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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 11/09/16--00:53: UNE CHAMBRE A SOI....Extrait
  • Pourquoi les hommes boivent-ils du vin et les femmes de l’eau ? Pourquoi un sexe est-il si prospère et l’autre si pauvre ? Quel est l’effet de la pauvreté sur le roman ? Quelles sont les conditions nécessaires à la création des œuvres d’art ? Mille questions me venaient à l’esprit. Mais il me fallait des réponses et non des questions, et une réponse, je ne pouvais l’avoir qu’en consultant les doctes, les esprits non prévenus, ceux qui, s’étant mis au-dessus des polémiques et de l’agitation des corps, ont livré le résultat de leur raisonnement et de leurs recherches dans des livres qui se trouvent au British Museum. Si la vérité ne se trouve pas sur les rayons du British Museum, me demandai-je, saisissant un carnet et un crayon, où peut-elle bien se trouver ?

    Ainsi pourvue, assurée et pleine de curiosité, je sortis à la recherche de la vérité. La journée, menaçante de pluie, était triste et les rues, dans le voisinage du Museum, pleines de soupiraux ouverts dans lesquels on déversait les sacs de charbon ; des fiacres à quatre roues s’arrêtaient et déposaient sur le trottoir des boîtes ficelées qui, sans doute, contenaient la garde-robe complète de quelques familles suisses ou italiennes venant chercher fortune ou refuge, ou tout autre des précieux avantages, offerts par les pensions de Bloomsbury en hiver. Comme à l’accoutumée, des hommes à la voix rauque se promenaient dans les rues avec des fleurs sur des charrettes. Certains criaient, d’autres chantaient. Londres ressemblait à un atelier. Londres ressemblait à une machine. Nous étions projetés en arrière et en avant sur ses fondations nues pour y dessiner quelques motifs. Le British Museum était une section de cette usine. Les portes allaient et venaient et je me tins sous ce vaste dôme comme si j’avais été une pensée de cet immense front chauve si magnifiquement ceint d’un bandeau de noms célèbres. Je me rendis au guichet, pris une fiche, ouvris un volume du catalogue, et ….. les cinq points ici indiquent cinq minutes de stupéfaction, d’étonnement et d’égarement. Avez-vous quelque idée du nombre de livres consacrés aux femmes dans le courant d’une année ? Avez-vous quelque idée du nombre de ces livres qui sont écrits par des hommes ? Savez-vous que vous êtes peut-être de tous les animaux de la création celui dont on discute le plus ? J’étais venue ici avec un carnet et un crayon, me proposant de passer une matinée à lire, supposant qu’à la fin de la matinée j’aurais transmis la véritéà mon carnet. Il me faudrait être un troupeau d’éléphants, pensais-je, et une profusion d’araignées, me reportant dans mon désespoir aux animaux qui sont réputés avoir les uns la plus longue vie et les autres le plus grand nombre d’yeux, pour affronter tout cela. Il me faudrait griffes d’acier et bec d’airain pour percer cette coquille. Comment trouverais-je jamais les graines de vérité dans cette masse de papier ? Je me posais ces questions et, prise de désespoir, commençai de promener mes yeux du haut en bas de la longue liste des titres. Jusqu’aux noms des livres qui devinrent pour moi matière à réflexions. Il est naturel que le sexe et sa nature intéressent les médecins et les biologistes ; mais ce qui est surprenant et difficile à expliquer c’est que le sexe — c’est-à-dire les femmes — intéresse aussi d’agréables essayistes, des romanciers aux doigts légers, des jeunes gens qui ont leurs diplômes de maîtres ès arts, des hommes qui n’ont aucun grade universitaire, des hommes que rien ne semble qualifier en apparence pour parler des femmes, sinon qu’ils n’en sont pas. Certains de ces livres étaient, de toute évidence, frivoles et plaisants mais beaucoup, en revanche, étaient sérieux et prophétiques, édifiants et moraux. La seule lecture des titres suggérait d’innombrables maîtres d’école, d’innombrables prédicateurs gravissant leurs estrades ou leurs chaires et discourant avec une loquacité qui dépassait de beaucoup l’heure généralement accordée aux discours consacrés à ce sujet. C’était là un phénomène bien surprenant ; et manifestement — ici je consultais la lettre H — limité au sexe masculin. Les femmes n’écrivent pas de livres sur les hommes — c’est là un fait que je ne pus m’empêcher d’accueillir avec soulagement ; car s’il avait fallu lire d’abord tout ce que les hommes ont écrit sur les femmes, puis tout ce que les femmes ont écrit sur les hommes, l’aloès, qui fleurit une fois en cent ans, aurait fleuri deux fois avant que j’eusse pu mettre la main à la plume. C’est pourquoi, choisissant d’une façon parfaitement arbitraire une douzaine environ de volumes, je déposai mes fiches sur le plateau et attendis dans mon fauteuil, parmi les autres chercheurs, les huiles essentielles de la vérité.

