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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 05/07/13--13:17: ET QUE MA JOIE DEMEURE !
  • "Adoptés par l'ouvert, poncés jusqu'à l'invisible,

    nous étions une victoire qui ne prendrait jamais fin."

    RENE CHAR,

    Fureur et Mystère, Les premiers instants,

     

    .

     

    Ebloui par d'aveuglantes éclaircies, - j'avance.

     

    A rebours de l'hiver cinglant en plein été. Tu es ronces, orties, chardons, épines des rosiers.

    - Là où d'autres ne voient que beauté de la rose, tu regardes avec effroi le sang des épines.

    Sur la route de l'inconnaissable: - ton chemin. " - Pauvres de nous ! dit-il. - Qu'allons-nous devenir ? "

    Non, la poésie n'est pas refuge. C'est un fleuve ! C'est un extatique devenir de feux roulants.

    Or mes yeux de griot ne s'ouvrent que la nuit. Non, je ne regarde pas, mais je peux transpercer.

    - Ah ! Laves incandescentes, voyez mes yeux de nuit ! - Feux et allant vers, ô force, rythmes et courants. J'entends la flamme des cuivres, dansent les tambourins. L'odeur du maquis flambe, sur le corps, mille couleurs. Nuit d'éclairs où seule la vision emporte. - Ah ! mes divines pulsions, rires aux éclats dorés.

     

    Le chant du rossignol est plus fort que les armes. S'il s'efface au présent, face au brutal poids des armes, il triomphe des massacreurs, des génocideurs. - Minuit. Le vent est tompbé. Comme le feu. Passé. Nous allons dans les larmes, - vers d'obscurcis vertiges. Reculons l'indicible jusqu'à l'infini ! Inversons les valeurs, réaffirmons la vie dans ce qu'il y a de vie.

    - A contre-mort ! Contre tous les déterminismes accablants, les nouvelles possibilités du vivre. - La liberté. - La porte s'ouvre. - La nuit grillonnée. - L'énigme !

     

    .

     

    SERGE VENTURINI

    " Eclats d'une poétique de l'approche de l'inconnaissable - Livre VI

    ( 2010-2013 )

    Editions L'Harmattan

     

    .

     

    VALERIE WALSER-RICHIERI2

    Oeuvre Valérie Walser-Richieri

    http://www.valerie-walser-richieri.weonea.com/galerie/13709/

     

     

     


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  • 05/08/13--09:04: VA PETIT HOMME
  • Va petit homme

    Dans les cours d’école

    Où ne s'apprend plus le rêve

    Dans le cœur des hommes

    Où l’on oublie l’amour

     

    Va petit homme

    Joue du buvard à sécher les  larmes

    Couds et recouds des mots médecine

    Des sparadraps panse-mémoire

     

    Va petit homme  

    au tic et au tac de la mauvaise heure

    Arrache l’herbe noire du chagrin

    Éfface les rancunes de la vieille horloge

     

    Va petit homme

    Dans le vent triste de l’Histoire

    Où grandissent nos enfants

    Et sur les trop tard de mes pas

     

    Marche petit homme

    et plante la graine de l’espoir.

    .

     

    JEAN-MICHEL SANANES

     

    .

     

    cé

     

     

     

     


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  • 05/08/13--09:56: DU RENFORT
  • Du renfort pour le peuple tunisien qu'il ne sombre pas
    Dans l’horreur semée par les extincteurs de l'humanité
    Ces diaboliques chantant la mort comme divinité suprême

    Du renfort pour le peuple tunisien sourcier des eaux fécondes
    Abreuvant les sillons de libertés ensoleillées
    Refusant les mains sales qui fredonnent la joie des ténèbres

    Du renfort pour le peuple tunisien fardé de pigments d’espérances
    Se nourrissant dans l'azur du ciel qui réanime les bouts de vies
    Et offre l'éclat du jour à la cénesthésie de l'Homme libre

     

    .

     

    KAMEL YAHIAOUI

     

    .

