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Channel: EMMILA GITANA
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AUX PORTES INTERDITES...Extrait

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 Dans le silence qui le fuit
Une ombre se défait
Et suit la dispersion des ailes
Entendras-tu ces cris
Le frémissement de la pierre
Usée par la poussière
A ces retours mal préparés
Aucun accueil n’est réservé
Selon le désir des errants
Qui retrouvent pour la seconde fois
Un silence perpétuel que rien ne brise 

 

.

 

PAUL PUGNAUD

 

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thami,,,2

Photographie Thami Benkirane

AUX PORTES INTERDITES...Extrait

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Les chemins sont perdus
Une voie nouvelle remplace
Les orbes tracées sur le ciel
Un cri traverse l’étendue
Derrière les rideaux épars
Il n’y a pas d’autres repères
Pour la mesure d’un espace
Où le voyage s’aventure
Pays traversé par le vent
S’enlaçant autour de nos corps
Comme une force qui regroupe
Les éclats dispersés de la lumière

...

Faut-il prendre les voies secrètes
Les portes s’ouvrent
et se ferment
Comme battues par l’ouragan
Ici les voyageurs s’arrêtent
Ils n’osent pas aller plus loin
Ni découvrir la nuit éteinte
Attendant un nouveau jour
Comme des arbres qui s’abattent
En délivrant ciel et oiseaux

...

Ces mouvements équilibrés
Eclairent l’ombre qui s’enfuit
Les portes s’ouvrent et voient
Les passages secrets
A travers l’ombre de la vie
Immobile dans le silence
De l’air figé
Quand il se lève sur nos yeux
Dans la brise d’une aube claire
Nous célébrons
La révolte de la lumière


.

 

PAUL PUGNAUD

 

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arbre rouge serge fiorio,

Oeuvre Serge fiorio

http://www.sergefiorio.canalblog.com

 

 

 

 

 

CLOCHES

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J’ai quitté mon nid de pierres
Sur un bel oiseau d’airain
Vos douleurs me sont légères
Je suis la mort des marins

J’apprends la tendresse aux hommes
Que j’étreins sans les briser
Je suis l’amour d’un fantôme
Que se souvient d’un baiser

L’hiver conduit mon cortège
Et pour singer ses façons
J’ai mis ma robe de neige
Je suis la mort des chansons

Les cœurs d’amants pour nous suivre
Ôtant leurs manteaux de rois
Prennent des robes de givre
Les morts habitent le froid

Dans un haut grenier de pierres
Où la lune nous attend
Au galant que je préfère
Je souris avec les dents

Les baisers que je lui donne
Sont muets comme les lys
Dont la pâleur l’emprisonne
Au fond des jours abolis

Cloches d’or cloches de terre
Sonnez en vain dans le sang
J’ai des ciseaux de lumière
Je suis l’oubli des absents

J’ai semé sur votre face
Les iris couleur de temps
Qu’avec mes ciseaux de glace
Mes mains coupent dans le vent

La fleur sans ombre des larmes
A fait s’ouvrir dans les cieux
Au jour qui jette ses armes
Un ciel plus froid que vos yeux

Ainsi j’efface une voile
Et rends au vent sa pâleur
Qui pleure avec les étoiles
Dont elle effeuille le cœur

 

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JOE BOUSQUET

 

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remi lemenicier photographies1

Rémi Lemenicier Photographies

http://www.remilemenicierphotographies.com/

 

 

THIERRY METZ...Extrait

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...

comme on aperçoit tout-à-coup
durant une fraction de seconde à peine
la plaine
et tous les reliefs endormis
lorsque l’éclair déchire la nuit

tu comprends

avec soudain
cette certitude

qu’il était là depuis toujours
il était là sur le bord du chemin
il était là

une écriture de chair et de sang
de celles qui viennent frapper à ta porte
fermement
jusqu’à ce que tu lui ouvres

lorsque tu l’invites à entrer
elle s’en vient
dans toute la lumière
d’une aube d’été
bouleverser ta perception du monde
transformer tes paysages intérieurs
portant en elle
des effluves de terre et de plus-que-réalité

il ne te reste qu’à confier ta demeure
tout entière
à ses mains d’orfèvre
qui longtemps
très longtemps
apprivoisant le feu
à coup de poèmes forgés martelés
ciselant sa douleur
ont tenté de dire
ont tenté la vie
malgré tout

