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EN PENSANT A EUX....

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 Pour tout ceux qui se sont perdus, qui se retrouvent séparés par un état différent de celui de la vie....

 .

  

ALBERT CAMUS...Extrait

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"Quelque chose en nous a été détruit par le spectacle des années que nous venons de passer. Et ce quelque chose est cette éternelle confiance de l'homme, qui lui a toujours fait croire qu'on pouvait tirer d'un autre homme des réactions humaines en lui parlant le langage de l'humanité. Nous avons vu mentir, avilir, tuer, déporter, torturer, et à chaque fois il n'était pas possible de persuader ceux qui le faisaient de ne pas le faire, parce qu'ils étaient sûrs d'eux et parce qu'on ne persuade pas une abstraction, c'est-à-dire le représentant d'une idéologie. Le long dialogue des hommes vient de s'arrêter. Et, bien entendu, un homme qu'on ne peut persuader est un homme qui fait peur".

...

« Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu'elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse. Héritière d'une histoire corrompue où se mêlent les révolutions déchues, les techniques devenues folles, les dieux morts et les idéologies exténuées, où de médiocres pouvoirs peuvent aujourd'hui tout détruire mais ne savent plus convaincre, où l'intelligence s'est abaissée jusqu'à se faire la servante de la haine et de l'oppression, cette génération a dû, en elle-même et autour d'elle, restaurer, à partir de ses seules négations, un peu de ce qui fait la dignité de vivre et de mourir. Devant un monde menacé de désintégration, où nos grands inquisiteurs risquent d'établir pour toujours les royaumes de la mort, elle sait qu'elle devrait, dans une sorte de course folle contre la montre, restaurer entre les nations une paix qui ne soit pas celle de la servitude, réconcilier à nouveau travail et culture, et refaire avec tous les hommes une arche d'alliance. Il n'est pas sûr qu'elle puisse jamais accomplir cette tâche immense... »

 

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ALBERT CAMUS

 

 

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william russell flint,

 

 Oeuvre William Russell Flint

 

QUE TU ES IMPATIENTE

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La mort est passée ce soir-là
Pour prendre un gosse de quinze ans
Pour le serrer dans ses grands bras
Et l’étouffer avec sa robe de jacinthes

La mort a couché ce soir-là
Dans un lit d’une belle fille
Pour une étreinte d’une fois
Et n’a laissé que cendre froide et sans parfum

Que tu es impatiente, la mort
On fait le chemin au devant de toi
Il suffisait d’attendre
Que tu es impatiente, la mort
La partie perdue, tu le sais déjà
Tout recommencera

Le soleil sur l’eau
Tu n’y peux rien
L’ombre d’une fleur
Tu n’y peux rien
La joie dans la rue
Les fraises des bois
Un sourire en mai
Tu n’y peux rien

Un valse valse
Tu n’y peux rien
Un bateau qui passe
Tu n’y peux rien
Un oiseau qui chante
L’herbe du fossé
Et la pluie si lasse
Tu n’y peux rien

La mort est revenue ce soir
Avec sa robe d’iris noirs
La mort est revenue chez moi
On a frappé.. Ouvrez la porte… La voilà

Elle brûlait comme une lampe
Dans une nuit près de la mer
Elle brûlait comme un feu rouge
A l’arrière d’un camion sourd sur les chemins

Que tu es impatiente, la mort…

 

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BORIS VIAN

 

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RAOUL DUFY,

Oeuvre Raoul Dufy " Nice "

JEAN GABIN, LE PRESIDENT ( 1960 ) Propos sur la moralisation de la vie politique...

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 Durant toutes ces années de folie collective et d’auto-destruction, je pense avoir vu tout ce qu’un homme peut voir: des populations jetées sur les routes, des enfants jetés dans la guerre, des vainqueurs et des vaincus finalement réconciliés dans les cimetières, que leur importance a élevé au rang de curiosité touristique !
La paix revenue, j’ai visité des mines. J’ai vu la police charger les grévistes, je l’ai vue aussi charger des chômeurs… J’ai vu la richesse de certaines contrées, et l’incroyable pauvreté de certaines autres. Et bien durant toutes ces années, je n’ai jamais cessé de penser à l’Europe.