     

    KAMEL YAHIAOUI2

    Oeuvre Kamel Yahiaoui

     


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    Même si tu n’es pas là, mes yeux
    de toi, de tout, sont remplis.
    Tu n’es pas née à une seule aube,
    à un seul couchant je ne suis pas mort.
    Le monde est plein de toi
    et nourri, le cimetière
    de moi, par toutes les choses,
    de tous les deux, par tout le peuple.
    Dans les rues je vais laissant
    quelque chose que je ramasse :
    morceaux de ma vie
    perdus depuis longtemps
    Je suis libre dans l’agonie
    et je me vois encabané
    dans les seuils resplendissants,
    resplendissants de naissances.
    Tout est plein de moi :
    de quelque chose qui est à toi et souvenir
    perdu, mais retrouvé
    quelques fois, quelques temps.
    Temps qui reste derrière
    résolument noir,
    d’un rouge indélébile,
    doré sur ton corps.
    Tout est plein de toi,
    transpercé de tes cheveux :
    de quelque chose que je n’ai pas obtenu
    et que je cherche entre tes os.

     

    .

     

    MIGUEL HERNANDEZ

    Traduction Jean-MarcUndriener

     

    .

     

    miguel

     

     

     

     


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  • 05/09/13--07:09: AGNES SCHNELL
  • Un jour grignoté
    sans transparence

    chants d’oiseaux perdus
    soupirs de la terre submergée

    toute la nuit
    la pluie a chanté
    mille doigts d’eau
    ont pénétré mon sommeil…

    .

     

    AGNES SCHNELL

     

    .

     

    KOSON 4,,

    Oeuvre Ohara Koson

     

     

     

     


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  • 05/09/13--11:59: BRUNO RUIZ
  • Homme hésitant
    Homme d'ondée
    Creuse la mer
    Jusqu'au désert

    Sois l'évident
    Cercle fermé
    Dans le concert
    De l'univers

    Homme hésitant
    Dans tes forêts
    Cherche dans l'air
    Le chemin clair

    La part du temps
    De nos aimers
    Pèse l'amer
    Poids de l'hier

    Homme hésitant
    Homme d'ondée
    Creuse la mer
    Jusqu'au désert

     

    .

     

    BRUNO RUIZ

     

    .

     

    BRUNO

     

     

     


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    Aujourd’hui mon amour je suis trop fatigué pour t’écrire. Tu trouveras dans ton cœur une lettre de plusieurs pages, remplie de silence. Lis-la lentement. La lumière de ce jour l’a écrite en mon nom. Il n’y est question que de toi et de ce repos qui me vient chaque fois que je tourne mon visage vers ton visage, là-bas, à plusieurs centaines de kilomètres.

    Il faudrait accomplir toutes choses et même les plus ordinaires, surtout les plus ordinaires – ouvrir une porte, écrire une lettre, tendre une main – avec le plus grand soin et l’attention la plus vive, comme si le sort du monde et le cours des étoiles en dépendaient, et d’ailleurs il est vrai que le sort du monde et le cours des étoiles en dépendent.

    Nous envoyons notre ombre en ambassade, loin devant nous. Nous la regardons parler à d’autres ombres, leur serrer la main et parfois se battre avec elles. Nous regardons tout ça de loin et le réel n’entre que pour peu dans nos vies – dans l’effraction d’une joie ou d’une douleur auxquelles nous commençons par refuser de croire.

    La certitude d’avoir été, un jour, une fois, aimé– c’est l’envol définitif du cœur dans la lumière.

     

    .

     

    CHRISTIAN BOBIN

     

    .

