Are you the publisher? Claim or contact us about this channel


Embed this content in your HTML

Search

Report adult content:

click to rate:

Account: (login)

More Channels


Showcase


Channel Catalog


Channel Description:

Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

older | 1 | .... | 126 | 127 | (Page 128) | 129 | 130 | .... | 183 | newer

    0 0
  • 06/16/17--13:05: LETTRE A UNE POETE
  • Je t’envoie une lettre
    Que l’écume des mers a brodé
    Une lettre souveraine
    Née des racines du cœur
    Et de la parure de ton regard de femme
    Une lettre titubante
    Qui s’accroche à nos souvenirs
    Enorme coulée du vivre
    Quand le vivre se fait chair de lumière
    D’errance en errance
    Jusqu’au coquillage premier
    Qui chante dans tes yeux
    Là où je ne suis pas
    Dans l’allaitement des étoiles
    Je t’envoie une lettre écrite sur un papier cadeau
    Ou sur les nuits blanches quand tes lèvres s’exilent
    Un seul amour l’habite
    Au carrefour de nous-mêmes
    Une lettre phosphorescente
    Qui scintille à l’heure des orchidées
    Et qui tourne comme un derviche
    Pour guérir les îles vagabondes
    Je n’ai pu créer des images
    Ni tracer des frontières
    Mes mots ont uni toute chose au-delà de moi-même
    Le sel de l’origine
    L’argile âpre des rêves
    La foudre et l’éclair du sang
    Et la promesse des fiançailles
    Je suis le chant sans équivoque
    Ce feu et ce lieu
    Qu’aucun printemps n’a pu définir
    Ma patrie est faite de rires tièdes
    Qui inventent l’espace qui nous manque
    De caresses de nuages gonflés de ton ombre
    D’appels qui vont boire au sein
    Je t’envoie une lettre de cérémonies
    Une lettre de frôlement
    Une lettre peinte sur l’écaille des tortues
    Où s’aventurent l’ombre et la lumière
    Paroles en pointillé
    Cavalcades de pensées
    Fourche des rêves au galop
    Mémoire des désirs
    Je t’envoie une lettre de miroirs silencieux
    Une lettre qui chevauche l’océan des reins
    A la manière d’un oiseau migrateur
    Cherchant le triangle obscur et le vertige sacré
    Il n’y a à lécher que la surface du jour
    Avec la symphonie des algues
    Chevillée à ma lettre comme un troupeau de tisons

     

     

    .

     

     

    ERNEST PEPIN

     

     

    .

     

    ernest3

     

     

     

     


    0 0
  • 06/21/17--15:04: INSENSE....MAIS VRAI !
  • Voici le récit de la consultation complètement surréaliste que j'ai obtenue hier auprès d'un spécialiste , en milieu hospitalier...

    Après un voyage épuisant de Corse à Paris, en pleine canicule ( 38°à 15h hier après-midi, plus d'une heure d'embouteillage ), j'arrive devant cet établissement hospitalier, péniblement , avec mes béquilles, mes deux orthèses aux genoux, ma petite valise roulante...Installée devant une secrétaire qui me demande mes radios....Radios ? Non, je n'ai que des IRM...

    - Ah que des IRM ! Désolée Madame, mais le Dr M......ne veut que des radios; si vous aviez eu RV avec le Dr untel ou le Dr untel, de la même spécialité, pas de problèmes avec les IRM...Le Dr M......exigeant des radios, vous allez devoir les faire maintenant....

