Are you the publisher? Claim or contact us about this channel


Embed this content in your HTML

Search

Report adult content:

click to rate:

Account: (login)

More Channels


Showcase


Channel Catalog


Channel Description:

Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

older | 1 | .... | 8 | 9 | (Page 10) | 11 | 12 | .... | 183 | newer

    0 0
  • 06/06/13--11:38: BALLADE DE LA LUMIERE
  • Je serai l’eau qui coule sur tes mains
    pour me teindre du souvenir de ta peau,
    empreinte transparente, lumière jusqu’à tes os.

    Par moi tu toucheras le voile sous les mots,
    je serai le son que tu poursuis,

    par moi tu diras l’enfance sur la rive,
    la présence claire entrevue à jamais
    sur le seuil de la porte, si proche des montagnes,

    la note tenue qui passe par-delà tous les égarements,

    ombre tressée de jour et de nuit
    qui rend visible le matin du monde.

    Mon souffle aujourd’hui traverse tes paumes,

    depuis toujours,
    je respire dans ton regard.

     

    .

     

    LAURENCE BREYSSE CHANET

    http://www.terreaciel.net/Laurence-Breysse-Chanet

     

    .

     

    LAU

     

     

     


    0 0

    Si avec le temps meurt cette chimère
    de chercher une lumière qui n’est jamais nôtre,
    si les rêves deviennent ombre noire
    sous un ciel fermé d’orage,
    si le lieu de l’amour est la menace
    et sa nudité l’éclat d’une pièce de monnaie,
    si le plaisir ne suffit plus, si l’habitude
    est ce miroir brisé, que la vie alors
    sans beauté se soumette et que la mémoire
    vaine du silence soit ton héritage
    inscrit dans la fin qui nous condamne.


    Si con el tiempo muere la quimera
    de buscar una luz que nunca es nuestra,
    si los sueños se tornan negra sombra
    bajo un cielo cerrado de tormenta,
    si el lugar del amor es la amenaza
    y su desnudo un brillo de monedas,
    si el placer ya no basta y la costumbre
    es ese espejo roto, sin belleza
    dobléguese la vida y que la vana
    memoria del silencio sea tu herencia
    escrita en el final que nos condena.

     

    .

     

    JOSE GUTIERREZ

     

    .

     

    waves-36

     

     

     

     

     


    0 0

    (...)

    Le but de toute force
    Est de fusionner avec l’essence du soleil
    De se couler dans l’intelligence de la lumière
    Les moulins à vent se détraquent en toute logique
    Pourquoi je devrais m’arrêter ?
    Mes seins nourrissent les grappes vertes du blé
    La voix, seule la voix demeure
    La voix du désir limpide de l’eau à couler
    La voix de l’étoile dans sa profusion lumineuse
    Sur la paroi féminine de la terre
    La voix concevant l’embryon du sens
    Et l’expansion du partage de l’amour
    La voix, la voix, seule la voix demeure

    Au pays des nains
    La mesure tourne toujours
    Dans l’orbite du zéro
    Pourquoi je devrais m’arrêter ?
    J’obéis aux quatre éléments
    Et le gouvernement local des aveugles
    N’a pas à dicter le règlement de mon cœur

    Que gémisse sans fin la sauvagerie
    Dans le sexe de l’animal me laisse indifférente
    Que remue sans valeur le ver
    dans le vide de la chair me laisse indifférente
    J’ai la lignée des fleurs dans le sang qui m’exhorte à vivre
    La lignée des fleurs, vous comprenez ?

     

    .

     

    FOROUGH FARROKHZÂD

     

    .

    for2

     


