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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 10/21/16--12:56: LE DERACINE...Extraits
  • Rien n'est beau comme ta nuit
    Eclairée d'un sourire
    Le peu de temps pour la mort

    Tu te pares fragile si belle
    D'un corps au solstice du rêve

    Ventre premier
    Et le figement de la vague sur l'étoffe

    Dans l'étreinte de ce lieu perdu que tu sais
    La vigueur exige la patience de l'amour
    L'urgence du souffle
    La plus juste faiblesse


    ...



    Tu reprends voix dans la révolte

    Tu reprends vie
    Tu reprends cri

    Poussé le premier mot
    Arraché du sang véritable
    Le poème t'avoue dans un autre lieu
    Moment propice d'une irruption de vivre
    d'une éclosion de souffle

    Ton seul pays au dedans de ton corps étonné

     

     

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    GUY ALLIX

    http://guyallixpoesie.canalblog.com/pages/poemes-de-guy-allix/27534453.html

     

     

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    GUY

     

     


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    ...

    nuit d'oiseaux déliés dans les branches
    nuit de tendresse recouvrée
    nuit des peaux qui s'écoutent
    bras et jambes chevauchés
    nuit des mains qui s'éprennent
    renouant au rivage mer dénouée
    nuit d'oreilles profondes
    nuit de la fleur ouverte
    souvenue et pleurant
    nuit de la peur qui succombe
    des tempes libérées
    du sommeil délacé
    du souffle revenu
    toujours en toi les flancs du feu
    la flamme verte l'horizon
    les ailes délivrées

     

    .

     

    GERARD CLERY

    In " Roi nu( l ) "

     

    .

    gerard

     


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    « Devant un homme de condition inférieure, roturière et commune, en qui je perçois une droiture de caractère portée à un degré que je ne me reconnais pas à moi-même, mon esprit s'incline, que je le veuille ou non, et si haut que j'élève la tête pour ne pas lui laisser oublier ma supériorité. Pourquoi cela? C'est que son exemple me présente une loi qui rabaisse ma présomption, quand je la compare avec ma conduite, c'est qu'il m'est prouvé par le fait que l'on peut obéir à cette loi, et par conséquent la pratiquer. Or, je puis être conscient d'avoir en moi une égale droiture de caractère, le respect n'en subsiste pas moins. Car toute bonté chez l'homme étant toujours imparfaite, la loi rendue visible par un exemple humilie cependant toujours mon orgueil: car l'imperfection, qui pourrait bien aussi s'attacher à l'homme que je vois devant moi, m'étant bien moins connue que la mienne, il m'apparaît dans un jour plus pur et me sert de mesure...»

     

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    EMMANUEL KANT

     

     

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    Abdeslem Azdem2,

    Oeuvre Abdeslem Azdem


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  • 10/22/16--12:21: LES OISEAUX
  • Pour Werner Lambersy et Jean Marc La Frenière

     

    Nous n'avions qu'un ciel en partage
    il a incendié nos jours
    pour quelques lambeaux de nuages
    nous avons fait la guerre
    là où s'amusent les oiseaux
    nous avons tenté d'arrimer le bleu
    au noir de l’œil
    et les oiseaux se sont mis à crier
    ils se sont enfuis
    nous avons tant et tant
    jeté la pierre au vent
    qu'il s'est tu
    et les arbres ont péri sous le poids
    de leurs propres feuilles

     

    .

     

    CHRISTIAN ERWIN ANDERSEN

     

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    arbre-noir-et-blanc,

     

     Oeuvre Annick Nuger

    https://www.annicknuger-aquarelle.net/

     


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  • 10/23/16--03:51: RAVIR: LES LIEUX...Extrait
  • Chaque chose -tu la mâches
    l'avales, secoues la tête-
    chaque chose fixe en elle
    une feuillée de rêves
    qui s'effilochent sur les murs
    des ans, fondent, une fois rendues
    au bout de leur ombre.

