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Channel: EMMILA GITANA
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ENTRE LE VIDE ET L'ILLUMINATION...Extrait

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C’est une présence brûlante que je nomme
dans la fleur d’eau qui tremble entre les feuilles
dans l’acier rigide du pont dans la pomme
L’agenouillement du soleil au bord du fleuve
C’est une présence brûlante que je nomme
quand s’avance puissant comme une étrave
Parmi la houle brutale des hommes
douleur contre douleur sang contre sang
Sous la paupière lourde de l’étoile
Au fond du limon obscur qui râle
déchiré par les crocs du feu et de la pierre
À l’heure où s’éternise en moi la note grave
d’une flûte de berger ligoté dans la toile
d’araignée des brumes
À l’heure où une bande de cerfs allume
Un incendie de prunelles autour de la mare
Et que de mon seul corps je couvre toute la terre
Pareil à une tapisserie de forêts de plaines et de céréales
C’est une réalité durable que je nomme
C’est un ordre d’amour que je sers

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ANDRE LAUDE

 

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remedios-varo-2

Oeuvre Remedios Varo

 

 

BERGERIES...Extrait

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Suppose
Que je vienne et te verse
Un peu d’eau dans la main
Et que je te demande
De la laisser couler
Goutte à goutte
Dans ma bouche.
Suppose
Que ce soit le rocher
Qui frappe à notre porte
Et que je te demande
De le laisser entrer
Si c’est pour nous conter
Le temps d’avant le temps.
Suppose
Que le vol d’un oiseau
Nous invite au voyage
Et que je te demande
De nous blottir en lui
Pour avec lui voler
A travers la pénombre.
Suppose
Que s’ouvrent sous nos yeux
Tous les toits de la ville
Et que je te demande
De choisir la maison
Où, le toit refermé,
Tu aimeras la nuit.
Suppose
Que la mer ait envie
De nous voir de plus près
Et que je te demande
D’aller lui répéter
Que nous ne pouvons pas
L’empêcher d’être seule.
Suppose
Que le soleil couchant
S’en aille satisfait
Et que je te demande
D’aller lui réclamer
Ce qu’il doit nous payer
Pour sa journée de gloire.

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EUGENE GUILLEVIC

 

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Oeuvre Marc Chagall

CHET BAKER - You don't now what love is

JACQUES GAMBLIN AU PARLEMENT DES ECRIVAINS

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Merci Joss

 

 

PEUT- ÊTRE QUE LE VENT

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PEUT-ÊTRE LE VENT qui parle
du vent dans les chênes
Peut-être le rêve emprisonné
qui caresse l’idée du ciel
A travers les barreaux
le regard qui veille
La transparence du jour
ignorée du soleil

Peut-être le désert
la dune où passe une onde blanche
La chevelure du sommeil
penché sur les rizières
Le regret qui traîne racines
sur les champs fatigués
Et la géométrie où durcit
le projet du technocrate

Peut-être la colline
où l’air vif se découvre un parfum
Dans les lavandes la voix
des cueilleuses qui fraîchit
Les nappes fugitives des risées
ça et là renflées sur la mer intense
Les mouettes comme des vaisseaux
de porcelaine blanche

Là Cézanne voyait des prismes
Là Gauguin des arabesques - Moorea
Et l’Estaque - les frissons du poème
sur l’épair de la langue
Que parmi les colombes vienne
l’abandon ce calme toi
Qui palpite entre les pins

Ce moi serein qui ressuscite entre les tombes



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XAVIER BORDES

 

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LUCIEN JACQUES,

Oeuvre Lucien Jacques

 