    0 0
  • 07/05/13--15:23: STELE POUR NELSON MANDELA
  • Grandit ombre sacrée
    Tu as vu la terre aux mille collines
    Et nous avons franchi l’espace interdit
    La moisson sera bonne à l’heure du refus
    Timbre de la bonne nouvelle et partie de si loin
    J’ai vu Soweto et sa révolte d’enfants
    Sa case misérable où tu veilles
    Gardien sombre et d’humaine bonté
    Ile du dernier soleil
    Que se lève la fête de l’aube
    Sous les sabots de l’arc-en-ciel
    Nous passerons par les rues du poème
    Tels que nous sommes
    Quel temps fait-il sous tes paupières
    Si ce n’est un temps de lendemain
    Temps des évangiles
    Qui tourne autour de mon image
    Et les sept ciels de la nation arc-en-ciel
    Entre chez toi Mandela
    Ta maison est ouverte
    Ton peuple t’attend
    Nous devons tenir prêtes les plus belles paroles
    L’escorte est à ce prix
    Au front des pharaons
    Ceignant les forces élémentaires
    Une nouvelle solitude nous épie
    Nous ne serons plus jamais seuls
    Le cri sera définitif
    La mer en sa plus vaste houle laineuse
    Semblera un chasseur ivre
    Une énergie tranquille de peuple ayant la foi
    Juste un mot Mandela
    Un mot de township
    Un mot de capitaine
    Un mot de canne-à-sucre
    De la maison des hommes
    Se répand la douleur
    Juste un mot pour fendre le brouillard
    Et nous verrons dans la nuit
    La splendeur de ta silhouette
    Fructueuse navigation
    Aujourd’hui un pays se livre au mythe de la mort
    Et pour une fois nous avons vaincu les geôliers
    Voici que la lumière docilement se lève
    Le miracle est déjà accompli
    Il fait jour sur le pardon des justes
    Nous écouterons ce chant pris à la plus haute des étoiles

     

    .



    ERNEST PEPIN
    Lamentin
    Le 26 juin 2013

     

    .

     

    MANDELA

    Nelson Mandela

     


    0 0
  • 07/07/13--01:40: PATRICK ASPE
  • ...
    les rires sont des oiseaux de passage
    la mémoire une éponge
    la nuit une dissidente
    tangue la vie des fuites lentes
    mascarades sans limites
    comme un filin d’acier au dessus du vide
    je revois l’olivier des allées
    la maison rose sous les cyprès
    les grands peupliers jaunes d’octobre
    précipice sans fond
    sabordage des illusions
    danse macabre aux sons des tamtams
    le cri vient du ventre friable et déchiqueté
    attirances des bleus voilés d’or sur la mer qui balance
    la forêt d’endort aux silences des pins
    chagrin parfumé d’oranges
    imaginons cette vague sur le sable doré
    lancinante passion des mains qui passent sur ton dos l’huile frémissante
    la colline des horizons
    sables mouvants de l’enfance
    mon chevalier foudroyé d’ignorance
    dragon frissonnant de flammes
    la lune échappe aux brouillards
    élève toi élève toi vers les neiges des cimes mon cœur brisé

    l’azur pur tourmente l’épée qui s’agite ...

    .

     

    PATRICK ASPE

     

    .

     

     

    GGG

     

     

     


    0 0

    Cher Ramon,

    La moitié du monde veut attaquer l'autre moitié et la guerre qui prend aujourd'hui le nom de guerre froide est la sempiternelle guerre de toujours. L'ennui ce serait qu'on nous agresse et qu'on démantibule la table sur laquelle, noblement accoudés, nous écrivons, lisons et pensons. Dans cette agression des uns contre les autres même notre maison est sans dessus dessous et on la retrouve un jour à des milliers de kilomètres de là où elle était.

    Les forces du monde ont augmenté et la loi veut que les unes soient toujours négatives et les autres positives, en une perpétuelle alternance, sans accord possible, sans qu'elles se confondent désastreusement. Stabiliser ces forces a été l'un des prodiges du passé, peut-être parce qu'elles n'avaient pas atteint le voltage d'aujourd'hui. Nous qui sommes nés avec assez d'humour, nous savons nous maintenir au milieu des deux courants, sans que l'inquiétude et la crainte soient trop pénibles. Nous gagnons des jours, des nuits, parfois des matins et grâce à nos blagues nous pouvons entretenir des correspondances superflues et constantes comme celle-ci.

    Parce que nous pouvons dire ce que nous voulons nous damons le pion aux bornés et aux fanatiques. Au coeur de la violence il est beau de prononcer la phrase inouïe. Aujourd'hui, et sous l'enveloppe de cette lettre, nous passons au travers du feu criminel et je peux te dire qu'il y a des larmes qui sont des vers blancs et que le mouchoir est le linceul du nez.

    Voler au faire le non-faire est l'un des charmes de la vie et les tasses qui ne servent pas sont plus heureuses que nous précisément parce qu'elles sont et ne servent pas. Tout est dans l'erreur et Dieu sourit à celui qui a l'habileté de ne pas se laisser prendre aux bobards et aux soucis, en profitant de ces moments neutres où il contemple les heures libres de devoir, sans ployer sous le fardeau d'aucune pensée solennelle. On veut nous enlever cette faculté d'enfants de Dieu d'affronter la tristesse et ce qui semble n'avoir aucun sens, comme les fleuves des draps qui vont se jeter dans la mer ou la tortue qui ne joue pas au violon. Pas de plus grand bonheur que de penser ce qu'on veut au lieu de penser ce que les autres veulent.