    Mais le monde, -regarde
    le monde s'infiltre par ta fenêtre
    et l'arbre
    et la branche et le bourgeon passent
    en chaque chose
    vois la figure des siècles
    qui se bousculent dans le ciel léger
    l'innombrable jardin de ta vie.

     

     

    .

     

     

    HELENE  DORION

     

    .

     

    helene

     

     


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  • 10/23/16--07:51: PAROLES SURGIES DE L'OBSCUR
  • Paroles surgies de l’obscur,
    tendues vers la lumière
    et la face vive de l’espoir

    Paroles pour le miel de vivre
    et le goût des aubes laiteuses
    ô splendeur
    ô mémoire
    Pollens au cœur du monde

    Paroles pour l’argile et l’orage
    et le « dur désir de durer »
    et pour nier l’inéluctable

    Parole frêle,
    à peine audible
    comme une source jaillissante
    qui n’est rien encore
    qui sera bientôt fleuve
    et bleuira dans les méandres,
    les tourbillons,
    les cataractes
    vers la mer si lointaine
    avec ses spasmes de néant

     

    .

     

    COLETTE GIBELIN

     

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    samantha2,,

    Oeuvre Samantha Kelly Smith


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  • 10/23/16--07:53: FLUCTUATIONS...Extrait

  • Inspire
    L’univers entre en toi avec ses printemps éphémères,
    ses fièvres éblouissantes
    Tu respires l’odeur envahissante
    du thym sauvage
    des souvenirs ramassés sur la plage
    Tu bois le lait de vie
    Ouvre la fenêtre
    Il n’y a plus de dedans, de dehors
    Seul, ce présent d’éclair et de surgissement,
    Cette hâte d’aimer et de connaître
    Tant de messages, de caresses,
    d’écorchures
    Tant de promesses nous traversent
    Le monde extérieur maintenant te pénètre
    Les sons ruissellent
    Les odeurs pétillent
    Respire le réel,
    Il t’appartient et tu lui appartiens
    Ouvre la fenêtre
    Que le souffle s’engouffre dans l’embrasure
    Agrandis l’orifice
    Interstices, fêlures, lézardes,
    agrandis les
    Déchire, lacère, brise et broie tes prisons
    Creuse des trous dans la muraille
    Perfore l’indifférence et la résignation
    Ouvre toutes les fenêtres, toutes les portes
    Le vent t’appelle
    vers des clartés insoupçonnées
    Ose franchir le seuil
    Approche toi de l’au-delà
    sans précautions
    Ferme la fenêtre
    La menace est partout
    dans le manque et l’incertitude
    dans la présence et dans la solitude
    Nous sommes fissures, gerçures, et déchirures
    Où donc est le secret
    qui ouvrirait la voie du vrai ?

     

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    COLETTE GIBELIN

     

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    colette1


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  • 10/23/16--09:37: DERRIERE L'EPAULE...Extrait
  • J’ai toujours pensé qu’il y avait des familles sur la terre et que, en plus de ceux qui partagent votre sang et votre enfance, il y a aussi les familles du hasard, ceux que l’on reconnaît confusément comme étant son parent, son pair, son ami, son amant, comme ayant été injustement séparé de vous pendant des siècles que vous avez peut-être partagés sans vous connaître. Ça n’est pas ce qu’on appelle la famille de l’esprit ni celle des corps, c’est une parenté faite de silences, de regards, de gestes, de rires et de colères retenus, ceux qui se choquent ou s’amusent des mêmes choses que vous. Contrairement à ce qui se dit, ce n’est pas pendant la jeunesse qu’on les rencontre le plus souvent mais plus tard, quand l’ambition de plaire est remplacée par l’ambition de partager.

