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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 02/15/18--08:39: QUE LA VIE ME PARDONNE

  • La vie…

    La vie est une orange mûre et bigarrée

    Un présent que l’on ne finit pas d’ouvrir

    Une mémoire d’autres vies

    Une enfance qui tourbillonne vers sa lumière

    J’ai habité un nuage

    Et j’ai tellement voyagé que j’ai avalé le noyau du monde

    Je n’avais que mon cœur pour monture

    J’ai pansé le soleil

    Rendu hommage aux femmes nues

    La vie m’a toujours tout donné

    Des pépites d’amour

    Des cimetières de rêves

    Des sanglots

    Des naufrages

    Et des torrents de rires

    Ainsi soit-elle

    Ma parole a usé les miracles

    Elle a aussi recyclé les arcs-en-ciel

    A force de souffler sur les braises d’amour

    Toute vie est une faille

    Un arbre que l’on plante dans sa propre chair

    Dans la plus belle des solitudes

    Mais il y a pire

    Il y a ceux qui souffrent

    Ou qui meurent de vivre

    Qui remontent à la source au-delà du malheur

    Peut-être faut-il aimer le présent

    Ouvrir le cadeau

    Et demander l’hospitalitéà la vie

    Où est la maison du rêve

    Nous la construisons chaque soir sous l’éclat des paupières

    Mais le rêve ne nous attend pas

    La vie est trop pressée de vivre pour attendre

    L’oiseau court après son chant

    Et moi je cours après mon ombre

    Je n’ai jamais douté de l’ombre

    Cette part fidèle de l’errance

    Aux dernières nouvelles

    Demain remontera de la nuit

    Comme un seau sort du puits

    Il y aura de l’eau pour toutes les soifs

    Et de l’amour à boire

    Aux dernières nouvelles

    Il y aura des indignés sur les places publiques

    On parlera au printemps

    On réveillera le feu

    L’amour applaudira

    Je veux de cette vie là

    Je veux de la rosée des mots

    Je dis à ma vie qu’elle est tambour

    Une résistance à l’affût

    Une mer en manœuvre de beauté

    Voici ma vie

    Je la suis ou je la précède

    J’emprunte une oasis cosmique

    J’emprunte un nom de guerre et d’amour

    J’emprunte un monde boiteux

    J’emprunte tout y compris ma peau d’homme

    Et je vis

    Avec vous

    Parmi vous

    Comme un mendiant heureux de respirer

    Le monde a une odeur de mère

    J’habite ma mère

    Je vis…

    Comme l’arbre hisse sa voile

    Comme l’abeille polit son miel

    Je vis…

    Sans raison de vivre

    Par la femme qui porte ses seins comme un bouquet

    Par le vent qui m’enlace sans m’étouffer

    Par la poésie qui me souffle d’aimer

    Que la vie me pardonne

    Que la vie me pardonne

     

    .

     

     

    Ernest Pépin

    Faugas/Lamentin

    21 décembre 2011

     

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    elisabeth guilhem3

    Oeuvre Elisabeth Guilhem

    http://cmourey.blogspot.fr/2015/09/dans-latelier-echange-avec-elisabeth.html


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  • 02/15/18--11:03: GEOLOGIE...Extrait
  • Parfois je me réveille avec un goût d’écorce
    en bouche, un goût qui vient de la montée des sèves.
    Peut-être ai-je connu un grand bonheur là-haut
    et dormi dans la cérémonie des branchages
    quand se faisait l’accouplement des eaux du ciel
    après l’hiver velu dans le tronc paternel.
    Peut-être dans l’enfance ou sa vaine poursuite
    peut-être en ce délaissement de la lumière
    ai-je entendu cela qui me dit à voix basse :
    n’espère plus. Tiens-toi ferme dans le silence.
    Alors de rien, ainsi qu’un saut de truite à l’aube
    je bondirai dans l’espérance, un bel instant.
    Peut-être étant sorti du cercle de la lampe
    dormeur, ai-je touché la trame de la nuit.
    Peut-être ai-je entendu celle qui m’a guidé
    depuis l’eau tendre et maternelle, par les fleuves
    du temps griffu, vers le lieu où l’on doit se rendre,
    disant : il ne faut plus vouloir. A quoi bon !
    Être ou vouloir, telle est la question qui se pose

     

     

    .

     

     

    HENRY BAUCHAU

    1913-2012

     

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    ARBRE

     

     


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  • 02/15/18--11:44: CITADELLE...Extrait
  • Tu ne sais pas, leur disait-il, ce qu’est un arbre. J’en ai vu un qui avait poussé par hasard dans une maison abandonnée, un abri sans fenêtres, et qui était parti à la recherche de la lumière. Comme l’homme doit baigner dans l’air, la carpe doit baigner dans l’eau, l’arbre doit baigner dans la clarté. Car planté dans la terre par ses racines, planté dans les astres par ses branchages, il est le chemin de l’échange entre les étoiles et nous.


