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LA FEE DES ORTOLI ( OU FEE DU RIZZANESE )

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L'histoire se situe vers la fin du XVIIe siècle et met en scène une fée et un homme nommé Poli d'Olmiccia. Ce dernier était propriétaire du domaine de Tulono le long duquel coulait la rivière du Rizzanèse. Un jour qu'il se promenait sur ses berges. Poli s'arrêta stupéfait : au bord du trou d'eau qu'on appela par la suite Lava di a Fata (Lac de la Fée) ou encore Tufone di a Fata (Trou de la Fée), il surprit une fée en train de faire sa toilette. Selon une autre version, la fée avait profité de la belle journée pour faire sa lessive qu'elle était en train d'étendre sur une pierre. Ce jour-là, Poli n'intervint pas de crainte que la jeune femme découverte ne disparût à jamais. Mais il revint le lendemain et les jours suivants, observant cette belle dame qui, inconsciente du danger qui la menaçait, vaquait à ses occupations avant de disparaître, telle une couleuvre, dans le creux situé dans un banc rocheux de la berge droite du Rizzanèse.
Poli finit par tomber amoureux de celle à qui, chaque matin, il venait secrètement rendre visite. Et vint le jour où germa en lui l'idée de la capturer afin de persuader la belle de partager sa vie. Donc, un jour que celle-ci était tout absorbée à démêler son abondante chevelure, Poli jeta promptement un filet sur la rivière et ramena sans difficulté sa belle captive. Prise au piège, la fée écouta Poli qui, lui déclarant avec flamme son amour, lui demanda de bien vouloir l'épouser. Celle-ci en fut émue et accepta les propositions de Poli, mais à une seule condition : que jamais Poli ne cherchât, au cours de leur vie conjugale, à savoir comment elle mangeait et buvait.

Selon une autre version, elle demanda à Poli de ne jamais tenter d'apercevoir son épaule nue. Poli accepta cette condition et épousa l'élue de son cœur. Il n'y avait pas d'épouse plus admirable à Olmiccia. Celle-ci donna le jour à trois filles et trois beaux garçons qui firent le bonheur de Poli. Mais chaque jour, elle se retirait peu après dans sa chambre en emportant les restes. Nul ne savait comment elle les absorbait ni comment elle buvait. C'était là la condition du bonheur de Poli et pendant des années, il sut résister à la tentation d'en savoir davantage.

Mais un beau jour, hélas, la curiosité l'emporta... et après avoir soupé, Poli se dirigea
vers la chambre où, enfermée avec les restes du repas, la fée était secrètement en train de se sustenter. Il colla donc son œil au trou de la serrure et vit, oh ! surprise, sa femme introduire ses aliments dans une ouverture située dans son dos, ouverture dont Poli n'avait jusque-là jamais soupçonné l'existence. Mais Poli, en satisfaisant sa curiosité, venait de rompre sa promesse, ce qui allait être lourd de conséquences...

« Hélas, s'écria soudain son épouse, la fée, surprise en son secret, tu viens de faire notre malheur! » Le regard indiscret de Poli, brisant le contrat qui le liait à sa femme, détruisit du même coup leur bonheur. Ils partagèrent leurs six enfants : Poli choisit les garçons et la fée disparut avec ses trois filles. Au moment de partir, sur le seuil de la maison, la fée prédit à Poli que dès lors et jusqu'à la septième génération, la famille Poli ne compterait parmi les siens pas plus de trois héritiers mâles. Prédiction dont les mots restèrent gravés dans la mémoire des Poli « Fino alla settesima generazione, la stirpe dei Poli più di tre barbe mai generar non potrà ! » L'avenir prouva que la fée ne s'était pas trompée...

 

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ortoli2

 

 

PIERRE RABHI

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Il est urgent d’éradiquer ce principe de compétition qui place l’enfant, dès sa scolarité, dans une rivalité terrible avec les autres et lui laisse croire que s’il n’est pas le meilleur, il va rater sa vie.


Beaucoup répondent à cette insécurité par une accumulation stupide de richesses, ou par le déploiement d’une violence qui vise à dominer l’autre, que l’on croit devoir surpasser.

