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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 05/30/14--03:43: LE COEUR DEFINITIF...Extrait
  • Toute ma vie et c’est bien peu si l’on regarde
    Avec des yeux d’avant la Terre la lucarne
    Où s’égosille un ciel de crin qui n’en peut plus
    D’être beau de travers et de porter ombrage
    Au plus dévoué au plus sincère des visages
    Toute ma vie pour te comprendre et pour t’aimer
    Comme on se couche à la renverse dans les blés
    En essayant de retrouver dans le silence
    L’alphabet maladroit d’un vieux livre d’enfance
    Je m’entoure de toi comme un enfant frileux
    Je pars je suis en route depuis des siècles je
    T’arrive un matin beau comme un matin de chasse
    Tu ne sais pas que je suis là et je me place
    Tout contre toi comme une porte mal fermée
    Qui boit son lait et qui respire doucement
    Je te regarde et tu souris sans mouvement
    D’un sourire venu de plus loin que toi-même
    Qui fait que tu es belle et qui fait que je t’aime.

     

    .

     

    RENE GUY CADOU

     

    .

     

     

    Fernand CORMON,

    Oeuvre Fernand Cormon

     


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  • 05/31/14--06:55: OEUVRES SUR L'EAU...Extrait
  • J'attache de la valeur à toute forme de vie, à la neige, la fraise, la mouche.
    J'attache de la valeur au règne animal et à la république des étoiles.
    J'attache de la valeur au vin tant que dure le repas, au sourire involontaire, à la fatigue de celui qui ne s'est pas épargné, à deux vieux qui s'aiment.
    J'attache de la valeur à ce qui demain ne vaudra plus rien et à ce qui aujourd'hui vaut peu de chose.
    J'attache de la valeur àéconomiser l'eau, à réparer une paire de souliers, à se taire à temps, à accourir à un cri, à demander la permission avant de s'asseoir, àéprouver de la gratitude sans se souvenir de quoi.
    J'attache de la valeur à savoir où se trouve le nord dans une pièce, quel est le nom du vent en train de sécher la lessive.
    J'attache de la valeur au voyage du vagabond, à la clôture de la moniale, à la patience du condamné quelle que soit sa faute.
    J'attache de la valeur à l'usage du verbe aimer et à l'hypothèse qu'il existe un créateur.
    Bien de ces valeurs, je ne les ai pas connues.

    .

     

    ERRI DE LUCA

     

    .

     

    valeur

     

     


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  • 05/31/14--10:40: LA MAPPEMONDE
  • Enfant je rêvais d'une mappemonde
    j'enviais ceux de mes petits camarades
    qui faisaient tourner la terre dans leur chambre
    en voyageant assis sur leur chaise
    à travers les mers et les continents
    je n'en avais jamais parléà personne
    c'était un voeu que je voulais garder secret
    pour ne pas rompre le charme du merveilleux
    je me voulais marin contrebandier aventurier
    j'imaginais des archipels à découvrir
    où je rencontrerais la femme de ma vie
    je savais que j'avais de vrais amis
    qui ne me connaissaient pas mais qui m'attendaient
    dans le désert, dans la savane dans la jungle
    sur la banquise des Iles marquises jusqu'en Chine
    Je me voyais arpenter les capitales du monde
    aujourd'hui en allant faire quelques courses
    je suis tombé en arrêt devant une mappemonde
    qui trônait impériale dans la vitrine d'un papetier
    j'ai eu envie de pleurer j'ai ravalé un sanglot
    personne n'a jamais eu l'idée de m'en offrir une
    et j'ai du voyager par mes propres moyens
    en bus à dos d'âne à pieds rarement en avion
    j'étais l'Ulysse du pauvre qui trimait trimait
    pour pouvoir parcourir la mappemonde
    je semais des poèmes le long de mon chemin
    dans l'espoir peut-être qu'un jour ou l'autre
    je tiendrais la terre dans mes bras
    et lui réciterais en psalmodiant les noms fascinants
    les noms magiques des pays et des lieux-dits
    les noms des fleuves des montagnes des mers
    les noms des îles d'un pôle à l'autre
    je baiserais tendrement ses méridiens
    je passerais du jour à la nuit et de la nuit au jour
    j'enjamberais les tempêtes et lui soufflerais les vents
    à coups d'index sur la ligne de l'équateur
    je la ferais danser sur son axe comme une toupie
    et j'entendrais vertigineusement battre son coeur.