    Cet arbre né aveugle, avait donc déroulé dans la nuit sa puissante musculature et tâtonné d’un mur à l’autre et titubé et le drame s’était imprimé dans ses torsades. Puis ayant brisé une lucarne dans la direction du soleil, il avait jailli droit comme un fût de colonne , et j’assistais, avec le recul de l’historien, aux mouvements de sa victoire.

    … 

     

    .

     

     

    ANTOINE DE SAINT-EXUPERY

     

     

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    MAISON

     


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  • 02/17/18--03:55: SYBILLE PERSE...Extrait
  •  

    O villes d'Orient, Ninive aux jardins suspendus,

    Babylone drapée de pourpre, Ecbatane superbe,

    Persépolis éblouissante de marbres, toutes je vous connus

    quand j'errais dans la plaine entre les deux fleuves,

    voyant les péchés de vos rois

    et lisant dans le ciel le châtiment

    qui devait s'ensuivre .

    Mais ce ciel était si cristallin

    qu'en le contemplant,

    en dépit de tant de signes à l'évidence néfastes,

    je ne me sentais pas inquiète .

    L'avenir me paraissait déjà comme un lointain passé,

    une douleur fanée pacifiée par les siècles;

    l'attente comme la mémoire : toutes les deux légères

    comme le bruissement d'une haie dans la nuit,

    pli mince sur le vent - et le vent comme un fleuve

    plus vaste que l'Euphrate, emportant tout

    vers un invisible delta .

    Je regardais les étoiles lumineuses se suspendre

    aux rameaux obscurs du ciel, la lune mûrir

    comme un fruit argenté avant de se réduire

    à un fruit d'ombre .

    Prodigieux était l'ordre naturel des choses,

    d'avantage qu'une folle comète

    apparaissant soudain ou que des pierres incandescentes

    tombant du ciel sur la terre

    en m'inspirant mes prophéties .

    A l'instant même où je les prononçais

    pour ceux qui m'écoutaient effarés, je restais consciente

    de cette première et ultime nuit inviolable

    dans laquelle tombe éternelle la rosée,

    s'élève le chant des grillons, bruissent les feuilles

    au vent, tandis que la lune et les étoiles accomplissent

    leur course .

    Je l'accueillais encore

    et d'elle m'enveloppait dans une région intacte

    de l'âme, par delà l'amertume

    de l'homme auquel j'annonçais le destin

    de ses royaumes éphémères .

     

    .

     

     

    MARGHERITA GUIDACCI

    Traduction Raymond et Bruno Farina

     Extrait de Liber Fulguralis, Collection La mela stregata,

    Faculté du Magistère, Université de Messine, 1986

    .

    NINIVE

    Ninive


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  • 02/17/18--04:07: LE SEUIL
  • L'âme frissonnante de froid

    (dehors ce serait le geste
    de qui se blottit dans son manteau)
    nous hésitons sur ce seuil vide
    (faut-il entrer ? faut-il fuir ?)
    avec la sensation d'être épiés,
    dès que nous tournons le dos
    par une oeillade, furtive, 
    décochée depuis un rideau ou un abat-jour,
    prompte à se retirer comme une lame
    de canif se refermant en un déclic.

    Qui nous attend et pourquoi ? Viendra-t-il à notre rencontre
    en hôte amical
    pour nous conduire à son feu à sa table ?
    Ou jaillira-t-il de l'ombre pour nous saisir aux poignets
    et nous étouffer de chaînes ?

    Déchirant la trame des minutes,
    brouillant les images,
    le vent règne
    désormais sur tout :
    un vent innombrable
    affole les girouettes,
    disperse nos pensées
    jusqu'à l'orée de l'enfance,
    jusqu'aux visions encore plus confuses
    d'un futur qui ne parvient pas àéclore.

    Nous sommes ici (y resterons-nous toujours ?)
    cloués devant un seuil
    que nous n'osons franchir ou quitter :
    incertains du choix
    et de la possibilité même de choisir.
    Mais qu'est-ce donc qui importe là où nous sommes,
    si, étant, ce que nous sommes,
    nulle part nous ne connaissons la paix.

     

     

    .

    Rabbrividendo di freddo
    dentro l'anima
    'fuori sarebbe il gesto
    di chi si stringe in un mantello)

    esitiamo su questa soglia vuota
    (meglio entrare ? fuggire ?)
    col senso di qualcuno che ci spia,
    dell'occhiata che scocca
    da una tenda o un paralume, furtiva,
    pronta a guizzare indietro come lama
    di temperino che a scatto si chiude
    appena ci voltiamo.