     

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    FRANCOISE  SAGAN

     

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    famille


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  • 10/24/16--11:44: GERALD BLONCOURT...Extrait
  • L’heure est venue
    De dire
    La tempête des cœurs
    Il est temps de lever
    L’impôt de la misère
    De payer l’amende des injustices
    De crever le décors
    Des jours suspendus
    L’heure est venue
    De monter au sommet
    Des gloires branlantes
    D’agiter les drapeaux
    De l’oubli
    Rien n’est plus sûr
    Que tes secrets étranges
    Rien ne vaut
    Cette cascade d’ennuis
    Qui chute dans l’espérance
    De tes mots éblouis
    La vie est un mélange
    De saveurs incertaines
    Te dire qu’un temps viendra
    Où nous reverrons l’autre
    Parti à l’horizon
    Des mornes dénudés
    La colère est en moi
    Zebrant l’incertitude
    D’un cri
    Pour hurler à la nuit
    Etoilée…

     

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    GERALD BLONCOURT

     

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    gerald

     

     


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    Sur les trottoirs de Buenos Aires
    j'ai usé mes souliers
    à travers des galaxies
    où brillent les lames de couteaux
    entre des ombres mystérieuses
    j'ai fréquenté des boliches¹
    que l'esprit du tango fait tanguer
    dans des lueurs d'alcools assassines

    Sur les trottoir de Buenos Aires
    des christs drogués agonisent
    crucifiés de peur et de misère
    ils n'ont presque plus de dents
    et quémandent la cigarette du condamné
    au passant insomniaque
    qui retarde jusqu'à l'aurore
    l'heure de rentrer chez lui

    Sur les trottoirs de Buenos Aires
    des spectres muets trafiquent leurs souvenirs
    avec des anges malentendants
    et l'amour est hors de prix
    lorsque tombent les chiffres du désespoir
    et que la mélancolie
    envahit comme une mauvaise herbe
    les trottoirs de Buenos Aires.

     

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    ANDRE CHENET

     

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    buenos-aires-

    Oeuvre F. Herrera & J. Herrera


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  • 10/26/16--03:09: COLETTE GIBELIN...Extrait

  •         Le monde est éblouissant et insaisissable
    Il passe de mains en mains,
    s'échappe,
    oiseau de feu et de glace mêlés

    Ses mille visages se confondent
    Ta voix de tambour
    ou mon clavecin
    Mes cerisiers, ou tes pommes cannelle

    Mille éclats de couleurs,
    cristal brisé,
    transparences perdues
    et regagnées

    Tu prends mon deuil et m'offres la lumière
    en ses moissons de ciel
    Je porte ta souffrance et te donne ma joie
    conquise sur l'effroi

    Le monde, mon ami,
    C'est toi, c'est moi,
    Même regard d'aubes froissées,
    Même ténacité

    De toute nuit faire son miel
    Planter la cendre dans l'argile
    pour que naisse l'étoile

    Seulement ces sentiers tendres et rocailleux,
    ensemble
    dans l'énigme du temps

     

     

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    COLETTE GIBELIN

     

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    pierrebonnard1867-1947_couple_amoureux1920,

    Pierre Bonnard " Couple amoureux "


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  • 10/26/16--04:20: ODE AU ROUGE

  • Te dirais-je le rouge obstiné
    qui hante nos nuits
    dès le premier passage

    le rouge cuivré des villes
    sous la lumière vespérale

    le rouge brique des écorces pillées
    de sève et de sang mêlé

    ou celui sombre matriciel
    qui nous engendra ?

    On se tient juste à la frontière
    d’un présent fragile

    on arbore le rouge des tempêtes
    enfin apaisées

    celui des fils emmêlés
    d’une mémoire chiffonnée.

    Toujours incandescente
    ou presque
    notre âme se repaît d’éclats solaires
    de mots lucioles
    qui nous tourmentent.

    Parfois le rêve s’éveille de rouge coloré
    garance cinabre ou alizarine
    andrinople nacarat ou capucine
    trop plein de passion de débordement
    feu et fluide à la fois
    limite ou incitation à l’avancée.

    Rouge des ténèbres
    qui fore chacune de nos nuits

    rouge moiteur des désirs farouches
    immenses en leur vertige.

    Rouge brûlé des enfants tristes
    rouge traces sur la peau fraîche

    rouge aussi de la haine du désordre
    rouge de l’ultime souffle

    rouge abandon rouge brèche
    insondable velours du rouge intime et caché.

     

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    AGNES SCHNELL

     

    .

