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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 11/22/15--11:35: DYALI
  • pour L.S. Senghor

    le pont de lianes s’il s’écroule
    c’est sur cent mille oursins d’étoiles
    à croire qu’il n’en fallait pas une seule de moins
    pour harceler nos pas de bœuf-porteur
    et éclairer nos nuits
    il m’en souvient
    et dans l’écho déjà lointain
    ce feulement en nous de félins très anciens

    Alors la solitude aura beau se lever
    d’entre les vieilles malédictions
    et prendre pied aux plages de la mémoire
    parmi les bancs de sable qui surnagent
    et la divagation déchiquetée des îles
    je n’aurai garde d’oublier la parole
    du dyali

    dyali
    par la dune et l’élime
    convoyeur de la sève et de la tendresse verte
    inventeur du peuple et de son bourgeon
    son guetteur d’alizés
    maître de sa parole
    tu dis dyali
    et Dyali je redis
    le diseur d’essentiel
    le toujours à redire
    et voilà comme aux jours de jadis
    l’honneur infatigable

    Voilà la face au Temps
    un nouveau passage à découvrir
    une nouvelle brèche à ouvrir
    dans l’opaque dans le noir dans le dur
    et voilà une nouvelle gerbe de constellations à repérer
    pour la faim pour la soif des oiseaux oubliés
    de nouvelles haltes de nouvelles sources

    et voilà
    Voilà
    Dyali

    la patience paysanne des semences à forcer
    et l’entêtement d’une conjuration de racines

    à fond de terre
    à fond de cœur
    à l’arraché du soleil
    blason

     

    .

     

    AIME CESAIRE

     

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    Tomasz-Alen-Kopera

    Oeuvre Tomasz Alen Kopera

     

     

     

     


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  • 11/22/15--12:00: A HURLER
  • Salut oiseaux qui fendez et dispersez le cercle des hérons
    et la génuflexion de leur tête de résignation
    dans une gaine de mousse blanche

    Salut oiseaux qui ouvrez à coups de bec le ventre vrai du marais
    et la poitrine de chef du couchant

    Salut cri rauque
    torche de résine
    où se brouillent les pistes
    des poux de pluie et les souris blanches

    Fou à hurler je vous salue de mes hurlements plus blancs que la mort

    Mon temps viendra que je salue
    grand large
    simple
    où chaque mot chaque geste éclairera
    sur ton visage de chèvre blonde
    broutant dans la cuve affolante de ma main
    et là là
    bonne sangsue
    là l’origine des temps
    là la fin des temps

    et la majesté droite de l’oeil originel.

     

    .

     

    AIME CESAIRE

     

    .

     

    mattias picard

    Oeuvre Mattias Picard


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  • 11/23/15--09:29: ÂGE,VOYAGES ET PAYSAGES
  • Rien ne ressemble plus à l’inspiration
    Que l’ivresse d’une matinée de printemps,
    Que le désir d’une femme.
    Ne plus être soi, être chacun.
    Poser ses pieds sur terre avec agilité.
    Savourer l’air qu’on respire.
    Je chante ce soir non ce que nous devons combattre
    Mais ce que nous devons défendre.
    Les plaisirs de la vie.
    Le vin qu’on boit avec ses camarades.
    L’amour.
    Le feu en hiver.
    La rivière fraîche en été.
    La viande et le pain de chaque repas.
    Le refrain que l’on chante en marchant sur la route.
    Le lit où l’on dort.
    Le sommeil, sans réveils en sursaut, sans angoisse du lendemain.
    Le loisir.
    La liberté de changer de ciel.
    Le sentiment de la dignité et beaucoup d’autres choses
    dont on ose refuser la possession aux hommes.

    J’aime et je chante le printemps fleuri
    J’aime et je chante l’été avec ses fruits
    J’aime et je chante la joie de vivre
    J’aime et je chante le printemps
    J’aime et je chante l’été, saison dans laquelle je suis né.

     

    .

     

    ROBET DESNOS

     

    .

