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Channel: EMMILA GITANA
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CONSEILS AUX MIENS POUR APRÈS MA MORT

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Merci à Marie-Paule et Raymond Farina

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Si parmi vous un jour je mourais

 - mais mourrai-je jamais -

 ne récitez pas sur mon cadavre

des versets coraniques

mais laissez-les à ceux qui en font commerce

ne me promettez pas ces deux arpents de paradis

 

- car je fus heureux sur un seul arpent de terre -

 

ne consommez pas le troisième jour après ma mort

le couscous traditionnel

ce fut là en effet mon plat préféré

ne saupoudrez pas ma tombe de graines de figue

pour que les picorent les petits oiseaux du ciel

les êtres humains en ont plus besoin

n’empêchez pas les chats d’uriner sur ma tombe

ils avaient coutume de pisser sur le pas de ma porte

tous les jeudis

et jamais la terre n’en trembla

ne venez pas me visiter deux fois par an au cimetière

je n’ai absolument rien pour vous recevoir

ne jurez pas sur la paix de mon âme en disant la vérité

ni même en mentant

votre vérité et vos mensonges me sont chose égale

quant à la paix de mon âme ce n’est point votre affaire

ne prononcez pas le jour de mes obsèques la formule rituelle :

« il nous a devancé dans la mort mais un jour nous l’y rejoindrons »

ce genre de course n’est pas mon sport favori

 

 

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SALAH GARMADI

Poète tunisien,1933-1982

 

 

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chats

 

 

 

LES TREMBLEMENTS INFIMES DE L'EFFACEMENT

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J’ai cherché la vie dans les regards du monde, entre les tremblements infimes de l’effacement et l’apparition des matières visibles.
J’ai vu des nuages blancs innerver d’eaux incendiées le ferment des jours. J’ai vu l’éclosion insaisissable des espèces, refermée dans la durée.
J’ai guetté une vérité dans l’humide chaleur des corps et des éclats de soleil sur des visages tels des papillons blancs sur la tristesse.
Espéré la béatitude dans les regards stupéfiés d’immensité et l’exhalation où le corps expire.

 

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LIONEL JUNG-ALLEGRET

" Parallaxes ", éditions Al Manar Alain Gorius

 

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ISABELLE MALZEMAT2

Oeuvre Isabelle Malzemat

isabellemalmezat.free.fr

MOUETTE, MA MOUETTE !

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- Si je te donnais un pinceau, ma mouette,

Qu’en ferais-tu ?

- Je peindrais, avec, un grand soleil radieux

Et des arcs-en-ciel sur tous les cieux !

- Si je te donnais un crayon, ma mouette,

Qu’en ferais-tu ?

- J’écrirais, avec, des chansons pour les enfants,

Je dessinerais, sur les mâts des bateaux,

Les cimes des montagnes, là-haut,

Et sur les pages des voiles,

Les pas fleuris du printemps avançant,

Avec ses myriades d’étoiles

Gazouillant, à saute-moutons, au firmament !

- Et si je te donnais une gomme, ma mouette,

Qu’en ferais-tu ?

- J’effacerais, avec, les larmes, le sang

Et tous les malheurs

Assombrissant les coeurs

Qui rêvent de bonheur

Sans peur ni soumission !

- Et si je te donnais ce poème, ma mouette,

Qu’en ferais-tu ?

- Je l’avalerais comme un poisson !

 

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MOKHTAR EL AMRAOUI

in "Arpèges sur les ailes de mes ans"

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MOUETTE

 

ZOHRA MRIMI

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Il ne tient qu'à vous de disparaître

Ou de transformer la cicatrice
En tâche de naissance
L' entretenir fleur
On ne se pose plus de questions sur ceux qui se reposent
Au dessus de vous
Le ciel n' est plus sombre
Il dénoue le silence des astres
Alors on marche sur l' eau avec quelques seaux
Doux
Il sera le nouveau breuvage

 .

 

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 .

ZORHA MRIMI

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espoir

JON HASSEL - AMSTERDAM BLUE

LES VOISINAGES DE VAN GOGH...Extrait

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Ce pays au ventre de cigale nous était pleinement communiqué par une main et un poignet.
De quelle fournaise et de quel paradis Vincent Van Gogh surgissait-il ?
Et de quelle souffrance maîtresse tenait-il ces cailloux,
ces iris et ces marais, ces étroits chemins, ces mas, ces blés,
ces vignes et ce fleuve ?
Sublimes dessins !

