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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 12/16/17--10:12: CEREMONIES D'EXIL...Extrait
  • il faut écrire

    pour découdre la bouche

    dans nos cicatrices
    dorment des miroirs

    je suis 
    où cessent les mots

    dans la blessure silencieuse
    qui nous appelle avec des larmes

    je suis né
    dans l'absence des mots
    le ressac et l'oubli
    conjurés par les pierres

     

    ! DIAMON~11

     

     

    MICHAEL GLÜCK

    ! DIAMON~11

     

     

    ecriture

     

     

    .


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  • 12/16/17--10:30: CHANSON DANS LE VENT
  • J'ai découvert un grand rêve de souvenirs

    Les fleurs m'appellent, les fleurs ont des odeurs de femmes
    Les yeux des fleurs se colorent de larmes

    Les pensées vont et viennent autour de moi

    Le vent change parfois de chanson
    Le temps change parfois de manteau
    Les fleurs parlent toujours

    J'ai ma maison dans un coin de ciel

    Tombé malade au milieu des fleurs
    Ce soir-là, comme la vie est infinie
    Je me promène dans la lune

     

     

    ! DIAMON~11

     

    Jean-Pierre DUPREY

    1946

     

    ! DIAMON~11

     

     

    thami2,

    Photographie Thami Benkirane

    http://benkiranet.aminus3.com

     

     

     


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  • 12/16/17--12:57: POUVOIR TOUT DIRE...
  • Tout dire les rochers la route et les pavés

    Les rues et leurs passants les champs et les bergers
    Le duvet du printemps la rouille de l'hiver
    Le froid et la chaleur composant un seul fruit

    Je veux montrer la foule et chaque homme en détail
    Avec ce qui l'anime et qui le désespère
    Et sous ses saisons d'homme tout ce qu'il éclaire
    Son histoire et son sang son histoire et sa peine

    Je veux montrer la foule immense divisée
    La foule cloisonnée comme en un cimetière
    Et la foule plus forte que son ombre impure
    Ayant rompu ses murs ayant vaincu ses maîtres

    La famille des mains la famille des feuilles
    Et l'animal errant sans personnalité
    Le fleuve et la rosée fécondants et fertiles
    La justice debout le bonheur bien planté

    Le bonheur d'un enfant saurai-je le déduire
    De sa poupée ou de sa balle ou du beau temps
    Et le bonheur d'un homme aurai-je la vaillance
    De le dire selon sa femme et ses enfants

    Saurai-je mettre au clair l'amour et ses raisons
    Sa tragédie de plomb sa comédie de paille
    Les actes machinaux qui le font quotidien
    Et les caresses qui le rendent éternel

    Et pourrai-je jamais enchaîner la récolte
    A l'engrais comme on fait du bien à la beauté
    Pourrai-je comparer le besoin au désir
    Et l'ordre mécanique à l'ordre du plaisir

    Aurai-je assez de mots pour liquider la haine
    Par la haine sous l'aile énorme des colères
    Et montrer la victime écrasant les bourreaux
    Saurai-je colorer le mot révolution

    L'or libre de l'aurore en des yeux sûrs d'eux-mêmes
    Rien n'est semblable tout est neuf tout est précieux
    J'entends de petits mots devenir des adages
    L'intelligence est simple au-delà des souffrances

    Comment saurai-je dire à quel point je suis contre
    Les absurdes manies que noue la solitude
    J'ai failli en mourir sans pouvoir me défendre
    Comme en meurt un héros ligoté bâillonné

    J'ai failli en être dissous corps cœur esprit
    Sans formes et aussi avec toutes les formes
    Dont on entoure pourriture et déchéance
    Et complaisance et guerre indifférence et crime

    Il s'en fallut de peu que mes frères me chassent
    Je m'affirmais sans rien comprendre à leur combat
    Je croyais prendre au présent plus qu'il ne possède
    Mais je n'avais aucune idée du lendemain

    Contre la fin de tout je dois ce que je suis
    Aux hommes qui ont su ce que la vie contient
    A tous les insurgés vérifiant leurs outils
    Et vérifiant leur cœur et se serrant la main

    Hommes continuement entre humains sans un pli
    Un chant monte qui dit ce que toujours on dit
    Ceux qui dressaient notre avenir contre la mort
    Contre les souterrains de nains et des déments.

