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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 06/06/15--12:06: PASSEPORT
  • Ils ne m'ont pas connu dans les ombres qui
    Absorbent mon teint sur le passeport
    Ils exposaient ma déchirure aux touristes
    Collectionneurs de cartes postales
    Ils ne m'ont pas connu... Ne laisse donc pas
    Ma paume sans soleil
    Car les arbres
    Me connaissent
    Toutes les chansons de la pluie me connaissent
    Ne me laisse pas aussi pâle que la lune

    Tous les oiseaux qui ont poursuivi
    Ma paume à l'entrée de l'aéroport
    Tous les champs de blé
    Toutes les prisons
    Toutes les tombes blanches
    Toutes les frontières
    Toutes les mains qui s'agitent pour l'adieu
    Tous les yeux
    M'accompagnaient, mais
    Ils les ont retirés de mon passeport

    Peuvent-ils me dépouiller du nom, de l'appartenance
    Dans une glèbe que j'ai élevée de mes propres mains ?
    Jonas a rempli aujourd'hui le ciel de son cri :
    Ne faites pas encore de moi un exemple !

    Messieurs, messieurs les prophètes
    Ne demandez pas leur nom aux arbres
    Ne demandez pas aux vallées leur génitrice
    Le glaive de lumière se détache de mon front
    Et de mes mains jaillit l'eau du fleuve
    Tous les coeurs d'hommes sont ma nationalité
    Voilà, je vous laisse mon passeport !


    .



    MAHMOUD DARWICH

    Traduction : Abdellatif Laâbi

     

    .

     

    DARWICH,

     

     


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  • 06/06/15--13:08: LA CHUTE DE LA LUNE
  • J'ai en tête une chanson,
    Petite sœur,
    Sur mon pays,
    Dors
    Que je l'écrive...

    J'ai vu ton corps
    Resplendissant de couleurs,
    Porté sur les anneaux des chaînes,
    Et je leur ai dit:
    Mon corps est là-bas,
    Mais ils ont bouclé la place du village.

    Nous étions petits,
    Les arbres étaient élevés
    Et tu étais encore plus belle que ma mère
    Et mon pays.

    D'où sont-ils venus?
    Et tes parents et les miens
    Avaient ceint les vignes
    De ronces et d'amour.

    Nous contemplons le monde
    A la hâte,
    Et nous ne voyons aucun être
    Pleurer un autre.

    Ton corps s'était abandonné,
    Et ma bouche
    S'amusait d'une goutte de miel
    Sur la boue de mes mains.

    J'ai en tête une chanson,
    Petite sœur,
    Sur mon pays.
    Dors, que je la grave,
    Tatouage sur ma peau.

     

    .


    MAHMOUD DARWICH

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    DON SMITH,

    Photographie Don Smith

    https://www.facebook.com/pages/Don-Smith-Photography/371422548082?fref=ts


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  • 06/08/15--05:58: GNOSE
  • L’être qui trouve sa raison dans la gnose
    prônant une connaissance dans le doute
    et qui chemine doucement sur sa route
    dans son combat trouve-t-il ce qu’il ose
    il vit avec les bleus de son âme sa chose
    et reste dans l’ambigu à l’affût du doute
    souvent la désespérance y est une joute
    la souffrance vécue n’a rien d’une rose
    une recherche peut confirmer la déroute
    lorsque vit la raison sur la voie du doute

    .

     

    JACQUES BASSE

    « Pêle-mêle, ces choses de l’âme
    à qui veut du cœur
    entendre la flamme »

     

    .

     

    J BASSE


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  • 06/08/15--06:12: INTIMITE
  • Les yeux
    le sourire
    la voix
    les caresses
    vous sentir suspendue
    au plaisir
    haletante
    perdue
    éperdue
    vous sentir dépassée
    par le désir
    attendre
    atteindre
    le seuil de la féminité
    j’aime ce que précisément
    je ne suis pas
    cette différence
    vous êtes femme

    .

     

    JACQUES BASSE

    « Pêle-mêle, ces choses de l’âme
    à qui veut du cœur
    entendre la flamme »

     

    .

