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Channel: EMMILA GITANA
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POEMES EN SURSIS...Extrait

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Auras-tu le temps
De cette buée sur les vitres
Le temps d’un matin de printemps
Quand l’heure est arrimée
A la poignée de main
A l’odeur du pain chaud
Au rire d’un enfant

Auras-tu le temps un instant
De prendre enfin le temps

Auras-tu le temps
De ton dernier poème

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GUY ALLIX

 

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MUGUET3

 

 

 

 

 

 

PACIFISTE INCONNU

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Nu, j'ai vécu nu
Naufragé de naissance
Sur l'île de Malenfance
Dont nul n'est revenu
Nu, j'ai vécu nu

Dans des vignes sauvages
Nourri de vin d'orage
Et de corsages émus
Nu, vieil ingénu
J'ai nagé dans tes cieux
Depuis les terres de feu
Jusqu'aux herbes ténues
Nu, j'ai pleuré nu
Dans la buée d'un miroir
Le coeur en gyrophare
Qu'est-ce qu'on s'aimait... Samu

Nu, j'ai vécu nu
Sur le fil de mes songes
Les tissus de mensonges
Mon destin biscornu
Mais nu, je continue
Mon chemin de tempête
En gueulant à tue-tête
La chanson des canuts
Nu, j'avance nu
Dépouillé de mon ombre
J'voulais pas être un nombre
Je le suis devenu
Nu, j'ai vécu nu
Aux quatre coins des gares
Clandestin d'une histoire
Qui n'a plus d'avenue

Nu, je suis venu
Visiter en passant
Un globule de sang
Un neutrone des nues
Nu, le torse nu
Je voudrais qu'on m'inhume
Dans mon plus beau costume

 

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ALAIN LEPREST

 

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schiele12

Oeuvre Egon Schiele

 

MANIE

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....Sa Manie d'Aix en Provence était une grand mère qui gérait presque tout. Son visage auréolé de fins cheveux blancs un peu fous - " les cheveux blancs ont du charme lorsqu'ils encadrent le génie " -  aimait-elle dire en riant, un corps mince et souple,une allure déterminée, cette femme réglait tout sur son passage. Il est vrai que le domaine était vaste et  le travail ne manquait pas. Les animaux, les arbres, ,la terre ,la maison et ses occupants que constituait la famille. Rien n'était laissé au hasard. Presqu'invisible dans la journée ,sauf aux heures des repas,Elle la retrouvait le soir, après la toilette des " basses offices " et des " hautes offices ". Assises,chacune sur un fauteuil paillé protégé par une riche étoffe fleurie, elles discutaient  avant d'écouter des airs d'opéra que diffusait une radio locale, partageant des morceaux de caramel coupés en quatre, pour avoir l'illusion d'en manger  plus. Ces douceurs, présentés dans une coupelle en cristal étaient mises en  valeur sur un napperon  en dentelle.... très classe !!!! Puis le sommeil les gagnait ,elles abandonnaient le lieu et après un ultime passage à la salle de bain et un dernier bonsoir , se séparaient sans fioritures.
Elle la retrouvait  le matin, un léger parfum d'Eau de Rose flottait, la table du petit déjeuner déjà dressée n'attendait que la famille . Ce n'était plus la grand mère du soir, la femme du devoir l'habitait dés l'aube et sa journée n'allait pas être de tout repos, ses doigts noueux l'attestaient... Elle la craignait un peu, ce côté autoritaire nécessaire pour que tout fonctionne bien, la gênait parfois. Mais, le soir venu Elle n'aurait manqué pour rien au monde ce petit moment privilégié où elles se retrouvaient dans l'intimité, durant lequel sa grand mère devenait sa Manie , rien que pour Elle...

 

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JOSIANE

 

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Vuillard8CC

 

 

LES MATINAUX...Extrait

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Oh ! Rencontrée, nos ailes vont côte à côte
Et l’azur leur est fidèle
Mais qu'est-ce qui brille encore au-dessus de nous ?

Le reflet mourant de notre audace.
Lorsque nous l’aurons parcourue,
Nous n’affligerons plus la terre :
Nous la regarderons.