à bout de mots
l’homme a cessé de lutter
fuyant ce corps trop plein
du vide
laissé par son fils
il est parti le rejoindre

reste le poète
dont les mots sont ces brins tressés
jetés entre hier et demain
sur lesquels nous marchons
funambules
à sa suite

 

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THIERRY METZ

 

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serge fiorio1

Oeuvre Serge Fiorio

http://www.sergefiorio.canalblog.com

 

 

JONAS...Extrait

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...

voilà, amour
tout est prêt maintenant
tu peux naître !
ta vie est neuve mais porte,
empreintes en ton corps-âme :
l’histoire des tiens et toute la
capoeira de la forêt primordiale

...

dangers, danses et défenses
peurs et prostrations
inscrits en toi en miniature
attendent leur moment pour éclore
le chant de tes ancêtres
est le nid d’où tes rêves
prendront leur envol 

...

 .

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NANCY HUSTON

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nath2

Photographie Nathalie Magrez

 

 

 

 

 

 

 

JEAN SENAC...Extrait

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N'empêchez pas la pierre
de s'accrocher à ma voix
elle est plus souple que la mer
entre les doigts

 Elle reconnait son hôte
elle vous aime mieux que moi
au coeur éteint elle apporte
un oiseau pour l'éveiller
un poisson pour l'échauffer
et la trame des genêts

 N'empêchez pas le sable
de m'indiquer le chemin
il est toujours agréable
de se perdre dans sa main

 N'empêchez pas le sang
de lier chaque parole
les gerbes ne sont pas folles
l'été n'est pas le printemps

 Et moi j'essaie de poser
ma joue sur un mot fidèle.

.

 

JEAN SENAC

 

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Samantha Keely Smith

Oeuvre Samantha Keely Smith

RENE CHAR...

CE N'EST QUE VIVRE...Extrait

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Peut-être n'est-il pas,
hélas,
de phares dans la nuit ?
Que sommes-nous
sinon reflets de lune et vibrations du vide,
nuances et passages
fluctuations
flux et reflux,
et le creux et le grouillement
et le désordre et l'harmonie
.
Nos géographies s'éparpillent
Nos terres s'érodent
et se désorientent
Nous n'avons inventé ni l'axe ni l'éclat
Nous sommes méandres et mouvances
oscillations et scintillements
.
N'est-il pas,
oh, n'est-il pas,
quelque part,
une île fourmillante et nue,
gonflée de sève,
une île où vivre est une vitre claire,
un miroitement d'or ?
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COLETTE GIBELIN
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colette

POEME A CRIER...Extrait

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Tant de fois
tu as consolé        écouté
tant de fois tu as été
 le nid qui repose
celle qui offrait
la conque de ses mains
pour protéger la flamme naissante
pour élever la tige trop frêle
ou redresser l’instable

.

Tant de fois tu t’es tendue
vers le manque        vers le vide
vers ce qui t’effrayait tant
tant de fois tu aurais aiméêtre bercée.

.

Voici de ta chair
des fruits humains et tendres
à protéger        à caresser
toi qui cherches encore
 où faire halte.
De ta chair
des fruits secs aussi et morts
et tous ces mots jetés
expulsés par dérision
alors que c’est le noyau
que  tu refusais
et refuses encore…

...

