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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 04/30/13--11:49: CE QUI, LA NUIT...Extrait
  • (...)

    À combien d’anges
    A-t-on déjà parlé ?

    Combien d’autres
    Entrevus

    Dans ce creux d’une épaule,

    Dont nous cherchons
    Les traces encore

    À genoux ?

    Combien d’autres si bien,
    Si mal ignorés,

    À qui,
    Désormais,
    Nos yeux

    Vont manquer ?

     

    .

     

    EMERIC DE MONTEYNARD

     

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    michael parkes or2

    Oeuvre Michaël Parkes

     

     

     

     

     

     

     


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  • 04/30/13--12:35: FEMME-PARFUM
  • Doucement entêtant et enivrant comme le jasmin, le soir, par les fenêtres et les portes entrant vers ceux qui veillent dans la douceur de la nuit tel est le Parfum de la vie... La femme est le parfum des heures heureuses et des soirs de triomphe, elle est le nard et la myrrhe, la rose et le jasmin, le musc et l’ambre, l’odeur du romarin après la pluie, celle de la violette dans le repli du talus, une effluve de fleur blanche en plein printemps, narcisse, jacinthe claire, muguet et lys écroulé sous le poids de la branche…

     

    .

     

    RITA EL KHAYAT

     

    .

     

    FEMMERR

     

     

     

     

     


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  • 05/01/13--02:54: HEATHER DOHOLLAU - HOMMAGE
  • " Une  page du ciel où s'inscrit la terre
         Ses arbres frêles, la fumée de ses feux
         Où brûle une heure d'Avril
         Par la blancheur de la page
         S'échappent les paraphes des nuages
         Leur fuite infinie
         Hors de si peu d'espace
         Le paysage est rentré dans la fleur de l'oeil
         La cascade de la vue s'étale en cette eau ultime
         Où dans un long regard, le coeur se mire ..."

     

    .

     

    dohollau2

     

     

    .

     


     Par -dessus les murs, le ciel
          et le jardin tant de fois revu en rêve,
          le poirier n'abrite plus personne
          et l'échelle a été enlevée il y a longtemps.
          Comme un mandala vide, la pelouse,
          s'y tenir au centre c'est tomber dans un puits
          qui traverse le temps.
          Transposer cette chute en distance franchissable,
          c'est restituer la présence absente,
          renaître au sourire mortel de l'amour,
          d'en bas je vois le cercle pâle du jour.

     


    .

     

     

    HEATHER

    Photographie Xavier Dubois

    http://www.xduboisphotographe.fr/

     

     .

     

    Il y a un monde créé par le souffle des sensations,
    de parfums et de lueurs trouvés au bout de longs
    couloirs raccourcis dans l'instant.
    .
    Un monde où nous nous éveillons autres en nous -
    mêmes, la certitude d'un rêve arraché colorant encore
    nos yeux de jour.
    .
    Un pays sans profondeur où les choses déversent
    sur nous comme des vagues, nous laissant un corps
    d'écume.
    .
    Ce sont les oiseaux qui gardent l'accès, le ciel est
    un bruit d'ailes, la terre, un pied nu dans l'herbe.
    Nous connaissons le proche d'un lointain infini.

     

    .

     

    Le ciel passait
    Par dessus les murs
    Des jardins.
    Chacun découpait
    Son drap du jour
    L'air fut bruissant d'anges
    Mitoyens.
    Des autres
    J'avais connaissance
    Par le ciel.

     

    .

     

    HEATHER DOHOLLAU

     

    .

     