     

    CATHERINE CARBONNEL2

    Oeuvre Catherine Carbonnel

     

     


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  • 11/23/15--10:29: LEILA ZHOUR
  • Je suis éprise d'une libertéétrangère

    venue d'ivresses anciennes

    Elle m'apporte le poivre de plaines sorcières 

    où tout ce qui pousse est fleur de brûlure

    J'ai croisé sa route et l'ai suivie

     

    Des choix s'offrent toujours

    baisers de feu 

    à chaque tentation pour n'en ignorer aucune

     

    Les bras couverts d'un duvet de rapace 

    Mon ventre couvert d'écailles 

    à l'ouest de mon âme je m'étire

    où le regard échappe à l'horizon

     

    Je suis éprise de ce qui n'est à personne

    pauvreté folle - de l'or entre mes mains

    J'en fais des trésors pour aimer

     

    Je suis éprise de ce qui n'a ni prix ni maître

    mon cœur m'échappe 

    toujours plus proche du vide

    à chaque pas plus libre

     

    .

     

    LEÏLA ZHOUR

     

    .

     

    GUY DENNIG

    Oeuvre Guy Denning

     

     


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  • 11/23/15--10:45: HORS JEU...Extrait
  • C'est une absence qui nous accompagne
    un vide
    qui nous approfondit

    c'est l'ombre
    qui a pouvoir d'éclairement
    et mûrit le silence à la lueur des sèves

    c'est un aria inapaisé
    la voix troublante dans sa nudité
    l'accord irrésolu

    qui portent l'invisible chant
    au cœur
    de notre incomplétude désirante.

    .

     

    GILLES BAUDRY

     

    .

     

    ARC EN CIEL NUAGE2


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  • 11/23/15--11:36: LECON DE CHOSES
  • La pensée brève et le cœur en chemin s’exercent à voir, à entendre, à toucher… Nos pas s’étonnent des bavardages du gravier, des bourgeons découverts à l’ombre d’un rosier, des notes volatiles qui fusent du buisson, d’un silence sans cesse àéclore dont les profonds gisements sous-tendent notre marche, tandis que ton nom berce les fibres de nos êtres, les recouvre de sa tendresse, aime en nous ce qui ne peut comprendre,

    ce qui ne se dispose qu’à goûter…

     

    .

     

    BERNARD PERROY

     

    .

     

    Joanna Kossak,

    Photographie Joanna Kossak


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  • 11/23/15--14:20: ROKIA TRAORE - GUENDE - MALI

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  • 11/25/15--04:28: POEME A CRIER...Extrait III
  • ...

    Tu vas
    ainsi à tous pareille
    tu vas ainsi que vont les hommes
    franchissant lentement
    ce qu’ils espèrent eaux calmes
    et n’est qu’entraves
    et pièges.

    Arbres parmi les arbres puissants
    ils recherchent
    l’étreinte
    ils nouent leurs questions
    à d’autres questions.
    Ils ne sont parfois qu’une toute petite voix d’enfance
    toujours étonnée
     toujours apeurée.

    Le poète se trompe !
    Il n’y a pas de source
    dans les regards
    ni d’anges
    si ce n’est de pierre.

    Il n’y a pour toi
    que ce jeu infernal
    d’ombres et de lumière
    il n’y a que toi
    qui cherches
    et te déchires,
    ennemie de toi plus que les autres.

    ...

    .

     

    AGNES SCHNELL

     

    .

     

    GUY DENNING 3,

    Oeuvre Guy Denning

     

     

     


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  • 11/25/15--05:34: LES SOUFFLES
  • Ecoute plus souvent
    Les Choses que les Etres
    La Voix du Feu s’entend,
    Entends la Voix de l’Eau.
    Ecoute dans le Vent Le Buisson en sanglots :
    C’est le Souffle des ancêtres.

    Ceux qui sont morts ne sont jamais partis :
    Ils sont dans l’Ombre qui s’éclaire
    Et dans l’ombre qui s’épaissit.
    Les Morts ne sont pas sous la Terre :
    Ils sont dans l’Arbre qui frémit,
    Ils sont dans le Bois qui gémit,
    Ils sont dans l’Eau qui coule,
    Ils sont dans l’Eau qui dort,
    Ils sont dans la Case, ils sont dans la Foule :
    Les Morts ne sont pas morts.

