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Channel: EMMILA GITANA
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CEREMONIES D'EXIL...Extrait

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il faut écrire

pour découdre la bouche

dans nos cicatrices
dorment des miroirs

je suis 
où cessent les mots

dans la blessure silencieuse
qui nous appelle avec des larmes

je suis né
dans l'absence des mots
le ressac et l'oubli
conjurés par les pierres

 

! DIAMON~11

 

 

MICHAEL GLÜCK

! DIAMON~11

 

 

ecriture

 

 

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CHANSON DANS LE VENT

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J'ai découvert un grand rêve de souvenirs

Les fleurs m'appellent, les fleurs ont des odeurs de femmes
Les yeux des fleurs se colorent de larmes

Les pensées vont et viennent autour de moi

Le vent change parfois de chanson
Le temps change parfois de manteau
Les fleurs parlent toujours

J'ai ma maison dans un coin de ciel

Tombé malade au milieu des fleurs
Ce soir-là, comme la vie est infinie
Je me promène dans la lune

 

 

! DIAMON~11

 

Jean-Pierre DUPREY

1946

 

! DIAMON~11

 

 

thami2,

Photographie Thami Benkirane

http://benkiranet.aminus3.com

 

 

 

POUVOIR TOUT DIRE...

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Tout dire les rochers la route et les pavés

Les rues et leurs passants les champs et les bergers
Le duvet du printemps la rouille de l'hiver
Le froid et la chaleur composant un seul fruit

Je veux montrer la foule et chaque homme en détail
Avec ce qui l'anime et qui le désespère
Et sous ses saisons d'homme tout ce qu'il éclaire
Son histoire et son sang son histoire et sa peine

Je veux montrer la foule immense divisée
La foule cloisonnée comme en un cimetière
Et la foule plus forte que son ombre impure
Ayant rompu ses murs ayant vaincu ses maîtres

La famille des mains la famille des feuilles
Et l'animal errant sans personnalité
Le fleuve et la rosée fécondants et fertiles
La justice debout le bonheur bien planté

Le bonheur d'un enfant saurai-je le déduire
De sa poupée ou de sa balle ou du beau temps
Et le bonheur d'un homme aurai-je la vaillance
De le dire selon sa femme et ses enfants

Saurai-je mettre au clair l'amour et ses raisons
Sa tragédie de plomb sa comédie de paille
Les actes machinaux qui le font quotidien
Et les caresses qui le rendent éternel

Et pourrai-je jamais enchaîner la récolte
A l'engrais comme on fait du bien à la beauté
Pourrai-je comparer le besoin au désir
Et l'ordre mécanique à l'ordre du plaisir

Aurai-je assez de mots pour liquider la haine
Par la haine sous l'aile énorme des colères
Et montrer la victime écrasant les bourreaux
Saurai-je colorer le mot révolution

L'or libre de l'aurore en des yeux sûrs d'eux-mêmes
Rien n'est semblable tout est neuf tout est précieux
J'entends de petits mots devenir des adages
L'intelligence est simple au-delà des souffrances

Comment saurai-je dire à quel point je suis contre
Les absurdes manies que noue la solitude
J'ai failli en mourir sans pouvoir me défendre
Comme en meurt un héros ligoté bâillonné

J'ai failli en être dissous corps cœur esprit
Sans formes et aussi avec toutes les formes
Dont on entoure pourriture et déchéance
Et complaisance et guerre indifférence et crime

Il s'en fallut de peu que mes frères me chassent
Je m'affirmais sans rien comprendre à leur combat
Je croyais prendre au présent plus qu'il ne possède
Mais je n'avais aucune idée du lendemain

Contre la fin de tout je dois ce que je suis
Aux hommes qui ont su ce que la vie contient
A tous les insurgés vérifiant leurs outils
Et vérifiant leur cœur et se serrant la main

Hommes continuement entre humains sans un pli
Un chant monte qui dit ce que toujours on dit
Ceux qui dressaient notre avenir contre la mort
Contre les souterrains de nains et des déments.

