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Channel: EMMILA GITANA
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RESSAC

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Que viennent toutes les voix et toutes les rumeurs et les cris
que viennent les silences compatissants, les silences satisfaits
que viennent toutes les choses que je ne peux voir
à la surface de la société des hommes;
que viennent tous les ables, limons, fragments de roches
que la sonde recueille dans les océans navigables
que viennent les sermons de ceux qui ne craignent pas
le destin de leurs proches;
que viennent la réponse captée par ceux qui disposent
de détecteurs appropriés;
que tout revienne au point de départ
et viennent les odes des poètes,
que les poètes se confondent avec la respiration du monde;
que viennent tous autour de la ronde des pécheurs
que les hommes deviennent créateurs;
que vienne tout ce que je ressens comme vérité
au-delà du cercle terni de la vitre…
J’attendrai religieusement le trésor
que m’apportera la vague maritime…
La terre où mes genoux en douleur s’écrasent
est ma certitude fondamentale
mais j’éclairerai de ma lanterne aux mille couleurs
ceux qui viendront
et ils me trouveront sur la ligne de toutes les batailles.

 

! DIAMON~11

 

 

OSWALDO ALCANTARA

 

 

! DIAMON~11

 

 

stefano rosa

Oeuvre Stefano Rosa

 

 

 

L'INHABITABLE

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L’inhabitable : la mer dépotoir, les côté hérissées de fil de fer barbelé, la terre pelée, la terre charnier, les monceaux de carcasses, les fleuves bourbiers, les villes nauséabondes

L’inhabitable : l’architecture du mépris et de la frime, la gloriole médiocre des tours et des buildings, les milliers de cagibis entassés les uns au-dessus des autres, l’esbroufe chiche des sièges sociaux

L’inhabitable : l’étriqué, l’irrespirable, le petit, le mesquin, le rétréci, le calculé au plus juste

L’inhabitable : le parqué, l’interdit, l’encagé, le verrouillé, les murs hérissés de tessons e bouteilles, les judas, les blindages

L’inhabitable : les bidonvilles, les villes bidon

L’hostile, le gris, l’anonyme, le laid, les couloirs du métro, les bains-douches, les hangars, les parkings, les centres de tri, les guichets, les chambres d’hôtel

Les fabriques, les casernes, les prisons, les asiles, les hospices, les lycées, les cours d’assise, les cours d’école

L’espace parcimonieux de la propriété privée, les greniers aménagés, les superbes garçonnières, les coquets studios dans leur nid de verdure, les élégants pied-à-terre, les triples réceptions, les vastes séjours en plein ciel, vue imprenable, double exposition, arbres, poutres, caractère, luxueusement aménagé par le décorateur, balcon, téléphone, soleil, dégagements, vraie cheminée, loggia, évier à deux bacs (inox), calme, jardinet privatif, affaire exceptionnelle.

 

! DIAMON~11

 

 

GEORGES PEREC

 

 

! DIAMON~11

 

 

IMM2

 

 

 

CORPS A REINVENTER...Extrait

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Je tourne la page de l’air
et là j’écris
d’un coup d’aile ou d’un coup d’œil
dans l’excédent qui trouble l’écriture
Mouette du large qui poursuit
sa propre vie dans le sillage
le soleil soluble dans les mots
Je ne suis rien sur cette terre
qu’un de tes pas de ceux qui s’évaporent
l’autocollant de ton regard
une mémoire à la margelle
de tous les balbutiements
la parole à côté des choses
qui boite dans la prescience
de ce qu’elle veut découvrir
Aile d’âme à géométrie variable
c’est elle qui bat et traverse ô mouette
ce qui de nous reste muet.

 

! DIAMON~11

 

 

CHARLES  DOBZINSKI

 

 

 

! DIAMON~11

 

 

MOUETTE lemarcal

Photographie ici...

https://lemarcal.wordpress.com/2012/12/30/la-mouette-et-la-vague

 

LA TRACE DU PAPILLON....Extrait

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Un été automnal sur les collines tel un poème en prose. La brise est une cadence légère que je sens sans l’entendre dans la modestie des arbustes. L’herbe tend vers le jaune, images en ascèse qui séduisent la rhétorique en se comparant à ses fourberies. Pas de célébrations sur ces sentiers à l’exception des suggestions du moineau affairé entre sens et absurde. Et la nature est un corps qui s’allège de son clinquant et de ses atours que mûrissent la figue, le raisin, la grenade et l’oubli de désirs que la pluie ravive. "N’était mon désir obscur de poésie, je n’aurais eu besoin de rien", dit le poète qui, ayant perdu de son enthousiasme, commet moins de fautes et marche. Les médecins lui ont conseillé de marcher sans but précis, pour exercer son cœur à l’insouciance nécessaire à la bonne santé. Et s’il marmonne, son propos est sans importance. L’été est rarement propice à la déclamation. L’été, poème en prose indifférent des aigles tournoyant au firmament. Et l'identité ? je dis.
Il répond : Autodéfense...
L'identité est fille de la naissance.

Mais...

 

 

! DIAMON~11

 

 

MAHMOUD DARWICH

 

 

! DIAMON~11

 

papillon

 

 

 

 

 

 

 

CHRONIQUE DE LA TRISTESSE ORDINAIRE...Extrait

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(...)