    OMBRE

     

     


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  • 06/08/15--14:38: SIESTE
  • Qui de nous deux savait
    jusqu’où retentiraient nos rires
    Dans la grève de l’eau
    ton corps se fait une peau proche de la mienne
    En mains mêlées
    nous vivons dans la persistance du jour
    attentifs à l’appel de nos gestes courbés
    et dans la géométrie du rêve
    muscles et nerfs noyés
    le temps coule en présages circulaires
    O vie lovée
    O vie larguée

    Qui de nous deux savait
    jusqu’où s’élèveraient nos jeux
    Une porte qui grince
    le chant de draps froissés
    la parole en noyau
    dans la nuit douce des métaux
    et sur les rides éblouies du mur
    la floraison vorace du midi

     

    .

     

    ANTHONY PHELPS 

    " Motifs pour le temps saisonnier"

    .

     

    Henri Lebasque

    Oeuvre Henri Lebasque


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  • 06/13/15--07:19: J'AI VU SES YEUX
  • Pour Mila qui a aujourd'hui 11  ans

     

    J’ai vu ses yeux
    Un bel étang de femme-saule perdue dans un espace étrange
    Le songe lointain des contrées et ses lèvres d’oiseau mouillées
    Si bien que du bout de mes doigts j’aurais voulu les essuyer

    Comme au matin, une fontaine, son sourire d’enfant comblé
    Plus clair que l’infante Isabelle et plus vif qu’un jet d’hirondelles
    Que l’oriflamme du matin et le miroir d’une sirène
    Le page blond du printemps et l'alauda des mutinés

    Est-il permis d’être aussi blonde à en rendre jaloux les blés
    De Beauce et de Brie rassemblés au bord du chemin de sa course ?
    Et je les entends murmurer que Dieu les a abandonnés
    Et moi, Dieu je lui en sais gré pour la beauté qu’il m’a donnée

    Vivace comme un fil de anche si le vent lui a ordonné
    Ou si le vent l’a ordonnéà la tendresse abandonnée
    Comme un bouquet d’herbes de rives, humide et tiède sans parler
    Humide qui me rend humide, les yeux entre rire et pleurer

    Et sa joie à pleines dents blanches c'est Chartres au matin ressuscitée
    Naïve et farouche Gavroche, ma farouche avec le menton
    Ma naïve avec ses fredaines, ma fleur de neige et d’eau
    Mon clown-enfant, ma barbouillée, ma korrigane libérée
    Ma blonde enfant, ma tant aimée

    Je vais apprendre à me taire, je vais apprendre àécouter
    Passer le vent entre ses lèvres et je vais devenir léger
    Je vais devenir léger
    Et puis de laiteuses tendresses, je vais apprendre à calmer ces craintes d’enfant effrayé
    Qui a peur du noir et appelle. Et je vais devenir berger

    .

     

    JACQUES BERTIN

     

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    miloumila,,


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  • 06/13/15--09:03: JOEL GRENIER

  • Elle dansait sur la scène des fleurs et sa robe faite d'aube charmait les papillons. Elle volait un instant de douceur, sur la pointe des pieds, en écartant les bras. Comme on s'offre au bonheur de la jeunesse, insouciante, aérienne, étoile du jour.
    Sur le fil d'un rêve qu'elle avait inventé, elle tenait l'équilibre sans même le savoir. Et ses mains ouvertes pour offrir s'appuyaient sur des nuages de son âge.

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    JOEL GRENIER

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    DANSE


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  • 06/13/15--09:27: LE COMMENCEMENT
  • Je ne désire de l'amour que le commencement. Au dessus des places de ma Grenade
    Les pigeons ravaudent le vêtement de ce jour
    Dans les jarres, du vin à profusion pour la fête après nous
    Dans les chansons, des fenêtres qui suffiront et suffiront
    pour qu'explosent les fleurs du grenadier

    Je laisse le sambac dans son vase. Je laisse mon petit coeur
    Dans l'armoire de ma mère. Je laisse mon rêve riant dans l'eau
    Je laisse l'aube dans le miel des figues. Je laisse mon jour et ma veille
    Dans le passage vers la place de l'oranger où s'envolent les pigeons

