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Channel: EMMILA GITANA
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LES MOTS PERDUS

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J'ai du laisser traîner des mots chez toi
Ils ont glissés du bout de mes doigts
Regarde dans les coussins de ton canapé
Certains dessous ont du là se coincer
Et sous tes meubles passes un coup de balai
Certains sont de la poussière à sauver
Si tu les retrouve je t'en pries gardes-les
Ils sont peu être pas tous si usés
Et je suis pas sur de m'en servir un jour
Parmi eux doit se trouver «toujours»
Je suis sur et certain je ne l'avais pas
En passant pour la dernière fois de ta porte le pas
J'ai du laisser traîner des mots chez toi
Ils ont glissés du bout de mes doigts
Tu dois aussi en retrouver tout autour de ton lit
Peut être «corps»«passion» et puis «envie»
Bien souvent c est la que je les éparpillais
Et glisse aussi ta main sous ton oreiller
Là ou j'en cachais des très très fort
Mais je suis sur qu'il n' y avait pas «jusqu'à la mort»
Oh non non non ceux là je les traînes encore
Comme «seul» et avec «tous mes remords»
Mais tu trouveras sûrement «demain»
Sur lui je n'arrive plus à remettre la main
J'ai du laisser traîner des mots chez toi
Ils ont glissés du bout de mes doigts
J'en ai mis pas mal sur des bouts de papier
En quatre tu peux les retrouver pliés
Quelque part glissés entre tes livres
Ça date des soir ou de toi j’étais trop ivre
Je les y couchais pour te plaire
Ça touche les choses que je ne savais faire
Je sais mieux écrire que dire les prières
Et puis il y a des phrases dont je suis pas très fier
Chez moi j'en retrouve dans mes tiroirs
Il y en même un où c'est marqué«au revoir»

 

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PASCAL GRAZIANI


http://pascalgrazianiauteur.e-monsite.com/pages/paillettes/les-mots-perdus.html

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les mots

 

 

 

 

 

ALEX ABOULADZE

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Dire

Dire pourtant
enfin dire

Le mot que dit toujours
tout être qui se tait

Et se taire
impossiblement

Voilà..

 

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ALEX ABOULADZE

 

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mohamed jaamati2,,

Oeuvre Jaamati Mohamed

 

 

 

 

 

FEMMES ET HOMMES DE LA TEXTURE

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Femmes et hommes de la texture
De la parole et du vent
Qui tissez des tissus de mots
Au bout de vos dents,
Ne vous laissez pas attacher,
Ne permettez pas qu’on fasse sur vous
Des rêves impossibles.

On est en amour avec vous
Tant que vous correspondez
Au rêve que l’on a fait sur vous,
Alors le fleuve Amour coule tranquille,
Les jours sont heureux sous les marronniers mauves.
Mais s’il vous arrive de ne plus être
Ce personnage qui marchait dans le rêve,
Alors soufflent les vents contraires,
Le bateau tangue, la voile se déchire,
On met les canots à la mer,
Les mots d’amour deviennent des mots couteaux
Qu’on vous enfonce dans le cœur,
La personne qui hier vous chérissait
Aujourd’hui vous hait,
La personne qui avait une si belle oreille
Pour vous écouter pleurer et rire
Ne peut plus supporter le son de votre voix,
Plus rien n’est négociable,
On a jeté votre valise par la fenêtre,
Il pleut et vous remontez la rue
Dans votre pardessus noir.
Est-ce aimer que de vouloir que l’autre
Quitte sa propre route et son propre voyage?
Est-ce aimer que d’enfermer l’autre
Dans la prison de son propre rêve?

Femmes et hommes de la texture
De la parole et du vent
Qui tissez des tissus de mots
Au bout de vos dents,
Ne vous laissez pas rêver
Par quelqu’un d’autre que vous-même,
Chacun a son chemin
Qu’il est seul parfois à comprendre.

Femmes et hommes de la texture
De la parole et du vent,
Si nous pouvions être d’abord toutes et tous
Et avant tout et premièrement
Des amants de la Vie,
Alors nous ne serions plus
Ces éternels questionneurs, ces éternels mendiants
Qui perdent tant d’énergie et tant de temps
A attendre des autres des signes,
Des baisers, de la reconnaissance,
Si nous étions avant tout et premièrement
Des amants de la Vie,
Tout nous serait cadeau
Nous ne serions jamais déçus.

On ne peut se permettre de rêver que sur soi-même,
Moi seul connais le chemin qui conduit
Au bout de mon chemin.
Chacun est dans sa vie et dans sa peau
A chacun sa texture, son tissage et ses mots.