Aujourd’hui, on est tout fier lorsqu’un enfant de 5 ans sait manipuler la souris de l’ordinateur et compter parfaitement. Très bien. Mais trop d’enfants accèdent à l’abstraction aux dépens de leur intériorité, et se retrouvent décalés par rapport à la découverte de leur vraie vocation.

Dans notre jeune âge, nous appréhendons la réalité avec nos sens, pas avec des concepts abstraits.

Prendre connaissance de soi, c’est d’abord prendre connaissance de son corps, de sa façon d’écouter, de se nourrir, de regarder, c’est ainsi que l’on accède à ses émotions et à ses désirs.

Quel dommage que l’intellect prime à ce point sur le travail manuel. Nos mains sont des outils magnifiques, capables de construire une maison, de jouer une sonate, de donner de la tendresse.

Offrons à nos enfants ce printemps où l’on goûte le monde, où l’on consulte son âme pour pouvoir définir, petit à petit, ce à quoi l’on veut consacrer sa vie.

Offrons-leur l’épreuve de la nature, du travail de la terre, des saisons.

L’intelligence humaine n’a pas de meilleure école que celle de l’intelligence universelle qui la précède et se manifeste dans la moindre petite plante, dans la diversité, la complexité, la continuité du vivant.
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PIERRE  RABHI
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JOSE EMILIO PACHECO

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Sous le plus petit empire que l'été a rongé
s'écroulent les jours, la foi, les prévisions.
Dans la dernière vallée
la destruction s'assouvit
dans des villes vaincues que la cendre affronte.
La pluie éteint la forêt illuminée par l'éclair.
La nuit laisse son venin.
Les mots se brisent contre l'air.
Rien ne se restitue,
Rien n'accorde
La verdeur aux champs calcinés.
Ni l'eau dans son exil
Ne retournera à la fontaine
Ni les os de l'aigle
Ne retourneront à ses ailes.

 

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JOSE EMILIO PACHECO

 

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camille marceau2

Photographie Camille Marceau

JE SUIS UN HOMME...

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J'ai froid...De ce froid qui rabougrit, mène à se mettre en boule, à cacher toutes ses blessures. En demeurant aux aguets pour bondir et défendre ce qu'il me reste de valeurs. Privées, publiques...
Les secondes, aujourd'hui, me conduisent à sortir de cette léthargie, et pousser, comme on me dit, un coup de gueule. Un enfant est mort. On publie sa photo. Certains s'indignent du principe au nom de la démagogie, du populisme, de l'appel à l'émotion. D'autres disent que cela permet de ne pas parler de tous les autres massacres dont on ne s'indignerait qu'au nom de ses propres valeurs ou croyances.
J'ai entendu des premiers ministres d'anciens pays du "bloc de l'est" dire que l'accueil des migrants remettrait en cause les valeurs chrétiennes qui ont fondé l'Europe. J'entends un sinistre Ciotti, député de droite, dire qu'il faut se méfier de la générosité. Je vois un sondage où 60% des Français sont contre l'accueil des migrants.
Tout ceci, mot pour mot, ressemble aux thématiques développées dans les années 30, aux mêmes lieux, par des clones de ces personnages.
Alors gueuler, oui, gueuler. Dire haut et fort, pour reprendre d'autres mots que l'accueil des migrants n'est ni un concept, ni une problématique économique, mais juste une obligation morale au nom de notre appartenance à l'humanité, de notre richesse économique et de notre responsabilité dans les causes même de ces migrations.
L'immigration économique à la suite de la colonisation, du principe même de l'impérialisme économique qui ont conduit à concentrer dans les mêmes lieux un maximum d'êtres humains et un minimum de richesses ont créé cette situation migratoire que nous connaissons depuis un siècle. Et que nous n'avons jamais su prendre en compte avec la fraternité et la justice nécessaires.
Mais ici, il ne s'agit même plus, ou pas seulement, d'une migration économique, mais d'une migration par refus de la guerre. Une guerre dont les occidentaux sont les seuls responsables. Reprenant les mêmes lâchetés que celles qui ont conduit aux accords de Munich en 1936. Toujours cette même capitulation devant tous les totalitarismes.
Et ferons-nous, à nouveau, ce que nous avons toujours fait, avec les juifs allemands, avec les opposants au stalinisme ou au nazisme : refuser les migrants, avoir peur, développer des thèmes identitaires de repli et de valeurs d'exclusion ?
Alors, oui, un enfant est mort et son image est nécessaire. Simplement comme symbole universel de notre lâcheté collective. De nos calculs électoraux. De nos nationalismes mortifères.
Sortir de ma tanière. Lécher mes plaies. Crier très fort. Vaincre le froid. Ce sont des hommes. Je suis un homme.