    .

     

    ANDRE CHENET

    La Colle s/ Loup, le 30 mai 2014

     

    .

     

    Holbein_globe_

    Oeuvre Hans Holbein

     


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    Laisse la main
    cheminer

    perdre haleine


    là où l'on ne respire plus


    Laisse la main

    errer
    sur les hanches

    seulement complices

    du nacre de la langue


    Seul un cri depuis le sol

    peut le foudroyer


    La mort

    n'est pas un secret

    ni en nous un jardin de sable


    La nuit

    dans le silence terni des miroirs

    un homme

    peut tenir la mort par la main


    Je vais t'enseigner comment la reconnaître


    regarde


    c'est encore un gamin

    il ne cesse de grandir
    sur les épaules
    la lumière
    dénouée


    la fauve

    lucidité des flancs


    La bouche neigeait sur la bouche

    .

     

    .

    .

     

    EUGENIO DE ANDRADE

    .

     

    .

     

     

    andrade

     

     

     


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  • 05/31/14--14:31: POLYNESIE - POESIE

  • ...

    la phrase trouve son souffle dans
    l'hypothèse la page est élargie
    par le conte le monde s'enfle
    dans les poumons du songe
     
    un pas plus loin
         –  la nuit comme un royaume


    poèmes sur papier blanc

    c'est donc que mes doigts
    ne vont plus sur ton corps
    effacer le sillage des mots
    (...)

    .

     

    LOÏC HERRY

     

    .

     

    polynesie,

     

     

     

     

     


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  • 05/31/14--15:10: POESIE I ....Extrait
  • Ce signe dans les mousses par quelle main tracé
    Dans quel temps pour quelle fuite ce signe
    Dans les mousses où la paume se pose pour pousser
    La barrière dessinée dans les pierres
    Plates les pierres bleues des murets
    Ton pas c’est celui déjà d’une qui courait
    Sa robe dans le vent marin sa peau salée
    Qui fuyait dans le rire le vent
    Ce signe dans les mousses où mon esprit se noue
    Par quelle main tracée dans quel temps
    La barrière s’ouvre la robe se défait
    Une mouette crie dans le soleil
    Le bois moussu grince contre le muret
    Ton pas – ton sourire –
    La main sur cette hanche dessine
    .
    ....
    .
    Visage des Anges et où ils vont
    tout au long de ta peau mon amour
    quand les lignes se tendent s’incurvent
    ronde puis dure – ouverte vive vraie
    tout au long de ta peau mon amour
    ton secret respiré toujours échappé
    visage des Anges et où ils vont
    tout au long de tes cuisses mon amour
    où la couleur varie et la texture
    où la pilosité souligne une douceur d’ailleurs
    tout au long de tes cuisses mon amour
    cherchant ta voix – l’autre – ta voix
    dessiner ces mondes devinés par
    le goût et l’odorat frôler
    le visage des Anges et
    l’envers de ton secret
    .
    .
    .
    LOÏC HERRY
    .
    .
    .

    LOIC

     


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  • 06/01/14--03:03: FLEURS DU SILENCE...Extrait
  •  

    Si le vent passe au-dessus des hivers
    dans un envol de palombes grises
    où sont tes yeux chantant comme la mer
    mes yeux te disent
    quand tu es là je deviens beau

     

    Si le vent creuse aux midis des étés
    un lourd silence au cœur des pierres grises
    où sont tes yeux fermés comme la terre
    mes yeux te disent
    quand tu es là je deviens beau.

     

    Si le vent passe et si l’air est amer
    du parfum de la pluie parmi les cendres grises
    où sont tes yeux dansant comme la mort
    mes yeux te disent
    quand tu es là je deviens beau.

     

    .

     

    FREDERIC JACQUES TEMPLE

     

    .

     

    FJ TEMPLE,,

    Frédéric Jacques Temple

     


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  • 06/01/14--04:12: JULIO CORTAZAR
  • Pas de larmes si les plantes poussent sur ton balcon, pas de tristesse
    si de nouveau la course blonde des nuages t’est donnée pour preuve de l’immobilité,
    de cette permanence parmi tout ce qui fuit. Car le nuage sera ici, constant dans son inconstance, quand toi, quand moi – mais à quoi bon nommer la poussière et la cendre.

