Are you the publisher? Claim or contact us about this channel


Embed this content in your HTML

Search

Report adult content:

click to rate:

Account: (login)

More Channels


Channel Catalog


Channel Description:

Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

older | 1 | .... | 74 | 75 | (Page 76) | 77 | 78 | .... | 165 | newer

    0 0
  • 04/13/16--13:41: FRANKETIENNE...Extrait
  • Ma terre refécondée de lumières couturières

    au dépannage de l’aube un nouveau jour bourgeonne

    tout autour de nos mains ouvrières

    songes vivaces à fraîcheur de rosée

    le néant poignardé d’astres incandescents

    animant la magie de nos lampes intérieures.

     

    .


    FRANKETIENNE

    .

     

    tham12,

    Photographie Thami Benkirane

    benkiranet.aminus3.com

     

     


    0 0

    ...

    Narcisse, tu perds ton corps,
    emporté et confondu par le reflet millénaire de ta disparition,
    ton corps frappé de mort
    descend vers le précipice des topazes aux épaves jaunes de l’amour,
    ton corps blanc, englouti,
    suit la pente du torrent férocement minéral
    des pierreries noires aux parfums âcres,
    ton corps…
    jusqu’aux embouchures mates de la nuit
    au bord desquelles
    étincelle déjà
    toute l’argenterie rouge
    des aubes aux veines brisées dans « les débarcadères du sang ».

    Narcisse,
    comprends-tu ?
    La symétrie, hypnose divine de la géométrie de l’esprit, comble déjà ta tête de ce sommeil inguérissable, végétal, atavique et lent
    qui dessèche la cervelle
    dans la substance parcheminée
    du noyau de ta proche métamorphose.

    ...

     

    .



    SALVADOR DALI

    .

     

    la-metamorphose-de-narcisse-

    Oeuvre Salvador Dali


    0 0
  • 04/14/16--09:45: DEMAIN
  • Habiterons-nous mieux la terre
    Si nos âmes horizontales
    L’encerclent de barbelés
    Et de credo aveugles au ciel ?

    Habiterons-nous mieux la terre
    Si nous l’ensorcelons de nos réseaux,
    De nos marchés, de nos actions,
    De nos raisons dernières ?

    Habiterons-nous mieux la terre
    Si nous croyons qu’un dieu asservit l’homme,
    Ou bien l’argent,
    Au point de l’obliger à tuer son frère ?

    Habiterons-nous mieux la terre
    Si l’espace est ferméà l’oiseau,
    Notre coeur à l’étoile
    Et si l’arbre ne tend plus ses branches aux frontières ?

    Habiterons-nous mieux la terre
    Si nul enfant ne la regarde plus
    Avec ses yeux de mage, de roi, de poète ?

    Habiterons-nous mieux la terre
    Si nos veines nomades
    Ne laissent plus couler en nous l’eau des rivières
    Et si nous n’atteignons plus jamais la Mer ?

    Habiterons-nous mieux la terre
    Quand nous l’aurons laissée pour morte,
    Incendiée et pillée,
    Vidée de son mystère ?

    Habiterons nous mieux la terre
    Quand son chant ne nous parviendra plus
    Quand nous serons sans astre,
    Sans eau, sans lumière ?

    Habiterons-nous mieux la terre
    Quand nous la regarderons de haut,
    Satellite affligé par notre commune misère ?

    Habiterons-nous mieux la terre
    Quand elle sera sans jardin pour célébrer
    Sans clairières où nous retrouver,
    Sans chemin pour nous souvenir ?

    Habiterons-nous mieux la terre
    Quand nous aurons oublié combien elle était belle
    Quand nous la prenions entre nos bras
    Comme au plus vif de nous-mêmes ?

    Habiterons-nous mieux la terre
    Quand nous ne l’aimerons plus comme nous aimions
    Quand notre cœur battait à tout rompre
    Sur son écorce charnelle ?

    Habiterons-nous mieux la terre
    Quand nous ne sèmerons plus,
    Quand nous ne planterons plus,
    Quand nous n’arroserons plus,
    Quand nous ne verrons plus grandir en elle le Germe ?

