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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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    "Une tombe, ce n’est rien qu’un coffre vide. Celui que j’aime tient tout entier dans mon souvenir, dans un mouchoir encore parfumé que je déplie, dans une intonation que je me rappelle soudain et que j’écoute un long instant, la tête penchée… Il est dans un court billet tendre dont l’écriture pâlira, dans un livre usé que flattèrent ses yeux, et sa forme est assise à jamais, pour moi, mais pour moi seule – sur ce banc d’où il regardait, pensif, bleuir dans le crépuscule la Montagne aux Cailles… "

     

     

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    COLETTE


     

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    COL


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  • 10/02/18--03:18: JOE BOUSQUET...Extrait
  • Ce siècle présent est foutu s'il n'est pas fait contrepoids à sa nuit immense par l'assurance de quelques individus qui tiennent de leur volonté ou de leur vie le privilège de voir et d'éclairer... Je ferai ce que je pourrai pour lui, mais je le crois foutu. Jamais il ne comprendra que l'homme est un cœur, ou rien. C'est-à-dire : courage. Amour.

     

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    JOE BOUSQUET

     

     

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    tham370,

    Photographie Thami Benkirane

    https://benkiranet.aminus3.com

     


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  • 10/02/18--03:37: JOE BOUSQUET...Extrait
  • Aux oiseaux qui ne chantent plus dans nos campagnes...signe alarmant de notre proche disparition....

     

     

    ...

     

    Le vent pleurait les oiseaux de passage

    Berçant les mers sur ses ailes de sel

    Je prends l'étoile avec un beau nuage

    Quand la page blanche a bu tout le ciel

     

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    JOË BOUSQUET

     

     

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    art du Sumi-e

    Oeuvre de l' 'art du Sumi-e 

     


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  • 10/02/18--09:34: SOLEDAD
  • Des nuits qui tombent
    comme des couperets
    Des matins où il faut
    se laver de tout sentiment
    d'impuissance

     

    Entre la nuit et le jour
    cette distance
    infiniment petite
    attachée à ne rien laisser
    paraître.

     

     

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    MARTINE CROS

     

     

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    katia-sonata2

    Photographie Katia Chausheva


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  • 10/05/18--03:35: QUE FAIRE ?

  • Fonder quelque chose
    Demeurer vivant
    Brûler à tes causes
    Courir en avant
    Fonder l’amour même
    Et l’homme nouveau
    Nier le problème
    Lancer des bateaux

    Ouvrir une route
    Cueillir le grand vent
    Défier le doute
    Brûler le gréement
    Atteindre la rive
    Débloquer le port
    Débarquer les vivres
    Débusquer la mort

    Tricher sur les dates
    Sauver la maison
    Avancer sans carte
    Plaider la passion
    Inventer de l’âme
    Gonfler les enjeux
    Tutoyer le drame
    Rallumer le feu

    Renverser la table
    Nier le destin
    Croire dans ses fables
    Retoucher la fin
    Rallumer de l’homme
    Se laisser hanté
    Ramener de l’homme
    Tout réinventer

    Ramener de l’homme
    Cueillir en hiver
    Réhabiter l’homme
    Planter dans la mer
    Parler à mon frère
    Te prendre la main
    Quelques pas sur terre
    Enfant du chagrin

    Défier les astres
    Marcher au canon
    Violer le cadastre
    Rétablir les ponts
    Croire dans des choses
    L 'homme est dans nos mains
    Boire dans des causes
    Aimer à sa faim

    Boire dans des causes
    Aimer à sa faim



    Ramener de l’homme
    Cueillir en hiver
    Réhabiter l’homme
    Planter dans la mer
    Parler à mon frère
    Te prendre la main
    Quelques pas sur terre
    Enfant du chagrin

    Défier les astres
    Marcher au canon
    Violer le cadastre
    Rétablir les ponts
    Croire dans des choses
    L’homme dans nos mains
    Boire dans des causes
    Aimer à sa faim

    Boire dans des causes
    Aimer à sa faim

    Boire dans des causes
    Aimer à sa faim !

     

     

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    JACQUES BERTIN

     

     

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  • 10/05/18--10:59: LE CHEMIN DE L'OISEAU
  • Je ne choisirai pas cette route ni l’autre
    Où des oiseaux tout court ont trop chanté
    À la saison des chasses.