Monsieur Chalamont lui a passé une partie de sa vie dans une banque à y penser aussi… Nous ne parlons forcément pas de la même Europe.

 

Tout le monde parle de l’Europe… mais c’est sur la manière de faire cette Europe que l’on ne s’entend plus. C’est sur les principes essentiels que l’on s’oppose…
Pourquoi croyez-vous, Messieurs, que l’on demande au gouvernement de retirer le projet de l’Union Douanière qui constitue le premier pas vers une Fédération future ?
Parce qu’il constitue une atteinte à la souveraineté nationale ? Non pas du tout ! Simplement parce qu’un autre projet est prêt… Un projet qui vous sera présenté par le prochain gouvernement. Ce projet je peux d’avance vous en énoncer d’avance le principe !
La constitution de trusts verticaux et horizontaux et de groupes de pressions qui maintiendront sous leur contrôle non seulement les produits du travail, mais les travailleurs eux-mêmes ! On ne vous demandera plus, Messieurs, de soutenir un ministère, mais d’appuyer un gigantesque conseil d’administration !


Si cette assemblée avait conscience de son rôle, elle repousserait cette Europe des maîtres de forges et des compagnies pétrolières. Cette Europe, qui a l’étrange particularité de vouloir se situer au-delà des mers, c’est-à-dire partout… sauf en Europe ! Car je les connais, moi, ces européens à têtes d’explorateurs !

– La France de 89 avait une mission civilisatrice à remplir !

 

– Et quelques profits à en tirer !

 

– Il y avait des places à prendre ! Et le devoir de la France était de les occuper pour y trouver de nouveaux débouchés pour son industrie, un champs d’expérience pour ses armes…

 

– …et une école d’énergie pour ses soldats ! Je connais la formule ! Et bien personnellement je trouve cette mission sujette à caution et le profit dérisoire. Sauf évidemment pour quelques affairistes en quête de fortune et quelques missionnaires en mal de conversion. Or je comprends très bien que le passif de ces entreprises n’effraie pas une assemblée où les partis ne sont plus que des syndicats d’intérêt !

 

Monsieur le président de l’Assemblée ! Je demande que les insinuations calomnieuses que le Président du Conseil vient de porter contre les Élus du Peuple ne soient pas publiées au Journal Officiel.

 

– J’attendais cette protestation… Et je ne suis pas surpris qu’elle vienne de vous, Monsieur Jussieu… Vous êtes, je crois, conseil juridique des aciéries Krenner ? Je ne vous le reproche pas.

 

– Vous êtes trop bon !

 

– Il y a des patrons de gauche, je tiens à vous l’apprendre !


– Il y a aussi des poissons volants, mais qui ne constituent pas la majorité du genre !

– Je vous reproche simplement de vous être fait élire sur une liste de gauche et de ne soutenir à l’Assemblée que des projets d’inspiration patronale !

Et maintenant permettez moi de conclure. Vous allez faire avec les amis de Mr Chalamont, l’Europe de la fortune contre celle du travail. L’Europe de l’industrie lourde contre celle de la paix. Et bien cette Europe là vous la ferez sans moi, je vous laisse !

 

 

[…]

 

 

Je vous demande pardon. A l’énoncé de tous ces titres, je réalise la folie de mon entreprise. En vous présentant ce projet, je ne vous demandais pas seulement vos voix, je vous demandais d’oublier ce que vous êtes. Un instant d’optimisme… C’est sans doute à ce genre d’optimisme que Mr Chalamont faisait allusion tout à l’heure en évoquant mes bons sentiments et mes rêves périmés.
La politique, Messieurs, devrait être une vocation… Je suis sûr qu’elle l’est pour certain d’entre vous… Mais pour le plus grand nombre, elle est un métier. Un métier qui ne rapporte pas aussi vite que beaucoup le souhaiteraient, et qui nécessite de grosses mises de fonds car une campagne électorale coûte cher ! Mais pour certaines grosses sociétés, c’est un placement amortissable en quatre ans… Et pour peu que le protégé se hisse à la présidence du Conseil, alors là, le placement devient inespéré ! Les financiers d’autrefois achetaient des mines à Djelitzer ou à Zoa, et bien ceux d’aujourd’hui ont compris qu’il valait mieux régner à Matignon que dans l’Oubangui et que de fabriquer un député coûtait moins cher que de dédommager un Roi Nègre !