     

     

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    VIRGINIA WOOLF

    (1882~1941)

     

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    Bernard Liegeois

    Photographie Bernard Liegois

     

     

     


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  • 11/09/16--11:02: MORNE REVEIL
  • "Morne réveil
    optimisme noir
    et petite déroute sur le quai
    des trains

    Nous nous sommes
    trumpés de décades en
    décades
    plongés à toute vitesse dans
    un monde qui se distille

    en masse
    taxidermie du genre humain
    vidé de ses organes
    vidé de ce qu'on disait que
    c'était âme.

    Un maintenant chacun saisit
    son trou
    au milieu de son ventre
    et crie dans un néant rouge
    et ça résonne
    et ça tonne

    je baisse la tête
    je frissonne
    Il pleut
    la carte des USA
    rouge-bleue

    nous devenons des monstres." 

     

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    ZELDA BOURQUIN

     

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    amerique2

     

     


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  • 11/09/16--11:20: SUITES MAROCAINES...Extrait
  • Merci Thami...

     

    Mes chants sont ceux des Hommes libres
    Nul ne les reconnaît pourtant
    Ils sont lourds de sens
    Qui peut les chanter ?
    Solitaire, je suis entravé
    Notre chant l’est aussi
    La corde au cou
    Ma langue est pourtant vive
    Elle bruisse encore
    Au milieu des sourds ; nulle fatigue
    Le verre plein se doit
    D’étancher toute soif

    Mes chants sont ceux des Hommes libres
    Personne n’en veut
    Chimères ! dit-on ;
    On passe et nous abandonne
    On nous tend piège sur piège et on nous dit :
    Plus jamais nul ne t’écoutera
    Quoique tu dises
    On oubliera à jamais tes chants
    Nous sommes désormais ailleurs
    Tes chants disparaîtront comme tu disparaîtras

    Mes chants sont ceux des Hommes libres
    Ils veulent encore féconder
    Le temps et l’éclore
    Rallumer le feu des jours
    Se métamorphoser en étoiles
    Scintiller dans nos cieux

     

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    ALI SADKI AZAYKOU

     

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    sher chieu2

    Photographie Sher Chieu

     

     


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  • 11/09/16--11:34: REGAIN DU SANG...Extrait

  • Midi muet sous l'ombre familière d'un noyer
    Chardons jachères en fleurs
    Rien n'est étranger à l'absence
    Et rien ne garde sa mesure
    La faim est lente l'envol long à venir
    Nous ne savons pas dire l'usure des mains amies
    Midi muet sous l'ombre familière d'un frêne

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    EMMANUEL  DAMON

     

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    OMBRE

     

     


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  • 11/09/16--12:16: REGAIN DU SANG...Extrait
  • La terre brisée où je te retrouve

    – tes mains puisent à mon visage et j’ai cessé de mordre le vent dans tes cheveux –

    cette terre de sacre, de couleurs avides d’ombre tendre compte ses failles avant boire.

    Un peu de feu nous tient à distance.

    Des armes dorment près de nous qui ne sont pas les nôtres.

    Soudain cette hâte à rompre les fruits sur l’étal au plus cru sous le ciel,

    et dans la pulpe la lumière fraye

    – nous sommes avec l’eau courante le sucre sur la peau,

    celui que la faim oublie, qui réveille les langues.

    Nous prendrons le chemin à l’heure où l’horizon vacille,

    avec ce goût d’orge dans le désert de nos gorges.

     

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    EMMANUEL DAMON

     

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    Hubert-Damon-Nu

    Oeuvre Hubert Damon

     


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    ...

     

    Arc d’îles au vent, et sous le vent

    – vient le vent majeur qui de toute terre éloigne.
    Sa voix de fleur cassée est saccage et prière.

    Dispersant nos phrases, il nous garde mains nues sur le seuil salé.
    Son silence soudain change notre toucher

    et laisse dévoyés les chemins d’avant.

    ...

     

     soudain tombe et se tait laissant sans voix le ciel,
    sans souvenir son appétit d’oiseaux.

