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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 01/21/19--02:55: POEMES SAHARIENS...Extrait
  • Des fleurs!!!
    il me faut des fleurs
    plein les mains 
    et la tête
    plein le coeur
    plein les poumons
    des fleurs à respirer
    à mettre en pot
    en terre
    en gerbe

    La nuit s'ouvre
    comme une femme
    douce
    immense...

    C'est une veillée d'armes

    Alors on pense
    on compte
    on additionne
    on se souvient
    on regrette
    on s'en veut
    on s'en fout
    on comprend...
    On aime surtout
    on aime grand
    comme le vide
    qui vous guette...
    sans crainte
    sans maudire
    sans médire
    sans rancune
    sans façons...
    On aime tranquillement
    gentiment

    Alors toi
    dis à toutes et à tous
    qu'ils sont ce soir
    à la fête 
    dans mon coeur...
    que c'est pour eux
    que je suis là
    pour eux
    et tous les autres
    que je ne connais pas
    que je ne sais nommer
    que je ne peux nommer
    que je ne veux nommer

    ... Pour eux
    pour Toi
    pour moi
    afin de voir
    de dire
    de crier...

    Qu'ils sachent que c'est là
    ma vie
    mon métier
    mon urgence
    ma force
    ma responsabilité
    ma dignité...
    Il monte de la ville
    un souffle d'homme
    une plainte de femme
    un sommeil d'enfant

    Il monte de la ville
    un peu de mon pays
    de ses cannes à sucre
    de ses cayes
    comme une odeur de tafia
    comme un fond de tam-tam

    ...

     

     

    .

     

     

    GERALD BLONCOURT

     

     

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    HAITI

    Oeuvre ?


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    Il goûte tout l’arbre dans la graine

    Tout songe est poussière des voyages
    l’herbe tissée de la vapeur du monde
    pour être ce grand visage clair
    épanché vers le ciel
    de l’attente qui nous lie
    aux lèvres de chair et aux mondes nouveaux
    simple éternel voici les oiseaux du voyage
    qui essaiment les graines
    de l’inchangé et du pur
    entre la rose et l’or
    aussi longtemps que les mots
    sont des fleurs d’amour
    l’un peut lire dans les yeux de l’autre 
    la profondeur de l’eau
    semée en toi

     

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    MICHEL EKHARD ELIAL

     

     

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    Pascal Lazzarotti

    Oeuvre Pascal Lazzarotti


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  • 01/22/19--11:55: LA VAGABONDE...Extrait
  • " Il y a des jours où la solitude, pour un être de mon âge, est un vin grisant qui vous saoule de liberté, et d'autres jours où c'est un tonique amer, et d'autres jours où c'est un poison qui vous jette la tête aux murs. Ce soir, je voudrais bien ne pas choisir. Je voudrais me contenter d'hésiter, et ne pas pouvoir dire si le frisson qui me prendra, en glissant entre mes draps froids, sera de peur ou d'aise."

     

     

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    COLETTE

     

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    Bato Dugarzhapov2

    Oeuvre Bato Dugarzhapov


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  • 01/24/19--14:19: EDWIN MUIR...Extrait
  • C'est moi qui éprouve du remords pour tout ce que le Temps 

    T'a fait, mon amour, comme si je t'avais 

    Imposé l'usure du soleil sans-repos

    Et tous ces jours mortels pour accomplir ce crime-là.

     

    Pour ne pas conserver ce qui nous fut donné 

    Par pure grâce et l'abandonner 

    A l'oisiveté des heures, laissant l'automne enterrer 

    Notre été paradisiaque: A une telle accusatîon, que puis-je répondre

     

    Sinon le vieux dicton surgi du cœur :

    « Le Temps épargne l’amour »

    Mais nous, l’aimée et l’amant, nous vieillissons ;

    Seule la vérité est toujours nouvelle :

    « L’Éternité seule peut changer le faux en vrai,

    Elle qui nous rajeunit en dépit du Temps »

     

     

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    EDWIN MUIR

    Traduction Alain Suied

     

