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Channel: EMMILA GITANA
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PERSONNE NE ME CONSOLE PLUS

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 Personne ne me console plus, ma mère.
Ton cri n’arrive pas jusqu’à moi
même en songe. Il n’arrive pas une plume
de ton nid sur cette rive.

 

Les soirs bleus, est-ce toi
qui attends les mulets à la porte,
les mains cachées dans les plis de ta robe ?
Lis-tu dans le feu les combats
qui dispersent tes fils aux abords des villes ?

 

Un abîme entre nous, un flot nous sépare
qui coule entre les digues d’où s’élève de la fumée.
Ces étoiles sont-elles tiennes ?
Ce vent, celui de la terre ?
Est-il notre espérance
ce ciel qui accueille tes peines,
ta bonne volonté, ta demande de paix ?

 

Forte de ta vertu tu vis :
tu as vêtu les corps bigarrés
des pères morts. Chaque nuit
tu as trouvé la clé de nos songes,
tu as donné le blé en mémoire des morts.

 

 Nous, sur la tour la plus haute,
nous attendons ton signal.
C’est toi qui nous appelles. Est-ce toi
la flamme blanche à l’horizon ?
Un été de deuils a réveillé aux ventres
les fautes d’autrefois,
a poussé les loups sous les murailles des bourgs.
Au soleil de midi hurlent les chiens, et la chouette
pour le lugubre hiver demande des otages.

 

Toi, ma mère, tu écoutes
les pleurs inconsolés des Ombres
qui ne trouvent pas le repos sous les pierres
où tombent avec un bruit sourd
les fruits pourris.

 

 

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LEONARDI SINISGALLI

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HENRY MALFROY

Oeuvre Henry Malfroy

 

LORSQUE JE SERAI MORT

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Qu'on me lave de vin lorsque je serai mort

que le sang de la vigne envahisse nos veines

au jugement dernier qu'on amène mon corps

parfumé de raisin de menthe et de verveine

 

 Femme aux plaisirs humains à la sève des fleurs

que ton coeur affamé jamais ne se dérobe

les chemins de l'amour sont ravinés de pleurs

si tu passes par là relève bien ta robe

 

Ne traine pas ta peine à mon enterrement

je n'y veux que sanglots de bonbonne bien pleine

où que j'aille j'irai couronné de sarments

droit comme le cyprès bon comme la romaine

 

Bon comme le festin aux dernières bouchées

bon comme le bon vin à la dernière cruche

et bon comme la nuit où je serai couché

à l'abri des embruns à l'abri des embûches

 

Le temps est une cage elle sera brisée

je prendrai mors aux dents vers l'espace immobile

et je tendrai les bras pour un nouveau baiser

au germe du raisin palpitant sur l'argile

 

 

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HENRI GOUGAUD

 

 

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Illustration-Vignes-Details

 

 

 

LE CLOWN SE MEURT

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Je nais chaque fois que je monte sur scène

 Un gros nez rouge sur mon visage blême

 Je suis l’enfant dont je me souviens bien

 Un homme d’esprit, un poète du rien

 

 J’attrape le ridicule et le fait tournoyer        

 Avec l’élégance des désespérés

 Je suis le fou qui transforme les blessures

 Des âmes fêlées de mille et une brisures

 

 

 Je jongle avec mon ballon pathétique

 Entre tristesse et vérités cyniques

 Mes soupirs sont une oraison d’amour

 Qui bat doucement la mesure des tambours

 

 

 Je verse des larmes que personne ne remarque

 Détresse muette, miroir de mes grimaces

 Je tente de vous prendre par le bout du cœur

 Je ne suis pour vous qu’un stupide amuseur

 

 

 Je trébuche sur le gradin de vos rires

 Mes pieds dans cette humaine tragédie

 Bienvenue dans le cirque de l’Univers

 J’ouvre mes bras d’étoiles et de poussière

 

 

 L’heure de ma dernière farce a sonné

 Je rejoins ma verdine les bras chargés

 De la misère du monde et de vos peurs

 Sous son fardeau, le clown se meurt

 

 

 Mais avant de tirer ma révérence

 Avant de toucher le fond en silence

 Il me reste l’ironie du désespoir

 Pour ceux qui n’ont rien compris à l’histoire.