    On a trahi partout leurs souvenirs de l’Arche
    Et saint François ne leur a plus parlé.

    Saint Hubert, Saint Hubert : Plumes que vent emporte;
    Plumes et feuilles mortes
    Sous le ciel pommelé…

     

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    SABINE SICAUD

     

     

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    oiseaux


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  • 10/05/18--12:27: ZOHRA MRIMI...Extrait
  • Entre en moi la sauvage quiétude 
    Elle est accoudée à mes tempes, jusqu'à m'envoyer sa douce rêverie 
    L'unique richesse est d'ignorer les ruines, dedans des photos et des écrits 
    Ils se libèrent de la bouche de feu trois fois plus fort
    Les mots préfèrent les fruits, les fleurs, les papillons et puis la mer, tout coule bleu, ils ont la même veine de coeur; elle relie la terre aux hommes
    Les mots relient les hommes aux hommes
    La nuit, la barque se remplit de mots et chaque main ouvre son poing et saisit un mot
    Mais la main de l'homme est trop lourde et traîtresse

     

     

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  • 10/06/18--00:28: LA PART DE L'OMBRE...Extrait
  • Non, la terre n'est pas couverte d'arbres, de pierres,
    de fleuves : elle est couverte d'hommes.
    Si les meilleurs sont enfermés dans un long supplice,
    s'il n'y a plus que le mensonge qui se montre, chamarré
    de fausses prairies,
    si quelqu'un te dit : " Admire le soleil !"- et tu
    ne vois que le miroitement de la boue, ou bien : " fais
    ton devoir ! " - et on te tend un couteau pour égorger
    ta mère et ton frère,
    alors tous les arbres sont abattus, les pierres noircissent
    et s'effritent, les fleuves sont des cloaques
    infâmes.
    Tu ne peux plus avancer, tu n'oses plus regarder
    ni entendre. Méfie-toi du mouvement des feuilles :
    de patients imposteurs les agitent pour te perdre .
    dans le bourdonnement touffu de la batteuse, un
    monstre caché guette le grain. Tu te détournes avec
    horreur.
    Brusquement, un jour d'été, les démons ôteront
    leur masque et, désignant vingt millions de cadavres
    alignés, éclateront de rire : " Hein ! quelle bonne
    farce ! "
    Aussitôt, les vrais hommes remonteront au grand
    jour. Même ceux qui sont morts. Ils parleront droit
    et juste, à haute voix. Alors il y aura de nouveau
    des arbres, des pierres, des fleuves.
    Tu longeras un mur : il te répondra gentiment.
    Tu prendras une branche, elle te dira "Je t'aime",
    tu pourras la serrer sur ton cœur.

     

     

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  • 10/06/18--04:02: CHANSON DE LA TOMBE D'ICARE
  • Ils sont d'ici ils sont d'ailleurs
    L'un met sa vie entre des rimes
    Qui l'escortent L'autre est tailleur
    De nuits parfaites pour un crime

    Mais où est la tombe d'Icare

    Ils sont d'ailleurs ils sont d'ici
    L'un se parfume l'autre pas
    Mais ils partagent le souci
    D'être vivants jusqu'au trépas

    Mais où est la tombe d'Icare

    Qu'ils soient d'ici ils sont d'ailleurs
    Toujours à rêver d'impossible
    Du pur amour ou du meilleur
    Pour rester au cœur de la cible

    Mais où est la tombe d'Icare

    Qu'ils soient d'ailleurs ils sont d'ici
    Et sur les murs comme au ciné
    D'Oran, de Shanghai ou Passy
    Passe leur ombre hallucinée

    Mais où est la tombe d'Icare...