    Nous profitons de l'absence de censure sur la correspondance pour dire l'indicible qui n'est pas ce qu'il est interdit de dire mais ce qui se satisfait de son inconscience, comme, par exemple, dire que les gilets avalent leurs boutons - ils ne les perdent pas - et que dans les couloirs on entend le bruit de l'obscurité qui fait craquer ses doigts.

    Une lettre, tu le comprends très bien, ne rivalise avec rien et c'est pourquoi elle peut donner forme au rien, parler du rien, diriger l'escarmouche de la chiquenaude, embrouiller les ongles, mélanger les veinules du cerveau et les coiffer la raie au milieu, calomnier le couteau, soutenir que le compteur électrique est fou.

    Ni fièvre, ni nominations, ni histoires d'enfants, mais tout simplement te dire que le papier hygiénique qui a ses propres télégrammes, même de l'étranger, annonce que la bourse invisible ruine le monde.

    Je t'embrasse,

    Ramon.

     

    .

     

    RAMON GOMEZ DE LA CERNA

     

    .

     

    MONT

     

     

     

     


    0 0
  • 07/10/13--18:02: ELLE ETAIT UN PEU GITANE...
  • ..Elle était un peu gitane, un peu sorcière et parlait à la Lune.  Dans ce coin choisi, fumant sa cigarette et caressant son chien, elle déroulait un passé dont le travail avait occupé une large place. Fille, femme, mère, grand mère, une vie menée tambour battant, souvent controversée, trouvant probablement son bonheur dans cette course à la réussite.

    Féminine, élégante à sa manière, parfumée de qualité, elle se voulait sans défaut. Du " trés haut " de ses escarpins elle imposait sa personnalité, ses volontés et son audace.  Tout autant son côté gitane se manifestait, par un ourlet défait, une tache oubliée, ces petits détails qui baissaient la note, ou encore une étoffe plus colorée que d'ordinaire. Elle aimait les grands châles frangés, la couleur que donne le soleil,elle était résolument méditerranéenne. J'adorais ce côté désordre, cela la rendait plus accessible. J'adorais sa façon de balancer le linge par terre avant de l'étendre, quand elle envoyait valser ses chaussures aprés une journée de labeur. J'adorais le café servi dans la porcelaine et le sucre pris à l'aide d'une pince en argent , sur un plateau plutôt chic, sur la table en fer du jardin. J'ai adoré les derniers cafés pris sur la même table, dans la porcelaine mais sans pince, sans plateau et sans son chien, dans le même jardin devenu plus sauvage....Oui, j'adorais partager ces moments avec elle.

                                                                                                                                  

    Le temps a fait ses ravages et dans ce coin qu'elle aimait tant, elle a jusqu'à la fin communiqué avec les siens sans jamais baisser la garde et sans jamais abandonner sa longue et fine cigarette.

     

    .

     

    JOSIANE

     

    .

     

    mains-de-femme4

     

     

     


    0 0
  • 07/13/13--11:51: L'ILLUSION PROTECTRICE
  • L’image conservée par mes yeux apprivoise le temps. Elle s’éternise comme une brume recouvrant le jour. L’illusion d’être ce que j’ai été prolonge le refuge de tendresse que tu incarnes. L’intemporel s’accomplit d’un amour sublimé. Hier est à l’abandon dans les débris de notre histoire. Face à moi, l’orgie de lumière balaie la mémoire pure. J’ai les yeux qui piquent et le cœur décroché de toute tentation. Je m’abstiens du vide, il n’est pas plus profond que l’absence de sens. La blessure grondante n’est pas à l’abri du pire. Sans toi, l’air divague et les mots emportent les silences cachés.

    L’impasse du désespoir laisse entrevoir quelques lucioles dans le silence des nuits solitaires. L’amour balance de la passion à l’évidence sans jamais toucher terre. J’ai appris la durée avec l’heure qui sonne avant de trébucher dans l’infini miroir du monde. J’ai vu l’oiseau cueillir le ciel dès l’aube naissante. J’entends l’arbre instruire ses racines du souffle nourrissant de la lumière. L'aurore n’a rien d’autre à dire que la faim qui la trésaille. Un instant, hier n’est plus qu’un infime soubresaut. La présence à la vie est entière et plénière. La connivence de l’absolu ne connaît que l’absolu. Mais en même temps sa souveraineté est une fin du monde. Je remarque que les cigales mettent jusqu’à sept ans pour sortir de terre et ne vivent que trois semaines. Choisir l’excès est une excellence, c’est une courte échelle à l’éphémère. L’existence au bonheur impossible ne manque pourtant pas de truculence. Il y a ce qui nourri et ce qui lacère. Entre les deux, le désir se confronte à la volonté. Je te vois comme je t’ai vu. Une amarre est restée sur le port, un parfum iodé colle encore le cordon ombilical. Tu dors et te réveilles dans l’abécédaire de ma chair.  