     

    LET

     


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  • 05/10/13--13:44: MA SOLITUDE
  • Ma Solitude est une Princesse de Bordel
    Elle a une couronne d’aubépine
    Et des roses sur la poitrine
    Elle a un sexe de géranium
    Elle a des plaintes d’harmonium
    Ma Solitude est une Putain fière
    Parfumée de dentelle ancienne
    Prise au piège des prières
    Elle offre un baiser sur les lèvres
    A un mendiant pour une aumône
    Ma Solitude est préposée aux Portes du Palais
    Elle est perdue dans les couloirs
    Fleurie de lys et d’hortensias
    Mille étoiles percent ses paupières
    Mille battements d’ailes chavirent son coeur
    Ma Solitude est une Vierge crucifiée
    Parée de mille fleurs exfoliées
    Et je lui chante des louanges
    Dans le bleu des cierges incendiés

     

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    MICHELE VOLTAIRE MARCELIN

     

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    Masson - l'origine du monde2

    Oeuvre André Masson

     

     

     

     

     


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  • 05/11/13--12:45: SERGE VENTURINI
  • Réapprendre à aller voir, ce que nous ne savons plus regarder, ce que nous ne savons plus VOIR, - que nous
    ne voyons même plus. Vivifier l'or de l'enfance nue dans le regard, dévêtir la vision de tous ses oripeaux. Lors de cette mise à nu, le transvisible apparaît dans tous ses éclats. Et c'est alors que nous franchissons le pont de la vision, vers les pentes de la rêverie. Même si la transparence de l'invisible n'est jamais atteinte, mais seulement approchée, il demeure essentiel de désagrafer l’œil du conformisme, cet immobilisme suffoquant qui accable l'esprit dans son envol à perte de vue, loin de toute pesanteur. Or, la danse musicale et la grâce des corps ne s'obtiennent pas. - Elles se réalisent ou ne se réalisent pas.

     

    .

     

    SERGE VENTURINI


    " Eclats d'une poétique de l'approche de l'inconnaissable - Livre VI
    ( 2010-2013 ) Editions L'Harmattan

     

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    442px-Leonardo_-_St

    Oeuvre Léonard de Vinci

     


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    Les Parfums, les Couleurs, la tendresse de vivre,
    Le mois vierge baigné de souffles et d'encens,
    L'enluminure d'or aux marges du Vieux Livre,
    O mon âme, c'est dans ton cœur que je les sens.
    Le désir qui palpite à travers la nature
    Et s'élance en festons étoilés dans les bois,
    Je le sens frissonner parmi ta chevelure
    Et je le vibre entier, rien qu'à serrer tes doigts.

    .

     

    ALBERT SAMAIN

     

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  • 05/12/13--12:16: MENSONGE
  • Ils m’ont menti, ceux qui m’ont dit un jour je serais plus tranquille.
    Ils m’ont trompée.
    Rien ne meurt avec l’âge.
    Ni l’envie d’amour, ni celle des baisers.
    Et mon coeur fou me fait parfois oublier ce corps encombrant alourdi par les ans.
    Si facilement séduit pourtant, si passe de trop près, un homme aux yeux trop doux.
    Et je tressaille du même désir, cent fois retrouvé, quand un danseur me chavire, ses doigts agrafés à mon cou.
    Quelle chaleur soudain m’envahit à un éclat de rire?
    Me donne envie de mordre à pleines dents ces lèvres heureuses?

    Ils m’ont menti.
    Je ne fais deuil de rien.
    J’ai dans mes jambes des envies de courses à perdre haleine
    dans les broussailles inondées de soleil, vert et ciel mélangés, cheveux défaits, épaules nues au vent.
    Des envies de culbutes aux membres emmêlés.
    De baisers dont la saveur serait celle de la pulpe des mangues, et m’empliraient la bouche de leur sirop de miel.
    D’une langue qui aurait la fraîcheur de l’eau d’une fontaine.
    J’ai des envies de sexes durs comme du verre.
    Des envies de peau chaude et d’aisselles dont je lècherais le sel, et plus bas encore dans l’odeur de fougère.
    Je rêve à la brûlure si douce du sable à la plante des pieds.
    Du cri arraché au plaisir comme celui de l’oiseau soudain désencagé.
    J’ai dans mes mains des envies de caresses, dans mes oreilles le doux gémir qui suit une nuque frôlée.