    Oui, nous nous abusions, croyant que passer dans le jour
    relevait de l’éphémère, l’eau qui glisse sur les feuilles jusqu’à se perdre dans le sol.
    N’a de durée que l’éphémère, cette plante idiote que ne connaît pas la tortue,
    cette tortue qui lambine et tâtonne dans l’éternité, l’œil creux,
    et le son sans la musique, la parole sans le chant, l’étreinte sans le cri d’agonie,
    les silos à maïs, les montagnes aveugles.
    Nous autres, assujettis à une conscience – le temps –,
    nous ne nous soustrayons pas à la terreur et au plaisir
    et leurs bourreaux non sans délicatesse nous arrachent les paupières pour nous montrer interminablement la façon dont poussent les plantes du balcon,
    dont courent les nuages vers l’avenir.

    Le sens de tout cela ? Rien, une tasse de thé.
    Pas de drame dans le murmure, et tu es la silhouette en papier que les ciseaux vont tirant de l’informe : ô qu’il est vain de croire
    que l’on naît ou que l’on meurt
    quand il n’est de réel que le creux demeurant sur le papier,
    le golem qui nous suit en sanglots dans les rêves et dans l’oubli.

     

    .

     

    JULIO CORTAZAR

     

    .

     

    françois henri galland,,

    Oeuvre François Henri Galland

     

     

     

     


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  • 06/02/14--08:06: MAYA ANGELOU...Extrait
  • Nous, étrangers du courage,
    Exilés du plaisir,
    Sommes recroquevillés dans nos coquilles de solitude
    Jusqu’à ce que l’amour quitte les hauteurs de son temple sacré
    Et se révèle à nous
    Nous libère et fait entrer dans la vie.

    L’amour arrive
    Et dans son cortège viennent des extases
    De vieux souvenirs de plaisir
    D’anciennes histoires de souffrance.
    Pourtant, si nous sommes audacieux,
    L’amour fait tomber les chaînes de la peur
    De nos âmes.

    Nous sommes sevrés de notre manque de hardiesse
    Dans l’afflux lumineux de l’amour
    Nous osons être braves
    Et soudain nous voyons
    Que l’amour coûte tout ce que nous sommes
    Et serons jamais.
    Pourtant, seul l’amour
    Nous libère.

    .

     

    MAYA ANGELOU

     

    .

     

    c carolina

    Photographie Christian Carolina

    https://www.facebook.com/christian.carolina?fref=ts


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  • 06/02/14--09:03: FEMME PHENOMENALE
  • Les jolies femmes se demandent quel est mon secret
    je ne suis pas mignonne et n’ai pas une stature de mannequin,
    mais quand je commence à leur dire, elle pensent que je mens.
    Je dis,
    c’est dans la portée de mes bras, la largeur de mes hanches,
    la foulée de mon pas, la courbe de mes lèvres.
    Je suis une femme,
    phénoménalement.
    Une femme phénoménale,
    c’est moi.

    J’entre dans une pièce, l’air tout à fait détaché
    Et tous les gars se lèvent comme un seul homme ou
    tombent à genoux, puis s’agglutinent autour de moi,
    Comme autant de mouches à miel.
    Je dis,
    c’est la flamme dans mes yeux, et l’éclat de mes dents,
    le balancement de ma taille et la joie dans mes pieds.
    Je suis une femme,
    phénoménalement.
    Une femme phénoménale,
    c’est moi.

    Les hommes eux-mêmes se demandent ce qu’ils voient en moi.
    Ils font tant et tant, mais ils ne peuvent toucher
    le mystère qui m’habite.
    Quand je tente de leur montrer, ils me disent ne rien voir.
    Je dis,
    c’est dans la cambrure de mon dos, le soleil de mon sourire,
    le tour de mes seins, la grâce de mon style.
    Je suis une femme,
    phénoménalement.
    Une femme phénoménale,
    c’est moi.

    Maintenant vous voyez bien pourquoi je ne courbe pas la tête.
    Je n’ai pas à crier, cabrioler ou parler fort.
    Quand vous me voyez passer, vous pouvez être fières.
    Je dis,
    c’est dans le claquement de mes talons, le pli de mes cheveux,
    la paume de ma main, le besoin de mes soins.
    Parce que je suis une femme
    phénoménalement.
    Une femme phénoménale,
    c’est moi.