 

 

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CATHERINE SMITS

Poème inédit

 

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Achille_Zavatta

Photographie ClaudeTruong-Ngoc

Achille Zavatta, le clown de mon enfance

 

DANS L"INACCESSIBLE PRESENCE...Extraits

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Nuit trop lucide
La vie bat
sous l’écorce des heures

Elle bat
simple à fleur de temps
et s’use lentement
s’éloigne à pas de neige

La mémoire
est une chemise froissée
longtemps portée
et qui encore le sera
jusqu’à la déchirure

Mais voilà la nuit
qui s’écarte un peu
pour nous laisser passer
nous laisser retrouver
la première étoile du jour
et le chemin de l’aube

Quand la rumeur
du monde nous rejoint
nous regardons monter
la flamme du soleil

et nous étonnons d’être encore

 

...

 

Tous ces mots
la plupart inutiles

Juste pour déplacer
l’ombre un peu
l’ombre trop lourde
qui écrase

Juste pour avancer
un peu plus vers là-bas
sur un chemin d’abîme

Juste pour
essuyant la vitre et
la glace sans tain des années

entrevoir la clarté du fanal
dans la chaleur duquel
comme une flambée brève
un fagot de sarments

a brûlé la maison
de l’enfance

 

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MICHEL DIAZ

https://michel-diaz.com/page/4/

 

 

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bernard liegeois AA

Photographie Bernard Liégeois

 

 

 

 

MICHEL DIAZ...Extrait

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certains jours de partage
on s’habille si justement
de la simplicité du vent
ou de la lumière exacte du ciel

qu’on habite son seul silence
au cœur du nœud léger du Temps
comme un lit d’écume
initiale
une énigme délicieuse

que la vie
tout entière
ne pèse pas plus lourd
dans l’assiette bleue de sa paume
que la langue d’un chien ami

 

 

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MICHEL DIAZ

 

 

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mamoun slama

FOURNAISE

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Voilà que tu te défends
contre l'air du temps défié
Au-delà des étés d'antan
du repos mérité de l'attelage
et de l'aire de battage  qui s'est tue
rien ne va plus

Vers le ciel gris des cimes
chauffées à blanc
au coeur des vallées
de la fournaise
la vie suffoque
les estives ont perdu la source
et le ruisseau

Il monte des hameaux de pierres
des campaniles
qui vacillent entre d'âcres  touffeurs
un silence brûlant
Les paupières rougies
tu entrevois le spectre de la soif

Désertiques nuées
sombres augures
plus rien ne te rappelle aux vérités de l'eau
et ton pas crisse
sous le figuier qui rend
le fruit immature
quand meurt le chant de ses feuilles odorantes

Le passereau fuit les sentiers
de vos lointains partages
tu te terres vers le foyer ancestral
qui se fait abri refuge
où attendre
que le crépuscule
et le grand duc enfin reviennent

La panique
guette le feu de forêt
Le désespoir
redoute l'engeance meurtrière
du chaos
des migrations irraisonnées
au plus haut des ciels
dilacérés et du mercure qui s'affole

Je n'ai plus assez de mots
un monde nouveau
en impose des myriades
qui mènent  furieuses
aux suicides assistés
des foules

Quel sens   quelle voie
suivre quand le troupeau aveugle et sourd 
gagne la barre rocheuse
D'après le maître
des deniers    selon la devise majeure
la multitude court à sa perte
et chute

Je louais jadis  tant de saines fatigues
remontant le cours des heures
et des jours que nous inventions
Complices des joies
des saisons et de la nature
en beauté
nous vivions intensément
sains comme ceints d'humbles joyaux

 

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CRISTIAN GEORGES CAMPAGNAC

 

 

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Xavier-Alexandre-Pons2

Photographie Xavier Alexandre Pons

 

 

 

UN BRASIER DE MOTS...Extrait

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Je cherche la route vers un poème. Auriez-vous rencontré pour m'aider une chose poétique, une jacinthe perdue dans août, une jeune fille belle et nue endormie dans la source.