 

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JULOS BEAUCARNE

 

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stefano rosa2

Oeuvre Stefano Rosa

http://www.artmajeur.com/fr/artist/stefanorosa/blog

DIVINES EMPREINTES...Extrait

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C’est au-delà du temps : une cloche du soir, là-bas,

Déverse, inattendus, les poèmes de la petite enfance

Qu’on savait d’un souffle et qu’on a oubliés

Ou seulement écartés

Et laissés seuls,

Mais sans doute n’est-ce jamais fini

Le signe qui inscrit

La voyelle qui chante,

Le poème c’est

Tous les jours commencer 

 

D’où me vient ce soir

Qu’il n’y a pas de solitude

Quand bien même on est seule

A jamais,

Qu’il n’y a pas d’absence ?

Et que le cœur est plein

De ce qu’il a donné et donne

Chaque jour aimer ?

 

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OLYMPIA ALBERTI

 

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henri lebasque-1865-1937-f

Oeuvre Henri Lebasque

LES COULOIRS DU RÊVE

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C’est par ici,
par les couloirs magiques de la nuit
que reviennent vivants les morts bien-aimés,
la grand-mère de Proust ou mon père,
les villes perdues, Oran, Osnabrück,
plus belles que jamais
dans la distance où le rêve les retient,
c’est ici que les aveugles luttent en s’échangeant,
es-tu moi? es-tu mon frère?

Ici même c’est l’autre monde,
on y est sans effort,
en fermant les portes des yeux.
Ici, chez le Rêve, la mort devient ce qu’elle est:
une séparation seulement presque interminable,
interrompue par des retrouvailles brèves et extatiques,
dans une rame de métro ou dans un train.

Les voix s’échappent du silence.
Ici même c’est l’autre musique.
Écoutez!Sommes-nous dehors?
Sommes-nous dedans?

Vous rêvez.
Continuez à vous laisser rêver.

Il n’y aura pas de fin.

 

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HELENE CIXOUS

 

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rêve

 

 

 

 

 

TERRE,TERRE...Extrait

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Ne plaignez pas le solitaire
car ses oreilles bourdonnent tout au long du jour
du bruit de mille vies fraternelles.
Le voilàà l'écoute du vent, de l'insecte et de l'herbe,
à l'écoute du merle.
Le voilà ivre du parfum tenace des oeillets,
léger dans la nuit fraîche, écoutant l'inaudible :
le balancement des fougères, les rêves craquants des
   ormes,
la marche feutrée des étoiles, le lent mûrissement des
   pierres.
Le voilà bleu dans l'averse du seigle inondant sa
   poitrine
ouvert et propre,
voyageant au-delà de l'écorce jusqu'au coeur de l'arbre
comme à travers les cercles de son sang,
à l'écoute de sa voix profonde s'exhalant des mille
   voix vertes de la terre.

Ne plaignez pas le solitaire
car il est roi dans son pays.
Il règne sur les granges où vole la poussière d'or.
Il commande une armée de haies, de fenêtres et
   d'outils.
Il est maître de son voyage, maître du grain et de
   l'ortie.
il se promène à l'aise dans les yeux de son chien.
Sans cesse il se répand ;
le jour est sa prairie.
Les heures comme des chattes se caressent à ses jambes.
Des arbres apprivoisés le couronnent.
Des pensées rapides comme des oiseaux l'escortent,
lui tissent un habit de joies insensées.

 

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JEAN LE MAUVE

 

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SOLITAIRE

L'OR DES JOURS ...Extrait

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On a chanté la ville ses éclats
de voix de lumière de rire
on a chanté ses peuples
ses cours ses miracles

le tremblement de l'eau
de l'oiseau ou de l'herbe
la lente sauvagerie végétale

la Beauté de tout bord
et on l'a injuriée.