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         Il est une heure de l'enfance qu'on n'oublie jamais : celle où l'attention venant à se concentrer avec force sur une idée, sur un mouvement de l'âme, sur une circonstance quelquefois vulgaire, nous ouvrit, par une échappée inattendue, les riches perspectives du monde intérieur : la réflexion interrompit les jeux, et, sans l'aide d'autrui, l'on essaya pour la première fois la pensée. Un jour, dans le jardin paternel, au moment de prendre une feuille de charmille, je m'émerveillai tout à coup de me sentir le maître absolu de cette action, tout insignifiante qu'elle était. Faire, ou ne pas faire ! Tous les deux si également en mon pouvoir ! Une même cause ; moi, capable au même instant, comme si j'étais double, de deux effets tout à fait opposés ! Et, par l'un ou par l'autre, auteur de quelque chose d'éternel, car quel que fût mon choix, il serait désormais éternellement vrai qu'en ce point de la durée aurait eu lieu ce qu'il m'aurait plu de décider. Je ne suffisais pas à mon étonnement ; je m'éloignais, je revenais, mon coeur battait à coups précipités. J'allais mettre la main sur la branche, et créer de bonne foi, sans savoir, un mode de l'être, quand je levai les yeux et m'arrêtai à un léger bruit sorti du feuillage. Un oiseau effarouché avait pris la fuite. S'envoler, c'était périr : un épervier qui passait le saisit au milieu des airs. C'est moi qui l'ai livré, me disais-je avec tristesse : le caprice qui m'a fait toucher cette branche, et non pas cette autre, a causé sa mort. Ensuite, dans la langue de mon âge (la langue ingénue que ma mémoire ne retrouve pas), je poursuivais : Tel est donc l'enchaînement des choses. L'action que tous appellent indifférente est celle dont la portée n'est aperçue par personne, et ce n'est qu'à force d'ignorance que l'on arrive àêtre insouciant. Qui sait ce que le premier mouvement que je vais faire décidera dans mon existence future ? Peut-être que de circonstance en circonstance toute ma vie sera différente, et que, plus tard, en vertu de la liaison secrète qui par une multitude d'intermédiaires rattache aux moindres choses les événements les plus considérables, je deviendrai l'émule de ces hommes dont mon père ne prononce le nom qu'avec respect, le soir, près du foyer, pendant qu'on l'écoute en silence.
          Ô charme des souvenirs ! La terre s'embrasait aux feux du printemps et la mouche vagabonde bourdonnait le long des allées. Devant ces fleurs entr'ouvertes qui semblaient respirer, devant cette verdure naissante, ces gazons, ces mousses remplis d'un nombre innombrable d'hôtes divers; à ces chants, à ces cris qui tranchaient par intervalles sur la sourde rumeur de la terre en travail, si continue, si intense, et si douce qu'on eût cru entendre circuler la sève de rameau en rameau et bouillonner dans le lointain les sources de la vie, je ne sais pourquoi j'imaginai que depuis ma pensée jusqu'au frémissement le plus léger du plus chétif desdu plus chétif des êtres, tout allait retentir au sein de la nature, en un centre profond, coeur du monde, conscience des consciences, formant de l'assemblage des faibles et obscurs sentiments isolés dans chacune d'elles un puissant et lumineux faisceau.
        Et il me parut que cette nature, sensible à mon angoisse, cherchait en mille façons à m'avertir : tous les bruits étaient des paroles, tous les mouvements étaient des signes. Debout au pied d'un vieil arbre, je le regardais avec inquiétude et avec une sorte de déférence, quand, la brise passant, il inclinait ou secouait lentement sa tête chenue. Quel est cet oiseau de proie dont j'affronte les serres, disais-je en moi-même, ou quel est ce sort glorieux que je me prépare ? Toutefois, j'avançai la main, je saisis la feuille fatale. Mais cette détermination présente, au lieu de commencer une suite d'événements, continuait la suite des événements passés par un autre dès longtemps certain pour quelque être supérieur à moi, et arrivant à son heure dans cet ordre général que je n'avais point fait ? Si me sentir souverain dans mon for intérieur, c'était au fond, ne sentir pas ma dépendance ? Si chacune de mes volontés était un effet avant d'être une cause, en sorte que ce choix, ce libre choix, ce choix en apparence aussi libre que le hasard, eût été réellement (n'y ayant point de hasard) la conséquence inévitable d'un choix antérieur, et celui-ci la conséquence d'un autre, et toujours de même, à remonter jusqu'à ces temps dont je n'avais nulle mémoire? Ce fut dans mon esprit comme l'aube pleine de tristesse d'un jour révélateur. Une idée... Ah ! Quelle idée ! Quelle vision ! J'en suis ébloui. L'homme aujourd'hui en rassemblant les réminiscences de ce trouble extraordinaire qu'éprouva l'enfant, l'éprouve derechef ; je ne peux plus distinguer les angoisses de l'un des angoisses de l'autre ; la même idée, terrible, irrésistible, inonde encore de sa clarté mon intelligence, occupant à la fois toute la région et toutes les issues de la pensée. Je ne sais comment peindre le conflit de ces émotions. En un point de ce vaste monde animé d'un mouvement continuel et continuellement transformé, où d'instant en instant rien ne se produisait qui n'eût la raison de son existence dans l'état antérieur des choses, je me vis au-delà de mes souvenirs ; je me vis à mon origine, moi, ce nouveau-né qui était moi, ce moi étranger qui commença mon être, je le vis déposéà son insu en un point de cet univers : mystérieux germe destinéà devenir avec les années ce que comportaient sa nature et celle du milieu complexe qui l'environnait. Puis, dans les perspectives de la mémoire de moi-même, que je prolongeai des perspectives supposées de ma vie future, je m'apparus : multiplié en une suite de personnages divers, dont le dernier, s'il se tournait vers eux, un jour, à un moment suprême, et leur demandait : Pourquoi ils avaient agi de la sorte ? Pourquoi ils s'étaient arrêtés à telle pensée ? On les entendrait de proche en proche en appeler sans fin les uns les autres. Je compris l'illusion de murmurer au moment d'agir ces mots dérisoires : Réfléchissons, voyons ce que je vais faire ; et que j'aurais beau réfléchir, je ne parviendrais pas plus à devenir l'auteur de mes actes par le moyen de mes réflexions que de mes réflexions par le moyen de mes réflexions; que si j'avais le sentiment de ma force propre, si j'en étais parfois débordé, c'est que je la sentais en moi à son passage, c'est qu'elle me submergeait d'une de ses vagues, la force occupée à entretenir ce flux et reflux universel. Je connus que, n'étant pas mon principe, je n'étais le principe de rien ; que mon défaut et ma faiblesse étaient d'avoir été fait ; que quiconque a été fait, a été fait dénué de la noble faculté de faire ; que le sublime, le miracle aussi, hélas ! et l'impossible était d'agir : n'importe où fut le premier branle, de vouloir un premier vouloir, de commencer quelque chose en quelque façon (que n'eussé-je pu si j'eusse pu quelque chose ! ), d'agir, une fois, tout à fait de mon chef, c'est-à-dire d'agir : et sentant, par la douleur d'en perdre l'illusion, la joie qu'on aurait eue à posséder un privilège si beau, je me trouvai réduit au rôle de spectateur, tour à tour amusé et attristé d'un tableau changeant qui se dessinait en moi sans moi, et qui, tantôt fidèle et tantôt mensonger, me montrait, sous des apparences toujours équivoques et moi-même et le monde, à moi toujours crédule, et toujours impuissant à soupçonner mon erreur présente ou à retenir la vérité : ne fût-ce que cette vérité, maintenant si claire à mes yeux, de mon impuissance invincible à me défaire jamais d'aucune erreur, si, par une autre erreur, j'en tentais l'effort inutile et inévitable. Une seule, une seule idée, partout réverbérée, un seul soleil aux rayons uniformes : Cela que j'ai fait était nécessaire. Ceci que je pense est nécessaire. L'absolue nécessité pour quoi que ce soit d'être à l'instant et de la manière qu'il est, avec cette conséquence formidable : le bien et le mal confondus, égaux, fruits nés de la même sève sur la même tige. A cette idée, qui révolta tout mon être, je poussai un cri de détresse et d'effroi : la feuille échappa de mes mains, et comme si j'eusse touché l'arbre de la science, je baissai la tête en pleurant.
        Soudain je la relevai. Ressaisissant la foi en ma liberté par la liberté même, sans raisonnement, sans hésitation, sans autre gage de l'excellence de ma nature que ce témoignage intérieur que se rendait mon âme créée à l'image de Dieu et capable de lui résister, puisqu'elle devait lui obéir, je venais de me dire, dans la sécurité d'une certitude superbe : Cela n'est pas, je suis libre. Et la chimère de la nécessité s'était évanouie, pareille à ces fantômes formés pendant la nuit d'un jeu de l'ombre et des lueurs du foyer, qui tiennent immobile de peur sous leurs yeux flamboyants, l'enfant, réveillé en sursaut, encore à demi perdu dans un songe : complice du prestige, il ignore qu'il l'entretient lui-même par la fixité du point de vue, mais sitôt qu'il s'en doute, il le dissipe d'un regard au premier mouvement qu'il ose faire.