    Direction la radiologie à travers les méandres des couloirs interminables...Pardon madame, la radiologie SVP....Il vous faut faire demi-tour, tout au fond vous passez devant la cafétéria, puis vous tournez à gauche, puis à droite, tout droit, encore à gauche, c'est indiqué.....Enfin, après une séance d'effeuillage ardue dans un espace surchauffé, une dizaine de clichés - pliez les genoux...un peu moins...un peu plus...tournez le droit, puis le gauche...et vlan ! A plat ventre....puis debout, de face, de profil, de dos - enfin le rhabillage, je retourne au secrétariat répondre au questionnaire afin d'obtenir le sésame pour atteindre la salle d'attente du spécialiste...Tout cela m'a pris trois quarts d'heure d'efforts, toujours avec mes béquilles, mes orthèses aux genoux et ma petite valise roulante que je finis par abandonner dans le bureau des secrétaires... Enfin , l'on m'introduit dans la salle de consultation - sachant que de chaque coté existent les mêmes salles, également occupées par des patients du Dr M....., et qui attendent, comme je le fais, l'arrivée du médecin...
    Arrive le Dr M......, accompagné par son assistant...Examen des fameuses radios....

    Lui - " Oui, votre genou droit ....pourrait éventuellement faire l'objet d'une pose de prothèse....bien que...En ce qui concerne le gauche, non ....pas assez usé..."

    Manque de chance, c'est celui qui me fait le plus souffrir....Le martyre, plus de vie, handicapée depuis six ans, bientôt en chaise roulante....Mais pas assez atteinte...

    Lui - " Madame pourquoi venez-vous me voir ? " ( Devant lui se trouvait la lettre de mon médecin qui lui expliquait le raison de ma présence )

    Moi - " Je veux savoir si par rapport à la maladie qui me touche, une maladie infectieuse, la maladie de Lyme, l'on pourrait envisager une pose éventuelle de prothèses..."

    Lui - " La maladie de Lyme ? Tiens, je l'ai eue....Paralysie demi-faciale, traitement antibiotique de quinze jours, depuis c'est terminé...Mais qui vous dit que vous l'avez ? "

    Moi - " Les tests positifs et la constatation par mon médecin des atteintes que provoquent Lyme, dont l'arthrose de Lyme..."

    Lui - " Ah bon ! la maladie de Lyme peut provoquer des atteintes articulaires ! ? Je ne connais rien à la maladie de Lyme....Ecoutez madame, que vous ayez la maladie de Lyme, je m'en fous, si je dois vous opérer, je vous opère....Mais ce n'est pas d'actualité, déjà il vous faut perdre du poids, c'est absolument indispensable " ( ce que je conçois, c'est la seule chose sensée qu'il m'aie dite )

    Puis se tournant vers son collègue

    Lui - " T'as été piqué plusieurs fois toi, mais avec quelques jours d'antibiotiques, c'est bon ! Ah ah ah !...."

    Rigolo le Dr M......

    Puis tout un " speech " sur les dangers des traitements antibiotiques au long cours...

    Lui - " Vous venez de Corse ! Mais vous êtes bien en Corse! C'est beau la Corse ! "

    puis se tournant vers son confrère

    Lui - " Il faudrait que l'on organise une journée de consultation là-bas...Avec tous les corses qui viennent se faire soigner ici.....Ah ah ah ! Une journée de consultation et deux jours de vacances ensuite !

    Rigolo le Dr M.......

    Moi - " Mais les risques d'infection sur prothèses avec les bactéries de Lyme ? Vous pourriez vous concerter avec les infectiologues de l'établissement ?"

    Lui - " Les infectiologues de l'hôpital ne connaissent pas la maladie de Lyme...."

    Rigolo le Dr M.......!!!

    Moi - " Vous connaissez peut-êtres des chirurgiens orthopédistes qui connaissent la maladie de Lyme ? "

    Lui - " Non, non, absolument pas, personne ne connait la maladie de Lyme à Paris et même en France parmi mes confrères ..."

    Rigolo le Dr M.......!!!

    Sur ce, tous deux se lèvent pour passer au patient qui est déjà installé dans la salle d'à côté...