     

     

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    GUY GOFFETTE

     

     

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    Lado Gudiashvili (1896-1980)

    Oeuvre Lado Gudiashvili (1896-1980)


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  • 10/06/18--08:47: TOUTE REVOLTE EST UN POEME
  • Toute révolte est un poème

     Celui de la terrible intuition des hommes silencés

    Dont le chant d’allégresse s’élève soudain

    Vers des cieux approbateurs

    Il en est des yeux illuminés des insoumis

    Ouverts sur d’autres plaines

    Comme de leurs bouches monumentales

    Proférant la langue étrangère à la tyrannie

    Chaque voix hier encore solitaire

    Dessine maintenant l’image déconcertante

    D’un nouveau recommencement-clair-désir

    De métamorphose

    La révolte est ce poème d’étonnement de chacun à lui-même

    Quand il s’atteint par l’enfance retrouvée

    Sur son passage parmi les dieux

    Regardez le ciel étrangement gravé de la nature de l’être-

    -nouvelle étendue unissant le trouble à la transparence

    révélant de l’ombre sa dissipation éclairée

    Des femmes des hommes des enfants marchent dans l’esprit

    Contre l’obéissance

    Pour que resplendissent des forces pures

    L’histoire d’une création sereine et collective

    Changeant à toute brise

    Vibrant de l’intime

    De la foi infinie en la condition du jour

    Sans nous appartenir

    Des visionnaires sur la longue durée de l’insaisissable histoire

    Entourent la légèreté du temps

    En dépit du destin qui les trompait

    Nous sommes à l’âge de la révolte-poème

    Où les arbres marchent d’inouï en inouï

    Vers la clairière résonnante

    Voici la fête totale de l’espoir du jour

    Tourné vers sa face amie

    Au carrefour de tout espoir étranger

    Jailli du cœur de la révolte

     

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     PHILIPPE TANCELIN

    11 février 2011

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    susan hall

    Oeuvre Susan Hall 


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  • 10/06/18--10:37: LE SURVIVANT...Extraits
  • Une table tout près, une lampe très loin

    Qui dans l’air irrité ne peuvent se rejoindre,

    Et jusqu’à l’horizon une plage déserte.

    Un homme à la mer lève un bras, crie: « Au secours!

    Et l’écho lui répond: « Qu’entendez-vous par là? »


    ...


    Lorsque le noyé se réveille au fond des mers et que 
    son cœur 

    Se met à battre comme le feuillage du tremble 
    Il voit approcher de lui un cavalier qui marche l'amble 

    Et qui respire à l'aise et lui fait signe de ne pas avoir peur. 

    Il lui frôle le visage d'une touffe de fleurs jaunes 
    Et se coupe devant lui une main sans qu'il y ait

    une goutte de rouge. 
    La main est tombée dans le sable où elle fond sans un soupir 

    Une autre main toute pareille a pris sa place et les doigts bougent.

    Et le noyé s'étonne de pouvoir monter à cheval. 
    De tourner la tête à droite et à gauche comme s'il était au pays natal, 

    Comme s'il y avait alentour une grande plaine, la liberté,

    Et la permission d'allonger la main pour cueillir un fruit de l'été.

    Est-ce donc la mort cela, cette rôdeuse douceur 
    Qui s'en retourne vers nous par une obscure faveur?

    Et serais-je ce noyé chevauchant parmi les algues 
    Qui voit comme se reforme le ciel tourmenté de fables.

    Je tâte mon corps mouillé comme un témoignage faible

    Et ma monture hennit pour m'assurer que c'est elle.

    Un berceau bouge, l'on voit un pied d'enfant réveillé. 
    Je m'en vais sous un soleil qui semble frais inventé.

    Alentour il est des gens qui me regardent à peine, 
    Visages comme sur terre, mais l'eau a lavé leurs peines.

    Et voici venir à moi des paisibles environs 
    Les bêtes de mon enfance et de la Création

    Et le tigre me voit tigre, le serpent me voit serpent, 
    Chacun reconnaît en moi son frère, son revenant.

    Et l'abeille me fait signe de m'envoler avec elle 
    Et le lièvre qu'il connaît un gîte au creux de la terre

    Où l'on ne peut pas mourir.

    ...

     

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    JULES  SUPERVIELLE

     

     

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    inconnu2

    Oeuvre ?


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  • 10/06/18--10:45: LES AMANDIERS...Extrait
  • Quand j’habitais Alger, je patientais toujours dans l’hiver parce que je savais qu’en une nuit, une seule nuit froide et pure de février, les amandiers de la vallée des Consuls se couvri­raient de fleurs blanches. Je m’émerveillais de voir ensuite cette neige fragile résister à toutes les pluies et au vent de la mer. Chaque année, pourtant, elle persistait, juste ce qu’il fallait pour préparer le fruit.