Pourrai-je dire enfin la porte s'est ouverte
De la cave où les fûts mettaient leur masse sombre
Sur la vigne ou le vin captive le soleil
En employant les mots de vigneron lui-même

Les femmes sont taillées comme l'eau ou la pierre
Tendres ou trop entières dures ou légères
Les oiseaux passent au travers d'autres espaces
Un chien familier traîne en quête d'un vieil os

Minuit n'a plus d'écho que pour un très vieil homme
Qui gâche son trésor en des chansons banales
Même cette heure de la nuit n'est pas perdue
Je ne m'endormirai que si d'autres s'éveillent

Pourrai-je dire rien ne vaut que la jeunesse
En montrant le sillon de l'âge sur la joue
Rien ne vaut que la suite infinie des reflets
A partir de l'élan des graines et des fleurs

A partir d'un mot franc et des choses réelles
La confiance ira sans idée de retour
Je veux que l'on réponde avant que l'on questionne
Et nul ne parlera une langue étrangère

Et nul n'aura envie de piétiner un toit
d'incendier des villes d'entasser des morts
Car j'aurai tous les mots qui servent à construire
Et qui font croire au temps comme à la seule source

Il faudra rire mais on rira de santé
On rira d'être fraternel à tout moment
On sera bon avec les autres comme on l'est
Avec soi-même quand on s'aime d'être aimé

Les frissons délicats feront place à la houle
De la joie d'exister plus fraîche que la mer
Plus rien ne nous fera douter de ce poème
Que j'écris aujourd'hui pour effacer hier .

 

 

! DIAMON~11

 

 

PAUL ELUARD

 

 

! DIAMON~11

 

 

Juan_Romero

Oeuvre Juan Romero

 

NICOLAS DIETERLE

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 ma phrase ne se brise plus contre aucune terminaison hâtive, désobligeante Elle coule généreusement, elle s'épanche dans un lit bordé par les falaises protectrices des majuscules La mesquinerie du point, cet avare, n'est plus de mise 

 

...


 j'ai supprimé le point final devant chacune de mes phrases pour que rien n'arrête la suspension mouvante, grisée, à la fois funambule et précise, de mes mots alignés Amoureusement liés, ils forment une lente fumée bleue qui se dissipe et se renouvelle sans cesse .

 

! DIAMON~11

 

NICOLAS DIETERLE

 

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sarolta-ban-surreal-

Oeuvre Sarolta Ban

UNE FEMME M'ATTEND

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C'est moi, femme, je vois mon chemin ;

Je suis austère, âpre, immense, inébranlable, mais je t'aime ;
Allons, je ne te blesse pas plus qu'il ne te faut, 
Je verse l'essence qui engendrera des garçons et des filles dignes de ces Etats-Unis ; j'y vais d'un muscle rude et attentionné,
Et je m'enlace bien efficacement, et je n'écoute nulles supplications, 
Et je ne puis me retirer avant d'avoir déposé ce qui s'est accumulé si longuement en moi, 
A travers toi je lâche les fleuves endigués de mon être,
En toi je dépose un millier d'ans en avant, 
Sur toi je greffe le plus cher de moi et de l'Amérique, Les gouttes que je distille en toi grandiront en chaudes et puissantes filles, en artistes de demain, musiciens, bardes ; 
Les enfants que j'engendre en toi engendreront à leur tour, Je demande que des hommes parfaits, des femmes parfaites sortent de mes frais amoureux ;
Je les attends, qu'ils s'accouplent un jour avec d'autres, comme nous accouplons à cette heure, Je compte sur les fruits de leurs arrosements jaillissants, comme je compte sur les fruits des arrosements jaillissants que je donne en cette heure.
Et je surveillerai les moissons d'amour, naissance, vie, mort, immortalité, que je sème en cette heure, si amoureusement.

 

 

! DIAMON~11

 

 

 WALT WHITMAN

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! DIAMON~11

 

 

 

P

 Oeuvre Paul Sieffer

CONSTANCE DES OISEAUX

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Saisons des dormances
Et nous passons
Dans le silence ascendant des arbres
Ombres sans ombre au soleil frugal
En cette veille
Même si tu doutes de la lumière
Les oiseaux dépêchent l’aube freinée d’hiver
Ecoute-les
Etourneaux pinsons mésanges
Chantent l’étoile tardive et le retour des couleurs
Et demain comme en cette veille
Leurs cœurs rapides éloigneront l’obscurité

 

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GHYSLAINE LELOUP

 

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inconnu

Artiste ?