La première fois, ce fut à l’aéroport français du Bourget, et une autre fois, dans une rue de Sofia ?
Tu fus pressé de te déclarer exactement, de te définir.
Ton identité, sur tes papiers, était : "non définie", mais en toi elle pointait comme une lumière. Il te fallait soudain faire concorder les deux choses, comme si c’était la première fois dans ta vie que tu affrontais la question : Qui es-tu ?
La police française n’avait pas les moyens de comprendre un fait que ne comprendrait pas la police israélienne. Ton permis de voyage disait que tu avais une nationalité"non définie". "Où es-tu né ? – En Palestine. – Et où vis-tu ? – En Israël". Donc : statut non défini.
Dans la salle d’isolement de l’aéroport, tu réfléchissais à ce grief d’être sans définition. Tu cherchais en vain une preuve d’identité. Ainsi, ces gens là-bas, qui sont sortis des Livres antiques, n’ont pas seulement ravi ton pays, mais le moyen même d’appartenir au vaste monde. En décidant leur autodétermination, ils effacèrent de ton visage toutes les marques par lesquelles le monde te reconnaissait. Comme il était difficile de faire franchir un espace historique !
Alors que le monde entier ne perçoit plus que des distances géographiques. Tu es palestinien, tu le sais, seulement la Palestine n’apparaît pas dans le paysage du monde ! Quand tu veux voyager à travers ce monde, te voilà obligatoirement empêtré dans ton statut cruel. Tu es israélien, mais ton lieu de naissance et ton appartenance et ton refus t’ont transformé en un écheveau de confusions et de contradictions. Eh bien, qui es-tu ?

(...)

À quelques mètres, le drapeau palestinien flotte – vert, noir, rouge et blanc – au-dessus d’un groupe de jeunes gens et jeunes filles palestiniens venus de tous les coins de l’exil. Sur l’horizon il efface, en symbole, l’horreur du passé, il représente l’action militante qui change le présent, et il suscite la lutte pour la victoire future ! Comme ils étaient beaux, tous. Tu t’approches d’eux, saisi par l’émotion de rencontrer cette moitié de toi-même perdue depuis vingt ans. Ils s’approchent de toi, assoiffés de la soif de ces mêmes vingt années auprès d’une source assiégée. " Nous vous attendons ? – Nous arrivons ? " Vous pleurez. Ensemble vous pleurez et puis vous séparez à nouveau.
Sur la bâtiment d’en face où tu te rends, se dresse la drapeau israélien – bleu et blanc – qui recouvre de son ombre le groupe des jeunes gens et jeunes filles israéliens de gauche.
Tu ne te perdais pas entre ces deux emblèmes en conflit, le drapeau du droit qu’on a usurpé, et celui du crime muni d’un hymne et d’un passeport.
Mais dès qu’il s’agissait de pratique politique, alors tu te sentais perdu. Il ne suffisait plus de savoir qui tu étais pour pouvoir te tirer d’embarras. Il fallait encore faire des options, suivre une ligne. As-tu seulement fait un choix ?
De ta patrie tu es venu ici, mais muni d’une feuille de police israélienne et en compagnie de jeunes gens qui portaient ce drapeau qui entre en toi comme un poignard. Où te situer alors ? Et la dernière nuit, dans les rues de Sofia, quand tu es revenu sous ce poignard dans ta chair, c’est à l’autre bâtiment que tu confiais ton coeur – à côté !
L’espace de la perte de toi-même, c’était précisément entre ta vérité essentielle et ton statut légal actuel. De cette division de toi-même tu ne pus sortir que peu glorieusement : tu n’allas point, au cours du Congrès international de la jeunesse affronter le délégué du drapeau palestinien – porteur de ton appartenance véritable et historique – ni celui du drapeau israélien – symbole de ton statut et de ta condition actuels.
Parfois, une harmonisation te paraissait possible – à tort. Ainsi, être où est ton peuple, c’était peut-être cela l’accord entre ton âme et ton histoire, si cela s’offrait, l’autre alternative consistant à rester sur place vacillant en toi-même, soumis aux cruelles conditions tracées par tes ennemis sous la forme, parfois, de la dénégation de ton être même. Par exemple, être à la fois palestinien et israélien, a-t-il un sens ? Se trouver à Sofia entre deux immeubles, drapeau palestinien sur l’un, israélien sur l’autre, signifie-t-il qu’on peut représenter par le drapeau israélien l’être palestinien ? Une chose et son contraire sont-ils possibles au même moment ?
Au fait, qui es-tu ?

 

 

! DIAMON~11

 

 

MAHMOUD DARWICH

 

 

! DIAMON~11

 

palestine

 

 

 

AMOUR, HUMOUR, FANTASMES & (R)APPELS...Extrait

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Ayant appris ce qui ne se fait pas
à coups de ceinture et de privations
je me dirigeai à petits pas
vers l'âge des grandes frustrations.

Mais chemin faisant - j'avais grandi
et pissais au-delà de deux mètres,
le diable des sens me reprit :
une fillette au parfum champêtre!

A huit ans, n'ayant rien de mâle,
je ne me livrais qu'à un jeu d'enfant,
et c'est sans y voir aucun mal,
que je l'embrassais en la chatouillant.

