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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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    Crier à bout de souffle revient à déchirer les derniers copeaux d’ombre qui éclaboussentmes landes dévastées. Hurler sa rage clôture l’étouffement des griefs portés en bandoulière comme la nonchalance de son amour-propre. L’espérance prodiguée par la perte, n’est-elle pas sans conditions ? Je veux dire, l’espoir n’est-il pas fondéà partir du moment où il rivalise avec la réalité qui nous opprime ?  

    Consentir à quoi, à qui ? Je ne souscris pas forcément à mon ressenti. Comment se percevoir soi-même et de quelle conscience sommes-nous emprunts ? Il faudrait supposer l’unité de l’être pour pouvoir prétendre accueillir véritablement. Je crois plutôt que nous sommes des êtres fragmentés. Ne sommes-nous pas le regroupement du hasard en un lieu mobile ? Réduite à la simple échancrure de la volonté, la matière associée est une structure précaire. Bien souvent, il suffit de se couper légèrement le doigt pour s’imaginer que plus rien ne fonctionne correctement dans notre chair. Le corps unitaire est un précepte erroné. Les sens sont souvent de faux attributs et les jouissances quelquefois de cuisantes défaites. Mort, je ne connais pas suffisamment ce que cela signifie pour évoquer ce que l’on peut ressentir. Il semblerait que l’abîme soit une déchéance des verbes et des sentis, mais pouvons-nous le savoir avec exactitude ? J’avance, humblement, vers la porte de sortie, mais peut-être est-ce une issue pour l’osmose jamais conquise dans le monde réel. Est-ce donc la vie qui recule ? Ne serait-ce point la connaissance que l’on semblait avoir acquise par l’expérience ? Nous marchons, certes ! Nous avançons sans cesse à l’intérieur d’une boucle sans fin. Mon esprit se heurte toujours à l’a priori de l’histoire humaine qui nous rationne. La réalité me renseigne sur la défaillance face à nos propres natures. 

    De quel corps suis-je fait ? La chute de l’expérience acquise m’ôte, à l’instantané, toute emprise sur le devoir de mémoire auquel j’avais assigné ma raison. Mon identité corporelle navigue dans le reflet du regard extérieur. Je me construis dans la conscience collective et ma déroute advient lorsque solitaire j’évoque le sang qui me transfigure sans cesse. Je transfuge de l’enfance quelques stances élastiques. A la claire fontaine, mes yeux se sont brisés. L’eau qui coule sur les sentiers abandonnés emporte avec elle les refrains rassurants. J’égorge les sourires mourants. Demain, le vin saoulant crèvera l’escorte pure d’une joie déjà béante. Non, non, non ! Il faut vider les verres de Ciguë et courir vers d’autres fêtes. Je m’empresse à déserter la paille trempée du venin des contes de fée. Les sorcières seront débitées de la carte bleue des rêves innocents. 

    J’habite le corps déshérité du monde. Je suis mordu comme un fruit laissé sur la table. J’astique la lampe éteinte, le chiffon excise l’impureté de la lumière perdue. Un platane pousse sous ma poitrine et ses racines écrasent mon cœur. Le jour est à dix mètres, à cent lieux de la terre qui sombre comme une vague. Des alouettes chantent à tue-tête sur les remparts entourant les heures vierges. Je ne mangerais pas de ce pain là, disent-elles, en becquetant la mie qui chute de l’heure morte. J’ouvre mes yeux, un cendrier, copieusement rempli de lanternes mortes, s’écrase sur les mains jointes de la pendule lunaire. Des halos effervescents roulent jusqu’à mon front. J’épaule la fuite dont l’éloge démobilise l’attention. J’ai une erse entre les lèvres, ma bouche est un cerceau, le désarroi boude dans un coin. Des poussières vivantes s’immiscent dans les ombres déchues. 

    La parole est le dernier sanctuaire où se glisse la misère douce ; celle qui offre l’appui des miettes aux âmes égarées. Je crache les mots comme d’autres lancent des flammes. La bouche en feu, je cours à la rivière. Il ne reste que quelques pierres sèches et un filet d’eau pas plus gros qu’une allumette. La terre est asséchée, la pluie ne vient plus jusqu’ici. 

