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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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    N’oublie jamais la beauté des mots qui s’endorment
    à même la terre. N’oublie jamais le verbe du verre et
    la tentation du sable. N’oublie jamais les grammaires
    subtiles dans les frondaisons de l’île. N’oublie jamais
    de dire que tu aimes ceux que tu aimes. N’oublie
    jamais le silence de ton enfance à jamais recommencée
    sur le chemin de l’âge. N’oublie jamais la patience
    et la passion.
    Et la chanson que tu aimes. Et la mémoire est un
    mille-feuille où les abeilles du jour se souviennent du
    jour premier de la ruche.
    N’oublie jamais les mots qui te donnaient la chaleur
    au creux des nuits du froid et du doute.
    N’oublie jamais que les mots sont l’eau du puits et qu’il
    faut parfois demeurer silencieux et patient au bord de la
    margelle.
    N’oublie jamais les mots d’amour que contient la vie.
    N’oublie jamais la beauté des mots dans le désordre
    et la fureur de ce monde. Dans les forêts anxieuses
    de l’insomnie. N’oublie jamais la beauté des mots,
    c’est le lien précieux qui rassemble les humains.
    Et porte le chant des hommes et des femmes.
    Et la fulgurance des fleurs dans le verbe du partage

    ! DIAMON~11

     

    PATRICK  CHEMIN

     

    ! DIAMON~11

     

    michel charrier

    Oeuvre Michel Charrier

     

     


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  • 01/03/14--14:28: POTEAUX D'ANGLE...Extrait
  • Retour à l'effacement
    à l'indétermination

    Plus d'objectif
    plus de désignation

    Sans agir
    sans choisir
    revenir aux secondes
    cascade sans bruit
    îlots coulants
    foule étroite
    à part dans la foule des environnants

    Habiter parmi les secondes, autre monde
    si près de soi
    du coeur
    du souffle

    Perpétuel incessant impermanent
    train égal vers l'extinction

    Passantes
    régulièrement dépassées
    régulièrement remplacées
    passées sans retour
    passant sans unir
    sobres
    pures
    une à une descendant le fil de la vie
    passant...

     

    ! DIAMON~11

     

    HENRI MICHAUX

     

    ! DIAMON~11

     

    HENRI MICHAUX

    Oeuvre Henri Michaux


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  • 01/03/14--15:22: POTEAUX D'ANGLE...Extrait
  • Les arbres frissonnent plus finement, plus amplement,
    plus souplement, plus gracieusement, plus infiniment
    qu'homme ou femme sur cette terre et soulagent davantage.
    Les peurs, les appréhensions, les soucis, la mélancolie,
    les tendresses, les émotions inexprimables, les arbres,
    pourvu qu'il y ait un souffle de vent, savent les accompagner.
    Le précieux, le véritablement précieux est distribué sans
    le savoir et reçu sans contrepartie.

    .......

     

    Va jusqu’au bout de tes erreurs, au moins de quelques-unes, de façon à en bien pouvoir
    observer le type. Sinon, t’arrêtant à mi-chemin, tu iras toujours aveuglément reprenant le même genre d’erreurs, de bout en bout de ta vie, ce que certains appelleront ta « destinée ». L’ennemi, qui est ta structure, force-le à se découvrir. Si tu n’as pas pu gauchir ta destinée, tu
    n’auras été qu’un appartement loué.

    .....

    Au revers qui paraît l’endroit, au cœur d’une prise sans emprise, au long des heures, à l’orée de l’infiniment prolongé de l’espace et du temps, attrape-dehors, attrape-dedans, attrape-nigaud, dis, qu’est-ce que tu fais ?
    Qu’est-ce que tu es, nuit sombre au-dedans d’une pierre ?

     

    ! DIAMON~11

     

    HENRI MICHAUX

     

    ! DIAMON~11

     

    PH

    Oeuvre Philippe Charpentier


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    Ce matin, les oiseaux se sont réveillés avant l’arbre. Un fantôme qui passait, siffla. L’arbre
    l’entendit et s’étira. Les oiseaux se posèrent, alors, sur chaque pensée, comme l’abeille gourmande sur le jour. Les oiseaux, le fantôme et l’eau lourde ; puis un poisson tiré au sort. Nous étions dix sous l’arbre àécosser l’amande. La route était jonchée de morts. Les manches relevées jusqu’au coude, complice, une femme enterrait l’amour.