    Moi - " Excusez-moi, mais ma mutuelle m'a dit de vous demander de me faire une prise en charge pour les bons de transports jusqu'à l'hôtel ( le temps supplémentaire pour effectuer les nouvelles radios font que je ne peux plus prendre l'avion suivant et que je suis obligée de dormir à l'hôtel ) puis de l'hôtel à l'aéroport pour demain. "

    Lui - " Moi !!! Ah mais non, pas question ! Après c'est moi qui paie, c'est pour ma pomme ! Non non..."

    Moi - " Je ne vois vraiment pas le rapport entre vous et des bons de transports.....C'est ...."

    Il me tend une main fine et molle par dessus le bureau, que j'ai eu la faiblesse de serrer, me souhaite un bon retour et s'éclipse en compagnie de son assistant
    Je tiens à dire que le Dr M.....ne s'est pas donné la peine de m'examiner physiquement...La visite n'a été qu'un entretien oral !
    Je suis sortie totalement effondrée, en pleurs, fatiguée, sur les genoux - c'est le cas de le dire - J'ai fait 2400 km pour entendre le discours d'un médecin qui m'a parlé dix minutes, qui se sert de son serment d'Hippocrate comme d'un fond de commerce, un homme pressé dont le manque total d'empathie aurait pu mener à un acte désespéré...Je suis repartie avec mes deux béquilles, mes orthèses aux genoux et ma petite valise roulante, plus vieille , cassée, désespérée....

    Vous ne m'avez même pas prescrit d'anti-douleurs, rien, absolument rien !!!! Je vous remercie Dr Mouton.... de Panurge ( issu d'une vieille famille française ) oui c'est son nom....et tiens ! Cela rime avec bouffon et avec beaucoup d'autres quolibets que je tairai ....

    Pas rigolo le Dr M........ !!!!!

     

     

    .

     

    LeSerment


    0 0

    Je ne vais pas
    laisser la nuit
    entrer par dessous la porte

    pour me voler le rêve

    Mais lorsque l'insomnie se met à hurler
    elle dépose sur moi sa nudité.

     

    No voy
    a dejar que la noche
    entre por debajo de la puerta

    para robarme el sueño

    y cuando el insomnio grite
    ella deposite sobre mí su desnudez

     

     

    .

     

     

    OSCAR VICENTE CONDE

    Traduction André Chenet

     

    .

     

    nolan lester

    Photographie Nolan Lester

     

     

     

     

     


    0 0


    0 0


    0 0
  • 06/23/17--08:35: MA LANGUE
  • Ma langue
    Flirte avec l’oubli
    Valse avec l’Univers

    S’évadant des hypothèses

    Pour embrasser à pleine bouche
    Les lèvres hypocrites de la Lumière

    Sans raisons

    Juste mes caresses
    Sur ses hanches vierges

    La Lumière et moi, moi et la Lumière
    Infiniment nus
    Et blottis

    Sous la couverture fragile des mots.

     

     

    .

     

     

    PAUL WAMO TANEISI

    Poésie de Nouvelle-Calédonie

     

     

    .

    Totem_Isle_of_Pines2

     

     

     

     


    0 0
  • 06/23/17--08:51: INNOCENCE
  • Mon enfant est né sous une autre étoile
    Sous des lunes, qui même pleines, se voilent
    Un lieu ou tout se mêle
    Fureur, Amour, Mots et Couleurs
    Un lieu que l’on pourrait nommé Babel
    Le temps y joue sa ronde
    Sans se suspendre
    N’ayant que faire de Mon enfant né sous cette autre étoile
    Sous ces lunes, qui même pleines,
    Ont peur qu’on les blâment
    Un lieu ou tout se vaut,
    Fureur, Amour, Mots et Couleurs
    Un lieu que l’on pourrait nommé KO
    Et le temps y tourne y tourne y tourne en rond
    Se moquant bien de tout.
    Mon enfant est né sous une autre étoile

     

     

    .