 

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RENE CHAR

 

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CHAR

 

 

CE VOYAGE...Extrait

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(...)

Je ne suis pas libre, mon désir est dans l’oiseau
Les rêves portent des roses, les doigts de l’ongle,
Les pierres sont des yeux

Dans mon sang la croix
Je ne suis pas libre, à mon poignet palpite encore le temps qui construit
les galeries calcaires pour ce sang,
de petits ponts, des escaliers qui dévalent
toujours plus bas leurs cailloux, les dates précises
en pierre pour les collecteurs de pierre du ponton
des pas que baigne le sel et les échos échoués
la file des jours et les déchets

 

jusqu’à m’élever et traverser
le temps éparpillé, le sable, les étoiles
Je suis un aimant, je retiens, si je veux.


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EEVA-LIISA MANNER

 

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MANNER 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ALAIN JEGOU

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Echec sur toute la ligne
pour les poètes visionnaires
les aventuriers déjantés
les jouisseurs effrénés
peu soucieux de s’éterniser
une fois la date de péremption
du produit perso outrepassée
la vie plombée recta
le rêve écrabouillé
le délire hors-la-loi
plus qu’une obsession
dans le crâne collectif
prendre bien soin de son corps
museler toutes ses envies
et fantasmes débraillés
pour battre tous les records
de plate longévité
ramer morfler suer
se punir pour décrocher
le bonheur de vioquir
cuisses fermes et ventre plat
toutes fuites maitrisées
et pattes d’oie colmatées
zombis légumes gâteux
cadavéreux mais survivants
agrippés à toutes forces ultimes
contre vents et diarrhées
au chiche plaisir d’être là
et d’étaler leurs carnes
en frimant du clapier
démodés répudiés
les destins fulgurants
fichés fichus les allumés
karchérisés les renégats
excommuniés les révoltés
écartés diabolisés entaulés
les clopeurs les picoleurs
les baiseurs les viveurs
jogging aérobic roller
bouffe light et WeightWatchers’
hygiène de vie
salubrité mentale
indispensables pour palier
aux carences et dégradations
booster ses miches
et brider ses pulsions
pour résister au temps

 

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ALAIN JEGOU

 

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ALAIN JEGOU

Alain Jegou

 

LE TEMPS DE VIVRE...GEORGES MOUSTAKI HOMMAGE

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Nous prendrons le temps de vivre
D'être libres, mon amour
Sans projets et sans habitudes
Nous pourrons rêver notre vie

Viens, je suis là, je n'attends que toi
Tout est possible, tout est permis

Viens, écoute ces mots qui vibrent
Sur les murs du mois de mai
Ils nous disent la certitude
Que tout peut changer un jour

Viens, je suis là, je n'attends que toi
Tout est possible, tout est permis

Nous prendrons le temps de vivre
D'être libres, mon amour
Sans projets et sans habitudes
Nous pourrons rêver notre vie

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GEORGES MOUSTAKI

 

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georges-moustaki 2

LE MIROIR EBLOUI...Extrait

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Un miroir, voilà ce que nous sommes, lorsque nous prêtons une attention passionnée et émerveillée aux œuvres des arts créateurs.

 

Les formes, les couleurs et les sons qui nous fascinent ont produit sur nous un effet de choc, comparable à celui que rencontrent nos yeux lorsqu’ils sont éblouis par une lumière intense.

 

En pénétrant par effraction dans notre conscience, ils ont agi sur nous comme le soleil regardé trop longtemps : un vertige du regard qui nous dérange et qui nous comble en même temps.

 

En remuant la poussière de nos habitudes mentales, ils réveillent la splendeur des images, le murmure des rumeurs ensevelies au fond de notre mémoire obscure.

 

Ici se manifeste, dans toute sa puissance, le rôle fondamental des arts, qui est l’innovation incessante.

C’est une vocation essentielle qui remplace les conceptions académiques de l’Art, avec ses notions périmées de l’« imitation » du réel, de la domination d’une « beauté » conventionnelle et d’une « vérité » illusoire.