     

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    Matteo Massagrande2,

     

    Oeuvre Matteo Massagrande


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  • 01/25/19--13:18: UN PEU D'ETYMOLOGIE
  • analphabète2,


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  • 01/26/19--08:44: LE PASSE...Extrait
  • « Une mémoire infaillible ne guide mon souvenir qu’à travers le jardin embrouillé de mon enfance. Demandez-moi de vous dire la forme et la couleur d’une seule feuille de ces giroflées marron, que la gelée et la neige confisaient, chaque hiver, dans le jardin, et qui ressemblaient, cuites de froid sur la terre blanche, à de pauvres salades ébouillantées… Demandez-moi si la glycine, vieille de deux siècles, fleurissait deux fois chaque année, et si le parfum de sa seconde floraison, exhalé de maigres grappes, semblait le souvenir affaibli de la première… Je saurai vous dire le nom de mes chattes et de mes chiens morts, je noterai pour vous le chant funèbre, le miaulement mineur des deux sapins qui berçaient mon sommeil, et la voix jeune, aigüe et douce, de ma mère criant mon nom dans le jardin… J’entrouvrirai pour vous les livres où se penchait mon front aux longues nattes, et, d’un souffle, j’en ferai s’envoler, humides encore, les pétales de pivoines roses, les pensées noires au visage froncé, les myosotis couleur d’eau bleue, que pressait entre leurs pages mon paganisme ingénu…"

     

     

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    COLETTE 

     

     

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    fatat bahmad,

    Oeuvre Fatat Bahmad


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  • 01/29/19--02:01: NOS JEUNES HIVERS...
  • Tu ne m’as jamais rien refusé

    Pas même l’écorce échancrée de ton regard 

    Pas même les premiers grains de l’aurore quand nous divaguons enlacés à la rencontre de notre amour

    Pas même, offrande suprême, les papillonnements exaltés du soir quand nous nous emparons l’un de l’autre sous les lanternes d’un nouveau monde

    J’ai su en te croisant que le lieu de ton corps serait mon ultime héritage

    Que tes lèvres ourleraient dans la nuit la plus infime de mes défaillances

    Que je n’aurais plus jamais peur dans les ravines du silence

    Ni en haute mer

    Ni dans le creux de ma mémoire

    Ni dans les sillons de l’absence

     

    Je ne t’ai jamais rien refusé

    Pas même ces vers insensés qui escortent ta solitude quand les mots viennent à faillir, là-bas face à la mer

    Pas même le crépitement de mes pensées sur l’essaim tiède de tes hanches

    Pas même la clé de cette grange antique où dorment mes gisants

    J’ai su en te croisant que le lieu de ta joie serait mon ultime passage

    Qu’il me faudrait ôter une à une les écailles qui encombraient mon seuil

    et m’abandonner à l’étreinte si tendre de nos jeunes hivers

     

     

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    SYLVIE MEHEUT

    http://www.sylviemeheut.com

     

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    Katell Le Goarnig,

    Oeuvre Katell Le Goarnig


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  • 02/03/19--03:21: LE KEPI...Extrait
  • De là, je retombai dans l’enfance, car une créature féminine s’y reprend à plusieurs fois pour éclore. Je fus laideronne avec délices, la chevelure cordée et des mèches plates sur les joues. A toutes parures, je préférai mes vieilles chaussures lacées, mes anciens tabliers d’école et leurs poches pleines de noisettes, de ficelles et de chocolat. Les sentiers bordés de ronces, les massettes de roseaux, les lacets de souliers en pâte de réglisse, les chats, brefs tout ce que j’aime encore aujourd’hui me redevint cher. Il n’est pas de mots pour chanter, de souvenirs précis pour illustrer de telles périodes, que de loin je ne puis comparer qu’à des abîmes de sommeil heureux. Une odeur de fenaison me les rappelle parfois, peut-être parce que soumise aux fatigues de la croissance je m’endormais sans rêves, pendant une heure, dans les foins neufs. 