    Chi ci attende e perché ? Ci verrà incontro
    come un ospite amico
    per guidarci al suo fuoco, alla sua mensa ?
    O balzerà dall'ombra per afferrarci ai polsi 
    e soffocarci di catene ?

    Ora su tutto
    domina il vento
    lacerando la trama dei minuti,
    scompigliando le immgini :
    un vento innumerevole
    che fa impazzire le banderuole
    e sperde i nostri pensieri
    fino agli orli confusi dell'infanzia
    e alle visioni ancora più confuse
    d'un futuro che non riesce a sorgere.

    Noi siamo qui (vi staremo sempre ?)
    inchiodati davanti ad una soglia
    che non osiamo varcare o lasciare :
    incerti sulla scelta
    e sul potere di compierla.
    Ma cosa importa dove siamo
    se, essendo quel che siamo,
    in nessun luogo ci sentiamo salvi ?

     

     

    .

     

     

    MARGHERITA GUIDACCI

    Traduction Philippe Di Meo

     

     

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    guidacci

     

     

     

     

     


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  • 02/17/18--04:27: L'EXODE....Extrait
  • " Poème ! Quelle dérision ! Et cependant il y a plus dans l'humble expérience de la poésie liée au quotidien (et le mot implique ici regard, action, Évangile) que dans cent mille ordinateurs. Allons, vous aussi, « maîtres » de la foi, comme David buvez au torrent et redressez la tête, au lieu de vous laisser entraîner dans la dérive de ce temps, acharnés à vos disputes.

    En ce sens la poésie est conversion. Enfin voir de son propre regard, entendre, parler sa parole pleine. Conversion à l'amour sans domination. A l'humanité des hommes, à leur liberté. Qu'est-ce qu'une spiritualité, une foi qui ne seraient pas poétiques, c'est-à-dire éveil, action, création ?
    Mais vous êtes tous poètes. J'écris pour n'importe qui. Faut-il le redire ? Pourquoi voulez-vous demeurer ces bêtes de somme poussées vers les abattoirs ?
    Ce langage voudrait suggérer qu'il existe une spiritualité liée au sensible, une résonnance, une corporéité de la parole, et que ce qui manque à la communion chrétienne ce ne sont ni les idées ni l'obéissance, c'est de la *chair spirituelle*, un support au sacrement. 
    Quel long oubli ! Quelle logomachie idéologique et archéologique vous a détourné du corps sensible spirituel ! "

     

    .

     

    JEAN SULIVAN

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Sulivan

     

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    chair spirituelle


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  • 02/17/18--04:35: DEVANCE TOUT ADIEU...Extrait
  • "Vivre c'est aller d'une sagesse confuse à une nouvelle sagesse conquise. Mais sur cette route, sans cesse tenté par l'art et la littérature comme par le jeu d'une pensée claire sournoisement adossée à la peur et qui se construit un univers logique et efficace contre le malheur, il me semble avoir toujours été déchiré : ce doit être la part innocente de cet enfant obstiné, caché dans la forêt, qui choisit souvent Dionysos contre Apollon, Jérusalem contre Athènes, qui préfère Maître Eckhart, Jean de la Croix à Thomas d'Aquin, Malebranche à Spinoza, les Indes à la Grèce, qui traîne partout avec lui la Bible, les *Elégies de Duino*, *Plexus*, le *Voyage au bout de la nuit* et qui donnerait beaucoup de poètes classiques pour l’œuvre d'un Whitman." 

    ... 

     

     "Pour elle la vie est un passage avec la même évidence que la nuit précède le jour, que l'hiver conduit au printemps. Ce mouvement spontanéà prendre le parti de l'Infini contre toutes les séductions des apparences et de l'immédiat, contre toutes les terreurs, ce que Fichte appelle la nostalgie de l'éternel, m'a toujours semblé la condition de la foi, si elle n'est la foi elle-même. Qui garde la soif de l'impérissable est tout proche. Les chasseurs de béatitude je les connais pour avoir marché dans leur cohorte. Ils se jettent sur le premier objet venu, disant : Suis-je heureux maintenant ? Ils ont beau être sceptiques, lucides, ils se ménagent secrètement des plaisirs le long de la route, des espoirs à remplacer l'Espérance, mais dès que s'apaise le torrent de la vie ils entendent au fond d'eux la voix qui dit : non. Alors les voici en chasse de nouveau à courir après la perle précieuse, l'inépuisable amour, ou s'ils ont déjà cessé d'y croire, mille objets qui les pourraient combler une seconde. Ce ne sont que projets, travaux, ambitions, craintes, désabusements truqués à masquer l'avidité, mille battements de cœur, battements d'ailes pour trouver un nouveau support. Nous allons de l'avant à pas précipités, c'est une fuite. Nous prenons de la hauteur, c'est une chute. Tout est bon qui voile l'abîme. Ils achètent, vendent, intriguent, se font pousser, obtiennent le ruban, trônes et dominations, et sur ces hauteurs, disparues les ardeurs de la jeunesse, le vieux chagrin ne les a pas quittés, ils disent que la sagesse est de ne point trop espérer, qu'on ne trouve jamais que le néant, qu'enfin ils ont bien tiré parti de la vie... Ou s'ils sont croyants ils se battent la coulpe, nous entretiennent des aspirations de leur belle âme ; leur phrase n'en finit plus de trembler sur leur propre mort comme pour se faire pardonner de garder leur château, de rester attachés aux honneurs mondains en disant : la vie éternelle, la vie éternelle..." 

