Are you the publisher? Claim or contact us about this channel


Embed this content in your HTML

Search

Report adult content:

click to rate:

Account: (login)

More Channels


Showcase


Channel Catalog


Channel Description:

Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

older | 1 | .... | 139 | 140 | (Page 141) | 142 | 143 | .... | 183 | newer

    0 0


    0 0
  • 11/10/17--09:42: AU PRINCE / AL PRINCIPE
  • Si le soleil revient, si le soir descend
    si la nuit a un goût de nuits à venir,
    si un après-midi pluvieux semble revenir
    d’époques trop aimées et jamais entièrement obtenues,
    je ne suis plus heureux, ni d’en jouir ni d’en souffrir ;
    je ne sens plus, devant moi, la vie entière…
    Pour être poètes, il faut avoir beaucoup de temps ;
    des heures et des heures de solitude sont la seule
    façon pour que quelque chose se forme, force,
    abandon, vice, liberté, pour donner un style au chaos.
    Moi je n’ai plus guère de temps : à cause de la mort
    qui approche, au crépuscule de la jeunesse.
    Mais à cause aussi de notre monde humain,
    qui vole le pain aux pauvres et la paix aux poètes.

     

    .



    Se torna il sole, se discende la sera,
    se la notte ha un sapore di notti future,
    se un pomeriggio di pioggia sembra tornare
    da tempi troppo amati e mai avuti del tutto,
    io non sono più felice, né di goderne né di soffrirne:
    non sento più, davanti a me, tutta la vita…
    Per essere poeti, bisogna avere molto tempo:
    ore e ore di solitudine sono il solo modo
    perché si formi qualcosa, che è forza, abbandono,
    vizio, libertà, per dare stile al caos.
    Io tempo ormai ne ho poco: per colpa della morte
    che viene avanti, al tramonto della gioventù.
    Ma per colpa anche di questo nostro mondo umano,
    che ai poveri toglie il pane, ai poeti la pace.

     

    .

     

     


    PIER PAOLO PASOLINI
    1958

     

    .

     

    FERDINAND SIMEONI2

    Photographie Ferdinand Siméoni


    0 0
  • 11/11/17--10:23: A CE POINT DU SOIR
  • à ce point du soir
    c’est là, vois-tu que
    le verbe devrait se saisir
    des corps épars
    des âmes concassées
    les étreindre au plus vide
    de leur manque
    bercer leur moelle
    et écrire tendrement
    à même leurs veines
    le mythe jamais écrit
    de la consolation

     

    .

     

     

    FLORENCE NOËL

     

     

    .

     

    Tristesse

     

     

     


    0 0
  • 11/12/17--02:36: GRAVEMENT MALADE...Extrait

  • J’ai peur, petite mère, ne souffle pas sur moi

    Faisant, refaisant tes prières, la nuit.

    Je suis malade, mais comme c’est beau

    Une part de mon corps s’en va, comme en nageant.



    Pourquoi m’a-t-on ainsi tout recouvert

    Si soigneusement que cela me rend triste.

    Tandis que dans les vents lointains la ville

    Comme des jouets d’enfants s’éclaire.



    Mes yeux sont fermés mais mon visage voit

    Tu pleures, comme la lumière

    Ensemble nous écoutons, dans les images lentes,

    Solitaires sur le mur, le destin.



    Petite mère, maintenant je grandis.

    Le roseau grandit dans le lac.

    Mais où donc est mon cheval de bois

    Que mon frère lui donne à boire, il a soif.

     

    .

     

     

    FAZIL HUSNU DAGLARCA

    traduction du turc par Gérard Pfister

     

     

    .