     

     

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    COLETTE

     

     

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    auguste-renoir

    Oeuvre Auguste Renoir

     


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  • 02/03/19--11:56: L'ETRANGER
  • Un jour tu frapperas à ma porte et ton ombre sera ma lumière
    Saurai-je alors être digne lorsque ce jour viendra
    Saurai-je être digne de toi
    Saurai-je tendre le cœur et sans frémir accepter ton miroir
    Saisir entre tes cils le sel de ma mémoire
    Et d’un simple regard reconnaître mon frère
    Nous aurions dû recevoir à parts égales notre ration de soleil
    J’ai reçu plus que toi
    Et le si peu que j’ai déjà
    Je te le dois
    Le jour où tu viendras tu m’offriras le parfum de ta terre
    Je serai l’exilé
    L’assoiffé
    L’éphémère
    Homme parmi les hommes
    Nu et déraciné
    Plus tranchant que le glaive
    Plus tendre que l’aubier
    Plus malléable encore que l’argile sous les doigts du potier
    Et je me hisserai mon frère
    Et je me hisserai vers toi
    Comme l’olivier aux portes du désert
    Comme la colombe sur les vestiges d’un monde ancien
    Je sentirai battre en mon âme l’écho de tous les préludes
    Alors peut-être serai-je digne mon frère
    Digne de ton regard
    Digne de ta lumière
    Digne de l’amandier
    Digne des lendemains
    Lorsque demain tu frapperas à ma porte et que l’étoile t’aura précédé
    Serai-je alors digne de toi devant l’éternité
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    ..
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    SYLVIE MEHEUT
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    alessandro spano

    Alessandro Spano

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    Il faut absolument que les hommes parviennent à préserver autre chose que ce qui leur sert à faire des semelles, ou des machines à coudre, qu’ils laissent de la marge, une réserve, où il leur serait possible de se réfugier de temps en temps. C’est alors seulement que l’on pourra commencer à parler d’une civilisation. Une civilisation uniquement utilitaire ira toujours jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’aux camps de travail forcé. Il nous faut laisser de la marge. Et puis je vais vous dire… il n’y a pas de quoi être tellement fier, n’est-ce pas ? il n’y a plus vraiment que la tour Eiffel pour nous permettre de regarder de haut en bas sur le reste de la création. Vous allez m’envoyer composer des poèmes, comme le gouverneur, mais dites-vous bien que les hommes n’ont jamais eu plus besoin de compagnie qu’aujourd’hui. On a besoin de tous les chiens, de tous les chats, et de tous les canaris, et de toutes les bestioles qu’on peut trouver…
    Il cracha soudain par terre, avec force. Puis il dit, la tête baissée, comme s’il n’osait pas regarder les étoiles :
    — Les hommes ont besoin d’amitié.

     

     

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    ROMAIN GARY

     

     

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    roelant-savery-

     

    Oeuvre Roland Savery 

    1576 - 1639 


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    Merci Adélita mia...

     

     

    Les vagabonds vont par les routes, je ne les vois pas.
    Les prisonniers hurlent, je ne les entends pas.
    Les affamés cherchent du pain, les gueux montrent leurs loques,
    les hommes floués cherchent la vérité.
    Et la terre couverte d’ivraie, la terre belle et fière,
    défend sa dignité
    par une souffrance obstinée.

    O hommes affamés, loqueteux, floués!
    Je sais bien qu’un jour

    Les vagabonds vont par les routes, je ne les vois pas.
    Les prisonniers hurlent, je ne les entends pas.
    Les affamés cherchent du pain, les gueux montrent leurs loques,
    les hommes floués cherchent la vérité.
    Et la terre couverte d’ivraie, la terre belle et fière,
    défend sa dignité
    par une souffrance obstinée.

