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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 12/24/16--06:49: NOËL D'ENFANT AU PAYS COUPE
  • Un Noël comme tant d’autres
    dans ces années du pays coupé
    une parole lointaine
    des voix entendues au moment de s’endormir
    dont on se souvient
    comme des jours de neige, qui les étouffent,
    depuis des jours et des nuits, il neige
    et j’ai quatre ans,
    il neige depuis six jours, ou plus ?
    des Noëls de lune froide avec le ciel ramassé
    le ciel qui se perd dans le brouillard de la forêt et du volcan
    des chandelles de glace et les doigts rougis dans la neige prise à pleines mains

    Il neigeait toujours à Noël.
    Décembre, dans mes souvenirs, est blanc
    comme les mignonettes, les petites cartes de la bonne année
    avec des animaux effarés, cerfs ou renards qui les peuplent
    depuis les murs blancs du jardin, on lançait des boules de neige
    sur les branches givrées, dans le silence s’assourdissant,
    le pays semblait dormir d’un sommeil éternel
    le vent avait borné le chemin de congères
    et nous placions le grand bonhomme de neige en vigie
    chapeau noir et yeux boulets de charbon.
    Echarpe et bâton
    il se tenait au milieu du chemin,
    blafard et lumineux
    froid et chaleureux

    Les beaux Noëls ! Je n’ai pas souvenir de sapin
    chez nous on respectait les arbres
    il eut été criminel d’aller couper une jeune vie dans sa pleine croissance
    mais nous faisions un grand ménage pour la venue du Père Noel
    et installions nos pantoufles devant la cheminée.
    Je n’ai pas souvenir de réveillon le soir de Noël
    Mais la longue marche des femmes jusqu’à l’église pour la messe de minuit
    Je restais avec mon père, près de la cheminée
    il me racontait des histoires tout en taillant ses brins d’osier

    Il y a des années et des années, j'étais petite fille
    Au matin, je me levais de bonne heure, pour le rituel des jouets,
    Est-ce que le père Noel est passé ?
    Je ne sais qui avait fait la mise en scène
    Mais il y avait toujours une part de désordre indiquant son passage
    Les friandises que j’avais préparées avaient disparu
    C’est que… disait mon père, la route est longue, pour le vieux barbu…
    Alors je découvrais la poupée étrangère, tellement belle
    Bella…au parfum poudré, à la robe chatoyante
    Rose orangé. Elle ne semblait pas craindre la neige…
    Comme les mésanges au bord de la croisée
    Ou les rouges-gorges qui s’y aventuraient.

    Oiseaux de la couleur, cotillon rouge
    battus par le vent des collines, frissonnant
    tandis que les chats oubliaient le gout de la chasse
    bienheureux assoupis parmi « bourrats »
    après le repas de fête, nous allions en promenade avec les luges
    sur les pentes, rapides, nous filions jusqu’aux chemins des Héridières
    cris joyeux et rires retentissant dans l’air glacé
    le soleil timide, le brouillard le contenait.
    Alors nous rentrions, les joues fraiches et rosies,
    Tandis qu’un grand bol de chocolat chaud nous attendait.
    Le lendemain, la neige n’était déjà plus la même
    Elle avait un air gris, sur l’ourlet des congères
    Les pas l’avaient froissée, le vent avait meurtri sa surface lumineuse
    Les arbres avaient semé des brindilles, des feuilles et des lichens
    Le paysage de carte de Noël, déchiré par la tempête.
    Des grains de givre fuyaient sur la mousse congelée
    Sa poudre piquante crépitait sur les collines jusqu’à la girouette du clocher.

    Parfois nous avions de la visite à l’improviste, les pieds tapaient sur les marches de l’entrée pour secouer la neige, emmitouflés comme des fantômes, les visiteurs racontaient leur voyage et donnaient des nouvelles du pays enneigé.
    Le temps dérivait entre leurs paroles, dans l’espace étincelant des collines et l’air soyeux. Des traces d’oiseaux inconnus avaient marché en ce temps immobile de Noel, des sons nouveaux avaient pris place entre les branches, furtivement déjà la nature avançait, reprenait souffle après les longues nuits froides.
    A nouveau, nous plongions dans les livres de contes, livres d’images de pays étranges et sans hiver,
    La laine douce des bancs de brouillard s’effilochait à flanc de colline
    Parfois on trouvait des baies de houx comme sang neuf en route vers les épiphanies.