    Son élan dure encore sur l’eau
    puis se perd.

    les longs doigts des palmes fléchissent et se
    rassemblent dans la lumière :

    tout cesse avec le vent,
    le silence congédie hommes et branches,
    restituant chacun à son premier souffle.

     

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    EMMANUEL  DAMON

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    Hubert Damon3,

    Oeuvre Hubert Damon

    www.hubert-damon.com

     

     


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    Qui a dérangé mon sommeil,
    laissez-moi dans l’eau douce
    laissez-moi voyager parmi les étoiles d’eau
    vous m’avez assez crucifié dans les anciens livres
    assez recouvert de vos prières jaunes

    Là-bas dans l’eau douce
    un pistachier d’Alep,
    sous son ombre une femme
    rassemble les gémissements de l’air,
    elle élève des souvenirs,
    tout autour parmi les herbes
    bourgeonnent les blessures
    qui sont des visages de réfugiés

    Laissez-moi là-bas
    en compagnie des mots
    qui courent effrayés
    pour entrer dans le poème,
    puis ils claquent la porte derrière eux
    avant de tourner la cléà double tour.

     

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    OSAMA KHALIL  AL DIAB

    Poète syrien

     

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    ZUHAIR HASSIB

    Oeuvre Zuhair Hassib


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  • 11/11/16--13:28: LEONARD COHEN - HOMMAGE -
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  • 11/12/16--11:39: EDMOND JABES...Extrait
  • Je suis un silencieux. Je me demande, grâce au recul que je prends, maintenant, avec ma vie,
    si ce goût prononcé pour le silence n’a pas son origine dans la difficulté qui, de tout temps,
    fut la mienne, de me sentir d’un quelconque lieu.
    Avant de connaître le désert, je savais qu’il était mon univers. Seul le sable peut accompagner
    une parole muette jusqu’à l’horizon.
    Écrire sur le sable, à l’écoute d’une voix d’outre-temps, les limites abolies. Voix violente du vent ou, immobile, de l’air, cette voix vous tient tête. Ce qu’elle annonce est ce qui vous agresse ou écrase. Parole des abyssales profondeurs dont vous n’êtes que l’inintelligible bruit ; la sonore ou l’inaudible présence.
    S’il fallait une image au Rien, le sable nous la fournirait.
    Poussière de nos liens. Désert de nos destins.

     

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    EDMOND JABES

     

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    Abdeslem Azdem3,

    Oeuvre Abdeslem Azdem


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  • 11/12/16--11:52: CE N'EST QUE VIVRE...Extrait
  • ...

    Tant d’énergie,
    de songes bleus bâtis en cathédrales
    Tant d’envolées,
    (que l’espoir est tenace !)
    de ferveur et d’insoumission,
    pour simplement se maintenir,
    extrême, dans la fragilité de vivre

    Le cri, parfois, s’achève en mélodie
    Instants purs,
    où la souffrance se fait musique
    et ligne de partage
    où la blessure s’épanouit
    en corolle aérienne
    et geysers de lumière

    ...

     

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    COLETTE GIBELIN

     

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    Rikka Ayasak,1

    Oeuvre Rikka Ayasaki


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  • 11/12/16--12:38: PAR MANQUE D'Я
  • L’homme épelle sa fatigue.
    Épelle et soudain
    découvre d’étranges majuscules,
    inespérément seules,
    inespérément hautes.
    Qui pèsent plus sur la langue.
    Pèsent plus mais échappent
    plus vite et c’est à peine
    s’il peut les prononcer.
    Son cœur se rassemble sur les chemins
    où la mort éclate.
    Et il découvre, tandis qu’il continue d’épeler,
    de plus en plus d’étranges majuscules.
    Et une grande peur l’étreint:
    se trouver devant un mot
    écrit seulement de majuscules
    et ne pouvoir alors le prononcer.

     

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    ROBERTO  JUARROZ

    Poésie verticale I

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    anonyme

    Oeuvre ?


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  • 11/12/16--13:08: A L'AMITIE
  • Bonjour la rue des sottes nuits hivernales
    Pavée de mes pas et mes détours maudits
    Mes soupirs, mes plaintes et mes râles
    Reviennent ombrager tes silences interdits

    Vieux drille je suis, assidûment étranger
    Tel un Oyat des plages de colères arraché
    Obviant vaille que vaille aux vergetures
    Et à l'essor guindé des vaudevilles futurs

    Du village qui m’a vu naître et les déconvenues
    Passant par les cités d’ombres que j'ai connues
    Jusqu'à Paris où j'ai chaviré de mes ails d’agami
    Étranger là où j'ai été et chanté, là où j'ai dormi.