     

    .

     

    BRUNO ODILE

    http://lacollineauxciga.canalblog.com/

     

    .

     

    ILLUSION

     

     

     

     

     

     


    0 0
  • 07/13/13--12:26: MARIA-DOLORES CANO
  • JE M’EN VAIS

    à présent

    pour où ?

     vers où ?

     

                                comment ?

     

     

     je m’en vais pleurer

     les heures

     je m'en vais rire

     les pleurs

     

      l’abeille dans le cœur

     transparence des ans

     

                   ténacité

    amour

    d’antan

     

      l’alouette traverse mon âme

     enfant je suis sur le chemin

     

                   rouge ma lèvre

    grain de sel couleur mangue

    sur la langue

    un parfum

     

      pliure de la page

     mes mots sont un adieu

    un poème en fleur

     une offrande

    à ceux

    qui

     ont foulé ces pages

     

    .

     

     

    MARIA-DOLORES CANO

     

     http://memoiredusilenceblogspotcom.bloot.fr/

     

    .

     

    MARIA D

     

     


    0 0
  • 07/13/13--13:44: REVENIR AUX OISEAUX
  •  Revenir aux oiseaux

    à ce désir de secouer les pieds

     pour effacer l'empreinte

     

     cette constance des oiseaux

     à ouvrir les voies

     

     simulant la chute

     pour habiter le temps mobile

     sans vertige

     

     ce corps ailé de l'instant

     traversé du chant

     qui s'arrache sans cesse

     et se déprend

     

    .

     

    ALBERTINE BENEDETTO

     

    .

     

    oiseau

     

     


    0 0
  • 07/13/13--14:55: ELEGIES BALTIQUES...Extrait
  • Qui pourra étaler la tempête, survivre à ses violences ?
    Les plus vieux chênes jusqu’au cœur ont volé en éclats ;
    les genévriers flexibles se courbent en arceaux où passe le vent.
    Toute la balle s’est envolée de ces régions,
    le temps est venu pour le grain durci
    d’être semé entre les rochers et les dunes,
    mais le blé ne germe pas dans ce sable entassé.
    La forêt a donné abri à tes frères.
    Tes sœurs se sont cachées dans le sein de la mer.
    Toi-même tu tangues sur cette île-refuge
    et plein d’angoisse observes l’autre rive :
    d’énormes falaises ébranlées ont plongé dans la mer,
    les archipels se multiplient, les bancs de sable se ramifient,
    pourtant la mer jamais ne se fend vers la Terre Promise.
    Quand tout semble brisé et soufflé par le vent,
    la tempête ne peut refuser cet unique et dernier cadeau
    de l’abîme : les soleils fracassés de l’ambre se lèvent
    dispersés sur les baies battues par le vent,
    talismans de calme et d’été
    pour réchauffer ta paume
    quand tu vas par le monde
    vers ta maison dans le vent.
    .


    IVAR  IVASK

     

    .

     

    AJ

     

     

     

     

     

     


    0 0
  • 07/14/13--04:35: MATHIEU BENEZET
  • Nourriture de la Nuit

    Le lait de l’œil est une

    chose qui commence

    comme la parole humaine

    elle douceurt je douceurs

    dans l’ouverture d’amour

    des mots

    cette femme qui crie est

    ma mère ensevelie

    déchirure du style

    le vent s’engouffre dans le vide

    qui naît

    va mon cœur puisque

    le ventre est assassiné

     

    .

     

    MATHIEU BENEZET

     

    .