 

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MAHMOUD DARWICH... Extrait de son allocution inaugurale à la Cité du Livre d’Aix-en-Provence, avril 2003

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Merci Thami

 

"Sans doute avons-nous besoin aujourd’hui de la poésie, plus que jamais. Afin de recouvrer notre sensibilité et notre conscience de notre humanité menacée et de notre capacitéà poursuivre l’un des plus beaux rêves de l’humanité, celui de la liberté, celui de la prise du réel à bras le corps, de l’ouverture au monde partagé et de la quête de l’essence. "

 

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MAHMOUD DARWICH

Extrait de son allocution inaugurale à la Cité du Livre d’Aix-en-Provence, avril 2003

 

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THAM

Photographie Thami Benkirane

 

 

DE CHAIR ET DE MOTS...Extrait

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Merci Thami

 

Qu'on regarde au dehors, le dedans vous reprend.
On voudrait être au monde, on ne sait qu’échapper.
Et tous ceux-là qu’on croise et voudrait arrêter
ont le pas trop rapide et sont pris par l’élan.

Qui parle des lointains évoque une autre vie.
Et c’est pour mieux tromper ce sentiment de n’être
qu’en exil ici-bas, un voyageur peut-être
mais qui ne pèse pas et reste sans appui.

Nous avons des manies de vivants qui s’absentent,
qui pour prendre enfin pied s’accrochent à des leurres
en faisant reculer l’horizon qu’ils s’inventent.

Partir est toujours une façon d’être là,
lever l’ancre encore un rêve de pesanteur,
et c’est pour aller plus loin qu’on ne s’en va pas.

 

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MICHEL BAGLIN

 

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alpana - l'aigle pêcheur ou balbuzard ,

Photographie Emmila

 

LETTRE OUVERTE A FRANCOIS HOLLANDE D'UNE INFIRMIERE NICOISE

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Cher Monsieur le Président de la République Française,

 

Je suis une jeune femme née à Nice en 1988 et je vis dans cette magnifique région depuis lors. C'est une jolie ville Nice, nos loyers sont indécents, nos salaires pas bien gros mais qu'est-ce qu'on vit bien ici. On a la mer et la montagne, la pissaladière, la socca, les apéros qui commencent à 11h le matin. On sait vivre à Nice, on est heureux. Je suis infirmière de profession mais aujourd'hui je ne suis plus heureuse, je suis atterrée.
En fait, aujourd'hui, je suis triste. Triste car j'ai voté pour vous en 2012. J'ai voté pour mon parti, je suis socialiste, fière de l'être, mais honteuse de vous.

Quand va donc cesser cette mascarade? Quand allez-vous arrêter de nous mentir? Quand allez-vous prendre la mesure de vos responsabilités?
Combien de vies avez-vous sur la conscience en ce 16 juillet 2016?
Et je ne compte pas que les vies de nos concitoyens, je parle aussi de toutes les âmes civiles qui partent dans les pays orientaux où vous aimez bombarder pour nous rassurer.

Moi vous ne me rassurez pas Monsieur le Président, vous me donnez envie de vomir.

Des milliers de vies sont parties à cause de vous. On paye le prix de vos erreurs. En étant élu Chef de l'Etat je suis sûre que votre ego était fleuri de savoir que vous alliez marquer l'Histoire. En effet, vous l'aurez marquée et ce de la pire façon qu'il soit.

Nous n'avons jamais autant saigné que sous votre règne. Et oui, j'appelle ça un règne car vous en avez bien rien à faire de ce que nous, pauvres petits français, pensons, vivons, traversons.

