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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 05/28/18--02:29: BRUNO ODILE...Extrait
  • Fichtre de vie tout de même !

    L’amour qui devient une plaie n’est qu’infamie. En soi, l’attribut de la vérité fait office de boussole, mais le Nord est ailleurs. Redescendre visiter ses caves intimes nous élève souvent au firmament. Souffrir pour souffrir est la panacée des âmes enclavées aux serments des consentis. Il n’y plus de réel opérant sans la notion du temps qui le fait vivre. C’est parce que rien n’est éternel que nous nous appliquons à faire durer la fragilité de l’instant. Un bonheur ruiné est le spectacle de la faillite qui nous touche. Il nous appartient de l’ensevelir avant qu’il ne se métamorphose dans le corps de l’échec. Le nihilisme n'est rien. L'impuissance n'a pas d'excuse. La valeur de nos actes se rapporte à leurs fins. La calamité est un néant actif, elle rompt la chaîne de la substance idéaliste.

    Si l’espoir est une affabulation métaphysique, l’écarter sape l’idée d’avenir. Pour s’en convaincre, il suffit de s’exiler de toutes pensées de joie future et de constater combien le renoncement peut devenir un parjure de l’immédiat. Ce qui précède l’acte de vie, n’est autre que le préambule des conquêtes spatiales que nous voulons domestiquer. C’est le vestibule où fomente la minuscule particule qui va grandir. Quiconque se réfère à son avenir sans en deviner un plaisir spontané, exerce sur lui-même un rayonnement sans lumière. Le fruit du hasard coule des arbres comme l’écho d’un monde bourgeonnant à la lisière de son agonie. Dans le dernier carré de mes yeux, le poids inexprimable des sens rejoint la pierre dure. La fortune convoitée s’éloigne et demeure toute proche. Elle remonte la vague de la tempête et recrache le muscle des hommes noyés dans d’autres combats. Il faut accepter, accepter sans cesse la nuit de boue qui creuse le jour. Fichtre de vie tout de même que celle qui essaie de conserver un sourire même lorsqu’on pleure.

    La vérité est un mythe. Il n’y a pas plus de sûreté dans le vraisemblable que dans nos estimations fluorescentes. L’indicible ne fait corps avec les autres que lorsque l’appréciation du regard est analogue à la chose vue. Faut-il que cela soit au même instant et pour le même intérêt.

     

     

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    BRUNO ODILE

     Tous droits réservés ©

     

     

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    Christian Arjonilla2

     

    Oeuvre Christian Arjonilla


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    "Là est le domaine des accrocs, des coutures, tout ce qu'il faut recouvrir, oublier. Aimer, c'est ne plus être dans le monde où l'on attendait l'amour. Mais aussi se désigner à l'animosité de ceux qui incarnent la vie normale. Je veux, à force de vous aimer, vous enseigner une façon d'être que le autres ne peuvent comprendre : elle les condamne. Faites attention à ceci : un blessé, un malade, un infirme, il est reposant pour l'esprit de le définir comme un malheureux. L'idée de son bonheur est insupportable à une conscience normale. Le secret de sa joie ne peut être que dangereux. L'idée qu'il y a dans tout ce qu'il faut plus de place pour son âme que pour sa vie, qu'il a réussi à se rendre plus réel parce qu'il aimait que parce qu'il était, vous comprenez que cette idée anéantit les conventions sur lesquelles la société est fondée."

     

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    JOË BOUSQUET

    l'Êvêché, Villalier, le 25 aout 1937 -

     

     

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    folon4,

    Oeuvre Jean-Michel Folon


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    Grands chasseurs d’éternel,

    nous transitons

     

    À travers l’éclat fragile des genêts

    l’éblouissant miracle des cerises,

    nous transitons

    Vers d’autres paysages

    et des brûlures plus nouvelles

     

    Torturés d’infini,

    nous transitons à travers

    nos constructions les plus durables

     

    Mais nos regards fixés sur des horizons sans limites

    ne rencontrent peut-être

    que nos prisons intérieures 

     

    ...

     

     Nous dérivons,

    passants énigmatiques,

    cherchant, toujours,

    cherchant, têtus,

    une autre incandescence

     

    .

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    COLETTE GIBELIN

     

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     .