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AGNES SCHNELL

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Tomasz Alen Kopera10,

Oeuvre Tomasz Alen Kopera

DU TEMPS

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Dans l'eau du temps qui coule à petit bruit,
Dans l'air du temps qui souffle à petit vent,
Dans l'eau du temps qui parle à petits mots
Et sourdement touche l'herbe et le sable ;
Dans l'eau du temps qui traverse les marbres,
Usant au front les rêves des statues,
Dans l'eau du temps qui muse au lourd jardin,
Le vent du temps qui fuse au lourd feuillage
Dans l'air du temps qui ruse aux quatre vents,
Et qui jamais ne pose son envol,
Dans l'air du temps qui pousse un hurlement
Puis va baiser les flores de la vague,
Dans l'eau du temps qui retourne à la mer,
Dans l'air du temps qui n'a point de maison,
Dans l'eau, dans l'air, dans la changeante humeur
Du temps, du temps sans heure et sans visage,
J'aurai vécu à profonde saveur,
Cherchant un peu de terre sous mes pieds,
J'aurai vécu à profondes gorgées,
Buvant le temps, buvant tout l'air du temps
Et tout le vin qui coule dans le temps.

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GEO NORGE

 

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Helga_Berger_lac

Oeuvre Helga Berger

CHRISTIAN VIGUIE...Extrait

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Ne t'intéresse pas le paysage
qui s'ouvre sur l'extraordinaire
simplement tu peux rester ébahi
devant une poignée de porte
un arbre
une chose fermée sur elle-même
devant cette pierre
pareille à un ciel dans le ciel
une langue dans la langue
et dont les secrets
seraient d'ajouter un silence
à un autre silence
une pierre dans le nom
de la pierre.

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CHRISTIAN VIGUIE

 

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thierry tramoni

Photographie Thierry Tramoni

 

 

 

 

 

ALTAZOR - CHANT I

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Ne vois-tu pas que tu tombes déjà?
Lave ta tête des préjugés et de la morale
Et si voulant t’élever tu n’as rien atteint
Laisse-toi tomber sans freiner ta chute sans peur au fond de l’ombre
Sans peur au fond de ta propre énigme
Tu trouveras peut-être une lumière sans nuit
Perdue dans les crevasses des précipices.
Tombe
Tombe éternellement
Tombe au fond de l’infini
Tombe au fond du temps
Tombe au fond de toi-même
Tombe aussi bas qu’on peut tomber
Tombe sans vertige
A travers tous les espaces et tous les âges
A travers toutes les âmes tous les désirs tous les naufrages
Tombe et brûle en passant les astres et les mers
Brûle les yeux qui te regardent et les cœurs qui t’attendent
Brûle le vent avec ta voix
Le vent qui se mêle à ta voix
Et la nuit qui a froid en sa grotte d’os
Tombe en enfance
Tombe en vieillesse
Tombe en larmes
Tombe en rires
Tombe en musique sur l’univers
Tombe de ta tête aux pieds
Tombe de tes pieds à ta tête
Tombe de la mer à la source
Tombe dans l’ultime abîme de silence
Comme le navire qui sombre en éteignant ses lumières

 

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VICENTE HUIDOBRO

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tchoba5,,

Oeuvre Tchoba

http://www.tchoba.com

 