     

    ! DIAMON~11

     

    EDMOND JABES

     

    ! DIAMON~11

     

    JAB

     

     


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  • 01/03/14--16:01: EX-VOTO

  • En ex-voto j’aimerais clouer mon cœur
    dans la chapelle de mon hameau nizonnais
    mon cœur – ô ma barque naufragée
    ferait escale entre Mère Sainte Anne
    et Jésus crucifié

    Mon cœur ma fidèle souvenance
    plaqué en ex-voto serait la recouvrance
    des prières tendrement enfantines
    qui dès matines berçaient mes journées
    au temps passé

    Saints et saintes d’aujourd’hui
    diraient mon cœur accroché
    donnez langue et Parole
    à Georges Perros cancérisé
    à Max Jacob l’étouffé de Drancy
    donnez au parais les jolies roses

    Saints et saintes d’aujourd’hui
    faites de la chapelle des antiennes
    et des romances
    le havre et la demeurance
    de mon cœur trop chagriné
    au long du temps passant
    tout sanglotant

    Saints et saintes de ma patrie
    gravez sur mon cœur trop peinant
    les mots de Compassion et de Merci
    Pitié je vous prie
    pour les artistes et les poètes
    mendiants de l’impassible beauté

    Et les saisons fileraient la laine
    des heures et des journées
    sur l’ex-voto en oraison sereine

    Ô mon cœur dévôtement ex-voté !

    ! DIAMON~11



     
    XAVIER GRALL

     

    ! DIAMON~11

     

    xavier grall

    Xavier Grall

     

     


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  • 01/04/14--06:40: ART POETIQUE...Extrait
  • Voir que le fleuve est fait de temps et d’eau,
    Penser du temps qu’il est un autre fleuve,
    Savoir que nous nous perdons comme un fleuve
    Et que les destins s’effacent comme l’eau.

    Voir que la veille est un autre sommeil
    Qui se croit veille, et savoir que la mort
    Que notre chair redoute est cette mort
    De chaque nuit, que nous nommons sommeil.

    Voir dans le jour, dans l’année, un symbole
    De l’homme, avec ses jours et ses années ;
    Et transmuer l’outrage des années
    En musique, en rumeur, en symbole.

    Faire de mort sommeil, du crépuscule
    Un or plaintif, voilà la poésie
    Pauvre et sans fin. La poésie revient
    Comme chaque aube et chaque crépuscule.

    Parfois le soir, il émerge un visage
    Qui nous épie de l’ombre d’un miroir ;
    J’imagine que l’art ressemble à ce miroir
    Qui nous révèle notre propre visage.

    On nous dit qu’Ulysse, fatigué de merveilles,
    Sanglota de tendresse en voyant son Ithaque
    Modeste et verte. L’art est cette Ithaque,
    Verte d’éternité et non pas de merveilles.

    Il est aussi le fleuve sans fin
    Qui passe et demeure, et reflète le même
    Inconstant Héraclite, le même
    Mais autre, tel le fleuve sans fin.

     

    ! DIAMON~11

     

    JORGE LUIS BORGES

     

    ! DIAMON~11

     

    Theodoros Ralli

    Oeuvre Théodoros Ralli

     

     

     

     


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  • 01/04/14--08:14: ARTE POETICA
  • Convertir el ultraje de los años
    En una música, un rumor y un símbolo,

    Ver en la muerte el sueño, en el ocaso
    Un triste oro, tal es la poesía
    Que es inmortal y pobre. La poesía
    Vuelve como la aurora y el ocaso.

    A veces en las tardes una cara
    Nos mira desde el fondo de un espejo;
    El arte debe ser como ese espejo
    Que nos revela nuestra propia cara.