LE BRUISSEMENT DES ARBRES DANS LES PAGES...Extrait

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L’écoute du monde intérieur

nous ferait parvenir
à cette simplicité sans limites
de pouvoir rêver grand
dans les petites heures du temps ordinaire

avec la faiblesse de croire
que dans le plus dénué
il resterait encore
cette part de ciel et d’amour
qui qualifie la vie

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GILLES BAUDRY
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SUR LES CLAVIERS

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Sur les claviers, dans la désespérance des utopies,
je sculpte des mots d'espoir et de larmes sur des avenirs d’enfants.
Sur des papiers aphones, je griffonne ce terminal de l'âge
où la raison se perd dans l'effacement des chemins.

Assis sur les certitudes d'un vieux monde
qui renie ses crimes, vend ses pesticides,
rejette son carbone et marchande la misère,
je calligraphie des cris de sang.

Je sonne le tocsin quand l'élite vomit son indifférence triomphante
alors que dans nos rues et ailleurs, le froid, la faim et le non-droit
laissent des corps sans vie le long des routes.

Je pleure car les enfants, les femmes, et les hommes esclaves
sont toujours trop loin pour toucher les consciences.
J’écris, quand Noël arrive, sur un monde qui cherche sa route.

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! DIAMON~11

 

 

JEAN-MICHEL SANANES

 

 

! DIAMON~11

 

misere

 

ERNEST PEPIN

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Je t’envoie une lettre
Que l’écume des mers a brodé
Une lettre souveraine
Née des racines du cœur
Et de la parure de ton regard de femme
Une lettre titubante
Qui s’accroche à nos souvenirs
Enorme coulée du vivre
Quand le vivre se fait chair de lumière
D’errance en errance
Jusqu’au coquillage premier
Qui chante dans tes yeux
Là où je ne suis pas

Ou sur les nuits blanches quand tes lèvres s’exilent
Dans l’allaitement des étoiles
Je t’envoie une lettre écrite sur un papier cadeau

Un seul amour l’habite
Au carrefour de nous-mêmes
Une lettre phosphorescente
Qui scintille à l’heure des orchidées
Et qui tourne comme un derviche
Pour guérir les îles vagabondes
Je n’ai pu créer des images
Ni tracer des frontières
Mes mots ont uni toute chose au-delà de moi-même
Le sel de l’origine
L’argile âpre des rêves
La foudre et l’éclair du sang
Et la promesse des fiançailles
Je suis le chant sans équivoque
Ce feu et ce lieu
Qu’aucun printemps n’a pu définir
Ma patrie est faite de rires tièdes
Qui inventent l’espace qui nous manque
De caresses de nuages gonflés de ton ombre
D’appels qui vont boire au sein
Je t’envoie une lettre de cérémonies
Une lettre de frôlement
Une lettre peinte sur l’écaille des tortues
Où s’aventurent l’ombre et la lumière
Paroles en pointillé
Cavalcades de pensées
Fourche des rêves au galop
Mémoire des désirs
Je t’envoie une lettre de miroirs silencieux
Une lettre qui chevauche l’océan des reins
A la manière d’un oiseau migrateur
Cherchant le triangle obscur et le vertige sacré
Il n’y a à lécher que la surface du jour
Avec la symphonie des algues
Chevillée à ma lettre comme un troupeau de tisons

 

! DIAMON~11

 

 

 

ERNEST PEPIN

 

! DIAMON~11

 

 

lettre

RAYMOND FARINA...Extrait

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...

 

Tu as au bout des doigts l'aurore
& tout commence à leur contact
De chacun de tes mots
de chacun de tes gestes
tu sors plus jeune qu'un désert
surpris par ton dernier visage
dans l'instant percutant
où tu n'as plus qu'étoile en tête
que fraîcheur en mémoire

Possible que demain t'élève
tout ce qui t'avait avili
Possible que deviennent
ferment de force ta faiblesse
ferment de beauté ta démence
& la mort occasion de naître

 

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RAYMOND FARINA

 

 

! DIAMON~11

 

 

 

Sarolta_Ban_92,

Oeuvre Sarolta Ban

ANNE MARGUERITE MILLELIRI...Extrait

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Il neige de blancs silences 
sur la mer. Elle
tout à ses ressacs conjugue et
ressasse la morte caresse des glaces.