     

    cheval

     


    0 0
  • 11/14/17--11:12: NOTA BENE
  • Je peins
    Un tableau noir, très noir,
    Profond,
    Rien que noir, suies, brumes, encres, crasses,
    Pour qu’on y voie mieux
    Le contraste
    Et je laisse pendue au bout d’une ficelle
    Une craie blanche pour écrire
    Bonjour ! Ou bien Va t’en !
    Ce qui vous sert de cri, de façon d’exister,
    Que vous êtes naïfs à me croire mélancolique
    Une pensive statue plongée dans le regret
    Résignée qui s’afflige,
    Si je penche la tête et si je serre mes bras c’est
    Pour serrer plus étroit ce feu que je préserve
    Et même s’il me dévore
    J’attends, dans ce désordre, une seule parole vraie
    A lui offrir, pour qu’il éclaire le tableau
    Ébloui.

     

     

    .



    ALEXO XENIDIS


    .

     

    ALEXO

     

     


    0 0
  • 11/14/17--11:32: LA FIN SE LEVE
  • La fin se lève.
     Qui a parlé.
    Moi, un inconnu, un fantôme.
    Nous habitons une terre féroce où les « Droits de l’homme »
     sont au mieux notre misérable butin.
     Dans la mort qui monte, j’entends tourner les roues maléfiques qui broient
    victimes et bourreaux, pêle-mêle.
    Le flanc percé d’une lance longue et fourbe, l’homme saigne.
    La lumière a rétréci dans notre regard
     jusqu’àépouser la dimension de la plus minuscule piécette d’argent.
    La fin se lève ?
    Mais  nous  n’avons  pas  encore  donné  notre  accord.
     Égarés,  déchirés d’amour, d’un désir d’amour surgi le premier jour
    avec nos os, nos vertèbres, nous tentons parfois de nous redresser
    hors de la bauge de fatalité et d’ennui.
    Nous contemplons les étoiles glacées sans signification.
    Nous questionnons la bête morte, putride, abandonnée au bord du chemin,
    et le caillou muet.
    Nos poings se serrent, se souvenant toujours des antiques rébellions,
    des songes plus anciens que la mousse au pied des arbres.
    La foi a déserté nos cœurs.
    Elle a fait place à la terrifiante lucidité.
    Mais la lucidité est plus amère que le plus pauvre pain.
    Nous nous tenons au bord de l’aube, au bord de la nuit,
    nous écoutons les voix sourdes des camarades
    qui agonisent dans les prisons bâties par des mains d’hommes.
     Et nous creusons des labyrinthes pour parvenir jusqu’à eux,
    dénouer les haillons, déchirer les chaînes.
    Nous tendons à travers les ténèbres l’oreille des désespérés.
    Le feu s’est refroidi dans nos muscles.
    Devenu matière dure, infracassable,
     il nous maintient debout, irrémédiables dissidents

     

    .

     



    ANDRE LAUDE

     

    .

     

    Sarolta-Ban

    Photographie Sarolta Ban


    0 0
  • 11/15/17--06:02: POEMES INEDITS...Extrait
  • Dur moment dans la voie
    quand les jours s'obscurcissent
    quand le chemin se creuse
    pareil à une tombe
    Où sont les jours heureux
    le murmure des voix
    dans le jardin discret
    Les visages de ceux
    qu'on aimait voir à table
    Où sont les jours heureux
    où on l'était soi-même
    sans même le savoir
    Dur moment dans la voie
    quand le miroir se brise
    laissant au fond de nous
    mille morceaux épars
    que garde la mémoire
    Mais sans aucune chance
    pour nous de se revoir

     

    .

     

    GEORGES HALDAS

     

    .

     

    auteur_inconnu

    Oeuvre ?

     


    0 0

    Aligner des mots comme un souffle
    attise retenu respiré par la bouche
    un feu entretenu sinon comment
    le rallumer dans la pluie où rien
    ne brûle
    Les yeux brûlent -- allumer des mots
    de phosphore et d'ébène
    des mots noirs et rouges tapissent l'espace de l'estomac à la bouche --
    une brûlure de mots --
    un incendie
    sous une pelletée de cendres froides.

     

    .

     

     

    ANNE MARGUERITE MILLELIRI

     

     

    .

