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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 08/06/18--17:24: LES NOMADES
  •  

    Ils sont nés près de Barcelone,
    Ils ont grandit en Australie,
    Ils se sont aimés à Paris,
    Mais ils s'en vont encore d'ici,
    Les nomades..

    Ils ont habité la roulotte,
    Les quatre planches qui cahotent,
    De St Ouen en Ste Marie
    Mais ils s'en vont encore d'ici,
    Les nomades...

    Ni la couronne d'orangers
    Ni la cheminée de faux marbre,
    Ne leur mettent racine aux pieds,
    Ils ne sont pas comme les arbres,
    Les nomades..

    Ils vont toujours de villes en plaines,
    Il n'y a rien qui les retienne,
    Dessus la route qui les mène,
    En dimanche comme en semaine,
    Les nomades...

    Ils ont eu froid comme personne,
    Ils ont chanté mieux que nous tous,
    Mais c'est la route qui les pousse,
    Avec des fifres à leurs trousses,
    Les nomades..

    Qu'ils soient venus du fond des âges,
    Tous les gitans, tous les tziganes,
    Un violon leur a brisé l'âme,
    Ils en gardent parfois des larmes,
    Les nomades...

    Ni la peur de mourir un jour,
    Dans quelque ville frontalière,
    Sans tenir la main d'un amour,
    Ne les arrête sur la Terre,
    Les nomades..

    Et quand on voit sous les platanes,
    Passer les mulets et les ânes,
    On a beau être des profanes,
    On aim'rait suivre la caravane..
    ..Des nomades...

     

     

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    JEAN FERRAT

     

     

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    tsiganes2


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  • 08/08/18--09:30: BETTY
  • Tu n'as pas sommeil
    Tu fumes et tu veilles
    T'es toute écorchée
    T'es comme un chat triste
    Perdu sur la liste
    Des objets trouvés
    La nuit carcérale
    Tombant sur les dalles
    Et ce lit glacé
    Aller et venir
    Soleil et sourire
    Sont d'l'autre coté

    Ces murs, ces grillages
    Ces portes et ces cages
    Ces couloirs, ces clés
    Cette solitude
    Si dure et si rude
    Qu'on peut la toucher
    Ce rayon de lune
    Sur le sol allume
    Visage oublié
    De celui que t'aimes
    Qui tire sur sa chaîne
    Comme un loup blessé

    Betty faut pas craquer
    Betty faut pas plonger
    Je sais, ils t'on couchée là
    Et puis ils ont fermé leurs barreaux d'acier

    Betty faut pas pleurer
    Betty faut pas trembler
    Je sais, tu vas rester là
    T'aimerais plus t'réveiller, plus jamais rêver

    Je te dis je t'aime
    Dans ce court poème
    Dans ce long baiser
    Tu es ma frangine
    Juste une féminine
    Que j'avais rimée
    Je te donne ma force
    Mes mots et mes notes
    Pour te réchauffer
    Je haie la morale
    Les prisons centrales
    Les maisons d'arrêt

    Je n'ai pas sommeil
    Je fume et je veille
    Et j'ai composé
    Une chanson d'amour
    Une chanson secours
    Pour l'autre côté
    Pour ceux que l'on jette
    Dans les oubliettes
    Dans l'obscurité
    Pendant qu'les gens dorment
    Au fond du conforme
    Sans se réveiller

    Betty faut pas craquer
    Betty faut pas plonger
    Je sais, ils t'ont couchée là
    Et puis ils ont fermé leurs barreaux d'acier

    Betty faut pas pleurer
    Betty faut pas trembler
    Tu sais, on s'retrouvera, là
    Ailleurs, en plein soleil ...