La mâchoire des brisants 
déchiquette encore les souvenirs 
enfouis : 
mots-squelettes d'épaves 
peuplées d'échos de voix 
et de poissons volants,
d'ombres passantes hantant les rêves.

Il y a aussi ce chant 
qui jamais ne finit
ce chant de haute mer -- de haut Amour.

Il y a surtout ce chant de haute mer :

loin des amers 
c'est la caresse du soleil 
sur sa peau serpentine,
le grésil rieur d'éclats d'étoiles, 
broderie d'or et de nuit
à sa robe ultramarine.

Il y a écrit sur la mer
ces mots d'écume et de vent --
ce chant de haut Amour.

 

! DIAMON~11

 

 

ANNE MARGUERITE MILLELIRI

 

 

! DIAMON~11

 

 

mer2

 

 

 

 

 

UN GOÛT DE FRUIT MÛR...Extrait

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Agnès Schnell...Deux ans déjà 

 

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Je me souviens....

 

Pieds nus dans le songe

dans la fraîcheur de son eau

la main ferme de l'aîeul

le village encore assoupi

 

les mots d'ailleurs lourds en bouche

le sourire de l'ancêtre

et le gris des jours

s'installe en mode effacé....

L'enfance

telle une offrande

en rouge soleil.

 

...

 

C'était une saison aux rives incertaines

une saison sans rambardes

où l'infini côtoyait le banal.

 

En gouttes d'encre

on partageait l'intime.

 

On avait nos rêves pour seul appui.

 

...

 

Il n'y avait rien

 

rien à palper

sinon ces écarts

que nous nous imposions

pour camoufler nos écorchures

 

il y eut ces couleurs mêlées

ce fourmillement

ce coude à coude indécent.

 

Alors vint la nuit minérale

qui nous rendit durs et affamés.

 

En nos limites

nous étions trop penchés

sur nos contradictions.

 

Enfance mille-feuilles

aux pollens dorés

aux rêves extrêmes.

 

On suivait du doigt

nos sauvageries

on labourait l'air et l'eau

on semait l'infini...

 

Nos chants rythmaient

au fond de nos gorges

un tourbillon de guêpes vibrantes.

 

...

 

Désormais

nous nous traînons sur une seule aile

nous partageons nos frénésies de ruches

et toutes ces choses vaines

qui nous retardent.

Nos souvenirs de sève


de nos mots arrachés

l'ombre dure sur le jardin

les rituels de l'enfance...

La densité de la nostalgie

masque l'instant.

 

 

! DIAMON~11

 

 

 

 AGNES SCHNELL

 

 

! DIAMON~11

 

 

FRUITS SAUVAGES

 

LES CHOSES FAITES...Extrait

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"Les mots s'en vont dans ton souffle et ton souffle dans le courant venu par l'ouverture. Est-ce bien le bruit d'une main qui glisse sur de la peau ou le seul frottement des mots sur l'air? Rien n'a besoin d'être su. La certitude est immobile est 
lointaine.

La vie est son jouet cassé. "

 

 

! DIAMON~11

 

 

 BERNARD NOËL

 

 

! DIAMON~11

 

 

 

thami,

Photographie Thami Benkirane

http://benkiranet.aminus3.com

 

 

 

 

 

 