     

     

    PAUL WAMO TANEISI

    Poésie de Nouvelle-Calédonie

     

     

    .

    art_et_vie_


    0 0

    Pardonnez-moi
    pardonnez-moi si j’écris
    un poème
    c’est que je suis comme vous
    je ne sais où donner
    du corps
    du cœur
    et de la tête
    si
    ce qui est fixé sur mes épaules
    peut encore porter
    ce nom
    car
    ils l’ont pris pour
    une photo de fichier
    une photo d’identité
    un numéro de matricule
    un montant d’impôt
    une unité de recensement
    un ballon
    pour jouer avec des pieds et des mains
    c’est pour cela que j’écris
    pour montrer le henné de ma main avant de monter la largeur de
    mes épaules et la blancheur de mes talons
    je veux écrire mon poème
    sur la chair de tous ceux qui ont perdu la parole
    chez le marchand de mots
    combien coûtent les mots
    combien en voulez-vous
    une livre
    de maux
    j’en achète pour mon malheur et le vôtre
    puisque nous sommes frères dans la détresse
    je vous livre votre part et j’en prends un peu
    pour parler d’un tas de petits rêves qui grouillent dans ma tête
    et je ne peux exprimer car
    je crains
    Dieu le roi mon père
    les policiers les gendarmes les soldats
    le directeur le maître le professeur
    les chiens les assassins les microbes
    et les médecins

    c’est un peu trop pour un seul homme

     

     

    .

     

     

    MOHA SOUAG

     

     

    .

    MOHA


    0 0

    «Il me revient parfois à la saison
    des transhumances
    une soif de pays sans cartes ni
    barbelés
    un désir de terre à façonner
    comme glaise
    redonner souffle aux choses
    mortes
    faire vivre les pierres au-dedans
    de moi-même
    afin que se bâtisse un cloître de soleil
    où les haies d’herbes folles seraient une prière

    et la branche brisée une chanson d’été

     

    .

     

    CLAUDE BENADY

     

     

    .

     

     

    claude


    0 0
  • 06/24/17--11:51: AUX SILLONS DU LIRE
  • «Toi qui sais pétrir la «pierre errante»
    La ciseler au ciel de l’enfance
    De «la semence de l’eau » surgit
    Transparence à l’aube des solitudes tues
    Faut-il attendre la moisson des orages
    Pour décloisonner éclairs et appels de la mort ?
    Ceux qui illuminent les ténèbres de l’exil
    Miroir fugace à la parole risquée
    Ton verbe tranche la fulgurance mue
    Afflue la source de l’immuable agonie
    Le Poème la reflue gravée entre mer et désert
    Ainsi rayonne une obscure clairvoyance
    Polyphonique le poème sonate
    Retrace la genèse du berceau
    Repus les mots vigilants au Levant
    La pensée ébruitée se déshabille
    Le simulacre ne songe plus aux houles
    Mais danse l’icône apatride
    A l’horizon désilé de lumière
    Quel lieu intime d’Orient
    Creuse en ton visage de mots vespéraux ?
    Un silence ourdi d’ultimes regards

    Que voyellent, à l’aube, les cimes de cyprès

     

     

    .

     

     

    HÉDI ANDRÉ BOURAOUI
    .
    .

    ORIENT


    0 0

    «Aux dernières tables de la nuit
    Et pour en être là que faut-il
    Je rêve à des femmes comme des poèmes
    Dans l’alphabet des oiseaux
    Lorsque l’amour est une momie
    Les gens qui dorment comme des oiseaux
    Chacun un cristal de nuit
    Sont des petits jardins
    Plongés dans l’eau des rêves
    Où tout est fou
    Rêves  à de grandes lunes
    Qui les éclairent  du dedans
    A perte de vue
    Et l’amour est une allée
    Jonchée de baisers
     Et d’aube
    Ne réveillez pas l’enfant qui dort
    La folie est aux cimes des arbres
    belle de plusieurs tragédies
    cette femme qui vient du verger
    Allumée de chants
    Avec un sourire d’image
    Comme d’une grande légende
    Mais tout cet or répandu
    O trop de chance
    Et qui habite le rêve n’a pas de maison.
    Je sais que les larmes sont une vigne
    N’en fais pas un deuil de terre
    Combien l’eau n’est-elle pas confinée
    A l’effeuillement des corps
    Je t’aime comme les orgues de solitude
    Un air tourmente ton cœur
    D’un brun de mémoire exquis
    Ta voix est celle d’une prairie
    Je t’aime pour tout ce qui me reste de l’enfant
    Le musc des légendes