     

     

    ROUGE

     

     

     

     


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  • 10/26/16--05:37: LA CHANSON DE ZORAH
  • Lorsque plonge le soir sur la terre promise

    Et que le matin creux à l’aube suspendu

    Semble attendre au vantail de quelque saison grise

    Un immanent soleil qui surgirait des nues

    C’est là que je t’attends sous la voûte alcaline

    Entre le limonier et l’olivier frondeur

    Sur le jasmin ganté le vent sèche ses pleurs

    Et sur l’îlet le ciel tendrement se divise

    C’est l’heure des serments et des calembredaines

    Des carquois libérés aux brûlots de nos jours

    Des horizons sacrés chavirant sur la plaine

    Leur corset héliodore et leurs bas de velours

    C’est là que je t’attends sous l’arche calamine

    Entre le creux du soir et la pointe du jour

    Au cou de l'arganier telle une alabandine

    L’arcane de la nuit réinvente l’amour

     

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    SYLVIE MEHEUT

    http://meheutsylvie.over-blog.com/

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    zao wou ki,

    Zao Wou-Ki


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  • 10/26/16--06:04: AYUB OGADA - KOTHBIRO

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  • 10/27/16--09:21: LA CONSTRUCTION DU POEME
  • La construction du poème c’est la construction du monde.
    Ni des symboles, ni des images, de simples créatures
    de l’air, des évidences obscures, des énigmes lumineuses,
    les formes du vent, les silences du sommeil.
    Les mots sont les battements d’un corps enseveli.

    Une source de joie dans le vide sensuel
    et concret qui se dessine dans la brume lente.
    Lettre à lettre, nous défibrons le cœur du soleil.
    Nous voyons dans une tour de vent un arbre ballant.
    Nous vivons dans l’inaction de l’ombre maternante.

    Peut-être que le poème est un petit fanal
    solitaire ou un sortilège blanc, le prodige
    qui restaure la verte transparence
    d’un monde immobile, ou seulement des fragments
    obscurs, une pierre claire, une haleine solaire.

     

     

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    ANTONIO RAMOS ROSA

     

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    PAUL VERGUEIRO

     

    Oeuvre Paul Vergueiro


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    écrire
    écrire
    avec les os calames
    sur la vierge lumière
    la peau de l'âme
    le feu des larmes
    les paroles cendres
    extraire
    extraire à l'infini
    le miel cosmique
    le pollen du rêve
    le cri originel du partage
    et
    la psalmodie maternelle
    implosion
    du lait-poème
    lumière incarnée du monde
    ...

     

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    AHMED BEN DHIAB

     

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    janick lederle

    Oeuvre Janick Lederlé

    www.janicklederle.fr


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  • 10/27/16--10:56: AU COEUR DU CRI...Extrait

  • Maudite soit l’Apocalypse et ses putains fiévreuses
    ses émirs aux bouches emplies de diamants
    ses adorateurs dépositaires des crimes universels
    ses rabbins furieux semblables au feu noir de l’enfer
    ses cohortes de prêtres sanguinaires
    au service des tyrans

    La lune pleure au commencement cardinal du jour
    j’ai vu les armées en route vers Ninive
    les conquistadors brûler les villages
    de peaux bariolées
    j’ai vu les Croisés prier et trembler
    aux portes de Damas

    Tandis que fleurissait une rose blanche
    sur le front de la reine de Saba
    j’ai vu trembler les murailles de Rome
    sous les assauts des puissances barbares
    j’ai vu les chars écraser la foule praguoise
    l’Amérique balayer ses laissés-pour-compte
    sous des abris de carton et de silence
    j’ai vu les empires malades
    se rouler dans le sang et la boue
    les bombes éclairer le ciel comme mille orages
    j’ai vu s’enflammer des moines à Phnom Pen
    et se tordre leurs cadavres carbonisés
    j’ai vu la vanité des nations sous les ors des sacres
    j’ai vu des bourreaux obèses
    et leurs cohortes de monstres
    achever les sentiments d’amour et la parole vraie
    j’ai vu l’horreur sans nom des coeurs pourrissants
    et la terrible misère des peuples
    parqués dans les stades de la honte
    j’ai vu s’édifier des murs plus durs
    que des crânes de mercenaires
    j’ai vu des rois d’opérette danser
    sur les ruines des villes innocentes

    Sur les douces vagues du rivage
    la lune d’agonie frémit
    à l’horizon déjà les oies en escadrilles
    s’en vont affronter les tempêtes de neige
    tandis que sur les bords du fleuve Niger
    un vieux griot desséché
    marmonne le temps de l’abondance


    .../...