On a chanté les labyrinthes
où se perd le chanteur
qui se cherche et se plaint

le moi ses mille et un mensonges
ses manies ses petites morts
et sa langue mielleuse

l'intervalle divin du silence
le soupir dans lequel s'épanouit
le sourire du bouddha

Tous les chants sont usés
mis en boite
en cubes en disques en vers
réduits développés chiffrés
déchiffrés
criés balbutiés éructés
ânonnés
archivés

reste
l'enfantine la claire
l'obscure
nécessité de chanter

                                              chaque instant veut l'éternité du chant

Je chanterai l'olivier stérile
penché sur l'abîme aux pentes vertes
je descendrai
                entre les châtaigniers
                                                 les chênes,
                                                               les ronces
                                                                               les bouleaux
et tous les entrelacs végétaux anonymes
unis pour entraîner les anciennes terrasses de pierre
que les hommes d'autrefois avaient maçonnées de leur sueur

j'irai jusqu'au cours d'eau
qui ne voit jamais le soleil

Je chanterai le cocotier velu
ses palmes jaunissantes
sous sa tête verte

Je chanterai le figuier célibataire
un peu plus haut chaque année
ses fruits à peine formés qui
tombent au sol et je chanterai ses racines
qui préparent en secret
l'effondrement de la maison

je chanterai le pêcher frêle
que ses quatre pêches épuisent

le laurier sombre et parfumé
qui descelle pierre à pierre l'ancien mur

je chanterai le rosier survivant
sans fleurs sans feuilles
branche sèche dans la terre
lançant dans le ciel
de jeunes tiges vertes
hautes et presque nues

la sauge nouvelle
lentement jaillie
d'un pied qui paraît mort

le citronnier en pot
qu'on rentre pour l'hiver

je chanterai aussi
le bourdonnement des insectes
la chute brutale et prématurée d'une figue
je chanterai le chant
des oiseaux leurs pépiements
leurs gazouillis leurs cris leurs croassements
le chant des cigales
le chant du vent
le saut du chat dans l'herbe sèche

et tant pis si nos bras
sont trop petits les mots
trop rares trop
pauvres pour embrasser
l'étendue et la multiplicité
d'une seule seconde
de perception

même si
mon chant passe aussi vite
que ce qu'il chante

même si
nul ne l'écoute jamais

même si
je dois chanter sans bouche
sans voix sans art
sans mot presque
je chanterai
chaque aujourd'hui.

 

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MARIE-FLORENCE EHRET

 

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l'or

 

 

PAUL VICENSINI...Extrait

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Merci à Sylvie Vicensini

 

 Allons

furtivement

allègrement

sur l'aile de l'écho

 

cueillir la paix boisée

qui tourmente le seuil

de la maison natale

 

Allons frôler

le sein mauve

du perron granitique

et la tiédeur exquise

des marches d'autrefois

 

Avant que ne surgisse

l'adoubement providentiel

de l'oubli

 

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PAUL VICENSINI

 

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paul escalier,,

 

UN BRASIER DE MOTS,POEMES INEDITS...Extrait

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Il est inutile que je sois ici

et elle là

puisque nous pourrions être le baiser

de notre double envie

 

Il serait digne de la vie

que l'un contre l'autre

nous ne soyons plus que notre joie

 

Mais le cri de mon sang

ne l'approche pas de moi

ni d'elle moi le cri du sien

et si ces deux hurlements se rencontraient

ils ne sauraient pas faire l'amour

 

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Alain BORNE

 

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CCC,

 

 

JE VAIS ME TAIRE..

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Je vais me taire ce soir après ce poème
ranger ma voix et mon sang
laisser venir quelques heures où tout se passe
comme si tu n'existais pas.
Je te vois encore pourtant dans la main de la nuit
scandalisé que de loin tu apparaisses
comme un pétale de rose
ou un jet de lait ou une flèche d’étoile
en forme de femme.
Femme, tu es femme
vêtue et dévêtue de peau
fraîche et chaude pleine de sang et d'os
pareille, mon ineffable,
à tout le troupeau.
Laisse laisse laisse
mon amour et mes mots
te séparer en te chantant
trier de la boue mon diamant
faire exploser ma seule foudre

 

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ALAIN BORNE

 

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stefano rosa

Oeuvre Stefano Rosa

MA DESOLEE SEREINE

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Ma désolée sereine
ma barricadée lointaine
ma poésie les yeux brûlés
tous les matins tu te lèves à cinq heures et demie
dans ma ville et les autres
avec nous par la main d'exister
tu es la reconnue de notre lancinance
ma méconnue à la cime
tu nous coules d'un monde à l'autre
toi aussi tu es une amante avec des bras
non n'aie pas peur petite avec nous
nous te protégeons dans nos puretés fangeuses
avec nos corps revendiqués beaux
et t'aime Olivier
l'ami des jours qu'il nous faut espérer
et même après le temps de l'amer
quand tout ne sera que mémento à la lisière des ciels
tu renaîtras toi petite
parmi les cendres
le long des gares nouvelles
dans notre petit destin
ma poésie le coeur heurté
ma poésie de cailloux chahutés

 

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GASTON MIRON

 

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pop

SOUS LA CHEVELURE

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Sous la chevelure avance
un long corps d’étoile
nu comme un lac,
et fendu comme un arbre

Sous la foudre froide,
un lait d’or figé,
où boit un serpent
rouge et prisonnier.