Certes l'affaire en fût restée là,
si la fillette loin d'être outrée,
n'eût tout l'air de bien aimer ça,
et tout fit pour m'encourager.

Oublieux des leçons de Père,
je la fis se tortiller et rire,
la malaxant devant et derrière,
éperdu de puéril plaisir.

Le sermon de ma mère fut cette fois modéré,
peinée qu'elle était par mon oreille carmin,
par laquelle l'instit choqué m'avait arraché
aux bras de la poupée, que l'idiot traita de catin.

J'en suis encore aujourd'hui à me demander,
malgré mes cheveux blancs et tout ce que je sais,
pourquoi ces cons d'adultes sont plus rassurés
quand les gosses jouent à la guerre plutôt qu'à s'aimer.

 

 

! DIAMON~11

 

 

GIULIO ENRICO PISANI

 

 

! DIAMON~11

 

 

giulio

 

 

 

 

 

QUASI PARLANDO...Extrait

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Un soir en dentelle
au goût poudreux
de ton épaule dans la glace
j'ai entendu la mort dans ses phonèmes de craie
le vent crachant dans les venelles
le vent crachant dans mes poumons
j'ai dit adieu
au papier écolier
à la trace d'une chevelure
laissée par la marée
de tes baisers sur ma bouche
j'ai connu l'enfance des mots
la solitude de l'écrit
l'opacité de l'étreinte qui remue
nos langues musicales
comme jeu de cartes
la dureté du bois
le chant dans sa brisure

la lune
tel un nombril
sortait de ma boutonnière d'enfant

! DIAMON~11

 

GEORGES CASTERA

 

 

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Victor-Nizovtsev-

Oeuvre Victor Nizovtsev

 

 

 

 

 

CRONOPES ET FAMEUX...Extrait

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Je touche tes lèvres, je touche d’un doigt le bord de tes lèvres, je dessine ta bouche comme si elle naissait de ma main, comme si elle s’entrouvrait pour la première fois, et il me suffit de fermer les yeux pour tout défaire et tout recommencer, je fais naître chaque fois la bouche que je désire, la bouche que ma main choisit et qu’elle dessine sur ton visage, une bouche choisie entre toutes, choisie par moi avec une souveraine liberté pour la dessiner de ma main sur ton visage et qui, par un hasard que je ne cherche pas à comprendre, coïncide exactement avec ta bouche qui sourit sous la bouche que ma main te dessine. Tu me regardes, tu me regardes de tout près, tu me regardes de plus en plus près, nous jouons au cyclope, nos yeux grandissent, se rejoignent, se superposent, et les cyclopes se regardent, respirent confondus, les bouches se rencontrent, luttent tièdes avec leurs lèvres, appuyant à peine la langue sur les dents, jouant dans leur enceinte où va et vient un air pesant dans un silence et un parfum ancien. Alors mes mains s’enfoncent dans tes cheveux, caressent lentement la profondeur de tes cheveux, tandis que nous nous embrassons comme si nous avions la bouche pleine de fleurs ou de poissons, de mouvements vivants, de senteur profonde. Et si nous nous mordons, la douleur est douce et si nous sombrons dans nos haleines mêlées en une brève et terrible noyade, cette mort est instantanée et belle. Et il y a une seule salive et une seule saveur de fruit mûr, et je te sens trembler contre moi comme une lune dans l’eau.

! DIAMON~11

 

 

JULIO CORTAZAR

 

 

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Boleslaw van Szankowski -

Oeuvre Boleslaw Szankowski

 

 

 

 

 

L'ARBRE, LA LAMPE

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"L'arbre vieillit dans l'arbre, c'est l'été.
L'oiseau franchit le chant de l'oiseau et s'évade.
Le rouge de la robe illumine et disperse
Loin, au ciel, le charroi de l'antique douleur. .

O fragile pays.

Comme la flamme d'une lampe que l'on porte.
Proche étant le sommeil dans la sève du monde.
Simple le battement de l'âme partagée.

Toi aussi tu aimes l'instant où la lumière des lampes
Se décolore et rêve dans le jour.
Tu sais que c'est l'obscur de ton cœur qui guérit,
La barque qui rejoint le rivage et tombe."

! DIAMON~11

 

 

YVES BONNEFOY

 

 

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lampe-ambiance

CONFUSION

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Mon coeur,
ou le tien ?
Qui reflète mes pensées ?
Qui me prête
cette passion
sans racines ?
Pourquoi mon habit change-t-il
de couleur ?
Tout est carrefour!
Pourquoi vois-tu dans la fange
tant d’étoiles ?
Frère, est-ce toi
ou moi ?
Et ces mains si froides sont-elles
celles d’un autre ?
Je me vois parmi les couchants,
et une fourmilière de gens
circule dans mon coeur.



! DIAMON~11

 

 

FEDERICO GARCIA LORCA

 

 

! DIAMON~11

 

 

miroir

BERCEUSE AU MIROIR ENDORMI

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Dors.
Ne crains pas le regard
errant.
Dors.
Ni le papillon,
ni la parole,
ni le rayon furtif
de la serrure
ne t’atteindront.
Dors.
Comme mon coeur,
comme lui,
mon miroir.
Jardin où l’amour
m’espère.
Endors-toi sans crainte,
mais réveille-toi,
quand mourra le dernier
baiser de mes lèvres.