    O hommes affamés, loqueteux, floués!
    Je sais bien qu’un jour
    le pain sera partagé avec les songes
    et la tristesse de la terre, entre nous tous
    qui passons par la rivière vers un ciel nouveau
    de pluies et de grains.
    Viendra le moment où chaque pas du monde
    fera pousser du pain. Les broussailles et l’ivraie
    seront du pain et le sang deviendra du pain.
    Nos coeurs seront le blé
    et nos chants la pluie. Et le bruit de la meule
    sera notre ultime parole.

    Vagabonds du monde, vous ai-je offensés?
    Vous avez faim, et moi je chante.
    Mais si je cesse de chanter la tristesse
    de ce feuillage liéà nous
    de toute éternité par un bon
    et patient dévouement,

    si je cesse de chanter les branches qui naissent
    les branches qu’il faut sauver,
    si je cesse de chanter l’effort
    par lequel il faut préserver chaque arbre
    sous ce soleil, chaque cri
    dans ce corps, de chanter l’effort
    pour sauver la beauté,

    alors seront oubliées, frères,
    la fatigue du chasseur et la peine du laboureur,
    seront oubliées la main
    qui forgeait et la main
    qui retenait les torrents,
    si je cesse de chanter la tendresse,
    nul homme ne connaîtra plus, frères,
    le secret de l’arbre qu’on a planté,
    le conte de la fleur qui a poussé
    au milieu des prairies désertes.
    Nul homme ne saura plus
    pourquoi il est là et qui a sauvegardé
    ses yeux, pour qu’ils soient le feu du monde.

    Qui dira alors à l’homme
    qu’il a eu faim, qu’il a été nu,
    qu’il fut soldat, qu’il fut infirme,
    qu’il fut malheureux,

    si nous ne forçons pas la mer à hurler notre pensée
    si nous ne forçons pas la terre à chanter notre soif.
    Si nous ne sauvons pas notre chant du mépris de ceux
    qui n’ont pas besoin de la pureté du monde.

    Affamés et nus, chantez avec moi
    mon chant! C’est aussi votre chant.
    Si nous cessons de le chanter
    le pain deviendra de nouveau ivraie
    qui pousse sans pitié.

    Le pain deviendra ivraie,
    ivraie et sang du monde.

     

     

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    VESNA PARUN

    poétesse croate (1922- 2010)

     

     

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    Kostis Moudatsos

    Oeuvre Katerina Dramitinou, Kostis Moudatsos


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  • 02/07/19--11:27: ERNEST PEPIN...Extrait
  • Je vis soudéà mon poème
    Buvard qui absorbe mes émotions
    Quand elles débordent du lit
    De la vie
    Et dans les pages que j’écris
    Je capte toutes les lucioles du monde
    Baisers de feu
    Sur les lèvres intranquilles du réel
    Et l’univers m’accueille
    Comme un enfant nouveau-né
    Couvert de mots
    De peur 
    De colère
    Mais aussi d’un collier d’amour
    Que je porte toujours au cou
    Pour conjurer ma vie
    Je suis mon propre poème qui va
    Comme un torrent
    Invente sa mer
    Comme un éclair
    Vomit sa lumière
    A pas d’homme désarmé
    Vers l’innocence de son pays
    Ce drapeau d’humanité
    Que je colporte à bout de bras
    Et qui me fait aimer le genre humain
    Ecoute
    Lis
    Mon poème est là
    Il te tiendra chaud
    Et plus encore il te guérira
    Car je l’ai écrit pour toi
    A l’heure intime des métamorphoses
    C’est un poème-papillon
    Qui frissonne
    Une lettre que l’infini t’envoie
    Une rosée
    Un pollen
    Un voyage sans frontière
    Un peu de moi
    Un tout-moi qui dit nous

     

     

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    ERNEST PEPIN
    Faugas
    Le 5 Février 2019

     

     

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    ernest


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    Sur la plage où l'ombre de la baie s'allonge
    Il est couché tel une vigne en son clos,
    Solitaire et tourné du côté des vagues.
    Son visage est empreint d'une grâce grave,
    Le vent de midi à ses traits se caresse,
    Il est plus beau que branche de grenadier
    Gorgée de pépiements d'oiseaux, et sa taille
    Plus souple que l'ondulation d'un lézard.