     

    ! DIAMON~11



    NICOLE BARRIERE



    ! DIAMON~11

     

     

    noel

     

     

     


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  • 12/24/16--07:39: SOIR D'HIVER
  • C'est un soir d'hiver qui compte ses tremblures. Les uns fredonnent Noël d'autres serrent les dents. Pendant qu'aguicheuses les vitrines outrancières clignotent, le ciel tombe par terre entre la main du pauvre et la gamelle du chien. Les doigts gèlent au cœur des SDF. Les caisses enregistreuses cliquètent des menus d'orpailleurs. Des cadeaux indécents rutilent au pied de l'arbre. Le champagne déborde, et se dore la dinde. C'est un soir d'hiver qui compte ses gerçures. Des gens rongent leurs désespoirs. Des corps explosent sous le crachat des bombes. La faim, la soif déchirent des enfants de poussière. Pendant que des nantis bâfrent l'exploitation de l'homme, s'habillent de la douleur des bêtes, concoctent la mort dans les assiettes, cultivent des laideurs sans scrupules, les laissés-pour-compte creusent les poubelles de la désolation. Dans le silence étourdissant des consciences, c'est un soir d'hiver où Noël meurt, déjà cloué sur une croix.

    ! DIAMON~11

     

    ILE ENIGER

     

    ! DIAMON~11

     

    pere noel mort à gaza

    Père Noël tuéà Gaza


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  • 12/25/16--07:17: DES CAGES
  • Le ciel pleure à froides larmes. Il met la barre bien trop haut pour mes fragments d'ailes. Je parcours la terre basse, sa sueur, sa fourbure, ses heures denses. Le fracas du monde étouffe le silence, l'universelle place. La vie fouille les poubelles. Une rumeur de basse-fosse emplit le cœur des hommes. Je ne vais plus au bois, les arbres sont coupés. Alice et le Lapin Blanc tremblent dans un trou de bombe. Le Prince trompe Cendrillon, le Petit Poucet n'échappe plus à l'ogre. Dans des cages de béton chacun ignore son voisin. D'exactions en indifférences, ne restera bientôt que l'amer du verbe aimer. Les manches retroussées dans ces désaffections, je pellette la vie pour la générosité d'un chemin.

     

    ! DIAMON~11

     

     

    ILE ENIGER

     

     

    ! DIAMON~11

     

    une-fillette-tenant-sa-poupee


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  • 12/25/16--07:27: LE VOYAGE EGOISTE...Extrait
  • " Qu’il est chaud à mon cœur, encore, ce souvenir d’une fête glacée, sans autres cadeaux que quelques bonbons, des mandarines en chemises d’argent, un livre... La veille au soir, un gâteau traditionnel, servi vers dix heures, saucé d’une brûlante sauce de rhum et d’abricot, une tasse de thé chinois, pâle et embaumé, avaient autorisé la veillée. Feu claquant et dansant, volumes épars, soupirs des chiens endormis, rares paroles – où donc mon cœur et celui des miens puisaient-ils leur joie ? Et comment le transmettre, ce bonheur sans éclats, ce bonheur à flamme sourde, à nos enfants d’aujourd’hui ? Qui donc les a faits avides et blasés comme ils sont ? La vie nouvelle, l’âpre époque, et nous-mêmes !..."