    Et vous passez sans me voir, laissant flotter autour de moi votre parfum de bête libre.
    Sans savoir que mes yeux vous ont déjà appuyé contre ce mur, et mes bras cadenassé votre corps.
    Que je vous ai de la tête aux pieds, comme une menthe, sucé.
    N’avez-vous pas senti mes doigts dans vos cheveux?
    Et du plus loin que je me garde, très loin de vous, lorsque je vous regarde, ne sentez-vous pas cette jouissance qui roule en moi?

    Vous ne savez donc pas qu’ils m’ont menti,
    ceux qui m’ont dit un jour, je serais plus tranquille?

     

    .

     

    MICHELE VOLTAIRE MARCELIN

     

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    le-titien-couple-enlace2

    Oeuvre Tiziano Vecellio dit Le Titien

     

     

     

     

     

     


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  • 05/12/13--12:38: DEFENDRE LA JOIE
  •  

    Défendre la joie comme une tranchée
    la défendre du scandale et de la routine
    de la misère et des misérables
    des absences transitoires
    et définitives

    défendre la joie comme un principe
    la défendre de la stupéfaction et des cauchemars
    des neutres et des neutrons
    des douces infamies
    et des graves diagnostics

    défendre la joie comme un drapeau
    la défendre de la foudre et de la mélancolie
    des naïfs et des canailles
    de la rhétorique et des arrêts cardiaques
    des endémies et des académies

    défendre la joie comme un destin
    la défendre du feu et des pompiers
    des suicides et des homicides
    des vacances et de l’accablement
    de l’obligation d’être joyeux

    défendre la joie comme une certitude
    la défendre de l’oxyde et de la crasse
    de la fameuse patine du temps
    de la fraîcheur et de l’opportunisme
    des proxénètes du rire

    défendre la joie comme un droit
    la défendre de dieu et de l’hiver
    des majuscules et de la mort
    des noms et des pitiés
    du hasard
    et aussi de la joie.

     

    .

     

    MARIO BENEDETTI

     

    .

     

    JOIE

     

     


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     Et les violettes elles-mêmes, écloses par magie dans l'herbe, cette nuit, les reconnais-tu ?

    Tu te penches, et comme moi tu t'étonnes ; ne sont-elles pas, ce printemps-ci, plus bleues ? 

    Non non, tu te trompes, l'an dernier je les ai vues moins obscures, d'un mauve azuré,

    ne te souviens-tu pas ?... 

    Tu protestes,
    tu hoches la tête avec ton rire grave,
    le vert de l'herbe neuve décolore l'eau mordorée de ton regard... 

    Plus mauves... non, plus bleues... 

    Cesse cette taquinerie ! 

    Porte plutôt à tes narines le parfum invariable de ces violettes changeantes et regarde comme moi ressusciter et grandir devant toi les printemps de ton enfance...

     

    Plus mauves… non, plus bleues… Je revois des prés, des bois profonds que la première poussée des bourgeons embrume d’un vert insaisissable, – des ruisseaux froids, des sources perdues, bues par le sable aussitôt que nées, des primevères de Pâques, des jeannettes jaunes au cœur safrané, et des violettes, des violettes, des violettes… Je revois une enfant silencieuse que le printemps enchantait déjà d’un bonheur sauvage, d’une triste et mystérieuse joie… Une enfant prisonnière, le jour, dans une école, et qui échangeait des jouets, des images, contre les premiers bouquets de violettes des bois, noués d’un fil de coton rouge, rapportés par les petites bergères des fermes environnantes… Violettes à courte tige, violettes blanches et violettes bleues, et violettes de coucou anémiques et larges, qui haussent sur de longues tiges leurs pâles corolles inodores… Violettes de février, fleuries sous la neige, déchiquetées, roussies de gel, laideronnes, pauvresses parfumées… Ô violettes de mon enfance ! Vous montez devant moi, toutes, vous treillagez le ciel laiteux d’avril, et la palpitation de vos petits visages innombrables m’enivre…

     

    .

     

    COLETTE

     

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    ELEONORE ESCALIER2

    Oeuvre Eléonore Escalier

     

     

     


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  • 05/12/13--15:35: MER DU PARADIS
  • Me voici face à toi, mer, encore...