Double faux des cuisses
dans l’herbe nocturne,
éclat des aciers,
noués d’une fleur.

Ô marche odorante
d’une claire armure
l’ouragan s’arrête
au porche des jambes.

Quel est ce rosier
qui a deux racines,
et si peu de feuilles
sur l’éclat des roses.

Si la nuit expire,
la couleur de l’aube
aura son miroir,
Ô corps solitaire,
que baise la nuit
d’un baiser sans lèvres,
que de lits te rêvent !

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ALAIN BORNE

 

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William Adolphe Bouguereau

Oeuvre William Adolphe Bouguereau

 

 

MA...

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Ma source ma seule ma sève
Ma silencieuse ma selve
Ma chavirante ma chaloupe
Ma chicanante ma chimère

Ma tricoteuse ma tribale
Ma tortueuse ma torture
Ma prétentieuse ma pivoine
Ma péremptoire ma pervenche

Ma tartaruga ma tartare
Ma travailleuse ma traverse
Ma salivante ma savane
Ma silhouette ma cigale

Ma délicieuse ma dérive
Ma délirante ma descente
Mon indécente mon indécise
Mon infidèle mon indigente

Ma lumineuse ma lunissante
Ma lamineuse ma lisière
Ma garde-robe ma gardienne
Ma grenadine ma gavotte

Mon illuminée mon îlienne
Mon inouïe mon iceberg
Ma castagnette ma castillane
Ma calibrante cavalière

Ma crinoline ma cravate
Ma cataracte ma câline
Mon nœud coulant ma nonchalance
Mon numéro ma noce enfouie

Mon corps-à-cœur ma cajoleuse
Ma caravane ma crinière
Mon ivoire mon iris
Mon hystérique mon histoire

Ma ravissante ma râleuse
Ma rougissante ma roulière
Ma juponnante ma jalouse
Ma girouette mon jardin

Ma femme ma fille ma force
Ma flèche ma flamme ma fleur
Ma brune ma bruine ma branche
Ma belle ma bulle ma barque

 

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BRUNO RUIZ

ANIMAL DE LUMIERE

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Je suis, dans cet illimité sans solitude,
un animal de lumière traqué
par ses erreurs, par son feuillage :
vaste est la forêt : ici mes semblables
pullulent, reculent, trafiquent
tandis que je m’isole avec pour toute compagnie
l’escorte que le temps désigne :
les vagues de la mer, les étoiles nocturnes.

C’est peu, c’est vaste, c’est mince et c’est tout.
Mes yeux ont vu tant d’autres yeux
et ma bouche a reçu tant de baisers
et avalé tant de fumée
de ces trains disparus
- ô vieilles gares inclémentes! -,
elle a humé tant de poussière en d’incessantes librairies,
que l’homme que je suis, le mortel, s’est lassé
de ces yeux, ces baisers, ces fumées, ces chemins,
ces livres plus épais que l’épaisseur terrestre.

Et aujourd’hui, au fond de la forêt perdue
il entend la rumeur de l’ennemi et fuit
non point les autres mais lui-même
et la conversation interminable,
le choeur qui chantait avec nous,
la signification de l’existence.

Car une fois, car une voix, une syllabe
ou le passage d’un silence
ou le son de la mer resté sans sépulture
me laissent face à face avec la vérité,
et il ne reste vraiment rien à déchiffrer,
rien qui puisse encore être dit : il n’y avait rien d’autre :
les portes de la forêt se sont refermées,
le soleil circule en ouvrant les feuilles,
la lune monte dans le ciel comme un fruit blanc
et l’homme se conforme à son destin.

 

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PABLO NERUDA

 

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nicolas rozier,,

Oeuvre Nicolas Rozier

http://roziernicolas.blogspot.fr/

SERMENT

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Devant l’aube graduelle
qui préface le monde

et le silence étale
autour de nos épaules

devant les veines bleues
des vitres sous le gel

l’éclosion des fenêtres
et des neiges futures

devant l’aire qui flambe
et l’ombre fraternelle

devant l’immense baie
et l’arbre foudroyé

devant la Croix du Sud
et la nuit sanctifiée

Je le jure :
La beauté seule est innocente.

