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Channel: EMMILA GITANA
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Sais-tu que les chemins oh les grands chemins
bien goudronnés très plats très propres
s'écoulent en petits chemins
pleins de terre et de gravier

sais-tu que les petits chemins
______________oui je sais les petits chemins
aboutissent aux sentiers
constellés d'orties de ronces

sais-tu que tous les chemins
non non ne vont pas à Rome
_________ mais retournent tous au grand Tout

 

! DIAMON~11

 

PIERRE ETIENNE

 

 

! DIAMON~11

 

Joan-Miro

Oeuvre Joan Miro

GEORGES SCHEHADE

POESIE, ART DE L'INSURRECTION...Extrait

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Je te fais signe à travers les flammes.


Le Pôle Nord a changé de place.


La Destinée manifeste n’est plus manifeste.


La civilisation s’auto-détruit.


Némésis frappe à la porte.


À quoi bon des poètes dans une pareille époque ?
À quoi sert la poésie ?


L’imprimerie a rendu la poésie silencieuse, elle y a perdu son chant. Fais-la chanter de nouveau !


Si tu te veux poète, crée des œuvres capables de relever les défis d’une apocalypse, et s’il le faut, prends des accents apocalyptiques.


Tu es Whitman, tu es Poe, tu es Mark Twain, tu es Emily Dickinson et Edna St Vincent Millais, tu es Neruda et Maïakovski et Pasolini, Américain(e) ou non, tu peux conquérir les conquérants avec des mots.


Si tu veux être poète, écris des journaux vivants. Sois reporter dans l’espace, envoie tes dépêches au suprême rédacteur en chef qui veut la vérité, rien que la vérité, et pas de blabla.


Si tu veux être un grand poète , expérimente toutes sortes de poétiques, grammaires érotiques barbares, religions extatiques, épanchements païens glossolaliques, et l’emphase des discours publics, les gribouillis automatiques, les perceptions surréalistes, les flots de conscience, sons trouvés, cris et récriminations — et crée ta voix limbique, ta voix sous-jacente, ta voix, la tienne.


Si tu te dis poète, ne reste pas bêtement sur ta chaise. La poésie n’est ni une activité sédentaire, ni un fauteuil à prendre. Lève-toi et montre-leur ce que tu sais faire.


Cultive une vision ample, que chacun de tes regards embrasse le monde. Exprime la vaste clarté du monde extérieur, le soleil qui nous voit tous, la lune qui nous jonche de ses ombres, les étangs calmes dans les jardins, les saules où chantent des grives cachées, le crépuscule tombant au fil de l’eau et les grands espaces qui s’ouvrent sur la mer… marée haute et le cri du héron… Et les gens, les gens, oui, tout autour du monde, qui parlent les langues de Babel. Donne-leur une voix à tous.


Tu devras décider si les cris des oiseaux sont d’extase ou de désespoir. Alors tu sauras si tu es poète tragique ou poète lyrique.


Si tu te veux poète, découvre une nouvelle manière pour les mortels d’habiter sur Terre.


Si tu te veux poète, invente un nouveau langage que chacun puisse comprendre.


Si tu te veux poète, prononce des vérités nouvelles que le monde ne pourra pas nier.


Si tu veux être un grand poète, efforce-toi de transcrire la conscience de la race.


Par l’art, crée l’ordre à partir du chaos vital.


Rends les nouvelles neuves.


Écris au-delà du temps.


Réinvente l’idée de la vérité.


Réinvente l’idée de la beauté.


Aux premières lueurs, ose l’emphase poétique. La nuit, l’emphase tragique.


Écoute le chuintement des feuilles et le clapotis de la pluie.


Pose l’oreille sur le sol et entends la Terre tourner, la mer déferler, les animaux mourants se lamenter.


Conçois l’amour par-delà le sexe.


Mets tout et tout le monde en question, même Socrate, qui questionnait tout.


Questionne « Dieu » et ses acolytes sur Terre.


Sois subversive, remets sans cesse en cause réalité et statu quo.


Efforce-toi de changer de monde, et qu’il n’y ait plus besoin d’être un dissident.

 

! DIAMON~11

 

LAWRENCE FERLINGHETTI

http://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2013/12/lawrence-ferlinghetti-i-am-signaling-you-through-the-flames.html

 

! DIAMON~11

 

FERL

 

 

 

 

 

MILLE GRUES DE PAPIER...Extrait

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Les yeux des insomniaques
n’ont pas de paupières.
Ils portent des pétales,
transparents.
Leur regard continue
à autopsier les fleurs
jusque dans le milieu de la nuit.