     

     

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    BERNARD LAVILLIERS

     

     

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  • 08/08/18--10:38: CROISIERE MEDITERRANEE
  • Venues des hauts plateaux
    Incendiées par la guerre
    Écrasées de soleil
    Les fourmis silencieuses
    Fouettées par la poussière
    Devorées par le sel
    On avait tous un jour
    Imaginé la mer
    Et le douceur du vent
    Mais dans cette nuit noire
    Qu'on a payée si cher
    On coule en dérivant
    Croisières méditerranéennes
    Sourires carnassiers des murènes
    Très loin des sirènes italiennes
    Tu atteindras ces rives sombre
    Très près des côtes siciliennes
    Les vierges noires comme une traîne
    Imaginez la mer qu'on a payée si cher
    Imaginez la mer
    On est venu de loin
    Plus loin que tes repères
    A des millions de pas
    On est venu à pied
    Du fond de la misère
    Ne nous arrête pas
    Retourne à la maison
    Mais si j'en avais une
    Je serais pas là
    Et la mer engloutit
    Dans un rouleau d'écume
    Mon chant et puis ma voix
    Croisières méditerranéennes
    Sourires carnassiers des murènes
    Très loin des sirènes italiennes
    Tu atteindras ces rives sombres
    Très près des côtes siciliennes
    Les vierges noires comme une traîne
    Imaginez la mer qu'on a payée si cher
    Imaginez la mer
    On est venu de loin
    Plus loin que tes repères
    A des millions de pas
    On est venu à pied
    Du fond de la misère
    Ne nous arrête pas
    Retourne à la maison
    Mais si j'en avais une
    Je ne serais pas là
    Et la mer engloutit
    Dans un rouleau d'écume
    Mon chant et puis ma voix
    Croisières méditerranéennes
    Sourires carnassiers des murènes
    Très loin des sirènes italiennes
    Tu atteindras ces rives sombres
    Très près des côtes siciliennes
    Les vierges noires comme une traîne
    Imaginez la mer qu'on a payée si cher
    Imaginez la mer
    Nous dormons dans des villes
    Ombres parmi les ombres
    Les longs couteaux tirés
    A deux doigts de l'Europe
    Qu'on a rêvé si for
    Qu'on commence à douter
    Tu es resté debout
    Devant les barbelés
    Sous le ciel minéral
    Tu commences à ramper
    En dessous du silence
    Et dans l'oubli total
    Croisières méditerranéennes
    Sourires carnassiers des murènes
    Très loin des sirènes italiennes
    Tu atteindras ces rives sombres
    Très près des côtes siciliennes
    Les vierges noires comme une traîne
    Imaginez la mer qu'on a payée si cher
    Imaginez la mer
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    BERNARD LAVILLIERS
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    Ce que notre indifférence face à la mort des migrants en Méditerranée et la peur du "grand remplacement" disent de ce que nous sommes devenus...

    La France, son identité, sa culture, son histoire, ses modes de vie, sa langue ne peuvent être menacés par l'accueil de 50 000 réfugiés par an. Ou 100 000. Ou même 200 000. À quel point faut-il douter de son pays et de soi-même pour être gagnés par l'angoisse ou "l'insécurité culturelle" face aux 0,1% ou 0,2% (ou même 0.8% pour reprendre les chiffres les plus farfelus) de migrants venant d'horizons différents chaque année?

    Non, ce qui menace des siècles d'héritages humanistes, le legs des Lumières et de la Révolution, la tradition républicaine - notre véritable identité nationale - c'est bien plutôt notre repli sur nous-même, notre indifférence face aux centaines d'être humains mourant chaque mois dans la Méditerranée, notre incapacitéà nous mettre à la place des ombres de Calais, La Chapelle ou Vintimille, notre renoncement au message universel qui contribua à façonner la France pendant (au moins et bien plus en réalité) 250 ans.

    Le mélange constamment répété entre réfugiés et immigrés, entre problèmes d'accueil des demandeurs d'asile et difficultés d'intégration de populations déjà là depuis longtemps (et parquées dans des ghettos) est le signe d'une confusion mentale générale. Cette confusion - savamment entretenue par des dirigeants politiques sans scrupules et des éditorialistes sans idées ni principes - vient du fait que nous ne savons plus qui nous sommes et ce que nous faisons ensemble. Des élites aphasiques et abouliques, incapables de définir un horizon commun, laissent les uns et les autres définir leur "être" et le nôtre par exclusion de l'autre, quand elles ne nous y poussent pas joyeusement.

    S'il y a un "grand remplacement", c'est bien celui de nos principes humanistes par des valeurs d'exclusion et de repli, de siècles d'hégémonie culturelle progressiste par la doxa néo-réactionnaire, de la France ouverte qui nous a vus naître par une France fermée que notre apathie contribue à construire.

