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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 08/03/17--11:52: PERSONNE NE ME CONSOLE PLUS
  •  Personne ne me console plus, ma mère.
    Ton cri n’arrive pas jusqu’à moi
    même en songe. Il n’arrive pas une plume
    de ton nid sur cette rive.

     

    Les soirs bleus, est-ce toi
    qui attends les mulets à la porte,
    les mains cachées dans les plis de ta robe ?
    Lis-tu dans le feu les combats
    qui dispersent tes fils aux abords des villes ?

     

    Un abîme entre nous, un flot nous sépare
    qui coule entre les digues d’où s’élève de la fumée.
    Ces étoiles sont-elles tiennes ?
    Ce vent, celui de la terre ?
    Est-il notre espérance
    ce ciel qui accueille tes peines,
    ta bonne volonté, ta demande de paix ?

     

    Forte de ta vertu tu vis :
    tu as vêtu les corps bigarrés
    des pères morts. Chaque nuit
    tu as trouvé la clé de nos songes,
    tu as donné le blé en mémoire des morts.

     

     Nous, sur la tour la plus haute,
    nous attendons ton signal.
    C’est toi qui nous appelles. Est-ce toi
    la flamme blanche à l’horizon ?
    Un été de deuils a réveillé aux ventres
    les fautes d’autrefois,
    a poussé les loups sous les murailles des bourgs.
    Au soleil de midi hurlent les chiens, et la chouette
    pour le lugubre hiver demande des otages.

     

    Toi, ma mère, tu écoutes
    les pleurs inconsolés des Ombres
    qui ne trouvent pas le repos sous les pierres
    où tombent avec un bruit sourd
    les fruits pourris.

     

     

    .

     


    LEONARDI SINISGALLI

    .

     

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    .

     

    HENRY MALFROY

    Oeuvre Henry Malfroy

     


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  • 08/04/17--00:56: LORSQUE JE SERAI MORT
  • Qu'on me lave de vin lorsque je serai mort

    que le sang de la vigne envahisse nos veines

    au jugement dernier qu'on amène mon corps

    parfumé de raisin de menthe et de verveine

     

     Femme aux plaisirs humains à la sève des fleurs

    que ton coeur affamé jamais ne se dérobe

    les chemins de l'amour sont ravinés de pleurs

    si tu passes par là relève bien ta robe

     

    Ne traine pas ta peine à mon enterrement

    je n'y veux que sanglots de bonbonne bien pleine

    où que j'aille j'irai couronné de sarments

    droit comme le cyprès bon comme la romaine

     

    Bon comme le festin aux dernières bouchées

    bon comme le bon vin à la dernière cruche

    et bon comme la nuit où je serai couché

    à l'abri des embruns à l'abri des embûches

     

    Le temps est une cage elle sera brisée

    je prendrai mors aux dents vers l'espace immobile

    et je tendrai les bras pour un nouveau baiser

    au germe du raisin palpitant sur l'argile

     

     

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    HENRI GOUGAUD

     

     

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    Illustration-Vignes-Details

     

     

     


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  • 08/04/17--01:02: LE CLOWN SE MEURT
  • Je nais chaque fois que je monte sur scène

     Un gros nez rouge sur mon visage blême

     Je suis l’enfant dont je me souviens bien

     Un homme d’esprit, un poète du rien

     

     J’attrape le ridicule et le fait tournoyer        

     Avec l’élégance des désespérés

     Je suis le fou qui transforme les blessures

     Des âmes fêlées de mille et une brisures

     

     

     Je jongle avec mon ballon pathétique

     Entre tristesse et vérités cyniques

     Mes soupirs sont une oraison d’amour

     Qui bat doucement la mesure des tambours

     

     

     Je verse des larmes que personne ne remarque

     Détresse muette, miroir de mes grimaces

     Je tente de vous prendre par le bout du cœur

     Je ne suis pour vous qu’un stupide amuseur

     

     

     Je trébuche sur le gradin de vos rires

     Mes pieds dans cette humaine tragédie

     Bienvenue dans le cirque de l’Univers

     J’ouvre mes bras d’étoiles et de poussière

     

     

     L’heure de ma dernière farce a sonné

     Je rejoins ma verdine les bras chargés

     De la misère du monde et de vos peurs

     Sous son fardeau, le clown se meurt

     

     

     Mais avant de tirer ma révérence

     Avant de toucher le fond en silence

     Il me reste l’ironie du désespoir

     Pour ceux qui n’ont rien compris à l’histoire.