 

! DIAMON~11

 

 

FEDERICO GARCIA LORCA

 

 

! DIAMON~11

 

 

Serge Marshennikov,,

Oeuvre Serge Marshennikov

 

 

 

ECLATS D'UNE POETIQUE DE L'APPROCHE DE L'INCONNAISSABLE - Livre VI - ...Extrait

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Nous naissons de l'écrit

et les cris nous écrivent.

La voix transcrit l'obscur

en son vacillement.

 

Sens-cri pour toi-même

tu es trouble pour l'autre.

Tu perds la voix,

la voix te hèle,

- le renaissant.

 

L'obsurité défend

la blancheur de la page.

Voyance est ton chemin

dans le chaos des mots.

 

Soleil noir,

des rives désertiques,

- brûle d'essentiel !

Sur l'eau bleue de la mer,

l'oiseau. - Sale ta langue !

 

! DIAMON~11

 

 

SERGE VENTURINI

 

 

! DIAMON~11

 

 

soleil noir2

LA MACHINE DU MONDE ET AUTRES POEMES...Extrait

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Je demande pardon d’être
le survivant.
Pas pour longtemps, bien sûr.
Tranquillisez-vous.
Mais je dois confesser, reconnaître
que je suis survivant.
S’il est triste/comique
de demeurer assis à l’orchestre
quand le spectacle est terminé
et qu’on ferme le théâtre,
il est plus triste/grotesque de rester en scène,
acteur unique, sans rôle,
quand le public déjà s’en est retourné
et que seuls les cafards
circulent parmi les miettes.

Notez bien : ce n’est pas ma faute.
Je n’ai rien fait pour être
survivant.
Je n’ai pas supplié les hautes instances
de m’épargner aussi longtemps.
Je n’ai tué aucun de mes compagnons.
Si je ne suis pas sorti violemment,
si je me suis laissé aller à rester, rester, rester,
ce fut sans intention seconde.
On m’a lâché ici, voilà tout,
et tous s’en sont allés, un à un,
sans prévenir, sans me faire un signe,
sans dire adieu, tous s’en sont allés.
(Il y eut ceux qui en rajoutèrent en silence.)
Je ne me plains pas, je ne leur reproche rien.
Assurément ils n’avaient pas prémédité
de me laisser livréà moi-même,
perplexe,
désentraillé.
Ils n’ont pas remarqué qu’il en resterait un.
C’est bien cela. Je suis devenu, ils m’ont fait devenir
sur-vivant.

S’ils s’étonnent que je sois en vie,
je précise : je suis en survie.
Quant à vivre, à proprement parler, je n’ai pas vécu
sinon en projet. Ajournement.
Calendrier de l’année suivante.
Je n’ai jamais eu conscience d’être en vie
lorsqu’autour de moi ils étaient tant à vivre ! tellement.
Quelquefois je les ai enviés. D’autres fois, j’avais
pitié de voir tant de vie s’épuiser à vivre
tandis que le non-vivre, le survivre
duraient, en perdurant.
Et je me mettais dans un coin, dans l’attente,
contradictoirement et simplement,
que vînt l’heure de
vivre aussi.

Elle n’est pas venue. J’affirme que non. Tout n’a été qu’essais,
tests, illustrations. La vraie vie
souriait au loin, indéchiffrable.
J’ai laissé tomber. Je me suis rassemblé
de plus en plus, coquille, dans ma coquille. Maintenant
je suis survivant.

Un survivant dérange
plus qu’un fantôme. Je le sais bien : moi-même
je me dérange. Le reflet est une preuve féroce.
J’ai beau me cacher, je me projette,
je me renvoie, je me provoque.
Rien ne sert de me menacer. Je reviens toujours,
tous les matins je me reviens, je vais et viens
avec l’exactitude du facteur qui distribue les mauvaises nouvelles.
La journée entière est consacrée
à vérifier mon phénomène.
Je suis là où ne sont pas
mes racines ni ma route :
là où je suis resté,
insistant, réitéré, affligeant
survivant
de la vie que je n’ai pas encore
vécue, j’en jure par Dieu et par le Diable, non, pas vécue.

Tout  étant avoué, quelle peine
me sera-t-elle infligée, ou quel pardon ?
Je soupçonne que rien ne peut être fait
en ma faveur ou défaveur.
Il n’existe pas de technique
pour faire, défaire
le non-fait infaisable.
Si je suis survivant, je suis survivant.
Il convient de me reconnaître cette qualité
qui finalement en est une. Je suis le seul, comprenez-vous ?
d’un groupe très ancien
dont il n’y a plus souvenir sur les trottoirs
ni sur les écrans.
Le seul à demeurer, à dormir,
à dîner, à uriner,
à trébucher, même à sourire
en de rapides occasions, mais je vous assure que je souris,
tout comme en cet instant je suis en train de sourire
de ce que je suis — délectation ? — survivant.