     

     

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    RAPHAËL GLUCKSMANN

     

     

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    Ahmad Moualla

    Oeuvre Ahmad Moualla

    Artiste Syrien


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  • 08/08/18--11:57: LES VENTS ABSENTS
  •  

    L'écho râle des vents absents
    S'en retourne des monts pétrés
    Où se perdent in-conscients
    Le poème vagabond de l'âme
    Hasardeuse la destinée 
    Au souffle pèlerin 
    Qui m'eût porté vers toi
    Je te ressens comme tu m'écoutes 
    Et de nous ce cantique osé
    D'une frange dévêtue d'éternité

     

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    CRISTIAN-GEORGES CAMPAGNAC

     

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    maxgasparini2

    Oeuvre Max Gasparini


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  • 08/09/18--00:03: JEAN LAVOUE...Extrait
  • Un chant va-t-il fleurir tout au bout de tes pas ?
    Tu n’en sais rien encore mais ne t’en soucie pas :
    L’éclat de l’hirondelle, la fraîcheur des courants
    Te portent du bout des ailes ;
    Tu respires en marchant.
    C’est un pic de silence, un rivage inversé,
    Un mot de contrebande, une passe oubliée...
    La danse des papillons,
    Tu t’engouffres en rêvant.
    Le flot bleu des je t’aime,
    Tu devises en priant :
    Oh ! Que la terre est belle,
    Que me prenne son chant.
    Dans la toile du vent, les libellules se font
    Des allures de reines. 
    Tu foules les ajoncs dans le feu des promesses.
    Sur le lit de ta page, 
    Même les renoncules t’éclaboussent en riant.

     

     

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    JEAN LAVOUE
    www.enfancedesarbres.com

     

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    pap


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    En effet, nous croyons possible de fixer, dans le règne de l’imagination, une loi des quatre éléments qui classe les diverses imaginations matérielles suivant qu’elles s’attachent au feu, à l’air, à l’eau ou à la terre. Et s’il est vrai, comme nous le prétendons, que toute poétique doive recevoir des composantes, — si faibles qu’elles soient — d’essence matérielle, c’est encore cette classification par les éléments matériels fondamentaux qui doit apparenter le plus fortement les âmes poétiques. Pour qu’une rêverie se poursuive avec assez de constance pour donner une œuvre écrite, pour qu’elle ne soit pas simplement la vacance d’une heure fugitive, il faut qu’elle trouve sa matière, il faut qu’un élément matériel lui donne sa propre substance, sa propre règle, sa poétique spécifique. Et ce n’est pas pour rien que les philosophies primitives faisaient souvent, dans cette voie, un choix décisif. Elles ont associéà leurs principes formels un des quatre éléments fondamentaux qui sont ainsi devenus des marques de tempéraments philosophiques. Dans ces systèmes philosophiques, la pensée savante est liée à une rêverie matérielle primitive, la sagesse tranquille et permanente s’enracine dans une constance substantielle. Et si ces philosophies simples et puissantes gardent encore des sources de conviction, c’est parce qu’en les étudiant on retrouve des forces imaginantes toutes naturelles. Il en va toujours de même : dans l’ordre de la philosophie, on ne persuade bien qu’en suggérant des rêveries fondamentales, qu’en rendant aux pensées leur avenue de rêves.
    Plus encore que les pensées claires et les images conscientes, les rêves sont sous la dépendance des quatre éléments fondamentaux. Les essais ont été nombreux qui ont relié la doctrine des quatre éléments matériels aux quatre tempéraments organiques. Ainsi un vieil auteur, Lessius, écrit dans l’Art de vivre longtemps (p. 54) : « Les songes des bilieux sont de feux, d’incendies, de guerres, de meurtres ; ceux des mélancoliques d’enterrements, de sépulcres, de spectres, de fuites, de fosses, de toutes choses tristes ; ceux des pituiteux, de lacs, de fleuves, d’inondations, de naufrages ; ceux des sanguins, de vols d’oiseaux, de courses, de festins, de concerts, de choses même que l’on n’ose nommer. » Par conséquent, les bilieux, les mélancoliques, les pituiteux et les sanguins seront respectivement caractérisés par le feu, la terre, l’eau et l’air. Leurs songes travaillent de préférence l’élément matériel qui les caractérise.