Et lorsque l'on fait trop de bruit, que nous ne sommes vraiment pas d'accord, vous utilisez de votre toute puissance le 49.3.
Une autre de vos armes en soi.

Car oui Monsieur, vous êtes un monstre armé, dont les victimes ne sont jamais vos proches.

Je gagne 1500 euros par mois et pour ce maigre salaire, je pense avoir, ces quatre dernières années, été bien plus utile et responsable que vous. Je pense que nous autres, petites gens, tels que les policiers, instituteurs, médecins, infirmiers, pompiers et j'en passe auront bien plus marqué l'Histoire que vous, Monsieur le Président.

Moi, aujourd'hui, je ne vous écris pas une lettre remplie de détails et arguments géopolitiques car je n'ai pas la prétention de penser que je puisse vous expliquer ce que vous savez déjà. Moi je veux vous parler aujourd'hui de ce que nous, citoyens et citoyennes de France, vivons à cause de vous.

La nuit du drame, à une heure du matin, suite au plan blanc j'ai été réquisitionnée par l'hôpital. Je suis arrivée en pleine nuit et en pleine horreur, seule dans un service que j'ai réouvert pour augmenter de quinze lits la capacité d'accueil. J'ai préparé méticuleusement des médicaments, des perfusions, des pansements. Et puis j'ai attendu. J'ai attendu sans savoir ce qui m'attendait. Sans savoir quel âge ils auraient, quelles seraient leurs blessures, quelle serait ma tache. J'ai fait les cent pas, l'attente dans un silence glaçant m'a terrassée. Je n'étais pas prête pour ça mais j'étais là. Vous étiez où vous Monsieur ?

Je sors de garde Monsieur le Président, deux jours après cet attentat monstrueux commis à Nice, les enfants continuent de mourir et les rescapés envahissent les urgences pour que l'on tente de contenir leurs angoisses par des médicaments.

Avez-vous la moindre idée du travail que nous accomplissons pour réparer vos erreurs? Savez-vous qu'à Nice, le 14 juillet, un homme a perdu son épouse, ses enfants, ses parents et ses beaux parents.

Comment réparer cet homme? Qu'auriez-vous fait à sa place?

Avez-vous entendu les cris des victimes? Les avez-vous vu fuir en courant pour sauver leur peau? Les avez-vous vu s'accrocher à leur enfant puis les perdre sous ce camion? Monsieur le Président avez-vous ces cris bien inscrits dans votre cerveau lorsque vous vous couchez le soir? Vous empêcheraient-ils de dormir?

Combien de cellules de crise? Combien de manifestations? Combien de mois d'état d'urgence qui a lui aussi bien montré ses limites? Combien de morts pour que vous quittiez avec un minimum de dignité vos fonctions?

Je suis fatiguée Monsieur le Président de la République, fatiguée de votre laxisme, de vos discours à la télévision, de vos décisions. Fatiguée de pleurer les innocents. J'ai mal au dos, j'ai mal aux mains, avez-vous mal?

Je suis niçoise, je suis infirmière et je suis épuisée.

 

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Matisse the-bay-of-nice-1918,

 

 

 

MARGUERITE YOURCENAR

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Je condamne l’ignorance qui règne en ce moment dans les démocraties aussi bien que dans les régimes totalitaires. Cette ignorance est si forte, souvent si totale, qu’on la dirait voulue par le système, sinon par le régime. J’ai souvent réfléchi à ce que pourrait être l’éducation de l’enfant. Je pense qu’il faudrait des études de base, très simples, où l’enfant apprendrait qu’il existe au sein de l’univers, sur une planète dont il devra plus tard ménager les ressources, qu’il dépend de l’air, de l’eau, de tous les êtres vivants, et que la moindre erreur ou la moindre violence risque de tout détruire.

Il apprendrait que les hommes se sont entretués dans des guerres qui n’ont jamais fait que produire d’autres guerres, et que chaque pays arrange son histoire, mensongèrement, de façon à flatter son orgueil.