    Pourrai-je dire enfin la porte s'est ouverte
    De la cave où les fûts mettaient leur masse sombre
    Sur la vigne ou le vin captive le soleil
    En employant les mots de vigneron lui-même

    Les femmes sont taillées comme l'eau ou la pierre
    Tendres ou trop entières dures ou légères
    Les oiseaux passent au travers d'autres espaces
    Un chien familier traîne en quête d'un vieil os

    Minuit n'a plus d'écho que pour un très vieil homme
    Qui gâche son trésor en des chansons banales
    Même cette heure de la nuit n'est pas perdue
    Je ne m'endormirai que si d'autres s'éveillent

    Pourrai-je dire rien ne vaut que la jeunesse
    En montrant le sillon de l'âge sur la joue
    Rien ne vaut que la suite infinie des reflets
    A partir de l'élan des graines et des fleurs

    A partir d'un mot franc et des choses réelles
    La confiance ira sans idée de retour
    Je veux que l'on réponde avant que l'on questionne
    Et nul ne parlera une langue étrangère

    Et nul n'aura envie de piétiner un toit
    d'incendier des villes d'entasser des morts
    Car j'aurai tous les mots qui servent à construire
    Et qui font croire au temps comme à la seule source

    Il faudra rire mais on rira de santé
    On rira d'être fraternel à tout moment
    On sera bon avec les autres comme on l'est
    Avec soi-même quand on s'aime d'être aimé

    Les frissons délicats feront place à la houle
    De la joie d'exister plus fraîche que la mer
    Plus rien ne nous fera douter de ce poème
    Que j'écris aujourd'hui pour effacer hier .

     

     

    ! DIAMON~11

     

     

    PAUL ELUARD

     

     

    ! DIAMON~11

     

     

    Juan_Romero

    Oeuvre Juan Romero

     


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  • 12/16/17--14:58: NICOLAS DIETERLE
  •  ma phrase ne se brise plus contre aucune terminaison hâtive, désobligeante Elle coule généreusement, elle s'épanche dans un lit bordé par les falaises protectrices des majuscules La mesquinerie du point, cet avare, n'est plus de mise 

     

    ...


     j'ai supprimé le point final devant chacune de mes phrases pour que rien n'arrête la suspension mouvante, grisée, à la fois funambule et précise, de mes mots alignés Amoureusement liés, ils forment une lente fumée bleue qui se dissipe et se renouvelle sans cesse .

     

    ! DIAMON~11

     

    NICOLAS DIETERLE

     

    ! DIAMON~11

     

    sarolta-ban-surreal-

    Oeuvre Sarolta Ban


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  • 12/18/17--07:58: UNE FEMME M'ATTEND
  • C'est moi, femme, je vois mon chemin ;

    Je suis austère, âpre, immense, inébranlable, mais je t'aime ;
    Allons, je ne te blesse pas plus qu'il ne te faut, 
    Je verse l'essence qui engendrera des garçons et des filles dignes de ces Etats-Unis ; j'y vais d'un muscle rude et attentionné,
    Et je m'enlace bien efficacement, et je n'écoute nulles supplications, 
    Et je ne puis me retirer avant d'avoir déposé ce qui s'est accumulé si longuement en moi, 
    A travers toi je lâche les fleuves endigués de mon être,
    En toi je dépose un millier d'ans en avant, 
    Sur toi je greffe le plus cher de moi et de l'Amérique, Les gouttes que je distille en toi grandiront en chaudes et puissantes filles, en artistes de demain, musiciens, bardes ; 
    Les enfants que j'engendre en toi engendreront à leur tour, Je demande que des hommes parfaits, des femmes parfaites sortent de mes frais amoureux ;
    Je les attends, qu'ils s'accouplent un jour avec d'autres, comme nous accouplons à cette heure, Je compte sur les fruits de leurs arrosements jaillissants, comme je compte sur les fruits des arrosements jaillissants que je donne en cette heure.
    Et je surveillerai les moissons d'amour, naissance, vie, mort, immortalité, que je sème en cette heure, si amoureusement.

     

     

    ! DIAMON~11

     

     

     WALT WHITMAN

    .

     

    .

