevoir
cette tendre illusion, cet ultime partage
à notre insu pourtant ne pourrons-nous alors
contraints nous aussi par quelle obscure dictée
écrire qu’une langue à jamais étrangère
comme s’il n’était de mots pour ce témoignage
s’il devait être dit et rester inconnu
révélée sa présence plénière et d’aucun nom rompue
d’aucun sens en nos fibres abîmée — la haute digitale
reste intacte sur le bord du chemin, protégée
par la mort, d’elle seule est scellée cette lettre
de notre commune obscurité, sous la cire de nos visages
la secrète saveur est contenue

 

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GERARD PFISTER

 

 

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FEDERICO infante-0

Oeuvre Federico Infante

GERARD PFISTER....Extrait

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Ecrire pour nous rappeler à l’évidence.
A ce qui est en nous, et plus vaste que le langage.
Plus grand que nous, et qui n’a pas de nom.

Faire sentir, abrupt, ce qui en nous dépasse tout de nous.
A nouveau, la lumière. La belle lumière.

Comment le langage dirait-il le toucher de l’ange ?
Quel langage pour ce saisissement, pour cette étreinte ?
Quel langage pour cet amour ?
Est-ce poésie le balbutiement qui en témoigne,
ces mots qui tentent en vain de retrouver ?

Il n’y a rien d’autre àécrire, à récrire toujours que cela.
Et, toujours, le langage comme une tombe se referme.
Oùétait le surgissement, ne reste que les fines bandelettes du discours.

 

 

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GERARD PFISTER

 

 

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pompei fresque romaine,

Pompei, fresque romaine

10 CC- I'M NOT IN LOVE - 1975

LA LEÇON DE L'OISEAU/ LA LECCION DEL PAJARO

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Un maître spirituel avait plusieurs disciples et chaque matin il leur parlait de la nature, de la bonté, de la beauté et de l'amour. Un matin, qu'il était sur le point de parler, un oiseau s'est posé sur le rebord de la fenêtre et s'est mis à chanter. L'oiseau a chanté un instant, puis il a disparu. Le Maître s'est levé et a dit : "la discussion de ce matin est terminée"

 

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Un maestro espiritual tenía varios discípulos y todas las mañanas les hablaba de la naturaleza, de la bondad, de la belleza y del amor. Una mañana, cuando estaba a punto de empezar a hablar, un pájaro se posó en el alféizar dela ventana y se puso a cantar. El pájaro cantó un instante y luego desapareció. El maestro se levantó y dijo: "La charla de esta mañana ha terminado"

 

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JIDDU KRISHNARMURTI

 

 

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FRESQUE POMPEI2

 Fresque murale Pompei

 

 

 

 

 

LE ROYAUME INVISIBLE...Extrait

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Où est la semence

De l’arbre abattu,

Des bois incendiés,

 

Ou bien racine vivante

Ensevelie sous la cendre ?

Sortant des replis du bourgeon

 

Quelle dernière feuille s’efforce A la vie, quelle dernière

Fleur desséchée ?

 

Le fruit de notre moisson

Notre longue peine

N’est-il que poussière ?

 

Vers quel pays lointain, merveilleux,

Portée par le vent

Quelle semence ailée

 

Quelle étincelle du feu

De l’holocauste

Pour allumer une étoile ?

 

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Where is the seed 
Of the tree felled, 
Of the forest burned, 

Or living root 
Under ash and cinders? 
From woven bud 

What last leaf strives 
Into life, last 
Shrivelled flower?

Is fruit of our harvest,
Our long labour
Dust to the core?

To what far, fair land 
Borne on the wind 
What winged seed

 

Or spark of fire 
From holocaust 
To kindle a star?

 

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KATHLEEN RAINE

traduction de l'anglais par Philippe Giraudon

 

 

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SERGE FIORIO

 Oeuvre Serge Fiorio

sergefiorio.canalblog.com