    Partout, je retrouve l'intime et cordiale galère
    Teintée de culte comme une rente viagère
    Et de quelques stances d'amours accomplies
    Non renouvelées mais non vouées à l'oubli

    Un autre jour s'est toujours levé nouveau
    là où j'ai conjuré la nuit et les profils médiévaux
    Dans les champs, dans les geôles horrifiantes
    Et dans les tendres bras de mes amantes.

    Étranger dans ma maison sans pierres ni tuiles
    Etranger urbi et orbi, dans mon livret de famille
    Mon chez moi, le vrai, reste le cœur de mes amis.
    L’effectif, l'affectif, fermé au tumulte des ennemis.

     

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    DJAFFAR BENMESBAH

     

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    diego M

    Oeuvre Diego M. Campello


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    La prison à vie requise en Turquie contre la romancière Asli Erdogan

    Des procureurs turcs ont réclamé la prison à vie pour la célèbre romancière turque Asli Erdogan, 49 ans, accusée avec huit autres personnes d'avoir collaboré avec un journal pro kurde, Ozgür Gündem, selon l'acte d'accusation préliminaire dévoilé jeudi par des agences de presse locales. On leur reproche d'être «membres d'une organisation terroriste armée», d'«atteinte à l'unité de l'Etat et à l'intégrité territoriale du pays» et de «propagande en faveur d'une organisation terroriste».


    Asli Erdogan est traduite dans plusieurs langues. Son dernier roman paru traduit en français, le Bâtiment de pierre (Actes Sud, 2013), dénonce la torture et les conditions de détention en Turquie.

     

     Une pétition exigeant la libération immédiate d’Asli Erdogan circule, vous pouvez la signer ici.

     

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    Nous rirons plus tard, pour l’instant je vais  vous emmener dans le bâtiment de pierre. Arrivéà l’angle de l’édifice, vous aurez l’impression

    d’être dans une impasse, mais droit devant, au pied de l’escalier, la rue tourne à gauche. Vous vous arrêterez là pour dire adieu au monde des

    hommes. Le chemin qui nous a menés ici est sans retour. Dedans, nuit et jour, la lumière est allumée, tout est exposéà une clarté violente et

    impitoyable et chacun est réduit à son ombre. À chaque question, il faut faire une réponse brève, une destinée tient en quelques phrases.

    Il faut avouer. Le temps n’a plus d’autre sens. L’homme est le plus vieux des mystères, c’est de la matière qui parle. Autrefois, j’ai aimé

    quelqu’un. Il est parti en me laissant ses yeux. Il n’avait personne à me laisser. Aimer... Ce mot-là, je l’ai trouvé en fouillant dans mon cœur, en

    sondant inlassablement ces épaisses ténèbres. Mais personne ne m’a dit que “chacun tue celui qu’il aime” ! Nous étions ensemble dans l’édifice

    de pierre. J’ai longtemps prêté l’oreille aux bruits. Quand mon tour est venu, le jour n’était pas encore levé. Bien sûr, vous ne me croyez pas.

    Vous pensezque ce bâtiment est issu de mon rêve ? Mais nos rêves ne sont-ils pas le levain de la pâte dont nous sommes pétris ? Finalement,

    l’aube va naître, des traînées rouge sang vont apparaître à l’horizon... Dans le ciel tendu, terne, tout plat, les étoiles vont se solidifier et

    disparaître l’une après l’autre. La dernière laissera pendre une corde vers le bas, vers nous. Ta nuit muette, tes mots coupés en deux et

    ensanglantés, tes ombres errantes, privées de leur maître, tes rêves couleurde cœur dont personne ne veut, tes mots

    ailés vont pouvoir y grimper... Tous tes rêves, venus vivre parmi nous et repartis sans crier gare, vont pouvoir se hisser vers les profondeurs...

    Dans les tréfonds où se perdent tout homme et toute chose...Mais vous ne m’entendez pas ? J’aurais peut-être dû faire mon récit au passé. J’ai

    attaqué ma chanson dans le mauvais sens, par la mauvaise note.