UNE HISTOIRE DE BLEU...Extrait

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L'amour, dis-tu, ce sont des mots. Tu fais des phrases: tu mourras en faisant des phrases.
Tu parles comme tu respires. Tu fabriques des paroles avec l'air même que tu respires. Mais tu voudrais savoir pourquoi. Quels chemins suit la langue de la pensée jusqu'à la voix ? Les noms les plus chers ne sont- ils dans la tête qu'une substance chimique ? La phrase une électricité ? Qui donc y mélange ces pigments qui te font le bleu entre toutes les couleurs ? As- tu des bords de mer, des villes énormes et des montagnes derrière les yeux ? Une collection de visages aimés ? Les mots sont- ils la peau de tes pensées ou leur chair ? D'où ce sang s'écoule- t- il ? Quel peuple en toi s'est assemblé ? Pour quels discours et quels commerces ? Selon quelles lois ? Est- ce cela ton histoire: ces affairements de foules sous ton front ? La population de tes routes ? La somme de toutes les phrases que tu as prononcées depuis ta naissance ? Les mots entendus, les règles apprises ? Quelle espèce de discours ou de poème es- tu ? Tant de voix en toi se disputent. Qui donc en écrira le livre ?
Il faudrait, pour les chanter, des poumons d'oiseau. Une plume taillée pour l'envol, non pour griffer le papier. Or, tu ne peux que faire face et t'interroger...Ce que tu cherches, tu le transportes, mais jamais ne pourras l'atteindre. Il reste en toi des zones d'absence et de grisaille. D'entiers quartiers de larmes. Ta vie n'a d'autre centre que ses questions. Tu comptes les matins et les soirs, et tu te disperses en paroles. Ta voix est aussi une horloge.

Que font les mots lorsque tu dors ? Se promènent-ils enfin librement dans ta tête, sans souci de phrases justes ni de pensées claires, quittant bientôt leurs façons empruntées pour nager tout leur saoul ? Se racontent- ils des histoires peu convenables ? Sont- ils heureux de se retrouver, se saluer, s'embrasser, s'enlacer en quelque repli tranquille de ton sommeil ? Se moquent-ils de toi ou te prennent- ils en pitié ? Plaignent-ils tes désirs ou s'arrangent- ils pour les satisfaire en douce, avec toute la bonne volonté dont ils sont capables ? Se font- ils la guerre ? Lèvent- ils des armées ? S'entretuent- ils jusqu'à ce que leur cauchemar te réveille ? Répètent- ils interminablement la même phrase, celle que tu cherches depuis toujours mais ne parviens pas àécrire ? Règlent-ils leurs pendules sur l'heure de ta disparition ? Quelle conversation ton sommeil est- il ? Avec les anges, les disparus, ou ceux qui s'endormiront après toi, celles et ceux pour qui il te semble être venu au monde mais que tu n'as jamais rencontrés ? Parles- tu au futur, au présent ou à l'imparfait ? Fais- tu un enfant ? Te mets- tu toi- même au monde ou te retires- tu sur la pointe des pieds ? Etreins- tu ta douleur ? Connais- tu ta joie ?

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JEAN-MICHEL MAULPOIX

 

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David Brayne,

Oeuvre David Brayne

FRANCIS ROYO...Extrait

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...

nous n’attendions que l’aube
qu’un blé entre nos bras devienne
une parole

tu disais
tu seras la mer
et nous entendions des îles
l’invisible murmure

l’oeil noir dans la nuit
qui s’attarde
l’absinthe de nos jours

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FRANCIS ROYO

 

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Stagnolu Tunara2,

 

 

PIERRE RABHI - SUR L'EDUCATION....

LE TEMPS SCELLE...Extrait

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"Pour être libre, il suffit de l'être, sans en demander l'autorisation à personne. Il faut se faire une hypothèse sur son propre destin et s'y tenir, sans se soumettre ni céder aux circonstances. Une telle liberté exige de l'homme de véritables ressources intérieures, un niveau élevé de conscience individuelle, et le sens de la responsabilité devant lui-même et par là devant les autres.
La tragédie est hélas que nous ne savons pas être libres. Nous réclamons une liberté qui doit coûter à l'autre mais sans rien lui abandonner en échange, voyant déjà là comme une entrave à nos libertés et à nos droits individuels. Nous sommes tous caractérisés aujourd'hui par un extraordinaire égoïsme. Or ce n'est pas cela la liberté. La liberté signifie plutôt apprendre à ne rien demander à la vie ni à ceux qui nous entourent, àêtre exigeant envers soi-même et généreux envers les autres. "