     

     

    .

     

     

    CATHERINE SMITS

    Poème inédit

     

    .

     

     

    Achille_Zavatta

    Photographie ClaudeTruong-Ngoc

    Achille Zavatta, le clown de mon enfance

     


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    Nuit trop lucide
    La vie bat
    sous l’écorce des heures

    Elle bat
    simple à fleur de temps
    et s’use lentement
    s’éloigne à pas de neige

    La mémoire
    est une chemise froissée
    longtemps portée
    et qui encore le sera
    jusqu’à la déchirure

    Mais voilà la nuit
    qui s’écarte un peu
    pour nous laisser passer
    nous laisser retrouver
    la première étoile du jour
    et le chemin de l’aube

    Quand la rumeur
    du monde nous rejoint
    nous regardons monter
    la flamme du soleil

    et nous étonnons d’être encore

     

    ...

     

    Tous ces mots
    la plupart inutiles

    Juste pour déplacer
    l’ombre un peu
    l’ombre trop lourde
    qui écrase

    Juste pour avancer
    un peu plus vers là-bas
    sur un chemin d’abîme

    Juste pour
    essuyant la vitre et
    la glace sans tain des années

    entrevoir la clarté du fanal
    dans la chaleur duquel
    comme une flambée brève
    un fagot de sarments

    a brûlé la maison
    de l’enfance

     

    .

     

     

    MICHEL DIAZ

    https://michel-diaz.com/page/4/

     

     

    .

    bernard liegeois AA

    Photographie Bernard Liégeois

     

     

     

     


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  • 08/04/17--09:02: MICHEL DIAZ...Extrait
  • certains jours de partage
    on s’habille si justement
    de la simplicité du vent
    ou de la lumière exacte du ciel

    qu’on habite son seul silence
    au cœur du nœud léger du Temps
    comme un lit d’écume
    initiale
    une énigme délicieuse

    que la vie
    tout entière
    ne pèse pas plus lourd
    dans l’assiette bleue de sa paume
    que la langue d’un chien ami

     

     

    .

     

     

    MICHEL DIAZ

     

     

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    mamoun slama


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  • 08/04/17--09:23: FOURNAISE
  • Voilà que tu te défends
    contre l'air du temps défié
    Au-delà des étés d'antan
    du repos mérité de l'attelage
    et de l'aire de battage  qui s'est tue
    rien ne va plus

    Vers le ciel gris des cimes
    chauffées à blanc
    au coeur des vallées
    de la fournaise
    la vie suffoque
    les estives ont perdu la source
    et le ruisseau

    Il monte des hameaux de pierres
    des campaniles
    qui vacillent entre d'âcres  touffeurs
    un silence brûlant
    Les paupières rougies
    tu entrevois le spectre de la soif

    Désertiques nuées
    sombres augures
    plus rien ne te rappelle aux vérités de l'eau
    et ton pas crisse
    sous le figuier qui rend
    le fruit immature
    quand meurt le chant de ses feuilles odorantes

    Le passereau fuit les sentiers
    de vos lointains partages
    tu te terres vers le foyer ancestral
    qui se fait abri refuge
    où attendre
    que le crépuscule
    et le grand duc enfin reviennent

    La panique
    guette le feu de forêt
    Le désespoir
    redoute l'engeance meurtrière
    du chaos
    des migrations irraisonnées
    au plus haut des ciels
    dilacérés et du mercure qui s'affole

    Je n'ai plus assez de mots
    un monde nouveau
    en impose des myriades
    qui mènent  furieuses
    aux suicides assistés
    des foules

    Quel sens   quelle voie
    suivre quand le troupeau aveugle et sourd 
    gagne la barre rocheuse
    D'après le maître
    des deniers    selon la devise majeure
    la multitude court à sa perte
    et chute

    Je louais jadis  tant de saines fatigues
    remontant le cours des heures
    et des jours que nous inventions
    Complices des joies
    des saisons et de la nature
    en beauté
    nous vivions intensément
    sains comme ceints d'humbles joyaux

     

    .

     

     

    CRISTIAN GEORGES CAMPAGNAC

     

     

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    Xavier-Alexandre-Pons2

    Photographie Xavier Alexandre Pons

     

     

     


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  • 08/28/17--00:37: UN BRASIER DE MOTS...Extrait
  • Je cherche la route vers un poème. Auriez-vous rencontré pour m'aider une chose poétique, une jacinthe perdue dans août, une jeune fille belle et nue endormie dans la source.