    Et brillant des naissances

     

     

    .

     

     

    ABDERRAHMAN BENHAMZA
    .

     

    tham

     

    Photographie Thami Benkirane

    .

    0 0

    Je sais de l’Europe que son nom est grec, il veut dire Grands Yeux. Je sais qu’elle fut enlevée dans une région de l’actuel Israël par le roi des Dieux, Zeus, qui l’emmena en Crète. Je sais qu’elle fut la mère de Minos, constructeur du plus célèbre labyrinthe de l’histoire.

    Ce parcours à reculons m’aide à savoir que l’Europe d’aujourd’hui est apparentée à un édifice labyrinthique aux nombreuses entrées et sans issue. Avant tout, sans issue : du format Europe on ne revient pas en arrière. Son union monétaire retient ses membres, comme le faisait le Minotaure avec les vierges qui lui étaient consacrées. Quelque part en Allemagne, dans un repaire inaccessible, au nom exotique de Buba (Bundesbank), le Minotaure Euro gouverne les nations et les soumet à son régime alimentaire. Il a appris la leçon et n’autorise l’entrée à aucun Thésée muni du fil de retour.

    L’Europe est une expression monétaire. Sa tenue interne est inférieure à la Suisse la plus solide, qui est aussi une fédération, mais avec un seul drapeau, une seule politique étrangère, un seul système de santé et de justice. Mais l’Europe n’est pas une tour de Babel, qui fut une œuvre d’intense et visionnaire concorde, cherchant à atteindre le ciel au moyen d’une construction.

    Rien de ce projet commun de l’humanité d’alors ne se retrouve dans le format Europe. Ici, la guerre de cent ans continue avec d’énormes moyens financiers protégés par le secret bancaire, privilège élevé au rang d’un sacrement. Sans issue, l’Europe a beaucoup de portes. L’une d’elles se trouve à Lampedusa, île au nombril de la Méditerranée. Elle s’étend en longueur sur la carte de géographie et a deux bords opposés : l’un est abrupt, à pic, inapprochable ; l’autre est au contraire plein de baies, de criques, de lieux d’accostage.

    Sa forme décide de sa vocation : inaccessible au nord et grande ouverte au sud. Telle est aussi l’Italie, elle a les Alpes au nord, la plus haute muraille du continent. De là se détache un bras de terre qui s’allonge dans la Méditerranée et finit avec les Pouilles et la Calabre, qui sont des extrémités de main ouverte. Et à côté, la Sicile est un mouchoir au vent qui salue.

    L’Italie est une terre qui s’est étendue en forme de pont et qui a servi àça. Avec la Grèce, elle forme les racines d’Europe dans la mer. Ses ports ont déchargé les civilisations venues de l’Orient par l’intermédiaire des commerces, des invasions, des révélations de messages urgents de divinités. Un abîme d’histoire est déposé sur le fond marin, aujourd’hui recouvert par des couches de corps de voyageurs non autorisés.

    Aujourd’hui, la mer Méditerranée est une fosse commune de naufragés coulés par mer calme, repoussés au hasard, à l’aveuglette. Sur leurs corps avance sans relâche le flux des débarquements successifs, au gré de l’obscurité et de la fortune, qui, parfois, coïncident.