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GILLES BAUDRY

 

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GILLES

 

 

ET C'EST COMME UN DEBUT DE FOULE HUMAINE

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Terre de Nazim
Terre d’Abdou
Terre d’Abraham

Terre de Paris,
nue et blessée
cité interdite
aux vitrines reflétant la plus haute solitude.

Une population bariolée de visages
crispés
broyée par l’étau des sueurs d’angoisse.

Et l’engrenage des mots qui font des plaies béantes :
Métro, Sommeil, Chômage, Banlieues d’insécurité
– les chasseurs de faciès ne dorment que d’un œil –
Pluie, vent glacial, chambres sordides éclairées par les larmes
Les poings serrés de rage, de détresse, d’insomnie.

Là-bas, très loin, l’épouse, la tendre fiancée
Couleur jasmin, couleur cacao, couleur de luth,
de jardin submergé par la marée des oiseaux,
libres et scintillants.

Terre de Nedjma
Terre de femmes au triple au quadruple exil
De femmes de silence voilées, d’effacement
Terre de Wolof et Terre de Sétif.

Terre de Paris
qui file entre les doigts comme le sable des déserts.

Ville Lumière
qui pointe mille épées vers les cœurs brisés
les corps colonisés par le plomb de la fatigue,
de l’heure d’hiver qui aiguise l’angle de la rue.
Parfois, un sourire de l’Autre, l’inconnu
Et c’est comme un début de foule humaine
Sur les lèvres ;
Au plus profond des yeux.

 

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ANDRE LAUDE

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stefano rosa

Oeuvre Stéfano Rosa

 

 

LETTRE A FRANCOIS HOLLANDE...Extrait

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La poésie n'est pas qu'un jeu gratuit sur les mots. Même si cette dimension ludique fait partie de ses possibilités. Ou si c'est un jeu, il est vital, comme est vital le jeu pour le développement de l'enfant et sa aptitude à grandir. La poésie est la manifestation de la capacité des êtres humains à« habiter le monde », à le faire leur, à s'ouvrir aux autres, à ressentir plus vivement le réel en même temps qu'à le rêver, à le transformer par le recours à l'imagination. Elle est, au meilleur d'elle, une lucidité sensible, une des formes les plus hautes de la conscience.

Un peuple sans poésie serait un peuple sans rêve.

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FRANCIS COMBES

 

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aimez,,

 

 

LE LABYRINTHE DES DESIRS RETROUVES...Extrait

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" - Il importe vraiment, dit-il, que tous et chacun nous conservions notre secret, car que subsisterait-il de nous si notre secret était livré, divulgué, dévoilé, perdu, percé, extorqué, arraché ? Ce serait la perte de notre propre densité, de notre identité profonde, de la différence qui nous fonde. L'aveu libère, dit-on, l'âme de son angoisse, mais ensuite c'est un désenchantement, sans remèdes et infertiles, celle-là, que d'être réduit à rien, de ne plus avoir d'énigme personnelle au regard des autres, et d'abord à nos propres yeux...."
... " - Le secret reste notre composante essentielle. Il est l'incandescence intérieure, le "moi intime", le mystère personnel à partir duquel tout s'élance et vers lequel tout converge...l'erreur est toujours de chercher à percer le mystère intime de l'autre ou de se montrer soi-même sans ombre."

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JEAN-PIERRE OTTE

 

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Viktorija Vaišvilaitė,2

PROCOL HARUM - A WHITER SHADE OF PALE - 2006

LES ESCALIERS

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Foulés sans cesse, les escaliers cabossés, usés, déroulent une histoire à chaque marche. Des milliers de pas légers ou plus lourds les ont dévalés, pressés de rejoindre un amour. Des dizaines de fois de joyeuses descentes et remontées d'enfants ont  été martelés, musclant les petits mollets. Plus difficile, l'ascension journalière mais obligatoire, d'une vieille dame qui a contribuéà lustrer la pierre, posant ses pieds toujours au même endroit...L'Automne les habille de feuilles finissantes, un instant protégés, un moment de répit, presqu'un abandon. La pluie les a maintes fois délavés, le gel les a déformés, le temps les a sculptés, polissés,  dangereux pour ceux qui, à grande vitesse, chutaient, les transformant ainsi en toboggans diaboliques. Ils mènent toujours quelque part, raccourci intelligent, ou seul moyen d'accés. Puis, un jour ils ne sont plus empruntés et se tapissent de petites fleurs libres afin de vivre sereinement...

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JOSIANE

 

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escalier2