    Donnez-moi quelque chose qui m'emmène, si votre sein est beau, ouvrez votre corsage ou laissez-moi le déchirer, afin que je chante tout cela avec tout le lyrisme qui convient.

    Et j'en profiterai pour avoir de la joie en en baisant la pointe et pourquoi n'aller point tout au long de la peau jusqu'à faire l'amour.

    Faisons l'amour donc, faisons le poème de faire l'amour puis le poème tout court, à la fois calme et enthousiaste, hiératique et ne rendant pas compte dans le détail de nos plaisirs.

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    .

     

    ALAIN BORNE

     

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    .

     

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    tina-modotti-

    Photographie Tina Modotti

     

     

     

     


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  • 08/28/17--05:41: MIREILLE DARC...HOMMAGE
  • mireille darc

    Mireille Darc

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    .

    .

    Suite....


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    J'ai cru à l'éloquence des feuilles mortes
    à Erzulie* femme d'amour qui fait bander et rougir les
    sexes éparpillés
    J'ai cru à Damballah* le dieu blanc aux rêves de serpents
    J'ai cru aux vaccines* à résonances nègres de sueur et de
    danse banda
    J'ai cru à la justesse des luttes antiracistes au partage
    à l'amour aux Sources du Vaucluse
    J'ai cru à l'écartèlement à l'éclatement à l'orage au brasier
    J'ai cru à la marée aux trêves de l'Histoire
    J'ai cru aux effluves de fritures de graisse et d'huile chaude
    J'ai cru au soleil sur nos rancunes et notre désarroi
    J'ai cru au poisson-gros-sel aux lambis boucanés
    au carangue* sur les grèves étriquées de cette terre
    nôtre
    J'ai cru à la parole libérée à la démence du verbe
    à Port-au-Prince qui s'éveillât emmurée un matin
    au milieu de peintures de jardins et de poèmes
    emmêlés
    J'ai cru à l'enfant qui naît à l'être défloréà l'Homme universel
    à la Paix aux étoiles martyrisées
    J'ai cru à tes chants taillés dans le silex l'ébène et la pierre
    J'ai cru enfin à toi à ta façon d'exister à ton amour à tes mots
    ces mots d'honnêteté de pureté d'intégrité
    et d'aube franche

     

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    GERALD BLONCOURT
    Paris, Avril 1988.

     


    *Erzulie: Déesse vaudou très belle et très jalouse.
    *Damballah-Wedo: Dieu vaudou identifié au serpent.
    *Vaccine: Tronc de bambou utilisé comme instrument de musique.
    *Carangue: Dénomination créole d'un poisson très dangereux.

     

    .

     

    erzulie2

    Oeuvre Gérald Bloncourt " Erzulie "


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    Il était une fois, une seule, où l’homme à l’amour de la femme répondit avec honneur. Il a été une fois, une seule, où la femme eu égard de l’homme qui l’aimait. Il a été cette fois, unique, où la femme et l’homme se comprirent dans l’instant du monde où la plume s’envole, portée par la brise. Cette unique fois où un homme et une femme portèrent aux yeux du monde le fruit de leur passion fût saluée par une grande fête. L’unique étoile du nord brilla seule dans l’infini cosmos pour saluer la naissance de l’enfant prodigue, un certain soir en terre d’Orient. Cet unique enfant fruit de l’amour offre sa vie au service des hommes. Il fût une seule fois sur le Golgotha un crime unique et la nuit tomba sur les hommes. Une nuit d’espoir ou de mort, une nuit de recueillement ou de souffrance. Il a été cette fois la division entre les hommes au nom de ce qui devrait les unir. Cette séparation fatale marquée du sceau du sang. Il a été une fois l’infamie absolue de tuer l’amour au nom du pouvoir. Il aura été une nuit où l’orgueil des hommes plongea le monde pour les siècles des siècles dans le chaos du doute. Il aura été une chance, et une seule, de pouvoir racheter nos fautes, en vain ... Il est désormais des multiples fois des ersatz d’amour qui cristallisent les peurs des hommes, qui volent leur espoir, qui tuent leur amour. Il est désormais la politique non au service de l’homme mais au détriment de ses enfants qui ne savent vers quelle obédience se tourner. Il sera un nouveau siècle qui ouvrira l’âme des hommes à la reconnaissance et à la compassion. Il sera une seule fois qu’il convient de ne pas négliger. Il sera alors temps, au moins une fois, de demander pardon pour tous les crimes commis en Son Nom ...