    Brèves passades, l’inconstance tonne, les sens détonnent et l’écriture pleure l’eau de mes pensées. Sauvages couleurs qui me touchent et me râpent avant de gorger les mots qui résonnent de la chair. Les astres blessés resplendissent dans leurs nullités à travers les camouflets d’autres idiomes furieux.

    Mon corps se souvient et me parle. Le bouillonnement, les écumes, l’incessant va-et-vient des peaux renouvelées. Et puis, les coups de semonces, l’austère rigueur des cicatrices restées fragiles. Ma chair parle, raconte tout ce qui la traverse comme une rivière et tout ce qui s’est écrit dans ses fibres. La nature se transforme et moi aussi. Sujet éternel de moi-même, je me dénoue comme un écho grommelle sous le nœud qui l’étrangle. Mon anatomie sonde les déluges puis se décrispe. Peu à peu, mes os se rejoignent.  

    L’exil s’affole dans ses transhumances répétées. L’acte valide sans rechigner la marche récurrente à la recherche d'espoirs perdus. Il est des lendemains qui se perdent dans la nuit que l’on enjambe sans se soucier du noir brouillard que l’on traverse. J’essuie la pendule qui tinte les cinq doigts du regret. Des heures drapées de mélancolie s’égarent sous des nuées d’anecdotes houleuses. L’intime masque de la solitude sensuelle se désagrège petit à petit. Un printemps invalide décharge les larmes de la neige qui s’éloigne. Suis-je au carrefour d’un rêve éveillé où le réel côtoie l’excès d’une liberté d’action dans un miroir ébréché ? 

    La brutale expérience au revers d’une courbe, l’incurable devenu la sève du jour, j’obéis à l’indigence comme l’on se soumet aux troubles profonds du désastre. Estropié des mémoires chantantes, je dévisse comme une toupie en fin de course. Fiancéà la mort naturelle, j’évolue vers la conscience fatale. Mon handicap consent passivement aux limitations de son état. La normalité est d’être tel qu’on est. Tout le monde est malade du problème qui préoccupe le devenir de sa chair. La mienne suffoque dans l’espace clos du désarroi solitaire. Je suis la demi-portion du sourire. Tout ce qui me trouble excessivement m’est invalidant. La nuisance s’est répartie jusqu’aux frontières de la voix florissante du sortilège. 

    Corrompus par diverses blessures, mes états d’âme perlent au-dessus des silhouettes humaines. Je peine à satisfaire à la reconnaissance, à la valorisation d’une liberté conquise à d’autres territoires. L’idée du beau rejoint la déjection sans échapper à son effroyable destinée. La ressemblance gît dans un fossé macabre. Un monde de pantins désarticulés s’affole comme un troupeau de mouton lorsque que retentit le premier coup de tonnerre.    

    Aujourd'hui tout a disparu : passage insipide de l’heure sur la rampe tordue, le souvenir ronfleur des nuits où se perd le regard en soi. A distance, j’observe les ruines d’une audace désamorcée. Des monceaux d’inquiétude jonchent les parois des rêves douteux. Ma nature cassée puise à la treille des ombres le restant de lumières vives de l’été. Dans ma mémoire, des vétilles insolites habillent de tristes paysages. Mon corps est vexé, impotent, il s’agrippe à la cane des heures prospères. Je marche dans le titubement des glaires flottantes dans l’air émacié. Je bascule comme un navire frappé par les hautes vagues de pleine mer. L’« eugénisme*» de ma pensée écourte la présomption d’innocence. Je ne prévaux sur rien, je supplie la terre de conserver ses miracles au fond de ma gorge. Je ne distingue aucune supériorité face à l’abattoir des axiomes surchargés d’intentions belliqueuses.

    Sautes désespérées, la raison du plus fort n’endigue pas celle du plus faible. Dans mon sang, une minorité silencieuse grève les chemins de « prise de tête ». Mon cœur se fraie une route parmi les haies et les ronces de la concupiscence des pensées vertueuses qui courtisent l’antidote à la décrépitude. Je refuse d’exclure. La discrimination sectaire contribue à l’avalanche d’injustices qu’aucune morale humaine ne peut soutenir. Un sentiment de haine, tout à coup ? Affreuse pie qui bat de l'aile, je saigne à cœur la stérilisation des différences et des guenilles suspendues aux fenêtres. Ma peau reflue du sang immortel des coquelicots bordant la folie meurtrière des hommes.