     

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    JULES LEQUIER

    http://site-tanguy-dohollau.pagesperso-orange.fr/t_dohollau_lequier.htm

     

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    GARCON2

     


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    Nous mettons nos pieds nus dans l'eau du rêve,
    Elle est tiède, on ne sait si c'est l'éveil
    Ou si la foudre lente et calme du sommeil
    Trace déjà ses signes dans des branches
    Qu'une inquiétude agite, puis c'est trop sombre
    Pour qu'on y reconnaisse des figures
    Que ces arbres s'écartent, devant nos pas.
    Nous avançons, l'eau monte à nos chevilles,
    Ô rêve de la nuit, prends celui du jour
    Dans tes deux mains aimantes, tourne vers toi
    Son front, ses yeux, obtiens avec douceur
    Que son regard se fonde au tien, plus sage,
    Pour un savoir que ne déchire plus
    La querelle du monde et de l'espérance,
    Et qu'unité prenne et garde la vie
    Dans la quiétude de l'écume, où se reflète,
    Soit beauté, à nouveau, soit vérité, les mêmes
    Étoiles qui s'accroissent dans le sommeil.

     

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    YVES BONNEFOY

     

    BELLE-ILE2

    Oeuvre Philippe Charpentier

     

     

     

     

     


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  • 05/02/13--11:21: LES FEES
  • Le terme irlandais pour les fées est "sheehogue" [sidheog], un diminutif de "shee", comme dans "banshee". Les fées sont le "deenee shee" [daoine sidhe] (peuple féérique).

    Qui sont-elles? "Des anges déchus, pas assez bons pour être sauvés, pas assez mauvais pour être perdus" disent les paysans. "Les Dieux de la terre," dit le Livre d'Armagh. "Les Dieux de l'Irlande païenne," disent les experts irlandais, les "Tuatha De Danaan (le Peuple de Dana) qui, quand ils n'ont plus été vénérés et nourris d'offrandes, ont rétréci dans l'imagination populaire, et ne mesurent plus que quelques paumes, à présent."

    Et je vous dirai, en vérité, que les noms des chefs des fées sont les noms des anciens héros Danéens, et que les endroits où ils aiment à se réunir sont des scépultures Danéenes, et que le Peuple de Dana était aussi nommé slooa-shee [sheagh sidhe] (les hôtes féériques), ou Marcra shee (la cavalerie féérique).

    D'autre part, il y a bien des preuves attestant qu'ils sont des anges déchus.
    Considérez la nature de ces créatures, leurs caprices, leur manière de rendre le Bien par le Bien, et le Mal par le Mal, le fait qu'ils ont tous les charmes sauf la conscience - c'est cohérent. Ils s'offensent si vite du fait que vous parliez trop d'eux, et ne vous avisez pas de les nommer autrement que "nobles", ou daoine maithe, qui se traduit pas "les bonnes gens", mais il est si facile de leur faire plaisir, ils feront de leur mieux pour écarter toute infortune si vous laissez une coupelle de lait à leur attention, la nuit, sur l'appui de la fenêtre. Dans l'ensemble, la croyance populaire nous dit presque tout d'eux, comment ils ont été déchus, sans toutefois être damnés, car leur malignitéétait entièrement sans méchanceté.