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ANDREÏ TRAKOWSKY

 

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WOLFGANG PAALEN

Oeuvre Wolgang Paalen

 

 

MURALE...Extrait

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(…)

Comme le Christ sur le lac...
J'ai marché dans ma vision.
Mais je suis descendu de la croix car je crains l'altitude
Et n'annonce pas la résurrection.
Je n'ai changé que la cadence
Pour entendre, nette, la voix de mon coeur...
Aux épiques, les aigles et pour moi, le Collier du pigeon,
Une étoile abandonnée sur les toits
Et une ruelle menant au port...

Cette mer m'appartient
Cet air humide m'appartient,
Ce quai et ce qu'il porte
De mes pas et de mon sperme...m'appartiennent
Et le vieil arrêt du bus m'appartient et m'appartiennent
Mon fantôme et son maître, les ustensiles de cuivre,
Le verset du Trône, la clé,
La porte et les gardes et les cloches.
Et le fer de la jument
Envolée des remparts m'appartient...
Et m'appartient ce qui était mien,
La citation de l'Evangile
Et le sel laissé par les larmes
Sur le mur de la maison...

Et mon nom, quand bien même je prononcerais mal
mon nom
fait de cinq lettres horizontales, m'appartient :

Le mîm du fou d'amour, de l'orphelin, de qui accomplit le passé,
Le hâ' du jardin, de l'aimée, des deux perplexités et des deux peines,
Le mîm de l'aventurier, du malade de désir, de l'exilé apprêté et préparéà sa mort annoncée,
Le waw de l'adieu, de la rose médiane, de l'allégeance à la naissance où qu'elle advienne, de la promesse des père et mère,
Le dâl du guide, du chemin, de la larme d'une demeure effondrée et d'un moineau qui me cajole et m'ensanglante

Ce nom m’appartient …

Et il appartient à mes amis, où qu’ils se trouvent.
Et mon corps passager, présent ou absent, m’appartient …
Deux mètres de cette tourbe suffiront désormais …
Un mètre et soixante-quinze centimètres pour moi …
Et le reste, pour des fleurs aux couleurs désordonnées
Qui me boiront lentement. Et m’appartenait
Ce qui m’appartenait, mon passé, et ce qui m’appartiendra,
Mon lendemain lointain et le retour de l’âme prodigue.
Comme si rien n’avait été.
Comme si rien n’avait été.
Rien qu’une blessure légère au bras du présent absurde …
Et l’Histoire se rit de ses victimes
Et de ses héros …
Elle leur jette un regard et passe …
Cette mer m’appartient.
Cet air humide m’appartient.
Et mon nom,
Quand bien même je prononcerais mal mon nom gravé sur le cercueil,
Mon nom m’appartient.
Mais moi, désormais plein
De toutes les raisons du départ, moi,
Je ne m’appartiens pas,
Je ne m’appartiens pas,
Je ne m’appartiens pas …

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MAHMOUD DARWICH

 

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yasser dhlan2

Oeuvre Yasser Dhlan

 

 

JE T'ATTENDAIS AINSI...