    Habiterons-nous mieux la terre
    Quand la brûlure du soleil
    Aura eu raison d’elle et de nous,
    Quand elle n’aura plus la force d’échapper au désert ?

    Habiterons-nous mieux la terre
                                                       Demain ?

     

    .



    JEAN LAVOUE


    http://www.enfancedesarbres.com

    .

     

    JEAN LURçAT PAR GERALD BLONCOURT

    Oeuvre Jean Lurçat, photographiée par Gérald Bloncourt


    0 0

    Je ne sais plus d'où naissait ma colère ;
    Il a parlé... ses torts sont disparus ;
    Ses yeux priaient, sa bouche voulait plaire :
    Où fuyais-tu, ma timide colère ?
    Je ne sais plus.

    Je ne veux plus regarder ce que j'aime ;
    Dès qu'il sourit tous mes pleurs sont perdus ;
    En vain, par force ou par douceur suprême,
    L'amour et lui veulent encor que j'aime ;
    Je ne veux plus.

    Je ne sais plus le fuir en son absence,
    Tous mes serments alors sont superflus.
    Sans me trahir, j'ai bravé sa présence ;
    Mais sans mourir supporter son absence,
    Je ne sais plus !

     

    .

     

    MARCELINE DESBORDES-VALMORE

     

    .

     

     

    .


    0 0
  • 04/15/16--09:01: PISTACHES ET ROUDOUDOUS
  • Un jour
    la raison a fait son baluchon
    Hop, j'prends la route, j'bats le goudron
    Elle a dit j'me casse, c'est fatigant la vie d'ici
    Tempête, pistaches et roudoudous
    j'veux m'amuser
    serrer la main des fous
    paraît qu'ils ont un vin de derrière les fagots
    (ça sent le souffre !)
    Des bonshommes en costume lui ont demandé si elle avait le droit
    Mais les gars !
    J'ai toujours raison,
    c'est ça qui est bien la force du nom, vous savez
    Elle a fait du chemin loin loin
    dans la gadoue, sur les montagnes
    Elle a trouvé des farfelus
    partout ils tiraient une bière rose fermentée sous acides
    Bigre ! ça décoiffe !
    Elle commençait à retrouver du sens aux choses
    (ses sens ?)
    Elle a sauté dans une pirogue gréée par un taiseux
    traversé des vents qui sentaient l'anis
    Il n'avait même pas peur, le bougre, mais elle, si
    Oh la la ! Pas raisonnable tout ça, a-t-elle pensé
    mais qu'est-ce qu'on s'marre !
    Elle fait des tours et détours au manège de la Terre
    Elle a eu mal au coeur
    (ah, ben si, elle en avait un finalement)
    Elle a ri
    (les zygomatiques au travail, ça déchire !)
    Elle a pleuré
    (des litres !)
    et puis elle est rentrée
    Elle a retrouvé son salon tout p'tit
    ses pantoufles toutes serrées
    son lit tout mou
    et elle a dit Ohé les gars !
    J'connais bien mieux qu'tout ça !
    Venez on s'casse, pistaches et roudoudous
    On tape la route, on change de nom
    on va boire un canon et siffler des chansons
    .
    .
    .
    .
    LEILA ZHOUR
    .
    .
    .

    roudoudous


    0 0
  • 04/20/16--11:30: LE TEMPS QUI RESTE
  • Combien de temps...
    Combien de temps encore
    Des années, des jours, des heures, combien ?
    Quand j'y pense, mon coeur bat si fort...
    Mon pays c'est la vie.
    Combien de temps...
    Combien ?

    Je l'aime tant, le temps qui reste...
    Je veux rire, courir, pleurer, parler,
    Et voir, et croire
    Et boire, danser,
    Crier, manger, nager, bondir,désobéir
    J'ai pas fini, j'ai pas fini
    Voler, chanter, partir, repartir
    Souffrir, aimer
    Je l'aime tant le temps qui reste

    Je ne sais plus où je suis né, ni quand
    Je sais qu'il n'y a pas longtemps...
    Et que mon pays c'est la vie
    Je sais aussi que mon père disait :
    Le temps c'est comme ton pain...
    Gardes-en pour demain...