Donnez-moi quelque chose qui m'emmène, si votre sein est beau, ouvrez votre corsage ou laissez-moi le déchirer, afin que je chante tout cela avec tout le lyrisme qui convient.

Et j'en profiterai pour avoir de la joie en en baisant la pointe et pourquoi n'aller point tout au long de la peau jusqu'à faire l'amour.

Faisons l'amour donc, faisons le poème de faire l'amour puis le poème tout court, à la fois calme et enthousiaste, hiératique et ne rendant pas compte dans le détail de nos plaisirs.

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ALAIN BORNE

 

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Photographie Tina Modotti

 

 

 

 

MIREILLE DARC...HOMMAGE

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mireille darc

Mireille Darc

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Suite....

DIALOGUE AU BOUT DES VAGUES...Extrait

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J'ai cru à l'éloquence des feuilles mortes
à Erzulie* femme d'amour qui fait bander et rougir les
sexes éparpillés
J'ai cru à Damballah* le dieu blanc aux rêves de serpents
J'ai cru aux vaccines* à résonances nègres de sueur et de
danse banda
J'ai cru à la justesse des luttes antiracistes au partage
à l'amour aux Sources du Vaucluse
J'ai cru à l'écartèlement à l'éclatement à l'orage au brasier
J'ai cru à la marée aux trêves de l'Histoire
J'ai cru aux effluves de fritures de graisse et d'huile chaude
J'ai cru au soleil sur nos rancunes et notre désarroi
J'ai cru au poisson-gros-sel aux lambis boucanés
au carangue* sur les grèves étriquées de cette terre
nôtre
J'ai cru à la parole libérée à la démence du verbe
à Port-au-Prince qui s'éveillât emmurée un matin
au milieu de peintures de jardins et de poèmes
emmêlés
J'ai cru à l'enfant qui naît à l'être défloréà l'Homme universel
à la Paix aux étoiles martyrisées
J'ai cru à tes chants taillés dans le silex l'ébène et la pierre
J'ai cru enfin à toi à ta façon d'exister à ton amour à tes mots
ces mots d'honnêteté de pureté d'intégrité
et d'aube franche

 

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GERALD BLONCOURT
Paris, Avril 1988.

 


*Erzulie: Déesse vaudou très belle et très jalouse.
*Damballah-Wedo: Dieu vaudou identifié au serpent.
*Vaccine: Tronc de bambou utilisé comme instrument de musique.
*Carangue: Dénomination créole d'un poisson très dangereux.

 

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erzulie2

Oeuvre Gérald Bloncourt " Erzulie "

LES MANUSCRITS DE QANA...Extrait

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Il était une fois, une seule, où l’homme à l’amour de la femme répondit avec honneur. Il a été une fois, une seule, où la femme eu égard de l’homme qui l’aimait. Il a été cette fois, unique, où la femme et l’homme se comprirent dans l’instant du monde où la plume s’envole, portée par la brise. Cette unique fois où un homme et une femme portèrent aux yeux du monde le fruit de leur passion fût saluée par une grande fête. L’unique étoile du nord brilla seule dans l’infini cosmos pour saluer la naissance de l’enfant prodigue, un certain soir en terre d’Orient. Cet unique enfant fruit de l’amour offre sa vie au service des hommes. Il fût une seule fois sur le Golgotha un crime unique et la nuit tomba sur les hommes. Une nuit d’espoir ou de mort, une nuit de recueillement ou de souffrance. Il a été cette fois la division entre les hommes au nom de ce qui devrait les unir. Cette séparation fatale marquée du sceau du sang. Il a été une fois l’infamie absolue de tuer l’amour au nom du pouvoir. Il aura été une nuit où l’orgueil des hommes plongea le monde pour les siècles des siècles dans le chaos du doute. Il aura été une chance, et une seule, de pouvoir racheter nos fautes, en vain ... Il est désormais des multiples fois des ersatz d’amour qui cristallisent les peurs des hommes, qui volent leur espoir, qui tuent leur amour. Il est désormais la politique non au service de l’homme mais au détriment de ses enfants qui ne savent vers quelle obédience se tourner. Il sera un nouveau siècle qui ouvrira l’âme des hommes à la reconnaissance et à la compassion. Il sera une seule fois qu’il convient de ne pas négliger. Il sera alors temps, au moins une fois, de demander pardon pour tous les crimes commis en Son Nom ...