    Suis-je celui qui est descendu à tes pieds pour que montent les mots
    Lune blanche dans le lait de tes nuits? Martèle l'air
    Que je voie, bleue, le rue de la flûte. Martèle le soir
    Que je voie comment entre toi et moi s'alanguit ce marbre.
    Les fenêtres sont vides des jardins de ton châle. En un autre temps
    Je savais nombre de choses de toi, et je cueillais le gardénia
    A tes dix doigts. En un autre temps je possédais des perles
    Autour de ton cou et un nom gravé sur une bague d'où jaillissait la nuit

    Je ne désire de l'amour que le commencement. Les pigeons se sont envolés
    Par-dessus le toit du ciel dernier. Ils se sont envolés et envolés.
    Il restera après nous du vin à profusion dans les les jarres
    Et quelque terre suffisante pour que nous nous retrouvions, et que la paix soit

     

    .



    MAHMOUD DARWICH

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    Jose_Larrocha_Gonzalez_Cuevas_del_Albaicin

    Oeuvre José Larrocha Gonzales

     

     

     


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    "Les grandes orgues de la destruction, les orages et les vagues de la mer éternellement jeune, voilà l’entrée triomphale de la justice déferlant sur vos châteaux en Espagne bâtis sur le vent, sur la chair et le sang sacré des êtres créés et non créés.

    La vermine est au sommet de la tour, les reliques du son et de la lumière ont été jetées au fond de l'abîme ; elles gisent dans la boue du marécage parmi les crapauds mutilés. Ces choses immondes justifient notre présence. Elles ont combattu, horriblement combattu, chacune dans sa noire, intemporelle et humide solitude et nous voici devant notre ouvrage, devant nous-mêmes et non pas le septième jour, mais l'unique, l'immuable, l'éternel premier jour."

     

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    MAURICE BLANCHARD

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    henry moore,

    Oeuvre Henry Moore


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  • 06/14/15--12:59: VIVRE A LA HACHE XLVI
  • Le ciel, les vagues, le vent dans les branches,
    les signes plus couchés que des chiens morts
    scandent le même point

    Point cardinal fixé par le sang
    pour sacrifier ce dernier bastion traître à sa vitesse :
    la beauté comme un os lâché aux rapaces

    le point exact où s’érige invincible
    dans sa gloire incendiaire
    la volée de ferrailles
    aux YEUX PLANTÉS
    pour lâcher un regard
    d’horizon basculé
    d’énorme trébuchet
    inverseur de vapeur
    où l’homme esclave de la perte
    trouve la bouche de gouffre
    àévacuer le désert infiltré
    frisson d’anneaux viscéraux
    conspiration noueuse
    bête à l’étroit qui moule le cœur
    et le châtie comme si l’infini
    faisait en lui la file
    pour sa ration de sentence

    La vie ne remonte pas à la vie
    Mais elle ne descend pas à la mort

    .

     

    NICOLAS ROZIER

     

    .

     

    ROZIER

     


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    Radieuses
    Ondes de lumière
    Océanes langueurs
    Lointains rouleaux
    Infiniment blancs et bleus
    Des rivages désertiques
    Écheveaux d'embruns dorés
    Que les vents de sable
    Délient dans le couchant
    Vous réveillez encore
    Entre l'effluve du jasmin
    La fleur du myrte
    La pureté et l'innocence
    D'un champs d'étoiles

    Ramenez-moi
    Au temps des barques
    Bleu-de-ciel
    De ma tendre enfance
    Là-bas
    Couchées sur la dune
    A l'abri de la lagune

    Il flotte comme un parfum musqué
    Ce nard que les nues
    Convoient depuis l'Orient
    Et les rêves éveillés
    De nos longs voyages
    D'antan
    Des flamands
    Que je caresse sans fin
    D'une aile orpheline
    A l'orée de la nuit
    Au seuil de l'infini

    Songe abyssal
    Où vertige moiré d'écume 
    Je gis déjà ma vie solitaire
    Entre les blancs moutons
    Et le chant spleenétique
    De perses  étendues 

    Que sommeille à jamais ici
    Par ma voix       aux vagues
    Blanches et bleues
    Entée
    La tendresse bercée
    D'un coeur insoumis
    Rompant au flot amer
    Du mensonge
    Et du Fils indigne
    De la mer     Rétif
    A délivrer
    L'évent et le souffle
    De ses  jeunes dauphins

     

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    CRISTIAN GEORGES CAMPAGNAC