Il ne s’agit que d’attendre, voulez-vous bien ?
que passe le temps de la survivance
et que tout se résolve sans scandale
par-devant la justice indifférente.
Je viens de noter, et sans surprise :
on ne m’entend pas, au sens de : comprendre,
et il n’importe guère qu’un survivant
vienne raconter son affaire, se défendre
ou s’accuser, tout revient à la même
et nulle chose, si blanche.

 

! DIAMON~11

 

 

CARLOS DRUMMOND DE ANDRADE

 

 

 

! DIAMON~11

 

 

BORIS KOUSTODIEV2

Oeuvre Boris Koustodiev

 

 

 

DANS LE ROUGE DU TARD

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Dans le rouge du tard les noms dorment :

un

ta nuit en éveille

et le conduit, accompagné de blancs bâtons,

à tâtons vers le mur du sud de ton cœur,

sous les pins :

 

l'un, de taille d'homme,

franchit en marchant, la ville des potiers

là où la pluie entre en amie

d'une heure de la mer.

 

Dans le bleu

il prononce un mot d'arbre d'ombre promise,

et ton nom aimé

recompte et dépose ses syllabes.

 

! DIAMON~11

 

 

PAUL CELAN

 

 

! DIAMON~11

 

 

emil nolde2

Oeuvre Emile Nolde

 

 

 

A UNE SERENITE CRISPEE

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Au commencement était la peur, puis la résistance à l’objet de la peur,
ensuite le verbe, le secret et les autres occurrences. (Je mets
le chant côte à côte avec l’illusion , où il vous plaît de les placer.)

! DIAMON~11

 

 

RENE CHAR

 

 

! DIAMON~11

 

JAYA SUB2

Oeuvre Jaya Suberg

 

 

LA LETTRE EN CHEMIN

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Au revoir, mais tu seras
présente, en moi, à l'intérieur
d'une goutte de sang circulant dans mes veines
ou au-dehors, baiser de feu sur mon visage
ou ceinturon brûlant à ma taille sanglé.
Accueille, ô douce,
le grand amour qui surgit de ma vie
et qui ne trouvait pas de territoire
comme un découvreur égaré
aux îles du pain et du miel.
Je t'ai rencontrée une fois
terminée la tempête,
la pluie avait lavé l'air
et dans l'eau
tes doux pieds brillaient comme des poissons.
Adorée, me voici retournant à mes luttes.
Je grifferai la terre afin de t'y construire
une grotte où ton Capitaine
t'attendra sur un lit de fleurs.
Oublie, ma douce,
cette souffrance
qui tel un éclair de phosphore
passa entre nous deux
en nous laissant peut-être sa brûlure.
La paix revint aussi, elle fait que je rentre
combattre sur mon sol,
et puisque tu as ajouté
à tout jamais
à mon cœur la dose de sang qui le remplit
et puisque
j'ai à pleines mains ta nudité,
regarde-moi,
regarde-moi,
regarde-moi sur cette mer où radieux je m'avance,
regarde-moi en cette nuit où je navigue,
et où mer et nuit sont tes yeux.
Je ne suis pas sorti de toi quand je m'éloigne.
Maintenant je vais te le dire :
ma terre sera tienne,
je pars la conquérir,
non pour toi seule
mais pour tous,
pour tout mon peuple.
Un jour le voleur quittera sa tour.
On chassera l'envahisseur.
Tous les fruits de la vie
pousseront dans mes mains
qui ne connaissaient avant que la poudre.
Et je saurai caresser chaque fleur nouvelle
grâce à tes leçons de tendresse.
Douce, mon adorée,
tu viendras avec moi lutter au corps à corps:
tes baisers vivent dans mon cœur
comme des drapeaux rouges
et si je tombe, il y aura
pour me couvrir la terre
mais aussi ce grand amour que tu m'apportas
et qui aura vécu circulant dans mon sang.
Tu viendras avec moi,
je t'attends à cette heure,
à cette heure, à toute heure,
je t'attends à toutes les heures.
Et quand tu entendras la tristesse abhorrée
cogner à ton volet,
dis-lui que je t'attends,
et quand la solitude voudra que tu changes
la bague où mon nom est écrit,
dis-lui de venir me parler,
que j'ai dû m'en aller car je suis un soldat
et que là où je suis,
sous la pluie ou
le feu,
mon amour, je t'attends.
Je t'attends dans le plus pénible des déserts,
je t'attends près du citronnier avec ses fleurs,
partout où la vie se tiendra
et où naît le printemps,
mon amour, je t'attends.
Et quand on te dira: « Cet homme
ne t'aime pas », oh! souviens-toi
que mes pieds sont seuls dans la nuit, à la recherche
des doux petits pieds que j'adore.
Mon amour, quand on te dira
que je t'ai oubliée, et même
si je suis celui qui le dit,
même quand je te le dirai
ne me crois pas,
qui pourrait, comment pourrait-on
te détacher de ma poitrine,
qui recevrait
alors le sang de mes veines saignant vers toi ?
Je ne peux pourtant oublier
mon peuple.
Je vais lutter dans chaque rue
et à l'abri de chaque pierre.
Ton amour aussi me soutient :
il est une fleur en bouton
qui me remplit de son parfum
et qui, telle une immense étoile,
brusquement s'épanouit en moi.
Mon amour, il fait nuit.
L’eau noire m'environne
et le monde endormi.
L'aurore ensuite va venir,
entre-temps je t'écris
pour te dire : «Je t'aime. »
Pour te dire « Je t'aime », soigne,
nettoie, lève,
protège
notre amour, mon cœur.
Je te le confie comme on laisse
une poignée de terre avec ses graines.
De notre amour des vies naîtront.
De notre amour on boira l'eau.
Un jour peut-être
un homme
et une femme
à notre image
palperont cet amour, qui aura, lui, gardé la force
de brûler les mains qui le touchent.
Qui aurons-nous été ? Quelle importance?
Ils palperont ce feu
et le feu, ma douce, dira ton simple nom
et le mien, le nom que toi seule
auras su parce que toi seule
sur cette terre sais
qui je suis, et que nul ne m'aura connu comme toi,
comme une seule de tes mains,
que nul non plus
n'aura su ni comment ni quand
mon cœur flamba uniquement
tes grands yeux bruns,
ta large bouche,
ta peau, tes seins,
ton ventre, tes entrailles
et ce cœur que j'ai réveillé
afin qu'il chante
jusqu'au dernier jour de ta vie.
Mon amour, je t'attends.
Au revoir, amour, je t'attends.
Amour, mon amour, je t'attends.
J'achève maintenant ma lettre
sans tristesse aucune : mes pieds
sont là, bien fermes sur la terre,
et ma main t'écrit en chemin :
au milieu de la vie, toujours
je me tiendrai
au côté de l'ami, affrontant l'ennemi,
avec à la bouche ton nom,
avec un baiser qui jamais
ne s'est écarté de la tienne.