On lui apprendrait assez du passé pour qu’il se sente relié aux hommes qui l’ont précédé, pour qu’il les admire là où ils méritent de l’être, sans s’en faire des idoles, non plus que du présent ou d’un hypothétique avenir.

On essaierait de le familiariser à la fois avec les livres et les choses ; il saurait le nom des plantes, il connaîtrait les animaux sans se livrer aux hideuses vivisections imposées aux enfants et aux très jeunes adolescents sous prétexte de biologie ; il apprendrait à donner les premiers soins aux blessés ; son éducation sexuelle comprendrait la présence à un accouchement, son éducation mentale la vue des grands malades et des morts.

On lui donnerait aussi les simples notions de morale sans laquelle la vie en société est impossible, instruction que les écoles élémentaires et moyennes n’osent plus donner dans ce pays.
En matière de religion, on ne lui imposerait aucune pratique ou aucun dogme, mais on lui dirait quelque chose de toutes les grandes religions du monde, et surtout de celle du pays où il se trouve, pour éveiller en lui le respect et détruire d’avance certains odieux préjugés.

On lui apprendrait à aimer le travail quand le travail est utile, et à ne pas se laisser prendre à l’imposture publicitaire, en commençant par celle qui lui vante des friandises plus ou moins frelatées, en lui préparant des caries et des diabètes futurs.

Il y a certainement un moyen de parler aux enfants de choses véritablement importantes plus tôt qu’on ne le fait.

 

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MARGUERITE  YOURCENAR

 

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milou et vince,

PATRICK ASPE...Extrait

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Quand l'homme s'endort
sang d'or
sur les pages de son histoire
toutes les femmes fragiles
toutes les femmes éprisent
du vent
des temps terrifiants
défient les révolutions
les révolutions des errants
beaux jardin d'or
dort dans ta mémoire
tes chevaux libres
dans la fuite de l'errant
le bataille de l'Ebre
saigne encore
dans ta tête
qui chantait
l'Internationale
danse alors ton sexe luisant
qui brille dans la nuit de tes étreintes
aux yeux des filles
que tu n’aimes plus
couteau tranchant
des oublies
tu t'endors
sur des rêves de mémoires
lune d'or
là-bas
c'est le sang et l'or

 

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PATRICK ASPE

 

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guerre civile espagnole

Photographie Henri Cartier- Bresson

Guerre civile espagnole

SAISON DE SEL

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à Isabelle

 

Les caprices de notre automne ne mènent à rien

Je voudrais offrir à tes yeux des rivières

des roses absolues

des années labourées sans récolte de cendres

Je voudrais remonter notre destin de l’abîme

préserver la mémoire de l’Euphrate

loin des rêves pris entre les plis du silence

                                d’exilés morts à force de regret

 

Les saisons n’ont pas laissé de traces

et la rivière étirée en cortège d’ombres blanches

parle de blessures

d’incendies après la pluie

 

Ces vieux jours éclaboussés de haine

nous ont permis d’apprivoiser la paix

Ces jours en mouvement lent

comme des restes de braises

dans la nuit morte

 

Il nous échoie la blancheur du sel

que le destin a tissé au royaume du vent

aussi haut que mes jours torturés

 

Avec ta sève

ce sel perdu dans les pentes de l’ombre

éblouie du cristal de tes hanches

que mon corps sans cesse conquérant remontait

 

La forêt écimée dans l’immensité

nue face à la mer 

témoignera plus tard

que le vent a humé les pierres

et dispersé les nuits brisées de la femme      

au visage d’argile

 

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SALAH AL  HAMDANI

Poème extrait du recueil "Rebâtir les jours"

 

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Couple_promenade_Chagall,

Oeuvre Marc Chagall

 

 

 

ON SAIT L'AUTRE...