 

! DIAMON~11

 

CHANTAL DUPUIS - DUNIER

 

! DIAMON~11

 

SonatA

 

 

LE BRUISSEMENT DES ARBRES DANS LES PAGES...Extrait

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L’écoute du monde intérieur
nous ferait parvenir
à cette simplicité sans limites
de pouvoir rêver grand
dans les petites heures du temps ordinaire

avec la faiblesse de croire
que dans le plus dénué
il resterait encore
cette part de ciel et d’amour
qui qualifie la vie

 

! DIAMON~11

 

GILLES BAUDRY

 

! DIAMON~11

 

 

un-arbre

 

MOTS DE NOËL....Extrait

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Que reste-t-il ? ...
De ce qu’on a su,
De ce qui a déjà valu,
Que reste-t-il ?
Que reste-t-il
De l’étrange Nouvelle
Annonçant le grand Éveil,
Proclamée comme la Merveille ?
Que reste-t-il ? ...
Que reste-t-il
Quand la nouvelle est denrée périssable,
En ces jours où tout neuf est jetable,
Où plus rien n’est indispensable,
Parce que tout paraît remplaçable ?
Que reste-t-il ? ...

Ce qui reste,
Ce pourrait être pauvres grenailles,
Pitoyables fragments, rien qui vaille,
Des rogatons de minable boustifaille
Pour une humanité affamée, sur la paille,
Gisant entre les champs
de stupides batailles.
Voilà peut-être ce qui reste.
Ce qui reste,
Ce pourrait être la froide nudité
D’âmes et de cœurs décharnés,
Le creux ennui de vies esseulées
Dans un monde devenu inhospitalier
Quand tristement a pris congé
La plénitude d’un destin partagé.
C’est peut-être là ce qui reste.
Ce qui reste,
Ce pourrait être
encore la teneur
D’un secret confiné en la noirceur
De notre abîme d’horreurs
Où grouillent mille agents de peur,
Et qui attend la calme éclaircie d’un heur
Pour dégager discrète lueur
Où point l’espoir de bonheur.
Ce peut être cet intrigant reste.

Mais où
regarder
quand il ne reste
De l’étoile au firmament,
De la clarté venant d’Orient
Que la lumière des écrans,
Que néons et feux clignotants
Semant la ruée des passants
Dans les labyrinthes d’un sombre néant ?
Comment
dire
quand il ne reste
Pour dégager cette clarté
Que mots tragiquement évidés,
De viles pacotilles farcis, bourrés,
Tout juste capables d’aguicher,
Habiles surtout à fourvoyer
Une humanité en mal de frivolités ?
Comment
fêter
quand il ne reste
Du mystérieux événement
Que piteux souvenirs chancelants
Sur insipides décors ronflants,
Enfouis dans un apparat décadent
Où grognonne le dieu argent
Au grand plaisir des marchands ?

Que
faire
au milieu de tous ces restes ? ...
Au fond de l’abîme plonger résolument,
Affronter le monstrueux Léviathan
Des eaux troubles de ce temps
Qui s’en prend même aux enfants,
L’affronter en un singulier engagement,
Mais sans ferraille comme armement.
"Imprudent et inutile geste !"
De proclamer s’empressera-t-on.
Toutefois c’est clair que les canons
Ne savent pas donner le ton
Pour que se crée l’unisson
D’une immense et silencieuse clameur de fond
S’élevant contre la haine, vengeance
et courte vue des convictions.
"Simple et valeureuse geste !»
Faut-il rétorquer toutefois,
Que cette originelle voix
Au cœur du pauvre, du riche, du roi,
Montrant à l’humanité en désarroi
La seule et unique voie
Vers l’hospitalité d’un même toit.

.....

Alors en quête de ce qui reste
Par delà oripeaux, travaux et tas de cadeaux
Qui jonchent le vide,
le rien du beau,
Peut apparaître comme en un halo
Le souvenir du premier chaos :
Au commencement, la parole, le mot;
Puis s’annoncer la mission de dire à nouveau.
Dans le temps qui nous reste,
Redire
à neuf l’univers
Pour que le monde des experts
Géniteur de ses propres adversaires
Avec pouvoir de le défaire,
Trouve un espace salutaire
Pour s’établir à demeure et
être.