    J'écoute la rumeur basse de la mer
    Qui surgit de la vague et se répercute,
    Masquée par un agave antique, j'épie
    Sa gorge qui se change en une mouette
    Pour s'envoler avec un gémissement
    Vers l'or des nuages. Et de l'airain du ventre
    Somptueux s'érige sombrement le roc
    En fleur qui porte un cortège de princesses
    Fascinantes, de fées surgies des légendes.

    Grise est la mer, le sable crisse.
    Des ombres blondes s'étendent sur la vigne.
    Dans le lointain des colonnes de ciel saillent.
    L'orage maintenant vient battre la plage.

    Et moi je tête l'odeur d'été qui croît
    Et je bois le vin des plantes dénudées
    Et j'emplis mon regard de ces mains qui luisent,
    De ces flancs brillants et polis d'une écume
    Ou se déplace l'huile des oliviers,
    Moi, mes yeux apaisés reposant sur lui
    Enveloppé par la vague, qui sommeille
    Dans ce tonnerre lent et vieux comme agave,
    Moi livrée au vol multiple des désirs,
    Je me demande combien d'ailes ouvertes
    Palpitent dans les creux bleutés et les monts
    De ce corps si calme qu'il s'en va troubler
    L'herbe solitaire et la mer en son verbe.

     

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    VESNA PARUN

     

     

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    Mahmoud Al-Kurd5,

    Oeuvre Mahmoud Al-Kurd


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  • 02/09/19--08:25: SUPPLIQUE
  • Je vous prie

    Qu'on me lave d'eau douce, celle du puits où dort la salamandre
    Tout au fond du jardin près du figuier à l'ombre mortelle
    Qu'on me lave de pluie
    Celle tombée qui fait bouger la terre de miracles légers
    Je vous prie,
    Qu'on me lave de neige, de grêle,
    Et du flot de la mer que je ne reverrai pas,
    De l'eau des larmes que j'ai pleurées quand je pleurais encore
    De ce que vous n'avez pas touché
    Qu'on me lave, nue,
    Du vin, du sang, des paroles, qu'on me lave
    De la puanteur
    On donne, on reprend, je ne sais rien de la tête des hommes
    De ce qui y grouille, vermine et douceurs mêlées,
    Et de cette marée qui soulève le cœur, porte aux nues
    Avant de jeter à bas le naïf, l'autre ou celui qui ne joue pas
    Aux mêmes jeux que vous
    Je vous prie
    Qu'on me lave de mon odeur d'humain qui me fait honte

     

     

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    ALEXO XENIDIS

     

     

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    montserrat gudiol

    Oeuvre Montserrat Gudiol


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  • 02/10/19--00:33: L'ETOILE VESPER...Extrait
  • « Faut-il vraiment donner le nom de pensées à une promenade, à une contemplation sans buts ni desseins, à une sorte de virtuosité du souvenir que je suis seule à ne pas juger vaine ? Je pars, je m’élance sur un chemin autrefois familier, à la vitesse de mon ancien pas ; je vise le gros chêne difforme, la ferme pauvre où le cidre et le beurre en tartines m’étaient généreusement mesurés. Voici la bifurcation du chemin jaune, les sureaux d’un blanc crémeux, environnés d’abeilles en nombre tel qu’on entend, à vingt pas, leur son de batteuse à blé… J’entends sangloter les pintades, grommeler la truie… C’est cela, ma méthode de travail. Puis soudain, un trou mental, le vide, l’abolition, une ressemblance parfaite, je pense, avec ce que doit être le début d’une mort, la route perdue, barrée, effacée. »

     

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    COLETTE

     

     

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    Childe Hassam

    Oeuvre Childe Hassam


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  • 02/12/19--09:23: SILENCE -BEETHOVEN

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    Je perdrai peut-être – si tu le désires – ma subsistance
    Je vendrai peut-être mes habits et mon matelas
    Je travaillerai peut-être à la carrière comme porte faix, balayeur des rues
    Je chercherai peut-être dans le crottin des grains
    Je resterai peut-être nu et affamé
    Mais je ne marchanderai pas
    O ennemi du soleil
    Et jusqu’à la dernière pulsation de mes veines
    Je résisterai.