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  • 05/29/18--08:49: CARNETS DE MARCHE...Extraits
  •  

    Je suis arbre. Arbre-sensation. Mon corps s’enracine. Mes pieds cherchent appui dans la terre humide et s’enfoncent par-delà les premières couchesencore visibles au-dessus du sol. Mes doigts se mêlent aux doigts du chêne,filaments et souches, tressages de végétaux, lianes et branchages invisibles à l’oeil égaré dans le vide. Je m’enroule à la sombre intimité végétale. Je m’infiltre. Chemin faisant, je creuse canaux et rigoles nécessaires à ma vie souterraine. Je bois à grands traits l’eau qui gonfle le tronc dont je sens toute la puissance
    au-dessus de moi. Des ruissellements ténus irriguent les membranes ligneuses et les porosités, alimentent la sève. Je me coule dans l’arbre, me fonds à son corps de silence et de vent. Je m’enivre à son parfum de girolle et de cèpe. Je savoure la mousse de son suc. Je suis la source nourricière qui humecteses lèvres-feuilles. Et je m’élance. Je monte, silencieuse et sûre, le long de ses veines herbues. Je me dédouble et danse dans l’air du soir. Une lumière
    dorée filtre entre la ramure. Je suis oiseau et nid. Je me love entre les branches les plus douces dans des courbes tracées par le temps. Je suis nid et oiseau. J’écoute le chant de ceux qui gîtent dans la même ramée. Je me fais silence pour entendre essaimer le vent.

     

    ...

     

    Sentir, seulement sentir ce désir-là de marcher à nouveau sur la route sombre, de renouer avec les feuillages argentés du myrte, le frissonnement tendre des bruyères, l'odeur humide des talus déchaussés par les coups des hommes, ressembler à la bogue verte qui déboule soudain devant moi, me faire caméléon du vent, rejoindre Andoar dans ses cimes, laisser le vide prendre place aux abords du non-désir. Je voudrais trouver le temps d'avant le temps de ma préhistoire inconsciente. Eros est mort ici, à la Croix. Une vipère gît sous la roche. Nid de fourmis agglutiné dans l'or de la plaie.

     

     

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    ANGELE PAOLI

     

     

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    village abandonné1

     


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    Je cherche la beauté

    à travers mots et voiles

    peut-être

    viendra-t-elle à nous

    dans la lenteur qui préside

    à l’offrande douce

     

    ...

     

    Au matin

    le soleil préside

    à d'autres révérences

    les grands pins nous sculptent

     

    dans leurs branches

     

    ton regard me cherche

    dans les feuillages

    mes yeux fouillent

    alentour pour deviner

     

    où se cache le tien

     

    Dans le cercle solaire

    nos attentes mythiques

    s'abreuvent de lumière

     

    une échelle de soie

    tisse sa toile de désir

     

     

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    ANGELE PAOLI

     

     

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    nature beauté


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  • 05/29/18--11:27: HENRI MICHAUX
  • La raison d’être fou, j’ai fini par la trouver dans l’équilibre de mon Moi respectueux et irrévérencieux. La société n’est pas franche elle est fourbe sans le moindre scrupule. Je dis les mots les plus crus avec une pudeur totale. Je n’exhibe pas une attitude de faire croire à tous les passants. Je ne me cache pas derrière mon doigts pour mettre la véritéà sa place. Et pourtant je suis celui qu’on traitera de perverti, d’infréquentable, de malsain, tout sauf bourge…

    Alors comment pourrais-je être autrement que lucide et fou à la fois ?

     

     .

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    HENRI MICHAUX

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    Jan Matejko2

     

    Oeuvre  Jan Matejko

     


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  • 05/30/18--08:21: JEAN LAVOUE...Extrait
  • J'ai arpenté une fois encore les couloirs infinis
    De cet immense vaisseau adossé au grand large.
    J'ai soupesé un à un tous les sacs de douleur,
    La plainte silencieuse des marins en partance.
    J'ai porté sur chacun un regard de confiance,
    Et nous avons dit oui,
    Et nous nous sommes compris.
    Je connaissais le moindre bruit,
    Et les signes têtus et les gestes d’amour
    Et l'odeur des varechs, la courbe de la rade,
    Le sillage ébahi des navires en partance.

    J'ai laissé nos voies de mer aux mouettes et aux vagues,
    Abandonné au ciel le fil de nos errances.
    J'ai salué le vent, le soleil, les nuages,
    Et hissé haut les voiles pour couronner nos songes,
    Puis béni l'horizon pour tout ce qu'il cachait,
    Les remous, les courants, le secret des hauts-fonds,
    Les récifs sans cordages,
    Mais aussi pour les passes,
    Les brèches espérées
    Et pour la joie furtive.