     

    .

     

    ANDRE CHENET

     

     

    .

     

     

    lever-de-lune

     

     

     


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  • 10/27/16--11:52: BERNARD PERROY ... Extrait
  • Il y a cette lumière,
    sa blancheur sur le fleuve
    parmi les brumes,
    nous obligeant à fourrager
    plus au-dedans
    de nous-mêmes
    pour y trouver
    la douceur d'un nom,
    d'un regard,
    d'un paysage
    avec ses lieu obscurs
    et ses ravissements,
    ses ocres d'automne
    dont les nuances
    avivent notre désir éperdu
    de bonheur…

     

    .



    BERNARD PERROY

    .

     

    bernard


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  • 10/29/16--00:24: PLUIE
  • La pluie a comme un vague secret de tendresse,
    Plein de résignation, de somnolence aimable.
    Discrète, une musique avec elle s'éveille
    Qui fait vibrer l'âme lente du paysage.

    C'est un baiser d'azur que la Terre reçoit,
    Le mythe primitif accompli de nouveau,
    Le contact d'une terre et d'un ciel déjà froids
    Dans la douceur d'un soir qui n'en finit jamais.

    C'est l'aurore du fruit, la porteuse de fleurs,
    La purification du Saint-Esprit des mers.
    C'est elle qui répand la vie sur les semailles
    Et dans nos cœurs le sentiment de l'inconnu.

    La nostalgie terrible d'une vie perdue,
    Le sentiment fatal d'être arrivé trop tard,
    L'espérance inquiète d'un futur impossible,
    Et l'inquiétude, sœur des douleurs de la chair.

    Elle éveille l'amour dans le gris de ses rythmes.
    Notre ciel intérieur s'empourpre de triomphe;
    mais bientôt nos espoirs en tristesse se changent
    A contempler sur les carreaux ses gouttes mortes.

    Ses gouttes sont les yeux de l'infini qui voient
    Le blanc de l'infini qui leur donna naissance.

    Chaque goutte de pluie en tremblant sur la vitre
    Y fait, divine, une blessure de diamant,
    Poétesses de l'eau qui a vu et médite
    Ce qu'ignore la foule des ruisseaux et des fleuves

    Sans orages ni vents, ô pluie silencieuse,
    Douceur sereine de sonnaille et de lumière,
    Pacifique bonté, la seule véritable,
    Qui, amoureuse et triste, sur toute chose tombes,

    Ô pluie franciscaine où chaque goutte porte
    Une âme claire de fontaine et d'humble source,
    Quand lentement sur la campagne tu descends,
    Les roses de mon cœur à ta musique s'ouvrent.

    Le psaume primitif que tu dis au silence,
    Le conte mélodieux que tu dis aux ramées,
    Mon cœur dans son désert le répète en pleurant
    Sur les cinq lignes noires d'une portée sans clé.

    J'ai la tristesse en moi de la pluie sereine,
    Tristesse résignée de l'irréalisable
    Je vois à l'horizon une étoile allumée
    Mais mon cœur m'interdit de courir pour la voir.

    Tu mets sur le piano une douceur troublante,
    Ô pluie silencieuse, ô toi qu'aiment les arbres.
    Tu donnes à mon cœur les vagues résonances
    Qui vibrent dans l'âme lente du paysage.

     

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    FEDERICO GARCIA LORCA

     

     

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    gregory thielker

    Gregory Thielker

    http://www.gregorythielker.com

     

     

     

     


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