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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 06/27/18--06:08: RAVIR : LES LIEUX...
  • D’ici bouge la lumière. Regarde

    le vide lourd sur l’épaule

    éparpillé parmi les fenêtres.

     

    Cherche ce que tu appelles, l’impossible

    mosaïque silencieuse du voyage

    et la lampe qu’on dirait brûlée

    par le temps. Regarde seulement la pièce

    où résonne ta vie. L’ombre jamais vue

    visible maintenant, dans les yeux du soir.

     

    Entre toutes terres, le centre, la maison

    plus au centre, le jardin : sillons

    que tu racles, bêche de l’âme

    tirant vers toi le soleil

    les eaux de pluies sur les pétales

    à peine apparus. Au cœur de ce monde

    la chair noircie du nom, théâtre des choses

    que tu livres aux vents. Quel oiseau naît

    de l’oiseau blessé ? Tu refais ta demeure

    chaque jour, on imagine le sol

    sous la main, l’arbre haut des saisons

    le ciel planté dans la fenêtre, le geste superbe.

     

     Ici l’escalier d’où monte

    et redescend l’histoire, en ce détail

    que tu incarnes. Des mots poussés

    derrière le silence. Peu importe

    l’espace qui te laisse à toi-même

     

    – et flotte entre ces murs, le craquement des objets –

    tu vois la fenêtre, là remue le monde

    un vent d’aube, et les notes du piano

    lentement tournoient.

     

    Tu poses le pied, c’est la mer

    qui te dénoue. Tu oublies presque la plaie

    la pierre gisante, sur le fil de la mémoire.

    Depuis des années, tu regardes les branches

    comme des racines, qui s’approchent enfin.

     

     

     Écoute, comme une ombre

    s’avancerait, la mer, l’inlassable

    vol des vagues qui claquent

    contre la terre, écoute

     

    ce monde devenu monde, à force

    de résonner parmi les ans. Ton enfance

    est cette matière fossile, un vœu

    du temps qui brûle à mesure.

     

    Écoute, et l’oiseau fuira encore

    brisant tes châteaux sur le sable

     

    de cette côte de l’Atlantique

    où tu vis s’en aller l’aube

    et revenir par tant de marées.

     

     Le balcon vacille, on se bouscule

    pour la première ligne, le dernier mot

    le jour d’avant, le jour d’après.

     

    On met la main dans la poche du vent

    on en tire de maigres flocons

    qui flottent comme des corps

    et bientôt s’écrasent

     

    contre les arbres pourris, l’hiver glacial

    la terre sèche, les murs incendiés des bâtiments

    les mâts où pendent des voiles que l’on déchire

    et traînent les drapeaux décolorés

    le banc où l’on passe le temps, les trottoirs

    où l’on perd son visage

    les rues où il se fait si tard

    les compteurs désormais expirés.

     

     Passé les dunes, la pente abrupte

    mène vers la mer. La perspective se modifie

    légèrement, les nuages et les galets

    se fondent, le vent s’éparpille sur la peau

     

    et si l’on porte à l’oreille un coquillage

    on entend murmurer chaque souvenir

    laissé là, enfoui sous les marées.

     

    Alors le Derviche, avec l’écume, avec le sable

    pénètre la mesure

    – l’univers, le rien –

    souffle comme il danse :

    secoue les draps de l’âme.

     

     Le monde dévore nos paupières

    au-delà des rêves, de la rose

    que mâche la nuit, nous vivons

    comme des feuilles enroulées

    autour de l’horizon, nous flottons

    et pour guérir de nous-mêmes

     

    – quand éclatent les fissures

    que se perdent les pierres

    jetées parmi les lambeaux des siècles –

     

    nous glissons avec les continents

    cherchons l’eau, cherchons le rivage

    et un jour l’image se retourne

    le Gardien des Lieux, à nouveau

    se penche sur nous.

     

     

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    HELENE DORTION

     

     

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    femmes-afrique

     


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  • 06/28/18--11:58: AGNES SCHNELL...Extrait
  • Ta pensée parfois
    tu la sens qui se froisse
    et t’échappe.

    Tu marches
    sur la pointe de ton âme
    sur les éclats pillés de ton histoire.

    Quitte doucement ton fatras
    ce magma de trop plein de mémoire
    de trop vif de trop grave.

    Ne reste pas dans l’inachevé
    la parole suspendue
    le non-dit sur tes lèvres scellées.