    ! DIAMON~11

     

     

     

    P

     Oeuvre Paul Sieffer


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  • 12/18/17--13:53: CONSTANCE DES OISEAUX
  • Saisons des dormances
    Et nous passons
    Dans le silence ascendant des arbres
    Ombres sans ombre au soleil frugal
    En cette veille
    Même si tu doutes de la lumière
    Les oiseaux dépêchent l’aube freinée d’hiver
    Ecoute-les
    Etourneaux pinsons mésanges
    Chantent l’étoile tardive et le retour des couleurs
    Et demain comme en cette veille
    Leurs cœurs rapides éloigneront l’obscurité

     

    ! DIAMON~11

     

    GHYSLAINE LELOUP

     

    ! DIAMON~11

     

    inconnu

    Artiste ?


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    L’écoute du monde intérieur

    nous ferait parvenir
    à cette simplicité sans limites
    de pouvoir rêver grand
    dans les petites heures du temps ordinaire

    avec la faiblesse de croire
    que dans le plus dénué
    il resterait encore
    cette part de ciel et d’amour
    qui qualifie la vie

    .

     

    ! DIAMON~11

     

    .
    .
    GILLES BAUDRY
    .
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    ! DIAMON~11
    .
    .

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  • 12/20/17--10:56: SUR LES CLAVIERS
  • Sur les claviers, dans la désespérance des utopies,
    je sculpte des mots d'espoir et de larmes sur des avenirs d’enfants.
    Sur des papiers aphones, je griffonne ce terminal de l'âge
    où la raison se perd dans l'effacement des chemins.

    Assis sur les certitudes d'un vieux monde
    qui renie ses crimes, vend ses pesticides,
    rejette son carbone et marchande la misère,
    je calligraphie des cris de sang.

    Je sonne le tocsin quand l'élite vomit son indifférence triomphante
    alors que dans nos rues et ailleurs, le froid, la faim et le non-droit
    laissent des corps sans vie le long des routes.

    Je pleure car les enfants, les femmes, et les hommes esclaves
    sont toujours trop loin pour toucher les consciences.
    J’écris, quand Noël arrive, sur un monde qui cherche sa route.

    .

     

    ! DIAMON~11

     

     

    JEAN-MICHEL SANANES

     

     

    ! DIAMON~11

     

    misere

     


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  • 12/20/17--11:10: ERNEST PEPIN

  • Je t’envoie une lettre
    Que l’écume des mers a brodé
    Une lettre souveraine
    Née des racines du cœur
    Et de la parure de ton regard de femme
    Une lettre titubante
    Qui s’accroche à nos souvenirs
    Enorme coulée du vivre
    Quand le vivre se fait chair de lumière
    D’errance en errance
    Jusqu’au coquillage premier
    Qui chante dans tes yeux
    Là où je ne suis pas

    Ou sur les nuits blanches quand tes lèvres s’exilent
    Dans l’allaitement des étoiles
    Je t’envoie une lettre écrite sur un papier cadeau

    Un seul amour l’habite
    Au carrefour de nous-mêmes
    Une lettre phosphorescente
    Qui scintille à l’heure des orchidées
    Et qui tourne comme un derviche
    Pour guérir les îles vagabondes
    Je n’ai pu créer des images
    Ni tracer des frontières
    Mes mots ont uni toute chose au-delà de moi-même
    Le sel de l’origine
    L’argile âpre des rêves
    La foudre et l’éclair du sang
    Et la promesse des fiançailles
    Je suis le chant sans équivoque
    Ce feu et ce lieu
    Qu’aucun printemps n’a pu définir
    Ma patrie est faite de rires tièdes
    Qui inventent l’espace qui nous manque
    De caresses de nuages gonflés de ton ombre
    D’appels qui vont boire au sein
    Je t’envoie une lettre de cérémonies
    Une lettre de frôlement
    Une lettre peinte sur l’écaille des tortues
    Où s’aventurent l’ombre et la lumière
    Paroles en pointillé
    Cavalcades de pensées
    Fourche des rêves au galop
    Mémoire des désirs
    Je t’envoie une lettre de miroirs silencieux
    Une lettre qui chevauche l’océan des reins
    A la manière d’un oiseau migrateur
    Cherchant le triangle obscur et le vertige sacré
    Il n’y a à lécher que la surface du jour
    Avec la symphonie des algues
    Chevillée à ma lettre comme un troupeau de tisons

     

    ! DIAMON~11

     

     

     

    ERNEST PEPIN

     

    ! DIAMON~11

     

     

    lettre


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  • 12/21/17--09:33: RAYMOND FARINA...Extrait
  • ...