 

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FRANCOIS XAVIER

 

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christ

 

Christ de Centuri - Cap Corse

BRUNO ODILE...Extrait

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Souverain, l’échange naît dans la déchirure de soi, là où dans un renfoncement de l’esprit, le neuf et

l’ancien font orage.

 

Les phrases transportent des fagots aux allures martiales. Un escadron de mots traverse le brouillard des plaines matinales avant de glisser sur des plaies mal refermées. Je sens la matière proche et pénétrable.

Des centaines de serments demeurent attachés les uns aux autres dans l’attente d’une libération providentielle.

 

Il m’aura fallu sarcler, puis labourer encore et encore pour extraire de la pulpe sauvage toutes les graines nourrissantes de l’espoir qu’une sobre existence a pelé jusqu’à l’effroi.

 

         Dans ce vagabondage de l’insaisissable, les pages se tournent et se retournent. Celles qui collent font ressac. Des gestes et des histoires brisées errent sur l’horizon inachevé puis flottent au-dessus de l’absence dans un vide croissant.

 

       Le chagrin intolérable qui se manifeste encore au centre de mon corps est l’usurpateur de mes sens. Il est cet imposteur qui ne tolère pas le bonheur délivré gratuitement. Il est ce purulent labyrinthe exhortant d’avoir mal pour dire.

 

Je ne désespère pas de fuir du mal-être contenu, réprimé et cadenassé au fond de mes impasses négligées.

 

Au cœur de soi-même, poitrine contre poitrine, l’âme et le corps échappent à toutes les voies closes de l’abstinence. Elles désagrègent les carences dures de la rationalité.

 

     Si tu le peux, écoute, toi aussi, gémir au fond de ton sang cette larme pénétrante, cet enfant affamé et qui ne sait le dire, ce vieillard usé qui a perdu la voix.

 

Aux fenêtres de l’existence et dans une présence subliminale subsistent encore l’aube fleurissante et l’été mourant d’une saison invraisemblable.

 

 

  Voix élastique, les ruisseaux de ma gorge sont la cathédrale de tes expressions. De ce baptême naissant en moi s’habillent les cliquetis et les accents de la furie qui occupe mon sang.

 

Une mélodie neuve chante sous les arbrisseaux. Il y a un décalage insidieux entre le son de ma parole et celle de la convenance. Des grillons déblatèrent à l’ombre de mon contenu.

 

           Temps incertains où les langues remuent, vacillent, tressaillent, pirouettent, mutent chaque jour s’enflammant d’éléments nouveaux, d’intentions primitives et de résurgences latentes.

 

    Nasses déchirées, drailles survolant les crêtes de l’azur, inaliénables voies du patrimoine humain, un troupeau de sons s’effondre des mémoires dégoulinantes d’abondantes giclées séculaires.

 

Quels sont ces mots qui se cambrent sur mes lèvres ? Quelles sont ces ondes infinitésimales défiant les murmures de ma pensée ?

 

       Aujourd’hui, l’imaginaire épouse la nostalgie du silence des étoiles et mon cœur se retrouve encagoulé par des parasites velus comme des chenilles sur une ligne d’infini.

 

      Il y a un autre monde en dehors de nos têtes brûlées. Une flamme roborative du cordon humain lèche l’absence recluse dans son lait d’oubli.

 

     Il y a une langue commune sculptée dans le rocher où la pluie n’efface que la surface. Je veux être disponible à ce qui vient du dehors, aux bruits des flèches et aux murmures de la corde tendue reliant le monde à ma petite voix intérieure.

 

           C’est entendu ! Je redeviens un buisson après l’orage et je cache sous ma poitrine la matrice d’un foyer endémique. Mais, la vérité de mon être suppute toujours les concepts et les dogmes ruminant à l’intérieur de mon crâne.

 

De toute façon, qui m’observe excepté le miroir insonore de l’éternité où ma figure se disperse ?

 

                      Ici, il n’y a que le vide répressif des lumières traversant les branches.