     

    MAT

     

     

     

     


    0 0
  • 07/14/13--19:35: BATAILLE...
  • Je me bats le jour je me bats la nuit
    batailles contre la mélancolie
    cette vieille pieuvre toujours éveillée
    qui me guette au coin des années
    au coin des rues et des souvenirs
    et lance son refrain mourir
    alors que je veux vivre mille fois
    que je veux aimer que je veux la joie
    qu’il est temps enfin d’espérer
    temps de croire temps de respirer

    Je porte une flamme dans mon coeur
    elle brûle c’est mon enfant ma soeur
    c’est la vie qui sourit qui murmure
    c’est le temps qui fuit pour que dure
    le grand incendie toute la vie
    sans remords sans mélancolie

    dans l’univers qu’ont créé
    les rêves et toute la vérité
    seule vérité ma vérité lumière
    pour aujourd’hui demain hier

     

    .

     

    PHILIPPE SOUPAULT

     

    .

     

    MOI

     


    0 0

     Pendant plus d’un demi -siècle, l’amazighité, dans toutes ses dimensions, a non seulement subi un déni de reconnaissance incompréhensible, mais aussi une marginalisation doublée d’un mépris et d’une mort programmés. Cette situation aparthéidiste a eu pour conséquence l’émergence du Mouvement Amazigh, mouvement social et politique s’inscrivant à la fois dans une continuité identitaire de l’Afrique du Nord, mais aussi dans la modernitéà travers les valeurs de démocratie, de citoyenneté et des Droits de l’homme.

     

    Le combat de ce mouvement qui a connu une situation difficile voire impossible sous Hassan II, a trouvé pour la première fois un début de réponse dans le discours d’Ajdir du nouveau Roi en 2001. En effet, ce discours jugéà l’époque historique, suivi par la création de l’IRCAM (Institut Royal de la Culture Amazighe), avait soulevé d’immenses espoirs quant à la résolution définitive et équitable de la question amazighe au Maroc. C’était sans compter avec la résistance de ceux qui se sont fait des situations de privilégiés sur le dos et la résistance amazighe à la colonisation française : toutes les mesures prises par l’Etat au plus haut sommet mettront 10 ans pour aboutir à l’officialisation de la langue et de l’identité amazighes dans la constitution de 2011. Longtemps occultée par la pensée dominante arabo-islamique, l’amazighitéétait enfin reconnue sur son territoire historique.

     

    Cependant, l’officialisation effective est soumise aux lois organiques qui doivent être préparées par le Gouvernement et validées par le Parlement. Sauf que le Gouvernement et le Parlement, sont non démocratiques et hostiles à l’amazighité, ce qui constitue en soi une prise d’otage de la langue amazighe et de tout ce qu’elle implique comme intégration dans les institutions d’un Etat qui se dit de droit, mais qui bafoue quotidiennement les Droits du peuple autochtone amazigh.

     

    En effet, deux ans après que la constitution de 2011 « ait été approuvée » par le peuple marocain, les lois organiques en question ne sont pas toujours soumises au Parlement. Le 2 Juillet 2013, a été organisée une conférence nationale sur la question dans la capitale Rabat. Etaient présents et ont pris la parole tour à tour le Conseiller du Roi, le Premier ministre, le Président du Parlement, les Ministres de la communication et de la culture. Après avoir écouté les discours de tous les dignitaires du régime, tous les concernés par la question sont unanimes : le Gouvernement n’a même pas commencéà réfléchir à une approche pour la mise en œuvre du processus devant conduire ces lois organiques devant le Parlement. Autrement dit, et contrairement aux affirmations antérieures des uns et des autres responsables, la traduction de l’officialisation de la langue amazighe dans les faits n’est pas la priorité du gouvernement, et certains ont même parlé de l’intention du Gouvernement Benkirane de ne déposer les lois organiques au Parlement qu’à la dernière année de la législature, afin de gagner du temps.

     

    D’autre part, ces différents hauts responsable ont tous répété les mêmes concepts que les militants amazigh considèrent comme des mines à retardement : « l’amazighité appartient à tous les marocains », donc à ceux-là même qui la combattent par tous les moyens ; « elle relève par conséquent de la responsabilité de tous », entendez donc de personne. « Elle ne doit pas être utilisée politiquement », entendez par le mouvement amazigh, alors qu’elle est utilisée par tous les partis et le pouvoir depuis toujours à des fins politiciennes, à leur profit, bien sûr.

     

    Plus grave encore, ce constat s’ajoute à la suspension de facto des acquis du discours d’Ajdir et la création de l’IRCAM sous prétexte d’une attente nécessaire des lois organiques. Ainsi, 9 années d’enseignement de la langue amazighe, malgré les blocages qu’elles ont connus, sont renvoyées aux calendes grecques. Les cahiers de charge des chaînes de télévision n’accordent que 20 pour cent de programmes folkloriques à l’amazighité, en contrepartie de 80 pour cent de programmes variés et propagandistes à l’arabité. Ajoutez à cela que les noms amazigh sont toujours interdits par les responsables de l’Etat civile, que des militants amazigh croupissent toujours dans les prisons, que les activités des associations amazighes sont soumises à des limitations voire des interdictions, sans oublier qu’aucune subvention n’est accordées aux associations considérées comme indépendantes des partis et du pouvoir en place.