     

     

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    AGNES SCHNELL

     

     

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    antonio-lopez-garcia

    Oeuvre Antonio Lopez Garcia

     


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  • 06/28/18--13:42: ENTRE L'HERBE ET S0N OMBRE
  • Quel rêve

    peut venir après

    la levée de l’ombre

    sur ses cils ?

    les rideaux se balancent

    au rythme d’une musique

    oubliée

    Le doute creuse un trou dans le poème.

    Deviendra-t-il un abîme ?

    J’accroche mes yeux aux branches des arbres

    pour saisir au plus près le bleu des mots.

     

     

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    LYDIA PADELLEC

     

     

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    Claude Buck2,

     Oeuvre Claude Buck

     

     


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    Tu prendras tes trésors dans les mains de ton âme.
    Longtemps, jour après jour, tu les dénombreras,
    Mais nul, auprès de toi, ne frémira d'attente
    Quant l'heure de dormir se posera sur toi.

    Jean Amrouche, Étoile secrète.

     

     .

     

    Que la terre des ancêtres te soit légère, Geoffrey, tu étais un passeur de lumière et d'humanisme... Sommes de tout cœur avec tes enfants, Acoyo, Ajoline,Oceng, ta compagne Régine et tous ceux qui continueront à t'aimer...Nous pensions te revoir un jour sur une scène Corse, le destin en a décidé autrement...Continuons à penser à Geoffrey en diffusant sa voix, son talent, sa beauté intérieure, tant de qualités qui n'habitent que des êtres exceptionnels - et ils en existe - ! Ce fut une Joie, une Grâce et un Honneur de te rencontrer... With lots of love mon ami, ton chemin va continuer dans la paix et le cœur des tiens ....

     

     

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     Il porte encore plus haut en son regard d'astre

    L'éclat de la voix lointaine  

    Une Terre

    Blottie qui pleure le chagrin des Enfants meurtris

    Quand de l'immense souvenance qui va

    Monte le cri pérenne des racines

     L'inextinguible souffle de l'Ancêtre fredonne

    Et son chant flue et son sang bout

    A l'unisson de l'Espérance hélant

    Un Monde que seul l'Amour entonne

    Vêtu d'un voile blanc te voilà onde des sables

    Ombre évanescente dans les nuits de lune

    Alors clame Messager ta foi bonne et profonde

    Ainsi de tes ballades Geoffrey 

    Aux échos orphelins

     D' Anaka  Ô Makambo  Exile  Lakayana  Ballads no Ballad

    Lapwony  Spirits Of My Father

    Qui nous auront avec Toi emmenés si loin

     tellement loin

    Oui la Musique n'est-elle pas ce rêve sidéral

    une caresse

    Une fenêtre qui s'ouvre

     un Appel

    Voici ses doigts de cordes jouant sur ton Coeur

    L'Encens  mille pensées évaporées en Esprit (s)

    Gagnaient la voûte  

    Le même Ciel eût-il enfin noué

    Ses croisées numineuses et constellées d'Amours

    Ne voguions-nous pas déjà

     Là-bas vers Omera John  Geoffrey

    Tanguant au ballant de l'accord multiple

    Ô allants  carillons  

    de l'intarissable Alliance

    Je veux dire encore ta voix douce

    entendre Masai Moran

    Aux visages interdits  la jeune fleur le petit garçon seul

    En son étreinte de baisers  

    L'envolée tonnante d'un refrain

    Mais la guitare est souvent une table battue  

    Que tes mains désemparées implorent

    A la face des nations et des bourreaux  

    Lorsque sanglote

     L'exaction que l'on tient étouffée dans la nuit obscure

    Il n'est plus qu'un chuchotement dans l'église  

    La nef bruit  

    Sourde aux suppliques de l'âme puis s'épanche

    Par ta voix l'arche résonne  Le plein cintre s'embrase

    Sur la mer le flot lancinant des contrées exilées

     S'en retourne des mondes du silence et toutes les fois

    Harmoniques aux chapelets tremblés des larmes

     d'une paume effleurant le fredon de la guitare  

    Recouvrant l'âme égarée de la candeur

    Le fleuve hante la sylve  

    L'espérance vaincra le tyran 

    Ainsi de la litanie  

    de l'antienne séculaire  

    Murmures

     De la traite perfide  Des-ordres nouveaux

    Une Lettre  une déchirante complainte un message  

    Est-ce assez, Geoffrey

     Les ténors suivront-ils encore ces liens vénérables de prières

    Que l'Homme libre et debout en ce Choeur grave  

    Solennel

    Un soir ce temple fut le nôtre  

    On décelait

    A ton tourment  le tumulte  le désarroi des enfants soldats


    Ces fruits que l'on suicide avant que d'être semences

     