    Ce n’est pas là un symbole. Nous ne gagne­rons pas notre bonheur avec des symboles. Il y faut plus de sérieux. Je veux dire seulement que parfois, quand le poids de la vie devient trop lourd dans cette Europe encore toute pleine de son malheur, je me retourne vers ces pays écla­tants où tant de forces sont encore intactes. Je les connais trop pour ne pas savoir qu’ils sont la terre d’élection où la contemplation et le cou­rage peuvent s’équilibrer. La méditation de leur exemple m’enseigne alors que si l’on veut sau­ver l’esprit, il faut ignorer ses vertus gémissantes et exalter sa force et ses prestiges. Ce monde est empoisonné de malheurs et semble s’y com­plaire. Il est tout entier livréà ce mal que Nietzsche appelait l’esprit de lourdeur. N’y prê­tons pas la main. Il est vain de pleurer sur l’es­prit, il suffit de travailler pour lui.

    Mais où sont les vertus conquérantes de l’es­prit ? Nietzsche les a énumérées comme les ennemis mortels de l’esprit de lour­deur. Pour lui, ce sont la force de caractère, le goût, le «monde », le bonheur classique, la dure fierté, la froide frugalité du sage. Ces vertus, plus que jamais, sont nécessaires et chacun peut choi­sir celle qui lui convient.

    Devant l’énormité de la partie engagée, qu’on n’oublie pas en tout cas la force de caractère. Je ne parle pas de celle qui s’accompagne sur les estrades électorales de froncements de sourcils et de menaces. Mais de celle qui résiste à tous les vents de la mer par la vertu de la blancheur et de la sève. C’est elle qui, dans l’hiver du monde, préparera le fruit.

     

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    ALBERT CAMUS

    " L’été"

     

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    SOPHIE DUPLAIN

    Oeuvre Sophie Duplain


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  • 10/10/18--01:16: LETTRE D'EXIL

  • Vit encore, vaguement, vaguelettes frangées aux écumes amères,
    Bouge, gré des marées, filet jaune accroché au rocher, cédant,
    Qui disparaît, revient, message au dérisoire,
    Flotte, bercée par les poissons et les oiseaux de mer,
    Muette se balance entre l'eau et le ciel, terre lointaine, déjà...
    Et se défait
    Bribes d'humain qui perd son langage, trouve celui de l'animal,
    Puis de l'algue et ses lascivités de l'à quoi bon,
    Guette déjà le lent mouvement des sables s'enroulant qui s'usent,
    Parle une langue de pierres noires de silex de coquillages minuscules,
    Rejoignant l’extrêmement petit et l'infiniment grand
    Ce grondement sonore et grave d'une armée de violons s'accordant
    Qui remue l'horizon
    N'accuse pas la mer de me manquer elle n'y est pour rien
    C'est moi qui manque d'elle

     

     

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    ALEXO XENIDIS

     

     