     

    En fait les objectifs du pouvoir et de ses alliés sont clairs : gagner du temps, toujours gagner du temps, afin que le processus d’arabisation de la société amazighe, enclenché depuis ce qu’on appelle ici « l’indépendance », fasse son œuvre et arrive à terme, car déjà, plus de cinquante d’une politique criminelle d’arabisation a détruit une grande partie du patrimoine immatériel de l’amazighité. Quand personne ne saura parler la langue amazighe, l’on accordera tous les droits aux imazighen qui ne seront plus là pour en jouir. Déjà, les générations de l’arabisation ne comprennent plus ce que disent leurs parents en langue amazighe. La communication familiale dans les villes et même les campagnes est des plus incroyable : les parents parlent tamazight avec leurs enfants et ces derniers leur répondent en darija, le dialectal marocain.

     

    De ce qui précède, on peut déjà tirer une conclusion : la gestion marocaine du dossier amazigh, gestion donnée en exemple pour toute l’Afrique du Nord par des médias bien intentionnés, est des plus machiavéliques : tout est beau au niveau du discours qui s’adresse plutôt à l’opinion étrangère, mais rien n’est lâché dans la pratique comme en témoigne les exemples précités. Devant les instances internationales qui interpellent régulièrement l’Etat marocain sur l’état des droits de l’homme, des droits culturels et linguistiques, sur les droits du peuple amazigh en tant que peuple autochtone, les responsables mettent en avant les avancées du royaume dans ces domaines, arguant la constitution, l’IRCAM, le pluralisme de façade, etc…

     

    Il y a quelques mois, l’une des rares députés à avoir le courage de parler la langue amazigh au Parlement marocain a été vertement remise à sa place, et son audace a abouti à une interdiction officielle de l’utilisation de la langue amazighe « officielle »-même orale- au Parlement marocain sous prétexte que la représentation du peuple-sic- ne dispose pas de matériel de traduction, sachant que le Royaume, friand des colloques, rencontres, sommets et autres forums internationaux qu’il exploite comme tribunes, dispose bel et bien de traducteurs et du matériel nécessaire pour toutes les langues du monde. Mais pour la langue mère du pays, le matériel est introuvable sur le marché international. Pourtant, les responsables savent qu’il existe des centaines de cadres amazighs capables de traduire instantanément la langue amazighe dans toutes les langues présentes au Maroc, à savoir l’arabe, le français, l’espagnol et même l’anglais.

     

    Le problème est donc clair : la volonté politique de revaloriser la langue et la culture amazighes, de l’intégrer réellement dans les institutions de l’Etat, fait toujours défaut aux décideurs du Royaume chérifien. Mais cette absence de volonté est camouflée dans un discours de velours qui a longtemps leurré les élites amazighes, toujours incrédules devant le machiavélisme d’un makhzen rôdé au maniement de la démagogie, de la récupération, de la corruption des élites, aussi bien politiques qu’intellectuelles, si bien que le peuple, analphabète et pauvre, n y voit que du feu dans une politique que même les plus grands politologue n’arrivent pas à cerner.

     

    Devant ce machiavélisme hérité du temps de Hassan II et avec lequel beaucoup de haut responsables de son temps n’ont pas rompu, le Mouvement Amazigh se doit de revoir sa stratégie, ses tactiques ainsi que son organisation.

     

    Il paraît clair qu’on se cache derrière la constitution pour faire traîner les choses encore pendant une vingtaine d’années. D’ici là, les vieux qui se souviennent auront disparu, et un patrimoine sans pareil aura vécu, ceux qui parlent tamazight également. Resteront alors des corbeaux qui ne parlent ni comprennent tamazight, autrement dit des darijophones prompts à se dire « arabes »même s’il y a juste une décennie, leurs parents ne parlaient que tamazight.