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    C. ORTOLI

     

     

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    geoffrey7,,

    Photographie C. Ortoli

     

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  • 06/30/18--05:44: GEOFFREY ORYEMA
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    geoffrey 2013

     

    Geoffrey Oryema 19 octobre 2013, Bonifacio


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  • 07/01/18--00:53: NE PAS FAIRE DE BRUIT...
  • Et puis, dans la perte et le désenchantement, la récupération de l’étonnement primordial. À«mieux» regarder, tout était déjà là dès le départ, bien avant les questionnements métaphysiques, les maîtres, les voyages, les livres. Que la Présence, sans mobilier. Dans la candeur consciente des ténèbres, la toute-puissance du mystère, la joie sans prétextes. De l’ivresse du jeu, du healing, où chaque endroit est espace, au petit siège du manège. Tous, mains et pieds attachés, le numéro est assigné… prends garde de ne pas faire de bruit…

     

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    © FRANCESCA SILVIA BRUGNOLI

    (Anartist)

     

     

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    OLIVIER


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    Pour l’enfant aux cernes mauves, au front plissé, qui baisse les yeux sur les cauchemars de sa nuit
    et pour l’autre qui joue à la marelle, insouciant,
    Pour la maison de l’homme persévérant que les prochaines bombes détruiront 
    et pour son champ d’orangers, 
    Pour le jeune homme qui n’ose plus trouver celle qui éclairera sa vie
    et pour l’époux qui cherche sa compagne parmi les ruines
    Pour les frères et cousins que les paroles des puissants jettent les uns contre les autres
    et pour celui que de l’hélicoptère, on mitraille dans sa voiture
    nous résisterons. 
    Pour les gens de la moyenne, obsédés d’argent et tremblants de peur, 
    que les spoliateurs ont enfermé dans leur individu, coupé de leur liens
    et pour ceux qu’on engraisse avec des marchandises,
    Pour le travailleur détrôné de son emploi 
    qui a perdu les chemins fraternels de la vie sociale
    et pour ceux que les chiens de garde mordent dans la rue,
    Pour celui qu’on a décrété«étranger », qu’on a exclu, cerné de haine,
    Et pour celui que les souteneurs de l’ordre expulsent ou refoulent aux frontières
    nous résisterons
    Nous ne laisserons pas les ennemis blesser nos enfants, violer nos demeures ni prendre notre sol,
    et nous lutterons pour qu’ils ne réduisent pas en esclavage nos frères les hommes.
    Pour eux, nous résisterons, 
    mais pour eux, nous ne ferons pas payer le sang par le sang,
    nous saurons vaincre nos peurs et trouver les voies du pardon,
    nous aurons à nouveau l’audace de donner,
    nous imaginerons, créerons, trouverons de nouveaux et modestes passages
    Pour eux nous relierons ensemble nos fragilités,
    Lents balancements des avoines folles,
    sourire mouillé de l’enfant que son père console,
    Oiseau revenu pour chanter d’un très long voyage, 
    Jeune plan de tournesol qui déjà, tendrement, croit vers le soleil,
    Odeurs d’orangers, chaleur du buis rouge,
    Enfant fragile que le maître avec attention accompagne et éduque
    Sexe qui délicatement s’ouvre pour donner naissance et que la vie ait lieu,
    Et ma main qui tremble pour écrire ce poème où je voudrais dire le passé et l’avenir.
    Que toutes nos fragilités fleurissent 
    et nous les relierons,
    car c’est ainsi que les femmes et les hommes vivent.