 

! DIAMON~11



PABLO NERUDA

« Les vers du capitaine »

 

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WILLIAM MERRITT CHASE2

Oeuvre William Merritt Chase





JOE COCKER- You're so beautiful

LA CARTA EN EL CAMINO

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Adiós, pero conmigo
serás, irás adentro
de una gota de sangre que circule en mis venas
o fuera, beso que me abrasa el rostro
o cinturón de fuego en mi cintura.
Dulce mía, recibe
el gran amor que salió de mi vida
y que en ti no encontraba territorio
como el explorador perdido
en las islas del pan y de la miel.
Yo te encontré después
de la tormenta,
la lluvia lavó el aire
y en el agua
tus dulces pies brillaron como peces
Adorada, me voy a mis combates.
Arañaré la tierra para hacerte una cueva
y allí tu Capitán
te esperará con flores en el lecho.
No pienses más, mi dulce,
en el tormento
que pasó entre nosotros
como un rayo de fósforo
dejándonos tal vez su quemadura.
La paz llegó también porque regreso
a luchar a mi tierra,
y como tengo el corazón completo
con la parte de sangre que me diste
para siempre,
y como
llevo
las manos llenas de tu ser desnudo,
mírame,
mírame,
mírame por el mar, que voy radiante,
mírame por la noche que navego,
y mar y noche son los ojos tuyos.
No he salido de ti cuando me alejo.
Ahora voy a contarte:
mi tierra será tuya,
yo voy a conquistarla,
no sólo para dártela,
sino que para todos,
para todo mi pueblo.
Saldrá el ladrón de su torre algún día.
Y el invasor será expulsado.
Todos los frutos de la vida
crecerán en mis manos
acostumbrados antes a la pólvora.
Y sabré acariciar las nuevas flores
porque tú me enseñaste la ternura.
Dulce mía, adorada,
vendrás conmigo a luchar cuerpo a cuerpo
porque en mi corazón viven tus besos
como banderas rojas,
y si caigo, no sólo
me cubrirá la tierra
sino este gran amor que me trajiste
y que vivió circulando en mi sangre.
Vendrás conmigo,
en esa hora te espero,
en esa hora y en todas las horas,
en todas las horas te espero.
Y cuando venga la tristeza que odio
a golpear a tu puerta,
dile que yo te espero
y cuando la soledad quiera que cambies
la sortija en que está mi nombre escrito,
dile a la soledad que hable conmigo,
que yo debí marcharme
porque soy un soldado,
y que allí donde estoy,
bajo la lluvia o bajo
el fuego, mírame por el mar, que voy radiante,
mírame por la noche que navego,
y mar y noche son los ojos tuyos.
No he salido de ti cuando me alejo.
Ahora voy a contarte:
mi tierra será tuya,
yo voy a conquistarla,
no sólo para dártela,
sino que para todos,
para todo mi pueblo.
Saldrá el ladrón de su torre algún día.
Y el invasor será expulsado.
Todos los frutos de la vida
crecerán en mis manos
acostumbrados antes a la pólvora.
Y sabré acariciar las nuevas flores
porque tú me enseñaste la ternura.
Dulce mía, adorada,
vendrás conmigo a luchar cuerpo a cuerpo
porque en mi corazón viven tus besos
como banderas rojas,
y si caigo, no sólo
me cubrirá la tierra
sino este gran amor que me trajiste
y que vivió circulando en mi sangre.
Vendrás conmigo,
en esa hora te espero,
en esa hora y en todas las horas,
en todas las horas te espero.
Y cuando venga la tristeza que odio
a golpear a tu puerta,
dile que yo te espero
y cuando la soledad quiera que cambies
la sortija en que está mi nombre escrito,
dile a la soledad que hable conmigo,
que yo debí marcharme
porque soy un soldado,
y que allí donde estoy,
bajo la lluvia o bajo
el fuego,
amor mío, te espero,
te espero en el desierto más duro
y junto al limonero florecido:
en todas partes donde esté la vida,
donde la primavera está naciendo,
amor mío, te espero.
Cuando te digan "Ese hombre
no te quiere", recuerda
que mis pies están solos en esa noche, y buscan
los dulces y pequeños pies que adoro.
Amor, cuando te digan
que te olvidé, y aun cuando
sea yo quien lo dice,
cuando yo te lo diga,
no me creas,
quién y cómo podrían
cortarte de mi pecho
y quién recibiría
mi sangre
cuando hacia ti me fuera desangrando?
Pero tampoco puedo
olvidar a mi pueblo.
Voy a luchar en cada calle,
detrás de cada piedra.
Tu amor también me ayuda:
es una flor cerrada
que cada vez me llena con su aroma
y que se abre de pronto
dentro de mí como una gran estrella.
Amor mío, es de noche.
El agua negra, el mundo
dormido, me rodean.
Vendrá luego la aurora
y yo mientras tanto te escribo
para decirte: "Te amo".
Para decirte "Te amo", cuida,
limpia, levanta,
defiende
nuestro amor, alma mía.
Yo te lo dejo como si dejara
un puñado de tierra con semillas.
De nuestro amor nacerán vidas.
En nuestro amor beberán agua.
Tal vez llegará un día
en que un hombre
y una mujer, iguales
a nosotros,
tocarán este amor, y aún tendrá fuerza
para quemar las manos que lo toquen.
Quiénes fuimos? Qué importa?
Tocarán este fuego
y el fuego, dulce mía, dirá tu simple nombre
y el mío, el nombre
que tú sola supiste porque tú sola
sobre la tierra sabes
quién soy, y porque nadie me conoció como una,
como una sola de tus manos,
porque nadie
supo cómo, ni cuándo
mi corazón estuvo ardiendo:
tan sólo
tus grandes ojos pardos lo supieron,
tu ancha boca,
tu piel, tus pechos,
tu vientre, tus entrañas
y el alma tuya que yo desperté
para que se quedara
cantando hasta el fin de la vida.
Amor, te espero.
Adiós, amor, te espero.
Amor, amor, te espero.
Y así esta carta se termina
sin ninguna tristeza:
están firmes mis pies sobre la tierra,
mi mano escribe esta carta en el camino,
y en medio de la vida estaré
siempre
junto al amigo, frente al enemigo,
con tu nombre en la boca
y un beso que jamás
se apartó de la tuya.