    La poussière de la terre sur les épaules,
    encore imprégné de l'éphémère désir épuisé de l'homme,
    me voici, lumière éternelle,
    vaste mer infatigable,
    ultime expression d'un amour sans limites,
    rose du monde ardent.

    Lorsque j'étais enfant,
    c'était toi la sandale si fraiche à mon pied nu.
    Une blanche montée d'écume au long de ma jambe
    doit m'égarer en cette lointaine enfance de délices.
    Un soleil, une promesse
    de bonheur, une félicité humaine, une candide corrélation de
    lumière --
    avec les yeux d'autrefois, de toi, mer, de toi, ciel,
    régnaient, généreux~ sur mon front ébloui,
    étendant sur mes yeux leur immatérielle mais accessible palme,
    éventail d'amour ou éclat continu
    qui imitait des lèvres pour ma peau sans nuages.

    Au loin la rumeur pierreuse des sombres chemins
    où les hommes ignoraient leur fulguration vierge encore.
    Pour moi, enfant gracile, l'ombre du nuage sur la plage
    n'était pas le pressentiment menaçant de ma vie dans sa
    poussière,
    ce n'était pas le contour bien précis où le sang un jour
    finirait par se figer, sans éclair, sans divinité.
    Comme mon petit doigt, plutôt, tandis que le nuage suspendait
    sa course,
    je traçai sur le sable fin son profil ému,
    et j'appuyai ma joue sur sa tendre lumière transitoire,
    tandis que mes lèvres disaient les premiers noms d'amour:
    ciel, sable, mer...

    Le grincement au loin des aciers, l'écho tout au long des arbres
    fendus par les hommes,
    c'était pour moi là-bas un bois sombre mais beau.
    Et mes oreilles confondaient le contact blessant de la lèvre
    crue,de la hache sur les chênes
    avec un implacable baiser, sûrement d'amour, dans les branches.

    La présence de poissons près du bord, leur argent nubile,
    l'or non souillé encore par les doigts de personne,
    la glissante écaille de la lumière, c'était comme un éclat dans
    les miens.
    Jamais je ne serais cette forme fuyante d'un poisson dans
    toute sa beauté,
    la resplendissante liberté des êtres,
    ni ne menaçais une vie, parce que j'aimais beaucoup: j'aimais
    sans connaître l'amour; je vivais seulement...

    Les barques qui au loin
    confondaient leurs voiles avec les crissantes ailes des mouettes
    ou laissaient une écume pareille à des soupirs légers,
    trouvaient dans ma poitrine confiante un envoi,
    un cri, un nom d'amour, un désir pour mes lèvres humides,
    et si je les voyais passer, mes petites mains se levaient
    et gémissaient de bonheur à leur secrète présence,
    devant le rideau bleu que mes yeux devinaient,
    voyage vers un monde promis, entrevu,
    auquel mon destin me conviait avec très douce certitude.

    Sur mes lèvres d'enfant chanta la terre; la mer
    chantait doucement fouettée par mes mains innocentes.
    La lumière, faiblement mordue par mes dents très blanches,
    chanta; sur ma langue chanta le sang de l'aurore.

    Tendrement dans ma bouche, la lumière du monde m'illuminait.
    Toute la montée de la vie grisa mes sens.
    Et les bois murmurants me désirèrent parmi leurs verts feuillages,
    car la lumière rose était le bonheur dans mon corps.

    C'est pourquoi aujourd'hui, mer,
    la poussière de la terre sur les épaules,
    encore imprégné de l'éphémère désir épuisé de l'homme,
    me voici, lumière éternelle,
    vaste mer infatigable,
    rose du monde ardent
    .Me voici face à toi, mer, encore...
     
    .
     
     
    VICENTE ALEIXANDRE
     
    .
     

    or-liquide-2


     


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     Démon, ô toi mon frère, mon semblable,
    Je t'ai vu pâlir, suspendu comme la lune du matin,
    Caché sous un nuage dans le ciel,
    Parmi les horribles montagnes,
    Une flamme en guise de fleur derrière ta petite oreille tentatrice,
    Et tu blasphémais plein d'un ignorant bonheur,
    Pareil à un enfant quand il entonne sa prière,
    Et tu te moquais, cruel, en contemplant ma lassitude de la terre.