     

     

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    GASTON BACHELARD

     

     

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    annie coe2

    Oeuvres Annie Coe

     

     


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  • 08/09/18--00:18: LE CORPS
  •  

    Ici l'univers est à l'abri dans la profonde température de l'homme
    Et les étoiles délicates avancent de leurs pas célestes
    Dans l'obscurité qui fait loi dès que la peau est franchie
    Ici tout s'accompagne des pas silencieux de notre sang
    Et de secrètes avalanches qui ne font aucun bruit dans nos parages,
    Ici le contenu est tellement plus grand
    Que le corps à l'étroit, le triste contenant …
    Mais cela n'empêche pas nos humbles mains de tous les jours
    De toucher les différents points de notre corps qui loge les astres,
    Avec les distances interstellaires en nous fidèlement respectées.
    Comme des géants infinis réduits à la petitesse par le corps humain, où
    il nous faut tenir tant bien que mal,
    Nous passons les uns près des autres, cachant mal nos étoiles, nos vertiges,
    Qui se reflètent dans nos yeux, seules fêlures de notre peau.
    Et nous sommes toujours sous le coup de cette immensité intérieure
    Même quand notre monde, frappé de doute,
    Recule en nous rapidement jusqu'à devenir minuscule et s'effacer,
    Notre coeur ne battant plus que pour sa pelure de chair,
    Réduits que nous sommes alors à l'extrême nudité de nos organes,
    Ces bêtes à l'abandon dans leur sanglante écurie.

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    JULES SUPERVIELLE

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    FEDERICO infante-


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  • 08/09/18--05:28: L'ESPERANCE
  •  

    J’ai ancré l’espérance
    Aux racines de la vie

    Face aux ténèbres
    J’ai dressé des clartés
    Planté des flambeaux
    A la lisière des nuits

    Des clartés qui persistent
    Des flambeaux qui se glissent
    Entre ombres et barbaries

    Des clartés qui renaissent
    Des flambeaux qui se dressent
    Sans jamais dépérir

    J’enracine l’espérance
    Dans le terreau du cœur
    J’adopte toute l’espérance
    En son esprit frondeur.

     

     

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    ANDREE CHEDID

     

     

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    goxwa borg4,

    Oeuvre Goxwa Borg

     

     


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  • 08/09/18--06:06: DIANA SALICETI- U MO PAESE

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  • 08/11/18--23:59: SORTS / CONJUROS
  • Merci Cristina mia...

    Aimer, c'est être seul
    Irrémédiablement
    Au-delà des êtres et des choses.
    Parce qu'aucune grâce ne s'apparente
    À cette joie qui rend l'intelligence
    L'incertitude du passage des vies.
    Ce n'est pas posséder,
    C'est, au contraire,
    Tout abandonner,
    Retour à la pauvreté primordiale,
    Être nu comme devant Dieu,
    Sans autre richesse
    Qu'un chant
    Entre les lèvres pensifs.

     

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    Amar es estar solo

    irremediablemente
    más allá de los seres y las cosas. 
    Porque ninguna gracia se asemeja 
    a esa dicha que vuelve inteligencia
    el incierto transitar de las vidas.
    No es poseer,
    es, por el contrario,
    dejarlo todo,
    volver a la pobreza primordial,
    estar desnudo como ante Dios,
    sin otra riqueza
    que un canto
    entre los labios pensativos.

     

     

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    HECTOR CIOCCHINI

     

     

     

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    Katia Chausheva2,

    Photographie Katia Chausheva

     

     

     


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  • 08/12/18--11:36: JUAN RAMON JIMENEZ...Extrait
  • "Les dieux n'ont pas eu d'autre substance que celle que j'ai moi-même." J'ai, comme eux, la substance de tout ce qui a été vécu et de tout ce qui reste à vivre. Je ne suis pas seulement un présent, mais une fugue torrentielle, de bout en bout. Et ce que je vois, de part et d'autre, dans cette fugue (avec des roses, des ailes brisées, de l'ombre et de la lumière) n'appartient qu'à moi, souvenirs et désirs bien à moi, pressentiment, oubli. Qui sait mieux que moi, qui, quel homme ou quel dieu peut, a pu, ou pourra me dire à moi ce que sont ma vie et ma mort, ce qu'elles ne sont pas ? Si quelqu'un le sait, je le sais mieux que lui, et si quelqu'un l'ignore, je l'ignore plus encore que lui. Une lutte entre cette ignorance et ce savoir, voilà ma vie, sa vie, voilà la vie. Passent des vents comme des oiseaux, des oiseaux comme des fleurs, des fleurs soleils et lunes, des lunes soleils comme moi, comme des âmes, comme des corps, des corps comme la mort et la résurrection; comme des dieux. Et je suis un dieu sans épée, sans rien de ce que font les hommes avec leur science; seulement avec ce qui est le fruit de la vie, ce qui change tout; oui, de feu et de lumière, de lumière. Pourquoi mangeons-nous et buvons-nous autre chose que lumière ou feu ?