ALTAZOR - CANTO I

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¿por qué perdiste tu primera serenidad?
¿Quéángel malo se paró en la puerta de tu sonrisa
Con la espada en la mano?
¿Quién sembró la angustia en las llanuras de tus
( ojos como el adorno de un dios?
¿Por qué un día de repente sentiste el terror de
ser?
Y esa voz que te gritó vives y no te ves vivir
¿Quién hizo converger tus pensamientos al cruce
( de todos los vientos del dolor?
Se rompió el diamante de tus sueños en un mar
( de estupor
Estás perdido Altazor
Solo en medio del universo
Solo como una nota que florece en las alturas del
vacío
No hay bien no hay mal ni verdad ni orden ni
( belleza
¿En dónde estás Altazor?
La nebulosa de la angustia pasa como un río
Y me arrastra según la ley de las atracciones
La nebulosa en olores solidificada huye su propia
( soledad
Siento un telescopio que me apunta como un
( revólver
La cola de un cometa me azota el rostro y pasa
( relleno de eternidad
Buscando infatigable un lago quieto en donde
( refrescar su tarea ineludible
Altazor morirás Se secará tu voz y serás
( invisible
La Tierra seguirá girando sobre su órbita precisa
Temerosa de un traspié como el equilibrista sobre
( el alambre que ata las miradas del pavor.
En vano buscas ojo enloquecido
No hay puerta de salida y el viento desplaza los
( planetas
Piensas que no importa caer eternamente si se
( logra escapar
¿No ves que vas cayendo ya?
Limpia tu cabeza de prejuicio y moral
Y si queriendo alzarte nada has alcanzado
Déjate caer sin parar tu caída sin miedo al fondo
( de la sombra
Sin miedo al enigma de ti mismo
Acaso encuentres una luz sin noche
Perdida en las grietas de los precipicios
Cae
Cae eternamente
Cae al fondo del infinito
Cae al fondo del tiempo
Cae al fondo de ti mismo
Cae lo más bajo que se pueda caer
Cae sin vértigo
A través de todos los espacios y todas las edades
A través de todas las almas de todos los anhelos y
( todos los naufragios
Cae y quema al pasar los astros y los mares
Quema los ojos que te miran y los corazones que
( te aguardan
Quema el viento con tu voz
El viento que se enreda en tu voz
Y la noche que tiene frío en su gruta de huesos
Cae en infancia
Cae en vejez
Cae en lágrimas
Cae en risas
Cae en música sobre el universo
Cae de tu cabeza a tus pies
Cae de tus pies a tu cabeza
Cae del mar a la fuente
Cae al último abismo de silencio
Como el barco que se hunde apagando sus luces

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VICENTE HUIDOBRO

 

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TCHOBA 11,

Oeuvre Tchoba

http://www.tchoba.com

 

 

 

 

 

 

ERNEST PEPIN

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 "J’ai ouvert toutes les portes
Toutes les fenêtres
Pour que l’amour prenne ses aises
Comme une brise du soir
Qui ouvre sur ta peau un trop-plein de caresses
J’ai ouvert la porte à grands battants
A grand balan
Pour accueillir tous les mots bleus
Sur l’aile de ma mémoire
La sève d’un crépuscule
Et l’éclat triomphant du matin
Tous les mots qui saupoudrent le rêve brûlant de l’alphabet
Les mots qui parlent tout bas
Et les mots qui crient la beauté du monde
J’ai ouvert la porte
Pas de barrière
Pas de frontière
Pour faire circuler l’audace de l’orchidée
Le péché des roses
Et le vent fou des amours mémorables
Tout est à portée de main
La corde tressée du temps
La maison sous-marine
Dont j’ai oublié la clef
La pluie sur les tôles du bonheur
J’ai ouvert toutes les portes
Au creux de mon cœur
Afin que je te vois
Comme une beauté nue
L’absolu d’un nuage poreux qui s’abandonne
Car tout entière la vie t’appartient
Elle est à la mesure de mes bras
Tout près de l’invisible
Sans portes ni fenêtres"

 

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ERNEST PEPIN

Texte inédit
Le 06 Novembre 2015

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ERNEST

 

 

 

 

TES PAROLES

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 la lumière seule sépare le jour de la nuit

        la seule lumière arrimée à tes silences

   te dit au milieu des rumeurs

que miroitent les étoiles

    fulgurances aux paupières

        ouvertes

 

                    tes paroles anciennes défigurées flottent dans la brume

              dans les larmes des rochers solitaires assiégés de fracas

   diluées dans le vitriol des haines

                             tes paroles dansent au-devant de mes yeux

                                                        insaisissables

 

                                                       les prières s’effritent contre les parois

                                                                                                      rêves décimés

                                             seuls demeurent

                                       de vides lendemains

                                    défigurées     tes paroles

vont et viennent entre midi et minuit

                              reviennent   se balancent entre les effluves de ce jasmin

que l’on dit reine de nuit

   et l’indolence inodore des bougainvilliers qui se déhanchent à bout de tige

               reviennent entre minuit et midi tes paroles aux ailes décolorées

 

te souviens-tu des landes de l’exil aplanies par les vents douteux

        des tracés obscurs qui ne font aucun sens

                 te souviens-tu de ces éclats d’émeraude

                      que m’offrait la mer à chacun de tes pas libérant l’écrin d’un sourire

                                   te souviens-tu

 

seule la lumière sépare la nuit du jour

la lumière seule

arrimée

à l’écho du silence


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VINOD RUGHOONUNDUN   

(août 2008)