     

     

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    JEAN SULIVAN

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Sulivan

     

     

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    salva roman2

    Oeuvre Salva Roman

     

     


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  • 02/17/18--06:32: TURQUIE, ETAT PREDATEUR...
  • C'est dans la nuit, en écoutant les infos à la radio que j'ai appris qu'à Istanbul, Ahmet Altan venait d'être condamnéà la prison à vie, après déjà 18 mois passés derrière les barreaux de Silivri. Ahmet Altan est non seulement un romancier virtuose, capable de tresser l'histoire contemporaine aux ravages d'une sexualité obsédante mais il est aussi un journaliste et éditorialiste incontrôlable, insoumis et suffisamment indépendant pour avoir osé prendre dans ses articles la défense des minorités arménienne et kurde, ce qui lui avait déjà valu de connaître la prison quand les militaires étaient au pouvoir en Turquie. Au cours de la même audience, hier matin, la romancière Nazli Ilicak et l'économiste Mehmet Altan, le frère d'Ahmet, ont écopé de la même peine. C'est ce qu'annonce la voix à la radio, pendant que la pluie tambourine sur le toit du camion : perpétuité pour les trois accusés, avec des actes d'accusation délirants, parlant de messages subliminaux lors d'un talk-show télévisé, la veille du coup d'État avorté en juillet 2016.

    J'étais à la première audience de ce procès, en juin 2017 au palais de justice d'Istanbul . Plusieurs ONG s'étaient mobilisées, avec un avocat américain venu pour observer les procédures, des journalistes aussi étaient présents et quelques écrivains. P24 et le Pen Club norvégien avaient fait un travail remarquable pour alerter les médias étrangers. Peine perdue puisqu'aujourd'hui les trois auteurs sont condamnés à la peine maximale. Il y a des jours où c'est violent de vérifier qu'écrire ne sert à rien face aux violences d'un État aguerri aux tromperies. La Turquie est devenue depuis 18 mois un État carcéral qui a emprisonné ou forcéà l'exil ses meilleurs écrivains, ses journalistes soucieux de vérité et ses enseignants encore capables d'insoumission. Qu'allons nous faire ? Nous qui écrivons dans un pays où la littérature n'est pas encore complètement bâillonnée ? Qu'allons-nous écrire et inventer pour que des dizaines d'écrivains, poètes, essayistes ou romanciers ne se sentent pas abandonnées entre les serres d'un État prédateur en Turquie ?

     

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    TIERI BRIET

    http://www.kedistan.net/2018/02/17/yucel-altan-pose-un-retiens-trois/

     

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    turkey_0000

    Mehmet Altan, Ahmet Altan, Nazli Ilicak condamnés à la prison à vie...

     

     


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    J'ai remis mon âme entre tes mains.
    Fais-en un nid : elle ne désire rien
    Que de reposer en toi.
    Mais ouvre-les si un jour
    Tu sentais qu'elle t'échappe. Fais alors qu'elles soient
    comme les feuilles et comme le vent,
    et qu'elles portent son envol.
    Et sache que le sentiment de l'adieu
    N'est pas moindre que celui de la rencontre. Il reste
    identique et sera éternel. Mais divers parfois
    pour satisfaire le destin
    les chemins."

     

     

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    MARGHERITA GUIDACCI

     

     

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    main


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  • 02/17/18--08:07: DEXTER GORDON -BALLADS

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  • 02/18/18--01:29: DERIVE DU VOYAGEUR
  • ...

    frère des pommes sures,
    des fous rires, des algarades,
    par quel chas d'aiguille
    passais-tu pour m'entendre ?

    Noël suivait dans les fermes
    tabliers gris, paille vivante,
    Noël se faisait papier d'or,
    oranges fraîches, papillotes.