    Sont-ils les "Dieux de la terre?" Peut-être! De nombreux poètes, ainsi que tous les mystiques et les auteurs occultes, de tous ages, de tous pays, ont déclaré que derrière le visible se trouvent quantité d'êtres conscients, qui ne sont pas célestes mais terrestres, qui n'ont pas de forme fixe mais qui en changent à volonté, que ce soit par leur caprice ou par la volonté de l'observateur. Vous ne pouvez pas lever la main sans en influencer des foules, et sans que des foules ne vous influencent. Le monde visible constitue à peine la surface. En rêve, nous les rejoignons, et nous jouons avec eux, et nous les combattons. Ce sont peut-être des âmes humaines en attente--ces créatures du caprice.

    Ne croyez pas que les fées soient toutes petites. Tout est capricieux chez elles, même la taille. Elles semblent prendre la taille est la forme qui leur plait. Leurs occupations principales sont les banquets, le combat, l'amour, et la plus belle musique. Elles ne comptent parmi elles qu'une seule espèce travailleuse, le Leprechaun--le cordonnier. Peut-être usent-elles leurs chaussures à force de danser. Prés du village de Ballisodare, il y a une petite femme qui a vécu sept ans parmi les fées. Quand elle est revenue à la maison, elle n'avait plus d'orteils--elle les avait perdus à force de danser.

    Elles ont trois grands festivals dans l'année--la nuit d'avant Mai, la nuit d'avant le milieu de l'été, la nuit d'avant Novembre. La nuit d'avant Mai, une fois tous les sept ans, elles combattent partout, mais surtout dans la "plaine de Bawn" (où que ce soit), de sorte que la récolte, les plus beaux épis, leur appartiennent. Un vieil homme m'a dit qu'il les avaient vu se battre une fois; elles ont déchiré en deux, par le milieu, le toit d'une chaumière. Si quelqu'un d'autre avait étéà proximité, il aurait juste vu un grand vent faisant tout tourbillonner dans l'air sur son passage. Quand le vent fait tourbillonner la paille et les feuilles sur son passage, ce sont les fées, et les paysans enlèvent leurs chapeaux et disent, "Dieu les bénisse".

    La nuit d'avant le milieu de l'été, quand les feux de joie sont allumés sur chaque colline en l'honneur de Saint Jean, les fées sont on ne peut plus gaies, et il leur arrive parfois d'enlever de belles filles pour les épouser.

    La nuit d'avant Novembre, elles sont on ne peut plus mélancolique, car, selon le vieux calendrier Gaelique, c'est la première nuit de l'hiver. Cette nuit, elles dansent avec les fantômes, et le Pooka est de sortie, et les sorcières tissent leurs sortilèges, et les filles dressent la table au nom du diable, de sorte que l'ombre de leur futur amoureux puisse passer par la fenêtre et venir manger. Aprés cette nuit, les mûres ne sont plus bonnes, car le Pooka les a gâtées.

    Quand elles sont en colère, elles paralysent hommes et bêtes avec leurs fléchettes de fées.

    Quand elles sont heureuses, elles chantent. Bien des pauvres les ont entendu, ont dépéri, et sont morte, par amour pour ce chant. Bien des beaux airs antiques d'Irlande leurs appartiennent, et ont été capturés par des oreilles indiscrètes. Aucun paysan sage ne fredonnerait "La jolie fille trait la vache" prés d'un refuge de fées, car elles sont jalouses, et n'aiment pas entendre leurs chansons interprétées par des lèvres malhabiles. Carolan, le dernier des bardes irlandais, a dormi sur un de ces refuges, et depuis lors les chants féériques sont entrés dans sa tête, et ont fait de lui le grand homme qu'il fut.

    Meurent-elles? Blake a vu les funérailles d'une fée; mais en Irlande on les dit immortelles....

     

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    WILIAM BUTLER YEATS

     

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    diaz

    Oeuvre M. Diaz

     

     

     

     