    Combien faut-il se désaimer pour concevoir la mort des autres. La sélection naturelle est déjà un sacrilège impérieux. Pourquoi en rajouter ?

    * "La science de l'amélioration des populations humaines, visant à donner aux races les meilleurs moyens de prévaloir plus rapidement sur les moins bonnes". - Francis Galton   

     

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    BRUNO ODILE

    http://lacollineauxciga.canalblog.com

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    sting tun


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    A l’heure où la rage nous quitte on compte sur les fleurs
    Sauvages sur la braise et le miel pour l’absente annoncée
    On relit chevilles et poignets sur les vélins de la mémoire
    Pour se livrer aux délices des images on est dos au soleil
    Avec du poivre dans les yeux on défait la robe bleu lamé
    Des vagues à midi pour dessiner les seins de l’amoureuse
    Éperdue qu’on croyait éternelle on déchire trop de pages
    Du livre des merveilles de Marco Polo on somnole mains
    Ouvertes vers le ciel qui attend nos aveux le cœur de jais
    Brodé de crêpe et d’abîme Pourtant chaque forme encore
    Qui ramène l’eau et la sauge tant de chemins de la beauté
    Quand passe amer l’intérieur du visage qu’on a tant aimé
    Les amandes leur goût de dernier baiser tout cela le doux
    Et l’âme ce qui nous a tenu en éveil hors du temps la nuit
    Qui avoue que l’absente est un chemin vers la mort voilà

     

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    ALAIN DUAULT

     

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    nuque2

     


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  • 10/05/14--12:08: FEUILLETS D'HYPNOS 127
  • Viendra le temps où les nations sur la marelle de l'univers seront aussi étroitement dépendantes les unes des autres que les organes d'un même corps, solidaires en son économie. Le cerveau, plein à craquer de machines, pourra-t-il encore garantir l'existence du mince ruisselet de rêve et d'évasion? L'homme, d'un pas de somnambule, marche vers les mines meurtrières, conduit par le chant des inventeurs…

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    RENE CHAR

     

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    sting tun

    Photographie Sting Tun

     

     

     

     


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  • 10/07/14--06:42: PARIS
  • Quand je marche et pleure dans la rue Gît-le-Coeur je regarde

    Les hirondelles en fleur celles qui s'arrêtent quand

    Le ciel prend son temps avec les roses J'arrive matin d'or

    Du boulevard Saint-Michel ou soir sang de la rue Saint-André

    Des-Arts Je marche dans la rue Gît-le-Coeur pour son nom

     

    J'ai des rivages vagues dans les yeux Gît-le-Coeur quand

    J'invente que je vais y retrouver une femme sans odeur

    Dont je n'ai pas touché le verso de la peau ni les pleurs

    Et je cours comme un sucre affolé sous la pluie avec

    Ma pelote de chagrin car je ne sais si je vais froisser ses pas

     

    Je glisse et silence rue Gît-le-Coeur quand les matins sont

    Des tempêtes qui marchent et je vois parfois venir la Seine

    Une robe sublime une robe rouge comme un chat

    Mais les murs cherchent l'oubli tout près du Beat Hotel

    Où Ginsberg et Burroughs écrivaient à leurs arbres

     

    La vie ne se joue pas rue Gît-le-Coeur mais où donc se joue

    Celle pourtant là près de l'Hôtel de Luynes qui fût l'Hôtel d'O

    Ils sont deux qui se serrent comme sur le quai noir d'une gare

    Et se disent : ta voix je la bois c'est une couleur liquide tu vois

    Oh j'aime tant la soie des choses douces qu'on se dit le soir

     

    Il n'y a presque rien à voir rue Gît-le-Coeur le soir et je l'aime

    Jusqu'à la pluie sur ses trottoirs sales comme des monstres

    Et même si des oiseaux s'y battent pour du vent j'aime que

    La rue Gît-le-Coeur soit belle comme une robe qui tombe

    Car de la Seine aux Arts là le monde m'emporte

     