    Toujours à l'orée de mes yeux,
    tu recomptes mots crus,
    cœurs gros, histoires anciennes.

    Tu loges dans des remous,

    tu n'étouffes personne,
    et moi, je m'endors en toi.

     

     

    .

     

    RICHARD ROGNET

     

     .

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    pomme-de-noel2

     

     

     

     

     


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  • 02/18/18--02:28: SIDO...Extrait
  • «… Je revenais à la cloche de la première messe. Mais pas avant d'avoir mangé mon soûl, pas avant d'avoir, dans les bois, décrit un grand circuit de chien qui chasse seul, et goûté l'eau de deux sources perdues, que je révérais. L'une se haussait hors de la terre par une convulsion cristalline, une sorte de sanglot, et traçait elle-même son lit sableux. Elle se décourageait aussitôt née et replongeait sous la terre. L'autre source, presque invisible, froissait l'herbe comme un serpent, s'étalait secrète au centre d'un pré où des narcisses, fleuris en ronde, attestaient seuls sa présence. La première avait goût de feuille de chêne, la seconde de fer et de tige de jacinthe... Rien qu'à parler d'elles je souhaite que leur saveur m'emplisse la bouche au moment de tout finir, et que j'emporte, avec moi, cette gorgée imaginaire...»

    .

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    .

    COLETTE

     

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    .

     

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    JACINTHE D'EAU

     


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  • 02/19/18--02:32: THIERRY METZ
  • Fraîcheur qui défie le sel
    Riveraine de nos soifs –
    Un peu d’eau
    Et la trace libère une envolée de feuilles claires
    Récitantes
    Au poème buissonnier de l’enfant

    Seul tu franchis la passe de l’Épineuse
    Seul
    Tu reviens par le chemin exposé
    Aux rudesses du bâtisseur.
    Et à son chant.

    Sur les margelles de nos puits
    Tes cailloux éclatent
    Baie succulente
    Et douces à nos mains
    Tes graines dans les jardins du livre.

    .

    .

     

    THIERRY METZ

     

    .

    .

     

    .

    riviere

     


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  • 02/19/18--02:53: CE QUI DEMEURE
  • Chacun souffre

    de l'harmonie désaccordée

    du vivant.

    Ce qui demeure, c'est

    ce qui n'est pas nous

    au fond de nous.

    Cette commune et vacillante

    mémoire de l'origine.

     

    .

     

    ALAIN SUIED

     

    .

    origines


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    Déluges de feu, carnages, crises humanitaires majeures, asphyxie, famines, maladies, blessés par centaines de milliers, des millions de personnes déplacées, en fuite, réfugiées, en situations de détresse insupportables ! Après 7 années de destructions, de sièges, de pillonnages incessants  sur ses populations, ASSAD, aidé par POUTINE oeuvre  dans la fuite en avant, jusqu'au dernier survivant ! Une honte à la Démocratie, une Insulte aux principes de l'ONU, aux Droits de l'Homme, à la Modernité, à l'éthique, une fin de non-recevoir au sens de l'Histoire et de l'Evolution, en plein coeur de l'olympisme ... Selon Moscou, " l'aide humanitaire  : impensable " 

    C'est à  gerber !

    .

     

    L'ECHEC DE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE EN SYRIE 

     LES EXTRÊMES D'UN RÈGLEMENT UNILATÉRAL 

     

     

    Il  y a la terreur de l'Eil, les rebelles dressés contre Assad depuis sept années, et puis il y a le terrorisme d'état orchestré et piloté de l'extérieur qui décime les populations civiles. Les armes ne discernent jamais ; elles frappent ! Quant au problème,  au fait séculaire Kurde, observons l'opportunisme insupportable de la Turquie venue jeter de l'essence sur le brasier syrien et bien au-delà !... Alep, Raqua, tragédie actuelle dans la Gouta Orientale, Mossoul, combien d'autres fiefs à" nettoyer " exposant les civils ?  

    En fait, accorder le  droit aux deux bourreaux Assad et Poutine  de  parachever les massacres, les attentats aux missiles contre les civils et les hôpitaux, au mépris de la vie quotidienne  profondément et tragiquement meurtrie qui se terre pour aller 

    Vers 400.000 morts, un pan de civilisation à toujours perdu!

    .

     

    NON INGERENCE  

    A QUELS PRIX ?

     

    Désormais, la Syrie, ce sont des centaines d'attentats perpétrés par le Régime, sans discernement, " usant de gaz qui n'en sont pas " : le chlore, question de nommenclature inepte oblige.