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swoon,

Oeuvre Swoon

TERRE TERANGA...Extrait

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en terre teranga
le fleuve pleure ce poème
que jamais je n’écrirai
et le sable de ton corps en mémoire du jeudi
tremble comme la flamme sabrée de la mèche


la ville s’écoule à l’embouchure des couleurs
dans le secret des palétuviers
entre les spirales de l’oiseau-voyageur
et la danse rocailleuse du muezzin
le silence s’enfonce rouge dans la nuit dénudée
ta voix émerge de la rumeur de la mer


il me revient ces chants anciens
nous les pleurions devant le lac de sel
avant de faire offrande aux dieux
et nous en aller sans nous retourner
il me revient ces visages multiples de bourreau
violant nos désirs menottant jusqu’à nos mots
pillant pillant l’oasis de l’âme
et nous contraindre à nous dessécher dans le désert
me reviennent les souffles emmurés de nos prières
frappées d’interdiction du prononcer
l’immense rêve de chacun de tes sourires
lait de vie que chaque jour tu partageais
et ces fleurs de sucre qu’ensemble nous allions cueillir
avant que ne disparaisse la rosée dans l’échancrure du matin
me reviennent ces invisibles étoiles brûlées
dans les neuf murmures de l’indicible
 

parce qu’en terre teranga
le fleuve pleure ce poème
que jamais je ne dirai
la flamme de ton corps tremble
comme le sable en mémoire du samedi
comme mon rire qui s’éloigne du midi


si seulement
si seulement je pouvais sans plus attendre
me glisser dans l’entrebâillement du minuit
regarder se disperser dans la soie de l’infini
les miettes de mon être
et les cendres retourner au limon premier
si seulement je pouvais me faire faiseur de rêves
et les peindre au pinceau de l’arc-en-ciel
pour effacer toutes les larmes du monde
si je pouvais ouvrir les portes de l’océan
et apaiser les tumultes avant même le fracas
si seulement je pouvais de mes mains
construire ce pont d’argile et de miel
qui défierait le temps et les armes
toutes les armes
si je pouvais lancer appel aux dieux
qui jadis nous regardaient
si je pouvais une à une
soigner au safran vert
chacune de tes meurtrissures
et te relever rayon de lumière
si seulement …


aurore après aurore le soleil te recrée
comme le diamant de toute goutte d’eau
dans la poussière ocre-rouge
que charrie le vent
en terre teranga

 

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VINOD RUGHOONUNDUN

 

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teranga2,,

 

 

AGNES SCHNELL...Extrait

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Tu marches pieds nus par déférence
pour ton exil sans fin
tu marches sur une terre
lourde de silences.

Voix égarées
d’un pays d’herbes amères
où tu t’es meurtri bien avant,
bouches agacées d’où le chant se retire
vers la nuée d’ombre
ou la canopée des oiseaux siffleurs…

Jours de sable
que dans le désordre tu égrènes
jours fiévreux
d’images craquelées
d’orages lents à mourir.

Quelque part remisés
tes mots aux courbes douces
aux balancements d’ailes
tes mots seront cet indéfini
qui glisse comme à regret
des lèvres.

 

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AGNES SCHNELL

 

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Brooke Shaden Photography7,,,

Brooke shaden photography

 

 

 

 

COMMENT ENTRER DANS UNE MAISON

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La différence entre les portes
qui ouvrent les clefs
et les clefs qui ouvrent les portes
sépare la réponse des passages

Ce n'est qu'exceptionnellement
qu'une clef ouvre sa porte
même si elle est sans maison
et dressée
au milieu d'un désert

Il faut s'habiller
en réponse
pour parler aux clefs
et en questions
pour parler aux portes

Il y a des clefs
qui s'ouvrent seules
Il y a des portes
qui restent fermées
et qui s'ouvrent
à l'intérieur d'elles
dans un seul effondrement
de la maison
La serrure des passages
est toujours une question