     

    ! DIAMON~11

     

     

    COLETTE

     

    ! DIAMON~11

     

     


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  • 12/25/16--07:56: LA SUEUR DU RÊVE
  •  Noël scintille dans l’arbre aux rêves

    Un enfant regarde le monde

    Et le monde le regarde fixement

    Sans ciller

    Sans honte

    Les malheureux sont plus nombreux que les guirlandes

    Et il est des vies qui ne sont pas des cadeaux

    Alors l’enfant ferme les yeux du monde

    Il voit

    Un autre monde derrière les dunes du rêve

    Il s’imagine que les hommes sont humains

    Il s’imagine que la terre est une toupie

    Il s’imagine que la guerre est en déroute

    Que la paix a mis son manteau d’amour

    Il s’imagine

    Un monde qui sourit au bonheur

    Il s’imagine

    Que le rêve pond d’autres rêves

    Il faut y croire

    Il faut rêver avec lui

    Le rêve est la plainte du bonheur

    Et le vrai métier des consciences qui montent la garde

    Dans la plus belle des utopies

    La sueur du rêve efface la crasse du monde

     

    ! DIAMON~11

     

    ERNEST PEPIN

    Faugas/Lamentin

    24 décembre 2011

     

    ! DIAMON~11

     

    enfant-haiti-port-au-prince

    Haïti, Port-au-Prince


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  • 12/25/16--08:33: SANS TITRE
  • On a replié sa vie
    comme une carte lue à l’envers.
    On a replié sa vie
    comme un livre
    où se terrent les dérapages
    et les boues.

    On est telle une vieille horloge
    obstinée dans le recul
    taiseuse depuis trop longtemps.

    On repousse le sommeil
    on se cogne à l’ombre
    aux premiers soupirs de la mémoire.
    Certains guettent le soleil
    ou la place d’un feu.

    Quelles bouches diront ton nom ?
    Quelles bouches diront
    tes gestes dans l’imprudence
    et tes méandres inversés par distraction ?

    Quelles bouches oseront parler
    du fleuve qui courait en toi
    lesquelles diront les entassements
    dont tu craignais le déséquilibre
    et la lumière frêle
    que malgré la nuit tu poursuivais ?

    Les matins affolés
    et tout ce fatras qui t’alourdit
    taillent à vif ton liber profond.

     

    ! DIAMON~11

     

    .
    AGNES SCHNELL
    .

    ! DIAMON~11


    JOYCE GEHL

    Oeuvre Joyce Gehl


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  • 12/25/16--09:16: CATHY GARCIA
  • Qui savait que le gentil père noël tout de rouge et de blanc vêtu porte ainsi pour l’éternité (amen tes souliers) les couleurs d’une boisson qui a depuis contaminé le monde entier, une sorte de peste à bulles…brunes ?
    Oui ! Le bien-aimé père noël est né d’une publicité new-yorkaise (1931-1964), le reste appartient à l'histoire de la puissance médiatique des Etats-Unis.
    Bon allez, ne le dites pas aux enfants… Mais pour ma part, plutôt que de vous souhaiter donc un soi-disant traditionnel joyeux noël, j’ai envie de vous dire :  Merveilleuses Saturnales (où paraît-il on s’amusait beaucoup)...
    Un bon solstice quoi ! Et si vous croisez un sbire du père noël, ôtez lui sa fausse barbe et son horrible costume et offrez lui un trois pièces, il aura l’air moins ridicule…
    Quant au père noël lui-même, il y a longtemps qu’il ne se déplace plus, il se la coule douce quelque part sur une île bien loin du pôle nord où parfois il consulte sur son portable le cours du jouet à la bourse.

     

    ! DIAMON~11

     

    CATHY GARCIA

     

    ! DIAMON~11

     

     

    noel-drink-coca-cola,

     

     


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    Chaque matin
    reprendre pied,
    prendre position
    malgré tout ce qui contrecarre
    et nous écarte de la vie…

    Le chant
    reste fidèle dans le cœur,
    mais souvent
    trop enfoui…

    Tout réapprendre du regard,
    du toucher,
    des mots, souvent les plus anodins,
    qui reconstruisent…

     

     

    ! DIAMON~11

     

     

     BERNARD PERROY

    "Petit livre d'impatience"
    préface P. Dhainaut
    couv. Hamid Tibouchi
    éd.Le Petit Pavé

     

     ! DIAMON~11

     

    glycine


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  • 12/26/16--10:00: CENSEMENT
  • Les figues, qui sont parmi les meilleurs fruits de la terre,
    (je les eusse à la pomme préférées dans le Jardin)
    mériteraient elles aussi leur place dans le Mythe,
    comme elles nous donnent une aussi infinie douceur.