     

    .

     

    MAYA ANGELOU

     

    .

     

     

    maya ANGELOU,,

    Maya Angelou 1957


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  • 06/02/14--10:32: ROUGE BAISER
  •                    Je pille ma mémoire, je vole des souvenirs enfouis, je ne choisis que les beaux . Retrouver l'enfance devant un piano en bois rose, une dinette de porcelaine, une mallette contenant un goûter préparé avec l'amour de ma mère. Revivre un instant le repas sur la nappe à carreaux, avec ma soeur et mon frère avant que notre père disparaisse, entendre  des airs sifflés par le perroquet familier, quel bonheur !!! C'est possible, avec une émotion positive !!! Je sens l'odeur du café grillé, de la peau d'orange qui séchait sur le bord de la cuisinière en fonte noire, je m'attarde devant le miroir où mes parents jetaient un dernier coup d'oeil avant de sortir, pour voir si tout allait bien et devant lequel ma mère faisait une belle moue pour que sa bouche soit mise en valeur, colorée par un " Rouge Baiser " qui lui allait si bien. Je les entends descendre les escaliers vers une destination qui les enchantaient.
    Plus tard les amours naissantes, et le grand amour, celui qui m'a fait rêver d'une longue vie à deux, ce jeune homme aux longs cils, en costume " Prince de Galles ", mon Prince charmant chaussé de daim bronze. La chanson de notre rencontre, les parties de campagne avec les copains afin que l'on puisse se tenir la main, le parfum entêtant des narcisses dans un champ, et mes premiers talons hauts avec lesquels je marchais trés mal. Et enfin, cette " vie à deux " par tous les temps,  promise jusqu'à la fin. Je nous revois, ivres de bonheur, chaque fois que l'on se retrouvait après une courte séparation, ces moments qui nous faisaient tourner la tête jusqu'à la perdre pour le meilleur....

    Des souvenirs heureux apparaissent de temps à autre, pour remettre de l'optimisme sur nos longs chemins parcourus et moins faciles à appréhender; le passé se fait présent, un instant.... Je suis bien ...

     

    .

     

    JOSIANE

     

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    rené gruau


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    Dans le tissu du poème doit se retrouver un nombre égal de tunnels dérobés, de chambres d'harmonie, en même temps que d'éléments futurs, de havres au soleil, de pistes captieuses et d'existants s'entr'appelant. Le poète est le passeur de tout cela qui forme un ordre. Et un ordre insurgé.

    ....

        On ne peut pas commencer un poème sans une parcelle d'erreur sur soi et sur le monde, sans une paille d'innocence aux premiers mots.

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    RENE CHAR

     

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    nathalie magrez,,

    Photographie Nathalie Magrez

     

     


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  • 06/04/14--22:49: RAPPELLE-TOI
  • Cette neige de nuit avec mes cheveux gris
    Les chiens qui s'ébrouaient des flocons de tes yeux
    Ce rempart d'herbe triste et de moutons anxieux
    Cette Alpe camarade accoudée à ton lit

    Rappelle-toi

    Le sourire de Dieu qu'on touchait de la tête
    La montée à la paille avec le vent debout
    Et tout debout là-haut la tendresse à genoux
    Qui nous rafraîchissait le dos avec nos bêtes

    Rappelle-toi

    Ces fleurs de la vertu hautaine et leur fumet
    Qui ressemble au fumet de tes fleurs de la lune
    Et que j'allais chercher comme on cherche fortune
    Au bout d'une perdrix que je n'osais tirer

    Rappelle-toi

    Si je meurs avant toi je veux que vagabonde
    Tu souffles un vent de tous les diables au cul des gens
    Apprenant notre amour à leur coeur impotent
    Et que Dieu voyant ça signe la fin du monde

    Rappelle-toi

    Et si tu meurs devant je suivrai à la trace
    Comme le chien perdu sans collier ni pâtée
    Recherche tendrement son chagrin à la place
    Où son bonheur si bêtement s'est arrêté

     

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    LEO FERRE

     

    .

     

    FERRE

     


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  • 06/04/14--23:53: PAPIER D'IDENTITE...Extrait
  • Il y a des enfants qui ne seront jamais des enfants
    Des enfants misères, des enfants couleurs
    Des enfants qui parlent de justice et qui n’ont pas dix ans
    Le poing fermé, la fleur aux dents.