     

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    "Los dioses no tuvieron más sustancia que la que tengo yo." Yo tengo, como ellos, la sustancia de todo lo vivido y de todo lo por vivir. No soy presente sólo, sino fuga raudal de cabo a fin. Y lo que veo, a un lado y otro, en esta fuga (rosas, restos de alas, sombra y luz) es sólo mío, presentimiento, olvido. ¿Quién sabe más que yo, quién, qué hombre o qué dios puede, ha podido, podrá decirme a mí qué es mi vida y mi muerte, qué no es? Si hay quien lo sabe, yo lo sé más que ése, y si quien lo ignora, más que ése lo ignoro. Lucha entre este ignorar y este saber es mi vida, su vida, y es la vida. Pasan vientos como pájaros, pájaros igual que flores, flores soles y lunas, lunas soles como yo, como almas, como cuerpos, cuerpos como la muerte y la resurrección; como dioses. Y soy un dios sin espada, sin nada de lo que hacen los hombres con su ciencia; sólo con lo que es producto de lo vivo, lo que se cambia todo; sí, de fuego o de luz, luz. ¿Por qué comemos y bebemos otra cosa que luz o fuego?

     

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    JUAN RAMON JIMENEZ

     

     

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    marc guillaumat

    Oeuvre Marc Guillaumat

     

     


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  • 08/12/18--11:37: DANSE NUIT...Extrait
  • Une danse
    qui a connu l'éclat du feu et le marteau du forgeron
    et l'effleurement
    ne pas oublier l'effleurement
    de l'horizon
    et la danse rieuse de la pluie et de la mer

    Danse aveuglée de larmes et de silence

    Écoute la respiration
    écoute avec lenteur
    avec une lenteur concentrée
    sans gravité ni inquiétude
    danse la danse de l'écoute

    Écoute la chaleur
    danse l'air en plein soleil

    danse lentement
    avec tendresse
    danse l'enfant
    l'opale
    et les gouttes d'eau
    ne pas oublier les gouttes d'eau...

     

     

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    MICHEL THION

     

     

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    thierry raynaud photographie2

     

    Thierry Raynaud Photographie


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  • 08/13/18--09:11: LE VIOLON ENCHANTE...Extrait
  •  
    Là-bas, la blanche voile sombre, offerte 
    A quelque brise immatérielle, 
    Saura conduire notre vie-sommeil 
    Jusqu'aux lieux où les eaux se mêlent 

    Aux rives bordées d'arbres noirs, 
    Où les forêts inconnues s'accordent 
    Aux élans du lac vers plus d'être, 
    Afin de rendre le rêve complet. 

    Là-bas nous saurons bien nous cacher, disparaître, 
    Engloutis dans le vide liséré de la lune, 
    Ressentant que cela qui fait notre substance 
    En d'autres temps était musique.

     

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    FERNANDO PESSOA

     

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    gisèle l'épicier2,

    Oeuvre Gisèle L'épicier

     


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  • 08/13/18--11:09: TERRES DE MEMOIRE...Extrait
  • Les ajoncs, la pierraille au sursis de l'hiver, 
    Haute ruine aux lambeaux de songe, 
    Tous les siècles de l'obscur dans le vent, 
    La vallée, le grand pays familier et désert. 
    Le couple né de ces granits, de ces racines, 
    Et moi qui porte au fond des mots, au fond du sang 
    Je ne sais quel appel, je ne sais quel écho 
    De ce passage de serfs et de guerriers, 
    De vagabonds, de paysans et de rois, 
    D'enfances tenaces et terrifiées, 
    L'effrayante ou miraculeuse saveur 
    D'une lézarde entre deux nuits.