    Aujourd’hui, l’Europe est le désert le plus éclairé du monde. Pour finir, je déclare que je suis un citoyen de la Méditerranée, de sa république de la mer. J’appartiens au Sud auquel l’Europe doit vocabulaire et autels, art et métaux, pain et vin, et, en dépit des grands yeux de son nom grec, ne distingue et ne voit que dalle.

     

     

    .

     

     

    ERRI DE LUCA

    Traduit de l’italien par Danièle Valin

     

     

    .

     

     

    Bahram Dabiri

    Oeuvre Bahram Dabiri


    0 0
  • 06/25/17--11:09: JEAN LAVOUE
  • J’ai cru que le jour était vide
    J’ai demandé pourquoi
    J’ai cru que la nuit était vide
    J’ai demandé pourquoi
    J’ai cru que le cœur était vide
    Je l’ai pris dans mes mains
    Je l’ai vu s’éclairer et brûler peu à peu
    Alors j’ai cru que l’homme un jour enfin vivrait
    Non par quelque miracle venu du bout des cieux
    Mais par cette chaleur qui tremble dans ses mains
    Alors j’ai fait ce rêve d’une terre habitée
    Où l’arche et la colombe enfin seraient sauvées
    J’ai cru que chaque oiseau promettrait le soleil
    J’ai cru que chaque enfant annonçait le matin

     

    .

     



    JEAN LAVOUE
    www.enfancedesarbres.com

     

    .

     

    Bahram Dabiri3

    Oeuvre Bahram Dabiri

     

     

     


    0 0

    Van Gogh a peint ce soleil qui répand
    son soufre sur les jardins de l'arthrose

    Comment en verrions-nous la lumière aveuglante

    Mais nous savons que c'est ici
    à des fractures mal scellées
    à des divorces de jointures
    à de froides incandescences

    Il m'arrive l'image noire
    de buissons retournant contre eux-mêmes
    leurs épines

    greffes de la folie

    Les oiseaux ne se posent pas
    ils s'accrochent
    à quelque défaut de paroi
    à quelque frottement
    de branches contrefaites
    ils ne jouent de la flûte ni du violon
    mais du bec
    cela fait
    un bruit d'horloge
    inconsolable

    Il m'arrive la rumeur
    de racines forant
    la calamine et le cambouis
    comme des doigts de sculpteur fou
    d'équarisseur

    et le feu prend figure
    d'un geste qui délie des gerbes de vipère
    d'un mouvement qui fait
    jaillir des roses de scorpions

    sommeil cardé par
    de rugueuses vertèbres
    survol vertical
    de lignes à haute tension

    une épeire y dessine
    sans fin mon labyrinthe

     

     

    Cependant
    il m'arrive
    d'apercevoir l'estuaire
    au-dessus des jardins

    Ce peut être du gris en son épuisement
    lavé au bleu de la Genèse
    et peut être un corbeau
    désemparé plongeant
    dans le touffu d'un vol de mouettes

    c'est l'estuaire

    l'estuaire

    au-delà se tient
    l'au-delà de tout

    Je n'habiterai pas toujours l'hiver du temps
    à l'insu de ce corps mal devenu
    les eaux profondes
    élèvent leur lumière de psaume
    jusqu'au-dessus des cieux

    Gloire sans épaisseur
    ô souveraine apesanteur de la grâce

    Je suis en ces jardins
    et je suis ces jardins

    Je m'éloigne
    j'avance.

     

     

    .

     

     

    SERGE WELLENS

     

     

    .


    0 0
  • 06/26/17--09:27: SOUFFLES ET SONGES...Extrait
  • L’air m’enveloppe,

    me berce

    comme l’eau maternelle

    douce et sauvage au fond du rêve

    Je suis sans nom

    Aigle et poisson

    dans la tentation du vide et le bouillonnement des choses…



    Pierre dissoute

    Liquéfiée dans le vent

    Le solide n’a plus de base

    Plus de mémoire

    Éclatement

    Pierre torche dans le bouillonnement du monde…



    Le poème est un court-circuit

    qui porte l’incendie

    jusqu’au cœur de nos plus lourds sommeils

    Rapt et ravissement

    Il fonce, rapace au bec de braise,

    sur la vie léthargique…

     

    .