     

    La politique culturelle génocidaire enclenchée il y a une cinquantaine d’années a déjà fait ses preuves et continue de plus belle. Mais ce constat ne fait que réconforter la thèse qui impute la réussite de cette politique aux imazighen eux-mêmes : beaucoup sont les instruments qui permettent aux différents pouvoirs en Afrique du Nord de mener à bien une politique suicidaire qui n’a pas encore trouvé sa place dans le domaine de la recherche psychanalytique en tant que cas de « suicide collectif » d’un peuple à l’histoire millénaire.

     

    .

     

     

    ALI KHADAOUI

     

    Maroc

     

    .

     

     

    BERBERE

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


    0 0
  • 07/16/13--15:06: WANTED FOR MURDER
  • On recherche un homme nommé Philippe Soupault
    bien trop grand pour son âge
    1 mètre 98 ou même davantage
    cruel comme un tigre aux yeux verts
    insaisissable intouchable telle une flamme rouge
    à peine une ombre
    un reflet à la poursuite de la lumière
    coiffé d’un petit nuage ou d’un oiseau de brouillard
    ganté de fumée bleue
    des ailes aux talons et des bras qui n’en finissent pas
    outrageusement parfumé comme un serpent d’eau douce
    un sourire de requin des bas-fonds
    des étincelles dans les cheveux
    et des cauchemars dans les mains
    dangereux parce qu’il est toujours armé
    dans ses rêves quotidiens
    d’une mitrailleuse du dernier modèle
    et qu’il n’hésite pas à tirer
    et qu’il veut tuer tout le monde
    avant d’en finir une bonne fois
    dans la poche un petit miroir de poche
    et sur les lèvres un sourire à double tranchant
    à portée de la main une paire de lunettes
    et un lorgnon pour aveugles de naissance
    retenu par une ficelle de pendu
    une lueur dans les yeux qui ne dit rien qui vaille
    qu’on se méfie surtout de ses doigts
    longs comme des caresses sans fin
    des doigts qui se souviennent et qui aiment
    Visez à la poitrine qui est imberbe
    et qui bombe comme pour se moquer du monde
    sa voix est dangereuse comme un refrain
    cherche toujours à disparaître quand on ne l’attend pas
    préfère le mot perpétuel au mot éternel
    aime passionnément une femme qui est aussi une étoile
    Il est armé d’indifférence jour et nuit
    ou le prétend pour prétendre qu’il est dangereux
    N’hésitez pas à tirer à feu continu
    Ne jouez pas au plus fin
    Tirez
    Tirez de toutes vos forces
    et fuyez
    car son fantôme vous attend demain
    après-demain ou les autres jours
    il n’oublie jamais ceux qu’il a détestés
    et celle qu’il a aimée et qu’il aime
    il n’oublie jamais même pas lui
    Prenez garde à celui qui n’a jamais oublié
    Récompense pour celui qui le prendra mort ou vivant
    un grain de poussière

     

    .

     

    PHILIPPE SOUPAULT

     

    .

     

    SOUPAULT2

    Philippe Soupault


    0 0
  • 07/17/13--14:45: UN PETIT PORT...

  •    ...

    Dans ce petit port du Vallon des Auffes, au-delà de la magie du lieu, l'ambiance a la couleur de ses habitants. Tanés par le soleil,les pêcheurs ont amarré leurs barques  et  deviennent spectateurs à voix haute devant un verre ou deux ou trois.....on ne peut échapper aux quolibets lancés avec le sourire, ils sont là devant leur porte, assis sur n'importe quoi et regarde passer les "étrangers". Si c'est une jolie fille , elle sera encensée , avec des mots probablement inventés pour elle.  Après plusieurs  verres, il vaut mieux ne pas croiser leur regard et avoir beaucoup d'humour car les mots peuvent devenir gênants. Les femmes de pêcheurs ressemblent à de vieilles squaw, tant leur peau est cuivrée. Elles interviennent parfois, sans complaisance et sans succès, pour freiner la soif de leur homme. La lumière bleue du large passe sous les arches et éclaire cette scène en plein air. Les techniciens de la nature sont parfaits . Le bruit, les odeurs, les couleurs ,le cri des mouettes ,tout y est. Un dernier rayon et le soir donne un autre ton, on chavire dans une atmosphère plus feutrée mais tout autant vivante. On est, définitivement séduit.
     C'était hier soir, le feu d'artifice du Vieux-Port a raisonné et enchanté les environs . Dans la petite maison  des Auffes, impasse des Girelles, on a oublié un instant ,les misères du monde...


    Et dire que jai failli refuser l'invitation...

     

    .

     

    JOSIANE

     

    .