 

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JEAN DIHARCE

 

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ENFANT2

AHMED BEN DHIAB

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Nous avons la sagesse du pauvre
le secret de nos rêves et de la langue
nous les ouvriers citoyens de l'écho nuptial de la terre
 nés de la cadence
du contrepoint du jour
et du collier de jasmin

de la colombe au-delà de l'évidence
et l’ordinaire horreur
un apatride
un enfant décharné
un mendiant d’eau et de cri
un otage
 un morts
sont avec nous
ils mangent à notre table
et relisent déchiffrent l’humain
ses actes ses intentions
la parenthèse et son silence
dans la bouche du locuteur absent

 

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AHMED BEN DHIAB

 

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Maurice Denis

Oeuvre Maurice denis

 

 

 

AGNES SCHNELL

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Un jour peut-être
un jour où tout sera visible
à portée de tes mots
pourras-tu nommer
les marges et les hors-champs
tout ce que tu rejetais
avec tes biffures.

Angle mort soudain
dans l’existence

on se heurte aux murs
rocs miroirs ou poussières .
On se perd de digues en lézardes
surtout la nuit
quand le corps patiente
quand la pensée court et dérape.

 

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AGNES SCHNELL

 

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AGNES,

 

 

JUARROZ

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Les paradis perdus n’existent pas.
Le paradis est une chose qui se perd tous les jours,
comme se perdent tous les jours la vie,
l’éternité et l’amour.

Ainsi perdons-nous également l’âge
qui semblait croître
et pourtant diminue chaque jour.
car le compte est à l’envers.
Ou ainsi se perd la couleur de ce qui existe,
en descendant comme un animal bien dressé
marche par marche,
jusqu’à ce que nous soyons sans couleur.

Et comme nous savons au surplus
que les paradis futurs non plus n’existent pas,
il ne reste alors d’autre issue
que d’être le paradis.

 

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ROBERTO JUARROZ

 

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nathalie magrez2

 Photographie Nathalie Magrez

ANACHRONIQUE...Extrait

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Oh tant de bleu

sur la conscience

tant de matins légers

et de brumes pudiques

votre précise fébrilité

mains féminines

ouvrant la porte aux peupliers

rassurant les choses inquiètes

vérifiant la fraîcheur des fronts

 

Pas un avril féroce

Pas un baiser amer

Et pourtant parfois

une peine comme

une écharde

quand une seule feuille

oubliait

l'allégresse du vert

quand un oiseau

doutait du ciel

quand résistant

à tes douces tisanes

l'insomnie

regardait dans les yeux

la grande nuit muette

 

Puis-je te demander

de fonder pour moi

le ciel de l'ancienne douceur

de me rendre

l'usage des larmes

pour qu'apparaisse

au bord d'un cil

clair et parfait

l'infime alpha

d'une peine de mon enfance

que mon coeur

loin très loin

dans les saisons du sang

bat comme une peine étrangère

 

Puis-je te demander

de mentir pour moi

de nouveau

comme savent mentir les fables

 

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RAYMOND FARINA

 

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eddie o'brian

Photographie Eddie O'Brien

 

 

 

 

MILES DAVIS - Just Squeeze Me (But Don't Tease Me)