    Autant les noix semblent contenir de la matière grise
    en hémisphères dits des cerneaux, proches du cerveau,
    non sans légers accidents du relief à leur surface,
    en écho distant de nous, de leur squelette captifs,

    autant la figue, plutôt évocatrice d’un ventre,
    renvoie difficilement l’image de la pensée :
    ses rondeurs de viveuse, sa douce ventripotence,
    conduisent plutôt l’esprit sur la piste du plaisir ;

    cependant, s’en régaler ne paraît jamais obscène
    mais nous plonge en l’état de communion avec l’esprit,
    qui fusionne l’orient et l’occident sur la langue,
    tumulte et calme, agitation et recueillement.

    La noix, elle, résonne doublement sous sa coquille,
    sans autant d’ouverture, avec moins d’ostentation,
    alors qu’en nos palais un graphe ou stylet promène
    jusqu’aux parages du nez, par les chemins intérieurs.

    S’il n’est entre elles nulle ressemblance ou concurrence
    dans le contexte de chaque fin d’un été indien,
    nous rapprochons souvent, dans notre gestion de l’espace,
    la forme, la couleur, et la densité de ces fruits ;

    je fais l’hypothèse qu’on voie deux des manières d’être
    qui sont nôtres, dans la tendre apparence de tels heurs :
    invites au laisser-aller ou à la résistance
    selon les plaisirs ou peines d’un monde si… mâtiné.

     

     ! DIAMON~11

     

     HENRI-LOUIS PALLEN

    www.lierreentravail.com

     

     ! DIAMON~11

     

    JACQUES LASSAIGNE

    Oeuvre Jacques Vallery Radot

     

     


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  • 12/26/16--12:01: LA GARRIGUE
  • Sur la colline où s’enfièvrent
    Mille milliers de grillons
    Mûrit le profond genièvre
    Dans ses brasiers d’aiguillons

    Croquant la rocaille en flamme,
    Sauge, aspic et lavandin
    Forment un craquant jardin
    Qui ne fournit que de l’âme

    J’y vais, la chaleur tombée,
    Faire des fagots subtils
    Pour inspirer mes flambés
    Sous la broche et sous le gril


    J’y cueille le thym brûlant
    Et des fleurs qui se survivent
    Pour enchanter mes lessives
    Et les nuits de nos draps blancs

    À moi fille des pâtures
    Quel vieux parentage grec
    A légué le goût du sec
    Et des plantes à la dure?

    À la douceur domestique
    J’ai besoin de marier
    Ces arômes de pierrier
    Et ces gris bouquets qui piquent.

    Ainsi vous passez ma porte,
    Vous ensauvagez mon sort,
    Dieux vifs qui hantez encor
    La garrigue aux feuilles-fortes.

     

    ! DIAMON~11

     

    LUCIENNE DESNOUES

     

    ! DIAMON~11

     

     

    sergefiorio

    Oeuvre Serge Fiorio

    http://www.sergefiorio.canalblog.com

     

     

     

     

     

     


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  • 12/28/16--02:06: QUARTZ...Extrait
  • Je coule du haut vers le bas.

    L’accident, c’est le jour improbable qui devient une certitude pour la chair. Un corps amoindri sait la carence impitoyable. Le cerveau continue cependant à courtiser la part manquante. Qui s’installe dans la place vide ? Longtemps des membres fantômes ont baigné dans le sang qui me parcourt, véhiculant l’illusion jusqu’aux racines de mon être. Se défaire de soi nécessite la juste reconnaissance de l’impossible et de l’irréalisable. J’ai tenu entre mes mains le halo de conscience qui fait chavirer le monde à l’intérieur de la mémoire cellulaire. Un autre moi est venu à ma rencontre. Un cœur débridé court à ma recherche. Ma main fouille dans les rétrospectives d’un élan contrarié.