    Ecoute plus souvent
    Les Choses que les Etres
    La Voix du Feu s’entend,
    Entends la Voix de l’Eau.
    Ecoute dans le Vent
    Le Buisson en sanglots :
    C’est le Souffle des Ancêtres morts,
    Qui ne sont pas partis
    Qui ne sont pas sous la Terre
    Qui ne sont pas morts.

     
    Ceux qui sont morts ne sont jamais partis :
    Ils sont dans le Sein de la Femme,
    Ils sont dans l’Enfant qui vagit
    Et dans le Tison qui s’enflamme.
    Les Morts ne sont pas sous la Terre :
    Ils sont dans le Feu qui s’éteint,
    Ils sont dans les Herbes qui pleurent,
    Ils sont dans le Rocher qui geint,
    Ils sont dans la Forêt, ils sont dans la Demeure,
    Les Morts ne sont pas morts.

     
    Ecoute plus souvent
    Les Choses que les Etres
    La Voix du Feu s’entend,
    Entends la Voix de l’Eau.
    Ecoute dans le Vent
    Le Buisson en sanglots,
    C’est le Souffle des Ancêtres.

     
    Il redit chaque jour le Pacte,
    Le grand Pacte qui lie,
    Qui lie à la Loi notre Sort,
    Aux Actes des Souffles plus forts
    Le Sort de nos Morts qui ne sont pas morts,
    Le lourd Pacte qui nous lie à la Vie.
    La lourde Loi qui nous lie aux Actes
    Des Souffles qui se meurent
    Dans le lit et sur les rives du Fleuve,
    Des Souffles qui se meuvent
    Dans le Rocher qui geint et dans l’Herbe qui pleure.
    Des Souffles qui demeurent
    Dans l’Ombre qui s’éclaire et s’épaissit,
    Dans l’Arbre qui frémit, dans le Bois qui gémit
    Et dans l’Eau qui coule et dans l’Eau qui dort,
    Des Souffles plus forts qui ont pris
    Le Souffle des Morts qui ne sont pas morts,
    Des Morts qui ne sont pas partis,
    Des Morts qui ne sont plus sous la Terre.


    Ecoute plus souvent
    Les Choses que les Etres
    La Voix du Feu s’entend,
    Entends la Voix de l’Eau.
    Ecoute dans le Vent
    Le Buisson en sanglots,
    C’est le Souffle des Ancêtres.

     

    .

     

    BIRAGO DIOP

     

    .

     

    parc_odzala-kokoua,

     Photographie Michael Viljoen

    .

     


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  • 11/25/15--06:03: HORS SAISON
  •  Je n'écris plus que dans les herbes en attente d'hiver, sur l'écorce grenue des arbres, contre le ronronnement des chats, dans le souvenir piquant de flocons de neige. Je dis A Dieu aujourd'hui, sans doute n'en serai-je pas capable le moment venu. L'inconséquence de l'espèce me fatigue, j'y suis étrangère. Comment en est-on arrivé là, ces papiers gras, ces souillures, ces mensonges, cette cacophonie ou chacun tire à hue et à dia pour quelques sales miettes d'illusions. Hors saison. Je n'écris plus qu'avec la voix des ruisseaux, le silence des terres, la trajectoire des oiseaux, les heures libérées des horloges. Où s'est perdu l'espérance du premier cri, le crédit d'enfance, le miroir des lacs de montagne, ce qui faisait la joie possible ? Où est passé la vie, les belles et bonnes choses lentes ? Hors saison. Je quitte les tocsins, le ravage des pouvoirs, les paroles douteuses, les gouffres d'eaux croupies. Les cartes s'abattent, elles volent loin des châteaux de sable, des jeux truqués, des foires ou meurent les pantins. Hors saison. J'écris de la bonté lointaine des étoiles, des pluies sur les reins des maisons, des anciennes graines, du linge qui danse dans le vent, de la caresse des laines au dos des bêtes, d'une vieille main penchée vers l'amour. Hors saison. Je dis A Dieu aujourd'hui, sans doute n'en serai-je pas capable le moment venu.

    .