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  • 05/03/13--02:37: L' AUBE D'UN JOUR NOUVEAU
  • Le vent caresse
    l’aube d’un jour nouveau
    Un rêve : la naissance
    du souvenir
    Qui sommes-nous ? Qui
    étions-nous ? Les choses ne peuvent pas continuer
    comme avant.
    Toute la nuit nous rirons
    derrière les masques nouveaux du Temps. Quand l’instant
    aura mûri dans la matrice du Temps nous ne nous
    plaindrons pas.
    Où, oh où sont
    les hommes aux allumettes
    la mèche pour brûler la neige
    qui gèle les désirs esquissés vers le ciel ?
    Toi qui as avalé tes couilles pour un peu d’or
    beau de loin mais loin d’être beau
    parce que teint du pus sorti des ampoules de ton frère
    Toi qui te traînes plus bas qu’un serpent sur son ventre
    parce que tu as englouti ta conscience
    et vendu ta sœur à des salauds sans âme
    Toi qui as délavé jusqu’au tréfonds l’esprit de ta fille
    jusqu’à ce qu’elle porte des monstres au cerveau blême
    Toi qui as blanchi le sexe de ton fils
    Jusqu’à ce qu’il bave dans la boue d’une iniquité aux yeux de missionnaire
    Toi qui te caches derrière l’ombre de l’hypocrisie institutionnalisée de ton maître
    Ton âme gourde d’être à genoux
    pour attraper les miettes qui tombent de la table de ton maître
    avant que de courir empoisonner ta propre mère.
    Toi et ton rictus forcé toi qui dis toujours à tes maîtres
    Moi j’ai un passé glorieux… j’ai du rythme…
    Moi j’ai ci… moi j’ai ça…
    Ne sais-tu donc pas que je connais tous tes mensonges ?
    Le seul passé que je connaisse c’est la faim non assouvie
    Le seul passé que je te connaisse c’est suer sous le soleil
    et recevoir dans ton ventre vide un coup de pied
    de ton maître dont la panse est bien tendue
    et le rythme ne remplit pas un estomac vide
    Qui sommes-nous ? Toute la nuit j’écoute le rêve
    qui monte comme la marée.
    Je brûle de trancher des gorges
    et de teindre la vague du sang des méchants
    en sacrifice aux dieux.
    Oui, la douleur est lovée autour des choses
    Où sommes-nous ? Le souvenir…
    Et tous ces mensonges durant toutes ces années !
    Toi aussi là-bas tu as déplacé le cauchemar
    l’écume éternellement à la bouche
    clamant ta colère éternellement…
    Simple formalité car ta vue est teinte de neige.
    Qu’a donc à faire ma faim avec un sacré poème ?
    Ce vent que tu entends c’est la naissance du souvenir.
    Quand l’instant aura mûri dans la matrice du temps
    Les paroles ne seront pas artifice.
    Le seul poème que tu entendras sera la pointe de la lance
    tournant dans la moelle perforée des méchants ;
    l’enfant du pays se débarrasse du temps dansant
    comme un fou aux rythmes retrouvés du désir
    qui se fondra dans le souvenir.

     

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    KEORAPETSE  KGOSITSILE


    Poète et militant politique sud africain

     

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    keorapetse2

    KEORAPETSE  KGOSITSILE

     

     

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    On dit
    Que des barques paraissent dans le ciel
    Et que, de quelques-unes,
    La longue chaîne de l'ancre peut descendre
    Vers notre terre furtive.
    L'ancre cherche sur nos prairies, parmi nos arbres,
    Le lieu où s'arrimer,
    Mais bientôt un désir de là-haut l'arrache,
    Le navire d'ailleurs ne veut pas d'ici,
    Il a son horizon dans un autre rêve.

     

    (...)

     

    Il advient, toutefois,
    Que l'ancre soit, dirait-on, lourde inusuellement,
    Et traîne presque au sol et froisse les arbres,
    On l'aurait vue se prendre à une porte d'église,
    Sous le cintre où s'efface notre espoir,
    Et quelqu'un de cet autre monde fût descendu,
    Gauchement, le long de la chaîne tendue, violente,
    Pour délivrer son ciel de notre nuit...

     

    .

     

    YVES BONNEFOY

     

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    WOU-KI3NN

    Oeuvre Zao Wou-Ki

     

     


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  • 05/03/13--05:45: A L'OMBRE DES MOTS...Extrait
  • (...)

     

    Dire je pars et je viens
    chante ne sais d'où au juste
    de vous anéantis
    de vous ressuscités
    d'antan étouffés là réveillés
    écho des voix perdues défaites voix
    remaillées
    plaintes retenues les plaines
    forêts conquises
    bois des berceaux voix des revanches

     

    .

     

    MADELEINE GAGNON

     

    .

     

    ma

     

     

     

     

     


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  • 05/03/13--08:27: HEATHER DOHOLLAU II
  • Dans le jardin échevelé

    Les roses fleurissent
    En haut d'un poirier

    La beauté est un bien

    La peur crée des lieux
    Mémorables
    Habités par des absents
    Comme la mort elle donne
    Le profil des choses
    Et le havre de leur substance

    Reste le rire des roses
    Leurs volutes ardentes

     

    .

     

    HEATHER  DOHOLLAU

     

    .

     

     

    1JOHN LA FARGE

    Oeuvre John La Farge

     

     

     

     

     

     


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  • 05/03/13--09:14: HEATHER DOHOLLAU
  • Allongée, légère
    Adossée à la mort
    Entre les mains
    Le bouquet des heures
    Avec les mots jamais dits
    Encore cachés là
    Au rebord d'un pétale
    Sous un pli de lumière
    Que cela et tout cela
    Un manquement comme bien
    Une faille de la nuit
    Pour amorcer le jour

     

    .