     

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    CRIS3

     

     

     


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  • 06/14/15--14:06: EMILE VERHAEREN
  • Au clos de notre amour, l'été se continue :
    Un paon d'or, là-bas, traverse une avenue ;
    Des pétales pavoisent
    - Perles, émeraudes, turquoises -
    L'uniforme sommeil des gazons verts
    Nos étangs bleus luisent, couverts
    Du baiser blanc des nénuphars de neige ;
    Aux quinconces, nos groseilliers font des cortèges ;
    Un insecte de prisme irrite un coeur de fleur ;
    De merveilleux sous-bois se jaspent de lueurs ;
    Et, comme des bulles légères, mille abeilles
    Sur des grappes d'argent vibrent au long des treilles.

    L'air est si beau qu'il paraît chatoyant ;
    Sous les midis profonds et radiants
    On dirait qu'il remue en roses de lumière ;
    Tandis qu'au loin, les routes coutumières
    Telles de lents gestes qui s'allongent vermeils,
    A l'horizon nacré, montent vers le soleil.

    Certes, la robe en diamants du bel été
    Ne vêt aucun jardin d'aussi pure clarté.
    Et c'est la joie unique éclose en nos deux âmes,
    Qui reconnaît sa vie en ces bouquets de flammes.

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    EMILE VERHAEREN

     

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    VERHAEREN

     

     


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  • 06/16/15--04:45: FICTION D'UN DEUIL...Extrait
  • Meknès...
    Chaque fois que, le regard renversé vers ce qui n’a plus lieu que dans le culte, hanté, d’une chair abyssale où sommeillent vampires accrochés à la pierre, fange, ou archanges d’un âge inoublié, les cadavres qui là-ci-gisent inconsolés des années encavées agrippées à mes plaies, à l’envers de ma peau, suspendues à mes os, pendues court à mes maux et dont humides, avides, et comme froides morsures les lèvres ouvertes vulves à travers les barreaux ventousent amer mon sang, avatar, syzygie à contrecours du temps où s’abreuvent succions à l’estuaire des salves les mémoires roussettes bouches bées embouées qui butinent à rebours de moi le mascaret... Jusant... nostalgique... acétique... Mek... nès... Chaque fois que, le regard renversé mendiant suicide dans inaugurale virginale innocence, penché, sur moi, de l’autre côté de moi, j’invoque, Meknès, cette enfance essaimée harpail harde cadavres disséminéclatés dardés bris de miroir où là-ci-bas débris des bribes de mémoires m’entaillent, ensevelies à même mes entrailles où si froides leurs dents m’encriblent vaines semailles... infécondes... où plus rien ne plus rien ne plus rien ne prend vie qu’à l’envers de moi-même quand, Meknès, et dans quinte de temps de cornée secouée, mes prunelles incurvées raclant catarrhe les suaires dans le cloaque des stèles le cul obscur des cals exhument méconnaissables les destins ensablés feus, miens, destins irrassasiés enracinés en moi désastres sans épitaphe quand, Meknès, mes yeux renversées me renvoient cataracte visages désachevés mien visage cuterré dont je tente calgut de recoudre les traits qu’à présent les miroirs me refusent ou me brouillent qui me pleurent, liquéfiée, entre lacs entrelacs de blessures rétamées, ma peau entrefêlée où ci-dessous ma chair, surette venaison, macère dans le curare des années ampoulées d’antiques sèves mues amers âpres venins... Meknès... Comme un baiser, comme une fleur éclose douce entre mes lèvres quand, Meknès, le regard retournéà l’envers des paupières pendues poches où s’amassent désuètes pelotes fécales ou de cendres ou de sables stagnants... damnés irréversibles... ci quignons de vie gisent accrochés à mes cils... j’écarte les terres et libère les stèles et dépèce les suaires et d’un souffle profond fraye voie poitrinaire au reflux éruptif des spectres affranchis, à la houle furieuse des silences abolis, meute furibonde arrachée à la nuit et qui déferle aveugle, me traverse, me broie, me laboure les côtes me transperce la gorge et s’engouffre ruée d’abstinences en rut dans ma bouche où se cabrent se bousculent m’assaillent des années d’aphasies qui m’intiment parole... Meknès... s’acharnent sur mes lèvres mythique barricade qui résiste, vacille, dans une plainte cède, mmm... é... fissure brèche déchirante gerçure comme un baiser fleuri au creux d’une blessure, comme un aveu gémi au sein d’une agonie, comme un désir au monde omis par mes oublis, une perle d’eau rare pleuré par les déserts, le clin d’oeil érosif d’un rayon de soleil à l’embâcle des peurs, la pénombre des heures, décrépites et faillies, dilatées à présent dans une sourde prière ouverte blanche étoile où s’étiolent mes silences, étoilée blanc cristal où j’enduirai de nacre mes plus sombres hantises, ces noctules errantes qui tournent aveugles là, me battent le palais de leurs ailes perdues qui n’ont jamais connu que migrations larvées hivernales larvaires ci-bas au fond de moi et qui fouettent humides la paroi de ma chair, égarées, maintenant, sous les cribles croisés d’écholocations vaines quand... mmm... et comme écholalie échappée à soixante ans d’aphasie fermentées en moi aigres nostalgies, mmm...é... comme précieuse lie dérobée au calice des nuits, comme montée de fièvre, cet appel doux-amer, cette... obscure, caresse aux saveurs familières que j’étreins, que je palpe et que j’expire enfin, plainte, ouverte tendue vers le ciel... Mmmé... jamais les vampires n’ont bravé les lumières qui battent brusquement jugulaire... k... retraite, se replient dans ma glotte... k... m’étouffent m’entravent... kn... hoquet déflagré fulgurant jet de foudre au confluent des temps, au carrefour du jour et de mes amnésies... Mmmé...kn... essssthésie d’un seul souffle, exalté, comme écume expirée aux écluses des déserts, et ce mot révélé quand tout ne fait plus qu’un, ce désir insensé, impensé, ce murmure et soudain ce sursaut et ce soupir enfin: Meknès...