HYMNES A LA NUIT..Extrait

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" Vers le bas je me tourne, vers la sainte, l’ineffable, la mystérieuse Nuit. Le monde est loin - sombré en un profond tombeau - déserte et solitaire est sa place. Dans les fibres de mon cœur souffle une profonde nostalgie. Je veux tomber en gouttes de rosée et me mêler à la cendre. - Lointains du souvenir, souhaits de la jeunesse, rêves de l’enfance, courtes joies et vains espoirs de toute une longue vie viennent en vêtements gris, comme des brouillards du soir après le coucher du soleil. La Lumière a planté ailleurs les pavillons de la joie. Ne doit-elle jamais revenir vers ses enfants qui l’attendent avec la foi de l’innocence ?
Que jaillit-il soudain de si prémonitoire sous mon cœur et qui absorbe le souffle douceâtre de la nostalgie ? As-tu, toi aussi, un faible pour nous, sombre Nuit ? Que portes-tu sous ton manteau qui, avec une invisible force, me va à l’âme ? Un baume précieux goutte de ta main, du bouquet de pavots. Tu soulèves dans les airs les ailes alourdies du cœur. Obscurément, ineffablement nous nous sentons envahis par l’émoi - je vois, dans un joyeux effroi, un visage grave, qui, doux et recueilli, se penche vers moi, et sous des boucles infiniment emmêlées montre la jeunesse chérie de la Mère. Que la Lumière maintenant me semble pauvre et puérile - heureux et béni l’adieu du jour ! - Ainsi c’est seulement parce que la Nuit détourne de toi les fidèles, que tu as semé dans les vastitudes de l’espace les globes lumineux, pour proclamer ta toute-puissance - ton retour - aux heures de ton éloignement. Plus célestes que ces étoiles clignotantes, nous semblent les yeux infinis que la Nuit a ouverts en nous. Ils voient plus loin que les plus pâles d’entre ces innombrables armées stellaires - sans avoir besoin de la Lumière ils sondent les profondeurs d’un cœur aimant - ce qui remplit d’une indicible extase un espace plus haut encore. Louange à la reine de l’univers, à la haute révélatrice de mondes sacrés, à la protectrice du céleste amour - elle t’envoie vers moi - tendre Bien-Aimée - aimable soleil de la Nuit, - maintenant je suis éveillé - car je suis tien et mien - tu m’as révélé que la Nuit est la vie - tu m’as fait homme - consume mon corps avec le feu de l’esprit, afin que, devenu aérien, je me mêle à toi de plus intime façon et qu’ainsi dure éternellement la Nuit Nuptiale."

 

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NOVALIS

 

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nathalie magrez,

Photographie Nathalie Magrez

N'OUBLIE PAS LES CHEVAUX ECUMANTS DU PASSE...Extrait

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"Lorsque nous confondons le passé avec ses désastres et ses faillites, sa poussière et ses ruines, nous perdons accès à ce qui se dissimule derrière ; à l'abri des regards : le trésor inépuisable, le patrimoine fertile...
Car bon gré mal gré nous vivons sur l'acquis multimillénaire de ceux qui nous ont précédés. Nous foulons la terre des morts, habitons leurs maisons, bien souvent ensemençons leurs terres, cueillons les fruits des arbres qu'ils ont plantés, terminons les phrases qu'ils ont commencées. Pas un coin de rue, pas une route, pas un pont, pas un tunnel, pas un paysage où n'ait oeuvré une foule invisible.
Cette conscience de l'intangible, loin de peser ou d'alourdir, ouvre le coeur de l'intelligence."

 

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CHRISTIANE SINGER

 

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Jamil Naqsh14,

Oeuvre Jamil Naqsh

 

ALBERT CAMUS - DISCOURS DE RECEPTION DU PRIX NOBEL ( Décembre 1957 )

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Sire, Madame, Altesses Royales, Mesdames, Messieurs,

En recevant la distinction dont votre libre Académie a bien voulu m'honorer, ma gratitude était d'autant plus profonde que je mesurais à quel point cette récompense dépassait mes mérites personnels. Tout homme et, à plus forte raison, tout artiste, désire être reconnu. Je le désire aussi. Mais il ne m'a pas été possible d'apprendre votre décision sans comparer son retentissement à ce que je suis réellement. Comment un homme presque jeune, riche de ses seuls doutes et d'une œuvre encore en chantier, habituéà vivre dans la solitude du travail ou dans les retraites de l'amitié, n'aurait-il pas appris avec une sorte de panique un arrêt qui le portait d'un coup, seul et réduit à lui-même, au centre d'une lumière crue ? De quel cœur aussi pouvait-il recevoir cet honneur à l'heure où, en Europe, d'autres écrivains, parmi les plus grands, sont réduits au silence, et dans le temps même où sa terre natale connaît un malheur incessant ?