SCHUBERT - SERENADE -

J'AI TANT RÊVE

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J'ai tant rêvé 
De pouvoir voler bien au delà du soleil 
D'être toujours comme un enfant qui s'émerveille 
Oh oui! J'ai tant rêvé
J'ai tant cherché 
À remonter jusqu'à la source du bonheur 
À comprendre pourquoi soudain battait mon cœur 
Oh oui! J'ai tant cherché
J'ai tant voulu connaître
Le pourquoi, le comment 
J'ai voulu retrouver tous mes rêves d'enfant
Je n'ai jamais compris 
Pourquoi il faut
Grimper si haut
Pour voir sa vie
J'ai tant connu 
Tous ces matins 
Qui n'ont ni rime ni raison 
Tous ces demains qui n'osent pas dire leur nom 
Pourquoi l'amour
S'éteint toujours au fond du cœur?
J'ai tant connu
Tous ces matins qui n'ont ni rime ni raison 
Tous ces demains qui n'osent pas dire leur nom 
J'ai voulu voir, j'ai voulu croire 
J'ai tant rêvé
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! DIAMON~11
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HENRI SALVADOR
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! DIAMON~11

 

 .

 

 

COMME UNE PROVENDE DE PLAISIR

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La roche ruisselle         De profonds sillons 
dévoilent à nue l'empreinte des Titans
Et monte des millénaires un pérennel plain-chant 
La vie s'écoule      comme l'eau claire chantonne 
Son cours apaisé accomplit
fidèlement les desseins du printemps 
Ainsi du cycle tutélaire des choses invisibles
que la mer ravit  et rend indéfiniment à la beauté 

 

Une terre ocreuse que le couchant safrane
Des arpents parcourus de vignobles antiques 
et sains          lentement ouvragés
dont le pampre   en automne       exalte les astres 
fascine l'azur des hommes de pierres      jadis nommés 
là où cols     estives et sommets           délinéent sans fin 
métamorphoses et fantasmagories minérales

 

Je me suis rendu à l'orée d'un vaste domaine
Ressouvenance          Remembrance 
Il me parvint alors de lointaines fragrances boisées
Le torrent se révélait odoriférant
enfin revenu d'un été torride 
des morsures d'une terrible sécheresse

 

Rien n'aurait donc changé         depuis les alpages
dont on devine encore       vers les combes 
les sentes égarées 
les joyaux de la transhumance
un havre de sources obombrées

 

Des hommes sont revenus de leur passé
Ils ont recouvré la mémoire      avec l'outil 
puis réhabilité l'art ancestral des vignerons 
Aux pieds du château         du village médiéval
rebâtir ce qu'il restait de l'ancien vignoble
le chai       les dépendances en ruines        devint vital 
Les fûts de châtaigner qui débondaient 
le nectar rouge garance des origines 
furent remplacés par de nouvelles cuves de chênes 
Et les cépages auront été passionnément mariés 
comme on créa de sibyllins mélanges affolant les sens
La terre fut toute essence                 si riches de senteurs     haute en couleur dans la mer

 

Les saisons     lentement        vont caressant les desseins 
des vendanges          réveiller les sucs du noble terroir
Le vin est tiré            la récolte tiendra ses promesses 
pour le solstice d'hiver        Et la lumière jaillira 
des vrilles de la vigne 
des branches torses ployant sous la grappe mûre 
gorgée de fruits
Quel plus beau pacte d'alliance         L'amour en rêve 
l'amour songe et délire 
emporté dans le tourbillon des saveurs enchantées

 

Mon âme  ici-bas       d'entre toutes les nourritures terrestres
se joint un moment à la symphonie pastorale 
ressuscitant à jamais le premier baiser à l'aimée
Que ma Lyre     immensément humble       renaisse 
à l'alme fougue de nos caresses       ivre et tant aimante 
Qu'à ce délectable breuvage nous versions dans l'oubli
comme aux léthéennes retrouvailles des oliviers 
Rompons à la solitude des ans     privés des entraves 
et des liens douloureux du sang et du parjure

 

Il est des jours      des années qui vont en enfer 
l'attente et l'absence aux carreaux d'une vitre
y ont laissé comme le souffle de prénoms susurrés
Dionysos      aide-moi      Faut-il    désormais clamer 
combien je t'aime     Je crois en l'unique verdict 
de ton élixir 
pour me soumettre sans frein ni entrave 
une dernière fois        au feu numineux  du destin 
de ton immarcessible jeunesse

 

 

! DIAMON~11

 

 

CRISTIAN GEORGES CAMPAGNAC

A lire sur

 http://marin56.canalblog.com/archives/2017/12/21/35979002.html

Très belles photos...