    J'ai encore du pain
    Encore du temps, mais combien ?
    Je veux jouer encore...
    Je veux rire des montagnes de rires,
    Je veux pleurer des torrents de larmes,
    Je veux boire des bateaux entiers de vin
    De Bordeaux et d'Italie
    Et danser, crier, voler, nager dans tous les océans
    J'ai pas fini, j'ai pas fini
    Je veux chanter
    Je veux parler jusqu'à la fin de ma voix...
    Je l'aime tant le temps qui reste...

    Combien de temps...
    Combien de temps encore ?
    Des années, des jours, des heures, combien ?
    Je veux des histoires, des voyages...
    J'ai tant de gens à voir, tant d'images..
    Des enfants, des femmes, des grands hommes,
    Des petits hommes, des marrants, des tristes,
    Des très intelligents et des cons,
    C'est drôle, les cons ça repose,
    C'est comme le feuillage au milieu des roses...

    Combien de temps...
    Combien de temps encore ?
    Des années, des jours, des heures, combien ?
    Je m'en fous mon amour...
    Quand l'orchestre s'arrêtera, je danserai encore...
    Quand les avions ne voleront plus, je volerai tout seul...
    Quand le temps s'arrêtera..
    Je t'aimerai encore
    Je ne sais pas où, je ne sais pas comment...
    Mais je t'aimerai encore...
    D'accord ?

     

    .

     

    JEAN-LOUP DABADIE

    SERGE REGGIANI

    .

     

     


    0 0
  • 04/20/16--13:22: NOUS LE TROUVERONS CE PAYS
  • Je te le dis comme le vent respire

    Nous le trouverons ce pays

    Où la plus simple liberté

    Réinvente la vigne

     

    Le vendangeur ne touche pas le sol

    Mais sa folie nous accompagne

    Et pour l'espace nous marchons

    A la vitesse de nos rêves

    A la violence de notre pas.

     

     

    Rêver commence au bout du champ

    Le laboureur est plus étoilé que poussière

     

    Un cheval meurt

    Une rivière enfantine s'endort

    Et l'on comprend toute la fatigue de l'eau.

     

    Une avancée de plus vers celle qui m'entoure

    Et le village sera femme

    Avec église sur les yeux

    Sur les lèvres le jardin pour sarcler la parole

     

    La fontaine brûle au milieu

    Mais le feu a les voyelles de l'eau.

     

     

    Cette femme aux frontières

    De l'air et de l'eau

     

    Ne porte sur elle

    Que l'étincelle de sa bouche

     

    Au jour des déchirures

    Elle embrassera les châteaux

     

    Les rois comprendront que le feu

    Est le royaume des pauvres.

     

     

    Lumineuse amitié

    Le matin prend les peupliers

    Par le cou

    J'endosse le silence

    Comme un manteau sans couture

     

    Et pour l'embrasement de mes pas

    Toujours m'en vais vers ce qui brûle.

     

     

    Nous serons toujours plus grands que les arbres

    Nos fruits nous ressemblent

    Et quand par malheur ils tombent

    C'est le bruit d'un cœur qui se brise

    Savez-vous que la terre en tremble ?

     

     

    Au pays ensemencé d'orages

    Une fille qui danse éparpille la pluie

     

    Le ruissellement sur les hanches

    Annonce le premier éclair

     

    L'amour nous brise

    Comme une foudre dans la chair.

     

     

     

    Un peu d'eau sur tes lèvres

    Pour la douceur de me parler

     

    Quand aimer demande la pluie

    La sécheresse nous craquelle.

     

    Faut-il si peu d'espace

    Pour brûler tant et tant

    Si peu d'espace encore

    Pour que le corps s'en aille

     

    L'absence est à notre taille

    Et le feu notre seul enfant.

     

     

    Entre son ombre et sa famille

    Un homme parallèle au blé

     

    La tige au vent se brise

    Mais les moissons n'ont pas de prix

     

     

    Celui que l'on fusille

    Aura la vision sans limite

     

    Les siens comprendront-ils

    La prophétie des yeux bandés ?

     

     

    On fit un cercle autour de lui

    Pour que le feu nous soit plus proche

     

    Se savait-il au centre de la terre

    Quand nous le prenions par la main

     

    Le poème qu'il nous a lu

    Ouvrit tout grand notre frontière

     

    Si lui se souleva

    Il nous restait le monde et les confidences du feu.