     

     

    VALLONCC

     

     

     

     

     

     


    0 0
  • 07/18/13--06:55: CHARITE
  • Tu ne sais plus ce que tu demandais ni pourquoi
    tu mendiais Et voici que tu avances un pied
    blessé sur l'embarcadère désert de l'île Peut-être
    es-tu allé plus vite que le temps ( On nous
    fait mentir en nous retirant l'enfance )
    Même les piqûres de guêpes sont oubliées
    Nos voix se sont noyées dans des bennes et
    les conversations au point du jour ( Non
    le bonheur n'existe pas et nous n'étions
    si malheureux ) C'est la même chose quand
    ton ombre brûle quand tu écris dans
    la vitre brisée Regarder un bouquet
    ou refermer la main sur l'ultime pièce
    de monnaie On sait que l'on va quitter
    la vie Oui C'est une même phrase être mendiant
    ou avancer un pas, dis-tu "

     

    .

     

    MATHIEU BENEZET

     

    .

     

    VIE

     

     

     


    0 0
  • 07/18/13--07:28: HENRI GUERIN
  • L'étoile n'a jamais donné de nom à la fourmi pas plus que l'oiseau n'a appelé« arbre » cette fontaine frémissante d'ombre où son vol s'apaise. Ils ne sont que présences, présence de lumière, de chant, de feuilles, d'infimes traces. Nous seuls, prononçons leurs noms. Quand nous disons plaine, l'étendue nous répond, vallée, la courbe se creuse en nous, rivière, une allée d’eau nous désaltère. En les nommant ils nous rejoignent et nous délivrent de sentiments indicibles qui demeureraient à jamais clos. Nous tissons ensemble leur image comme l'enfant les balbutie à la proue de sa mère, s'émerveillant de cette musique de syllabes si bien ajustées entre elles. Avec sa bouche, les mots ailés se posent doucement sur chaque chose, les épousent avec ferveur, rencontre après rencontre. Un pressentiment murmure en lui, comme il a murmuré en chaque être, au moins une fois, un bref instant. Il fut atteint par le désir de s'élancer à son tour, libre, à l'unisson vers tout ce qui chante obstinément la beauté du monde, dans le pressentiment de l'hymne voiléà l'amour.

     

    .

     

    HENRI GUERIN

     

    .

     

    BEA

     

     

     


    0 0

     

    Je t’attendais ainsi qu’on attend les navires
    Dans les années de sécheresse quand le blé
    Ne monte pas plus haut qu’une oreille dans l’herbe
    Qui écoute apeurée la grande voix du temps

     

    Je t’attendais et tous les quais toutes les routes
    Ont retenti du pas brûlant qui s’en allait
    Vers toi que je portais déjà sur mes épaules
    Comme une douce pluie qui ne sèche jamais

     

    Tu ne remuais encor que par quelques paupières
    Quelques pattes d’oiseaux dans les vitres gelées
    Je ne voyais en toi que cette solitude
    Qui posait ses deux mains de feuille sur mon cou

     

    Et pourtant c’était toi dans le clair de ma vie
    Ce grand tapage matinal qui m’éveillait
    Tous mes oiseaux tous mes vaisseaux tous mes pays
    Ces astres ces millions d’astres qui se levaient

     

    Ah que tu parlais bien quand toutes les fenêtres
    Pétillaient dans le soir ainsi qu’un vin nouveau
    Quand les portes s’ouvraient sur des villes légères
    Où nous allions tous deux enlacés par les rues

     

    Tu venais de si loin derrière ton visage
    Que je ne savais plus à chaque battement
    Si mon cœur durerait jusqu’au temps de toi-même
    Où tu serais en moi plus forte que mon sang.

     

    .

     

    RENE-GUY CADOU

     

    .

     

    La_nuque

     

     


    0 0
  • 07/18/13--08:54: POETE
  • Toute poésie
    vient à mourir avec sa fausse légèreté
    d'époque
    Qu'importe ce que tu dis
    Tous
    les enfants mourront un jour
    Ils ne
    t'auront ni lu ni connu ; ils ne
    t'auront même pas aperçu murmure
    la souffrance au creux d'une vie
    Pourtant il écoutait leurs chants ; il
    connaissait chaque regard enfant
    devinait son massacre, tout le massacre
    de l'époque,
    ajoutant
    la poésie sépare les hommes
    dans le silence


    .

     

    MATHIEU BENEZET

     

    .

     

    c3f55f68014e24898799d25ae697e6b0

     

     


older | 1 | .... | 8 | 9 | (Page 10) | 11 | 12 | .... | 183 | newer