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    zao wou-ki 2

    Oeuvre Zao Wou-Ki


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    Un enterrement à Calvi

    Sur la place de l'église balayée par un vent violent, des dizaines de personnes venues de tout endroit de Corse et en particulier de Castagniccia attendaient le malheureux. J'étais à deux pas du cercueil et devant moi le prêtre officiait face à la foule. Que disait-il? Après avoir parlé du défunt, il lui promettait ou il espérait pour lui une vie dans l'au-delà.
    J'étais atterré, angoissé par cet enfermement. Moi qui savais et qui devais encore me taire, supporter encore une fois le vieux supplice de l'égarement universel. Je voulais fuir à grandes enjambées à l'air libre mais dans la douleur, j'assistais encore...jusqu'à la fin.
    Le prêtre avait déjà nettement séparé dans son discours le défunt de sa famille et de son pays; il le prenait comme un client potentiel du ciel chrétien et il plaidait humblement sa cause devant le ciel avec beaucoup d'incertitude. Peut-être, disait-il, y a-t-il un espoir pour cet homme? Notons le "Peut-être", car le chrétien n'a pas de certitude: il y a le péché de vivre, il y a l'Enfer, le Paradis… peut-être.
    Mais quel espoir pouvait-il y avoir pour cet homme, si on lui retranchait ses racines vitales de peuple et de lucidité globale? Un végétal ne repousse plus sans racine. Ainsi flottait le malheureux mort dans l'air tendancieux d'un prêtre-outil répétant mécaniquement les mêmes sermons, les mêmes promesses sans conviction pour le même enterrement d'une plante déracinée.
    Cet homme qui allongé dans son cercueil partait ainsi, à qui on avait toujours pipé les dés, il fallait bien le réhabiliter. Mais Comment? Je me retournai un instant et à travers la porte de l'édifice chrétien, là-bas au loin je vis les montagnes imposantes de la Balagne couronnées de neige.
    C'était là le signe, c'était là l'attente, c'était là qu'irait un jour celui qui doit venir, celui qui doit venir pour la Corse, pour que ses fils ne partent plus bafoués, déracinés et désespérément seuls à jamais. Cet homme dans le cercueil avait été nourri de ces paysages, il en avait pressenti les potentialités, mais il était mort trop tôt hélas pour goûter sur terre, sur sa terre, les révélations puissantes et prometteuses qui pénètrent le corps comme un suc régénérant pour toujours.
    Je voyais les montagnes impatientes, impatientes de rendre à leur peuple la force gigantesque de leur puissance.
    Mais il fallait révéler les réalités ambiantes et historiques pour qu'à la dernière minute les esprits libres, les corps vibrants, ne soient plus déracinés, happés et récupérés par le cérémonial étouffant et hors sujet par rapport à la Corse qui m'était donné de souffrir en cet endroit.
    Je jurais vengeance spirituelle à cet enfant de la Corse qui partait, je jurai que la Castagniccia si fière qui nous avait déjà donné une indépendance politique et qui depuis si longtemps attendait, attendait celui qui doit venir, ceux qui doivent venir, ses enfants, ses enfants, je jurais donc que les rayons solaires que filtraient les feuilles de ses châtaigniers seraient désormais de la poudre d'or, l'or de sa restauration glorieuse.
    Cette église remplie de Corses qui se courbaient à un discours étranger et diviseur pendant que mourait leur peuple et se décharnait leur être, je jurai que désormais ce serait pour leur propre destin que leurs poitrines se soulèveraient en paroles, en chants et en gestes libres. 
    Dans le cimetière de Calvi à la fin de la cérémonie je fus frappé par la promiscuité des tombes, de tous ces hommes et ces femmes séparés, divisés et pourtant entassés. Mais l'heure de la restauration viendra et cet entassement sera alors rassemblement des forces vers un même but.
    Cimetière marin de Calvi, tu seras le navire plein de joie regardant la mer et ancré splendidement dans les entrailles de ta terre, les yeux vers les étoiles.

     

     

     

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    CHARLES VERSINI
    Editions du Journal de la Corse 1992

     

     

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    CALVI2,


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  • 10/10/18--05:38: LE PETIT PRINCE ...Extrait
  • ...  

    Les gens ont des étoiles qui ne sont pas les mêmes. Pour les uns qui voyagent, les étoiles sont des guides, pour d’autres, elles ne sont rien que de petites lumières. Pour d’autres qui sont savants, elles sont des problèmes. Pour mon directeur, elles étaient de l’or. Mais toutes ces étoiles-là se taisent. Toi, tu auras des étoiles comme personne n’en a… Quand tu regarderas le ciel, la nuit, puisque j’habiterai dans l’une d’elles, puisque je rirai dans l’une d’elles, alors ce sera pour toi comme si riaient toutes les étoiles. Tu auras, toi, des étoiles qui savent rire ! 

     

    ...

    .

     

     

    ANTOINE DE SAINT-EXUPERY

     

     

    .

     


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  • 10/10/18--05:39: LA PEINE ET SES ETOILES

  • Que la peine soit lourde ou légère
    Qu’elle soit profonde ou passagère,
    Il existe toujours trois étoiles
    Qui sont comme des guides.
    Trois étoiles qui nous aident
    A éviter la peine ou à vivre avec elle
    Et à la traverser.