     

     

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    JOSEPH CARRET

    À Koleile Liban, 

    vendredi 1er Décembre 2006

     

     

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    -lys-blanC


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  • 07/02/18--03:36: EN GUISE DE SANG
  •   Je suis ce sang
            qui souvent se love
            en véhémences colorées
            je suis ce sang
            qui bouleverse
            les plans d'états-majors
            bouscule les lampes
            se faufile dans les veines
            des prisonniers
            et murmure l'espoir
            je suis ce sang
            sans âge sans répit
            tournoyant dans les soleils
            et les lunes
            des paroles urgentes
            je suis ce sang
            en forme de poignard
            en forme d'éclat d'aube
            en forme de chanson
            qu'on ramasse dans les rues
            comme un témoignage
            d'un bonheur perdu
            d'une félicité possible
            je suis ce sang
            qui n'arrive jamais
            en retard
            au rendez-vous
            femme bourreau merveille
            ombre

            je suis ce sang
            qui cogne à la vitre
            et demande asile
            qui supplie une chair
            au coin de la nuit
            je suis ce sang
            qui fracasse les chaînes
            qui enfouit
            le miel
            dans les blessures
            je suis ce sang
            en forme de revendication
            en forme de couteau
            en forme
            d'azur et de neige pure
            je suis ce sang 
            qui inlassablement
            tinte dans les ruelles
            du sommeil
            pour réveiller ceux qui font
            la sieste des consciences
            je suis ce sang
            la branche fleurie
            qui relie
            l'oiseau à l'espace

     

     

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    ANDRE LAUDE

     

     

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    la-goutte-de-sang2


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  • 07/02/18--03:38: TANT ET TANT
  • Tant et tant

              Tant et tant que la guerre
              tient la Paix prisonnière
              penser est un affront
              et rêver un juron.

              Tant et tant que les bombes
              portent la Paix en tombe,
              le monde est un enfer
              et la justice aux fers.

              Tant que quelqu'un témoigne
              que la Paix meurt au bagne,
              je choisis le danger
              plutôt que me ranger.

              Tant que l'homme est à vendre,
              laissant la Paix en cendres,
              mon combat dira non
              aux raisons des canons.

              Tant que la Paix sur terre
              se paiera de se taire,
              je choisis de mourir
              plutôt que de pourrir.

              Tant que tueurs et traîtres
              servent à la Paix de maîtres,
              mieux vaut mourir debout
              que vivre à genoux.

     

     

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    JEAN DEBRUYNNE

     

     

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    ilya ibryaev,

    Oeuvre Ilya Ibryaev 

     


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           Dans ce bleu qui nous pousse vers Lorient
             me revient de l'autre mer
             un goût de sel et d'oursin

             en ce mois d'août finissant
             je me souviens d'une naissance accordée à l'aube
             et d'un poète crucifié dans les caves d'une ville blanche

             ni en Orient
             ni en Occident
             ni même entre l'œil et l'épine
             la douleur n'a de cadastre
             elle est un point incarnable
             qui tient en éveil au bord de la falaise

                            

             des mains sans âge
             fouillent ma poitrine
             exhument d'un limon de désordre
             des visages     des maisons     des arbres
             je ne veux plus rêver
             les flaques des villes mortes
             suffisent à ma soif


                              

             donnez-moi une route
             vers le point noir de ma voix
             donnez-moi un mot qui soit une aiguille de boussole
             je cherche l'œil 
             que nulle paupière ne limite
             il connaît l'eau qui chante dans la fracture de l'âme
             et le versant brûlé du ciel

                              

            autour de ma gorge la racine a encore fleuri
            je la croyais vaincue par les sables de la prière
            est-ce des pétales ou des épines qui tombent 
            sur la page

                               

            et dans ma gorge 
            savez-vous que l'angoisse fait la fête
            avec la gouge et le burin
            ma préhistoire n'en finit pas de s'écrire 

                               

            les masques nous creusent
            pourquoi nous lamenter sur les miroirs sans tain
            avons-nous seulement besoin d'apparence

     

     

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    RABAH BELAMRI

     

     

     