    Il faudra bien que je te retraverse ou je mourrai... égaré... dans l’incurie de mes deuils imparlés.

    .

     

    BOUTHAÏNA AZAMI

     

    .

     

    MEKNES 2,,


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    Le monde brûle…
    Mon père, à ma nuque, comme une peau de mouton… me laboure les flancs et ma mère dans ma chair qui tremble encore son dernier souffle…
    Dors, père…
    Les femmes ont cessé de pleurer leurs enfants… ou leurs corps et la terre sous nos pieds vaste… charnier… de couleuvres, et de cendres…
    Asphyxie…
    Les flammes montent vers le ciel, expirent dans les nues un dernier souffle blanc… Je sais que ma mère est l’une de ces flammes qui montent vers le Bon Dieu…
    Le Paradis…
    Asphyxie…
    Le Paradis et ses fleuves de miel et ses vierges…
    Nausée…
    Mère,
    Le monde est un enfer et nous sommes ses damnés va je sais va et…
    Ne te retourne pas
    Les femmes ont cessé de hurler leurs ventres ou leurs…
    Sexes et le monde n’est plus qu’un abîme… de silences… dans la terre… brisée vive où se sont é
    crasés nos derniers cris nos
    derniers râles
    Où se sont ébroués les derniers spasmes de notre sang Va et
    Ne te retourne pas
    Des soldats nous escortent vers une dernière violence.
    Combien sommes-nous à marcher ainsi et… pourquoi marchons-nous ?
    Les flammes ont brûlé noires nos dernières mémoires et le Simoun charrie des effluves de soufre et de
    chairs
    avariées
    accrochées à la pierre oriflammes de peaux qui ne savent plus leurs corps
    Etendards
    cloutés sang dans les sables cordés ridés transis dentés dressés cristaux de lave
    épineux

     

    .


    BOUTHAINA AZAMI

    .

     

    nicolas rozier,

    Oeuvre Nicolas Rozier

    http://poesie.evous.fr/Tombeau-pour-les-rares.html


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    "Quand on est de gauche, on n’a pas la matraque en guise de cœur. C’est un Français d’origine manouche qui t’écrit et qui écrit au Français de fraîche date que tu es. C’est un fils de «brigadiste» qui se rappelle à toi. Souviens-t’en: «Celui qui n’a pas de mémoire n’a pas d’avenir.» Par Jean-Claude Lefort, Député honoraire, Fils de Manouche."