    L’étoile du temps
    Quand tout parait désert, brulé et désolé
    Parce qu’on a trop souffert,
    Le temps qui passe peut encore nous aider.
    Lentement, patiemment, grâce au temps,
    D’autres joies, d’autres rêves,
    Viennent se glisser en nous …


    L’étoile du veilleur
    Être veilleur, c’est tenir une lampe allumée
    Pour empêcher la peine d’entrer,
    Chez les autres et aussi chez soi ;
    Être veilleur, c’est tenir une lampe allumée
    Pour être prêt, le plus possible,
    À supporter la peine si elle entre quand même.


    L’étoile de l’amour
    Souvent, quand on est malheureux
    On est comme un soleil caché.
    On ne peut pas éclairer,
    On ne peut pas réchauffer.
    Aimer, c’est tout le contraire !
    Aimer, c’est offrir ce qu’on est
    Comme s’offre le soleil.
    Aimer, c’est accueillir les autres
    Pour combattre ensemble
    La peine et les nuages

     

     

    .

     

     

    AUTEUR INCONNU

     

     

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    THAM2

    Photographie Thami Benkirane

    https://benkiranet.aminus3.com/ 


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    Sur la sable doux que caresse la mer
    Ses traces sont sans retour,
    Un chemin solitaire de peine et de silence
    Est arrivé jusqu’à l´eau,
    Un chemin solitaire de peine silencieuse
    Est arrivé jusqu’à l´écume des vagues.
    Dieu sait quelle angoisse t’accompagna,
    Quelle longue souffrance ta voix a tué,
    Pour que, bercée, elle se réfugie
    Dans le chant des coquillages,
    La chanson que chantent au fond de la mer
    Les coquillages.

    Tu t´en vas, Alfonsina, avec ta solitude,
    Quels nouveaux poèmes es-tu allée chercher,
    Une voix lointaine de vent et de sel
    A charmé ton âme et l’emporte,
    Et tu t’en vas là-bas, comme dans un rêve,
    Endormie, Alfonsina, et toute vêtue de mer.

    Cinq petites sirènes t’emmèneront
    Par des chemins d´algues et de corail,
    Et des hippocampes phosphorescents
    Feront une ronde à tes côtés,
    Et tous les habitants de l´eau
    Joueront bientôt à tes cotés.
    « Baisse donc la lampe encore un peu,
    Laisse-moi, nourrice, dormir en paix;
    Et s´il me demande, ne dis pas que je suis là,
    Dis-lui qu’Alfonsina ne reviendra pas.
    Et s’il me demande, ne lui dis jamais que je suis là,
    Dis-lui que je suis partie. 

    .

     

    .

    .

     

    Por la blanda arena
    Que lame el mar
    Su pequeña huella
    No vuelve más
    Un sendero solo
    De pena y silencio llegó
    Hasta el agua profunda
    Un sendero solo
    De penas mudas llegó
    Hasta la espuma

     

    Sabe Dios qué angustia
    Te acompañó
    Qué dolores viejos
    Calló tu voz
    Para recostarte
    Arrullada en el canto
    De las caracolas marinas
    La canción que canta
    En el fondo oscuro del mar
    La caracola

     

    Te vas Alfonsina
    Con tu soledad
    Qué poemas nuevos
    Fuíste a buscar?
    Una voz antigüa
    De viento y de sal
    Te requiebra el alma
    Y la está llevando
    Y te vas hacia allá
    Como en sueños
    Dormida, Alfonsina
    Vestida de mar

     

    Cinco sirenitas
    Te llevarán
    Por caminos de algas
    Y de coral
    Y fosforescentes
    Caballos marinos harán
    Una ronda a tu lado
    Y los habitantes
    Del agua van a jugar
    Pronto a tu lado

     

    Bájame la lámpara
    Un poco

     

     

     

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    ALFONSINA STORNI

     

     

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  • 10/10/18--10:42: SILENCE DE MIDI
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    Tes mains sont ouvertes dans les longues herbes fraîches,
    Les bouts des doigts pointent telles des roses en fleur :
    Tes yeux souriants respirent la paix. Le pré luit puis s’assombrit
    Sous un ciel de nuées qui se dispersent et se rassemblent.
    Tout autour de notre nid, aussi loin que l’œil puisse voir,
    S’étendent des champs dorés de boutons d’or, bordés d’argent
    Là où le cerfeuil sauvage longe la haie d’aubépine.
    C’est un silence visible, aussi immobile que l’est devenu le sablier.