    Je suis comme mort. Il y a une arnaque dans mes entrailles. Ma main gauche touche mon front du bout des doigts. Je marche sur l’ombre déformée d’une silhouette debout. J’irai à cloche-pied s’il le faut, partout où mon chemin deviendra une marelle. Enfant, je courais déjà dans le champ où des cheveux d’ange s’envolaient à chaque pas. La reconstruction semble se blottir dans les bras du hasard, mais il n’en est rien.

    Demeure la structure et reste le cadre. Le contenant donne forme au contenu. Exilé dans un monde clos, l’avenir meurt de ses non-projets. La fatalité commence là où le hasard cesse d’être inopportun. La dualité qui précède la parole universelle ne fait qu’amplifier la solitude. Regard et parole témoignent. Que peut-on créer d’autre que la création elle-même ? L’art, sous toutes ses formes, ouvre les voies instinctives de nos décadences et de nos fulgurantes manifestations à survivre malgré la somme de vulnérabilités qui nous étouffe. Je ne suis plus qu’une présence intérieure dans l’absence universelle.

    Je vais à moi comme l’eau des montagnes remplit d’abord les ruisseaux, puis les fleuves et enfin les océans. Je coule du haut vers le bas. J’observe la boucle infinie par laquelle l’orage et le froid précipitent la pluie sur les sommets. Je flotte au-dessus d’un cercle intouchable et je tournoie autour de la sincérité de chaque chose. Je ponctue le trousseau de vide avec quelques ponctuations incolores. Je suis le sans voix qui titube dans la confrontations des ondes toniques.

     

    ! DIAMON~11

     

     

    BRUNO ODILE

     

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    Brooks Shane Salzwedel6,

    Oeuvre Books Shane Salzwedel

     


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  • 12/28/16--06:49: TEMPS MODERNES
  • Cette année je ne sortirai pas de sa boîte la petite maison de bois
    Sa mousse ses décors son étoile
    Ma joie d’enfant de la dresser
    Les Rois Mages ont été retenus à la frontière
    Pour trafics divers
    Et renvoyés dans leur pays on ne savait pas trop lesquels
    Alors on a choisi à pile ou face la Syrie ou le Yémen
    L’Âne est parti à l’abattoir pour faire des hamburgers
    Le Bœuf tire des chariots de cuir au Bangladesh
    À Joseph on a dit
    Qu’on n’était plus pour le rapprochement familial
    Et Marie a fait une fausse couche dans la jungle de Calais
    Le Berger s’est pendu à cause de ses dettes c’était
    Un berger grec
    Il restait le Ravi mais il gênait la bonne société
    Il ne gênera plus ils l’ont interné bien attaché
    Il rit maintenant dans du capitonné
    Cette année
    Je ne sortirai pas de sa boîte la crèche
    Je la laisse avec l’illusion du printemps qui renaît
    Avec l’hospitalité avec la tendresse,
    Rangée dans le grenier, pour les dents des rats.

     

    ! DIAMON~11

     

     

    ALEXO XENIDIS

    http://larevuenouveauxdelits.hautetfort.com/

     

    ! DIAMON~11

     

     

     

    aimee castain,,

    Oeuvre Aimée Castain

     

     

     


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    « Fussions-nous seulement débarrassés de l’histoire ! »
    Nietzsche

     

    ! DIAMON~11



    Passion du néant

    Clarté mortelle brûlant la vie,

    Un génie flamboyant

    Luit en nous.

    Il nous défend

    Contre la tiédeur

    Que l’ivraie foisonnante

    Insinue dans nos cœurs emprisonnés :

    L’habitude

    Et le futile plaisir de vivre

    Et les mensonges consolateurs

    Et la douce hypocrisie vis-à-vis de soi-même

    Et la confiante rêverie

    Du lendemain…

    Nous portons en nous

    La grâce lumineuse

    L’intuition rayonnante de l’art

    Mais les dieux l’ont malicieusement

    Mariée à Héphaïstos, au sordide labeur manuel

    Infirmité calamiteuse

    Impuissance haletant

    Qui va clopin clopant…

    Nous portons en nous

    Un Hamlet rêveur un prince du Danemark

    Penseur sinistre

    Artiste du refus de vivre

    Il pare de son esprit étincelant le cri du désespoir

    et y ajoute encore de la spiritualité

    Mais à côté de lui

    Dans la cellule étroite de notre âme

    S’assied un gnome bégayant :

    Le professeur germanique

    Et son zèle de moine stupide

    Acquiesçant avec empressement à la vie

    Approfondissant les abîmes d’une douloureuse vérité

    Entassant les livres les mots la poussière

    Satisfait de faire honneur à sa propre médiocrité.