     

    Tu as au bout des doigts l'aurore
    & tout commence à leur contact
    De chacun de tes mots
    de chacun de tes gestes
    tu sors plus jeune qu'un désert
    surpris par ton dernier visage
    dans l'instant percutant
    où tu n'as plus qu'étoile en tête
    que fraîcheur en mémoire

    Possible que demain t'élève
    tout ce qui t'avait avili
    Possible que deviennent
    ferment de force ta faiblesse
    ferment de beauté ta démence
    & la mort occasion de naître

     

    ! DIAMON~11

     

     

    RAYMOND FARINA

     

     

    ! DIAMON~11

     

     

     

    Sarolta_Ban_92,

    Oeuvre Sarolta Ban


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    Il neige de blancs silences 
    sur la mer. Elle
    tout à ses ressacs conjugue et
    ressasse la morte caresse des glaces.

    La mâchoire des brisants 
    déchiquette encore les souvenirs 
    enfouis : 
    mots-squelettes d'épaves 
    peuplées d'échos de voix 
    et de poissons volants,
    d'ombres passantes hantant les rêves.

    Il y a aussi ce chant 
    qui jamais ne finit
    ce chant de haute mer -- de haut Amour.

    Il y a surtout ce chant de haute mer :

    loin des amers 
    c'est la caresse du soleil 
    sur sa peau serpentine,
    le grésil rieur d'éclats d'étoiles, 
    broderie d'or et de nuit
    à sa robe ultramarine.

    Il y a écrit sur la mer
    ces mots d'écume et de vent --
    ce chant de haut Amour.

     

    ! DIAMON~11

     

     

    ANNE MARGUERITE MILLELIRI

     

     

    ! DIAMON~11

     

     

    mer2

     

     

     

     

     


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    Agnès Schnell...Deux ans déjà 

     

    .

    Je me souviens....

     

    Pieds nus dans le songe

    dans la fraîcheur de son eau

    la main ferme de l'aîeul

    le village encore assoupi

     

    les mots d'ailleurs lourds en bouche

    le sourire de l'ancêtre

    et le gris des jours

    s'installe en mode effacé....

    L'enfance

    telle une offrande

    en rouge soleil.

     

    ...

     

    C'était une saison aux rives incertaines

    une saison sans rambardes

    où l'infini côtoyait le banal.

     

    En gouttes d'encre

    on partageait l'intime.

     

    On avait nos rêves pour seul appui.

     

    ...

     

    Il n'y avait rien

     

    rien à palper

    sinon ces écarts

    que nous nous imposions

    pour camoufler nos écorchures

     

    il y eut ces couleurs mêlées

    ce fourmillement

    ce coude à coude indécent.

     

    Alors vint la nuit minérale

    qui nous rendit durs et affamés.

     

    En nos limites

    nous étions trop penchés

    sur nos contradictions.

     

    Enfance mille-feuilles

    aux pollens dorés

    aux rêves extrêmes.

     

    On suivait du doigt

    nos sauvageries

    on labourait l'air et l'eau

    on semait l'infini...

     

    Nos chants rythmaient

    au fond de nos gorges

    un tourbillon de guêpes vibrantes.

     

    ...

     

    Désormais

    nous nous traînons sur une seule aile

    nous partageons nos frénésies de ruches

    et toutes ces choses vaines

    qui nous retardent.

    Nos souvenirs de sève


    de nos mots arrachés

    l'ombre dure sur le jardin

    les rituels de l'enfance...

    La densité de la nostalgie

    masque l'instant.

     

     

    ! DIAMON~11

     

     

     

     AGNES SCHNELL

     

     

    ! DIAMON~11

     

     

    FRUITS SAUVAGES

     


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  • 12/22/17--08:01: LES CHOSES FAITES...Extrait
  • "Les mots s'en vont dans ton souffle et ton souffle dans le courant venu par l'ouverture. Est-ce bien le bruit d'une main qui glisse sur de la peau ou le seul frottement des mots sur l'air? Rien n'a besoin d'être su. La certitude est immobile est 
    lointaine.