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    GEOFFREY8

    Geoffrey Oryema par Françoise Dexmier 2017


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  • 07/03/18--04:24: DEVANCE TOUT ADIEU
  • La musique m'avertissait - ce pouvait être Bach ou Mozart, Rachmaninov - que tout était achevé déjà, qu'il y avait un royaume au plus profond de tout homme, infiniment lointain, car alors le lointain et le proche perdaient toute signification, un royaume, une terre que l'on pouvait habiter dans la douleur et dans la joie, au désert comme dans l'amitié, la paix souveraine y régnait. Et peut-être n'avait-il rien à voir ce fragile royaume qui semblait tenir à l'envol d'une fugue, au cri d'un hautbois - ou bien ce pouvait être une surface peinte qui blessait bienheureusement, la page, la phrase d'un auteur inconnu, il fallait refermer le livre, le livre n'avait plus rien à vous apprendre. Ou un matin, après des jours ou des mois désertiques où vous étiez si inhabité, si pauvre que la lumière ne vous venait plus que d'une étoile morte, que votre peur et votre espérance semblaient la peur et l'espérance d'un autre, un matin vous vous éveillez avec un rythme dans la tête, une phrase, le monde bouillonne, vous franchissez le passage, il faut écrire, écrire, ô Dieu laisse-moi vivre assez. - Peut-être n'avait-il rien à voir ce royaume qui semblait tenir à un rythme, à des formes, à une phrase, à une image obsédante que ne pouvait effacer l'aube, peut-être n'avait-il rien à voir avec celui que promet la foi à quiconque demeure fidèle, ni avec cette aspiration ultime du cœur et de l'esprit qui nous tire de la contingence, car il est étranger aux sens et à l'imagination, *nada*, vide avant d'être plénitude, mais cette zone de paix dans l’œil du typhon était un pressentiment, une allusion et sans doute une promesse aussi réelle que l'angoisse, plus virulente que le désespoir.

     

     

    .

     

     

    JEAN SULIVAN

     

     

    .

     

     

    Ahmad Moualla Syrian

    Oeuvre Ahmad Moualla

    Artiste Syrien

     


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  • 07/05/18--03:39: LE PAYSAN CELESTE...Extrait
  • Enfant magicien perdu
    Je me souviendrai de ce regard
    Qui faisait chanter l'ombre.
    Des yeux de l'enfant d'autrefois caché
    Dans le beau visage mortel
    Je me souviendrai, comme de la mémoire vivante
    Peuplée d'ondines et de merveilles.
    Maintenant que tu traverses le vert miroir
    D'Alice et que tu rejoins les années anciennes
    Où ton enfance d'un cri sans fin t'appelait,
    O toi, veux-tu, ne nous oublie pas qui restons égarés 
    Parmi les feuilles mortes d'un monde
    Où les fées ne sont plus.

     

    .

     

    GEORGES EMMANUEL CLANCIER

     

     

    .

     

    geoffrey 25,,,,

     

     

     

     

     


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    Ta langue s'est perdue
    dans les méandres de Babel ...
    Perdus le chant et la comptine 
    et la voix de la mère

    Et tu cherches tes mots 
    dans l'errance du vent,
    la cicatrice des larmes
    sèche sur ton visage 
    déserté

    Enchanteresse, elle l'était
    comme toute langue d'enfance -- 
    de châteaux en Espagne
    enchantée, et de sable
    aux yeux gris-vert --
    mer océane

    Te voilà sans mots, 
    dans l'enclos semé de graines à vendre,
    de fleurs sages : où sont tes ailes ? 
    tes injures ? tes griffes et tes crocs ?

    De ta langue sauvage, qu'ont-ils fait ?

     

     

    .

     

     

    ANNE MARGUERITE MILLELIRI

     

     

    .

     

     

    ananda


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    Non, faux magicien des vocables,
    L'alezan ne s'enracinera
    Pas plus que l'érable ne détale,
    De pierre demeurera la roche,
    Et l'odeur, sur l'océan, des roses
    Ne laissera qu'illisible sillage
    Où ni l'écuyer n'éperonnera les vagues
    Ni le monstre marin la cavale écumante.

    Branchu, feuillu, danseur et murmurant,
    Jet d'ombre et de soleil vert sera l'arbre,
    Geste somptueux et calme de la vie,
    Cependant que du col, des naseaux et des flancs,
    De ce grand œil de sultane languide,
    De ce panache sur la croupe volant,
    Telle encore te séduit ta conquête
    Que le mors non les mots à domptée.

    Par étincelle ou par éclat cueillerais-tu le roc
    Que tu n'y capterais cette sève d'énigme
    Qui passe aux couleurs, à la chair des pétales ;
    Quant à l'arôme plus aérien que l'air,
    Plus vagabond que les saisons,
    Et qui porte loin vers sa jeunesse enfuie
    Ou son enfance heureuse le voyageur,
    Tu ne sus le changer en plus léger que l'eau,
    En beau navire voguant sur la mémoire.

    Alors pour chaque son, chaque signe enlacés
    Ainsi soit-il ! Et que pèsent les noms
    De leur poids juste en tes regards
    Comme aux balances de ton sang.
    Que les chevaux foulent les fleurs au fond du songe !
    Enfourche-les, chevalier sans royaume,
    Pour humer l'odeur éphémère du monde,
    Et sens l'arbre épouser la croisée de tes bras
    Ou la houle soulever d'une terrible joie
    Ton corps, ta vie jusqu'à l'étreinte des origines !
    Accueille en toi, humblement, et partage
    En l'hostie des syllabes le dieu vrai des choses.