     

     

    COLETTE GIBELIN

     

     

     .

     

    marc henauer

    Photographie Marc Henauer


    0 0
  • 06/27/17--04:08: JONAS
  • Jeu dérisoire de celui
    - d'une espèce oubliée sans doute -
    qui d'un chaos de lettres
    continue à faire des mondes
    qui désire écrire limpide
    comme vient un simple bonjour
    comme tinte un matin toscan
    & qui dans les ténèbres
    du grand poisson biblique
    fait clignoter son morse
    obstinément - pour qui? -
    Pour quelques enfants que fascinent
    d'étranges robots occupés
    à pulvériser des planètes
    Ou pour le dieu omniscient
    qui a tout conçu de travers
    & qui cherche à tâtons
    dans son fouillis céleste
    ses lunettes qu'il a
    une fois de plus égarées

     

    .

     

     

    RAYMOND FARINA

    (Extrait de Anachronique,
    Editions Rougerie, 1991.)

     

     

    .

    ANTO MACHADO2

    Oeuvre Anto Machado

     

     

     


    0 0

    Le temps accumulant compulsivement les années,
    l’homme égare ses valeurs qu’en principe, il « discerne » ;
    le mirage de sa raison trop hantée par l’écho
    n’éprouve estime et patience que pour ce qui le leurre...

    Marée retirée : maintenant se trouve presque vide
    la maison qui grouillait de nos vies et de nos objets,
    à la commode près et sa lourde plaque de marbre
    s’excusant d’être là, dérive sans affectation...

    Je sais la terre : j’en garde tous les jours sous les ongles.
    La pensée d’être mis sous elle ne m’effraie en rien.
    De la très humble science que j’en ai-je profite,
    aimant plus que tout la faire partager aux amis...

    Dans sa quête du peu le presque plus rien se profile
    comme l’absolu auquel réduire des sentiments,
    émotions de la chair et de nos os dans la tourmente,
    sitôt enfuis les quatre-vingt-dix pour cent de leur eau...

    On serait poètes comme les oiseaux dans leurs branches,
    à l’écoute de tous les autres chants, blessés d’aucun,
    n’était-ce le poids de susceptibilités morbides
    au piège desquelles se laisse emporter quelque esprit...

    Cette voix, enchâssée dans la nôtre et qui s’en distingue,
    on ne saurait douter qu’elle vient de la poésie,
    cruellement taiseuse quand on s’efforce de dire,
    mais déposant le limon de sa passée dans nos blancs...

    Ne jamais être de ceux qui ont d’avance « raison »,
    faisant de leur recherche d’un pouvoir la quête unique ;
    tu ne printemps à rien d’autre qu’à ton droit d’exister,
    considérant que tout, dans l’adversité, le confirme...

    Aspirer aux joies du fond, les plus intimes et simples,
    sans rapport de dépendance avec le monde extérieur ;
    la gageure déjà bien audacieuse de survivre
    suffisant presque toujours à nous les parasiter...

    Comme le feu jubilera, dès que l’eau évaporée
    quittera ce lit de vent et de sable que nous sommes !
    D’où les bourgeons de ramures nouvelles, d’où la fleur,
    plus parlants que leur clos de mutisme à qui voudra lire...

    J’ai trouvé cette forme, creuse. Je m’y suis coulé
    comme au fond de l’océan l’infime bernard-l’hermite
    abrite -pour un temps inconnu de lui- sa survie,
    jusqu’à la vague de fond cinglant la perte totale...

    Oui, choses. Vous et moi. Presque inanimées dans le manque,
    remplissant déjà toutes les conditions du départ,
    aux contours usinés par le Temps qui de nous s’échappe ;
    choses en elles-mêmes, prenant l’après pour l’avant...