    Cuentan que Ulises, harto de prodigios,
    Lloró de amor al divisar su Itaca
    Verde y humilde. El arte es esa Itaca
    De verde eternidad, no de prodigios.

    También es como el río interminable
    Que pasa y queda y es cristal de un mismo
    Heráclito inconstante, que es el mismo
    Y es otro, como el río interminable.

    .

    ! DIAMON~11

     

    JORGE LUIS BORGES

     

    ! DIAMON~11

     

    Alexandre-Auguste-Hirsch

    Oeuvre Alexandre Auguste Hirsch

     


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    Le monde est ce qu'il est, c'est-à-dire peu de chose. C'est ce que chacun sait depuis hier grâce au formidable concert que la radio, les journaux et les agences d'information viennent de déclencher au sujet de la bombe atomique. On nous apprend, en effet, au milieu d'une foule de commentaires enthousiastes que n'importe quelle ville d'importance moyenne peut être totalement rasée par une bombe de la grosseur d'un ballon de football. Des journaux américains, anglais et français se répandent en dissertations élégantes sur l'avenir, le passé, les inventeurs, le coût, la vocation pacifique et les effets guerriers, les conséquences politiques et même le caractère indépendant de la bombe atomique. Nous nous résumerons en une phrase : la civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l'utilisation intelligente des conquêtes scientifiques.

          En attendant, il est permis de penser qu'il y a quelque indécence à célébrer ainsi une découverte, qui se met d'abord au service de la plus formidable rage de destruction dont l'homme ait fait preuve depuis des siècles. Que dans un monde livréà tous les déchirements de la violence, incapable d'aucun contrôle, indifférent à la justice et au simple bonheur des hommes, la science se consacre au meurtre organisé, personne sans doute, à moins d'idéalisme impénitent, ne songera à s'en étonner.

     

          Les découvertes doivent être enregistrées, commentées selon ce qu'elles sont, annoncées au monde pour que l'homme ait une juste idée de son destin. Mais entourer ces terribles révélations d'une littérature pittoresque ou humoristique, c'est ce qui n'est pas supportable.

     

          Déjà, on ne respirait pas facilement dans un monde torturé. Voici qu'une angoisse nouvelle nous est proposée, qui a toutes les chances d'être définitive. On offre sans doute à l'humanité sa dernière chance. Et ce peut-être après tout le prétexte d'une édition spéciale. Mais ce devrait être plus sûrement le sujet de quelques réflexions et de beaucoup de silence.

     

          Au reste, il est d'autres raisons d'accueillir avec réserve le roman d'anticipation que les journaux nous proposent. Quand on voit le rédacteur diplomatique de l'Agence Reuter* annoncer que cette invention rend caducs les traités ou périmées les décisions mêmes de Potsdam*, remarquer qu'il est indifférent que les Russes soient à Koenigsberg ou la Turquie aux Dardanelles, on ne peut se défendre de supposer à ce beau concert des intentions assez étrangères au désintéressement scientifique.

     

          Qu'on nous entende bien. Si les Japonais capitulent après la destruction d'Hiroshima et par l'effet de l'intimidation, nous nous en réjouirons. Mais nous nous refusons à tirer d'une aussi grave nouvelle autre chose que la décision de plaider plus énergiquement encore en faveur d'une véritable société internationale, où les grandes puissances n'auront pas de droits supérieurs aux petites et aux moyennes nations, où la guerre, fléau devenu définitif par le seul effet de l'intelligence humaine, ne dépendra plus des appétits ou des doctrines de tel ou tel État.

     

          Devant les perspectives terrifiantes qui s'ouvrent à l'humanité, nous apercevons encore mieux que la paix est le seul combat qui vaille d'être mené. Ce n'est plus une prière, mais un ordre qui doit monter des peuples vers les gouvernements, l'ordre de choisir définitivement entre l'enfer et la raison.