     

    ILE ENIGER

     

    .

    hiver3,

     

     


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  • 11/25/15--09:08: LE DOUTE
  • Ceux qui nous ont quitté
    En partant, ont laissé
    Un fugitif instant
    La porte entrebâillée...

    Détournant le regard
    Impossible de voir
    S'il existe une lueur
    Au seuil de cette demeure

    Juste un peu de lumière
    Justifiant nos prières
    Où bien l'immensité
    D'une vaine obscurité...

    Et si elle était réelle
    Cette clarté vraiment
    De quel brasier ardent
    Serait-elle l'étincelle ?

    Un bûcher ou nos âmes
    Viennent se consumer,
    Etoiles immolées
    Dans une ultime flamme

    Ou la douce promesse
    D'une nouvelle clarté,
    La première caresse
    D'une main d’éternité ?

     

    .

     

    © FRANCIS PANIGADA

     

    .

     

    FRANCIS


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    Promesse
    De mes veines,
    Mon ami l’oiseau,
    Je te construirai une cage
    Sans porte ni barreaux
    Où, librement, tu chanteras
    Tes chaudes mélodies !
    Je t’offrirai de vastes champs fleuris
    Arrosés de douces flambées de soleil
    Qu’aucune serre de vautour n’effraye
    Et tu passeras,
    Libre, fier et fort,
    Sous l’arc-en-ciel multicolore,
    Pour danser, jusqu’à l’aurore,
    Sur les rythmes de mes veines-lyres
    Qui t’apprendront à rire
    De tous les tyrans et leurs sbires !

     

    .

     

    MOKHTAR EL AMRAOUI

     

    .

     

    Jamil Naqsh3,

    Oeuvre Jamil Naqsh


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  • 11/27/15--12:45: TOUJOURS
  • Toujours le vent

    Et puis la terre

    Le firmament

    Et puis la mer

     

    Toujours la clé

    De l'horizon

    Pour s'exiler

    De sa prison

     

    Toujours la transe

    Des profondeurs

    Dans le silence

    De nos pudeurs

     

    Toujours l'écorce

    Qui se craquelle

    Sous trop de force

    Emotionnelle

     

    Toujours la flamme

    Et puis la cendre

    Toujours la larme

    Et les méandres

     

    Toujours le doute

    Qui nous désoeuvre

    Toujours la route

    Et  ses épreuves

     

    Toujours la somme

    De nos questions

    Toujours des tonnes

    D'aspirations

     

    Toujours ce voeu

    De plénitude

    Pour n'avoir que

    La solitude

     

    Toujours à soi

    Au sein des autres

    Toujours la voix

    Des bons apôtres

     

    Toujours un christ

    Portant sa croix

    Les élitistes

    Et les mafias

     

    Toujours la loi

    Et le pouvoir

    Toujours l'emploi

    D'actions barbares

     

    Toujours l'histoire

    Qui se répète

    Toujours la tare

    D'être trop bête

     

    Toujours l'instinct

    De l'animal

    Sans plus rien

    De bien ou mal

     

    Toujours ouïr

    Et regarder

    Toujours sentir

    Et puis toucher

     

    Toujours l'étoile

    Dans les iris

    Toujours le poil

    Qui se hérisse

     

    Toujours nos cris

    Et nos morsures

    Nos corps meurtris

    De nos griffures

     

    Toujours l'offrande

    De notre glaise

    Toujours la viande

    Toujours la baise

     

    Toujours le ventre

    Et puis les reins

    Toujours notre antre

    Brûlant d'entrain

     

    Toujours la fièvre

    Avec l'ivresse

    Toujours les lèvres

    Et les caresses

     

    Toujours ta fleur

    Et son velours

    Toujours le coeur

    Toujours l'amour

     

    Toujours l'essor

    Des émois fous

    Toujours la mort

    Qui finit tout

     

    .

     

    SIMON DEMURU-ANTONA

    " Poèmes de la morte saison" Editions Parti des Oiseaux

    www.partidesoiseaux.com

    .

     

    Tomasz-Alen-Kopera

    Oeuvre Tomasz Alen Kopera

     

     

     

     


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  • 11/27/15--12:57: POEME A CRIER...Extrait IV
  • ...