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  "On meurt : on meurt, on est à terre. On écoute les poètes, on écoute leur voix, le temps qui passe par leur souffle, venus de tous pays, marchant vers nulle part, on entend le murmure du monde, la mémoire de l'oubli, un long chant lancinant, et qui s'élève : et nous rehausse. Ils sont tous là, assis par terre, le dos au mur, à faire un feu avec la vie. Ils sont là, tous, à faire des flammes avec leurs mains, mettre des braises avec leur bouche, et nous réchauffer le coeur.

            on est à terre
            et c'est la fin
            on meurt des vertiges des oiseaux
            on meurt enfin
            tout en rêvant
            qu'une armée en furie
            baisse la tête devant :
            une poignée de fous."

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EDITH AZAM

 

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TCHOBA ADN,

Oeuvre Tchoba

http://www.tchoba.com

LE TERRORISME EXPLIQUE A MON FILS -LE JOURNAL DE PERSONNE -

PAUL CELAN

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La nuit, quand le pendule de l'amour balance
entre Toujours et Jamais,
ta parole vient rejoindre les lunes du cœur
et ton œil bleu,
d'orage tend le ciel à la terre.

D'un bois lointain, d'un bosquet noirci de rêve
l'Expiré nous effleure
et le Manqué hante l'espace, grand comme les spectres du futur.

 

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PAUL  CELAN

 

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ARBRE,

SYRIE...COMBIEN DE TEMPS ENCORE ?

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Ceux qui regardent souffrir le lion dans sa cage pourrissent dans la mémoire du lion.
Les Matinaux (1950) RENE CHAR

 

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Affreux....! Ne nous voilons pas la face, car c'est nous qui bombardons...NOUS, L'OCCIDENT !!!!


Tous les jours sont des jours de deuil en Syrie ...Le 19 juillet 2016 est une journée de deuil pour les familles de 300 victimes innocentes, la presse en parle un peu , une "bavure " de la coalition à laquelle s'ajoute le massacre quotidien par le régime et Poutine .... Alep comme d'autres villes sont toujours sous le siège, le nombre d’hôpitaux est de plus en plus restreint - quand ils ne sont pas bombardés - . Toujours pas de couloirs humanitaires , toujours des milliers de personnes disparues dans les geôles du régime ...Dites moi , sommes-nous comme les fous assassins , attend t-on d'avoir atteint un chiffre record pour enfin bouger ? Où se situe la ligne rouge ? Pas l'illusoire ligne rouge d'Obama, celle de notre conscience à tous....

 

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https://www.facebook.com/ong.syriacharity/videos/1187069391313574/

 

 

 

 

PASSAGE A L'OMBRE

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Dans les bras de la lumière
Et la beauté du monde

En dépit du plomb durci
A la barbe des sanguinaires

Ces flocons de neige
Pour apaiser la terre

Du feu qui lui brûle les lèvres
Pourquoi aimez-vous tant les cendres

Quand la braise nourrit mon cœur
Tendre dans les cours des rivières

Pourquoi détruisez-vous mon limon
Réduit en poussière

Le soleil vous fait-il peur
De voir votre propre ombre

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TAHAR BEKRI

 

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CELAN

 

 

ETOILE D’ÉMERAUDE ET DE REVOLTE POUR LE CAMARADE

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A Joël Rufino dos Santos

 

Je ne veux pas faire un poème.
Ce que je veux c’est allumer une étoile
pour alimenter l’espérance
de Joël, un camarade
prisonnier parce qu’il aimait
penser et parler,
raconter une histoire nouvelle,
celle dont le crime insupportable
est d’être simplement l’Histoire.
C’est une étoile faite d’amour.
Même si se multiplient ses rayons
qui déchaînent la révolte,
en son centre coulent des fleuves
de tendresse et de joie.
Mais qui aurait dit, Joël,
qu’un jour l’amour de cette patrie
aurait un goût de fiel.
Que cette étoile serve de cri :
un cri d’homme, qui se dresse
comme une épée et comme une rose.
Qu’elle serve de pluie et de repos
dans l’obscurité de ta cellule,
où ne contient ni ne parvient
la chanson de la lumière du jour.
Qu’elle serve d’herbe et d’aurore
pour le chemin des enfants.
Qu’elle serve de danse et de jouets,
mais qu’elle serve avant tout
de milice d’émeraudes,
qui pénètre lumineuse
les forces obscures de la peur

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THIAGO DE MELLO

In « Chant de l’amour armé»

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goxwa

Oeuvre Goxwa

LUDOVICO EINAUDI - Elegy for the Arctic -

DELEUZE...