     

    ! DIAMON~11

     

    ALBERT CAMUS

     

    ! DIAMON~11

     

    camus1

     

     

     


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  • 01/10/14--10:51: SOUVIENS-TOI
  • Souviens-toi du ciel sous lequel tu es né
    Connais l’histoire de chaque étoile
    Souviens-toi de la lune, sache qui elle est
    Je l’ai rencontrée une fois dans un bar à Yowa City
    Souviens-toi de la naissance du soleil à l’aube
    C’est le moment le plus fort
    Souviens-toi du crépuscule et de l’abandon de la nuit
    Souviens-toi de ta naissance, comment ta mère a lutté
    pour te donner forme et souffle
    Tu es le témoignage de sa vie, de celle de sa mère
    Et tu es elles toutes
    Souviens-toi de ton père, il est aussi ta vie
    Souviens-toi de la terre, de qui tu es la peau
    Terre rouge, terre noire, terre jaune, terre blanche
    Terre brune, nous sommes terre
    Souviens-toi des plantes, des arbres, des animaux
    Qui ont tous leurs tribus, leurs familles
    Leurs histoires, eux aussi, parle-leur
    Ecoute-les, ils sont des poèmes vivants
    Souviens-toi du vent, souviens-toi de sa voix
    Elle connaît l’origine de l’univers
    Une fois, j’ai entendu son chant Kiowa
    Pour la danse de la guerre à l’angle
    De la Quatrième Rue et de la Rue Centrale
    Souviens-toi que tu es tous les hommes
    Et que tous les hommes sont toi
    Souviens-toi que tu es cet univers
    Et que cet univers est toi
    Souviens-toi que tout est mouvement, tout grandit
    Tout est toi
    Souviens-toi que le langage vient de ceci
    Souviens-toi du langage qu’est la danse, la vie
    Souviens-toi

     

    .

     

    JOY HARJO

    Poète amérindienne

     

    .

     

    JOY

     

     

     

     


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  • 01/10/14--11:35: DENNIS BANKS
  • « Depuis le début, les Nations Indiennes vivent une vie d’être humain en harmonie avec tout leur environnement. Nous croyons profondément que tous les membres de l’humanité sont reliés entre eux. Chacun a son propre but, son esprit et son caractère sacré.  Nous estimons avec la compréhension du Grand Esprit, notre Créateur, que nous devons suivre cette voie. Et selon cette interprétation, nous croyons que nous sommes reliés à toutes les autres espèces vivantes, celles qui ont des ailes, celles qui marchent à quatre pattes, toutes les plantes et tous les autres éléments de la vie, l’air, le feu, l’eau. Le soleil, la lune et les étoiles sont là pour nous guider.
    Le Créateur nous a donnéégalement des instructions importantes sur la façon de vivre avec les autres, sur la manière dont les femmes doivent prendre soin des futures générations, comment les hommes doivent subvenir aux besoins des générations d’aujourd’hui et de demain. Ces instructions et leur compréhension ont constitué le fondement de notre démarche spirituelle, nous sommes amenés à les pratiquer tous les jours. Cette philosophie nous a toujours accompagné et supporté et nous ne devrons jamais l’abandonner, jamais! »

     

    .

     

    DENNIS BANKS

    Indien Anishinabe,
    co-fondateur de l’ « American Indian Movement » (AIM) en 1968 pour protéger les traditions et la culture indienne.

    .

     

    Amerindien-nourrissant-un-petit-castor2

     

     


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  • 01/10/14--15:10: POTEAUX D'ANGLE...Extrait
  • Retour à l’effacement
    à l’indétermination

    Plus d’objectif
    plus de désignation

    Sans agir
    sans choisir
    revenir aux secondes
    cascade sans bruit
    îlots coulants
    foule étroite
    à part dans la foule des environnants

    Habiter parmi les secondes, autre monde
    si près de soi
    du coeur
    du souffle

    Perpétuel incessant impermanent
    train égal vers l’extinction

    Passantes
    régulièrement dépassées
    régulièrement remplacées
    passées sans retour
    passant sans unir
    sobres
    pures
    une à une descendant le fil de la vie
    passant…

     

    .

     

    HENRI MICHAUX

     

    .

