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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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    A la fin du jour
    parfois c’est une écharde
    mais le plus souvent tout un arbre
    qu’il faut retirer du corps
    avec l’étonnement de n’en pas souffrir

    et le soir lui aussi doucement
    retire de la lumière tous les chemins
    de terre et d’eau comme s’il était
    inutile que désormais quelque chose
    mène quelque part

    monde et souffrance en moins
    nous marchons dans la paix de la nuit
    en prenant soin de ne laisser
    nos traces qu’en nous-mêmes

     

    .

     

    JEAN-FRANCOIS MATHE

     

    .

     

    tham68,

    Oeuvre Thami Benkirane

    http://www.benkiranet.aminus3.com


    0 0
  • 07/10/16--06:10: FIGURES...Extrait
  • Oui, l'ombre de l'ami, le plomb des vagues,
    et l'alcyon de brume, et par trois fois
    tendant les bras, voyelles,
    «il transformait
    les larmes en pensée»,
    je vous le dis
    à vous, pour, le disant,

    dans la soie de l'écoute,
    être entre.

    Je vous redis ces chants,
    les chants des autres,
    les fils tissés, l'écho réagrégé de cette
    indéchirable soie du son, la terre existe
    quand on commence à la sentir,
    qu'on sait, en se taisant, lui laisser prendre
    son temps à elle, être un passage,
    pour l'hospitalité et le présent.

    .

     

    .

    .

     

    ANDRE MARKOWICZ

    .

    .

     

    .

    la tortue legere2

    Oeuvre sur

    http://latortuelegere.blogspot.fr/

     

     


    0 0

    "L'amour étreint à la même chair cette précarité que le poème crispe en paroles. Là où nous voulons aller boire et tentons de puiser un peu de transparence, n'est-ce pas au puits sans fond autour duquel s'est construite notre vie? De quelle espèce est-il? D'aucune qui ait un nom. De celle plutôt, indéchiffrable, d'où tous les noms proviennent. Puits à langage, puits du désir, puits de la finitude et de son énigme infinie..."

     

    .

     

    JEAN-MICHEL MAULPOIX

     

    .

     

    Vivienne Mok Photography

    Vivienne Mok Photography

    http://www.viviennemok.blogspot.fr

     

     


    0 0

    Comment cultiver la mémoire essentielle sans se plomber les ailes ?

    Prendre un nouvel élan sans cogner aux vitres ?

    Comment ne pas s'engager dans une course d'animal affolé, tout en zigzags, en labyrinthes, en retour sur soi, en trou final, piège à rats, fosse commune ?

    Comment remmailler le monde ?

    Recoudre obstinément l'étoffe déchirée ?

    Comment déposer garder entretenir oublier se souvenir ?

    Comment élargir les seuils, repousser les murs intimes ?

    Comment s'alléger pour le prochain départ ?

    Ne pas peser plus lourd qu'une feuille d'automne ?

     

     

    .

     

    FRANCOISE ASCAL

     

    .

     

    nina aragon2,

    Oeuvre Nina Aragon


    0 0

    A force d’attendre
    j’oublie qui j’attends
    Oiseau ou femme
    blessure ou bûcher

    je scrute la plante
    j’exige son secret
    avec des gestes humbles
    des mots qui apaisent

    vague me parvient
    cette rumeur de métamorphose
    qui travaille mes mains
    au plus obscur

    j’épelle ton visage
    O futur inscrit
    dans le pas d’aujourd’hui
    dans l’absence éprouvée

    dans le silex d’un cri
    qui résonne au fond
    dans cette humide patrie
    des regards et des mots

    Ce peu de mort
    qu’obstinément je fouille
    repousse mes limites
    jusqu’au soleil du fenouil

    jusqu’à ce mystère
    vivant aérien
    Un merle qui retient
    le monde dans son chant

    Au miroir sévère
    je ne déserte pas
    la cendre dans la voix
    doucement prolifère.

     

    .

     

     

    ANDRE LAUDE

     

     

    .

    ANDRE 2


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  • 07/11/16--13:53: A PERTE DE COEUR...Extrait
  • Toutes les folies sont des états de grâce

    tu émanes
    tu irradies
    comme un meneur de lune
    ton monde n’a pas changé
    mais il vibre autrement
    cadencé par le silence et l’amour
    ouvrant d’autres traces
    d’autres gisements
    un saisissement en continu
    qui se diffuse à travers tes os
    la folle folie d’aimer
    à perte de coeur

    Toutes les folies sont des états de grâce

     

     

    .