    Nous ne savions pas qu'à l'instar du dopage et de certains produits déclarés non-efficients,  il existait des gaz mortels, non-répertoriés comme tels, mais redoutables, aux maux insidieux. Une situation, un euphémisme létal qui en définitive conforte l'élite occidentale  timorée,   soulagée de ne pas avoir  à intervenir, à traiter de façon définitive le hors sujet qui fâcherait Moscou  ! ...

    Des hôpitaux bombardés, des missiles ravageant en profondeur et retournant les quartiers populaires des villes syriennes déjà détruites, sans aucun discernement, tuant  autant de civils sinon davantage que de combattants dits " rebelles " au régime  Assad !

    Des centaines d'enfants périssent, sous le couvert et le regard glacé de la tutelle Poutime, signant par là de nouvelles forfaitures à verser dans les culs-de-basses-fosses de l'histoire moderne en marche, au nom des droits des peuples à disposer d'eux mêmes !  Les alliances ont bon dos  qui voilent et cachent l'envers du décor ! Et ce tyran, ce bourreau, ce grand assassin et son acolyte soviétique d'agir les mains libres, sans états d'âme, devant l'hémicycle onusien  comble et  indigné.

    Deux chefs d'états  qui affichent un cynisme  abjecte, insupportable devant lequel se couchent les démocraties en respectant  désormais et scrupuleusement les lignes rouges à ne pas dépasser de leur côté ! Et si le grand barbare décide de passer les dernières poches rebelles par les gaz, les missiles ultra - modernes russes,  quoiqu'il en coûtât de vies humaines, enfants, civils, les Onusiens seraient toujours impuissants et divisés  face à toute intervention destinée à faire cesser ces tueries.

    On appelle cela l'indignation, premier stade de l'incurie, de l'impuissance face au diktat du plus fort : la Russie que l'on craint, depuis toujours ! Rapports de forces et marchés confinent à pérennisation du mal et de la mort massive...

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    MANQUEMENTS ET DYSFONCTIONNEMENTS MAJEURS

    OU DE LA SUPERCHERIE 

     

    Un homme d'état qui assassine ainsi son Peuple ne peut présider au destinées de son pays ! Lui serrer la main  serait ensanglanter la vôtre et passer sous silence les horreurs commises par les armes de destructions massives ! Cet homme ne doit plus compter  parmi les futurs interlocuteurs d'une Syrie retournée à la paix ou d'autres présidents élus démocratiquement ! La paix ne sera plus jamais viable dans la région, en Syrie comme en Irak, en Afghnistan, en Palestine tant le mal commis restera ancré dans toutes les consciences, fussent-elles en exil, dans les ghettos.

    Accepter le principe du droit de veto de la Russie, des cinq membres permanents à l'ONU c'est cautionner en silence les purges  entamées par le bourreau ASSAD en Syrie, contre le Régime bientôt séculaire. En effet, quelle aubaine, quelle occasion rêvée pour le tortionnaire  Assad  et son Commis russe de profiter ainsi des chaos de la Guerre civile totale pour mener à bien,  sans épargner la population, les purges radicales auxquelles nous assistons, impuissants.  Poutine le couvre, le protège, l'aide ; nous  ne l'entendons plus ; il pilote la machine à tuer en masse.

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    FUNESTES LUTTES D'INFLUENCES

      

    Mais on continue de travailler avec lui, en bonne entente, marchés et débouchés, ressources obligent. L'argent n'a jamais eu d'odeur... Les chefs d'états jouent la carte de la diplomatie mondiale quand à terre, sur le front des guerres en Orient, en Palestine, des milliers d'enfants, de civils, d'innocents  meurent. Les représentants des états, les décideurs, les chefs d'états ont tous de ce sang sur les mains, depuis les ventes d'armes à l'état de chaos laissé par les grandes puissances venues embraser toute une région du Globe, il y a déjà et bientôt 20 années,, depuis la première guerre du Golfe. L'enfer est à nos portes, dure, reprend de la vigueur, rivalise avec les années des grandes guerres, même si le nombre de victimes n'est pas comparable.

    Les conflits ne laissent et  ne cessent plus de se multiplier, de s'embraser, de couvrir une étendue croissante, nécessitant et légitimant  à chaque fois un nombre exponentiel de victimes civiles. L'extrêmisme s'exporte, la guerre le suit, met le feu aux poudres, propage ses menées à la fois gratifiantes, ( ventes d'armes - marchés ) et  meurtrières ; il convient d'être du bon côté des frontières  dont le trait ténu s'amenuise.

    Exodes, crises humanitaires majeures,  exil, horreurs de la guerre à l'encontre des organisations non gouvernementales, mépris et négation de la vie, des secours, de l'aide sous toute ses formes...  Il est là-bas des visions de cauchemars, de guerres totales recommencées et  de désastres civilisationnels ! L'échec de la Communauté internationale reposerait-il  sur un couple infernal : ASSAD / POUTINE, bien affiché, entre autres séides et affidés, plus discrets et certainement satisfaits du sort  que deux assassins d'état font subir aux populations civiles, officialisant et légalisant  ainsi les  menées  légitimes d'une purge aveugle en situation de conflit, de guerre civile...