     

    Je résisterai

    Tu me dépouilleras peut-être du dernier pouce de ma terre 
    Tu jetteras peut-être ma jeunesse en prison 
    Tu pilleras peut-être l’héritage de mes ancêtres 
    Tu brûleras peut-être mes poèmes et mes livres 
    Tu jetteras peut-être mon corps aux chiens 
    Tu dresseras peut-être sur notre village l’épouvantail de la terreur 
    Mais je ne marchanderai pas 
    O ennemi du soleil 
    Et jusqu’à la dernière pulsation de mes veines 
    Je résisterai.

     

    Tu éteindras peut-être toute lumière dans ma vie 
    Tu me priveras peut-être de la tendresse de ma mère 
    Tu falsifieras peut-être mon histoire 
    Tu mettras peut-être des masques pour tromper mes amis 
    Tu élèveras peut-être autour de moi des murs et des murs 
    Tu me crucifieras peut-être un jour devant des spectacles indignes 
    O ennemi du soleil 
    Je jure que je ne marchanderai pas 
    Et jusqu’à la dernière pulsation de mes veines 
    Je résisterai.

    Je résisterai

     

    .

     

     

    SAMIH AL-QASSIM

     

     

     

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  • 02/13/19--00:12: ET MOI, JE MARCHE
  • Le corps droit je marche, tête haute je marche
    Le corps droit je marche, tête haute je marche
    dans ma main un rameau d’olivier et sur mon épaule mon cercueil

    Mon cœur est une lune rouge, mon cœur est un jardin
    il y a des lyciums et du basilic

    Mes lèvres sont un ciel qui pleut
    un feu parfois et de l’amour des fois

    Dans ma main un rameau d’olivier et sur mon épaule mon cercueil
    et moi je marche et moi je marche et moi je marche et moi et moi et moi je marche

    Le corps droit je marche, tête haute je marche
    Le corps droit je marche, tête haute je marche

    Dans ma main un rameau d’olivier et sur mon épaule mon cercueil
    et moi je marche et moi je marche et moi je marche et moi et moi et moi je marche

     

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    SAMIH AL-QASSIM

     

     

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    Frida_Kahlo-The_Dream

     Oeuvre Frida Kahlo

     

     


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  • 02/13/19--02:58: GAZA
  • Mère:Palestine
    Père : le monde
    Agée comme la Terre
    Profession : survivre

    Là-bas
    chaque jour un homme
    Et une femme qui voit en lui,
    comme toutes les femmes de la Terr,
    un être cher et beau,
    un homme ensanglanté
    qui gît sur une civière
    au lieu de grandir et de vivre
    comme tous les enfants de la Terre.

     

    Gaza crie :
    « Mon ventre, porteur de vie,
    déchiqueté
    comme le corps de mes parents,
    le corps de mes frères
    et de mes enfants.

    A la place des cadeaux

    sous le sapin,
    leurs corps
    empaquetés dans le papier cadeau de la 
    mort.

    A la place des guirlandes qui illuminent
    les rues du monde, 
    mes rues sont éclairées
    par les bombes.

    A la place de l’eau,
    des robinets,
    coule le sang de mes adolescents.

    Même les rats, dans ma maison,
    ont faim et soif.

    Destruction,
    destruction,

    hurlements,
    hurlements,

    Mais ils ne parviennent pas
    aux oreilles du Ciel,
    en congé pour les Fêtes.

    Ni aux yeux des prophètes,
    en train de regarder
    un match de foot.

    Et moi,
    j’agonise,
    j’agonise

    et personne ne s’en soucie. »

     

     

    .

     

     

    MARAM AL-MASRI

     

     

    .

     

    Mahmoud-Al-Kurd-17,

    Photographie Mahmoud Al- Kurd 


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