                Ici, dorment les eaux déchues d’oxygène et le parfum fumigène des rôts d’existence.

 

Allons ! Ne restons pas là ! Filons de cette mort invisible où tout s’efface.

 

 

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BRUNO ODILE

 

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jaya suberg2

Oeuvre Jaya Suberg

MURIELLE COMPERE-DEMARCY ...Extrait

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Et ce ciel a dévoré

jusqu’à l’avant- dernière

miette

de cette nuit aux sangs retournés

en-dedans de nos lèvres ourlées

de mots abouchés au noir de l’horreur

ô silence de cette nuit retournée

à l’envers comme la liberté de nos gestes

dans ce désastre des fenêtres

Ce qu’il restait de soleils

lucidité acide

un zeste d’humanité& de miel

gicle dans ce bleu de déveine violacée

de liberté violée

rognée en plein ciel

Ce qui veillait encore de nuit

lueur d’espoir en vie

XXIème siècle de boucherie

où des tueries barbares descendent

de nos altitudes à nos pires

mauvais rêves en plein drame

des tremblements & torpeurs

jusqu’aux fonds meurtriers

de nos outragées mémoires

démantelées

désarçonnées

/ émiettées

Abîme infini dans les astres désorbités des fenêtres

Infini désastre dans l'orbite désaxé des fenêtres…

 

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©MURIELLE COMPERE-DEMARCY

11/04/2015

 

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A

Photographie A. Kertész

 

LA VIE ENTIERE...Extrait

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"Devant le jour épais qui s'avance à pas lents

 Devant l'horrible face à face

 O coeur ouvert à tous les vents

 Et jusque dans ces bras qui cherchent le courant

 Hier demain et à présent

 

 Il n'y a rien de nouveau

 Sous le soleil de ma poitrine

 C'est toujours la même tendresse qui chemine

 Le même filet bleu qui baigne mes poumons

 Toujours ma chair à l'abandon

 

 Plus haut la tête claire

 O mon front riverain du ciel et de la terre

 Prunelles éclatées dans un printemps trop doux

 Je cours

 Et je suis fait pour aller à genoux

 

 Ne me demandez plus de partager vos armes

 Je dispose mes mains autour de ma maison

 Et ceci est mon sang et le froment des larmes."

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 RENE GUY CADOU

  Editions Seghers  2001

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FATAT BAHMAD

Oeuvre Fatat Bahmad

 

 

 

 

 

ANTONIN ARTAUD...Extrait

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" Il y a dans tout dément un génie incompris dont l'idée qui luisait dans sa tête fit peur, et qui n'a pu trouver que dans le délire une issue aux étranglements que lui avait préparé la vie."

 

 

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ANTONIN ARTAUD

 

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tchoba2,

Oeuvre Tchoba

www.tchoba.com

LA CHEMINEE

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Un poète est un homme qui regarde partir dans le feu
les mots des enfants qui le peuplent
les mots des femmes qu’il a aimées
leurs silences
Un poète est un homme qui regarde partir dans le feu
le mont-de-piété de ses incantations
le bois de sa vie en grande quantité
Il ne se consume pas
il distille l’essentiel de ses moissons
il se dépouille de toutes ses vies
de tout son désir
Il est nu quand s’avance
le poème heureux ou malheureux
Mais peu importe
Un poète est un homme qui place son espérance dans la cheminée
Une cheminée de fées sans doute
Peut-être
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PATRICKCHEMIN
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Cheminee_Fee2,

ADJIRI ODAMETEY - MALA

MIREILLE DARC...HOMMAGE

BERNARD PERROY...Extrait

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Il nous faut nous satisfaire
des chemins écartés,
des souvenirs d'enfance,

arpenter le jour,
au jour le jour,

avec le coeur insoumis
qui se projette en dehors du sentier
de nos propres habitudes,

et prendre sur soi, infiniment,
pour dépasser toute tristesse,

fixer la plus profonde des émotions,
que retiennent les ans,
celle de ne rien encore comprendre de la vie,

et c'est tant mieux...

 

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BERNARD PERROY

 

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Litsa Roussou

Photographie Litsa Roussou

 

 

 

MES NUITS VEILLENT SUR MOI LE JOUR...