     

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    GEORGES EMMANUEL CLANCIER

     

     

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    SERGE FIORIO5

    Oeuvre Serge Fiorio

    http://sergefiorio.canalblog.com


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  • 08/14/18--16:49: ET POUR ADIEU
  • Et pour adieu s’il faut le pauvre don
    de ces quelques lumières qu’on a cru entrevoir
    cette tendre illusion, cet ultime partage
    à notre insu pourtant ne pourrons-nous alors
    contraints nous aussi par quelle obscure dictée
    écrire qu’une langue à jamais étrangère
    comme s’il n’était de mots pour ce témoignage
    s’il devait être dit et rester inconnu
    révélée sa présence plénière et d’aucun nom rompue
    d’aucun sens en nos fibres abîmée — la haute digitale
    reste intacte sur le bord du chemin, protégée
    par la mort, d’elle seule est scellée cette lettre
    de notre commune obscurité, sous la cire de nos visages
    la secrète saveur est contenue

     

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    GERARD PFISTER

     

     

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    FEDERICO infante-0

    Oeuvre Federico Infante


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  • 08/14/18--16:56: GERARD PFISTER....Extrait
  • Ecrire pour nous rappeler à l’évidence.
    A ce qui est en nous, et plus vaste que le langage.
    Plus grand que nous, et qui n’a pas de nom.

    Faire sentir, abrupt, ce qui en nous dépasse tout de nous.
    A nouveau, la lumière. La belle lumière.

    Comment le langage dirait-il le toucher de l’ange ?
    Quel langage pour ce saisissement, pour cette étreinte ?
    Quel langage pour cet amour ?
    Est-ce poésie le balbutiement qui en témoigne,
    ces mots qui tentent en vain de retrouver ?

    Il n’y a rien d’autre àécrire, à récrire toujours que cela.
    Et, toujours, le langage comme une tombe se referme.
    Oùétait le surgissement, ne reste que les fines bandelettes du discours.

     

     

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    GERARD PFISTER

     

     

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    pompei fresque romaine,

    Pompei, fresque romaine


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    Un maître spirituel avait plusieurs disciples et chaque matin il leur parlait de la nature, de la bonté, de la beauté et de l'amour. Un matin, qu'il était sur le point de parler, un oiseau s'est posé sur le rebord de la fenêtre et s'est mis à chanter. L'oiseau a chanté un instant, puis il a disparu. Le Maître s'est levé et a dit : "la discussion de ce matin est terminée"

     

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    Un maestro espiritual tenía varios discípulos y todas las mañanas les hablaba de la naturaleza, de la bondad, de la belleza y del amor. Una mañana, cuando estaba a punto de empezar a hablar, un pájaro se posó en el alféizar dela ventana y se puso a cantar. El pájaro cantó un instante y luego desapareció. El maestro se levantó y dijo: "La charla de esta mañana ha terminado"

     

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    JIDDU KRISHNARMURTI

     

     

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    FRESQUE POMPEI2

     Fresque murale Pompei

     

     

     

     

     


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    Où est la semence

    De l’arbre abattu,

    Des bois incendiés,

     

    Ou bien racine vivante

    Ensevelie sous la cendre ?

    Sortant des replis du bourgeon

     

    Quelle dernière feuille s’efforce A la vie, quelle dernière

    Fleur desséchée ?

     

    Le fruit de notre moisson

    Notre longue peine

    N’est-il que poussière ?

     

    Vers quel pays lointain, merveilleux,

    Portée par le vent

    Quelle semence ailée

     

    Quelle étincelle du feu

    De l’holocauste

    Pour allumer une étoile ?

     

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    Where is the seed 
    Of the tree felled, 
    Of the forest burned, 

    Or living root 
    Under ash and cinders? 
    From woven bud 

    What last leaf strives 
    Into life, last 
    Shrivelled flower?

    Is fruit of our harvest,
    Our long labour
    Dust to the core?

    To what far, fair land 
    Borne on the wind 
    What winged seed

     

    Or spark of fire 
    From holocaust 
    To kindle a star?

     

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    KATHLEEN RAINE

    traduction de l'anglais par Philippe Giraudon

     

     

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    SERGE FIORIO

     Oeuvre Serge Fiorio

    sergefiorio.canalblog.com

     

     

     


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