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Je t’attendais ainsi qu’on attend les navires

Dans les années de sécheresse quand le blé

Ne monte pas plus haut qu’une oreille dans l’herbe

Qui écoute apeurée la grande voix du temps



Je t’attendais et tous les quais toutes les routes

Ont retenti du pas brûlant qui s’en allait

Vers toi que je portais déjà sur mes épaules

Comme une douce pluie qui ne sèche jamais



Tu ne remuais encore que par quelques paupières

Quelques pattes d’oiseaux dans les vitres gelées

Je ne voyais en toi que cette solitude

Qui posait ses deux mains de feuille sur mon cou



Et pourtant c’etait toi dans le clair de ma vie

Ce grand tapage matinal qui m’éveillait

Tous mes oiseaux tous mes vaisseaux tous mes pays

Ces astres ces millions d’astres qui se levaient



Ah que tu parlais bien quand toutes les fenêtres

Pétillaient dans le soir ainsi qu’un vin nouveau

Quand les portes s’ouvraient sur des villes légères

Où nous allions tous deux enlacés par les rues



Tu venais de si loin derrière ton visage

Que je ne savais plus à chaque battement

Si mon cœur durerait jusqu’au temps de toi-même

Où tu serais en moi plus forte que mon sang

 

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RENE-GUY CADOU

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jaya

Oeuvre Jaya Suberg

BRIBES...Extrait

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...

ce dialogue face à face
dans l’éboulis des mots
l’avons-nous rêvé
le ciel meurt-il sur nos lèvres

au haras de nos pas
le secret se colore
anime nos galops d’enfants
au loin
dans l’errance des jours brûlés

un doux désir de mer
soudain
débride toute parole

cours à mon flanc sans peur
le chemin ne connaît d’entrave
que ce soleil
muet
fou d’étoiles

 

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 FRANCIS ROYO

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mohamed jaamati

Oeuvre Mohamed Jaamati

 

 

ANDREE CHEDID

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 Rappelle-moi
Ces temps sonores
Où les murs s'effondraient

Ce temps sans minutie
Où l'obstacle s'enjambait

Rappelle-moi
Ces aurores
Ces nuits qui rayonnaient
Ces temps-reliefs
Ces métaphores
Ces heures inusitées

Rappelle-moi
Ce temps sur terre
Plus fragile
Qu'herbe d'été.

 

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ANDREE CHEDID

 

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nath magrez

Photographie Nathalie Magrez

BUDDY GUY & JUNIOR WELLS - Hoodoo Man Blues

L'OR DES TIGRES...Extrait

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Que d’autres se vantent des pages qu’ils ont écrites ;
moi je suis fier de celles que j’ai lues.
Je n’aurais pas été un philologue,
je n’aurais pas interrogé les déclinaisons, les modes,la laborieuse mutation des lettres,
le d qui se durcit en t,
l’équivalent du g et du k,
mais tout au long de mes années j’ai professé
la passion du langage.
Mes nuits sont pleines de Virgile ;
avoir su et avoir oublié le latin
est une possession, parce que l’oubli
Est une des formes de la mémoire, son vague souterrain,
l’autre face secrète de la monnaie.
Quand dans mes yeux s’effacèrent
les vaines apparences chéries,
les visages et la page,
j’entrepris l’étude du langage de fer
dont mes aînés se servirent pour chanter
épées et solitude,
et maintenant, après cet siècle,
du fond de ton Ultima Thule
ta voix m’arrive, Snorri Sturluson.
Le jeune homme, devant le livre, s’impose une discipline précise ;
à mon âge, toute entreprise est une aventure qui confine à la nuit.
Je n’achèverai pas le déchiffrement des vieilles langues du Nord,
Je ne prolongerai pas mes mains désireuses dans l’or de Sigurd ;
La tâche que j’entreprends est illimitée
et va m’accompagner jusqu’à la fin,
cette fin non moins mystérieuse que l’univers
et que moi, l’apprenti.

 

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JORGE LUIS BORGES

 

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Photographie Thami Benkirane

http://benkiranet.aminus3.com

 

DIALOGUE AU BOUT DES VAGUES...Extrait

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A Toi, ma soeur d'étoiles..