J'ai connu ce désarroi et ce trouble intérieur. Pour retrouver la paix, il m'a fallu, en somme, me mettre en règle avec un sort trop généreux. Et, puisque je ne pouvais m'égaler à lui en m'appuyant sur mes seuls mérites, je n'ai rien trouvé d'autre pour m'aider que ce qui m'a soutenu tout au long de ma vie, et dans les circonstances les plus contraires : l'idée que je me fais de mon art et du rôle de l'écrivain. Permettez seulement que, dans un sentiment de reconnaissance et d'amitié, je vous dise, aussi simplement que je le pourrai, quelle est cette idée.

Je ne puis vivre personnellement sans mon art. Mais je n'ai jamais placé cet art au-dessus de tout. S'il m'est nécessaire au contraire, c'est qu'il ne se sépare de personne et me permet de vivre, tel que je suis, au niveau de tous. L'art n'est pas à mes yeux une réjouissance solitaire. Il est un moyen d'émouvoir le plus grand nombre d'hommes en leur offrant une image privilégiée des souffrances et des joies communes. Il oblige donc l'artiste à ne pas se séparer ; il le soumet à la vérité la plus humble et la plus universelle. Et celui qui, souvent, a choisi son destin d'artiste parce qu'il se sentait différent apprend bien vite qu'il ne nourrira son art, et sa différence, qu'en avouant sa ressemblance avec tous. L'artiste se forge dans cet aller retour perpétuel de lui aux autres, à mi-chemin de la beauté dont il ne peut se passer et de la communautéà laquelle il ne peut s'arracher. C'est pourquoi les vrais artistes ne méprisent rien ; ils s'obligent à comprendre au lieu de juger. Et s'ils ont un parti à prendre en ce monde ce ne peut être que celui d'une société où, selon le grand mot de Nietzsche, ne règnera plus le juge, mais le créateur, qu'il soit travailleur ou intellectuel.

Le rôle de l'écrivain, du même coup, ne se sépare pas de devoirs difficiles. Par définition, il ne peut se mettre aujourd'hui au service de ceux qui font l'histoire : il est au service de ceux qui la subissent. Ou sinon, le voici seul et privé de son art. Toutes les armées de la tyrannie avec leurs millions d'hommes ne l'enlèveront pas à la solitude, même et surtout s'il consent à prendre leur pas. Mais le silence d'un prisonnier inconnu, abandonné aux humiliations à l'autre bout du monde, suffit à retirer l'écrivain de l'exil chaque fois, du moins, qu'il parvient, au milieu des privilèges de la liberté, à ne pas oublier ce silence, et à le relayer pour le faire retentir par les moyens de l'art.

Aucun de nous n'est assez grand pour une pareille vocation. Mais dans toutes les circonstances de sa vie, obscur ou provisoirement célèbre, jeté dans les fers de la tyrannie ou libre pour un temps de s'exprimer, l'écrivain peut retrouver le sentiment d'une communauté vivante qui le justifiera, à la seule condition qu'il accepte, autant qu'il peut, les deux charges qui font la grandeur de son métier : le service de la vérité et celui de la liberté. Puisque sa vocation est de réunir le plus grand nombre d'hommes possible, elle ne peut s'accommoder du mensonge et de la servitude qui, là où ils règnent, font proliférer les solitudes. Quelles que soient nos infirmités personnelles, la noblesse de notre métier s'enracinera toujours dans deux engagements difficiles à maintenir : le refus de mentir sur ce que l'on sait et la résistance à l'oppression.