 

! DIAMON~11



PABLO NERUDA
 «Los versos del capitán»



! DIAMON~11

 

anonyme2

Oeuvre ???

 

 

ESPOIR.....

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" Si espoir il y a,

espoir est dans mon olivier

Dans ma terre saignante

Dans ma mer révoltée

Dans ma montagne tranchante

Si espoir il y a,

Espoir dans toutes ses belles images qui prennent le chemin de la révolte,

Celui du retour vers soi."

 

! DIAMON~11

 

 

SAMIRA NEGROUCHE

 

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NOEL ....

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Il en est comme du couple de tourterelles ... N'est-il pas chaque jour Noël aux fruits de l'arbre, dans l'air empli des sucs d'une saison et la vasque translucide où l'on boit l'eau claire et vive d'un indicible chant, d'un cantique ? D'ailleurs, dites-moi bien comment sacrer NOËL, combien assumer NOËL et pourquoi ? Dans un monde où le fils ignore la mère, le père, en fait l'alter-ego commun que l'on ne salue même plus dans la rue, fût-il un sans abri ! Oui, certainement, l'aubaine comme l'agape sont au rendez-vous ! Tous les hôtels, regorgeant d'holocaustes aux fumées sacrificielles, et les illusions en peluche se rappellent à l'enfance perdue, que l'on retrouve tout autour de soi, et qui en définitive ne laisseraient plus aucune trace ou empreinte dans le tohu-bohu de l'âge adulte ingrat, tant oublieux ! Ne me demandez plus de fêter NOËL ! d'ailleurs sait-on le jour exact de la naissance du petit Jésus, du petit Prince ? Est-il si important d'en imposer la date, comme si elle eût aussi suffi à cadrer, à soulager le poids des années mortes, périlleuses, assassines où malgré le Verbe, l'homme manie le couteau, le F16 et tergiverse dans les sphères éthérées au sujet de l'Action contre la faim dans le Monde, de l'aide aux réfugiés de tous les conflits les plus meurtriers ... Il fut un temps, nous fêtions largement NOËL, pour les Enfants, nos enfants, oubliant aussi qu'il était des enfants qui ne pouvaient pas ou plus jamais com - mémorer NOËL ... N'ayant plus de petits enfants, pour avoir été séquestrés par la Gestapo qui sévit même à NOËL, ( en la personne très pieuse et très morale de notre Fils et sa Femme ), nous pensons très forts aux Enfants du Monde, des Mondes, à ces Enfants dits Terroristes que l'on a massacrés sur la Terre Sainte et Promise, par milliers, face aux murs de la Honte et de la ville de Jérusalem, trois fois Sainte, pas loin de Bethléem, de Nazareth, en Judée, même à NOËL, comme une provocation, une imprécation sanglante lancée aux dieux indésirables, par d'autres dieux implacables ! Ils étaient des Enfants, certes, mais pas comme les autres, d'où les horreurs du Boucher de GAZA impunies ! Il vint pourtant un jour, faire acte de contrition, les plus hauts dignitaires de la Foi, pour tous les silences odieux de tant de NOËL passés à la table des rois, mais cela ne suffit pas à taire les armes et l'obus du boucher vendus pour avoir été testés sur des Enfants, en fait sur des milliers de petits jésus. La terre promise saigne encore à NOËL et personnellement affecte le Monde, m'empêche de fêter NOËL ! D'ailleurs que signifie désormais NOËL, lorsque l'on enlève de force le symbole même et typiquement Provençal de NOËL ... Imaginez seulement NOËL sans l'Ange Bouffaréu, Pistachier, le Berger, le meunier, le Boumian, les Rois Mages, l'âne, le Bœuf, le petit chien du berger ressuscité enfin, sans toute la Pastorale des Santons de Provence que je récitais, le soir, avant de dormir, par passages entiers et les sachant par cœur, bien au-delà du temps de NOËL, là-bas, au Cambodge, près de mes petits amis d'école qui seront