     

    HEATHER DOHOLLAU

     

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    CorotForet

    Oeuvre Camille Corot

     

     


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    Sur la montagne chauve
    il n’y a pas de jardin
    seulement l’herbe coiffée par le vent
    où les nuages serrent de prés
    les courbes dénudées
    par le haut souffle

    Loin en bas    au fond
    du panier des montagnes
    sont les lignes tirées des maisons
    et le portail à jamais fermé
    de la mine où les hommes
    passaient avant leur chute
    gardant cependant espérance

    les lieux de Dante au Pays de Galles
    où dans les verticalités encerclées
    les trois parcours s’y trouvaient
    et seul le ciel a pu échapper
    là où la pointe d’argent de Botticelli
    s’en est allée

     

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    HEATHER DOHOLAU

     

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    LUDWIG KNAUSd

    Oeuvre Ludwig Knaus


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    L'oeuvre poétique laisse en nous une trace d'encre et de lumière qui ne peut être figée : elle garde la fluidité féconde du vivant - ou alors, elle ne compte pas. Nous n'avons pas à l'expliquer, mais à la comprendre, car elle se suffit à elle-même. D'ailleurs, elle refuse de se laisser dire en peu de mots. Nous pouvons tout au plus témoigner ; avec l'espoir de convaincre qu'il est urgent d'aller aux livres

    Il y a, dans le cas particulier d'Heather Dohollau, que les premières pages publiées étaient - sans y prétendre l'aboutissement d'un long chemin intérieur. Je les découvrais centrées sur l'essentiel et comme exemptes de faiblesses. Que cette réussite fût le fait d'une poétesse d'origine galloise ne manquait pas d'interroger d'autant plus fortement qu'il est rare de voir l'usage de la poésie s'accommoder d'une langue qui " n'est pas la langue de la mère ". J'indique ainsi une première singularité de Heather Dohollau : elle écrit en anglais, dès l'enfance et jusque dans les années soixante, des poèmes qu'aimait Henri Thomas, qui fut aussi le lecteur de ses premiers essais poétiques en français. Ces derniers constitueront Seule enfance, son premier recueil. Nous sommes en 1978. Quatre ans plus tôt - et ce n'est pas un hasard -, elle a confié au Centro Studi R.M. Rilke, à Duino, une monographie - Les cinq jardins - qui donne son titre au dernier livre publié.

    Une particularité de l'oeuvre me paraît être le corollaire de cette entrée tardive en poésie française : le livre inaugural, de dimensions modestes, contient en germe les thèmes majeurs et les préoccupations récurrentes des futurs écrits. D'une manière non fortuite, car Heather Dohollau ne tâtonne pas. Elle traduit d'entrée de jeu sa volonté de faire face en posant les questions les plus nues : " D'où part le cri / Quel est le tir, la cible " ? (Michaël Bishop note pertinemment à ce sujet que " nous comprenons que ce cri et les flèches qui seront évoquées plus tard révèlent un souci de la logistique de l'être : son origine, sa trajectoire, son intentionnalité"). Le recueil apparaît ainsi comme une orée bien dégagée, qui rend lisible la forêt. Il constitue le modèle à la fois fragile et cohérent d'une oeuvre capable d'advenir pleinement. C'est déjà beaucoup quand tant de tentatives échouent à définir une aire crédible. À partir de là, on peut s'interroger sur la cause de l'investissement inouï qu'une telle expérience implique. Et la trouver, précisément, dans une enfance unique, heureuse et bercée de livres, qui pressent l'invisible comme une chance d'équilibre ; dans une enfance troublée déjà par le sentiment d'une privation liée à la fuite du temps, qui dérobe en passant la réalité, dont il ne resterait rien si les mots échouaient à la retenir. La part du réel défaillant ailleurs dit " peu sûr " - est ainsi très tôt entrevue. Elle ne donnera pas champ libre à l'imaginaire ; sa fonction est d'ordonner une urgence, d'instaurer une responsabilité, de délimiter l'espace premier, fût-il vide, d'une manière telle qu'il devienne impossible de le perdre, quoi qu'il arrive, même si, dès L'adret du jour il est question de réunir ses "traits épars", selon Novalis. (En effet, s'en tenir au seul recensement serait déjà admettre l'idée de la perte du paradis ; ce qui semble foncièrement étranger à la démarche positive de Heather Dohollau).
    Le monde est réel "dans l'entre-deux" seulement. La fonction du vide, ouvert par ce qui passe, est de porter en avant (" Vivre, c'est parcourir un espace ") et de créer le besoin, qui ne peut être satisfait, de "vivre entre les bords du temps comme dans une coupe ". Il ne s'agit pas d'habiter ; ce serait nier ou, du moins, entraver le mouvement d'adhésion si caractéristique de la poésie de Heather Dohollau - qui dit d'ailleurs de sa maison qu'elle est " celle dont chaque instant est le seuil ", esquissant ainsi une poétique dont on ne s'étonne pas qu'elle ait attiré l'attention d'Yves Bonnefoy. Il s'agit de faire face en se souvenant. D'où cette constatation :
    Aime ce que tu aimes
    Est la loi qui révèle
    La distance vraie
    Entre regard et mémoire,
    La mémoire, ainsi, n'altère ni ne compromet le ferme dessein de se tenir, précisément, sur le seuil, dans l'ici et le maintenant. Tel est le lieu véritable de cette parole et son attache ontologique, puisqu'il offre une chance de " restituer la présence absente ", une présence qui, venant sans cesse au-devant, nous constitue. Tel est son centre, puisqu'aussi bien " nous sommes faits de ce qui est autour de nous ".
    Si la finalité que la poétesse assigne à l'écriture est de capter ce qui peut l'être par les mots, pour retenir ce qui passe, elle est aussi (et peut-être même surtout) de permettre de voir "ce qui reste à l'extérieur, qui vient s'appuyer contre la vitre du texte". Le poème, en quelque sorte, facilite la vision, rend possible l'accueil et la sauvegarde, par un acte conscient. Et cette attitude exprime une force qui ouvre et dégage un espace, plus qu'elle ne sollicite une réponse. Elle parvient aussi, par une inversion significative de l'approche (elle entraîne les êtres et les choses du " visible vers l'invisible d'une terre sans faille "), à dépasser l'attention inhibée face à la présence offerte et à revendiquer " le droit à l'éphémère de ce qui dure ".
    Une originalité essentielle de l'oeuvre doit encore être signalée impérativement -faute de pouvoir multiplier ici les perspectives. Elle tient à la conversation constante que Heather Dohollau entretient au coeur même du poème, dans la proximité des textes et la reconnaissance active des lieux (Venise, Sils-Maria, Soglio, Orta), avec quelques grands pairs (Hôlderlin, Rilke, Jouve, Pavese, Tsvetaeva, Akhmatova, parmi d'autres) comme avec des peintres, dont l'usage a fonction d'exercer et d'ajuster le regard " sur la balance de l'être " (Morandi, Balthus, Bonnard, Cézanne, Music, Poussin, pour m'en tenir à ceux dont la présence est comme un fil rouge de recueil en recueil). Comme elle le dit elle-même, " il s'agit moins d'illustrer une démarche que de cerner un regard ", ajoutant : " Nous écrivons souvent par les interstices dans les oeuvres des autres ". Il y a là comme une basse continue soutenant le chant libre d'une oeuvre qui (c'est l'occasion de le relever) ménage une place constante à la musique, quand bien même elle y fait peu souvent référence explicite.
    Le dialogue est une chance que se donne la parole sereine de Heather Dohollau. Il l'accroît en l'autorisant à créer ses traces, en la portant vers la lumière, en la détournant de l'obscurité. Alors, dans la mouvance du monde, l'absence, la mort même, sont tenues pour preuves. Et le vide désirant apparaît comme une chance de plénitude. Le combler est un acte d'amour accompli par la quête des signes et qui invente le " geste qui sauve en liant tout au tout". J'aime que dans La terre âgée cet élan tende à restaurer " le sens / D'une gamme de l'être". Car, dans le désarroi du monde, il n'y a pas plus noble dessein, plus nécessaire entreprise. Et seule la poésie, hors de tout dogme, peut cela.