    .

    MARC BARON

    .

    van_gogh_bles_jaunes_

    Oeuvre Vincent Van Gogh


    0 0
  • 04/20/16--13:47: EN PAYS DE VERTIGE...Extrait
  • ...

    Ne parle pas. Ne parle pas. Ne parle pas.

    L'air va fleurir. C'est un bouquet triste

    Vite fané. Sois prêt, le mur va s'ouvrir

    Et tu verras le versant de l'autre monde.

     

    Chacun s'en va selon son rythme

    Avec un air de danse dans la tête,

    La réalité dans les bras. Chacun est

    Heureux, chacun est triste des mêmes choses.

     

    La route est pleine de chansons inouïes

    Et le cœur de fleurs saccagées.

    .

    .

    .

    JEAN MALRIEU

    .

    .

     

    .

    tham8,

    Photographie Thami Benkirane

    benkiranet.aminus3.com/

     


    0 0
  • 04/21/16--08:16: LA PETITE FILLE
  • Sa peau rougie par l'exaltation et l'émotion laisse deviner sa fragilité, les papillons l'escortent. Une couronne d'herbes folles la fait reine et déesse antique elle devient, drapée d'une étoffe blanche . De trop grandes ballerines argentées ne lui appartenant pas l'obligent à freiner son pas, elle porte le collier de perles vertes qu'elle a confectionné avec soin et y a insérer une perle orange, sa couleur préférée. C'est sa signature vitaminée. . . Elle invente une chorégraphie devant le miroir de la petite armoire en noyer et se salue bien bas, non sans avoir déclamé dans le désordre, des mots inadaptés à la situation . Elle court dans le jardin retrouver l'inspiration, évite le chat qui dort, indifférent à cette agitation. Elle pose des pansements de couleurs sur les cicatrices des arbres abimés et ramasse des cailloux, trésors aux facettes brillantes, forcément trés rares, qu'elle ramènera du pays de ses vacances . Vivre intensément le présent, jouir d'une liberté différente, ailleurs, est son cadeau le plus apprécié .
    Une envie de chocolat la sort de son univers, la voilà qui déboule dans la cuisine et exprime son souhait. Assise sur le pas de la porte , elle déguste sa gourmandise, pieds nus, ses chaussures l'ayant abandonnée plus tôt , et sa couronne bat de
    l'aile. Jurer, que dans peu de temps elle réalisera un nouveau scénario !!!!
    .
    .
    .
    .
    JOSIANE
    .
    .
    .

    JOSS


    0 0

     " Dans la structure imaginaire privilégiée que constitue la maison, Gaston Bachelard attribuait un rôle fondamental au grenier et à la cave. A la maison toute de plain-pied, comme à l’appartement qui en est l’équivalent, il manque une dimension importante, la dimension verticale avec l’acte de monter et de descendre qui lui correspond. Cette dimension verticale, c’est l’escalier qui la matérialise, et plus particulièrement ces deux escaliers antithétiques et complémentaires : celui qui descend à la cave et celui qui monte au grenier, car, notez-le bien, on descend toujours à la cave, et on monte toujours au grenier, bien que la logique la plus élémentaire exige aussi l’opération inverse.
    Or, si ces deux escaliers ont en commun un certain mystère et l’inconfort de leur raideur, ils possèdent des qualités bien différentes par ailleurs. Le premier est de pierre, froid, humide, et il fleure la moisissure et la pomme blette. L’autre a la sèche et craquante légèreté du bois. C’est qu’ils anticipent chacun sur les univers où ils mènent, lieu d’obscurité et de durée épaisse, maturante et vineuse de la cave, ciel enfantin et poussiéreux du grenier où dorment le berceau, la poupée, le livre d’images, le chapeau de paille enrubanné.
    Oui, c’est bien cela : l’escalier est anticipation du lieu où il mène, et cette anticipation atteint son degré le plus ardent lorsqu’il monte de la salle du tripot à la chambre de passe et s’emplit des balancements d’une robe outrageusement échancrée et parfumée.
    On devrait instituer une société protectrice des escaliers. L’architecture misérabiliste qui les supprime ou les réduit à la portion congrue est déplorable. Les tours gigantesques se condamnent elles-mêmes en rendant invisibles les ascenseurs, ces ludions funèbres, ces cercueils verticaux et électriques. Une vieille loi de l’urbanisme, ou de l’urbanité ? voulait qu’une volée de marches n’excédât pas le nombre de vingt et un d’un palier à l’autre. C’était la mesure humaine. Il est vrai qu’il y a aussi l’escalier inutile, absolu, monumental et solennel. Celui-là ne connaît pas de mesure. Maître de la maison, il exige souverainement ces deux choses que le monde moderne tend de plus en plus à nous refuser : l’espace et l’effort.
    L’espace, le grand escalier d’apparat, déployé comme un vaste éventail, le dévore à belles dents. Dans un palais, il revendique le principal, le centre, il rêve visiblement de tout prendre, d’envahir la totalité du volume intérieur. Il nous suggère de vivre sur ses marches, de dormir sur ses paliers. Et il prend tout en effet sur la scène du Casino de Paris ou des Folies Bergère lorsqu’il étale, comme un immense et profane reposoir, les chairs les plus avenantes, somptueusement déshabillées.
    Mais monter un escalier est dur, le descendre périlleux. Qui ne se souvient du cri de défi de Cécile Sorel au terme du dangereux exercice que lui imposaient sur scène ses falbalas et ses cothurnes de strass : « L’ai-je bien descendu ? »"