     

    marta orlowska 2

    Marta Orlowska

     

     


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  • 01/12/14--09:17: LA DIFFERENCE
  •  Pour chacun une bouche deux yeux
    deux mains deux jambes

     

    Rien ne ressemble plus à un homme
    qu’un autre homme

     

    Alors
    entre la bouche qui blesse
    et la bouche qui console

     

    entre les yeux qui condamnent
    et les yeux qui éclairent

     

    entre les mains qui donnent
    et les mains qui dépouillent

     

    entre les pas sans trace
    et les pas qui nous guident

     

    où est la différence
    la mystérieuse différence?

     

     

     

    .

     

     

     

    JEAN-PIERRE SIMEON

     

     

     

    .

     

     

     

     

    DIFFERENCE2

     

     

     

     

     

     


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    Les forces du langage sont les dames solitaires,
    désolées, qui chantent à travers ma voix que j’écoute
    au loin. Et loin, sur le sable noir, gît une fille dense
    de musique ancestrale. Où est la véritable mort ? J’ai
    voulu m’éclairer à la clarté de mon manque de clarté.
    Les bouquets se meurent dans le souvenir. La gisante
    niche en moi avec son masque de louve. Celle qui
    n’en put mais et implora des flammes et nous
    brûlâmes.


    Quand s’envole le toit de la maison du langage et
    que les mots n’abritent plus, je parle.

    Les dames en rouge se sont égarées dans leurs
    masques et pourtant elles reviendront sangloter
    parmi les fleurs.

    La mort n’est pas muette. J’entends le chant des
    endeuillés colmater les lézardes du silence. J’entends
    tes pleurs très doux fleurir mon silence gris.


    La mort a restitué au silence son prestige envoûtant.
    Et je ne dirai pas mon poème, mais si, je dois le dire.
    Même si le poème (ici, maintenant)
    n’a pas de sens, ni de destin.

     

    .

     

    ALEJANDRA PIZARNIK

     

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    margarita georgiadis2

    Margarita Georgiadis

     

     

     


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  • 01/12/14--15:10: L'UN ET L'AUTRE
  •  L’un avec l’autre, l’un dans l’autre, l’un sans l’autre. Fil des apparences. Frôlement des mains, rires piétinés, ce presque rien, ce rapprochement des corps. A peine, à peine déplacés. L’un dans l’autre, surexposé, copié, épié, cicatrisé. Sur l’autre, le pied encré.

    Sur les orteils la peau ombrée, flottement des ressemblances, des lettres chevillées. A la commissure des lèvres des mots épelés. Identique est la phrase décryptée.

    Herbe sèche, folle à la lisière du pré. Images sépia de causeries sans fin. Extrémités des îles et des membres fractionnés. Heure oubliée reliant la naissance du mot, racine.

    Main à la rime et poudre au poignet, bracelets indigo venus des mers de Chine. A la cheville, les mots s’enroulent tels des serpents. Peau d’écaille. Œil vert et or.

    Pierres et verres polis sur la plage, étendue minérale, frises de lettres végétales. Vers le large, bois flotté, ventre ouvert, lucioles amassées.

    L’un vers l’autre, dans l’autre imbriqué, unis au temps inespéré. Le fil s’étire et se noue aux genoux, inaudible, extensible. Un tatouage dans le cou.

    L’été est une cible, quelque part dans le cœur une flèche a frappé. Sans jamais toucher le centre. Sans jamais le tuer.

    Le cœur est un joyau, mille carats d’une vérité pure.

    .

     

    MARIA-DOLORES CANO

    http://reveusedemots.blogspot.fr/

     

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    RIMA SALAMOUN

    Oeuvre Rima Salamoun


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  • 01/13/14--08:26: LA TRAVERSEE...Extrait
  • Mais je voudrais être horizontale.
    Je ne suis pas un arbre dont les racines en terre
    Absorbent les minéraux et l’amour maternel
    Pour qu’à chaque mois de mars je brille de toutes les feuilles,
    Je ne suis pas non plus la beauté d’un massif
    Suscitant des Oh et des Ah et grimée de couleurs vives,
    Ignorant que bientôt je perdrai mes pétales.
    Comparéà moi, un arbre est immortel
    Et une fleur assez petite, mais plus saisissante,
    Et il me manque la longévité de l’un, l’audace de l’autre.