Le symbole de la crèche
Abritant le Verbe nourrisson
Reste toujours de saison :
La simplicité du son,
Du mot rajeuni capable d’innovation,
Est l’hôte, le séjour, la maison
De l’être de la mouvante création.
Le
mot
appelle
Et renouvelle...
Est ce qui reste



! DIAMON~11

 

FERNAND COUTURIER

 

! DIAMON~11

 

MISERE2

 

 

 

 

JEAN-PIERRE FAYE

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Je voudrais te connaître jusqu’à l’enfance
Comme en remontant un fleuve tranquille
Jusqu’au village ancien mûri au creux de l’eau
Tailladé de contre-jour
Par delà l’arche blanche et le guéà fleur de glace
— Remontée jusqu’à l’hiver
Et la chambre à l’odeur de bois qui rit toute seule
Parmi les jouets d’autrefois gauches ensommeillés
Devant l’armoire entr’ouverte la glace ironique et vide
Le rire au goût de robe
Et l’avalanche dans la grange au fil du foin
Je descends le fleuve qui monte
Je le descends vers sa naissance dans ses plis miroitants et lourds
Au long des méandres pesants portant un poids profond et cher
Tu seras là
Femme prise à la source

 

! DIAMON~11

 

JEAN-PIERRE FAYE

 

! DIAMON~11

 

faye

 

 

NOËL...

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La première grande déception d'un enfant est d'apprendre que le Père Noël n'existe pas. A cet instant, il refuse d'abord l'idée, il est désenchanté et passe de l'autre côté du rêve rouge à barbe blanche tiré par des rennes, apportant des" jouets par milliers", ce fameux soir d'hiver tant attendu. Quand il a pris conscience de l'aveu, l'enfant regarde les grands avec méfiance, il envie, déjà , la belle innocence des plus petits. Y croire encore ! C'était bien ... puis il s'inventera d'autres histoires. En continuant à vivre pour lui la belle histoire, il gardera le secret pour les plus jeunes, que l'on décevra un jour à leur tour, juste pour qu'ils grandissent.  Mais cesse -t on vraiment de "croire" au Père Noël ?  Dans les périodes de grand optimisme, combien de fois s'entend t-on dire par le pessimiste réaliste : "tu crois encore au Père Noël ?".  Qui sait ? Oui, peut-être bien que l'on ne cesse jamais de s'accrocher à cette idée sublime, qu'un soir dans l'année, on redevienne un enfant pour que la magie opère. Laissons toujours une place au rêve !  
Si un enfant lit ce texte, qu'il soit rassuré, " Le Père Noël " existe vraiment. On raconte n'importe quoi ...

 

! DIAMON~11




JOSIANE

 

 

! DIAMON~11

 

 

cubqdhdb

 

ALICE AU PAYS DES MERVEILLES...Extrait

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Mais alors

dit Alice,

si le monde n'a

absolument aucun sens

qui nous empêche

d'en inventer

un ?

 

 

! DIAMON~11

 

 

LEWIS CAROLL

 

 

! DIAMON~11

 

 

ALICE2

 

VIENS RECHAUFFER

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Viens réchauffer tes mains mon frère
On dit que nous avons un dieu
Que ce n'est pas un militaire...
Ni l'empereur, ni son neveu
Que ce n'est pas de ces notables
Ni de ces bourgeois triomphants
On dit qu'il est néà l'étable
On dit que Dieu n'est qu'un enfant.

Viens réchauffer tes mains trop maigres
On dit que tu as la peau noire
On dit que tu es un sale nègre
Qu'il vaut mieux changer de trottoir
On dit que ma petite "caille"
L'enfant est néà la minuit
Qu'il faisait si noir sur la paille
Sa peau était couleur de nuit.

Viens réchauffer tes deux mains jaunes
Tes poissons maigres de coolies
On dit que tu mendies l'aumôme
Le sang d'une poignée de riz
Qu'on a bombardé vos paroles
Brûlé la fleur, brûlé le champ
On a dit aussi qu'un roi Hérode
A voulu supprimer l'Enfant.