    Déchirure les barbelés intimes
    déchirure la flamme
    que même l’eau avive
    déchirure la peau affolée
    et la faim
    comme un gouffre
    déchirures nos mots
    que nous glissons
    sous l’aile des oiseaux.

    Un jour peut-être
    la nausée ne sera qu’oubli
    un peu de brume entachée
    que l’on rejette d’un souffle.

    Alors se dévoileront
    toutes les fractures
    et les contraintes
     qui trop longuement
    s’opposèrent.
    Tu pourras révéler
    ta longue quête
    d’un lieu durable,
    un lieu humain
    à ta mesure

    Un lieu ?
    Là-bas sur la route…
    derrière le miroir peut-être
    où rien ne peut mentir
    un lieu, enfin !

    Car ainsi vont les hommes
    d’un pas vers un autre pas
    jusqu’à l’enlisement
    jusqu’à l’épuisement
    toujours à la recherche
    de la terre promise.

    ...

    .

     

    AGNES SCHNELL

     

    .

     

    AGNES,

     

     


    0 0
  • 11/28/15--11:26: LA MAISON DU POETE...Extrait
  • Aujourd'hui, décès de Jean Joubert

     

    .

    Écoute !

    Entre dans la maison,
    assieds-toi,
    ferme les yeux,
    écoute !

    Je te dirai
    l'éloquence du poisson rouge,
    la grâce du crapaud,
    la bonté du moustique,
    la souplesse de l'escargot,
    la politesse du serpent,
    l'élégance de l'araignée.

    Écoute !
    Je te donnerai
    la clef de ces splendeurs secrètes
    longtemps cachées sous une pierre
    que nous aurons enfin levée.

     

    .

     

    JEAN JOUBERT

     

    .

     

    hobbithouse

     

     


    0 0

    ...

    La tête de métal détachée de son corps de glaise,
    de cette pesanteur de glaise,
    de sa matrice barbelée sous le soleil des miradors,
    gravite désormais dans l'espace liquide.

    Elle dit le visage inconnu des astres,
    les pluies de fer, la respiration des planètes.
    Mais que dit-elle de notre amour,
    du tremblement des mains qui se rejoignent,
    de l'ombre entre nos corps, de l'aube sur ta bouche
    lorsque parfois la nuit des âmes se dénoue ?
    Mais que dit-elle de notre mort ?

    Chaque nuit, sur la maison de verre,
    vole cette balbutiante poussière d 'homme
    entre notre sommeil et le fracas des étoiles.

     

    .

     

    JEAN JOUBERT

     

    .

     

    werner-hornung2

    Oeuvre Werner Hornung

     

     

     

     


    0 0

    Aujourd'hui, décès du poète Jean Joubert

    .

    Les bergers ne devaient pas être loin, et, comme la lumière commençait à baisser, ils finiraient bien par revenir.
    Nous nous sommes donc assis sur l'herbe, mon père a allumé sa pipe, et, d'un air bienheureux, il a fait quelques ronds de fumée. Moi, je mâchais un brin d'herbe, et je regardais le soleil s'enfoncer derrière les crêtes en décochant dans le ciel quelques jolis rayons dorés. L'ombre peu à peu gagnait les pâtures, où crissaient les grillons.
    Mon père avait tiré l'anthologie de son sac, et après l'avoir feuilletée un instant, il m'a dit :
    - Ecoute ! j'ai choisi quelque chose de Baudelaire : "Harmonie du soir", qui me paraît tout à fait approprié.
    Et il s'est mis à lire :
    "Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
    Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
    Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ;
    Valse mélancolique et langoureux vertige !"

    Ce poème, je l'ai souvent relu par la suite, je l'ai même étudié au lycée, et je le connais par coeur. Il m'arrive de me le réciter, en silence, et toujours, pour moi, il évoque cette halte dans la montagne, où nous attendions la nuit.
    - Ca te plaît ? a demandé mon père
    - Oui, beaucoup. Je n'ai pas tout compris, mais on dirait que les mots se mettent à chanter.
    - Très juste ! C'est cela surtout la poésie : les mots qui chantent.

     

    .

     

    JEAN JOUBERT

     

    .