    Ce soir, dans la lumière infinitésimale des étoiles,
    Les arbres et les fleurs ont répandu leur fraîche odeur.
    Je marche parmi eux, mais aucun d’eux n’y prête attention.
    Parfois je pense que lorsque je me suis endormie
    Je dois leur ressembler à la perfection –
    Pensées devenues vagues.
    Ce sera plus naturel pour moi, de reposer.
    Alors le ciel et moi converserons à cœur ouvert,
    Et je serai utile quand je reposerai définitivement :
    Alors peut-être les arbres pourront-ils me toucher, et les fleurs m’accorder du temps.

    .

    SYLVIA PLATH

    .

    ANGE


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  • 01/13/14--10:19: J'AI TOUJOURS...
  • J’ai toujours ton cœur avec moi
    je le garde dans mon cœur
    sans lui jamais je ne suis
    là ou je vais, tu vas…
    et tout ce que je fais par moi-même est ton fait…

    je ne crains pas le destin
    car tu es à jamais le mien
    je ne veux pas d’autre monde, car
    tu es mon monde, mon vrai…
    tu es tout ce que la lune a toujours voulu dire
    et tout ce que le soleil chantera

    c’est le secret profond que nul ne connaît
    c’est la racine de la racine
    le bourgeon du bourgeon
    et le ciel du ciel d’un arbre appelé vie
    qui croît plus haut que l’âme ne saurait l’espérer
    ou l’esprit le cacher…
    c’est la merveille qui maintient les étoiles éparses.

    je garde ton cœur
    je l’ai dans mon cœur.

    .

     

    E. E. CUMMINGS

     

    .

     

    cum


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    « LA DIVINE DOUCEUR est paix, profonde paix, paix miséricordieuse, apaisement. C'est une main douce et maternelle, qui sait, qui conforte, qui répare sans heurt, qui remet dans la juste place. C'est un regard comme celui de la mère sur l'enfant naissant. C'est une oreille attentive et discrète, que rien n'effraie, qui ne juge pas, qui prend toujours le parti du bon chemin d'homme, où l'on pourra vivre même l'invivable. Elle est ferme comme la bonne terre sur qui tout repose. On peut s'appuyer sur elle, peser sans crainte. Elle est assez solide pour supporter la détresse, l'angoisse, l'agression, pour tout supporter : sans faiblir ni dévier. Elle est constante comme la parole du père qui ne plie pas. Ainsi est-elle le lieu sûr, où je cesse d'être à moi-même frayeur. C'est pourquoi c'est sottise de la croire faiblesse. Elle est la force même, la vraie, celle qui fait venir au monde et fait croître. L'autre, celle qui détruit et tue, n'est que l'orgie de la faiblesse. Mais la divine douceur est une douce fermeté, car pas un instant elle ne blesse le cour, elle ne meurtrit ce qui est au cour de l'homme, où il trouve vie. La divine douceur sauve tout, elle veut tout sauver. Elle ne désespère jamais de personne. Elle croit qu'il y a toujours un chemin. Elle est inlassablement inlassable à enfanter, soigner, nourrir, réjouir et conforter. La divine douceur est charnelle, elle est du corps. Elle ne se passe pas en idées et discours, en décisions, en états d'âme. Elle ne se soucie pas d'exhorter ou d'expliquer.
    Elle est dans les mains, le regard, les lèvres, l'oreille attentive, le visage, le corps entier. Elle est dans les gestes du corps. Elle est l'âme aimante du corps agissant. Elle est la beauté aimante du corps humain. La divine douceur est sans preuve. Elle ne se donne pas par des arguments, des explications, des justifications. Elle paraît naïve et désarmée devant le soupçon; en fait, elle y est indifférente. Car elle se goûte. Pourquoi divine ? Parce qu'elle ne serait pas humaine ? C'est tout l'inverse: elle est divine d'être humaine, entièrement humaine en vérité. Elle est l'amour d'amitié. Elle est l'amour par-delà l'amour, parce qu'elle ne cherche ni preuve, ni satisfaction, ni possession, ni rien de semblable. Elle ne se donne pas par devoir, mais par goût. Elle ne sait même pas qu'elle se donne. Elle est d'un naturel exquis. Elle peut se faire service, et de mille façons. Mais elle est d'abord elle-même, ô douceur divine, et ce don-là précède tous les autres. Elle est présence, elle est hospitalité, elle est parole échangée. Elle est compassion. Elle est la discrétion même. Oh, qu'elle est désirable ! Elle est le sel de la vie. Le moment où on le sait, c'est celui de la douleur. »