 

 

! DIAMON~11

 

 

 

vallée de l'ortolo

Les orgues de la vallée de l'Ortolo, Corse du sud

 

LISIERES DU GIVRE...Extrait

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Eteignez les lampes !
Taisez les lumières !
Si je devais faire un vœu, ce serait la chaleur
De l’âtre un soir à la noirceur de charbon !

Et si je devais faire un vœu, ce serait
Que les flammes du bois de pin
Attirent ici de nombreuses personnes, parmi lesquelles
Serait peut-être celle que j’aimerais le plus –

Et si je devais faire un vœu,
Là, près du feu de l’âtre, ce serait
Qu’une petite main apeurée
Et cherchant dans l’ombre
Trouve la mienne – puis ne bouge plus –

 

 

! DIAMON~11

 

TARJEI  VESAAS

(1897-1970)

 Traduction Eva Sauvegrain et Pierre Grouix

 

! DIAMON~11

 

femme-avec-enfant-main-dans-la-main-

 

 

UNE PAIRE DE CHAUSSURES NEUVES...ENTRETIEN...Extrait

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"Quant aux anges... ils ne viennent, quand ils viennent, que pour une seconde. Mieux vaut leur parler avec peu de mots pour avoir chance de se faire entendre. Et d'ailleurs quoi leur dire. Ils ne viennent pas en leur nom. Ils viennent au nom de la vie, ils nous apprennent quelque chose et à peine nous l'ont-ils apprise, cette chose , qu'ils repartent dans un tournoiement d'ailes.Les anges et les écrivains font le même métier, métier de plume, métier d'éclair. Mais là aussi prenons un exemple. Un exemple récent, vieux d'à peine deux mille ans. Un ange s'approche d'une jeune femme de Palestine, il lui dit bonjour, vous allez avoir un enfant, il ne sera pas de votre mari, pas d'un autre homme, ce sera l'enfant béni de dieu, au revoir. C'est, vous me l'accorderez, une annonce qui afait depuis quelque bruit. Rien de plus simple, rien de plus bref qu ces paroles : l'ange ne s'est pas embarrassé de grandes formules, de longues phrases méditatives, de théories sur la génétique ou sur la psychanalyse. Il a dit ce qu'il avait à dire. Il l'a dit simplement, ce qui ne veut pas dire : sans ombre. C'est d'ailleurs çà un ange, ce n'est rien d'autre : une parole. D'où qu'elle vienne. Une parole qui vient nous délivrer par sa simplicité, nous éclairer par son mystère.Le frôlement d'ailes d'une parole pauvre."

 

 

! DIAMON~11

 

Christian BOBIN

 

! DIAMON~11

 

 

 

ailes-d-anges-

 

 

SALUT LES COPAINS, C'EST NOËL

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"L'année touche à sa fin, nous entrons dans la période des fêtes et des pieuses résolutions, les magazines titrent sur les "personnalités" qui ont "fait" 2017 ou "feront" 2018, le mot "partage" est sur toutes les lèvres... Permettez-moi donc de dire en ce soir de Noël mon admiration et mes remerciements à toutes celles et tous ceux qui font vivre une certaine idée de la république, de la fraternité, de l'humanisme, à celles et ceux qui empêchent que cette idée et que ces notions ne disparaissent complètement sous le poids des égoïsmes et des peurs.