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JEAN TARDIEU

 

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STEPHANE BILLIAU

Oeuvre Stéphane Billiau

 

 

 

 

DE CHAIR ET DE MOTS...Extrait

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Qu’on regarde au dehors, le dedans vous reprend.
On voudrait être au monde, on ne sait qu’échapper.
Et tous ceux-là qu’on croise et voudrait arrêter
ont le pas trop rapide et sont pris par l’élan.

Qui parle des lointains évoque une autre vie.
Et c’est pour mieux tromper ce sentiment de n’être
qu’en exil ici-bas, un voyageur peut-être
mais qui ne pèse pas et reste sans appui.

Nous avons des manies de vivants qui s’absentent,
qui pour prendre enfin pied s’accrochent à des leurres
en faisant reculer l’horizon qu’ils s’inventent.

Partir est toujours une façon d’être là,
lever l’ancre encore un rêve de pesanteur,
et c’est pour aller plus loin qu’on ne s’en va pas.

 

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MICHEL BAGLIN

 

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PICASSO B

Courrier de Picasso à Jean Cocteau

 

 

L'ALCOOL DES VENTS...Extrait

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Je rends grâce au temps perdu, le nez au vent,
aux rêveries qui finiront bien par faire un jour le monde meilleur,
aux jours chômés, aux heures de grève et à la moindre seconde volée au chapelet de nos pointeuses.
A ces instants qui ont creusé nos puits
et que l’on dit enfuis quand ils ne cessent de nous poursuivre.
A tes épaules légères qui n’avaient qu’à frissonner dans l’air du soir pour que nous existions.
Je rends grâce à toute parenthèse,
au temps retrouvé, le nez au vent, dans une odeur de foin coupé et de vacances,
à la madeleine de Proust comme aux cours mal pavées,
aux anfractuosités des jours où l’écume se recueille et sédimente.

 

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MICHEL BAGLIN

 

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BAGLIN

 

 

 

 

PIERRE-ALBERT JOURDAN

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À ce qui vient et qui, comme précipité par son propre mouvement, te déborde - et la lassitude le nomme hasard - qu’opposerais-tu ? Hasard n’est qu’un nom, le plus commode ou exaltant, je ne sais ; il est la somme de ces forces qui s’inscrivent dans ton propre destin : et quoi de plus qu’une pression infime du temps, l’éclosion d’une fleur de cerisier ? Hasard est un des noms de cette poussée au-dedans de toi. Pourquoi l’habiller ?

Vois comme est lisse ce visage modelé par le vent, lorsque toutes les poussières tiennent dans ton poing ; lorsque tu ne discernes plus s’il est poing, bourgeon ou fleur, ou pourriture. Lorsque, à ce qui vient, tu es source dans la source.

 

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PIERRE-ALBERT JOURDAN


L’espace de la perte, Éditions UNES, 1984

sur

http://enjambeesfauves.wordpress.com/2012/04/08/ce-qui-vient/

 

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SOURCE

 

 

BERNARD PERROY

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Dans tout ce dédale, il te revient à la mémoire une ville

ou plutôt un village et sa vie remuante

dans le creux des ruelles

quand la chaleur commence à s’évaporer

aux premières heures du soir…

 

Pays de roches, d’escarpements,

rassasient ton regard d’homme encore enfant

puisque c’est là le lieu de ton village natal…

 

On n’entend plus que la pierre tisser avec l’air une musique d’été

quand la nuit s’apprête à accueillir tous ces lampions domiciles,

ces lucarnes de vie, ces intérieurs où tout à coup,

loin des sueurs du désert saharien,

il fait bon vivre…

 

(un village imaginaire, quelque chose comme Ghardaïa dans le M’zab)

 

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BERNARD PERROY

 

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JAAMATI MOHAMED

Oeuvre Jaamati Mohamed

 

 

 

 

HÖLDERLIN

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"Ne faire qu'un avec le tout,

voilà l'existence divine,

voilà le ciel de l'homme.