Pendant plus de vingt ans d'une histoire démentielle, perdu sans secours, comme tous les hommes de mon âge, dans les convulsions du temps, j'ai été soutenu ainsi : par le sentiment obscur qu'écrire était aujourd'hui un honneur, parce que cet acte obligeait, et obligeait à ne pas écrire seulement. Il m'obligeait particulièrement à porter, tel que j'étais et selon mes forces, avec tous ceux qui vivaient la même histoire, le malheur et l'espérance que nous partagions. Ces hommes, nés au début de la première guerre mondiale, qui ont eu vingt ans au moment où s'installaient à la fois le pouvoir hitlérien et les premiers procès révolutionnaires, qui furent confrontés ensuite, pour parfaire leur éducation, à la guerre d'Espagne, à la deuxième guerre mondiale, à l'univers concentrationnaire, à l'Europe de la torture et des prisons, doivent aujourd'hui élever leurs fils et leurs œuvres dans un monde menacé de destruction nucléaire. Personne, je suppose, ne peut leur demander d'être optimistes. Et je suis même d'avis que nous devons comprendre, sans cesser de lutter contre eux, l'erreur de ceux qui, par une surenchère de désespoir, ont revendiqué le droit au déshonneur, et se sont rués dans les nihilismes de l'époque. Mais il reste que la plupart d'entre nous, dans mon pays et en Europe, ont refusé ce nihilisme et se sont mis à la recherche d'une légitimité. Il leur a fallu se forger un art de vivre par temps de catastrophe, pour naître une seconde fois, et lutter ensuite, à visage découvert, contre l'instinct de mort à l'œuvre dans notre histoire.

Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu'elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse. Héritière d'une histoire corrompue où se mêlent les révolutions déchues, les techniques devenues folles, les dieux morts et les idéologies exténuées, où de médiocres pouvoirs peuvent aujourd'hui tout détruire mais ne savent plus convaincre, où l'intelligence s'est abaissée jusqu'à se faire la servante de la haine et de l'oppression, cette génération a dû, en elle-même et autour d'elle, restaurer, à partir de ses seules négations, un peu de ce qui fait la dignité de vivre et de mourir. Devant un monde menacé de désintégration, où nos grands inquisiteurs risquent d'établir pour toujours les royaumes de la mort, elle sait qu'elle devrait, dans une sorte de course folle contre la montre, restaurer entre les nations une paix qui ne soit pas celle de la servitude, réconcilier à nouveau travail et culture, et refaire avec tous les hommes une arche d'alliance. Il n'est pas sûr qu'elle puisse jamais accomplir cette tâche immense, mais il est sûr que partout dans le monde, elle tient déjà son double pari de vérité et de liberté, et, à l'occasion, sait mourir sans haine pour lui. C'est elle qui mérite d'être saluée et encouragée partout où elle se trouve, et surtout là où elle se sacrifie. C'est sur elle, en tout cas, que, certain de votre accord profond, je voudrais reporter l'honneur que vous venez de me faire.

Du même coup, après avoir dit la noblesse du métier d'écrire, j'aurais remis l'écrivain à sa vraie place, n'ayant d'autres titres que ceux qu'il partage avec ses compagnons de lutte, vulnérable mais entêté, injuste et passionné de justice, construisant son œuvre sans honte ni orgueil à la vue de tous, sans cesse partagé entre la douleur et la beauté, et voué enfin à tirer de son être double les créations qu'il essaie obstinément d'édifier dans le mouvement destructeur de l'histoire. Qui, après cela, pourrait attendre de lui des solutions toutes faites et de belles morales ? La vérité est mystérieuse, fuyante, toujours à conquérir. La liberté est dangereuse, dure à vivre autant qu'exaltante. Nous devons marcher vers ces deux buts, péniblement, mais résolument, certains d'avance de nos défaillances sur un si long chemin. Quel écrivain, dès lors oserait, dans la bonne conscience, se faire prêcheur de vertu ? Quant à moi, il me faut dire une fois de plus que je ne suis rien de tout cela. Je n'ai jamais pu renoncer à la lumière, au bonheur d'être, à la vie libre où j'ai grandi. Mais bien que cette nostalgie explique beaucoup de mes erreurs et de mes fautes, elle m'a aidé sans doute à mieux comprendre mon métier, elle m'aide encore à me tenir, aveuglément, auprès de tous ces hommes silencieux qui ne supportent, dans le monde, la vie qui leur est faite que par le souvenir ou le retour de brefs et libres bonheurs.

Ramené ainsi à ce que je suis réellement, à mes limites, à mes dettes, comme à ma foi difficile, je me sens plus libre de vous montrer pour finir, l'étendue et la générosité de la distinction que vous venez de m'accorder, plus libre de vous dire aussi que je voudrais la recevoir comme un hommage rendu à tous ceux qui, partageant le même combat, n'en ont reçu aucun privilège, mais ont connu au contraire malheur et persécution. Il me restera alors à vous en remercier, du fond du cœur, et à vous faire publiquement, en témoignage personnel de gratitude, la même et ancienne promesse de fidélité que chaque artiste vrai, chaque jour, se fait à lui-même, dans le silence.