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    PIERRE-ALAIN TÂCHE

    Champ Libre (Poésie 97 n° 68 / juin)
     
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    chagall-fenetre-sur-lille-de-brehat3

    Oeuvre Marc Chagall
     
     
     
     

     


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  • 05/03/13--13:58: 1er MAI
  • Au pique-nique du diable, pour voler plus haut, les corbeaux s’habillent chouettes. Au festin des vautours, les grands becs volent à la tire et repartent, notre avenir sous le bras. Le chacal et le cobra s’accusent, mais chacun chez soi ! La soie pour les uns et la dèche pour les autres.

    Dans sa toile, Marine tricote au point de croix. Au tire, tire, sur le fil c’est l’avenir qui se défile. Un point à l’endroit, un point à l’envers et tous en enfer. Les grands argentiers font école, ils distribuent les A+ les A-, les bons points et les dividendes. Partout, les banquiers font leur cuisine, soufflent le chaud, soufflent le froid, nous gardent en dessert, se sucrent et nous roulent dans la farine. Partout l’ivrogne des tristesses est aux abois mais sa coupe est vide. Sur tv propagande le langage bien nippé ne fait pas la belle âme mais fait les beaux discours. Il y a un air de déjà vu et du noir dans le ciel.

    C’est jour de fête chez les grands chefs mais nous sommes tous au pied du mur. Pas de profit pour qui n’est pas Net, les disquaires virginaux sont mis à pied, la culture se fait chez Trust. Les hauts fourneaux noient leurs larmes, le travail s’échine. Les autres s’en iront faire le pied de grue devant les bras cassés et les pieds beaux de la bourse du travail. De Tunis à Damas les printemps font leurs ravages et Berlin parade. Les dés sont pipés, au casino de la vie les bandits-manchots ne passent plus la main, l’argent ça va ça vient. Les martins tricheurs jouent à triste ou pleure. Mais ceux qui pleurent sont toujours les mêmes. Parfois les boute-entrain sont pris la main dans le sac mais les bourses sont vides. Rien ne va et mon chat fait crise mine. Partout les rats grignotent la liberté, c’est un temps de jachère où le civisme ne fait plus recette. Les pleins d’oseille ne tirent plus à la courte paille. À paye ou part, comme à pique tout et pas de cœur, ils iront à Néchin. Ceux qui chôment, ceux qui triment, ceux qui pleurent et dépriment, pointeront aux caisses de la désespérance. C’est un temps de coquins où les requins tirent à boulets noirs sur les poissons roses.

    A Nice comme ailleurs et en hiver, le capital et le ciel ont leurs fuites. Sans crier gare, la Gare du Sud a plié bagages, les rêves de ma jeunesse sont en voyage,  je marche à l’ombre de matins où le bonheur devient sectaire, j’attends que le soleil revienne.

     

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    JEAN-MICHEL SANANES

     

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    jaya 55

    Oeuvre Jaya Suberg

     

     

     

     


     


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  • 05/04/13--02:39: JE CHERCHE UN LIEU
  • Je cherche un lieu pour le repos de la couleur.