     

     

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    GEORGES EMMANUEL CLANCIER

     

     

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    vince5,,

    Photographie Magnificent _ Entropy

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    Cela commence à la fin d’un monde
    au dernier printemps d’un monde qui va mourir.
    Cela surgit dans une apocalypse
    où les guerriers croyaient mourir avec l’Histoire
    De chair aimante aimée (du pur bonheur)
    de la chair déchirée (de l’onde bien-aimée)
    de la chair en son fond ouverte découverte
    (de l’âge d’or où l’être en sa plénitude dormait,
    où l’être en dormant se formait à naître)
    de la chair justifiée (et le temps, le temps
    qui va se jeter sur sa proie nouvelle
    un instant à jamais est nié)
    de la chair merveille écartelée émerveillée
    cela cela cela ce…

    Cela surgit en ce monde qui va périr.
    Qu’est-ce là qui surgit vers le monde futur
    dans la vie la mort
    dans le monde futur
    Qu’est-ce là qui tombe en ce monde moribond
    vers un monde futur
    à son tour défait dans l’interminable agonie
    de l’Histoire ?

     

     

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    GEORGES EMMANUEL CLANCIER

     

     

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    vince2

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  • 07/05/18--06:47: JEAN LAVOUE...Extrait
  • Sais-tu que marcher simplement
    Peut suffire à sauver le Poème en toi
    A lui donner son rythme
    Ses brusques éveils
    Son glissement de pas
    Ses arrêts sur un fil
    Son élan furtif

    Sais-tu qu’une maison peut abriter
    Tous les sentiers de la forêt
    Tous les rivages de l’océan
    Tous les secrets de l’univers
    Tous les oiseaux du cœur 
    Qu’elle peut laisser grandir tous les soleils de l’âme

    T’avancer silencieux 
    Tel un funambule un livre à la main
    Avec souplesse et légèreté
    Lenteur et gravité
    Peut devenir à l’instant même
    Ta danse lumineuse
    Ta liturgie sereine
    Ta fugue matinale

    Lorsque d’une écriture fine
    Tes pieds caressent la terre telle une étoffe végétale
    Mille fleurs apaisées chantent dans ta mémoire

    Sais-tu qu’en te laissant ainsi tirer
    Par les mots qui te cherchent
    Héler par les images de ton ciel intérieur
    Tu franchis l’espace ouvert de ton propre risque
    Tu lâches tout tu rends grâce à la nuit
    Et tu t’attaches à l’essentiel

     

     

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    JEAN LAVOUE
    www.enfancedesarbres.com

     

     

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    vince3,

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  • 07/06/18--13:42: BRUNO ODILE...HOMMAGE
  • Je viens d'apprendre la disparition de Bruno Bourdiol, Bruno Odile de son nom de plume...Je suis terriblement peinée, Emmila n'aura plus le plaisir d'échanger, via sa poésie et ses textes, avec Bruno...un des plus anciens fidèle de ce blog ... Ton chemin, Bruno, est maintenant dans la lumière...Là-haut, sur la colline, les cigales continueront à chanter...

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    " Quelques étoiles s’exaltent immédiatement et disparaissent dans la conscience infinie des anges -, d’autres sont affectées à des êtres qui les transforment lentement, laborieusement, et dans l’effroi et le ravissement de qui elles accèdent à leur état suivant, à leur réalisation invisible. Nous sommes, [...] nous, ces transformateurs de la terre, toute notre existence, les vols et les chutes de notre amour, tout nous qualifie pour cette tâche (à côté de laquelle il n’en est aucune essentiellement qui tienne).”

     

    -Rainer Maria Rilke, Lettre à Witold von Hulecwicz

     

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    " ... Demain, c'est le chemin de l'espérance infinie. Celle qui a débuté hier et se meurt dès aujourd'hui. Mieux vaut la joie que l'espoir, elle s'arque-boute face à toutes les misères qui nous traversent. Elle oublie le sens de l’existence et détourne l’insipide laitance de la conscience. Quel sera-t-il mon bonheur ? De quoi parlera-t-il et avec qui traversera-t-il la prairie bordant mon âme ? Ajustéà l’éternité, l’immobilité déploie des trésors d’imagination pour se distinguer. Mais l’avenir est formaté dans les coursives des raisons vaines. Sur les trottoirs, des panneaux de signalisation font mine d’une foule de directions.