    Nous portons en nous Faust le titanesque

    Et une âme ancillaire, Sganarelle

    Un Werther sanglotant – et un sceptique Voltaire

    Et la clameur gémissante du Prophète

    Et le cri de joie du Grec amant de la beauté :

    Les morts de trois millénaires

    Une bacchanale de fantômes.

    Conçus, engendrés par d’autres

    Ce sont des parasites étrangers

    Appréhendés par nous, morbides empoisonnés

    Ils gémissent ils blasphèment ils crient ils discutent

    Nos paroles sont l’écho enroué de leur chœur retentissant

    Ils se querellent comme des fêtards titubants

    Ils nous tourmentent

    Cependant l’orgie devient unanime

    Et nous tourmente.

    Ils boivent dans nos crânes

    Dilapidant la sève de notre vie

    Ils rampent et se collent

    A notre conscience

    Comme des serpents

    Ils secouent l’arbre gémissant de notre bonheur

    Avec une fièvreuse fureur

    Ils pincent de leurs doigts osseux

    Les cordes frémissantes de notre âme

    Ils dansent notre mort.

    Leur ronde tourbillonnante

    Fait gonfler le flot

    Le flot de vie le flot de mort

    Jusqu’à ce qu’en déferlant contre la digue il la fasse éclater

    Engloutisse les fantômes

    Et nous-mêmes enfin.

    Et sur nos souffrances

    S’étend un manteau de silence et de fraîcheur :

    La nuit…

     

     

    ! DIAMON~11

     

     

     

    HUGO VON HOFMANNSTHAL

    traduction Etienne Coche de la Fert

    Collection Voix de la Terre, Editions GLM, 1950


    ! DIAMON~11

     

     

     

    Marie-Josée Roy,

    Oeuvre Marie-Josée Roy


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    Nous avons négligé le simple pour l'insignifiant, nous avons choisi l'or qui tache les mains au lieu de l'amour qui est sans prix. Nous avons choisi la haine, la rancœur, l'amertume et nous ne sommes plus que de maigres feux éteints dans la lande. Oui, je vois des incendies, des désastres partout et quelques pauvres gens qui osent encore, osent encore dire Non mais l'on n'entend même plus leurs voix perdues dans notre nuit commune. Ils viennent de très loin, éparpillés dans l'univers, ils viennent des massacres, des misères, des tortures, ils n'ont pas de nom, l'histoire les a broyés dans la grande meule de l'oubli mais ils croient encore au vent léger des mots, à cette brise de fraîcheur, à ce sursaut des reins, à cette marche pour que le soleil ne soit pas du sang sur les pierres, pour que la malédiction ne devienne une fatalité. Je les vois toutes ces silhouettes, elles viennent parfois dans ma maison, déposent la tristesse de leurs fusils dans l'âtre et je leur offre l'eau et le pain comme aux plus mauvaises heures de l'histoire quand il fallait glisser son nom dans l'ombre, cacher l'espérance dans les chambres clandestines, mordre aux ténèbres des forêts. Quand il fallait choisir l'éclair, la foudre plutôt que le séjour provisoire des mensonges, l'hilarité des bourreaux, la lâcheté des serpents. Oui, n'abandonnons pas nos sources. Ne laissons pas dévorer nos soleils.