     

     

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    ASLI ERDOGAN

    Traduction Jean Descat

     

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    ASLI2

     

     


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    Je suis assise à une table étrangère, j’écris.
    Ce dimanche, les mots ne veulentpas sortir de chez eux et
    se mêler au brouhaha, ils ne veulent pas prendre
    de risque.
    Je n’ai de remèdes ni pour la société ni pour moi-même
    ni pour la vie.
    Dehors dans le jardin de la steppe, sur les terres arides qui
    s’étendent jusqu’aux pieds des montagnes,
    le soleil d’hiver brille.
    Les nuages sont remplis d’un sentiment tout neuf de liberté,
    les champs de blé chatoyants sont dans l’attente.
    La nature, sans mémoire,
    ressemble à un enfant qui résiste pour ne pas aller
    se coucher.
    Le soleil s’invite insolemment dans les intérieurs ;
    « Voilà un autre dimanche ! » dit-il. Cela fait partie de ces jours
    qui s’écoulent sans laisser de traces, où il n’y a rien d’important
    à signaler – c’est ce que tu crois –
    des années plus tard, tu vas te rendre compte du résidu
    qu’il a laissé.
    Les dimanches sont faits
    pour être dilapidés car ce n’est qu’ainsi que l’on
    peut oublier le gaspillage des autres jours.
    ...
     
     
    ASLI ERDOGAN
    Traduction Esin Soysal-Dauvergne
    aux éditions Les bilingues, Meet éditeur
     
     

    ASLI,

    Asli Erdogan

     

     

     

     

     


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    ...
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    Sil’on veut écrire, on doit le faire avec son corps nu et vulnérable sous la peau... Les mots ne parlent qu’avec les autres mots. Prenez un V, un I et un E et vous écrivez Vie. À condition de ne pas vous tromper dans l’ordre des lettres, de ne pas, comme dans la légende, laisser tomber une lettre et tuer l’argile vivante. J’écris la vie pour ceux qui peuvent la cueillir dans un souffle, dans un soupir. Comme on cueille un fruit sur la branche, comme on arrache une racine. Il te reste le murmure que tu perçois en plaçant contre ton oreille un coquillage vide. La vie : mot qui s’insinue dans ta moelle et dans tes os, murmure évoquant la douleur, son qu’emplissent les océans.
    ...
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    ASLI ERDOGAN
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    aslı_

    Asli Erdogan


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  • 11/15/16--07:05: FRANCOISE ASCAL...Extrait
  • Si le monde est en sang, en chaos, en violence toujours renouvelée, si le sens bégaye, faut-il à notre tour bégayer ?

    Dresser un miroir sur nos seuls faillites ?

    Abandonner à eux-mêmes les éclats de lumière, fragiles comme nos abeilles en voie de disparition?

     

     

    FRANCOISE ASCAL

     

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    inconnu2

    Oeuvre ?


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    Bombes d’épouvante qui tombent,
    Euphémismes ravageurs,
    Horreurs d’un conflit long, long, si long
    Victimes innocentes
    De grands malheurs
    Et de pertes cruelles.


    Le sang n’ a pas fini de couler,
    Les cadavres s’entassent,
    Des montagnes de cadavres
    Dans une Palestine martyrisée,
    Effroyablement torturée,
    Accablée de meurtres et de blessures,
    Une Palestine épuisée et démunie,
    Dans son ghetto.

    Massacres et violences perpétrées à l’infini
    Par une idéologie sanguinaire,
    Contre une population soumise à une politique de terreur,
    En toute impunité,
    Par une occupation monstrueuse, insidieuse et terrifiante,
    Devant un monde officiel qui est en train de perdre la raison,
    Un monde assis dans le fauteuil de son indifférence !
    Et le silence des agneaux se fait dans sa conscience atrophiée !


    Un peuple digne
    Face à l’oppression ,
    Et l’angoisse du déracinement.
    Pour tous, l’incertitude du lendemain,
    Une vie dans la désolation,
    Sur une terre rieuse et irréductible,
    Une terre de silence et de bruit,
    Terre de souffrance et d’oubli,
    Terre exsangue que l’on dépèce et morcèle
    Mais terre d’espérance et de vie !


    Et dans un ciel où tourne un soleil noir
    Un soleil pointe à l’horizon parfumé.
    Des avions de chasse qui déchirent,
    Une énorme libellule de fer qui sillonne
    Le ciel bleu,
    Et l’air bourdonne et gémit.
    Une gerbe de gouttes multicolores éclabousse ce ciel
    Le vent laisse là son flûtiau et sonne dans la trompette.