    .

     

    MICHEL TOURNIER

     

    .

     

    orange


    0 0

    ....


    " Ces fleurs brusques avec des eaux et des menaces,
    ce pavillon pris dans les tourments de l’écume,
    ces rayons de miel et ces récifs incendiaires
    sont devenus la paix de ton sang dans le mien,
    une couche d’étoiles et bleue comme la nuit
    et la simplicité sans fin de la tendresse. "

    .

     

    PABLO NERUDA

     

    .

     

    petermitchev

    Oeuvre Peter Mitchev

     

     


    0 0
  • 04/22/16--10:50: NOUVEAUX POEMES...Extrait
  • Empoisonnée, ensanglantée, minée,
    Emprisonnée, calcinée, meurtrie,
    Tu implores, Terre, en criant
    De toutes tes racines- veines,
    De tous tes fleuves et rivières,
    L’Homme-l’ingrat,
    D’arrêter tous ses crimes,
    De te laisser continuer
    Les chants de tes épopées
    Portés par tes échos,
    Entre monts et vallées,
    Entre labours et cimes,
    Entre grottes et forêts !

    Pourtant, tu lui offres encore
    Ton eau qu’il assassine,
    Tes arbres qu’il élimine !
    Pourtant, tu coules encore
    Roucoules, ton corps asphyxié,
    En tes chemins de fleurs,
    En tes rires de mer, en tes aires,
    En tes champs, en tes déserts, rêveuses dunes !

    Pourtant, ses impitoyables gaz brûlent encore tes pleurs !
    L’ingrat rend de ses dards d’acier et de haine
    Ton voyage d’amour impossible !
    Terre ravagée, tu es son lâche trophée, sa cible !
    Il ne sait que te violer, t’estropier, te polluer,
    Bourreau aux bras pestilentiels,
    Aux flammes de fiel !

    Pourtant, tu lui offres encore
    Ton sang, tes fruits, ton miel,
    Tout l’argent, tout l’or de ton généreux ciel !

     

    .

     

    © MOKHTAR EL AMRAOUI

     

    .

     

    TCHOBA NIMBUS CIRCLE,

    Oeuvre Tchoba

    http://fr.upside-art.com/artists/009873-tchoba

     

     