    Mais ce n'est pas à toi,
    Mon amour devenu éternité,
    À rire de ce rêve, de cette impuissance, de cette chute,
    Car nous sommes étincelles d'un même feu
    Et un même souffle nous a lancés sur les ondes ténébreuses
    D'une étrange création, où les hommes
    Se consument comme l'allumette en gravissant les pénibles années de leur vie.

    Ta chair comme la mienne
    Désire après l'eau et le soleil le frôlement de l'ombre ;
    Notre parole cherche
    Le jeune homme semblable à la branche fleurie
    Qui courbe la grâce de son arôme et de sa couleur dans l'air tiède de mai ;
    Notre regard, la mer monotone et diverse,
    Habitée par le cri des oiseaux tristes dans l'orage,
    Notre main de beaux vers à livrer au mépris des hommes.

    Les hommes, tu les connais, toi mon frère;
    Vois-les comme ils redressent leur couronne invisible
    Tandis qu'ils s'effacent dans l'ombre avec leurs femmes au bras,
    Fardeau d'inconsciente suffisance,
    Portant à distance respectueuse de leur poitrine,
    Tels des prêtres catholiques la forme de leur triste dieu,
    Les enfants engendrés en ces quelques minutes dérobées au sommeil,
    Pour les vouer à la promiscuité dans les lourdes ténèbres conjugales
    De leurs tanières, amoncelées les unes sur les autres.

    Vois-les perdus dans la nature,
    Comme ils dépérissent parmi les gracieux châtaigniers ou les platanes taciturnes,
    Comme ils lèvent le menton avec mesquinerie,
    En sentant une peur obscure leur mordre les talons ;
    Vois-les comme ils désertent leur travail au septième jour autorisé,
    Tandis que la caisse, le comptoir, la clinique, l'étude, le bureau officiel
    Laissent passer l'air et sa rumeur silencieuse dans leur espace solitaire.

    Écoute-les vomir d'interminables phrases
    Aromatisées de facile violence,
    Réclamant un abri pour l'enfant enchaîné sous le divin soleil,
    Une boisson tiède, qui épargne de son velours
    Le climat de leur gosier,
    Que pourrait meurtrir le froid excessif de l'eau naturelle.

    Écoute leurs préceptes de marbre
    Sur l'utilité, la norme, le beau ;
    Écoute-les dicter leur loi au monde, délimiter l'amour, fixer un canon à l'inexprimable beauté,
    Tout en charmant leurs sens de haut-parleurs délirants ;
    Contemple leurs étranges cerveaux
    Appliqués à dresser, fils après fils, un difficile château de sable
    Qui d'un front livide et torve puisse nier la paix resplendissante des étoiles.

    Tels sont, mon frère,
    Les êtres auprès de qui je meurs solitaire,
    Fantômes d'où surgira un jour
    L'érudit solennel, oracle de ces mots, les miens, devant des élèves étrangers,
    Gagnant ainsi la renommée,
    Plus une petite maison de campagne dans les inquiétantes montagnes proches de la capitale ;
    Pendant que toi, caché sous la brume irisée,
    Tu caresses les boucles de ta chevelure
    Et contemples d'en haut, d'un air distrait,
    ce monde sale où le poète étouffe.

    Tu sais pourtant que ma voix est la tienne,
    Que mon amour est le tien ;
    Laisse, oh, laisse pour une longue nuit
    Glisser ton corps chaud et obscur,
    Léger comme un fouet,
    Sous le mien, momie d'ennui enfouie dans une tombe anonyme,
    Et que tes baisers, cette source intarissable,
    Versent en moi la fièvre d'une passion à mort entre nous deux ;
    Car je suis las du vain labeur des mots,
    Comme l'enfant est las des doux petits cailloux
    Qu'il jette dans le lac pour voir son calme frissonner
    Et le reflet d'une grande aile mystérieuse.