     

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    DESCLEE DE BROUWER

     

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    robert marleau

    Photographie Robert Marleau

    http://www.robertmarleau.com

     

     

     

     


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    Il n’y aura pas de suite à cette parole…
    Une race nouvelle va naître, qui ne portera que son visage.
    Sans ascendance, sans adoption. Sans reconnaissance, sans migration.
    Niant toute aube tout de même que tout crépuscule…
    Une race verticale jusque dans sa langue,
    se proclamant partout chez elle.
    Une race affamée, assoiffée et irascible ; d’une impatience irrépressible revendiquant toutes les justices.

     

    Une race non point incendiaire, disant de soi, mais inflammable comme des moines de Bouddha
    dans le cri d’exil des neiges de Tibet lancé en dragon de feu dans l’épouvante et l’émoi des foules ;
    une race proliférant sur toute la surface du globe,
    sans étreinte, mais par la splendeur de sa flamme exaltée dans l’arithmétique d’une multiplication
    des latitudes par les longitudes,
    vingt-quatre heures croix
    vingt-quatre heures ;
    dans la puissance du temps ;
    à la racine carrée de nord ; à la racine cubique de sud ; à la racine bicarrée d’est ; et l’ouest, toujours à la puissance zéro comme pour dire l’unité destinale de même cendre, le nihilisme d’une terre rêvant éveillée,               
    et déjà dans sa mort !
    ― le scandale de l’invraisemblable défaite de la lumière :
    le soleil se dissolvant dans les ténèbres,       
    vaincu, éteint ;
    la nuit s’étalant et régnant en paix  
    comme une évidence !
    Une race nouvelle va naître,
    qui n’aura que mépris            
    pour nos vaines espérances.
    Il n’y aura pas de suite à cette parole,
    pas plus qu’il n’y aura de prédiction qui tienne debout
    sur la fin prétendue de l’Histoire.
    Une race nouvelle va naître.
    Elle proclamera apporter à notre terre
    la promesse de la ceindre d’un équateur de feu.
    Il n’y aura pas de suite à cette parole
    nous demandons quelle est la violence de l’infranchi