Merci donc aux mauraudeuses et aux maraudeurs de toutes les associations qui viennent en aide aux sans abris que notre État laisse crever de froid dehors.
Merci aux montagnards et aux montagnardes qui chaussent leurs skis pour aller secourir les migrants frigorifiés et pourchassés par les forces de l'ordre, perdus dans des Alpes si dangereuses en hiver. 
Merci à celles et ceux qui ouvrent leurs portes aux exilés, qui distribuent des soupes, des duvets, des tentes (que les policiers volent et détruisent ensuite), qui assistent les demandeurs d'asile dans les démarches labyrinthiques que leur impose une administration obsédée par l'appel d'air, qui font le trajet de Roissy à 5h du matin pour protester contre une expulsion illégitime et parfois même illégale.
Merci aux militants des droits humains qui se rassemblent à 30 ou 50 sur des places dont le vide illustre notre apathie pour manifester contre une guerre en Syrie qui a déjà tué, gazé, massacré 500 000 personnes, une guerre dont nous nous sommes habitués à l'horreur, menée par un régime dont nous avons accepté que les innommables et innombrables crimes paient. 
Merci à toutes celles et tous ceux qui sortent d'eux-mêmes, de leurs meubles, de leur confort pour faire acte d'humanité sur tant d'autres sujets. 
Merci. Je sais que c'est parfois fatiguant, usant, épuisant même, que rien n'est fait pour vous faciliter la tâche, que beaucoup d'énergie est déployée pour la compliquer au contraire. Mais continuez. Nous sommes beaucoup à vous dire merci ce soir."

 

! DIAMON~11

 

 

RAPHAËL GLUCKSMANN

 

 

! DIAMON~11

 

 

 

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BELLES SAISONS...Extrait

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 Crépuscules d’hivers, lampe rouge dans la nuit, vent âpre qui se lève après la chute du jour – jardin deviné dans l’air noir, rapetissé, étouffé de neige, sapins accablés qui laissiez, d’heure en heure, glisser en avalanches le fardeau de vos bras –, coups d’éventail des passereaux effarés, et leurs jeux inquiets, leur coucher dans une poudre de cristal ténue, irisée comme la brume d’un jet d’eau… Ô tous les souvenirs d’hivers, tous les noëls de mon enfance, que cette rêverie de Noël vous rende à moi ! Que mes souvenirs, avec une chute molle et silencieuse de pétales, viennent un à un remplir cette mule étroite, tombée de mon pied nu, devant un feu échevelé où ressuscite et se consume l’image d’une enfant fraîche et saine, en tablier d’escot noir, hâlée de froid, roussie de soleil, les pieds impatients dans ses sabots de frêne noirci, et qui ne connut pas les sabots de Noël !…

...

Qu’il est chaud à mon cœur, encore, ce souvenir d’une fête glacée, sans autres cadeaux que quelques bonbons, des mandarines en chemises d’argent, un livre... La veille au soir, un gâteau traditionnel, servi vers dix heures, saucé d’une brûlante sauce de rhum et d’abricot, une tasse de thé chinois, pâle et embaumé, avaient autorisé la veillée. Feu claquant et dansant, volumes épars, soupirs des chiens endormis, rares paroles – où donc mon cœur et celui des miens puisaient-ils leur joie ? Et comment le transmettre, ce bonheur sans éclats, ce bonheur à flamme sourde, à nos enfants d’aujourd’hui ? 

...

 

 Vers décembre les enfants changeaient d’humeur, parlaient bas entre eux. Parfois ils sautaient sur place comme des chèvres, parce qu’ils pensaient à ce que Noël leur apporterait… Ou bien ils devenaient songeurs, hantés de doute, en pensant à ce que Noël ne leur apporterait pas. Petite, je pensais surtout à la nuit unique dans l’année, au trouble et à l’insomnie qui sonnait les heures. Il est difficile à un enfant d’escompter avec calme l’approche d’une félicité, même si elle se limite à un repas familial, à une veillée, à un livre neuf et des bonbons venus une fois l’an du chef-lieu. “ Je me demande, disait ma mère, pourquoi cette petite a mauvaise mine chaque fois qu’elle devrait être contente. 

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Sur la grande table, on a simplement poussé un peu de côté les livres à tranche d’or, le jeu de jacquet et la boîte à dominos, pour faire place au gâteau arrosé de rhum et au vieux frontignan décoloré… Il y a aussi le thé de Chine, qu’on me permet cette nuit-là, qui me tient éveillée et le cœur battant vite, jusqu’au jour. Il y a encore la chatte aux trois couleurs, affairée, miaulant de gourmandise, et que la jolie voix de ma mère appelle d’un long cri musical : ‘‘Mînne !’’ Il y a, partout, le chaud désordre d’une maison heureuse, livrée aux enfants et aux bêtes tendres…

 

! DIAMON~11

 

 

 

COLETTE

 

 

! DIAMON~11

 

 

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