    Il est l'heure à présent, il est grand temps
    Que tes mains cèdent à ma vie
    L'amer poignard convoité du poète;
    Que tu le plonges d'un seul coup précis
    Dans cette poitrine sonore et vibrante, pareille à un luth,
    Où la mort elle seule,
    La mort elle seule,
    Peut faire résonner la mélodie promise

     

     .

     

     

     LUIS CERNUDA

     

     .

     

    homme-desert

     


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    .

     

    Un site à rappeler

    www.marin56.canalblog.com


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  • 05/19/13--01:27: AGNES SCHNELL
  • Un matin sans mots
    mais tout en vie

    un matin ourlé d’images
    de parois de masques

    contre un matin à l’envers
    qui se traîne
    et se ronge au-dedans.

    Pas de lignes droites
    mais de lentes courbes
    ensemencées de doutes…

    .

     

    AGNES SCHNELL

     

    .

     

    MATIN

    Photographie Alex Saberi

     

     

     

     

     


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    L’odeur brutale
    de la cannelle des jours d’oubli
    traverse le temps.

     

    Toucher ton regard
    dans le silence de la neige.

     

    Étendre les bras, ouvrir les mains, sentir sous le froid
    que par la laine et par le lin
    ta présence est tissée sur les branches les plus hautes.

     

    Un olor a canela bajo enero.

     

    Los días del olvido atraviesan el tiempo.

     

    Tocar tu mirada

     

    en la nieve del silencio.

     

    Blancura de las palmas.

     

    Sentir que por la lana y por el lino
    en el frío se enreda tu presencia
    en las ramas más altas.

     

    Le temps sous janvier
    ce nœud où je vis dans tes mains.

     

    .

     

    LAURENCE BRESSE-CHANEY

     

    .

     

    CELESTIN MESSAGIO 4

    Oeuvre Célestin Messaggio

    http://www.messaggio-c.com

     

     

     

     

     


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  • 05/19/13--11:45: APOTHEOSE
  • La beauté viendra

    Elle apparaîtra

     

    Etincelante

    Imprégnée

    De l’essence des rêves

     

    Et le Verbe te dictera

    Le chant des étoiles

     

    .

     

    FRANCIS PANIGADA

     

    .

     

    ETOILES

     

     


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  • 05/19/13--13:23: NOUS ETIONS TROIS
  • Nous étions trois,

    sous le porche,

    à sucer les mots tiédis de la mère.

     

    Elle avait interdit au ruisseau

    d'aller faire peau neuve

    dans la maison.

    Pour garder bien au sec -disait-elle-

    nos rires, les miroirs et le grand cahier vert.

     

    Dès que midi sonnait,

    on dépliait les chemins.

    Quelques éclats de voix,

    juchés dans le pommier,

    cherchaient à tâtons

    les vieux nids,

    la main calleuse du père.

     

    Les fenêtres invitaient le soleil

    à la danse du poème.

    Hostie sous la langue,

    les mots fondaient,

    déambulaient dans nos veines,

    jusque sous l'écorce du ciel.

     

    L'été glissait,

    s'abreuvant aux mamelles de vent.

     

    La maison, accroupie sur la page,

    sentait le cassis, l'encre violette et la cire d'abeilles.

    De ses doigts, légers,

    elle époussetait ses rides,

    caressait le duvet de l'ange,

    pianotait sur l'étang.

     

    La maison, parfois,

    appareillait pour d'autres visages,

    mais toujours revenait.

     

    Le père, alors, allumait un grand feu.

    La mère en profitait pour faire la lessive,

    repeindre les murs,

    trouver un nom au dernier né des ormes.

     

    Puis elle s'asseyait,

    entre vague et aubier,

    pour que tout le bleu advienne.

     

    Nous étions trois,

    sous le porche,

    à sucer les mots tiédis de la mère.

     

    .

     

    BRIGITTE BROC

     

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    VAN GOGH 2DD

    Oeuvre Vincent Van Gogh

     

     

     

     

     


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