    Je garderai en moi la ferveur de ces quais
    Comme espace donné où la clarté se fait,
    Clairière de haut amour, comme un beau talisman.

    J'ai hâte de retrouver mes racines et mes souches,
    Mon temple de verdure,
    Mes lichens et mes sèves,
    Le souffle vertical où tout est célébré, 
    Où chaque chant nous lie,
    Où la Vie n'attend pas.

    Mais je n'oublierai pas
    D'emporter avec moi
    Ces vastes trouées de paix
    Et ces carrés d'azur où l'essentiel se dit
    Derrière chaque hublot,
    Chaque matin promis.

    .

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    JEAN LAVOUE

    Hôpital du Scorff, Lorient le 7 juin 2017
    www.enfancedesarbres.com

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    BASTIA 1957,


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  • 05/31/18--13:19: AYUB OGADA - KOTHBIRO

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  • 06/02/18--02:41: APOPHTEGMES....Extraits
  •  La connaissance pure, qui naît dans l’intimité de l’être, et l’ouvre et le transcende, « le dialogue de l’âme avec elle-même » qui veut encore être parole, la parole unique, la parole ineffable ; la parole libérée du langage.

    ...

    Non seulement le langage, mais toutes les paroles, pour uniques qu’elles 
    paraissent, aussi isolée et inattendue que soit leur apparition, font allusion à une parole perdue...

     

     

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    MARIA ZAMBRANO

     

     

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    Anselm Kiefer 2,

     Oeuvre Anselm Kiefer


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  • 06/02/18--02:54: JEAN EMMANUEL DUCOIN
  •  Quand nous tombons enfin les masques de l'éphémère, il nous arrive de découvrir la source même de nos désirs les plus enfouis, de ceux qui donnent sens et existence à la littérature majuscule, par la grâce d'un texte qui nous hantera aussi longtemps que durera la vie, puisqu'il nous semble, à perdre raison, que nous l'avions toujours connu et aimé, ce texte, lu et relu tant il naît en nous à l'évidence de ce qu'il y a peut-être de plus sacré dans l'écriture : la singularité, l'unicité absolue, l'absence totale de compromission. Comme si nous étions les témoins privilégiés de ce qu'est la littérature " contre " la littérature, à la fois les premiers et les derniers lecteurs dans la salle des illustres.

    ...

     

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    JEAN EMMANUEL DUCOIN

     

     

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    alberto burri2

    Oeuvre Alberto Burri

     

     


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    Si haut le Sud !
    Aiguille, œil de pampa, pierre sans cils,
    silence au fil tranchant, clarté, diamant,
    solitude, stature qui se cambre de la terre aux étoiles,
    à cette équerre en croix de la constellation
    où les épaules envieuses des Andes mesurent leur désir.
    Dédaignez ce que vous voyez, la barbe de l'aïeul éteint*,
    et regardez comme il se dresse, les pieds en pleurs dans cette neige
    qui fond, comme la force qui pétrit et qui libère des cascades,
    et tout son corps, et tout son corps bombant son grand thorax,
    son immense thorax immensurable où les abîmes
    athlétiques s'affrontent, et tout son corps en lutte pour grandir,
    pour soulever ses épaules un peu plus encore, pour atteindre
    une hauteur qui lui fera toucher la Croix du Sud.

    Si haut le Sud !
    solitaire ! Étamine
    de platine qui bruit comme une steppe, minerai
    noyé par la mer durant l'enfance du globe,
    recouvert par la mer, abysse sans rivage.

    Du cœur du quartz errant, du cœur de la silice bleue,
    la terre s'est dressée pour tenter de grandir,
    et la terre a grandi, haute plaine profonde ;
    car les pampas, à fleur de sol,
    demeurent malgré tout profondes ;
    pour s'élever elles s'allongent, elles s'égarent éblouies,
    avec pour seuls confins un vent au fil de faux.

    Du fond des mers la terre s'est lancée avec le sable désolé,
    avec la bave du mystère, avec la trace de la cendre et le néant n'était plus rien devant ce voisinage illimité
    où tout ne vint pas de l'humus, de l'essaim voyageur,
    de la graine émigrante et du sol bienfaisant.
    Ici l'homme donna sa mesure, son ombre, sa folie.