     

    anne

     


    0 0
  • 11/16/17--12:03: AGNES SCHNELL...Extrait
  • Des ponts pour ceux qui partent
    des ponts ou une impulsion
    hors des nœuds de la nuit…

    Ce que tu crois stable
    n’est que province abandonnée
    dévastée lapidée
    sans refuges pour les crues
    étranglée
    tels des souvenirs serrés dans un mouchoir…

    .

     

     

    AGNES SCHNELL

     

     

    .

     

    DEVASTATION


    0 0
  • 11/18/17--10:44: LE VISAGE SECRET...Extrait
  • Entre deux silences, entre deux ténèbres
    ils reviennent
    ils ont hanté le seuil invisible
    de ta conscience
    et les voilà
    presque sans poids, presque
    effacés dans les lambeaux
    de ta mémoire
    comme pour donner sens
    à la présence insignifiable
    à l’instant sans retour
    à la vraie parole des fantômes.

     

     

    .

     

    ALAIN SUIED

     

    .

     

     

    RAOUL UBAC2

    Photographie Raoul Ubac


    0 0

    “La difficulté, avec l'homme c'est de retrouver son vrai visage, celui qui gît aujourd'hui sous des milliers de masques, des vernis innombrables, derrière des myriades de soleils aveuglants ou au plus profond de la nuit la plus noire”

     

    .

     


    CHRISTIAN ERWIN ANDERSEN

    .

     

     

    modigliani6

    Oeuvre Amédéo Modigliani

     

     


    0 0
  • 11/19/17--10:44: CAROLE DAWSON
  • J'écris sur une peau de brume
    Pour effleurer l'instant
    Comme on apprivoise le vent

    Un soupir
    Me glisse entre les doigts
    Et me ravit un peu de moi

    J'erre sur le chemin
    Où silence est roi
    Sans bruit, je me dessine un destin

    Mais je marcherai toujours avec espoir
    Jusqu'aux froissements des petits matins
    Pour déposer des bouquets d'aurores
    Dans la paume de tes mains

    Et ainsi entrevoir
    Ta lumière
    Cousue de bleu et d'or
    Avant que ne s'effacent les mémoires
    De ces jours éphémères

     

    .

     

     

    © CAROLE  DAWSON

     

     

    .

     

    15056389_869377963199267_4124412801019859038_n

     

     

     

     


    0 0

    Un grand silence
    en brise l'âme pousse vers l'oubli
    toujours à ses mots ravalés
    la douleur obtuse.
    Au-delà sur l'arc bleu des glaciers
    Il y a cette étincelle qui rosit l'amour
    et le ciel et le froid et l'effroi.
    En dérive vers le sud une voile
    balbutie
    Quel sera son chant neuf ?

    Parmi les herbes déjà mortes
    dans le vent tranchant des dunes
    ne me laisse pas mourir

    si tu m'aimes.

     

    .

     

    ANNE MARGUERITE MILLELIRI

     

    .

     

    RAOUL UBAC

    Photographie Raoul Ubac

     


    0 0


    0 0

    Le désespoir même s’est lassé désormais
    de rejouer la partie que je perds toujours
    où il m’attend sans surprise
    embusqué au bord du chemin
    pour m’offrir un moment sa compagnie glacée
    et s’éloigne
    laissant entre nous la distance de son ombre
    qui porte encore mes pas jusqu’au grand vide
    dans l’abîme des rêves sans lumière
    que n’éloigne plus le signe précaire de l’Aube
    tremblant au fond du chemin.

     

    .

     

    DELPHINE POPOVIC

     

    .

     

    bernard liegeois

    Photographie Bernard Liégeois


    0 0
  • 11/24/17--13:27: J'ATTENDS TA VOIX

  • J'attends ta voix
    Qui rompe le silence
    Je t'attends toi
    Qui brise l'absence.

    Dans ma solitude
    Je répète ton nom
    A ma lassitude
    Je sais mon abandon.

    Au seuil du désespoir
    Je mesure ma tristesse
    A l'aune de mon espoir
    Je te tais ma détresse.