    0 0

    Personne ne quitte sa maison à moins
    Que sa maison ne soit devenue la gueule d’un requin
    Tu ne cours vers la frontière
    Que lorsque toute la ville court également
    Avec tes voisins qui courent plus vite que toi
    Le garçon avec qui tu es allée à l’école
    Qui t’a embrassée, éblouie, une fois derrière la vieille usine
    Porte une arme plus grande que son corps
    Tu pars de chez toi
    Quand ta maison ne te permet plus de rester.
    Tu ne quittes pas ta maison si ta maison ne te chasse pas
    Du feu sous tes pieds
    Du sang chaud dans ton ventre
    C’est quelque chose que tu n’aurais jamais pensé faire
    Jusqu’à ce que la lame ne soit
    Sur ton cou
    Et même alors tu portes encore l’hymne national
    Dans ta voix
    Quand tu déchires ton passeport dans les toilettes d’un aéroport
    En sanglotant à chaque bouchée de papier
    Pour bien comprendre que tu ne reviendras jamais en arrière
    Il faut que tu comprennes
    Que personne ne pousse ses enfants sur un bateau
    A moins que l’eau ne soit plus sûre que la terre-ferme
    Personne ne se brûle le bout des doigts
    Sous des trains
    Entre des wagons
    Personne ne passe des jours et des nuits dans l’estomac d’un camion
    En se nourrissant de papier-journal à moins que les kilomètres parcourus
    Soient plus qu’un voyage
    Personne ne rampe sous un grillage
    Personne ne veut être battu
    Pris en pitié
    Personne ne choisit les camps de réfugiés
    Ou la prison
    Parce que la prison est plus sûre
    Qu’une ville en feu
    Et qu’un maton
    Dans la nuit
    Vaut mieux que toute une cargaison
    D’hommes qui ressemblent à ton père
    Personne ne vivrait ça
    Personne ne le supporterait
    Personne n’a la peau assez tannée
    Rentrez chez vous
    Les noirs
    Les réfugiés
    Les sales immigrés
    Les demandeurs d’asile
    Qui sucent le sang de notre pays
    Ils sentent bizarre
    Sauvages
    Ils ont fait n’importe quoi chez eux et maintenant
    Ils veulent faire pareil ici
    Comment les mots
    Les sales regards
    Peuvent te glisser sur le dos
    Peut-être parce leur souffle est plus doux
    Qu’un membre arraché
    Ou parce que ces mots sont plus tendres
    Que quatorze hommes entre
    Tes jambes
    Ou ces insultes sont plus faciles
    A digérer
    Qu’un os
    Que ton corps d’enfant
    En miettes
    Je veux rentrer chez moi
    Mais ma maison est comme la gueule d’un requin
    Ma maison, c’est le baril d’un pistolet
    Et personne ne quitte sa maison
    A moins que ta maison ne te chasse vers le rivage
    A moins que ta maison ne dise
    A tes jambes de courir plus vite
    De laisser tes habits derrière toi
    De ramper à travers le désert
    De traverser les océans
    Noyé
    Sauvé
    Avoir faim
    Mendier
    Oublier sa fierté
    Ta survie est plus importante
    Personne ne quitte sa maison jusqu’à ce que ta maison soit cette petite voix dans ton oreille
    Qui te dit
    Pars
    Pars d’ici tout de suite
    Je ne sais pas ce que je suis devenue
    Mais je sais que n’importe où
    Ce sera plus sûr qu’ici

     

    .

     

    WARSAN SHIRE

    ( Poétesse somalienne)

     

    .

     

    tham45

    Photographie Thami Benkirane

    http://www.http://benkiranet.aminus3.com/

     

     


    0 0
  • 04/22/16--11:25: PAJARITA DE PAPEL
  • Pajarita de papel


    «¡ Oh pajarita de papel!
    Águila de los niños.
    Con las plumas de letras,
    sin palomo
    y sin nido.

    Las manos aún mojadas de misterio
    te crean en un frío
    anochecer de otoño, cuando mueren
    los pájaros y el ruido
    de la lluvia nos hace amar la lámpara,
    el corazón y el libro.

    Naces para vivir unos minutos
    en el frágil castillo
    de naipes que se eleva tembloroso
    como el tallo de un lirio.
    y meditas allí ciega y sin alas
    que pudiste haber sido
    el atleta grotesco que sonríe
    ahorcado por un hilo,
    el barco silencioso sin remeros ni velamen,
    el lírico
    buque fantasma del miedoso insecto,
    o el triste borriquito
    que escarnecen, haciéndolo Pegaso,
    los soplos de los niños.