     

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    .

     

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    FRANCOIS XAVIER

     

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     .

     .

     

    christ

     

    Christ de Centuri - Cap Corse


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  • 08/29/17--23:23: BRUNO ODILE...Extrait
  • Souverain, l’échange naît dans la déchirure de soi, là où dans un renfoncement de l’esprit, le neuf et

    l’ancien font orage.

     

    Les phrases transportent des fagots aux allures martiales. Un escadron de mots traverse le brouillard des plaines matinales avant de glisser sur des plaies mal refermées. Je sens la matière proche et pénétrable.

    Des centaines de serments demeurent attachés les uns aux autres dans l’attente d’une libération providentielle.

     

    Il m’aura fallu sarcler, puis labourer encore et encore pour extraire de la pulpe sauvage toutes les graines nourrissantes de l’espoir qu’une sobre existence a pelé jusqu’à l’effroi.

     

             Dans ce vagabondage de l’insaisissable, les pages se tournent et se retournent. Celles qui collent font ressac. Des gestes et des histoires brisées errent sur l’horizon inachevé puis flottent au-dessus de l’absence dans un vide croissant.

     

           Le chagrin intolérable qui se manifeste encore au centre de mon corps est l’usurpateur de mes sens. Il est cet imposteur qui ne tolère pas le bonheur délivré gratuitement. Il est ce purulent labyrinthe exhortant d’avoir mal pour dire.

     

    Je ne désespère pas de fuir du mal-être contenu, réprimé et cadenassé au fond de mes impasses négligées.

     

    Au cœur de soi-même, poitrine contre poitrine, l’âme et le corps échappent à toutes les voies closes de l’abstinence. Elles désagrègent les carences dures de la rationalité.

     

         Si tu le peux, écoute, toi aussi, gémir au fond de ton sang cette larme pénétrante, cet enfant affamé et qui ne sait le dire, ce vieillard usé qui a perdu la voix.

     

    Aux fenêtres de l’existence et dans une présence subliminale subsistent encore l’aube fleurissante et l’été mourant d’une saison invraisemblable.

     

     

      Voix élastique, les ruisseaux de ma gorge sont la cathédrale de tes expressions. De ce baptême naissant en moi s’habillent les cliquetis et les accents de la furie qui occupe mon sang.

     

    Une mélodie neuve chante sous les arbrisseaux. Il y a un décalage insidieux entre le son de ma parole et celle de la convenance. Des grillons déblatèrent à l’ombre de mon contenu.

     

               Temps incertains où les langues remuent, vacillent, tressaillent, pirouettent, mutent chaque jour s’enflammant d’éléments nouveaux, d’intentions primitives et de résurgences latentes.

     

        Nasses déchirées, drailles survolant les crêtes de l’azur, inaliénables voies du patrimoine humain, un troupeau de sons s’effondre des mémoires dégoulinantes d’abondantes giclées séculaires.

     

    Quels sont ces mots qui se cambrent sur mes lèvres ? Quelles sont ces ondes infinitésimales défiant les murmures de ma pensée ?

     

           Aujourd’hui, l’imaginaire épouse la nostalgie du silence des étoiles et mon cœur se retrouve encagoulé par des parasites velus comme des chenilles sur une ligne d’infini.

     

          Il y a un autre monde en dehors de nos têtes brûlées. Une flamme roborative du cordon humain lèche l’absence recluse dans son lait d’oubli.

     

         Il y a une langue commune sculptée dans le rocher où la pluie n’efface que la surface. Je veux être disponible à ce qui vient du dehors, aux bruits des flèches et aux murmures de la corde tendue reliant le monde à ma petite voix intérieure.

     

               C’est entendu ! Je redeviens un buisson après l’orage et je cache sous ma poitrine la matrice d’un foyer endémique. Mais, la vérité de mon être suppute toujours les concepts et les dogmes ruminant à l’intérieur de mon crâne.

     

    De toute façon, qui m’observe excepté le miroir insonore de l’éternité où ma figure se disperse ?

     

                          Ici, il n’y a que le vide répressif des lumières traversant les branches.

                    Ici, dorment les eaux déchues d’oxygène et le parfum fumigène des rôts d’existence.

     

    Allons ! Ne restons pas là ! Filons de cette mort invisible où tout s’efface.

     

     

    .