 

J'ai trouvé ce soir
les clefs d'un sémaphore
pour guider mon voyage
aux sources de ma vie

J'ai trouvé ce soir
au doux silence enduit
de ta présence exquise
la trace de tes pas

J'ai suivi l'ombre
de mes yeux égarés
à la silhouette de ta voix

J'ai mûri le fruit
qu'en deux j'ai partagé
lorsque minuit sonna

Qu'il est des rêves étranges
que celui de tes doigts
qu'il est doux de sentir
un peu de ton émoi
La ville aboie par un chien affamé
des voix montent lointaines
et le cri d'un enfant
meurtri ce dimanche de décembre
désenvoûte mon songe
qui n'était que pour toi

Je sais qu'il sont légions
de tristes solitudes
de morts prématurées
de souffrances amassées
et de désespérances

Je sais qu'en plein enfer
sont
ta lutte et la mienne

et que viendra demain...

 

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GERALD BLONCOURT

 

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GERALD2

Oeuvre Gérald Bloncourt

SEPARATION AVANT L'EXIL - HAITI - 1994

NOS ENNEMIS

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 Je ne me tairai pas : je suis né du silence,
De celui qui s’obsède à vous montrer ses plaies.
Je suis né un beau jour, de mots de délivrance.
Que s’ouvre notre écluse au sang des oubliés !

Le mot ne sert à rien s’il ne chante les hommes.
La raison n’a de sens que si le cœur l’écrit.
Un futur est en nous pour de nouveaux royaumes
Et l’argent et les dieux en sont leurs ennemis !

 

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BRUNO RUIZ

 

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Oeuvre Cirilo Martinez Novillo

 

STIG DAGERMAN

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Et mon pouvoir est redoutable tant que je puis opposer la force de mes mots à celle du monde, car celui qui construit des prisons s’exprime moins bien que celui qui bâtit la liberté. Mais ma puissance ne connaîtra plus de bornes le jour où je n’aurai plus que le silence pour défendre mon inviolabilité, car aucune hache ne peut avoir de prise sur le silence vivant.

 

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STIG DAGERMAN

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abed abdi 2

Oeuvre Abed Abdi

ETTY HILLESUM

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Il faut oublier des mots comme Dieu,
la Mort, la Souffrance, l'Eternité.
Il faut devenir aussi simple
et aussi muet
que le blé qui pousse
ou que la pluie qui tombe.
Il faut se contenter d'être.

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ETTY HILLESUM

 

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ETTY2

REQUÊTE EN PARDON A L'HOMME NOIR

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J’ai vu le gueux manger la terre
quand la graine tombait du ciel
jetée là
par de monstrueux avions
venus d’occident

la graine jetée aux chiens noirs
était blanche et blême l’enfant
piétiné

j’ai entendu sous un soleil atroce
le corps des pauvres claquer
au vent et claquer des dents
au gré des blancs claquer
comme un étendard famélique
percé de trous

j’ai vu trop souvent
ce geste terrible des doigts joints
portés aux lèvres
pour signifier la faim

mais jamais je n’ai vu non
au grand jamais ni entendu
ventre repu claquer au vent
ni rentière brûler ses coupons

sur le front d’occident je n’ai connu
que chansons à boire rires graveleux
et cliquetis de fourchettes s’étrillant

j’ai rencontré l’homme blanc
au pied des caféiers et bananiers
des gisements filons et mines
il pissait son vin à grands flots
en remerciant son dieu
dans des nuages de poussière dorée

j’ en témoigne
et ma chanson aussi
on se la répétait
à la chicotte ou à la crosse
au gourdin et aux poings

je me la répétait
et mon corps hurlait
lorsque les coups pleuvaient
l’homme blanc frappait

murmurée sans fin
ma chanson a voyagé
elle m'accompagne dans ma quête
quand pas à pas
je vais vers les franges lumineuses
de mes espaces lointains

ma petite chanson vous dit que pourtant
il y a sur terre autant de joie que de larmes
des chants des rires de la danse et de l'amour
une certitude d’amour
comme jamais homme n’en pourra imaginer
et qu'il ne faut pas désespérer

c'est vers les confins que la vie déborde

 

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CHRISTIAN ERWIN ANDERSEN

 

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tchoba4,

Oeuvre Tchoba