    Toi l'enfant de ma chair
    Tu m'as oubliée
    Moi ta mère amère
    Au désamour, condamnée.

     

     

    .



    PALOMA GUERAN

    .

     

    solitude

     

     


    0 0
  • 11/27/17--01:46: LE PAYS PERDU...Extrait
  • Ne laisse pas le Passé
    blesser de son poids mort
    les ailes de l'instant
    ne déchire pas le pacte
    de sa page blanche
    ne renie pas son envol
    même si un ange
    devait forcer ton passage
    vers le rêve aboli.

    Ne laisse pas le Passé
    briser sous son poids neutre
    les chances de l'instant
    ne déchire pas le pacte
    de son envol vivant
    ne détourne pas son envol
    même si un ange
    devait empêcher son passage
    vers le pays oublié.

     

    .

     

    ALAIN SUIED

     

    .

    Anne Wipf,

    Photographie © Anne Wipf


    0 0

    ....


    Il y a une parole confiée au silence, que l'ombre nous transmet. Une parole d'effacement qui est parole de tendresse. Peut-être pourrions-nous aussi parler de bonté. Lavis d'ombre sans que soit raturée cette lumineuse coulée qui la contient. Mais plus proche de notre dénuement. Je crois à cette parole d'ombre. Elle n'est pas jeu de lumière ou de solitude mais ce que nous pouvons comprendre d'un dialogue qui se fait, qui se défait en nous. A chaque instant. Car nous ne pouvons comprendre que l'ombre. La brisure de l'éclat.

     

     

    .

     

    PIERRE-ALBERT JOURDAN

     

    .

    ubac6,

    Photographie Raoul Ubac


    0 0

    Un arbre et puis un arbre et puis
    le froid

    je ne veux plus que cet aveugle
    me guide

    comme on est seul
    quand on marche depuis toujours

    un arbre et puis
    pas même un arbre, une distance

    d’autres, je les aimais,
    sont loin.

     

    ....

     

     Qu’il réveille les anges, ce cri qui ne cesse pas...

     

    .

     

    CLAUDE ESTEBAN

     

    .

     

    Cold_forest


    0 0
  • 11/28/17--10:34: UN ENFANT
  • Où attend celle qui t’a mis au monde,
    Comment sourit celle qui t’a bercée,
    Qui a enroulé flottante une feuille
    Autour de ton bourgeon,
    Qui t’a jeté dans la douleur et la terre
    Hors de replis de son sein,
    Qui a eu le droit de te boire avec ses lèvres
    Et de tenir avec ses yeux ?

    Pour toi le jardin, des fruits le plus chéri, est suspendu
    Aux arbres de son matin.
    Ô suavité ! Ô jalousie !
    Ôécume des ruisseaux blonds
    Autour du vallon herbeux et du foyer radiculaire
    Vers la lointaine fosse ténébreuse !
    Ô filet à billes et dada
    Dans un habitacle de cloches !

    Comment veux-tu t’appeler : rien dans le tout
    Et humain de la meute humaine,
    Un sautillement pour ta balle en caoutchouc,
    Une plaisanterie pour ton Dieu ?
    Qu’es-tu ? Faisan doré.
    Qu’es-tu ? Guêpe de fleurs.
    Qu’es-tu ? Soleil pissenlit.
    Qu’es-tu ? Un jeune tremble.

    Ta vie est une toupie,
    Elle a des bords rouges et verts,
    Tu la frappes avec ton fouet
    A travers cent pays riches
    Jusqu’à notre rue, vieille bougonne ;
    Avec des fenêtres qui s’aveuglent ;
    Alors elle bondit dans la fente entre les pavés
    Et elle devient immobile.

     

     

    .

     

     

     

    GERTRUD KOLMAR, Rêves de bêtes 

    Tradution  Fernand Cambon

     

    .

     

    philomena famulok2,

    Photographie Philoména Famulok


older | 1 | .... | 139 | 140 | (Page 141) | 142 | 143 | .... | 183 | newer