Viens réchauffer tes mains, mon frère
On dit qu'il nous est né un Dieu
Qu'il est né en terre étrangère
Et moi... j'ai oublié le lieu
Toi qui habites le silence
Tes poings serrant un bout de pain
Je voudrais voir si sa naissance
Tu ne la tiens pas dans tes mains

! DIAMON~11

 

JEAN DEBRUYNNE

 

! DIAMON~11

 

Bougie

LES NOBLES VOYAGEURS

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En hommage à OV. L de Milosz

 

Chevaliers errants qui rêvent leurs vies et vivent leurs rêves
Vagabonds solitaires de l’âme chemineaux anonymes de l’esprit
Ils traversent le temps et l’espace sans repos ni trêve
Pour venir allumer des soleils noirs au cœur de la nuit

Ayant l’âge du sable de la mer et du vent du désert
Empruntant les vêtements du siècle où nous sommes
Le pain des forts le feu et le sel leur sont offerts
Dans des haltes secrètes où s’aiment les hommes

Alchimistes du Verbe et forgerons de l’âme
Ce  sont des maîtres sans temple qui ont rendez-vous
Une lanterne sourde à la main protégeant  la petite flamme
Dans la clairière de l’être où règne l’amour fou

Ils pérégrinent de siècle obscur en siècle obscur
Portant sur leur épaule droite un noir corbeau
Eclairant le chemin des consciences pures
Pour que le monde et les jours soient enfin beaux

L’œil est le soleil du cœur comme le cœur celui de l’esprit .
Venus  ici et maintenant dans le monde sans lui appartenir
Réincarner dans le creuset des cœurs  la parole qui vit
En eux s’élève le souffle d’une vie plus forte que la mort à venir .

 

! DIAMON~11

 

JACQUES VIALLEBESSET

 

! DIAMON~11

 

Navigation Tempête IV

LILA BOUDJEMA

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Tu dors encore près d'Elle
vêtue de ta nuit
elle est ton miel
et toi son sommeil.
Tu dors encore près d'Elle
promenant tes rêves
Elle est ta banquise
et toi le palais glacial.
Tu dors encore près d'Elle
beauté souveraine
elle est ton cœur
impérissable
et toi au milieu du bal
sa grande capitale.
Tu dors encore près d'Elle
un vin de songes
une vigne aux pieds nus
Et dans ta bouche.
Que sais-je encore ?
tous ces papillons
les ailes closes
que sais-je encore ?
de leurs corsages délicats
de leurs sphinx volants.
Depuis combien de temps
vivent-ils là ?
Tu dors encore près d'Elle
ton œil craint l'oubli
au soleil tu offres tous les
sommets tout l'amer
du fruit....j'aimerai
Que sais-je encore ?
nous laisser dormir
la laisser dormir
te laisser dormir
demeurer pour toi
un peu de feu
un peu de source
comme ces portes qui ne se ferment jamais
comme ces fenêtres qui s'ouvrent toujours.
Tu dors encore près d'Elle
maison d'or en pleine poitrine
la lumière est douce quand jaillit le son
des vitres frémissantes...

 

! DIAMON~11

 

LILA  BOUDJEMA

 

! DIAMON~11

 

LILA3

NULLE AUTRE LAMPE QUE LA VOIX...Extrait

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Amis, soyez chacun l’enfant de votre écoute.
Fermez les yeux pour mieux entendre
la brise
dans le vitrail des branches
où passe un homme entre les hommes
dans le printemps de Galilée.

Là-bas, la lumière marche sur les eaux.
Là-bas, la brise dépose son archet.
L’oreille n’a pas de paupières,
Votre visage prend la forme d’une conque.

Blessé par la Beauté même,
mes plaies ont su garder le chant indemne,
étonné qu’en moi quelque chose
puisse parler aux autres
de tout ce qui se tait en eux…

- Le silence n’est jamais seul –

Amis, je cherche quelques mots
qui soient des portes
derrière lesquelles on écoute la mer
raconter une histoire .
Des mots infusés de printemps,
dédiés
à ce qu’il y a de plus frais en chacun.

Amis, malgré les armes, malgré le sang
et le beffroi des ombres blêmes,
j’ose entonner
cette séquence du plain-temps,
d’un temps non assigné aux dates et aux saisons,
d’un temps qui ne fait pas son âge :

il fera clair
entre les hommes.