    qui dort en lui s’attarde devant la carte des tueries
    nous demandons quel jour voit son monde     
    dans l'intimité de sa tempête
    l'éclat intérieur qui la rend étrangère à toute séparation
    Un grand fleuve d'ombres pressent l'invisible histoire
    défaite dans son lit le tiers-mystère de toi.....
    en sortie de nudité
    La misère est un génocide, elle arrache à l'homme,
    en le rendant totalement dépendant, sa taille d'homme.
    Comment penser sa dignité, quand le vital n'est accessible que par la grâce des autres ?
    Paroles mystérieuses de la clairvoyance, écoute initiale
    où l'on entend rêver les fonds.
    Ici la nuit vient boire en l'homme.
    Eteins tes yeux, inutiles à la lumière de ce jour.
    Renverse-les sur la nuit,
    sur ce rivage de ténèbres où notre siècle a sa demeure, où sont détenues nos souffrances,
    nos appels aveugles tâtonnant sans jamais trouver
    l’issue d’une libération.
    Eteins tes yeux.
    Ouvre-les sur la myriade de trésors d’étoiles dissouts en tes larmes, l’océan emblavé de semences du ciel.
    Eteins tes yeux.
    Vois dans la nuit de tes iris l’étendue étoilée.
    Trie. Offre nous cette pierre, cet astéroïde en errance
    d’amour qui deviendra lumière de vie
    avec l’émergence de regards nouveaux
    Eteins tes yeux.
    Dans l’innocence retrouvée,
    feuillette les nuits du monde, et monte,
    à la vierge page du sommeil de Jacob,
    sur l’échelle verticale,
    comme y vont et viennent de la terre au ciel
    les anges inquiets…
    Une race nouvelle va naître,
    d’enfants très savants, légistes et mystiques-nés, qui dans le fossile retrouveront les mots de la tragédie,
    et dans la poussière, les éclats des rires cyniques ruisselant des coupes d’ivresse des palais fantômes,
    et dans les pierreries, le sang et les blessures réfugiés dans le scintillement des rubis,
    et dans le vent, ils montreront les soupirs, les gémissements, les angoisses et les silences, comme autant d’antigènes de la peur,
    et dans la lumière, appendus telles des apparitions, des visages à créer, des visages à perdre, selon qu’il est écrit en leurs rituels très secrets et très vénérés,
    une race nouvelle va naître ; d’enfants très savants,
    qui refusent le destin de mules à charger de famines que se léguaient de génération à génération
    les humanités anciennes, sur le dos ne portant rien à elle mais le poids d’un rêve, d’une paix, trop lourde pour la poser sur les tables d’une loi qui n’a pas la force de l’amour.
    Ils se tiennent au pied des Alpes, des Atlas et des Himalaya, et ils poussent ensemble.
    La montagne bouge, elle se penche, elle s’incline. Les prières passent, enfin...   elles vont et se rejoignent là-bas, de l’autre côté des massifs, sur le front d’horizon,
    pour y faire, exaucées, la source d’un orient nouveau.
    Il n’y aura pas de suite à cette parole,
    une race nouvelle va naître…

    (…)

     

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    LEOPOLD CONGO MBEMBA

    http://www.recoursaupoeme.fr/l%C3%A9opold-congo-mbemba/il-n%E2%80%99y-aura-pas-de-suite-%C3%A0-cette-parole

     

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    accol

     


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  • 01/17/14--06:28: NIZAR QABBANI
  • Non loin de moi, elle prit un siège,

     s'y installa sans hâte et fut comme une rose

     exposant sa nonchalance

     sur la lèvre du vase.

     

     Le papier d'une lettre apparut, humble et soumis,

     dans sa main,

     moissonnant un reste de sa fidélité.

     

     Ma tasse de café s'échappait, elle, sans cesse

    de ma main,

     dans le désir de rejoindre sa tasse.

     

     O le tourment infligé par ce capuchon dont le soleil

     auréolait sa tête ! ...

     Et ce poudroiement d'or que met en mouvement

      l'haleine de l'été !...

     

     Le voyage d'un rayon de lumière

     sur son genou

     ébranle les fondations de mon âme !

     

     Elle, de sa tasse, humait à loisir

     quelques gouttes de café,

     et moi j'en buvais au bord

     de ses paupières !

     

     Ah, ce récit conté par les deux yeux, qui me demandent

     d'être son esclave,

     comme sont les astres au ciel

     en leur perpétuelle ronde !

     

     Chaque fois que je la regarde

     longuement, elle rit,

     dénudant la blancheur de neige

      de ses dents.

     

     

     Partage avec moi le café du matin,

     et ne t'ensevelis pas dans la noire tristesse

     de l'irrésolution !

     

     Je suis ton voisin, ô dame mienne,

     et les collines elles-mêmes prennent des nouvelles

      de leurs voisines.

     

     Qui suis-je ? ... Laisse de côté

     les questions. Je suis

     une esquisse à la recherche des couleurs

      qui la font exister...

     

     Un rendez-vous, Madame ?

     Elle sourit

     et me montra du doigt

      son adresse sur l'enveloppe.

     

     J'y portais mes regards attentifs,

      et ne pus rien voir, sauf

     la marque du rouge à lèvres

     sur sa tasse de café.

     

    .

     

    NIZAR QABBANI

     

    .

     

    MAXEMILE

    Oeuvre Maxemile

    http://www.max-galli.com/

     

     

     


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