    Une vie qui retrace la douleur d’un peuple,
    Un élan au vécu quotidien,
    Force et puissance de l’espérance !
    Préservation des îlots de vie et de respiration!
    Ce courageux et invincible peuple
    Chante chaque jour l’hymne de l’espoir
    D’une façon humble et obstinée
    Qui suscite le respect des braves solidaires,
    Avec leur fraternité plurielle
    Et leur soutien indéfectible.


    Convaincu que celui qui résiste ne peut pas perdre
    Et qu’on ne peut jamais enfermer l’espoir
    Ni tarir la source d’espérance.
    Mort à l’injustice et à l’injure, sous toutes les latitudes !

    Ce peuple demeure dans l’espérance et dans la dignité
    Son sourire n’a pas de prix,
    Sa vitalité de joie et de bonheur
    Arrachée au pire,
    Sa confiance déroutante en l’avenir
    Un avenir apaisé, indispensable et inévitable
    Sur lequel se lèvera demain un soleil victorieux du fardeau,
    Fidèle à son principe :
    La vie est là, les ombres sombres ne la briseront pas

     

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    ZIAD MEDOUKH

     

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    ziad

     


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    Entre mon vrai visage et son reflet dans la vitre, le temps et le néant, parmi tout ce qui ne peut-être dit avec des mots… Je suis là, à cette heure sombre où j’aurais souhaitéêtre ailleurs, dans un autre temps. Je suis dans la nuit, toujours la même, infinie, la nuit ambrée…

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    ASLI ERDOGAN

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    La prison à vie requise en Turquie contre la romancière Asli Erdogan

    Des procureurs turcs ont réclamé la prison à vie pour la célèbre romancière turque Asli Erdogan, 49 ans, accusée avec huit autres personnes d'avoir collaboré avec un journal pro kurde, Ozgür Gündem, selon l'acte d'accusation préliminaire dévoilé jeudi par des agences de presse locales. On leur reproche d'être «membres d'une organisation terroriste armée», d'«atteinte à l'unité de l'Etat et à l'intégrité territoriale du pays» et de «propagande en faveur d'une organisation terroriste».


    Asli Erdogan est traduite dans plusieurs langues. Son dernier roman paru traduit en français, le Bâtiment de pierre (Actes Sud, 2013), dénonce la torture et les conditions de détention en Turquie.

     

     

     

     Une pétition exigeant la libération immédiate d’Asli Erdogan circule, vous pouvez la signer ici.

     

     

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    VISAGE


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    La prison à vie requise en Turquie contre la romancière Asli Erdogan


    Des procureurs turcs ont réclamé la prison à vie pour la célèbre romancière turque Asli Erdogan, 49 ans, accusée avec huit autres personnes d'avoir collaboré avec un journal pro kurde, Ozgür Gündem, selon l'acte d'accusation préliminaire dévoilé jeudi par des agences de presse locales. On leur reproche d'être «membres d'une organisation terroriste armée», d'«atteinte à l'unité de l'Etat et à l'intégrité territoriale du pays» et de «propagande en faveur d'une organisation terroriste».


    Asli Erdogan est traduite dans plusieurs langues. Son dernier roman paru traduit en français, le Bâtiment de pierre (Actes Sud, 2013), dénonce la torture et les conditions de détention en Turquie.

     

    Une pétition exigeant la libération immédiate d’Asli Erdogan circule, vous pouvez la signer ici.

     .

    Je suis dans une ville étrangère dans une maison qui n’est

    pas la mienne, j’écris sur une table qui m’est étrangère.

    En fait, je suis consciente que nulle part au monde il ne peut
    exister une maison ou une table qui m’appartiennent.
    Et que ceci ne me fait pas de peine depuis longtemps...
    Pourtant il n’y a aucune ville qui soit suffisamment étrangère.
    Les arbres sont les mêmes arbres, le béton est le même béton.
    Peut-être me dis-je, cette fois tu es là où tu voudrais être.
    Tu as appris à apprécier les stations secondaires.
    Tu dois savourer ce sentiment d’être perdu.
    La légèreté d’êtresans identité– dans la mesure du possible !
    – qui procure une sensation de vertige, ordinaire et extraordinaire
    en même temps. Elle permet en entrouvrant le bouchon
    de la mémoire, de laisser s’évaporer en douceur le passé,
    ainsi, je fais de la place aux nou- veautés, à la pensée de l’avenir.
    Se préparer à l’avenir comme sepréparer à un hiver long et rude...
    .
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    ASLI ERDOGAN
    Traduction Esin Soysal-Dauvergne
    aux éditions Les bilingues, Meet éditeur
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    .

    asli,,


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