 

! DIAMON~11

 

GILLES BAUDRY

http://schabrieres.wordpress.com/

 

! DIAMON~11

 

JACQUES GRUBER

Vitrail Jacques Gruber

 

 

 

 

 

YENGI YOL SEGUIRIYA DE UZBEKISTAN DILNOURA

LETTRE DE HENRY MILLER A ANAÏS NIN

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Ne compte plus me trouver sain d'esprit. Finissons-en avec la raison. Ce fut un mariage à Louveciennes, tu ne peux le nier. Je suis reparti avec des morceaux de toi collés sur ma peau ; je marche, je nage dans un océan de sang, de ton sang d'Andalouse, distillé et venimeux. Tout ce que je fais, ce que je dis, ce que je pense tourne autour de ce mariage. Je t'ai vue en maîtresse de maison, une Mauresque au visage épais, une négresse au corps blanc, des yeux sur tout le corps - femme, femme, femme. Je ne vois pas comment je pourrais continuer à vivre loin de toi - ces séparations sont désormais la mort. Qu'as-tu éprouvé lorsque Hugo est rentré ? Etais-je encore là ? Je ne peux pas t'imaginer te comportant avec lui comme tu l'as fait avec moi. Les jambes serrées. Fragilité. Doux consentement du traître. Docilité d'oiseau. Avec moi tu es devenue femme. J'en fus presque terrifié. Tu n'as pas trente ans - tu as mille ans...

 

 

Me voici de retour et la passion couve toujours, fumante comme du vin chaud. Non plus la passion de la chair, mais une faim de toi, une faim dévorante. Dans les journaux, je lis les articles sur les meurtres et les suicides et je les comprends parfaitement. Je me sens meurtrier, suicidaire. J'ai comme l'impression que c'est une honte de ne rien faire, de se contenter de passer le temps, de le prendre avec philosophie, d'être raisonnable. Où est le temps où les hommes se battaient, tuaient, mouraient pour un gant, pour un regard, etc. ? (Quelqu'un est en train de jouer cet air affreux de Madame Butterfly  - « Un jour il viendra » !)

 

 

 

Je t'entends encore chanter dans la cuisine - de ta voix légère, comme celle des Noirs, tu chantes une sorte de litanie cubaine monotone et sans harmonie. Je sais que tu es heureuse dans la cuisine et que le plat que tu prépares est le meilleur que nous ayons mangé ensemble. Je sais que tu t'es souvent brûlée la peau sans jamais te plaindre. J'éprouve la plus grande joie et la plus grande paix àêtre assis dans la salle à manger, tandis que tu t'agites autour de moi, dans ta robe digne de la déesse Indra, constellée de mille yeux.

 

 

 

Anaïs, je croyais t'aimer, avant ; ce n'était rien à côté de la certitude que j'en ai aujourd'hui. Etait-ce si merveilleux parce que c'était court et voléà la vie ? Nous jouions-nous la comédie l'un à l'autre, l'un pour l'autre ? Etais-je moins « moi », ou davantage « moi » ? Etais-tu moins ou plus « toi » ? Est-ce folie que de croire que ça pourrait continuer ? Quand et où commencerait la grisaille ? Je t'étudie tellement, afin de découvrir d'éventuels défauts, des points faibles, des zones dangereuses. Je n'en trouve pas - pas les moindres. Cela veut dire que je suis amoureux, aveugle, aveugle, aveugle. Etre aveugle à jamais. […]

 

 

 

Je sais que maintenant tu as les yeux grands ouverts. Il y a des choses auxquelles tu ne croiras jamais plus, des gestes que tu ne referas plus, des chagrins, des doutes que tu ne connaîtras plus. Blanche ferveur presque criminelle dans ta tendresse et dans ta cruauté. Pas de remords ni de vengeance, pas de chagrin ni de culpabilité. Seulement vivre, sans rien pour te sauvegarder de l'abîme si ce n'est un fol espoir, une joie à laquelle tu as goûté et que tu peux retrouver à volonté. […]

 

 

 

La vie et la littérature mêlées, l'amour comme dynamo, toi avec ton âme de caméléon, m'offrant mille sortes d'amour, toujours là, solide, quelle que soit la tempête que nous traversons, nous sentant partout chez nous. Poursuivant, chaque matin, la tâche là où nous l'avions laissée. Résurrection sur résurrection. Toi, prenant de plus en plus d'assurance et menant la vie riche que tu désires ; et plus tu prends de l'assurance, plus que tu me veux, plus tu as besoin de moi. Ta voix devient plus rauque, plus profonde, tes yeux plus noirs, ton sang plus épais, ton corps plus plein. Une servilité voluptueuse, une nécessité tyrannique. Plus cruelle que jamais - consciemment, délibérément cruelle. Le plaisir sans fin de l'expérience.