    La vie est son jouet cassé. "

     

     

    ! DIAMON~11

     

     

     BERNARD NOËL

     

     

    ! DIAMON~11

     

     

     

    thami,

    Photographie Thami Benkirane

    http://benkiranet.aminus3.com

     

     

     

     

     

     


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  • 12/22/17--08:39: SCHUBERT - SERENADE -

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  • 12/22/17--11:56: J'AI TANT RÊVE
  • J'ai tant rêvé 
    De pouvoir voler bien au delà du soleil 
    D'être toujours comme un enfant qui s'émerveille 
    Oh oui! J'ai tant rêvé
    J'ai tant cherché 
    À remonter jusqu'à la source du bonheur 
    À comprendre pourquoi soudain battait mon cœur 
    Oh oui! J'ai tant cherché
    J'ai tant voulu connaître
    Le pourquoi, le comment 
    J'ai voulu retrouver tous mes rêves d'enfant
    Je n'ai jamais compris 
    Pourquoi il faut
    Grimper si haut
    Pour voir sa vie
    J'ai tant connu 
    Tous ces matins 
    Qui n'ont ni rime ni raison 
    Tous ces demains qui n'osent pas dire leur nom 
    Pourquoi l'amour
    S'éteint toujours au fond du cœur?
    J'ai tant connu
    Tous ces matins qui n'ont ni rime ni raison 
    Tous ces demains qui n'osent pas dire leur nom 
    J'ai voulu voir, j'ai voulu croire 
    J'ai tant rêvé
    .
    .
    ! DIAMON~11
    .
    .
    HENRI SALVADOR
    .
    .
    ! DIAMON~11

     

     .

     

     


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    La roche ruisselle         De profonds sillons 
    dévoilent à nue l'empreinte des Titans
    Et monte des millénaires un pérennel plain-chant 
    La vie s'écoule      comme l'eau claire chantonne 
    Son cours apaisé accomplit
    fidèlement les desseins du printemps 
    Ainsi du cycle tutélaire des choses invisibles
    que la mer ravit  et rend indéfiniment à la beauté 

     

    Une terre ocreuse que le couchant safrane
    Des arpents parcourus de vignobles antiques 
    et sains          lentement ouvragés
    dont le pampre   en automne       exalte les astres 
    fascine l'azur des hommes de pierres      jadis nommés 
    là où cols     estives et sommets           délinéent sans fin 
    métamorphoses et fantasmagories minérales

     

    Je me suis rendu à l'orée d'un vaste domaine
    Ressouvenance          Remembrance 
    Il me parvint alors de lointaines fragrances boisées
    Le torrent se révélait odoriférant
    enfin revenu d'un été torride 
    des morsures d'une terrible sécheresse

     

    Rien n'aurait donc changé         depuis les alpages
    dont on devine encore       vers les combes 
    les sentes égarées 
    les joyaux de la transhumance
    un havre de sources obombrées

     

    Des hommes sont revenus de leur passé
    Ils ont recouvré la mémoire      avec l'outil 
    puis réhabilité l'art ancestral des vignerons 
    Aux pieds du château         du village médiéval
    rebâtir ce qu'il restait de l'ancien vignoble
    le chai       les dépendances en ruines        devint vital 
    Les fûts de châtaigner qui débondaient 
    le nectar rouge garance des origines 
    furent remplacés par de nouvelles cuves de chênes 
    Et les cépages auront été passionnément mariés 
    comme on créa de sibyllins mélanges affolant les sens
    La terre fut toute essence                 si riches de senteurs     haute en couleur dans la mer

     

    Les saisons     lentement        vont caressant les desseins 
    des vendanges          réveiller les sucs du noble terroir
    Le vin est tiré            la récolte tiendra ses promesses 
    pour le solstice d'hiver        Et la lumière jaillira 
    des vrilles de la vigne 
    des branches torses ployant sous la grappe mûre 
    gorgée de fruits
    Quel plus beau pacte d'alliance         L'amour en rêve 
    l'amour songe et délire 
    emporté dans le tourbillon des saveurs enchantées

     

    Mon âme  ici-bas       d'entre toutes les nourritures terrestres
    se joint un moment à la symphonie pastorale 
    ressuscitant à jamais le premier baiser à l'aimée
    Que ma Lyre     immensément humble       renaisse 
    à l'alme fougue de nos caresses       ivre et tant aimante 
    Qu'à ce délectable breuvage nous versions dans l'oubli
    comme aux léthéennes retrouvailles des oliviers 
    Rompons à la solitude des ans     privés des entraves 
    et des liens douloureux du sang et du parjure

     

    Il est des jours      des années qui vont en enfer 
    l'attente et l'absence aux carreaux d'une vitre
    y ont laissé comme le souffle de prénoms susurrés
    Dionysos      aide-moi      Faut-il    désormais clamer 
    combien je t'aime     Je crois en l'unique verdict 
    de ton élixir 
    pour me soumettre sans frein ni entrave 
    une dernière fois        au feu numineux  du destin 
    de ton immarcessible jeunesse

     

     

    ! DIAMON~11

     

     

    CRISTIAN GEORGES CAMPAGNAC

    A lire sur

     http://marin56.canalblog.com/archives/2017/12/21/35979002.html

    Très belles photos...