 

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ALBERT CAMUS

 

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colombe2,

 

 

NOUS ALLIONS AU VERGER....

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Nous allions au verger cueillir des bigarreaux.
Avec ses beaux bras blancs en marbre de Paros,
Elle montait dans l’arbre et courbait une branche ;
Les feuilles frissonnaient au vent ; sa gorge blanche,
O Virgile, ondoyait dans l’ombre et le soleil ;
Ses petits doigts allaient chercher le fruit vermeil,
Semblable au feu qu’on voit dans le buisson qui flambe.
Je montais derrière elle ; elle montrait sa jambe,
Et disait : « Taisez-vous ! »à mes regards ardents,
Et chantait. Par moments, entre ses belles dents,
Pareille, aux chansons près, à Diane farouche,
Penchée, elle m’offrait la cerise à sa bouche ;
Et ma bouche riait, et venait s’y poser,
Et laissait la cerise et prenait le baiser

 

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VICTOR HUGO

 

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CERISE2

MUSIQUE...

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O musique, écho d'un autre monde, soupir d'un ange qui réside en nous, lorsque la parole est sans puissance, lorsque tous les sentiments sont muets dans nos cœurs, toi seule est la voix par laquelle les hommes s'appellent du fond de leur prison, c'est toi qui fais cesser leur isolement et réunis les soupirs qu'ils poussent dans la solitude.

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JOHANN PAUL FRIEDRICH RICHTER

 

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VOUS DE LA SYRIE...

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Dédiée à Maram Al Masri

 

Vous de la Syrie

Vous qui élevez haut les arbres de la liberté

Vous que les matins fusillent sans sourciller

Sans se soucier d’épargner vos genoux

Je vous tiens la main

Parce que la main de l’homme vaut l’homme

Vous qui apprenez la douleur des précipices

La terreur des chars

L’enfant incrédule  devant le silence

Vous qui saignez du sang des humains

Je vous tends la main

Car une main peut être une feuille de justice

Vous dont le soleil pleure

Au midi de la mort

Vous dont les murs crient sous les balles

Mères défigurées par la  torture d’aimer

Pères tombés dans la tombe étonnée

Frères et sœurs

Je ne puis pas me taire

Je vous ouvre ma main pour nourrir vos étoiles

Je ne puis pas me taire car mon sang est en jeu

Le sang du monde est en jeu

Depuis tant de jours le deuil enfonce vos portes

Ouvre vos fenêtres

Change vos vêtements et la couleur de vos yeux

Depuis tant de jours

Les oiseaux chantent la mort

Mais la ville résiste

Pleure

 et résiste

et pleure

et résiste

Parce que la liberté est si fragile  qu’elle est invincible

C’est une fleur solide

Un papillon de fer

Une étoile qui persiste et signe sa lumière

Vous de la Syrie

Inépuisable est la douleur  des palmiers

Le plus rouge des sables s’égoutte au sablier

La liberté n’a pas besoin de Président

Elle a besoin d’exemples

On ne tue pas un miracle qui dit non

Vous de la Syrie

Le printemps craque de toutes ses fleurs

Je me joins au cortège du sacrifice

Et dans ma main naît le sang de ma solidarité

La plus belle canonnade est la canonnade du cœur

Et ce désir de liberté que la mort déracine

Je l’ai nommé arbre du monde

Je l’ai planté dans la douleur  du monde

Et  je regarderai  ses fruits

Je soupèserai ses fruits qui nous attendent

Et je vous dirai merci pour la leçon d’honneur

 

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ERNEST PEPIN

Faugas/Lamentin/Guadeloupe

Le 15 septembre 2011

 

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Jamil Naqsh9,

Oeuvre Jamila Naqsh

UNE HISTOIRE DE BLEU...Extrait

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Indéfiniment, le bleu s'évade.