 

! DIAMON~11

 

HENRY MILLER

 

! DIAMON~11

 

Miller-Nin1

 

A L'IMPOSSIBLE ON EST TENU

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Oui je sais que
la réalité a des dents
pour mordre
que s'il gèle il fait froid
et que un et un font deux
je sais je sais
qu'une main levée
n'arrête pas le vent
et qu'on ne désarme pas
d'un sourire
l'homme de guerre
mais je continuerai à croire
à tout ce que j'ai aimé
à chérir l'impossible
buvant à la coupe du poème
une lumière sans preuves
car il faut très jeune
avoir choisi un songe
et s'y tenir
comme à sa fleur tient la tige
contre toute raison



! DIAMON~11

 

JEAN-PIERRE SIMEON

 

! DIAMON~11

 

BBB

 

 

TA PENSEE PARFOIS...

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Ta pensée parfois
tu la sens qui se froisse
et t’échappe.

Tu marches
sur la pointe de ton âme
sur les éclats pillés de ton histoire.

Quitte doucement ton fatras
ce magma de trop plein de mémoire
de trop vif de trop grave.

Ne reste pas dans l’inachevé
la parole suspendue
le non-dit sur tes lèvres scellées.

 

! DIAMON~11

 

AGNES SCHNELL

 

 

! DIAMON~11

 

inachevé

FOULE SENTIMENTALE

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Oh la la la vie en rose
Le rose qu´on nous propose
D´avoir les quantités d´choses
Qui donnent envie d´autre chose
Aïe, on nous fait croire
Que le bonheur c´est d´avoir
De l´avoir plein nos armoires
Dérisions de nous dérisoires car

Foule sentimentale
On a soif d´idéal
Attirée par les étoiles, les voiles
Que des choses pas commerciales
Foule sentimentale
Il faut voir comme on nous parle
Comme on nous parle

Il se dégage
De ces cartons d´emballage
Des gens lavés, hors d´usage
Et tristes et sans aucun avantage
On nous inflige
Des désirs qui nous affligent
On nous prend faut pas déconner dès qu´on est né
Pour des cons alors qu´on est
Des

Foules sentimentales
Avec soif d´idéal
Attirées par les étoiles, les voiles
Que des choses pas commerciales
Foule sentimentale
Il faut voir comme on nous parle
Comme on nous parle

On nous Claudia Schieffer
On nous Paul-Loup Sulitzer
Oh le mal qu´on peut nous faire
Et qui ravagea la moukère
Du ciel dévale
Un désir qui nous emballe
Pour demain nos enfants pâles
Un mieux, un rêve, un cheval

Foule sentimentale
On a soif d´idéal
Attirée par les étoiles, les voiles
Que des choses pas commerciales
Foule sentimentale
Il faut voir comme on nous parle
Comme on nous parle

 

! DIAMON~11

 

ALAIN SOUCHON

 

! DIAMON~11

 

 

DE COLERE ET DE HAINE

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Merci à Sylvie

Ce que je peux dire
C’est que j’ai vécu sans rien comprendre
C’est que j’ai vécu sans rien chercher
Et qui m’a poussé jusqu’à l’extrême mesure
Jusqu’à l’extrême dénuement
C’est en moi je ne sais quelle force
Comme un rire qui transparaîtrait dans un visage
tourmenté
Quand on a vu toutes les choses se perdre et mourir
Et quand on est mort comme elles de les avoir
aimées
Le vent les feuilles la pluie le froid et l’amour qui
leur donnait une mémoire
Je ne pourrai plus jamais sans doute me souvenir
Car je suis passé par toute la misère
Mon espoir fut criblé par toute la misère

 

! DIAMON~11

 

 

JACQUES PREVEL

 

! DIAMON~11

 

WALTER RÖHRIG

Oeuvre Walter Röhrig

 

ON AURAIT LE TEMPS

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Pourquoi le filtre qui ne laisserait passer que le bon n'existe -t-il pas encore ?

On verrait l'arbre et jamais le meuble
On verrait le fruit et jamais le ver
Juliette jamais sans Roméo
Les yeux sans jamais de larmes
Des papillons jamais épinglés
Le ciel jamais encombré
Des pays sans armées
Il y aurait de l'eau, mais pas de pétrole
On verrait l'âne, mais pas le bâton
Des bateaux, mais pas de pirates
Pas de vilains petits canards
 Bambi toujours avec sa maman
Des enfants sans bourreaux


Et, " pour qu'un ciel flamboie, le jour et la nuit s'épouseraient enfin "

On aurait le temps...

! DIAMON~11

 

JOSIANE

 

! DIAMON~11

 

FL