     

    ! DIAMON~11

     

     

    JOËL VERNET

     

    ! DIAMON~11

     

     

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    bernard liegois,

    Photographie Bernard Liegeois

     

     

     


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  • 12/29/16--13:16: JEAN LAVOUE...Extrait
  • Compagnies d'oiseaux remontant vers le large
    Nous serrons nos jours enfuis comme un butin
    Que nous disperserons bientôt en haute mer
    Cendres d’un matin que nous rêvions sans déclin

    Nous voudrions à présent l'espace neuf
    Libre la voie de nos saisons
    Sans prise sur nous la ligne d'horizon
    Ouverte la brèche des possibles

    C’est pourquoi nous glanons çà et là les dernières heures
    Pour engranger des germes avant coureurs
    Et nous jurons de ne promettre à tous
    Que le moins lointain et le plus vif

    Et de gagner ainsi de proche en proche
    Un territoire en vue d’éveil
    Une brassée d'instants pour le bonheur.

     

    ! DIAMON~11

     



    JEAN LAVOUE
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    ! DIAMON~11



     

    JOYCE GEHL

    Oeuvre Joyce Gehl


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  • 12/31/16--07:07: COLETTE ...Extrait
  •  En tant d’années je n’ai jamais renoncéà ce que la dernière heure de l’année suspendît dans l’air, en signe de prodige et de ‘‘temps arrêté’’, une fleur de givre dont notre seule imagination enfantine fixa, autrefois, le dessin simple et précis. Je ne compte pas sur des mots pauvres pour vous la rendre visible, aussi bien elle s’éteint avec la première minute de l’année nouvelle. Sans doute elle vient pour attester que d’une enfance heureuse quelque chose survit, et qu’un présent âpre ne saurait faner l’avenir. 

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    COLETTE

     

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    fleur

     

     


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  • 12/31/16--07:18: ALEXO XENIDIS
  • Ce soir inviterai à ma table pour vous
    Six villes mortes et deux qui agonisent
    Tiendrai, une à une, leurs mains tendues,
    Y poserai mon visage attendant
    Leur pardon
    Pleurerai doucement elles me consoleront
    Dirai Vous me manquez vous laissez dans ce monde
    Et dans ma tête un vide
    Et ce vide me mord
    Puis, comme je suis l’une de leurs enfants,
    Me coucherai au milieu d’elles pour m’endormir.

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    ALEXO XENIDIS

     

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  • 12/31/16--09:54: PAIX DANS LE MONDE
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    ! DIAMON~11

     

    Pensées à ceux qui sont dans la rue, ceux qui sont seuls, en guerre, en deuil, dans la difficulté, ceux qui sont malades, en prison...

    ...

     

    Tous les poèmes restent à dire,
    A écouter, à désapprendre, àécrire :
    Notre vivier de lampes claires
    Nos eaux profondes de justice
    Notre clairière de reconnaissance
    Notre forêt sans lisière
    Notre chemin sans chemin
    Notre pari à l’horizon
    Notre claire audience
    Notre bien commun.

    Ils nous convoquent et nous appellent
    À poursuivre en rêvant
    Notre remontée aux sources
    Ils sont dans le désordre des pensées
    Notre chant têtu du matin
    Notre cérémonie des saisons,
    Notre arc-en-ciel au goût de pluie,
    Notre levée des couleurs.

     

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    JEAN LAVOUE

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    La vie radieuse
    Vibrante comme la foudre
    Simple comme un instantané d’amour
    Ardente comme l’éclair
    Aussi nue qu’un soleil délivré

    La vie
    Pleine d’éclats et d’eaux vives
    De la joie plein les yeux
    Une présence à couper le souffle
    Une blessure à vif
    Un sourire pour le ciel
    Un geste de premier jour

    La vie pauvre et lumineuse
    Si pure de se donner
    Si gracieuse de ne rien garder pour elle
    Plus vide qu’un miroir fabuleux
    Tourné vers l’origine

    La vie
    Libre de tout
    Insoucieuse et vraie
    Notre lampe de justice
    Notre enfance en héritage
    Notre élan de doigts migrateurs
    Nos mains façonnant des clartés
    Nos caresses portées par des ailes d’anges
    Nos tendresses insoumises
    Nos frontières et nos peurs désarmées
    Nos saisons fraternelles
    Notre jeunesse intacte
    Nos larmes désapprises
    Nos rivières consolées.

     

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    JEAN LAVOUE

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