    Une seule, pourtant conduit derrière les palissades. "

    Bruno Odile

     

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    La part de larmes qui n’est ni une eau tiède salée, ni une rincée d’amour-propredésavoué, retentit sur les joues du monde. L’instant est là comme une nuée de papillons multicolores. Dans la lumière close s’ouvre à moi une trainée de crevasses dont l’appendice s’évapore. Ma vie boit à la coupe de l’impermanence, je ramollis d’une attente et éructe d’une autre. Je recouds mes rêves avec le fil que j’extirpe de la mélasse et je feins d’être dans le regard que je m’accorde. J’apprends la terre par ses secousses et je me livre à la paix connaissant le prix de mes querelles.  

     

    Je suis né d’un progrès, d’une avalanche de mensonges incohérents, d’une évolution prisonnière de l’extorsion d’une grandeur. Je n’attends pas la mort, je la fabrique chaque jour. Je survis dans l’heure qui s’émiette. Il ne suffit pas de sourire pour être gai, il ne suffit pas de vivre pour rabibocher la folie de ma camisole de sens et de devoirs. Je viens de l’impensable et me prépare à y retourner. Je me déboutonne dans le rire comme se déchire la voile d’un radeau de cocagne. Je suis aux pieds de la lumière comme une visée écorchée par l’éblouissement. Chaque défaite est une angoisse enterrée, chaque prison rassemble l’épreuve dans un lieu unique surdimensionné. Axiome éperdu : La joie est le tremplin de la vérité, et la vérité est le miroir de la joie. 

     

    Ce matin, je cours après le chant de l’oiseau qui fait se lever le jour. Entre la cohue de mes idées et le volatile perché, je ne sais sur quelle branche s’envole une dérisoire pudeur que l’aube soulève. Je ne sais qui je suis par-delà le saut du jour. Mon sang est un goutte-à-goutte aux prémices de l’aurore, mon cœur de joie s’enivre à la rosée. Chaque matin me pardonne toutes les plaies de la veille, chaque brassée de lumière encore pâle rebondit sur mes pupilles et rien ne ressemble plus au jour qui se lève qu’une prière joyeuse empourprée dans le recommencement naissant. Ce qui nait dans mon regard réinvente la brise caressant les arbres. Des larmes coulent sous la taie de mes yeux, elles emportent vers la mer tous les reflets qui m’inondent.

     

     

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    BRUNO ODILE

     

     

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    BRUNO ODILE

    Bruno

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    La terreur de voir son corps mutilé est inexplicable. Il y a quelque chose de définitif dans la morsure. La matière croyait dormir dans l’épaisseur inerte de l’éternité. Et puis, soudain, c’est la transformation, la mutation radicale. La transmutation. Il suffit d’un instant et tout est révoqué. Hier, le fleuve se jetait à la mer ; aujourd’hui, les glaciers fondent et les lacs débordent. Nous ne sommes que des lignes mouvantes qui cherchent à rappeler le souvenir d'une réalitééphémère et fragile. À l’intérieur de moi, une vie abstraite se diffuse comme un langage dépossédé de lien. 

    Le désespoir dort dans la démarcation qui sépare la poésie de l’arbitraire. Les clairières s’avancent à chaque roulade du manque. Mon sommeil amputé de ses forges claires s’écarte péniblement des glissières du vide. Rien n’a plus d’emprise sur la réalité qui me cerne. Il n’y a que ces parcelles mortes où vient s’éteindre mon regard. Des lueurs atrophiées sur le bout des peaux recousues se promènent dans la transparence du givre. Des rondins d’ondes agglutinées sur le miroir, des épaves mornes et taciturnes glissent d’une rive à l’autre. Emporté par le reflet d’invisibles latences, l’horizon lointain se noie aux creux des hasards intrépides. J’emprunte le mouvement à ce qui s’expose aux limites de la force fondatrice de la parole. Là où tout s’arrête, tout est dit.