    Peut-être : un toit couvert d’ardoise
    en charge de la nuit qui veille
    et qui l’imprègne, en profondeur.

    Le bleu, de l’intérieur, y sommeille et consent.

     

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    PIERRE ALAIN TÂCHE

     

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    MARIA D VV

    Oeuvre Maria Dolores Cano

     

     


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  • 05/05/13--11:17: NAVIGATEUR SOLITAIRE
  • À présent, chaque mille que je naviguerai vers l’ouest
    m’éloignera de tout. Pas le moindre signe
    de vie : ni poissons, ni oiseaux, ni sirènes,
    ni cafard zigzaguant sur la couverture.
    Seulement l’eau et le ciel, l’horizon détruit,
    la mer, qui chante toujours comme moi la même chanson.
    Ni poissons, ni oiseaux, ni sirènes,
    ni cette étrange conversation sur la sentine
    que perçoit l’oreille aux heures de calme.
    Seulement l’eau et le ciel, le roulis du temps.
    La nuit, l’étoile Achernar apparaît sur la proue ;
    entre les haubans, Aldébaran ; à tribord,
    un peu plus haut que l’horizon,
    le Bélier. Alors j’amène, je dors. Et le néant,
    avec délicatesse, vient manger dans ma main.


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    HORACIO CASTILLO

     

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    CAST

     


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  • 05/05/13--11:49: PRIERE
  • Mon Dieu ! si plus tard un jour je suis faible,
    Si, perdant ma solitude aimée,
    Je cède à mon désir de gloire
    Et que de moi se détache ce qu’on appelle un livre, –
    Mon Dieu ! que ce ne soit pas un livre de vacances, un livre de plage :
    Un livre que des gens riches prennent pour passer le temps
    Ou être au courant,
    Mais qu’un jeune homme le soir en sa chambre solitaire
    Le lise avec toute son âme,
    Qu’ayant souffert tout le jour des gens trop bêtes
    et de la vie trop rude,
    Blessé dans sa chair et dans son cœur, –
    Il me prenne, moi,
    Comme la coquille où l’on entend la mer,
    Pour le mener en la nuit heureuse
    Où vous l’attendez.
    Mon Dieu ! que ce jeune homme m’aime,
    Qu’il ait le désir de me serrer les mains,
    Qu’il m’appelle son ami, –
    Qu’en lui il y ait joie !

     

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    GUILLEVIC

     

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    LI

     

     

     

     


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  • 05/05/13--12:21: MATIERE DE LUMIERE...Extrait
  • Le vrai incroyable
    La présence d'un feu, un lit, un jardin
    L'ombre en tête d'oiseau de la plume
    N'est pas plus fidèle
    Que ces lieux où nous vivons
    Par la caution des choses
    La table, les chaises, les fleurs
    Dans l'eau des heures
    L'espace partagé
    Où en tendant la main
    Nous poussons la porte du présent
    Et le regard s'arrondit comme un fruit

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    HEATHER DOHOLLAU

     

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    PIERRE BONNARD2

    Oeuvre Pierre Bonnard

     

     


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    « Je vous écris de mes lointains, d’un horizon empli du sel des embruns ; je vous écris avec l’encre des souvenirs, de la pluie sur la joue, de la tendresse dans les lignes des mains. La saison sombre est à son comble ; les hurlements de la houle frappent sans fin la drisse de l’ouvrage. En secret, des îles me font escorte. Un feu s’allume sur la falaise… Gouttes en sourdine sur le caillebotis des mots, notes épinglées au fil des nuages. J’écris sans trouble des mots qui filent avec les ailes du silence. Ouvert à l’inconnu, j’accepte d’être dessaisi et dépassé. J’aime consentir à la voix des prémices. J’entends maintenant l’équinoxe glisser sur la peau de mes mains crevassées où pique le sel des embruns. »

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    JEAN-PIERRE BOULIC

     

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    Zao Wou-ki'NN

    Oeuvre Zao Wou-Ki

     

     

     

     


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  • 05/07/13--07:39: ENFANCE
  • ...C est à la lune qu'elle doit ses plus belles rêveries, la lune qui lui renvoyait les reflets d'êtres absents, qui lui souriait pour la ravir, qui s'assombrissait pour lui signifier son mécontentement et l'aidait à renouer avec le monde nouveau qui l'entourait. Une longue convalescence l'attendait....elle était cassée.

    (...)

    Fini c'était fini, plus jamais la Tour de César ferait écho à ses cris, plus jamais on ne la trouverait pas lorsqu'elle se cachait derrière les clapiers, plus jamais les tomates, les pétales de géraniums sur les ongles, plus jamais elle ne lèverait la petite écluse qui donnait à boire à la terre, elle n'entendrait plus les Coquillat hurler après leurs enfants, non plus le carillon qui rythmait la vie de la maison, et ce vilain coq en barbotine ne l'effraierait plus, les poules, les lapins, les arbres, les poussins adorés, la balançoire, les deux petites fontaines , et l'odeur de la campagne les matins de pluie...le "dehors ", le"dedans" tout allait être fini.

     

     

     

     ...Le manteau rouge de sa mère est devenu noir et ce fut le temps des colonies de vacances......


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    JOSIANE

     

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    JOSS2

     


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