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    ALAIN DUAULT

    " Les sept prénoms du vent "

     

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    burroughs

     


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    Aimez par-dessus tout aimez jusqu’à l’affolement des pôles
     Quand toutes les routes sont perdues les nuits l’éblouissante
     Clarté des abîmes aimez jusqu’au verso des étoiles jusqu’au
     Sang qui fait les poches de l’aurore jusqu’à la folie déchirez
    Tout ce qui n'est pas or et brille ce désert sous la lune saoule
    Allez jusqu'aux légendes celles des pommes bleues de l'eau
    Claire et de tous les oiseaux cachés sous la peau tout a passé
    Si vite mais il est encore temps de tant et tant à dire la valse
    Du désir les couleurs les saisons ou le vin de la mort le vent
    S'il vous  étonne et l'orage et le pire aimez tout le contraire
    Le linge des poissons ses orangers en joue le feu aux fleurs
    Pour un geste d'amour ne renoncez à rien libérez les bêtes
    Et les hommes et jetez-vous à l'aube dansez riez au chevet
    Des tempêtes aimez jusqu'à ce que la nuit en silence recule

    Aimez tant même cette époque ses mains aimez le ciel aimez

     

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    ALAIN DUAULT

     

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    jaya,,,

    Oeuvre Jaya Suberg


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    Sortilèges, calligrammes du vent

     

    Revenir de l'enfance mal léchée

    que taquinent les carreaux de chocolat

    dans le garde-manger

     

    Basculer sous l'échelle de verre

    du rendez-vous d'avant-hier aux lèvres humides.

     

    Garder l'empreinte de la limaille

    en marge de l'agenda bleuté du savant.

     

    De bord à bord, en herbes d'Aladin, joindre

    les pensées digitales.

     

    Dessiner dans les draps ouverts

    la bienvenue du pays d'encastre.

     

    Chanter en bulles de savon

    le fameux air du point de fuite.

     

    Rire toujours

    parmi les fenêtres.

     

    Nous vivons de ces creux, de ces passages, de tous

    ces gestes entendus

    au toucher du bref univers,

    réclamant, à tort et à travers le jour,

    de ne pas savoir où nous allons

    pour que tous les chemins amoureux nous y mènent.

     

    Amis, notre monde est le vôtre

    quand il penche et s'étonne:

     

    sortilèges, calligrammes du vent.

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    DOMINIQUE SORRENTE

     

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    Antic

    Oeuvre monogrammée en bas à gauche FGF et datée 1855.


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  • 10/08/14--04:26: AGNES SCHNELL...Extrait
  • On s’obstinait
    à renforcer des digues
    à haler un monde d’encre et de silence.

    On osait parler aux étrangers
    qui peuplaient nos songes.

    On disait ces ailleurs
    et ces mille riens qui comblaient le vide.

    Sans doute
    rien ne nous sera donné

    ce murmure de nos âmes
    qui effraie tant
    et s’indure en l’autre
    nous en éloigne un peu plus encore…

     

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    AGNES SCHNELL

     

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    automne-6


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  • 10/08/14--07:15: JOEL GRENIER...Extrait
  • Faut dire que dans le creux de ses bras, elle ne savait que voler, qu'elle se chaussait de nuages quand il l'emportait.
    Faut dire qu'elle en perdait la tête à se serrer si fort , à se fondre dans lui pour ne faire qu'un seul coeur.
    Et que les regards qu'ils croisaient jusqu'à s'en voir l'âme n'étaient rien que les leurs.
    A l'abri dans de leurs ciels, ils se croyaient seuls, parfois, quand l'amour bondissait.
    Il est des je t'aime qui ont besoin d'espace.