     

    ZENO BIANU

     

    .

     

     

    FOLIE

     

     


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  • 07/12/16--06:03: PAS A PAS
  • Oui d’ici

                d’un seul pas

                        nous rejoindrons tout

     

     

    Le tout nous rejoindrons

                d’un seul pas

                        ou de dix-mille

     

     

    Pas à pas

                par le plus bref trait

                par le plus grand cercle

    Nous rallierons tout

     

     

    Depuis l’extrême lointain

                perçant le noir tourbillon

                        nous avait touchés jadis

    La flamme

     

     

     Nous n’aurons de cesse

                que nous n’ayons franchi la ténèbre

                nous n’aurons de fin

    que nous n’ayons gagné l’infini

     

     
    Pas à pas

                        par la voie obscure

                        par la voie nocturne

    Car c’est la nuit que circule incandescent

    Le souffle

    Et que, par lui portés

    Nous réveillerons

                        toutes les âmes errantes

    Voix de la mère appelant le fils perdu

    Voix de l’amante appelant l’homme rompu

    Filet de brume le long de blêmes ruelles

    Filet de larmes le long des parois closes

    Le crève-cœur d’une étoile filante

                        crève l’enfance au rêve trop vaste

    Le trompe-l’œil de la lampe éteinte

                        trompe l’attente au regard trop tendre

     

     

    Si jamais vers nous se tend une main

                        serons-nous sauvés ?

    Si jamais une paume s’ouvre à nous

                        serons-nous réunis ?

     

     

    Déjà les feuilles de sycomores ensanglantent la terre

    Les sentiers aux gibiers se découvrent givre et cendre

    Plus rien que plage noyée et marée montante

    Plus rien sinon l’ici

                                          sinon le rien d’ici

     

     
    Quand les oies sauvages déchirent l’horizon

    Soudain proche est l’éclair de l’abandon

    Pour peu que nous lâchions prise

                        l’extrême saison est à portée

    Désormais à la racine  du Vide

    Nous ne tenons plus

                        que par l’ardente houle

    Chaque élan un éclatement

    Chaque chute un retournement

    Tournant et retournant

    Le cercle se formera

                        au rythme de nos sangs

    Un ultime bond

                        et nous serons au cœur

    Où germe sera terme

                        et terme germe

    En présence du Temps repris

     

     
    Oui d’ici

                      d’un pas encore

                                              nous rejoindrons tout

     

     

     Au royaume de nul lieu

                la moindre lueur est diamant

    D’un instant à l’autre

                                   nous sauverons alors

    Ce qui est à sauver

     

     

    Du corps invisible

                rongé de peines

                rongé de joies

    Nous sauverons l’insondable nostalgie

    L’in-su

                              l’in-vu

                                                     l’in-ouï




    .

     

     

    FRANCOIS CHENG

     

     

    .

    isabelle diffre

    Oeuvre Isabelle Diffre

    http://www.diffre.com/


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  • 07/12/16--06:36: BAGAGE DE SOUVENIRS
  • Pour Roland

    .

     

    J’ai senti frémir mon corsage

    J’ai senti mon cœur frissonner

    J’ai crié dans ta bouche

    au goût marron

    — châtaigne du terroir —

    J’ai fermé les yeux et j’ai senti

    la vibration tiède du désir

    — senteur de vieux bois —

    Tu m’as offert des boucles d’oreille

    petit morceau d’argent

    dessin minuscule

    symbole.

    Tu m’as offert un instrument

    portatif

    guimbarde

    Je l’ai rangée dans mon sac.

    J’ai dressé une carte sur les lignes de la main.

    J’ai suivi la piste à la recherche du trésor.

    J’ai trouvé un oiseau en forme de miroir,

    j’ai regardé dedans

    je n’ai vu ni or ni argent,

    rien que des cœurs en boîtes,

    des tables gigognes,

    d’immenses pâtés de maisons !

    J’ai regardé le ciel et j’ai vu des colombes bleues.

    Était-ce mai, était-ce juin ?

    Je me suis assise sur le talus à rêver.

    Je t’ai vu assis, beau, sur un tas de nuages.

    Illusion,

    tout n’était qu’oripeaux.

    Toi assis sur un tas de nuages, tes doigts chantant,

    tes yeux faisant la navette,

    le temps qui manquait pour parvenir à moi.

    Y parviendrais-je ?