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    *L'aïeul éteint (el abuelo apagado) : l'Aconcagua, l'un des plus hauts sommets des Andes, volcan aujourd'hui éteint.

     

     

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    MIGUEL ANGEL ASTURIAS

     

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    ACONGUADA2

    L'Aconcagua


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  • 06/03/18--01:38: RAZANE AL NEIJAR...
  • Les anges ne meurent pas
    Repose en paix Razane
    Ziad Medoukh

    Les haineux ont tiré sur ton cœur blanc
    Ils ont touché ton corps fragile
    Ils ont atteint ton visage enfantin
    Ta robe blanche devient rouge et ensanglante 
    Toi l’infirmière ambulancière volontaire
    Toi qui soignait les blessés sur les frontières
    Toi, tu n’avais jamais peur de leurs balles réelles 
    Toi la secouriste sans fatigue 
    Toi, l’engagée pour ta cause juste
    Toi, la pacifiste sans haine 
    Toi l’humaniste par excellence 
    Toi, la voix des opprimés 
    Toi, qui sauvait les vies bénévolement 
    Toi, la lune de notre retour
    Toi, la force et le courage de la jeunesse déterminée 
    Toi, la dignité de tout un peuple
    Aux larmes dans tes obsèques 
    Ton enterrement est un honneur pour ton combat
    Un grand hommage pour ton soutien aux blessés 
    Les ennemis de la vie ont abattu une ange sur terre
    Silence, on tue les infirmières à Gaza !
    Silence, on assassine les innocents de Gaza !
    L’injustice se poursuit !
    Ton sourire est résistance
    Ton rêve inachevé est combat 
    Ton courage est un défi du blocus immortel 
    Tes mains douces sont révolution
    Ta patience est liberté 
    Ta colère est droit
    Ton aide aux blessés est un cri légitime contre l’injustice
    Ton assassinat est une honte pour cette occupation aveugle
    Ta mort est une honte pour ces instances officielles
    Ta disparition est une honte pour ce monde qui se dit libre
    Ton départ est une perte pour Gaza et pour les braves solidaires
    Mais ces occupants aveugles n’apprennent rien de l’histoire :
    Ces criminels de guerre ne connaissent rien de cette réalité :
    On n’enterre pas la lumière éternelle 
    Ils ont oublié que les anges ne meurent pas
    Repose en paix Razane
    Toi, force , ténacité , et espoir pour la Palestine !
    Toi, la colombe de la paix palestinienne !

     

     

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    ZIAD MEDOUKH

     

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    CRIME

     

    Razane Al Naijar ,  infirmière palestinienne de 21 ans, lâchement exécutée  le 1er Juin 2018 d'une balle dans le coeur par une  tueuse sioniste, originaire de Boston, servant dans la force de défense israélienne (Fdi) ...!

     


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  • 06/05/18--00:40: GABRIELA MISTRAL...Extrait
  • Arbre, qui n'es pas autre chose
    que le tendre sein d'une femme,
    puisque chacune de tes branches
    berce un être dans chaque nid : 


    ...


    fais qu'à travers tous les états
    et les âges, plaisir, douleur,
    mon âme ait un invariable,
    universel geste d'amour...

     

     

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    GABRIELA MISTRAL

     

     

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    gabriela

    Oeuvre ?


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     Il est encore dit
    dans le village d'où je viens
    que les arbres aussi versent des larmes
    lorsque perdure
    l'absence des oiseaux
    sur leurs branches 

     

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    ALAIN MABANCKOU

     

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    libreville

    Afrique


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  • 06/05/18--01:16: SÉRÉNITÉ...Extrait
  •  Parvenue au milieu de mes jours, je glane

       cette vérité fraîche comme une fleur :

       la vie a la douceur dorée du blé,

       la haine est brève, immense l'amour.

     

       Changeons le chant amer, à reflets de sang,

       contre le chant souriant.

       Les divines violettes s'épanouissent,

       le vent se charge dans la vallée d'un parfum de miel.