 

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RENE CHAR

 

 

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VAN GOGH2

Oeuvre Vincent Van Gogh

IL FAUT DE LA MUSIQUE

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Il faut de la musique aux ventres

Des arbres pleins d’âmes

Des bouquets de blondeurs à vous couper les reins

 

Il faut de la musique aux seins

Sur tous les fleuves où se déplie l’audace

Où se diluent les larmes sans caresses

Où se meuvent jardins et vitraux

 

Il faut de la musique à notre peau

Nos mots

Des ailes adoucies de pervenches au comble

de tout geste galbé

A la mouvance de nos hanches guidées par

quelque cœur venu de l’étranger

 

Il faut de la musique aux mains

Ces lieux de sortilège unique qui font de la

tendresse biblique un lien de volupté gourmande

 

Il faut de la musique au sang

Des chairs de lilas blancs aux mains adultères

Un salut permanent à la splendeur d’aimer

 

 

 

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ALPHONSE PENSA

 

 

 

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pensa

BRANCHES BASSES

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 Instant qui veut durer mais sans savoir

Tirer éternité des branches basses

Qui protègent la table où clairs et ombres

Jouent, sur ma page blanche de ce matin.

 

Autour de ces deux arbres d’abord l’herbe,

Puis la maison, puis le temps, puis demain

Pour ouvrir à l’oubli, qui déjà dissipe

Ces fruits d’hier tombés près de la table.

 

Là-bas est loin. Toutefois, c’est surtout

Ici et maintenant qui sont inaccessibles,

Plus simple est de rentrer dans l’avenir

 

Avec, pour tout à l’heure, quelque peu

De ce fruit mûr, par la grâce duquel

Du bleu se pend au vert dans la nuit de l’herbe.

 

 

 

 

Une seule prairie jusqu’à l’horizon,

Une seule pensée,

Ici nomme l’ailleurs par le vol des grues,

Je n’ai souci que de me souvenir

 

De l’à présent qui monte, c’est une vague,

De l’immense dehors réconcilié

Avec ce qui se fait et se défait

Ou se veut et déveut, dans la parole.

 

Vienne, petite fille en robe à carreaux,

La fin de tout, ce ne sera, riante,

Que le repli des mots sur la couleur.

 

De quoi s’envelopper dans la lumière

D’un jour d’été en pays étranger,

Serrant sur soi le vocable et son ombre.

 

 

 

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YVES BONNEFOY

 

 

 

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susan ryder

Oeuvre Suzanne Ryder

D'ICI LE SOIR...Extrait

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Une promesse
de livre,
comme l'eau répandue et le perron de pierre,
calcaire prend l'eau de pluie et son souvenir de mer
fait naître les mots-fossiles.
Je t'offrirai plus que l'eau des livres,
plus que les mots. Âme vive,
elle est certaine et belle
du retour menant au fond des mers
comme une ancre
prenant au sel sa densité.
La mer est une terre de mots
et les îles entrent souterraines, alcalines ou solitaires,
plus que la page, ce tournoiement des flots,
ce tourbillon nos mots ?
Ronde ondoyante, enceinte crénelée
tendue de toile
où nous écrivons encore : un temps dit le silence
et nous creusons nouvelle cette semence.
Cor au son-mémoire, appel
et dans la plaine accourt l'homme
que n'effraie pas sombre

le silence au risque du mot.

 

 

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ISABELLE LEVESQUE

 

 

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alexis congourdeau2

Oeuvre Alexis Congourdeau

LE CERF-VOLANT

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Ne me réveillez pas ce soir. N’allumez pas les lampes de vos rancœurs. Laissez-moi seulement m’apaiser de moi-même, de toutes ces larmes tombant sur le sable, de ces veillées d’absents, de ces exils acceptés, de tout ce temps ancré dans les veines de ce corps qui fatigue. Visitez-moi avec tout l’or de vos yeux, le trésor de votre présence, vos armes déposées aux pieds de nos défaites. Accompagnez-moi dans vos galeries obscures. Nous rejoindrons ensemble des beautés insoupçonnées dans les poumons de la joyeuse prairie des hommes. Et sous la bâche de nos vieux jours, nous protégeant du ciel amer, nous lèguerons à nos jeunes oiseaux le cerf-volant de notre utopie peut-être risible mais qui demeure intacte comme aux premiers élans de notre adolescence.