    — J’y suis allée, mais tu n’y étais déjà plus.

    Je me suis senti vieille et pleine de rides.

    Mais ce qui compte, c’est la vie que l’œil emporte

    Bagage de souvenirs ?

    La mémoire enveloppée dans du papier cadeau.

    Les angoisses, les souffrances

    laissées dans un coin d’armoire.

    L’amour, les bonnes choses,

    portées dans une petite valise.

    Prête pour le voyage !

    Adieu !     À bientôt !

     

     

    .



    LEILA CARVALHO

     

    .

     

    henri matisse,

    Oeuvre Henri Matisse

     

     


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        On ignore tout de la matière songeuse.
        Des forêts ou des lianes gelées aux vitres de l'enfance.
        Du lait. Du sang ou de la lymphe. La sève. Des paupières et du ventre d'où suinte impassiblement la neige des étoiles.
        On ignore tout des algues.
        Des épithètes en quête de visage. Des lèvres flétries pétale après pétale.
        Or, il y a le ciel.
        Ses plaies. Ses renflements. Ses ulcères.
        Des millions d'oiseaux entassés sur les plages. L'eau. La pluie, qui dessine nervures et lignes de vie, de chance ou d'amour à même les trottoirs.
        Il y a des murs. Des corps et des mains. Des montagnes et des fleuves inquiets, des marécages. La défroque d'un songe quand la nuit se retire. Des rêves équarris auxquels nul ne croit plus par le charnier où l'on rouvre et se frotte les yeux, un instant aveuglé par la clarté matinale.


        Il se tient là, Jean-Jacques.


        Comme à l'envers de toute rationalité.
        Il a écrit des lettres, des traités - de musique, de botanique. Dénoncé l'altération spectaculaire des fêtes qui unissaient les citoyens.
        Discours. Méditations. Un roman. Des études sociales et un précis d'éducation, il ne se pencha qu'avec réticence sur la fabrication des icônes, la peinture, la statuaire, ne relevant en elles, et dans l'architecture, que l'ambivalence dont Walter Benjamin saura nous instruire : il n'est pas de témoignage de la civilisation qui ne soit celui de sa décadence.
        Verdict sans appel Nous survivons parmi des ruines.

    .

     

     

    LIONEL BOURG

     

    .

    lionel

     

     

     

     


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  • 07/12/16--07:19: UNE BOUSSOLE
  • Choses sont mots. Quelqu'un - mais qui, mais quoi? -
                            Nous écrit: cette incessante graphie
                            Inextricable et qui ne signifie
                            Rien, c'est l'histoire humaine. En ce convoi

                            Passent Carthage et Rome, et moi, lui, toi,
                            Mon désespoir d'être cryptographie,
                            Hasard, rébus - mon impensable vie,
                            Cette Babel qui s'écartèle en moi.

                            Mais par-delà la parole ou le nombre
                            Un reste attend. Je sens planer son ombre
                            Sur cet acier léger, lucide et bleu

                            Qui cherche un point où l'océan fait trêve;
                            Presque une montre entr'aperçue en rêve,
                            Presque un oiseau qui dort et tremble un peu.

     

    .

     

    JORGE LUIS BORGES

     

     

    .

     

    boussole-sextant-et-carte-ancienne,

     

     


    0 0

    ...

    Ma prière voilà comment commence ma prière
    j’aime que le matin blanc pèse à la vitre  

    et l’on tue ici
    j’aime qu’un enfant courant dans l’herbe haute vienne à cogner sa joue à mes paumes

    et l’on tue ici
    j’aime qu’un homme se plaise à mes seins et que sa poitrine soit un bateau qui porte dans la nuit

    et l’on tue ici
    j’aime qu’on bavarde à la porte du boulanger quand il n’y a d’autre souci que le bleu du ciel étendu sous la théorie des nuages

    et l’on tue ici
    j’aime qu’à quelques-uns on s’ennuie paisiblement à observer le vent dormir sur les toits de la ville

    et l’on tue ici
    j’aime qu’on bâtisse une fleur pour la fleur dans le loisir insipide du jardin

    et l’on tue ici
    j’aime que la pierre roule dans la rivière et que cela fasse un bruit de clarinette

    et l’on tue ici
    j’aime que les heures ne soient que le temps qui passe pour faire les heures

    et l’on tue ici
    et voilà comment continue ma prière
    êtes-vous là encore êtes-vous là mangeurs d’ombres
    je crache
    je crache sur l’homme