     

     

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    GABRIELA MISTRAL

     

     

     

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  • 06/05/18--01:54: CHERCHEURS D'EAU
  • Ils ont coupé les arbres
    Ils ont volé nos ruisseaux
    Ils ont chassé les nuages
    Et nous on manque d'eau
    Ils ont sorti les armes
    Ils disent qu'on est de trop
    On n'a même plus de larmes
    Tellement on manque d'eau
    On était des nomades
    On menait les troupeaux
    Aux maigres pâturages
    On était chercheurs d'eau
    On nous a mis en cages
    Dans des parcs à bestiaux
    Même dans les mirages
    On ne trouve plus d'eau
    Le monde nous regarde
    Certains chantent pour nous
    Une goutte de sable
    Dans une mer de cailloux
    Ils ont coupé les arbres
    Ils ont volé nos ruisseaux
    Ils ont chassé les nuages
    Et nous on manque d'eau
    On est des millions d'hommes
    Sans terre et sans patrie
    Que le monde abandonne
    Qui tombent dans l'oubli
    Toujours une frontière
    Qu'on nous force à franchir
    Et toujours des barrières
    Pour ne plus revenir
    Qu'on soit chassé d'Afrique
    Ou du Moyen-Orient
    Pour nous les Amériques
    C'est quand même des camps
    C'est toujours la misère
    Avec ou sans de l'eau
    C'est encore un désert
    Même sur des bateaux
    Le monde nous regarde
    Certains chantent pour nous
    Qu'Allah ou Dieu les garde
    De finir comme nous
    On est des millions d'hommes
    Sans terre et sans patrie
    Que le monde abandonne
    Qui tombent dans l'oubli
    Toujours une frontière
    Qu'on nous force à franchir
    Et toujours des barrières
    Pour ne plus revenir

     

     

    .

     

     

    GEORGES CHELON

     

     

    .

     

     


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  • 06/05/18--01:59: CONGO
  • Oho ! Congo oho ! Pour rythmer ton nom grand sur les eaux sur les fleuves sur toute mémoire
    Que j'émeuve la voix des kôras Koyaté ! L'encre du scribe est sans mémoire.

    Oho ! Congo couchée dans ton lit de forêts, reine sur l'Afrique domptée
    Que les phallus des monts portent haut ton pavillon
    Car tu es femme par ma tête par ma langue, car tu es femme par mon ventre
    Mère de toutes choses qui ont narines, des crocodiles des hippopotames
    Lamantins iguanes poissons oiseaux, mère des crues nourrice des moissons.
    Femme grande ! Eau tant ouverte à la rame et à l'étrave des pirogues
    Ma Saô mon amante aux cuisses furieuses, aux longs bras de nénuphars calmes
    Femme précieuse d'ouzougou, corps d'huile imputrescible à la peau de nuit diamantine.

    Toi calme Déesse au sourire étale sur l'élan vertigineux de ton sang
    O toi l'Impaludée de ton lignage, délivre-moi de la surrection de mon sang.
    Tamtam toi toi tamtam des bonds de la panthère, de la stratégie des fourmis
    Des haines visqueuses au jour troisième surgies du potopoto des marais
    Hâ ! sur toute chose, du sol spongieux et des chants savonneux de l'Honune-blanc
    Mais délivre-moi de la nuit sans joie, et guette le silence des forêts.
    Donc que je sois le fût splendide et le bond de vingt-six coudées
    Dans l'alizé, sois la fuite de la pirogue sur l'élan lisse de ton ventre.
    Clairières de ton sein îles d'amour, coffines d'ambre et de gongo
    Tanns d'enfance tanns de joal, et ceux de Dyilôr en Septembre
    Nuits d'Ermenonville en Automne - il avait fait trop beau trop doux.
    Fleurs sereines de tes cheveux, pétales si blancs de ta bouche
    Surtout les doux propos à la néoménie, jusque-s à la minuit du sang.
    Délivre-moi de la nuit de mon sang, car guette le silence des forêts.

    Mon amante à mon flanc, dont l'huile fait docile mes mains mon âme
    Ma force s'érige dans l'abandon, mon honneur dans la soumission
    Et ma science dans l'instinct de ton rythme. Noue son élan le coryphée
    A la proue de son sexe, comme le fier chasseur de lamantins.
    Rythmez clochettes rythmez langues rythmez rames la danse du Maître des rames.
    Ah ! elle est digne, sa pirogue, des chœurs triomphants de Fadyoutt
    Et je clame deux fois deux mains de tam-tams, quarante vierges à chanter ses gestes.
    Rythmez la flèche rutilante, la griffe à midi du Soleil Rythmez, crécelles des cauris, les bruissements des Grandes Eaux
    Et la mort sur la crête de l'exultation, à l'appel irrécusable du gouffre.