    Il existe de nos jours bien d'autres moyens d'exfiltrer un ennemi  ! On ne peut tout raser, sacrifier des  centaines de milliers de victimes,  son peuple, laisser l'histoire, le concept et la problématique diplomatique justifier de tels agissements, des issues de la crise, buter  contre la contradictions et les facéties de l'analyse par trop controversée des intellectuels de salons.

    Pendant ce temps, une Médaille  aux J.O, sur fonds de forêts primaires décimées en Corée, fait la une des journaux. Si l'on peut comprendre la liesse du  champion, cela ne saurait jamais effacer de nos consciences que des bébés, des enfants, des innocents, des vieillards sans défense soient pris pour cibles par les exécutants barbares aux ordres d'un véritable grand salaud et de son mentor, deux personnages qui règnent sans partage à la façon des anciens tyrans, par les armes, la  torture, la négation des droits de l'homme, contre toute éthique et de surcroît  sur les principes  fondateurs d'un nouveau monde que  l'ONU semble vouloir incarner.

     

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    CRISTIAN GEORGES CAMPAGNAC

    http://marin56.canalblog.com/archives/2018/02/21/36161893.html

     

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    syrie2,

    Syrie , Février 2018

     


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    Je rêve des quatre éléments, terre, eau, feu, air.

    Je rêve du Bien et du Mal.

    Et la terre, l'eau, le feu, l'air, le Bien et le Mal s'entremêlent et deviennent l'Essentiel.

     

    D'une toison céleste agitée s'élève une feuille.

    La feuille se transforme en un torse.

    Le torse se transforme en un vase.

    Un énorme nombril apparaît.

    Il grandit,

    il devient toujours plus grand.

    La toison céleste agitée se dissout en lui.

    Le nombril est devenu un soleil,

    une source immense.

    la source du monde.

    Elle brille.

    Elle est devenue lumière.

    Elle est devenue l'Essentiel.

     

    En faisant un effort, je peux me souvenir de la différence

    entre un palais et un nid.

    Un nid et un palais ont la même splendeur.

    Dans la fleur l'étoile rougit déjà.

    Ce mélange, cet entremêlement, cette dissolution, cette abolition des frontières, c'est le chemin qui mène à l´Essentiel.

     

    Comme les nuages les formes du monde tournent les unes dans les autres.

    Plus elles s'unissent en profondeur,

    plus elles sont proches de l'essence du monde.

    Lorsque le corporel disparaît,

    l'Essentiel resplendit.

    Je rêve du crâne volant,

    de la porte du nombril et des deux oiseaux qui forment la porte,

    d'une feuille qui se change en un torse,

    de boules jaunes, de surfaces jaunes,

    de temps jaune, vert, blanc,

    de la montre essentielle sans aiguille ni cadran.

    Je rêve de dedans et dehors, d'en haut et d'en bas, d'ici et là-bas, d'aujourd'hui et demain.

    Et dedans, dehors, en haut, en bas, ici, là-bas, aujourd´hui, demain se mélangent, s'entremêlent, se dissolvent.

    Cette abolition des frontières est le chemin qui mène à l'Essentiel.

     

     

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    HANS ARP

    Traduction Laurent Margantin

     

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    arp

     

     

     



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  • 02/21/18--08:35: LE JARDIN ETAIT DANS LA MER
  • Le jardin était dans la mer
    Œillets d'écume cap profond
    Ta main s'en allait avec l'eau
    Comme une traîne nuptiale
    Ta main libérait tout le ciel

    Des anges à onze épées
    Flottaient à côté de ton nom
    Coupeurs de vagues à leurs crêtes
    Et les voiles blanches penchaient
    Aux courtes rafales du vent

    Avec des épines de roses
    Tu cousais les rubans de l'attente
    Aux cheveux des collines de ton amour
    Et disais ; celle qui peigne la lumière
    Est une cascade ici qui s'amuse

    Flèche voleuse scandale du rire
    O petite enfant du jour qui n'en finit pas
    Dans les arbres rayonnants tu jouais avec les racines
    Tu ouvrais les cornets de l'eau
    Gaulant les jujubes de l'oubli

    Et quand venait la nuit aux prodigues violons
    Dans les moulins à demi-détruits tu parlais
    Tout bas avec une magicienne
    Dans tes seins tu cachais un cadeau
    Qui était la lune elle-même

    Lune de-ci lune de-là
    Énigme que lisait la mer
    Sans aucun mal et pour ton seul plaisir
    Œillets d'écume cap profond
    Le jardin était dans la mer.