Ne faire qu'un avec tout ce qui vit,

combler de félicité, perdre la conscience de soi même

en retournant au grand tout de la nature:

voilà la hauteur sacrée, le lieu de l'éternelle

quiétude où midi perd son accablante chaleur

et le tonnerre sa voix, où la mer démontée

devient pareille aux vagues de blé."

 

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 FRIEDRICH HÖLDERLIN

 

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BLE 2

 

CHARLES JULIET

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" Peindre
Entailler
Inscrire en Hâte
Dans la pierre
Ou par les mots
Ce qui
Sinon
Serait tout aussitôt
Comme n'ayant
Jamais été"

 

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CHARLES JULIET

 

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kohn

Oeuvre André Kohn

 

 

OEUVRE POETIQUE...Extrait

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Enfances
Ô douleur
Ô joie
C'était parmi les vents

Et nos maisons
D'enfance avaient duré

Pierre
Après pierre en démesure

Se souvenant ."

 

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BEATRICE DOUVRE

Editions Voix d'Encre

 

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michel charrier

Oeuvre Michel Charrier

http://michelcharrier.typepad.com

 

 

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LE JARDIN

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"Arrête-toi au fond de ce jardin
Pour l'air et pour le peu de roses
Arrête-toi, je te rejoins
Tu es plus belle que mon attente...

Je te rejoins
Il n'y a plus personne dans ce jardin
Les quelques pas avaient gravé la terre
C'était mon pas

Ô disparue derrière les ronces."

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BEATRICE DOUVRE

 

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michel charrier

Oeuvre Michel Charrier

 http://michelcharrier.typepad.com

 

 

NATHALIE RIERA

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Au plus près de la bouche, les fraises, les tresses, la prose des roses, ce vœu que la parole ne soit pas vaine, appuyée sur le monde d'ici, avec ses déviances, variantes de cercles et autres figures, fragrances, aura et fumée, sel et semences, sol et abîme, le monde d'ici, avec ce qui est sans voyelles ni consonnes, sans piques ni scintillement, simplement le temps de ce qui est

voilé, momentané

 

à aimer

le cœur au plus près de la bouche

à parler de cet éclair sur le papier

...

pas d'encre sur la langue

ce qui ne se raconte pas

 

au plus près du cœur, les flèches et les falaises, et sous le ciel démis, la pensée au bord de l'eau

 

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NATAHALIE RIERA

 

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RIERA

 

 

 

ZENO BIANU

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Je commencerai par être

 

un souffle

 

d'année-lumière

 

contre le vertige

 

de la tentation

 

du malheur

 

une anthologie

 

des bouleversements

 

un retour

 

de nuit blanche

 

qui coule

 

dans les veines

 

une tendresse

 

démesurée

 

au milieu de la poussière

 

 

 

Je commencerai par être

 

un sourire

 

blessé

 

une fêlure

 

centrale

 

un tressaillement

 

une souveraineté

 

fluide

 

tendue

 

la part donnée

 

offerte

 

au vide

 

une salve

 

dans l'imprévisible

 

je commencerai par être

 

avec la peau des dents

 

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ZÉNO BIANU

144 Poètes d'aujourd'hui autour du monde

 

Anthologie Seghers 2008

 

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CIHAT

 

 

 

 

JUARROZ

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La nuit tombe parfois
comme un bloc de pierre
et nous laisse sans espace.
Ma main ne peut plus alors te toucher
pour nous défendre de la mort
et je ne peux plus moi-même me toucher
pour nous défendre de l'absence.
Une veine jaillie sur cette même pierre
me sépare aussi de ma propre pensée.
La nuit devient ainsi
la première tombe.

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ROBERTO JUARROZ

 

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nu artistique c

 

 

 

 

 

L'EMOTION L'EMEUTE....Extrait

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Toujours la même foule de miroirs
au-dessus des terrasses
la parole parlante
sauvagement présente
la beauté seule
les livres par milliers

c’est beaucoup de choses
l’émotion l’émeute
le mauve accentué autour du tilleul
ne rien dire
dire oui.
 
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PASCAL BOULANGER
 
Editions Tarabuste
2003
 
 
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TILLEUL2