     

     

    ! DIAMON~11

     

     

     

    vallée de l'ortolo

    Les orgues de la vallée de l'Ortolo, Corse du sud

     


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  • 12/24/17--04:32: LISIERES DU GIVRE...Extrait
  • Eteignez les lampes !
    Taisez les lumières !
    Si je devais faire un vœu, ce serait la chaleur
    De l’âtre un soir à la noirceur de charbon !

    Et si je devais faire un vœu, ce serait
    Que les flammes du bois de pin
    Attirent ici de nombreuses personnes, parmi lesquelles
    Serait peut-être celle que j’aimerais le plus –

    Et si je devais faire un vœu,
    Là, près du feu de l’âtre, ce serait
    Qu’une petite main apeurée
    Et cherchant dans l’ombre
    Trouve la mienne – puis ne bouge plus –

     

     

    ! DIAMON~11

     

    TARJEI  VESAAS

    (1897-1970)

     Traduction Eva Sauvegrain et Pierre Grouix

     

    ! DIAMON~11

     

    femme-avec-enfant-main-dans-la-main-

     

     


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    "Quant aux anges... ils ne viennent, quand ils viennent, que pour une seconde. Mieux vaut leur parler avec peu de mots pour avoir chance de se faire entendre. Et d'ailleurs quoi leur dire. Ils ne viennent pas en leur nom. Ils viennent au nom de la vie, ils nous apprennent quelque chose et à peine nous l'ont-ils apprise, cette chose , qu'ils repartent dans un tournoiement d'ailes.Les anges et les écrivains font le même métier, métier de plume, métier d'éclair. Mais là aussi prenons un exemple. Un exemple récent, vieux d'à peine deux mille ans. Un ange s'approche d'une jeune femme de Palestine, il lui dit bonjour, vous allez avoir un enfant, il ne sera pas de votre mari, pas d'un autre homme, ce sera l'enfant béni de dieu, au revoir. C'est, vous me l'accorderez, une annonce qui afait depuis quelque bruit. Rien de plus simple, rien de plus bref qu ces paroles : l'ange ne s'est pas embarrassé de grandes formules, de longues phrases méditatives, de théories sur la génétique ou sur la psychanalyse. Il a dit ce qu'il avait à dire. Il l'a dit simplement, ce qui ne veut pas dire : sans ombre. C'est d'ailleurs çà un ange, ce n'est rien d'autre : une parole. D'où qu'elle vienne. Une parole qui vient nous délivrer par sa simplicité, nous éclairer par son mystère.Le frôlement d'ailes d'une parole pauvre."

     

     

    ! DIAMON~11

     

    Christian BOBIN

     

    ! DIAMON~11

     

     

     

    ailes-d-anges-

     

     


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    "L'année touche à sa fin, nous entrons dans la période des fêtes et des pieuses résolutions, les magazines titrent sur les "personnalités" qui ont "fait" 2017 ou "feront" 2018, le mot "partage" est sur toutes les lèvres... Permettez-moi donc de dire en ce soir de Noël mon admiration et mes remerciements à toutes celles et tous ceux qui font vivre une certaine idée de la république, de la fraternité, de l'humanisme, à celles et ceux qui empêchent que cette idée et que ces notions ne disparaissent complètement sous le poids des égoïsmes et des peurs.