    de l’homme de guerre
     je crache sur le guerrier de la prochaine
    de la prochaine guerre
    qui joue aujourd’hui avec son ours en peluche les ailes des mouches et
    la poudre rouge et bleue des papillons
    je crache sur l’esprit de guerre qui pense et prévoit la douleur
    je crache sur celui qui pétrit la pâte de la guerre
    et embrasse son sommeil quand on cuit la mort au four de la guerre
    je crache sur le ruisseau de sang qui tombe des doigts du vainqueur
    comme un mouchoir par mégarde tombe au caniveau
    je crache sur celui qui fait d’un corps de femme une chair ouverte
    une chair bleue qui était blanche
    couverte de guêpes qui était faite pour le baiser
    déchirée qui était comme une soie pour le soleil
    je crache sur la haine et la nécessité de cracher sur la haine
    homme de guerre je te regarde


    regarde-moi !
    je te dis regarde-moi !

     

     

    .

     

    JEAN-PIERRE SIMEON

     

    .

     

     

    GUY DENNING,

    Oeuvre Guy Denning

     

     


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    .


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  • 07/12/16--11:02: SOURCES DU VENT...Extrait
  • Toujours l’amour

    Sous les lueurs des plantes rares
    les joues roses des cerisiers
    les diamants de la distance
    Et les perles dont elle se pare
    Sous les lustres des flaques tièdes
    A travers la campagne hachée
    A travers les sommeils tranchés
    A travers l'eau et les ornières
    les pelouses des cimetières
    A travers toi
    Au bout du monde
    Le monde couru pas à pas
    Ton amour sous la roue du soir
    A peine la force de ce geste de désespoir
    A peine l'eau ridée sur le cours de ton sein
    Contre le parapet fragile du destin
    J'aime ces flocons blancs de la pensée perdue
    dans le vent de l'hiver et le printemps mordu
    Mon esprit délivré de ces chaînes anciennes
    Et que la rouille a dénouées
    Pour me serrer plus fort aujourd'hui dans les tiennes

     

    .

     

     

    PIERRE REVERDY

     

     

    .

     

     

    auguste-rodin-1840-1917-plaisir-infini-dessin

    Oeuvre Auguste Renoir

     

     

     

     

     


    0 0
  • 07/13/16--11:49: AGNES SCHNELL...Extrait
  • Au réveil
    il faudra tout reprendre
    remettre ses pas dans l’éphémère
    sans se tromper

    au réveil il faut reprendre
    la trame usée
    et inventer de nouveaux points
    des motifs fougueux
    des mesures impétueuses

    des silences surtout
    du blanc du vide
    dans le chant entre les mots…

     

    .



    AGNES SCHNELL

     

    .

     

    isabelle diffre,,

    Oeuvre Isabelle Diffre

    http://www.diffre.com/

     




    0 0
  • 07/13/16--11:58: JOEL GRENIER
  • Ce devait être écrit quelque part, sur une table des lois oubliée. En langue étrangère, en message codé.
    Sur une page blanche qui fuyait sa marge ou sur une plus noire qui ne demandait qu'à ouvrir un tout autre chapitre jusqu’à la conclusion.
    Ce n'est pas un roman, plutôt une nouvelle. Un livre cent fois lu qui toujours recommence et la plume posée sur le bord des bougeoirs ne trace après tout qu'une ligne au destin.
    Aux rayons de la lune, le ciel s'allume de verbes jamais conjugués au plus-que-futur parfait.
    Et si je ne sais pas lire, je t'épellerai.

    .

     

    JOËL GRENIER

     

    .

     

    Vivienne Mok Photography

    Vivienne Mok Photography

     

     


    0 0
  • 07/13/16--12:09: BLANC SUR BLANC...Extrait
  • ...


    Maintenant j’habite plus près du soleil, les amis

    ne connaissent pas le chemin : c’est bon

    d’être ainsi, à personne,

    dans les plus hautes branches, frère

     

    du chant exempt de l’oiseau

    de passage, reflet d’un reflet,

    contemporain

    de n’importe quel regard de surprise,

     

    seulement ce va-et-vient des marées,

    ardeur faite d’oubli,

    douce poussière à fleur d’écume,

    et seulement cela.

    ...