    Ton gant de toilette parfuméà la bétadine
    souffle un léger vent de voyage sur tes ablutions ;
    à la crête d’une vague, goélette en partance,
    tu vas braver tu ne sais au juste quel océan...

    Les mots ne tremblent pas de désespoir ni d’espérance,
    n’en peuvent déborder que dans l’extrême retenue,
    goutte à goutte si peu dessoiffant, d'un breuvage fruste
    aux projets de mémoire et débris de futur mêlés...

    Ici, le passant ne peut que laisser parler les arbres
    de toute son aptitude au silence, de ses frissons,
    pour se sentir devenir instrument de l’indicible
    sans lequel la lumière du jour ne ferait pas sens...

     

     

    .

     

     

    Copyright HENRI-LOUIS PALLEN

    www.lierreentravail.com

     

     

    .

     

    sarolta-ban-13,

    Photographie Sarolta Ban

     


    0 0
  • 06/27/17--04:54: SERGE PEY - 2013 -
  • « Malgré le thème du rire du Printemps des poètes, pour la poésie il n'y a pas de rires ni de sourires. La poésie n'a pas d'acheteurs. Les librairies réduisent leurs surfaces de vente. À part certains libraires courageux et militants de la parole, les recueils s'empilent dans les réserves et chez certains éditeurs finissent au pilon. On n'en rit pas. Les grands éditeurs n'éditent que les valeurs accomplies. Il n'y a pas d'aventure populaire de l'édition de poésie. Le rire en poésie, malgré Prévert, renvoie à l'idéologie dominante et pédagogiste du trapèze du jeu de mot. La poésie si elle rit, c'est en lisant l'anthologie de l'Humour noir de Breton. La poésie est maudite. Rimbaud avait vendu 3 exemplaires des «Illuminations». Lautréamont vivait dans sa clandestinité. Rodanski était enfermé volontairement à l'hôpital psychiatrique. Dans le rire de la poésie nous comptons les électrochocs. Dans ce temps des assassins, la joie est grave et nous savons que la main ouverte n'a pas d'ongle, malgré son poing fermé»

     

    .

     


    SERGE PEY

     

     

    .

    Sarolta_Ban_92,

    Photographie Sarolta Ban


    0 0
  • 06/27/17--05:16: INSUBORDINATION DES CHOSES
  • Ce n'est pas tant ta maladresse
    ce sont les choses qui se refusent
    et qui t'agressent

    le café qui se renverse
    le savon qui glisse entre tes doigts
    l'horloge qui te ment
    le stylo qui fait des taches
    la fenêtre qui n'accepte pas
    qu'on l'ouvre
    ou qu'on la ferme

    Et dans la brume de ton miroir fêlé
    le vieil homme au regard triste
    qui te demande son chemin.

    .

     

     

    SERGE WELLENS

     

     

    .

    Amédée Besset2

    Photographie Amédée Besset


    0 0
  • 06/27/17--07:50: LUIS CERNUDA...Extrait
  • J'étais étendu et j'avais dans mes bras un corps comme de la soie. Je lui baisai les lèvres, car le fleuve passait au-dessous. Alors il se moqua de mon amour. Ses épaules semblaient deux ailes repliées. Je lui baisai les épaules, car l'eau bruissait au-dessous de nous. Alors il pleura en sentant la brûlure de mes lèvres. C'était un corps si merveilleux qu'il s'évanouit entre mes bras. Je baisai sa trace: mes larmes l'effacèrent. Comme l'eau continuait à couler, j'y laissai tomber un poignard, une aile et une ombre.

     

    .

     

     

    LUIS CERNUDA

     

     

    .

    Bahram Dabiri Tutt'Art@

    Oeuvre Bahram Dabiri

     

     


older | 1 | .... | 126 | 127 | (Page 128) | 129 | 130 | .... | 183 | newer