 

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BRUNO RUIZ

2017

 

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jacques truphemus

Oeuvre Jacques Truphemus

LE RÊVE ( LA DORMEUSE )

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Merci à Marie-Paule et Raymond Farina

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De nouveau la guerre. Il y a ici un tel cafard, une angoisse générale qui vient de tout ce qui se dit et répète sur la prochaine occupation de Nice que j’en suis très affecté par contagion et mon travail est particulièrement difficile. Heureusement je viens de finir presque un tableau commencé il y a un an et que j’ai menéà l’aventure — en somme chacun de mes tableaux est une aventure. D’abord très réaliste, une belle brune dormant sur ma table de marbre au milieu de fruits, est devenue un ange qui dort sur une surface violette — le plus beau violet que j’aie vu —, ses chairs sont de rose de fleur pulpeuse et chaude, et le corsage de sa robe a été remplacé par une blouse roumaine ancienne, d’un bleu pervenche pâle très très doux, une blouse de broderie au petit point vieux rouge qui a dû appartenir à une princesse, avec une jupe d’abord vert émeraude et maintenant d’un noir de jais. Que tu es belle, ma messagère au bois dormant! Tes yeux sont des colombes derrière leurs paupières. Et elle rêve d’un prince français prisonnier d’antan dont j’ai lu et relu les poèmes pour en faire un choix. Je me suis toujours méfié de la littérature, mais je ne l’ai pas seulement illustrée, je l’ai soigneusement, amoureusement recopiée, et l’on en trouve l’émerveillement dans mes thèmes.»

 

 

 

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HENRI MATISSE

 

 

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matisse

Oeuvre Henri Matisse

 

 

GHERASIM LUCA

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"Dans ce langage, qui sert à désigner des objets, le mot n'a qu'un sens, ou deux, et il garde la sonorité prisonnière. Qu'on brise la forme où il s'est englué et de nouvelles relations apparaissent : la sonorité s'exalte, des secrets endormis surgissent, celui qui écoute est introduit dans un monde de vibrations qui suppose une participation physique, simultanée, à l'adhésion mentale. Libérer le souffle et chaque mot devient un signal..." 

 

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GHERASIM LUCA

 

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THAM25

Photographie Thami Benkirane

https://benkiranet.aminus3.com

 

SON CORPS LEGER

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Son corps léger

est-il la fin du monde ?

c'est une erreur

c'est un délice glissant

entre mes lèvres

près de la glace

mais l'autre pensait :

ce n'est qu'une colombe qui respire

quoi qu'il en soit

là où je suis

il se passe quelque chose

dans une position délimitée par l'orage

 

Près de la glace

c'est une erreur

là où je suis

ce n'est qu'une colombe

mais l'autre pensait

: il se passe quelque chose

dans une position délimitée

glissant entre mes lèvres

est-ce la fin du monde ?

c'est un délice

quoi qu'il en soit

son corps léger respire par l'orage

 

Dans une position délimitée

près de la glace qui respire

son corps léger glissant entre mes lèvres

est-ce la fin du monde ?

mais l'autre pensait : c'est un délice

il se passe quelque chose

quoi qu'il en soit par l'orage

ce n'est qu'une colombe

là où je suis c'est une erreur

Est-ce la fin du monde qui respire

son corps léger? mais l'autre pensait :

là où je suis près de la glace

c'est un délice

dans une position délimitée

quoi qu'il en soit

c'est une erreur

 

il se passe quelque chose par l'orage

ce n'est qu'une colombe

glissant entre mes lèvres

Ce n'est qu'une colombe

dans une position délimitée

là où je suis par l'orage

mais l'autre pensait :

qui respire près de la glace

est-ce la fin du monde?

quoi qu'il en soit c'est un délice

il se passe quelque chose

c'est une erreur

glissant entre mes lèvres son corps léger

 

 

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GHERASIM LUCAS

 

 

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leonor fini2,

Oeuvre Leonor Fini

 

LA BARQUE SILENCIEUSE...Extrait

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"Il n’y a pas deux aubes.
Tous les matins du monde sont sans retour.
Il n’y a pas deux nuits.
Chaque nuit est le fond de l’espace en personne.
Il n’y a pas deux fleurs, deux rosées, deux vies.
Il faut dire à tout instant : Toi.
Il faut dire à tout ce qui vient : Arrive."

 

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PASCAL QUIGNARD

 

 

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 Oeuvre Mathilde Le Goff

 

 

 

ANNE MARGUERITE MILLELIRI...Extrait

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Tels des naufragés de haute mer
certains souvenirs s'arrachent à l'oubli
par vagues folles aux crocs d'écume,
gueules hurlantes d'incendie

Longtemps après, je les retrouve
parmi les coquillages sur le sable brûlé, paroles exténuées,
paroles nues -- lavées de tout.

Un chant de femme très doux,
la lyre d'une ancienne muse,
le vent peut-être...