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“Nous vivons dans un monde plutôt désagréable, où non seulement les gens, mais les pouvoirs établis ont intérêt à nous communiquer des affects tristes. La tristesse, les affects tristes sont tous ceux qui diminuent notre puissance d’agir. Les pouvoirs établis ont besoin de nos tristesses pour faire de nous des esclaves. Le tyran, le prêtre, les preneurs d’âmes, ont besoin de nous persuader que la vie est dure et lourde. Les pouvoirs ont moins besoin de nous réprimer que de nous angoisser, ou, comme dit Virilio, d’administrer et d’organiser nos petites terreurs intimes. La longue plainte universelle qu’est la vie … On a beau dire « dansons », on est pas bien gai. On a beau dire « quel malheur la mort », il aurait fallu vivre pour avoir quelque chose à perdre. Les malades, de l’âme autant que du corps, ne nous lâcheront pas, vampires, tant qu’ils ne nous auront pas communiqué leur névrose et leur angoisse, leur castration bien-aimée, le ressentiment contre la vie, l’immonde contagion. Tout est affaire de sang. Ce n’est pas facile d’être un homme libre : fuir la peste, organiser les rencontres, augmenter la puissance d’agir, s’affecter de joie, multiplier les affects qui expriment un maximum d’affirmation. Faire du corps une puissance qui ne se réduit pas à l’organisme, faire de la pensée une puissance qui ne se réduit pas à la conscience.”

 

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GILLES DELEUZE

 

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Abdeslem Azdem,

Oeuvre Abdeslem Azdem

 

 

LE CAHIER ROUGE ...Extrait

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« Car la poésie ne se fractionne pas en poètes ni entre poètes, elle est présente et unique, dans toutes ses manifestations - chez chacun, toujours plus, toujours totale, de même qu'en réalité il n'existe pas des poètes, mais un seul et même poète depuis le commencement et jusqu'à la fin du monde, une force se parant de la couleur des temps, des peuples, des pays, des parlers, des personnes, qui traversent cette force, qui la portent, tout comme un fleuve reflète l'une ou l'autre de ces rives, l'un ou l'autre de ces cieux, l'un ou l'autre de ces fonds.

 

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MARINA TSVETAIEVA

 

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parkes

Oeuvre Michael Parkes

 

 

ANDRE HARDELLET...Extrait

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Le mystère - c'est la voix étouffée des ramoneurs derrière les murs et le parcours de la Grange- Batelière sous l'Opéra.
La peur - c'est un roulement de tombereau, la nuit, dans un bois où ne passe aucune route.
La douceur - c'est un vol de chouette, sous le taillis, au crépuscule.
Le contentement - c'est l'odeur d'une blonde qui, lente, efface ses bas noirs.
L'angoisse - c'est la congestion, comme une émeute violette, sur le bitume où bouge un soleil ahurissant.
L'été - c'est l'ombre de la jarre qu'emperle son frais et cette parole qui traverse encore le dédale de vacances.
L'Île-au-Trésor - c'est la touffe de parfums entre tes cuisses - salées.
Le désir - c'est la flèche de rubis qui voie par-dessus 1'Orénoque en flammes et décochée sans bruit.
L'amour - c'est ce pays à l'infini ouvert par deux miroirs qui se font face.
L'enfance - c'est la clef rouillée que cachent les buis - celle qui forcerait toutes les serrures.
Le rêve - c'est l'instant où tombe enfin la robe des clairières.
La plus belle récompense de l'homme - c'est encore son sommeil.
Et le mien tarde bien à venir.

 

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ANDRE  HARDELLET


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emil-nolde

Oeuvre Emile Nolde