     

     

    BRUNO ODILE

     

    .

    jaya suberg2

    Oeuvre Jaya Suberg


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    Et ce ciel a dévoré

    jusqu’à l’avant- dernière

    miette

    de cette nuit aux sangs retournés

    en-dedans de nos lèvres ourlées

    de mots abouchés au noir de l’horreur

    ô silence de cette nuit retournée

    à l’envers comme la liberté de nos gestes

    dans ce désastre des fenêtres

    Ce qu’il restait de soleils

    lucidité acide

    un zeste d’humanité& de miel

    gicle dans ce bleu de déveine violacée

    de liberté violée

    rognée en plein ciel

    Ce qui veillait encore de nuit

    lueur d’espoir en vie

    XXIème siècle de boucherie

    où des tueries barbares descendent

    de nos altitudes à nos pires

    mauvais rêves en plein drame

    des tremblements & torpeurs

    jusqu’aux fonds meurtriers

    de nos outragées mémoires

    démantelées

    désarçonnées

    / émiettées

    Abîme infini dans les astres désorbités des fenêtres

    Infini désastre dans l'orbite désaxé des fenêtres…

     

    .

    .

     

     .

    ©MURIELLE COMPERE-DEMARCY

    11/04/2015

     

    .

    .

    .

     

     

    A

    Photographie A. Kertész

     


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  • 08/29/17--23:59: LA VIE ENTIERE...Extrait
  • "Devant le jour épais qui s'avance à pas lents

     Devant l'horrible face à face

     O coeur ouvert à tous les vents

     Et jusque dans ces bras qui cherchent le courant

     Hier demain et à présent

     

     Il n'y a rien de nouveau

     Sous le soleil de ma poitrine

     C'est toujours la même tendresse qui chemine

     Le même filet bleu qui baigne mes poumons

     Toujours ma chair à l'abandon

     

     Plus haut la tête claire

     O mon front riverain du ciel et de la terre

     Prunelles éclatées dans un printemps trop doux

     Je cours

     Et je suis fait pour aller à genoux

     

     Ne me demandez plus de partager vos armes

     Je dispose mes mains autour de ma maison

     Et ceci est mon sang et le froment des larmes."

    .

     

     

    .

    .

     

     RENE GUY CADOU

      Editions Seghers  2001

    .

     

    .

     

    .

     

     

    FATAT BAHMAD

    Oeuvre Fatat Bahmad

     

     

     

     

     


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  • 08/30/17--09:40: ANTONIN ARTAUD...Extrait
  • " Il y a dans tout dément un génie incompris dont l'idée qui luisait dans sa tête fit peur, et qui n'a pu trouver que dans le délire une issue aux étranglements que lui avait préparé la vie."

     

     

    .

     

    ANTONIN ARTAUD

     

    .

     

    tchoba2,

    Oeuvre Tchoba

    www.tchoba.com


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  • 08/31/17--02:34: LA CHEMINEE
  • Un poète est un homme qui regarde partir dans le feu
    les mots des enfants qui le peuplent
    les mots des femmes qu’il a aimées
    leurs silences
    Un poète est un homme qui regarde partir dans le feu
    le mont-de-piété de ses incantations
    le bois de sa vie en grande quantité
    Il ne se consume pas
    il distille l’essentiel de ses moissons
    il se dépouille de toutes ses vies
    de tout son désir
    Il est nu quand s’avance
    le poème heureux ou malheureux
    Mais peu importe
    Un poète est un homme qui place son espérance dans la cheminée
    Une cheminée de fées sans doute
    Peut-être
    .
    .
    .
    PATRICKCHEMIN
    .
    .
    .

    Cheminee_Fee2,


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  • 08/31/17--11:55: ADJIRI ODAMETEY - MALA

  • 0 0
  • 09/01/17--12:51: MIREILLE DARC...HOMMAGE
  • copyright-Richard-Melloul-Sygma-Corbis-

    .


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  • 09/03/17--06:31: BERNARD PERROY...Extrait
  • Il nous faut nous satisfaire
    des chemins écartés,
    des souvenirs d'enfance,

    arpenter le jour,
    au jour le jour,

    avec le coeur insoumis
    qui se projette en dehors du sentier
    de nos propres habitudes,

    et prendre sur soi, infiniment,
    pour dépasser toute tristesse,

    fixer la plus profonde des émotions,
    que retiennent les ans,
    celle de ne rien encore comprendre de la vie,

    et c'est tant mieux...

     

    .

     

    BERNARD PERROY

     

    .