     

    Manuel, tu as déclaré hier soir, sur BFMTV, que la situation était très différente pour toi, relativement à celle des Roms, car ta famille espagnole était venue en France pour fuir le franquisme.

    Tu as été naturalisé français en 1982. Franco est mort en 1975. Sept ans avant ta naturalisation. Quand tu es devenu français, il n’y avait donc plus de dictature en Espagne. Tu avais donc « vocation », selon tes mots, à retourner dans ton pays de naissance, en Espagne. Tu ne l’as pas fait et je comprends parfaitement, de même que je comprends totalement ton souhait de devenir français. Cela sans l’ombre d’un doute.

    Tu avais «vocation»à retourner à Barcelone, en Espagne où tu es né, pour reprendre tes propos qui concernaient uniquement les Roms. Celui qui t’écrit, en ce moment, est un Français d’origine manouche par son père. Mon père, manouche et français, est allé en 1936 en
Espagne pour combattre le franquisme, les armes à la main, dans les Brigades internationales. Pour la liberté de ton pays de naissance, et donc celle de ta famille. Il en est mort (1), Manuel. Des suites des blessures infligées par les franquistes sur le front de la Jarama, en 1937. Je ne te demande aucun remerciement, ni certainement pas la moindre compassion. Je la récuse par avance. Je suis honoré en vérité qu’il ait fait ce choix, quand bien même il a privé ma famille de sa présence alors que je n’avais que neuf ans et ma sœur, dix-huit.

    La guerre mondiale est venue. Et les camps nazis se sont aussi ouverts aux Tziganes. Tu le sais. Mais un nombre énorme de Manouches, de Gitans et d’Espagnols se sont engagés dans la Résistance sur le sol français. Ton père aurait pu en être. Il en avait l’âge puisque il est né en 1923. Georges Séguy et d’autres sont entrés en résistance à seize ans. Je ne lui reproche aucunement de ne pas l’avoir fait, bien évidemment. Mais je te demande le respect absolu pour celles et ceux qui se sont engagés dans la Résistance contre le franquisme, puis ensuite contre le nazisme et le fascisme. Contre ceux qui avaient fait Guernica. Et pourtant, à te suivre, ils avaient «vocation»à retourner ou à rester dans leur pays d’origine, ces «étrangers, et nos frères pourtant»…

    Manuel, «on» a accueilli la Roumanie et la Bulgarie dans l’Union européenne alors que ces pays ne respectaient pas, et ne respectent toujours pas, un des fondamentaux pour
devenir ou être membre de l’Union européenne: le respect des minorités nationales. Sensible à cette question pour des raisons évidentes, je m’en étais fortement inquiétéà l’époque. En tant que député, je suis alléà Bruxelles, auprès de la Commission, pour prouver et dire que ces pays ne respectaient pas cette clause fondamentale. On m’a souri au nez, figure-toi.

    Et aujourd’hui, dans ces pays, la situation des Roms s’est encore aggravée. Pas améliorée, je dis bien «aggravée». Et ils ont «vocation»à rester dans leurs pays ou à y revenir? C’est donc, pour toi, une espèce humaine particulière qui pourrait, elle, supporter les brimades, les discriminations et les humiliations de toutes sortes? Ces pays d’origine ne sont pas des dictatures, c’est certain. Mais ce ne sont pas des démocraties pleines et entières pour autant. Alors toi, l’Espagnol devenu français, tu ne comprends pas? Fuir son pays, tu ne comprends pas? Toi, tu ne comprends pas que personne n’a «vocation»à rester ou revenir dans son pays? Sauf si tu es adepte de conceptions très spéciales, à savoir que ce qui vaudrait pour un Roumain ne vaudrait pas pour un Espagnol. Tu sais pourtant que le mot «race» va disparaître de nos lois. À juste titre car il n’y a pas de races, juste une espèce humaine. Et les Roms en sont.

    La fermeté doit s’exercer là où se trouvent les responsabilités. Pas sur de pauvres individus qui n’en peuvent plus. Savoir accueillir et savoir faire respecter nos lois ne sont pas deux concepts antagoniques. Mais quand on est de gauche, on n’a pas la matraque en guise de cœur. C’est un Français d’origine manouche qui t’écrit et qui écrit au Français de fraîche date que tu es. C’est un fils de «brigadiste» qui se rappelle à toi. Souviens-t’en: «Celui qui n’a pas de mémoire n’a pas d’avenir.»