     

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    JOEL GRENIER

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    DANS SES BRAS2

     

     


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  • 10/08/14--08:18: L'IDEE FIXE
  • Je t’apporte une petite algue qui se mêlait à l’écume de la mer
    et ce peigne
    Mais tes cheveux sont mieux nattés que les nuages avec le vent
    avec les rougeurs célestes et tels avec des frémissements de vie
    et de sanglots que se tordant parfois entre mes mains
    ils meurent avec les flots et les récifs du rivage
    en telle abondance qu’il faudra longtemps pour désespérer des parfums
    et de leur fuite avec le soir où ce peigne marque sans bouger
    les étoiles ensevelies dans leur rapide et soyeux cours traversé
    par mes doigts sollicitant encore à leur racine la caresse humide
    d’une mer plus dangereuse que celle où cette algue fut recueillie
    avec la mousse dispersée tempête.
    Une étoile qui meurt est pareille à tes lèvres.
    Elles bleuissent comme le vin répandu sur la nappe.
    Un instant passe avec la profondeur d’une mine.
    L’anthracite se plaint sourdement et tombe en flocons sur la ville
    Qu’il fait froid dans l’impasse où je t’ai connue
    Un numéro oublié sur une maison en ruines
    Le numéro 4 je crois
    Je te retrouverai avant quelques jours près de ce pot de reine-marguerite
    Les mines ronflent sourdement
    Les toits sont couverts d’anthracite
    Ce peigne dans tes cheveux semblable à la fin du monde
    La fumée le vieil oiseau et le geai
    Là sont finies les roses et les émeraudes
    Les pierres précieuses et les fleurs
    La terre s’effrite et s’étoile avec le bruit d’un fer à repasser sur la nacre
    Mais tes cheveux si bien nattés ont la forme d’une main.

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    ROBERT DESNOS

     

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    TRESSE2

     

     

     

     


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    Tout est de trop :
    visages, objets, regards,
    paroles, mouvements, bruits,
    chiffres, lettres, corps et
    bêtes, soumissions
    et allégeances, références
    et préférences, sexes et divinités...
    Chercher un lieu
    où le deuil des souvenirs
    est la seule raison
    de vivre,
    dans la géographie intime
    du silence.
     
    Chercher un coran concret
    dans l'argile de tout désir
    sans cruauté,
    ni celle des hommes
    ni celle des dieux,
    seul le visible y
    dévoilera ses secrets,
    ou ses évidences.
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    HASSAN WAHBI
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    lum


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    "La maison est tantôt le coffre de nos souvenirs, tantôt un état d’âme. Cela veut dire que, même avant de devenir figure onirique ou lieu imaginé de notre passé-futur, la maison abrite et rend possible le processus de la mémoire. Et, parce qu’elle révèle une intimité, soit aux éléments extérieurs, soit aux détails intérieurs, elle fait toujours figure de présent. Renfermant un univers personnel et familier, pourtant, en même temps, exhibant des mécanismes d’ouverture, la maison trace une ligne entre le soi et les autres, entre le groupe et le pluriel. Avec ses murs, ses fenêtres et ses portes, la maison permet le dialogue. La porte, par exemple, s’ouvre à l’ami bienvenu et se resserre face à l’ennemi, ce qui fait de la maison la place de l’hospitalité aussi bien que de l’hostilité. Enfin, elle comporte le seuil, marque distinctive de l’ensemble sémantique de la maison, parce qu’il est le corridor que l’on traverse aussi bien pour entrer que pour sortir. Toujours début et fin, le seuil surpasse la face de Janus en obligeant la confrontation des
     deux faces, comme si l’identité ne pouvait rien voir sans l’altérité. C’est notre objectif d’éclairer le rôle que la maison accomplit comme grande mémoire de nos souvenirs, devant laquelle le seuil signale une ambiguïté pas toujours pacifique, soit du point de vue du sujet qui habite, soit du point de vue de celui qui frappe à la porte: l’hôte, l’intrus, l’étranger. "

     

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    GASTON BACHELARD

     

     

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    Henri Lebasque 81 x 65,

    Oeuvre Henri Lebasque

     

     







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  • 10/09/14--07:45: SANS AILES...
  • Comment il entre en nous par le seuil du silence, le mot.
    Pour qu'entre nous soit dit, comment elle nous tient, la parole,
    Des entrailles aux lèvres,

    En ce fin tremblement de ce qui pourrait-être,

    Si jamais.


    Comment elle nous dresse en désignant le monde,
    Visant en nous ce qu'il en fait de nous, le signe.
    La parole aux brisants.