    Mais la pirogue renaîtra par les nénuphars de l'écume
    Surnagera la douceur des bambous au matin transparent du monde.

     

     

    .

     

     

    LEOPOLD SEDAR SENGHOR

     

     

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    congo fleuve

    Fleuve Congo

     


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  • 06/05/18--03:17: ZOHRA MRIMI...Extrait
  • Car la distance te plaît 
    Le froid a soumis ton oeil pour dérober ton orgueil
    Trop visible 
    Il parle même de briser la chaîne de flamme 
    Serai-tu encor fier à traîner tes torts ?
    Des clous sur le sol
    Elle les ramasse, soumise et folle
    Folle d' Amour 
    Elle ne sait pas haïr

     

    .

     

     

    ZOHRA MRIMI
    03/06/2018

     

     

    .

     

     

    heartlock4

     


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    Mais ce n'est rien
    Cela fait partie de l'illusion

    Racines plongées loin
    dans le songe
    qui tient l'éveillé

    Où fuit
    l'échaudé
    Où crie
    l'écorché

    Sur la route
    Dans la traversée
    En chemin
    ( tout perdre
    sauf la peine )

    Pas de raison

    Nous coulons dans le hasard profond

     

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    CHRISTIAN ARJONILLA

     

     

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    chrit

    Oeuvre Christian Arjonilla


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  • 06/05/18--06:58: PARTAGE DES EAUX
  • Pas encore née, déjà formée
    Passager d'un monde liquide
    Petit poisson, juste un frisson
    Animée de gestes languides
    Où est le haut, ma mère l'eau?
    Où est le bas dans ton silence?
    Dans la douceur de ton enclos
    Je suis un presque-rien qui danse
    Et tu me tiens au plus serré
    Ton anneau d'or est bien fermé
    Mon océan particulier
    Ma chère
    Geôlière

    C'est le doux partage des eaux
    Qu'on garde au plus creux de ses os
    Où viennent boire les oiseaux
    Du rêve
    On ne sait pas sur son îlot
    Qu'on sera jeté par le flot
    Bonheur qui d'un coup de ciseau
    S'achève
    Partage des eaux

    Larmes salées, baisers mouillés
    La vie est là comme une houle
    Tout effrayée de s'y noyer
    Langes trempés, lait qui s'écoule
    Sitôt salie, sitôt lavée
    Quand j'ai crié mon impatience
    Et tout aussi vite abreuvée
    Aux sources de ton abondance
    Tu alimentes mes désirs
    Mais sans jamais t'en dessaisir
    Prodigue de tous les plaisirs
    Fontaine
    Certaine

    Le tendre partage des eaux
    Qui se décline amoroso
    Où viennent pointer leur museau
    Les louves
    On ne sait pas dans son berceau
    Que se tarira le ruisseau
    Ni que s'assécheront bientôt
    Les douves
    Partage des eaux

    Et c'est la vie qui coule en nous
    Nez enrhumé, genou qui saigne
    Sang qui bouillonne et qui dénoue
    Les prémices d'un nouveau règne
    Sueur de l'effort et du jeu
    échange violent des salives
    Et mélange plus amoureux
    D'autres humeurs de sources vives
    Où va le torrent de ma vie?
    Son courant serpente et dévie
    Et je demeure inassouvie
    Mon fleuve
    Ma preuve

    Le sombre partage des eaux
    Qui creuse en nous tous ses réseaux
    Où vont se noyer nos sanglots
    Tenaces
    On sait trop bien sur son radeau
    Qu'un jour baissera le niveau
    Et que se fermera trop tôt
    La nasse
    Partage des eaux

    Tant de rivières, de torrents
    Tant de lacs et tant de fontaines
    Tant de mers et tant d'océans
    Où sont englouties tant de peines
    Toutes ces eaux qui sont en moi
    Toutes ces eaux qui me traversent
    Sont celles aussi où je me noie
    Quand encore je pleure à verse
    Comment retrouver l'oasis
    Pour y dormir comme jadis
    Dans le jardin de tes délices?
    Ma source
    Ma course

    L'ultime partage des eaux
    Arrivera pianissimo
    Nous n'aurons pas le dernier mot
    Qu'importe!
    Avant de faire le grand saut
    Boirons à même le goulot
    La gorgée que le chemineau
    Emporte
    Partage des eaux

     

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    ANNE SYLVESTRE

     

     

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