    Pour l’heure, Manuel, j’ai la nausée. Tes propos me font gerber, même pire. Nos pères auraient donc fait tout ça pour rien ou pour «ça»?

    Ils sont morts pour la France, Manuel. Pour que vive la France. Inclus «ces étrangers, et nos frères pourtant».

     

    (1) En 1953

     

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    JEAN-CLAUDE LEFORT

     

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    jeannette gregori1

    Photographie Jeannette Grégori

    http://www.jeannettegregori.com/

     

     


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  • 06/16/15--10:25: PEUT-ÊTRE...
  • Peut-être
    Hier
    Dans mon sommeil
    Je me suis vu mourir
    J’ai vu la mort de mes yeux
    Je l’ai sentie,
    J’étais en elle.
    J’ignorais auparavant
    Que la mort dans ses diverses phases
    Coulait avec une telle fluidité :
    Torpeur pâle et chaleureuse,
    Impression exquise de sommeil.
    Dans cet état
    Ni frayeur ni douleur ne subsistent.
    Il se peut que la peur outrancière de la mort
    Se fonde sur l’intense exaltation
    De notre désir de vivre.
    Peut-être.
    De ma mort je puis tout décrire
    Sauf ce frisson destructeur
    Qui nous submerge à l’heure ultime
    Lorsque nous savons
    Que le fil nous liant à nos intimes
    Va se rompre
    Que nous ne les verrons plus,
    Et n’arriverons même plus
    À penser à eux

    .

     

    TAHA MUHAMMAD ALI

     

    .

     

    TAHA

     

     


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  • 06/19/15--07:28: LE PORTE-AMOUR
  • Où est le porte-nuit
    le porte-mystère
    le porte-lueur ?
    A vendre le coffret d’ébène
    contenant les lèvres écarlates
    de mon amour défunt !
    Où est le porte-clou
    le porte-buste, le porte-voix ?
    Ma tristesse s’embellit
    comme le linge qui sèche
    tel les drapeaux populaires
    aux fenêtres de jadis
    Où est le portier fou
    qui a deux serrures
    à la place des yeux ?
    Le coffret d’ébène
    est rempli des baisers
    que je ne donnerai plus
    que je ne donnerai plus

    .

     

    ANDRE CHENET

    In "Dans le corps du poème"

     

    .

     

    ANDRE

     

     


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  • 06/19/15--07:41: BERNARD PERROY
  • Colporteur d'étoiles,
    de papillons,
    de désirs multiples
    au-delà de tout ce qu'on sème
    en ombres chinoises,
    colporteur,
    peintre ou poète,
    pour amorcer le pas, le rire,
    les pleurs aussi,
    et bondir tout de go
    vers tout ce qui nous porte
    vers les rencontres
    et ceux qu"on aime
    depuis toujours...

    .

     

    BERNARD PERROY

     

    .

     

    ETOILES2,

     


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  • 06/19/15--07:51: PESSOA
  • Si je me sens sommeil,
    Et si je veux dormir,
    En cet abandon-là
    Qui est ne-pas-sentir,

    Je veux que ça arrive
    Dès lors que je viendrai
    À appuyer ma tête,
    Non sur un sol quelconque,

    Mais là où sous des branches
    Un arbre produit l'ombre
    Où nous pouvons trouver
    L'ombre de la paix même.

     

    .

     

    FERNANDO PESSOA

     

    .

     

    TILLEUL,

     

     


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  • 06/19/15--08:23: POEMES...Extrait
  • Quand il eut terminé le portrait de l'ami,
    le peintre se leva et contempla longtemps
    le mystère vivant de sa propre magie,
    qu'animaient le nombre, l'espace et le temps
     
    Mais devant les couleurs où palpitait la vie,
    l'artiste fasciné par les yeux miroitants,
    recula jusqu'au mur où s'estompait la nuit,
    et traversa la pierre, sans savoir comment
    .
    .
    .
    LOUIS CATTIAUX
    .
    .
    .

    murs,


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