    Dans la profondeur de la verdure fouillée par le soleil, la libellule
    Est suspendue tel un fil bleu qu’on aurait défait du ciel :
    Ainsi cette heure ailée nous est envoyée d’en haut.
    Oh ! Serrons-la sur nos cœurs, comme don immortel,
    Cette heure d’une communion intense et inexprimable
    Où un silence partagéà deux fut le chant de l’amour.
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    DANTE GABRIEL ROSSETTI
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    dante-gabriel-rossetti-ophelia

    Oeuvre Dante Gabriel Rossetti

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  • 10/10/18--12:26: OISEAUX
  • Les yeux partis du front des aveugles deviennent des oiseaux.

    – Les petits oiseaux, passe encore ! allez-vous dire, mais les grands ?…
    Les grands oiseaux, ne voyez en eux que des yeux exorbitamment épars depuis des temps immémoriaux.
    Quelle force au surplus pourrait empêcher les yeux de grandir, une fois dans le libre azur ?

    Roitelet : œil de poupon !
    Mésange : œil de fillette !
    Fauvette : œil de garçon !
    Bengali : œil d’infante !
    Pinson : œil de page !
    Linotte : œil de bohémienne !
    Moineau : œil de gavroche !
    Alouette : œil de pâtre !
    Bergeronnette : œil de lavandière !
    Ortolan : œil de vicaire !
    Rossignol : œil de poète !
    Hirondelle : œil de bayadère !
    Pivert : œil de pèlerin !
    Chardonneret : œil de troupier !
    Martin-pêcheur : œil de matelot !
    Chauve-souris : œil de pierreuse !
    Coucou : œil d’écornifleur !
    Grive : œil d’ivrogne !
    Merle : œil de satirique !
    Sansonnet : œil de contribuable !
    Canard : œil de mendiant !
    Perroquet : œil d’histrion !
    Tourterelle : œil de religieuse !
    Ramier : œil d’amant !
    Colombe : œil de martyr !
    Pie : œil de veuve !
    Corbeau : œil de fossoyeur !
    Hibou : œil d’avare !
    Goéland : œil de corsaire !
    Coq : œil de toréador !
    Poule : œil de ménagère !
    Faisan : œil de gentilhomme !
    Dinde : œil de magistrat !
    Oie : œil de chanoine !
    Héron : œil de cénobite !
    Cygne : œil de patriarche !
    Chat-huant : œil d’astrologue !
    Cormoran : œil de flibustier !
    Cigogne : œil de mage !
    Condor : œil de bandit !
    Vautour : œil de tyran !
    Paon : œil de pape !
    Aigle : œil d’empereur !
    Et tant d’autres !

    La preuve que voilà bien des yeux ailés, considérez les nids et les aires.
    Dirait-on pas des orbites ?
    Ils vont de climat en climat, de pic en pic, de lande en lande, de bosquet en bosquet, de branche en branche, les oiseaux ; et leur repos met, sur les choses, des yeux.
    Lorsqu’un oiseau se pose, le roc ou la branche nous voit, et ses regards sont, selon le miroir de notre âme, bellement ou laidement sonores.
    Aussi faut-il s’efforcer toujours d’avoir une âme claire et de marcher avec d’infinies précautions à travers la vie ; car, n’étant plus ceux des fronts humains, les yeux « tombés dans le domaine public » sont devenus les yeux de la nature.
    Possible explication du Dieu-voit-tout qui surprenait notre enfance !
    En effet Dieu c’est la fille, le garçon, le riche, le mendiant, celui qui souffre et celui qui jouit, celui qui nous aide et celui qui nous éprouve, celui qui récompense et celui qui châtie, – c’est enfin tout le monde à la fois.
    Ne tuez donc pas les oiseaux !
    Ne tirez pas sur eux la paupière de la mort !
    Ne crevez pas les yeux qui volent !
    N’aveuglez pas Dieu !

     

     

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    SAINT-POL ROUX

     

     

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    OISEAUX

    Oeuvre ?


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  • 10/10/18--17:05: SECONDES...Extrait
  • Aujourd’hui encore, parfois,
    tu peux avec la clef d’un simple trèfle
    ouvrir le monde...

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    YANNIS RITSOS

     1909 - 1990

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