Devenir une porte
qui ouvre sa clef
est le but de toutes les portes
la clef qui ouvre la clef
et la porte qui ouvre la porte
sont des propositions qu'ont fait
certaines clefs et certaines portes
dans l'assemblée des questions

Celui qui entre et sort d'une maison
est le gardien des questions
qu'ont posé
les portes et les clefs restées
sans maisons

Les réponses parfois frappent
contre les murs là
où on les attend pas
et il s'agit à la maison de demander
la permission à sa propre porte
pour entrer dans sa propre maison

 

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SERGE PEY

 

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clefsbois2

 

 

LES VIGILES VEILLENT...

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      sous les biefs du nord fleurit le mauve de ton sel


    dans le mot bâillonné la mer se noie en silence
           voici la quête aujourd'hui traversées d'errance


           tu cheminais le bleu des étoiles
         la lune dans une main dans l'autre le soleil
    tes rêves étaient senteur de liberté


entre tes doigts se tissait le lin de la vie
     d'autres horizons s'ouvraient dans tes yeux
           si novembre à tes lèvres avait goût de mai
      le gris des cendres est venu avec février
recouvrir ces couleurs poussière de lumière


                         je navigue entre les vents déposer mon offrande
                      à la racine de toute larme   et y verser l'eau de mes prières
                   celles-là mêmes que chaque matin levant je façonne
              avec le chant des oiseaux   pour que soit l'arc- en - ciel
                   et viendra le jour où sur les biefs du nord
                        les vigiles ne veilleront plus
                            où la mer dans le silence de son sang
                                  donnera l'aurore au mot désenclavé

 

 

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VINOD RUGHOONUNDUN
Paris, le 05 Juin 2006.

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Eva Czarniecka2

Oeuvre Eva Czarniecka

 

 

LE MONDE D'AVENIR

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 La quête du féminin m’a toujours accompagné. Je ne parle pas seulement du désir charnel, mais du besoin de l’amitié, de l’affection des femmes.

Je crois à la nécessité d’en finir avec cette exaltation du masculin, entendu comme la volonté de puissance, l’agressivité, la domination. Je me sens profondément blessé par la subordination universelle de la femme.

Combien d’hommes sont capables de s’assumer sans celles qu’ils jugent inférieures? Combien de filles n’ont pas accès à l’éducation? Combien d’épouses sont encore opprimées ou battues? Je suis déconcerté que tant de vies puissent naître de cette rencontre violente entre le masculin et le féminin. Les familles, les sociétés qui en résultent, ne peuvent que connaître un profond déséquilibre.

Dans la nature, les deux sexes sont indispensables à la création. Le féminin l’est peut-être même davantage. Lorsque j’étais éleveur, il y avait dans mon troupeau un bouc pour trente bêtes. Une fois qu’il avait fait son office, il pouvait disparaître sans que cela affecte nullement la vie des petits qui, en revanche, n’auraient pas survécu sans leur mère. J’ai toujours été un peu jaloux de cet état de fait.

Comment, devant le miracle de la procréation, ne pas se sentir… un peu surnuméraire ? J’aurais tellement aimé vivre cette expérience fantastique de porter un enfant. C’est sans doute cette jalousie fondamentale qui engendre la violence chez tant d’hommes. Leur peur, fantasmée, de ne pas être indispensables.

Même dans les pays les plus égalitaires, il nous faut corriger l’injustice et l’arbitraire, rééquilibrer le désir de conquête par l’instinct de protection de la vie. Je ne dis pas que l’un est masculin et l’autre féminin. Je crois à la présence de ces deux forces en chacun de nous. Je suis tout aussi révolté par ces discours qui mutilent les hommes en leur interdisant de pleurer, que par ceux qui prétendent réduire la féminitéà la seule maternité. Il nous faut retrouver le sens de notre complémentarité. Entre nous, et en chacun de nous.

 

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PIERRE RABHI

 

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Jamil Naqsh10,

Oeuvre Jamil Naqsh