    Il y a des enfants qui ne seront jamais des enfants
    Des enfants qui n’ont rien vu au-delà du coin de leur rue
    Mais qui en savent déjà trop long
    Ils ont regardé le monde dans ses poubelles
    Et ils ont décidé qu’il n’y avait pas d’autre solution
    Que d’utiliser le système et ses idées télévision
    Des idées à mordre comme les autres dans la consommation
    Et d’exploiter comme l’exploitant
    Et de devenir très vite grands, grands et méchants.

    Il y a des enfants qui ne seront jamais des enfants
    Des enfants qui n’ont plus d’espoir, des enfants idées-noires
    La peau peinte dans la même teinte qui voudraient bien la rosir
    Pour peut-être s’en sortir.

    Il y a des enfants de la guerre, des enfants-fusils, des enfants-bâtons
    Des enfants mains-nues
    A tous les jeux de société, ils seront toujours
    Les voleurs courant à la recherche
    d’un morceau de leur cœur.

    Il y a des enfants qui ne seront jamais des enfants.
    Des enfants maigres qui feront le travail des hommes
    Qui feront les saloperies des hommes
    Au-dessus de leur force, au dessus de leur raison.

    Il y a des enfants qui ne seront jamais des enfants
    Des enfants qui vivent en camp
    Des enfants qui vivent en cage, des enfants torturés
    Il y a des enfants qui n’ont que la peau sur les os, la peau et les os
    Et par dessus leur petit squelette de vieillard
    Des yeux qui mangent leur visage et nous regardent dans nos journaux.

    .

     

    ALBERT BUDO

     

    .

     

    Gio McCluskey,

    Photographie Gio Mckluskey

     

     

     

     

     


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    0 0
  • 06/05/14--04:51: L'ARIDE DES JOURS...Extrait
  • Arbre mort,

    mélèze,

    couché comme le jour sous le poids des heures.

     

    À nu

    et la mort proche, et la mort...

     

    Vomir ces mots-là

    pour qu'enfin à vif la vie

    pousse ses feuilles

    dedans

    nos chairs en ruine.

     

    .

     

    JEAN-CLAUDE IZZO

     

    .

     

    arbre,

     

     

     

     


    0 0

    El 5 de junio 1898 naci el poeta Federico García Lorca.

    .

     

     

    .


    0 0

    In memoriam Paul Vigroux, peintre

     

    .

     

    Enfant, berger de mes troupeaux de rêves,

    j'allais foulant la folle avoine

    sur les ardents plateaux déserts

    où règne la senteur enivrante des buis

    entre les épineux soleils des cardabelles

    dans le thrène du vent parmi les herbes rases

    vigiles des reliques sans âge

    au secret dans l'ombre ignorée

    des dalles tumulaires.

    J'allais à travers les cheveux d'ange

    escorté de chardonnerets

    éperdu

    indifférent aux lendemains.

     

    .

     

    FRÉDÉRIC JACQUES TEMPLE

     

    .

     

    marcel pajot

    Oeuvre Marcel Pajot

     

     


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  • 06/06/14--12:55: STATUE-MENHIR
  • Un jour dans les broussailles

    millénaires,

    fouinant pour placer des collets,

    j'ai découvert la pierre droite

    sur laquelle j'ai reconnu

    le relief de mon propre visage

     

    .....

     

    Dis-nous ton nom,

    que sais-tu de l'homme

    millénaire,

    pierre vivante

    au soleil revenue

    d'entre les ronces,

    O visage fermé

    de nos antiques épouvantes.

    .

     .

    .

     

    FREDERIC JACQUES TEMPLE

    .

     .

    .

     

     

    filitosa2

    Filitosa ( Corse du sud )

     

     


    0 0

    Dans la grisaille

    nos îles, collines aux courbes masquées.

     

    Qu'aurions-nous été sans orages ?

     

    Nous rêvions de départs brusques

    de rires calcinés par le temps

    d'arbres trempés de pluie

    serrés comme des bateaux

     

    Nous rêvions d'une épaule

    qui nous toucherait l'épaule

    du rejet de nos masques trop étroits

    ajustés    sur nos âmes nues

    à les broyer.

     

    .

     

    AGNES SCHNELL

     

    .

     

    agnès

     

     

     

     

     

     


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