    En cette île du soir où viennent les oiseaux
    La voix qui vient de rien.
    Comment elle nous dresse au pavillon d'effroi,
    enfants de l'horizon, humbles fils du miroir, humains.

    Comment elle nous tresse de ce qui n'est pas,
    Comment elle nous dort, comment elle nous veille,
    Entre la bête et l'ange, comment elle nous tient,
    Debout, sans bec, sans ailes.


    Humains à en frémir.

    Comment il vient, le monde, de toutes ses splendeurs,

    par l'humain frémissant, être remis au monde

    - fleurir de ce qui vient -


    En venant à la voix qui dénue toute chose

    Pour la jeter au loin, l'écume du silence.

    Pour la rendre aux oiseaux.

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    DOMINIQUE BERTRAND

     

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    île


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  • 10/10/14--13:53: MOSAIQUE CELESTE
  • Dans cet espace
    proche de l’impalpable
    Dans cet instant
    tendu
    sans mémoire
    méditant aux brisures acides de la destinée
    Dans le gouffre de Lumière
    criblé de marbre et de cristal
    j’ai vu fondre
    l’écume aveugle des étoiles
    Voûte céleste
    où glisse lentement l’errance du regard
    Miroir d’ombre vierge
    Mosaïque virtuelle sans cesse recomposée
    comme une spirale, là
    véritable chant
    puisé au crible du soi

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    ALLAIN GAUSSIN

     

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    omega2


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  • 10/10/14--14:19: LA VERITE

  • "La vérité est un pays sans chemin. L’homme ne peut venir à elle par aucune organisation, par aucune foi, par aucun dogme, prêtre ou rituel, ni par aucune connaissance philosophique ou technique psychologique. Il doit la trouver à travers le miroir de la relation, par la compréhension du contenu de son propre esprit, par l’observation, et non par l’analyse intellectuelle ou la dissection introspective. L’homme a construit en lui-même des images pour améliorer son sentiment de sécurité - religieuse, politique, personnelle. Celles-ci se manifestent comme symboles, idées, croyances. Leur fardeau domine la pensée de l’homme, ses relations et sa vie quotidienne. Ce sont les causes de nos problèmes car ils séparent l’homme de l’homme dans toutes les relations ."

    .


    JIDDU KRISHNAMURTI


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    jiddu


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    Le soir, nous parlerons de silence :

    il faut se couler au bas des marches
    et regarder les jarres dormir,
    il faut humer des yeux ces vieux murs
    – poussières d’insectes, de mortier,
    cendres de spores, d’araignes –,
    débusquer la lumière jamais traduite,
    la beauté sans cri.
    Sommes-nous pas la nouvelle rive,
    la crête la plus profonde,
    la descente à plus tard et son chemin d’ombre ?
    Atteindre au plus loin de l’or
    l’île de ténèbre,
    encourir l’enfouissement de l’éclair,
    sa partie basse d’ocre et d’oubli,
    de reproche, de mystère :
    le soir sait lire ces lettres de silence,
    calciner leurs grappes.
    Le soir nous instruit,
    nous dévaste de son calme.
    .
    PAUL FARELLIER
    .

    jarre-jardin-terre


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  • 10/14/14--11:45: RETICENCES
  • ....

    Et la spendeur des cartes, chemin abstrait qui mène à l’imagination concrète,
    lettres et traits irréguliers qui débouchent sur la merveille.

    Ce qui repose de rêve dans les reliures vétustes,
    dans les signatures compliquées (ou si simples et déliées)  des vieux bouquins.
    ( Encre lointaine et décolorée ici présente par-delà la mort, ce qui, refuséà la vie de tous les jours, paraît dans les illustrations,
    ce qu’annoncent involontairement certaines annonces illustrées.

    Tout ce qui suggère, ou exprime ce qu’il n’exprime pas, tout ce qui dit ce qu’il ne dit pas,
    et l’âme rêve, différente et distraite.

    Ôénigme visible du temps, que ce rien vivant où nous somme provisoirement !)

     

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    FERNANDO  PESSOA

    in Poésies d’Alvaro de Campos

     

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    MONDE


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