     

    serge fiorio,,2

    Oeuvre Serge Fiorio

    http://www.sergefiorio.canalblog.com

     

     


    0 0
  • 11/29/15--11:19: INCERTAIN DESTIN
  • à Jacou...

    .

    J'ai appris... j'ai enfin compris
    Que tout ce qui fleurit
    a la sève et le rêve de l'infini
    Je crois sans l'ombre d'un doute méthodique
    Qu'on ne peut lutter contre le réchauffement climatique
    Sans replacer le fini dans l'infini
    Sans se situer par rapport à un absolu
    Par delà le moins long et le plus long terme
    L'écologie c'est l'école de la vie
    Le plus court chemin entre moi et autrui
    Que je ne peux échanger sans changer d'avis
    Et dont je ne peux me vanter sans m'inventer un nouveau récit :
    Selon lequel je ne puis être maître et possesseur de la nature
    Sans renoncer àêtre maître et possesseur de la nature
    Que le ver de terre comporte autant d'infinité... que tout l'univers...
    Que tout s'articule et se désarticule à partir de la plus petite particule...
    Que le moins signifiant pour ma conscience
    A autant d'importance que le plus signifiant pour la science
    L'infini est dans le fini, avec un parfum d'éternité...
    Et nul ne peut vivre sa vie, sans adopter cet avis
    Dans l’œil de la fourmi, on peut déjà apercevoir une larme d'infinité
    Que l'on peut sécher mais non faire cesser
    Tout s'écroule si elle cesse de couler
    Et nous rappeler qu'il n'y a pas plus triste que la joie
    Si on cesse d'avoir la Foi
    Selon laquelle, il n'y a pas de jour sans lendemain
    Ni de lendemain qui ne tienne entre nos mains
    Ce n'est pas lui, c'est moi qui chante
    Qu'il n'y a pas de temps sans secret
    Ni d'espace sans sacré !

     

    .

     

    PERSONNE

     

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    L'ami Gil s'en est allé ...Il fut un des premiers à encourager l'existence de ce blog...Que la terre te soit légère Gil...
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    Je laisse derrière moi quelques traînées 
    de poussière de papillon
    Moi 
    à peine cognéà la lampe de la vie humaine
    belle et triste à la fois

    moi 
    contre la vitre froide des adultes
    si loin de mon pays natal envolé

    quelques amis sauront lire dans ma poussière
    le mystère des nombres écrit en braille sur la nuit

    je laisse ma signature sur vos tempes
    mes ailes consumées sous la porte
    la tapisserie de vos visages près du puits

    Je laisse ma transparence dans l’air
    quelqu’un la ramassera plus tard
    L’encre et la lampe seront mes témoins
    .
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    GIL PRESSNITZER
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  • 12/03/15--15:26: LES MURMURES
  • Nous les murmurants nous sommes murmures
    murmures de notre sang mêlé et qui tressaille
    abandon au fleuve des jours et leurs fils de laine douce
    et puis cette sensation d’être seuls et vivants
    entre nous


    La mort sommeille à nos côtés
    et nous ne la réveillons pas
    nous murmurons
    trop à faire
    àépeler tous nos noms
    et les répandre en poudre magique autour de nous
    bivouaquer avec l’amour sorti du sac
    rosées des longues nuits
    ce qui était vain est devenu pain
    la voix rauque écharpe de soie
    murmures du front bas des cieux faisant escorte et sentinelle
    les mains se nouent
    paix sur nous
    les choses inutiles sont versées
    nous les regardons flotter comme papillons perdus
    au temps ôté, au temps compté


    Les murmures de tous les enfants qui sont en nous
    bercent jusqu’aux nuages
    apaisent nos tremblements
    bientôt nous serons nous aussi murmures
    nous les murmurants
    si imbriqués qu’un seul souffle
    passera à la surface de la terre
    face aux grands vents se cachant
    pour nous laisser place
    urgence supérieure de notre paix
    l’herbe pousse tendrement entre nous
    nous murmurons
    et le monde résonne

     

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    GIL PRESSNITZER

     

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    Hilal Karahan,

    Oeuvre Hilal Karahan


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