 

 

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ANNE MARGUERITE MILLELIRI

 

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mer

 

DESERT

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" On ne sort jamais indemne d'un séjour au désert. On a vécu dans l'invivable et côtoyé la négation de soi. On a connu le plus extrême, le miroir de sable qui brûle les reflets, les éclairs, les ombres, le rien du dehors, les mirages du dedans. On a levé le voile qui retenait le cœur, qui déguisait le néant. La moindre parole parle d'impossible rosée. La poussière se pare d'un halo d'épopée. Il y a des rapts, des cavaliers, des blessures, des baisers qui dansent dans la lumière et sombrent au ras du sol. Un seul pas suffit à brouiller la trace des empires, et une jarre brisée, toute l'histoire des hommes.
Le temps des fiefs est passé, et passé celui des conquêtes. Salut Alexandre, bonsoir Kaniska, adieu Gengis, vous êtes de la poudre de songe, vous êtes un peu de fard sur des dagues rouillées. On ne vous envie pas vos mercenaires, vos concubines, vos victoires, vos banquets. Juste le goût du vent sur vos lèvres et ce geste de la main pour repousser l'horizon. Juste ce roulement des sabots contre la peau du monde. Juste ce mélange d'infini et de vide qui était comme l'ivresse de l'air du temps."

 

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ANDRE VELTER

 

 

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desert2

 

LE ROUGE ET LE NOIR - HOMMAGE A DANIELLE DARRIEUX

LA SOLITUDE DE L'ENFANT

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C’est souvent tard dans la vie que nous découvrons, en leur profondeur, nos solitudes d’enfant, les solitudes de notre adolescence. C’est dans le dernier quart de la vie qu’on comprend les solitudes du premier quart en répercutant la solitude du vieil âge sur les solitudes oubliées de l’enfance. Seul, très seul, est l’enfant rêveur. Il vit dans le monde de sa rêverie. Sa solitude est moins sociale, moins dressée contre la société, que la solitude de l’homme. L’enfant connaît une rêverie naturelle de solitude, une rêverie qu’il ne faut pas confondre avec celle de l’enfant boudeur. En ses solitudes heureuses, l’enfant rêveur connaît la rêverie cosmique, celle qui nous unit au monde. A notre avis, c’est dans les souvenirs de cette solitude cosmique que nous devons trouver le noyau d’enfance qui reste au centre de la psyché humaine. C’est là que se nouent au plus près l’imagination et la mémoire. C’est là que l’être de l’enfance noue le réel et l’imaginaire, qu’il vit en toute imagination les images de la réalité. Et toutes ces images de sa solitude cosmique réagissent en profondeur dans l’être de l’enfant ; à l’écart de son être pour les hommes se crée, sous l’inspiration du monde, un être pour le monde. Voilà l’être de l’enfance cosmique. Les hommes passent, le cosmos reste, un cosmos toujours premier, un cosmos que les plus grands spectacles du monde n’effaceront pas dans tout le cours de la vie. La cosmicité de notre enfance demeure en nous. Elle réapparaît en nos rêveries dans la solitude.

 

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GASTON BACHELARD

Extrait de Les rêveries de l’enfance " La poétique du rêve "

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enfant rêve

 

COMMENT

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Comment n’entends-tu pas mon amour silencieux et muet

La mer le dit pour moi en battant son jeu de vagues bavardes

La pluie l’étale au carrefour

Le répète à chaque citerne assoiffée

Ou bien le chante en notes discrètes au feuillage surpris

Comment n’entends-tu pas le silence du soleil

La cadence du silence

Ce qui vit en silence dans le jardin des yeux

La rancune gonflée d’absence

Et la valse immobile des élans étouffés

Comment

Dire

Suggérer

Faire comprendre

Mes bras toujours tendus

Mon corps toujours malade

Mon cœur aux feuilles sèches

Comment n’entends-tu pas

Le silence qui s’effondre dans la bouche

Et la bouche plus lourde qu’un aveu

Le vent le dit aux pétales

L’arbre le dit tout bas au rendez-vous de l’ombre

C’est vrai mon amour se tait

Marche à petits pas  dans le sentier des mots

Fait semblant de croire à l’habitude

Sort de temps en temps la tête de son trou

Dit mille et une choses lisses et banales

Mais il couve

Mais il crie

Mais il attend

Tu peux ne pas le prendre

Tu ne peux pas ne pas l’entendre

Il crépite trop

Comme un silence qui prend feu

 

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ERNEST PEPIN

 

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PATRICK CHEMIN...EXTRAIT

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Nous sommes laissés à l’abandon par l’espérance déçue et la réalité frontale des pierres. La pluie partage la rumeur du vallon en deux. Et contre la mousse des troncs sont adossées les chimères et les amours parfaites. Ce sont des eaux anciennes qui dictent la mémoire troublée de la source. Ainsi, c’était hier, nous étions heureux d’échanger et d’échanger encore, de changer, d’échanger le mystère de notre différence. Quel est ce nuage porteur des hivers précoces. Qui est celui qui rit dans la coulisse, qui se moque du silence archaïque et de sa figure imposée. Ne perdons plus de temps, il est tard, le hasard va rentrer.

 

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© PATRICK CHEMIN
Le 22 octobre 2017

 

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Oeuvre ?