    Traverser le matin jusqu’à la feuille

    des peupliers,

    être frère d’une étoile, ou de son fils,

    ou peut-être un jour d’une autre lumière de soie,

     

    ignorer les eaux de mon nom,

    les secrètes noces du regard,

    les chardons et les lèvres de la soif,

    ne pas savoir comment

     

    on finit par mourir d’être une telle hésitation,

    un si grand désir

    d’être flamme, de brûler ainsi d’étoile

    en étoile,

     

    jusqu’à la fin.

     

    .




    EUGENIO DE ANDRADE

     

    .

     

    nora douady2,

    Oeuvre Nora Douady


    0 0

    Si pour certains, la vie, c'est marcher les pieds nus sur des éclats de verre ; pour les autres, la vie, c'est regarder le soleil en face.
        La plage compte les jours et les heures pour chaque enfant qui meurt. Une fleur s'ouvre, une tour s'effondre.
        Rien n'a changé. J'ai tendu le bras, pas de pluie. Marché sur du verre, pas de soleil. Regardé la lune, pas de plage.
        Qu'importe. Ton destin, c'est de voir des tours que l'on élève, des boutons de fleur, des enfants qui meurent; à l'écart, comme une carte dont le jeu s'est perdu

    .

     

    LUIS CERNUDA

     

    .

     

    CHAGALL,

    Oeuvre Marc Chagall


    0 0
  • 07/14/16--11:34: LE MAÎTRE DES NAUFRAGES
  • Je ne suis qu’une disparition au milieu de ces océans évaporés : pas un oiseau dans le ciel ! Pas un cavalier en ronde ! Ni l’ombre d’un seul tambourineur qui devancerait une armée de mendiants et laverait dans un bac de sable un poème désabusé.
    D’autres villes me résorberont que j’appellerai désert. Des villes inaccessibles pour qui veut comparer des civilisations grandies dans le complot et la guerre, où l’amour ne chasse pas la haine, où la haine n’explique jamais les maladies du corps et de l’esprit. Des villes sans arc de triomphe hormis leur bracelet de la Géante sur le chemin des prophètes, leur jour incommensurable de Pasteurs à la voix forte et leur hurlement plus qu’organique derrière la gangue du grand départ. Leurs portes hautes, leurs tapis à moitié consumés, leurs verrous et d’autres objets
    à frôler
    pour montrer à quoi ressembleraient le soleil et l’humus
    dans la légende qui m’a façonné en déserts interminables sur les traces de Sindbad :
    le maître des naufrages. L’explorateur de la cécité dans les mers en
    surnombre qui ne
    sut jamais pour quel désastre il propagea idiomes et mousselines.

    Sindbad !
    serais-tu capable de déplacer les montagnes
    de mourir pour une idée
    de gésir dans ces corps d’où monte l’invocation à Moula Baghdad
    pour des communications de terreur
    de construire un royaume avec sept cieux
    autant de terres et de compagnons pour peupler
    ton œuvre
    de laver de la mort ces filles enterrées vivantes
    leurs pères punis dent pour dent œil pour œil
    mon corps est dallé de ce talion

    Je n’ai rien à semer rien à récolter
    Je gratte le lichen des fenêtres. Je ramasse les débris des chemins, fixant mes nostalgies sur des bivouacs de conquérants
    dans les quadratures des portes
    parmi des citadelles avides de talismans
    les jours de vendredi
    à l’heure d’ouverture de la trappe céleste
    vers les déserts en girouette sur nos têtes
    qu’annoncent les fauves hissant notre mort
    leur bras s’emparant de nos cités de
    sommeil avec un linge blanc de tumeur chaude
    à triturer au faîte du mal

     

    .

     

    Le livre du désert (2), ABDELAZIZ  MANSOURI

    "À peine un souffle ", Le livre du désert (2)

    .

    maher naji

    Oeuvre Maher Naji


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    0 0
  • 07/15/16--02:51: LE CONSENTEMENT TACITE

  • (Après Nice, la lucidité permettrait un peu d'espoir!)

     

    "Il était un homme, une fois, qui n'ayant plus faim, plus jamais faim, tant il avait dévoré d'héritages, englouti d'aliments, appauvri son prochain, trouva sa table vide, son lit désert, sa femme grosse, et la terre mauvaise dans le champ de son coeur.
    N'ayant pas de tombeau et se voulant en vie, n'ayant rien à donner et moins à recevoir, les objets le fuyant, les bêtes lui mentant, il vola la famine et s'en fit une assiette qui devint son miroir et sa propre déroute."

     

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    RENÉ CHAR

     " Les Matinaux "

     

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    syrie2,

    Proche Orient en ruine.......Syrie


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