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Mais qui es tu, intriguant et fidèle visiteur de mes nuits ?
Dans la foule intense et pourtant invisible,
ton bras entoure mon cou, ta main s'est arrêtée sur mon épaule
je me suis laissée emmener sans essayer de voir à qui appartenait ce collier
inattendu et rassurant.
Dans un jardin de fleurs sans parfum, assise sur un banc je n'ose te regarder
par crainte de te perdre .
Derrière , un bruit d'eau , peut- être une fontaine ?
 Le son de ta voix ne me parvient pas.
Mais qui es-tu, toi que j'espère le soir en m'endormant ?
Dans un champ de blé que le vent ondule,
je sens presque l'odeur du pain, je commençe à t'entrevoir .
Ce contact léger, proche et distant à la fois , me guide.
Un peu plus loin, la nature libre, ce n'est qu' enchevêtrement de broussailles , d'arbustes,
où quelques fleurs résistent sur de hautes tiges pour mieux respirer.
La pression de ta main se fait plus intense : tout va bien .
Mais qui es tu messager nocturne ?
Dans un atelier abandonné, des tissus jonchent le sol,
un voile bleu m'attire, j' hésite et je renonce.
Je ne trouve pas l'issue .
Je foule, délicatement, la mousseline, la soie, le coton .
Devant le voile bleu , embarassée, j' hésite encore et le lève enfin .
Une porte ouverte, je sors .
Ta main tapote doucement mon épaule, pour me féliciter sans doute.
C'est toi , fin stratège, qui attendais que j'ose.
Mais qui es tu, présence ou absence ?
Plus rien n'est cloisonné, j'avance, au milieu de gens affairés,
j'apprécie le vol d'oiseaux migrateurs,
je bois l'eau fraiche de la fontaine.
J'entends ma voix,
les espaces verts et les fleurs embaument.
La mer miroir m'invite et je n'apercois plus ta main sur mon épaule.
Mes nuits veillent sur moi le jour.
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JOSIANE
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joss

A LA PLEINE LUNE...Extrait

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Je vis dans deux époques
J'adresse mes lettres aux deux
En deux langues
Dans leurs villes je ne suis point entrée
N'ai pas bu le soufisme de miel de la première
Ni la poésie du vin de la seconde
Leur musique ne m'a point émue
Au point d'unir luth et guitare
Pour qu'en naisse un violon
Dont les cordes connaissent le secret du retour
A l'arbre



Ma plume ne cesse de flotter 

 

...

 

En moi la puissance du papillon
et la faiblesse d’un taureau
En moi la fragilité des montagnes
et la solidité du fil d’araignée
le vacarme des pattes de fourmis
et le silence de la mer
En moi la vie mourante dans le cocon
et la mort vivante chez les passants
En moi le vert des feuilles d’automne
et le jaunissement de l’herbe en mars
En moi juillet
il ne reviendra pas en juillet
En moi l’instant
où le cœur prend son repos éternel
pour que tout finisse
pour qu’en moi advienne
ce qui n’est pas encore

 

....

 

 Les volets sont grand ouverts
sur un couchant pourpre
dans le ciel passent des avions
sans bruit
emmenant les voyageurs vers leur destination
au-dessus des toits
cherchant à se poser
une nuée de colombes tournoie
les toits sont en tuile
mon cœur rouge
là-bas dans mon pays
la nuit est sans doute tombée
nuit que les avions là-bas
transforment en jour
car les avions là-bas
ne sont pas étoiles filantes
mais lunes de midi
les avions là-bas
n'emmènent pas les voyageurs vers leur destination
mais emportent les âmes au loin
ce sont des bombes
qui se posent sur les toits
non des colombes
quant aux éclairs de lumière-ci
ce ne sont que frottements de pluie d'obus
et d'âmes qui s'élèvent
ô vous qui quittez le pays à pied
écrivez dans vos notes de voyage
sur cette nuit illuminée par l'ombre
ce fut l'anniversaire d'un tyran
2 juillet 2012

 

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FADWA SULEIMANE

Traduction de Nabil El Azan

 

 

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JAYA SUBERG

Oeuvre Jaya Suberg