     

    Litsa Roussou

    Photographie Litsa Roussou

     

     

     


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    Mais qui es tu, intriguant et fidèle visiteur de mes nuits ?
    Dans la foule intense et pourtant invisible,
    ton bras entoure mon cou, ta main s'est arrêtée sur mon épaule
    je me suis laissée emmener sans essayer de voir à qui appartenait ce collier
    inattendu et rassurant.
    Dans un jardin de fleurs sans parfum, assise sur un banc je n'ose te regarder
    par crainte de te perdre .
    Derrière , un bruit d'eau , peut- être une fontaine ?
     Le son de ta voix ne me parvient pas.
    Mais qui es-tu, toi que j'espère le soir en m'endormant ?
    Dans un champ de blé que le vent ondule,
    je sens presque l'odeur du pain, je commençe à t'entrevoir .
    Ce contact léger, proche et distant à la fois , me guide.
    Un peu plus loin, la nature libre, ce n'est qu' enchevêtrement de broussailles , d'arbustes,
    où quelques fleurs résistent sur de hautes tiges pour mieux respirer.
    La pression de ta main se fait plus intense : tout va bien .
    Mais qui es tu messager nocturne ?
    Dans un atelier abandonné, des tissus jonchent le sol,
    un voile bleu m'attire, j' hésite et je renonce.
    Je ne trouve pas l'issue .
    Je foule, délicatement, la mousseline, la soie, le coton .
    Devant le voile bleu , embarassée, j' hésite encore et le lève enfin .
    Une porte ouverte, je sors .
    Ta main tapote doucement mon épaule, pour me féliciter sans doute.
    C'est toi , fin stratège, qui attendais que j'ose.
    Mais qui es tu, présence ou absence ?
    Plus rien n'est cloisonné, j'avance, au milieu de gens affairés,
    j'apprécie le vol d'oiseaux migrateurs,
    je bois l'eau fraiche de la fontaine.
    J'entends ma voix,
    les espaces verts et les fleurs embaument.
    La mer miroir m'invite et je n'apercois plus ta main sur mon épaule.
    Mes nuits veillent sur moi le jour.
    .
    .
    .
    .
    .
    JOSIANE
    .
    .
    .
    .

    joss


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  • 09/03/17--11:42: A LA PLEINE LUNE...Extrait
  • Je vis dans deux époques
    J'adresse mes lettres aux deux
    En deux langues
    Dans leurs villes je ne suis point entrée
    N'ai pas bu le soufisme de miel de la première
    Ni la poésie du vin de la seconde
    Leur musique ne m'a point émue
    Au point d'unir luth et guitare
    Pour qu'en naisse un violon
    Dont les cordes connaissent le secret du retour
    A l'arbre



    Ma plume ne cesse de flotter 

     

    ...

     

    En moi la puissance du papillon
    et la faiblesse d’un taureau
    En moi la fragilité des montagnes
    et la solidité du fil d’araignée
    le vacarme des pattes de fourmis
    et le silence de la mer
    En moi la vie mourante dans le cocon
    et la mort vivante chez les passants
    En moi le vert des feuilles d’automne
    et le jaunissement de l’herbe en mars
    En moi juillet
    il ne reviendra pas en juillet
    En moi l’instant
    où le cœur prend son repos éternel
    pour que tout finisse
    pour qu’en moi advienne
    ce qui n’est pas encore

     

    ....

     

     Les volets sont grand ouverts
    sur un couchant pourpre
    dans le ciel passent des avions
    sans bruit
    emmenant les voyageurs vers leur destination
    au-dessus des toits
    cherchant à se poser
    une nuée de colombes tournoie
    les toits sont en tuile
    mon cœur rouge
    là-bas dans mon pays
    la nuit est sans doute tombée
    nuit que les avions là-bas
    transforment en jour
    car les avions là-bas
    ne sont pas étoiles filantes
    mais lunes de midi
    les avions là-bas
    n'emmènent pas les voyageurs vers leur destination
    mais emportent les âmes au loin
    ce sont des bombes
    qui se posent sur les toits
    non des colombes
    quant aux éclairs de lumière-ci
    ce ne sont que frottements de pluie d'obus
    et d'âmes qui s'élèvent
    ô vous qui quittez le pays à pied
    écrivez dans vos notes de voyage
    sur cette nuit illuminée par l'ombre
    ce fut l'anniversaire d'un tyran
    2 juillet 2012

     

    .

     

     

    FADWA SULEIMANE

    Traduction de Nabil El Azan

     

     

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    JAYA SUBERG

    Oeuvre Jaya Suberg

     

     

     


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