    Merci donc aux mauraudeuses et aux maraudeurs de toutes les associations qui viennent en aide aux sans abris que notre État laisse crever de froid dehors.
    Merci aux montagnards et aux montagnardes qui chaussent leurs skis pour aller secourir les migrants frigorifiés et pourchassés par les forces de l'ordre, perdus dans des Alpes si dangereuses en hiver. 
    Merci à celles et ceux qui ouvrent leurs portes aux exilés, qui distribuent des soupes, des duvets, des tentes (que les policiers volent et détruisent ensuite), qui assistent les demandeurs d'asile dans les démarches labyrinthiques que leur impose une administration obsédée par l'appel d'air, qui font le trajet de Roissy à 5h du matin pour protester contre une expulsion illégitime et parfois même illégale.
    Merci aux militants des droits humains qui se rassemblent à 30 ou 50 sur des places dont le vide illustre notre apathie pour manifester contre une guerre en Syrie qui a déjà tué, gazé, massacré 500 000 personnes, une guerre dont nous nous sommes habitués à l'horreur, menée par un régime dont nous avons accepté que les innommables et innombrables crimes paient. 
    Merci à toutes celles et tous ceux qui sortent d'eux-mêmes, de leurs meubles, de leur confort pour faire acte d'humanité sur tant d'autres sujets. 
    Merci. Je sais que c'est parfois fatiguant, usant, épuisant même, que rien n'est fait pour vous faciliter la tâche, que beaucoup d'énergie est déployée pour la compliquer au contraire. Mais continuez. Nous sommes beaucoup à vous dire merci ce soir."

     

    ! DIAMON~11

     

     

    RAPHAËL GLUCKSMANN

     

     

    ! DIAMON~11

     

     

     

    maraude_croix_rouge2

     


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  • 12/25/17--01:57: BELLES SAISONS...Extrait
  •  Crépuscules d’hivers, lampe rouge dans la nuit, vent âpre qui se lève après la chute du jour – jardin deviné dans l’air noir, rapetissé, étouffé de neige, sapins accablés qui laissiez, d’heure en heure, glisser en avalanches le fardeau de vos bras –, coups d’éventail des passereaux effarés, et leurs jeux inquiets, leur coucher dans une poudre de cristal ténue, irisée comme la brume d’un jet d’eau… Ô tous les souvenirs d’hivers, tous les noëls de mon enfance, que cette rêverie de Noël vous rende à moi ! Que mes souvenirs, avec une chute molle et silencieuse de pétales, viennent un à un remplir cette mule étroite, tombée de mon pied nu, devant un feu échevelé où ressuscite et se consume l’image d’une enfant fraîche et saine, en tablier d’escot noir, hâlée de froid, roussie de soleil, les pieds impatients dans ses sabots de frêne noirci, et qui ne connut pas les sabots de Noël !…

    ...

    Qu’il est chaud à mon cœur, encore, ce souvenir d’une fête glacée, sans autres cadeaux que quelques bonbons, des mandarines en chemises d’argent, un livre... La veille au soir, un gâteau traditionnel, servi vers dix heures, saucé d’une brûlante sauce de rhum et d’abricot, une tasse de thé chinois, pâle et embaumé, avaient autorisé la veillée. Feu claquant et dansant, volumes épars, soupirs des chiens endormis, rares paroles – où donc mon cœur et celui des miens puisaient-ils leur joie ? Et comment le transmettre, ce bonheur sans éclats, ce bonheur à flamme sourde, à nos enfants d’aujourd’hui ? 

    ...

     

     Vers décembre les enfants changeaient d’humeur, parlaient bas entre eux. Parfois ils sautaient sur place comme des chèvres, parce qu’ils pensaient à ce que Noël leur apporterait… Ou bien ils devenaient songeurs, hantés de doute, en pensant à ce que Noël ne leur apporterait pas. Petite, je pensais surtout à la nuit unique dans l’année, au trouble et à l’insomnie qui sonnait les heures. Il est difficile à un enfant d’escompter avec calme l’approche d’une félicité, même si elle se limite à un repas familial, à une veillée, à un livre neuf et des bonbons venus une fois l’an du chef-lieu. “ Je me demande, disait ma mère, pourquoi cette petite a mauvaise mine chaque fois qu’elle devrait être contente. 

    ...

     

    Sur la grande table, on a simplement poussé un peu de côté les livres à tranche d’or, le jeu de jacquet et la boîte à dominos, pour faire place au gâteau arrosé de rhum et au vieux frontignan décoloré… Il y a aussi le thé de Chine, qu’on me permet cette nuit-là, qui me tient éveillée et le cœur battant vite, jusqu’au jour. Il y a encore la chatte aux trois couleurs, affairée, miaulant de gourmandise, et que la jolie voix de ma mère appelle d’un long cri musical : ‘‘Mînne !’’ Il y a, partout, le chaud désordre d’une maison heureuse, livrée aux enfants et aux bêtes tendres…

     

    ! DIAMON~11

     

     

     

    COLETTE

     

     

    ! DIAMON~11

     

     

    noel2


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