    Stoppé net par le choc et le fracas des os dans la marmite fissurée, un empire s’effondre dans l’enjambée aérienne où le grand écart défie la robustesse. La vie en gravats dans mon sang, l’urgence partout en flammes noires, je ne sais rien des encablures du réel. Je vrille et m’extirpe du chaudron où se prépare le bouillon des heures fracassées par le tourbillon du temps infini. Des odeurs anciennes reconduisent l’infini à la source de l’enfance. Une jambe en moins, j’ai mal au cœur. La nausée accuse la présence défunte. Ma poitrine gonfle comme une voile blanche traverse un azur barbouillé. Demain sera coupé du souffle premier. Je refuse de voir où les aiguilles sont assises sur cette chaise roulante. Ta main est sur mon cœur, elle m’a suivi au-delà de la tempête. 

    Des rêves anciens, morts nés, discutent de la déficience en tout bien tout honneur. Je suis replié au fond du sac comme des champignons après la cueillette. J’ai sur le visage la trace des deux roues qui me portent. Dans l’air de la nuit, je suis seul. J’habite la varice d’un conditionnel itinérant. Errant, je me déplace de nulle part vers nulle part. Si ma vie était là, la brume tisserait les lames de la lumière. Si je savais taguer l’empreinte du jour, les murs brilleraient comme des lunes évanescentes. Alors, je migre vers la fureur concordante, je crie le silence qui m’estourbit. 

    Dans la nuit paresseuse, j’ouvre le livre du noir pour y chercher l’étincelle. La mèche est courte et la volonté moribonde. La morale accourt dans ses habits de cendre. J’ai un cheveu sur la langue et des mots coiffés d’abstinence. Il faut être fort, disait l’angélus. Tu dois garder la tête haute et le menton posé sur le soleil. Mais je n’ai pas la force de tenir debout sur la chute. Je resquille à l’absence la fleur de mon être et je veux la semer aux quatre vents. Le chant de mon squelette s’évapore en ondes muettes. J’ai conservé la clé des ombres dans la poche des rumeurs tonitruantes. Je rumine des onces de labours anciens. Ma charrue n’a plus de soc, mes mains sont vides et je danse avec l’orage qui me dilue.

    Le corps diminué, je suis à l’intersection de deux visages, de deux regards et je n’ai qu’une seule route à traverser. Perturbé par des soliloques incessants qui voudraient refaire le monde, moi et moi excellons auprès des réclamations opposées et contradictoires. J’affronte le temps qui se casse. A la nouvelle horloge, les aiguilles plient sous le poids d’un rythme chamboulé. Une lumière gisante fait écho à la nuit mystérieuse. Le silence entretient les salves de prières au fin fond du verbe que j’ai conservé de l’écriture humaine.

    Accablé comme l’étoile qui percute les frontières de l’infini, je file d’un monde à l’autre et d’un son strident jusqu’aux cordes de la harpe. Ma vie, cette ficelle boursouflée, est aussi raide qu’une sentence morte. J’ai choisi un soleil qui n’existe pas, un feu sans lumière où la vie se convertit en une épée lumineuse plantée dans la pâtée de ma chair à vif. Je ne m’explique pas le réel, je vampirise les goulées d’air qui me traversent. Une vision corrosive brouille mes pistes. J’avale les pentes et roule sur la neige pure comme un drap blanc s’évanouit à la surface de mes sommets. La discrimination, fondée sur la précarité d’un corps, rejette toute convoitise. Mon désir le plus noble serait d’être appréhendé pour la liqueur intérieure qui m’est chère, mais ce n’est qu’une facétie cosmétique, un masque burlesque de carnaval. 

    A trop vouloir devenir qui l’on est, une double vie s’impose. Inconsciemment, l’épuration de l’acte concret dissipe tous les malentendus existants. L’imaginaire n’est plus un confort mais un défi. L’handicap physique lave le costume du « Monsieur-tout-le-monde ». L’exploration du néant est une continuité possible. Il n’y a plus de chemin neutre et impersonnel. Les moments fragiles s’incrustent aux ruptures de l’éternité qui glisse en silence, jusqu'à obliger sa constante redéfinition. 

    Le désespoir n’a pas d’odeur, il est volatile. Au croisement de la pudeur et de la révolte, l’écriture est parfois une croix bénite avec le sang collégial d’une armada de mots traduisant l’émotion commune. Il y a quelque chose d’universel, une vérité infinie, qui court dans le vif du monde. Le blues est un tango à mille mains et à mille cœurs. Un os de moins, un os de trop, l’air est sensible à la masse. Trop souvent, l’esprit se soumet là où le cœur se déplait et se rebute.

     

     

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    BRUNO ODILE

     

     

     

     

     

     

     


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