Ce n'est pas, à vrai dire, une couleur. Plutôt une tonalité, un climat, une résonance spéciale de l'air. Un empilement de clarté, une teinte qui naît du vide ajouté au vide, aussi changeante et transparente dans la tête de l'homme que dans les cieux.
L'air que nous respirons, l'apparence de vide sur laquelle remuent nos figures, l'espace que nous traversons n'est rien d'autre que ce bleu terrestre, invisible tant il est proche et fait corps avec nous, habillant nos gestes et nos voix. Présent jusque dans la chambre, tous volets tirés et toutes lampes éteintes, insensible vêtement de notre vie.

 

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JEAN-MICHEL MAULPOIX

 

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PAUL ELIE RANSON2

Oeuvre Paul Elie Ranson

 

 

 

WERNER HORNUNG, GEORGES REDHAWK

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Oeuvre de Werner Hornung, mise en mouvement par Georges Redhawk

EROS, L'ANGE GARDIEN DE LA VIE

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La vie demeure un mystère. Des nos jours, la science l’approche uniquement par ses manifestations et selon les conditions dans lesquelles elle se manifeste.

L’homme est le seul à subjectiver la joie par laquelle toute vie se révèle. La vie en elle-même ne nous intéresse pas, mais son éprouvé. L’évidence de la vie est le contraire du vide caractérisé par la sensation d’être mort.

Dans une perspective psychanalytique, la vie est affectivité, sentiment de réplétion subjective. La vie commence avec le pouvoir d’être affecté et devient subjectivité lorsqu’elle est éprouvée et reconnue par l’ego, aussi la vie, l’affectivité ne se révèlent que dans la subjectivité. La clinique nous montre que le pouvoir de sentir l’homme le tient d’un corps vivant créé par l’amour et le désir de l’Autre.

Lorsque le petit de l’homme vient au monde, il n’éprouve pas la vie, il ne fait que pâtir d’elle car il n’a pas encore la maturité psychique qui lui donne la conscience de lui-même. Néanmoins la vie ne se révèle pas de la même façon pour tous. Un enfant soigné, nourri, cajolé, aimé, s’éveille au monde dans la joie, il est déjà un fils d’Éros. Par contre, celui qui naît dans la violence, la maltraitance, ou l’abandon, habité dès lors par le sentiment d’être mort, est condamnéà la jouissance de Thanatos.

Éros tend au maintient de la vie par la fusion des éléments générateurs de celle-ci, il est une force créative qui se manifeste par des formes nouvelles de plus en plus complexes.

Thanatos, pour sa part, est une volonté de retour à l’état initial d’avant la vie, il vise la mort par la désintégration de la forme vivante. Aussi Éros construit la vie et Thanatos la détruit.

Mais Éros et Thanatos n’agissent jamais seuls, ils s’imbriquent et
se dés imbriquent constamment ce qui fait de nous ces êtres profondément conflictuels et imprévisibles.

 

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CLAUDIA CAMARENA DE OBESO

 

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MILES DAVIS QUINTET - It Never Entered My Mind

AU SYBILLIN BALLET DE LA MER

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Ô mon immensité hyaline
ma nuit perse     au visage voilé

De renaître à ton choeur sombre
perpétuel et vague
à l'étreinte des vagues 

Où divaguent le profond hiver
des ciels  les vastités confondues
 L'esquisse sublime
de nos arabesques insensées

 chaque fois nous révèle
harmonique à ton plain-chant
Que ne  m'emporterez-vous assez   Comme la danse
de l'amour transcende et saoule
embrase l'essence d'une ivresse
à nulle autre pareille

Et c'est au long poème
de l'absence
que vont sans rime
le penser de l'âme
dont je sais les vertiges
de l'absinthe  le mirage de la foi

Nous serons de retour
par les horizons qui vont
de lames en rochers
happer les confins d'un cri
que le silence de l'amer souligne
lointainement

Océane dérive
humble sillage de nous éperdu
l'harmonie est une trace
fugace   nobles desseins
qui nous rassemblent
au coeur de blanches nues

Je vois en cet intant
que l'onde reine enchâsse
par le tumulte vaporeux
des vents et de l'embrun
se dissoudre l'amertume
l'encens du chagrin       

Alors

Puissé-je ne jamais faillir
aux accords d'un songe
à l'illusion qu'Océan
m'accorde en voguant
par-delà les murs dilacérés
de l'intranquilité

 

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CRISTIAN GEORGES CAMPAGNAC

 

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werner hornung

Oeuvre Werner Hornung