     

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    Ο κήπος έμπαινε στη θάλασσα

    Βαθύ γαρίφαλο ακρωτήρι
    Το χέρι σου έφευγε με το νερό
    Να στρώσει νυφικό το πέλαγος
    Το χέρι σου άνοιγε τον ουρανό.

    Άγγελοι μ’ έντεκα σπαθιά
    Πλέανε πλάι στ’ όνομά σου
    Σκίζοντας τ’ ανθισμένα κύματα
    Κάτω μπατέρναν τα λευκά πανιά
    Σ’ απανωτές σπιλιάδες γραίγου.

    Μ’ άσπρα τριανταφυλλαγκάθια
    Έραβες φιόγκους προσμονής
    Για τα μαλλιά των λόφων της αγάπης σου
    Έλεγες: Η χτενίστρα του φωτός
    Είναι πηγή στη γη που διασκεδάζει.

    Κλέφτρα σαΐτα σκάνταλο του γέλιου
    Ώ εγγονούλα της γρια-λιακάδας
    Μέσ’ απ’ τα δέντρα πείραζες τις ρίζες
    Άνοιγες τα χωνάκια του νερού
    Ραβδίζοντας της λησμονιάς τα τζίτζιφα.

    Ή πάλι νύχτα μ’ άσωτα βιολιά
    Μέσα στους μισοχαλασμένους μύλους
    Κρυφομιλούσες με μια μάγισσα
    Στους κόρφους σου έκρυβες μια χάρη
    Που ήταν το ίδιο το φεγγάρι.

    Φεγγάρι εδώ φεγγάρι εκεί
    Αίνιγμα διαβασμένο από τη θάλασσα
    Για το δικό σου το χατήρι
    Ο κήπος έμπαινε στη θάλασσα
    Βαθύ γαρίφαλο ακρωτήρι.

     

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     ODYSSEUS ELYTIS

    Traduction Dominique Grandmont

     

     

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    Maxime-Maufra

    Oeuvre Maxime Maufra

     

     

     

     

     

     

     

     


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  • 02/22/18--03:52: MOMENT VITAL
  • Plus que deux mots

    Dans ma besace de misère, à côté du couteau au manche d’olivier
    Dont j’ai tordu la pointe dans je ne sais quelle rencontre
    Et de la ficelle, du mouchoir bleu, à plonger dans la mer
    Qu’il devienne rouge
    De ces hontes dont nous détournons les yeux
    Ne sont ils pas de notre espèce, ceux qui nagent, s’étouffent et s’enfoncent,
    Et sont ce des statues ces enfants pétrifiés couverts de cendre
    Dans des villes crevées par les bombes vendues par nos pays ?
    Quels pays ? nous n’en sommes plus que les esclaves muets,
    Pendant ce temps 
    Vos fils et vos filles pointant l’aiguille sur la veine bleue
    Ecœurés de vous, dégueulants l’héroïne au dessus des chiottes
    J’en ai soutenu des fronts, je sais de quoi je cause,
    Et je me demande si je ne devrais pas faire comme eux,
    Me planter des seringues dans la gorge qui me calmeraient
    Je fais une over dose de monde
    Une over dose d’humains
    Même si je vois quelques lumières bénies à l’horizon
    Et mon dernier rêve se peuple de charognards perchés
    Attendant quoi grappiller de plus quoi arracher
    Je serre contre moi ma besace, ma misère,
    Le couteau et la ficelle
    Les deux mots :
    Mourir
    Révolte
    Mais
    Je ne sais plus crier
    Assez fort

     

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    ALEXO XENIDIS

     

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    syrie2

    Enfants victimes Syrie 2018


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  • 02/22/18--06:25: FLEURS
  • De toi à moi règne

    le silence des fleurs
    qui éclot d’une graine
    de soie

    des fleurs oranges-
    tendre expansion
    à flots veloutés de joie

    la complicité subtile
    des fleurs bleues-
    désir fugitif et caché

    ou le silence pensif
    des fleurs blanches-
    le déclic de leur chasteté

    l’ardeur des fleurs rouges
    danse dans l’air
    et l’espace
    déborde de passion

    la fresque d’or
    de l’univers entier
    jaillit du silence
    des fleurs jaunes

    Mais quel silence de cendre
    envahit mon âme
    quand l’ombre
    captive les couleurs…

    Ton sourire éclot
    d’une graine de soie

    Parle-moi
    par le silence
    des fleurs !

     

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    LUCIA SOTIROVA

     

     

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    Oksana Kravchenko2

     Oeuvre Oksana Kravchenko

     


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