tous passés par les armes, pour avoir aussi louer NOËL, appris la Parabole ? Que deviendra la grande famille des Santons de Provence qui nous rappelle à Mistral, aux Baux ( de Provence ), à Cézanne et tant d'autres Lumières de la terre des garrigues et des lavandes chère à Vincent, à Pagnol. Et tous ces miracles qui ne seront plus que voiles évanescents plongeant dans l'abîme d'une marée adulte et intransigeante, venant à grand renfort de sang dans les arène proclamer la corrida, tuant le Bœuf sauvage, l'Andalousie, la Camargue et balayant d'un revers de main la Crèche de NOËL ! Rendez-vous compte, le Toréador, le Picador, le Matador en guise de Bergers des hommes, sonnant les trompettes de la Renommée, l'épée à la main, consacrant la Faena et surtout brandissant le pic acéré de la Laïcité, pour les Enfants ! cette espèce de fourre-tout, une hotte sordide où en définitive, l'ange et le démon, se partagent comme toujours les restes d'une table de repus, de pansus, arguant des honneurs de la foule et de victoires, à NOËL ! Une autre vision d'un monde que la Laïcité aura non seulement conquis, dressé, asservi à qui mieux mieux, pour en décliner froidement le cours à la fois stérile et froid, tellement oublieux, pardonnéà NOËL ; oh non !... Non, non, vraiment, ne me jetez pas dans les arcanes de ces Colisées aux fumets de toutes les histoires sanglantes des Lumières et du Dogme, où hélas ! NOËL tombe et chute bien vite sous le joug de la Pensée Unique en traitant la différence et la diversité comme elle le fit et le fait encore de la Traite des hommes, redéfinie à NOËL, à l'aune du portefeuille. Amer ? le serait-on réellement ? Non, certainement pas ; sensible, trop sensible, à en tomber malade, comme l'enfant : oui, sûrement. Mais d’œuvrer profondément, d'un bout à l'autre de l'instant, du regard à la pensée, de la pensée à l'acte pour que jamais souffrance ni douleur ne viennent grever le quotidien des innocents sous le couvert rutilant et faste de la vérité valant son pesant d'or et de pouvoir. Je n'évoque pas les Innocents aux mains pleines, mais bien plutôt celles et ceux qui ne peuvent faire de leur quotidien, une vie durant, ce qu'en un seul jour NOËL apporte aux inconditionnels de tant de NOËLS juteux ! aux déshérités, aux laissés pour compte de la vie que nous voyons partout allongés dans les rues d'un monde impitoyable, dites-moi, que signifie NOËL ? Peut-être et sûrement un repas chaud que la bonté, loin des hémicycles, portera, la main au cœur ! Mais pour combien de cris de détresse lâchés dans le tumulte et la frénésie non entendus, délaissés par manque de moyens alors qu'à deux pas on flambe, on sable, on dévore l'oie gavée, en revenant de la messe, où qui sait, tout est déjà et ainsi dit ! Alors NOËL, NOËL merveilleux, ses grandes homélies et ses chants qui jouxtent à hurler l'ombre et le sang, la gelure et la faim, là-bas, sous des cartons où gémit le sans-abri, lorsque des enfants se font tabasser et sont arrachés par la force au grand-père, à deux pas du mur des Lamentations, si près de Lazare ! NOËL, l'antre où se balancent en saignant, par centaines de milliers, l'agneau et le cabri que le petit Jésus ne voulait plus ! Oh oui ! j'aurais tant aimé NOËL aux senteurs sapides du conte, de l'orange et du pain d'épices, seulement, un jouet que l'on fait de ses mains pour le fils de l'Homme, entonnant quelques versets du petit Prince, là, au seuil de vraies citadelles, sous la protection de merveilleuses sentinelles qui ne veilleraient d'autres horizons que celui de l'amour fidèle et vrai, sur la Terre des Hommes

 

! DIAMON~11

 

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