    Pero en medio de tu meditación
    van gotas de humorismo.
    Hecha con la corteza de la ciencia
    te ríes del Destino,
    y gritas: "Blanca Flor no muere nunca,
    ni se muere Luisito.
    La mañana es eterna, es eterna
    la fuente del rocío"

    Y aunque no crees en nada dices esto,
    no se enteren los niños
    de que hay sombra detrás de las estrellas
    y sombra en tu castillo.

    En medio de la mesa, al derrumbarse
    tu azul mansión, has visto
    que el milano te mira ansiosamente:
    "Es un recién nacido.
    una pompa de espuma sobre el agua
    del sufrimiento vivo"

    Y tú vas a sus labios luminosos
    mientras ríen los niños,
    y callan los papás, no se despierten
    los dolores vecinos.

    Así pájaro clown desapareces
    para nacer en otro sitio.
    Así pájaro esfinge das tu alma
    de ave fénix al limbo. »

     

    .

     


    FEDERICO GARCIA LORCA

    .

     

    COCOTTES


    0 0
  • 04/22/16--11:30: COCOTTE EN PAPIER
  • Cocotte en papier !
    Aigle des enfants,
    Aux plumes de lettres,
    Sans nid,
    Sans ami.

    Des doigts encore trempés de mystère
    Te font naître en un froid
    Crépuscule d'automne, alors que meurent
    Les oiseaux et que le bruit de la pluie nous fait aimer la lampe,
    Le cœur et le livre.

    Tu ne vis que quelques minutes
    Dans le frêle château
    Des cartes qui s'élève en chantant
    Comme la tige d'un lys,
    Là, sans yeux et sans ailes, tu songes
    Que tu aurais pu être
    L'acrobate grotesque qui sourit
    Pendu à un fil,
    La silencieuse nef sans rameurs ni voilure,
    Le lyrique
    Vaisseau-fantôme du craintif insecte
    Ou bien le triste petit âne
    Dont le souffle moqueur des enfants
    Fait un nouveau Pégase.

    Mais au milieu de ta méditation
    Tu mets un grain d'humour
    Faite d'écorce de la science
    Tu te ris du destin
    Et cries : "Jamais ne meurt Blanche-Neige
    Ni le Petit Poucet.
    Eternel est le matin, éternelle
    La source de la rosée."

    Tu le dis, bien sûr, sans en croire un mot,
    C'est pour que les enfants ignorent
    Qu'il fait de l'ombre au-delà des étoiles,
    De l'ombre dans ton château.

    Au milieu de la table, quand s'écroule
    Ton nid bleu, tu as remarqué
    Le milan qui te guette avidement :
    C'est un nouveau-né,
    Fleur d'écume sur l'eau
    De la souffrance humaine.

    C'est ainsi, oiseau-clown, que tu finis
    Pour renaître ailleurs.
    C'est ainsi, oiseau-sphinx, que tu rends ton âme
    D'oiseau-sphinx aux limbes.

    .

     

    FEDERICO GARCIA LORCA

     

    .

     

    origami

     

     

     

     


    0 0
  • 04/25/16--07:55: LA MORT EST UNE ILLUSION
  • La mort est une illusion. On ne meurt pas mais on naît de différente manière. On naît dans le renouveau total, ce qui donne l'impression d'une rupture nommée mort. Chaque fois que le renouveau est profond, chaque fois que le renouveau est total, la mort est le premier mot qui vient pour décrire cette naissance radicale. La naissance radicale elle-même est une sorte de mort, c'est-à-dire un changement, une renaissance qui brise les limites stagnantes de la finitude, de la saturation. La mort offre à la conscience un voyage interne dans la conscience de la renaissance, dans la conscience de l'infini. La mort vient pour changer la saturation en promesse de renouvellement. La naissance qui ne désire pas la mort ne désire pas la plénitude. La conscience qui renie la mort est une conscience qui se replie sur la stagnation et la finitude, et qui, par conséquent, meurt sans renaître, elle meurt dans la négation de la renaissance, elle vit dans la mort négative. La mort réelle, celle qui répond sémantiquement et ontologiquement à ce qu’on désigne par fin de la vie, est la mort qui s’est limitée à la mort telle qu’on la conçoit tragiquement dans la finitude. Elle est donc une mort définitivement mourante, une mort définitivement dé-naissante, une mort définitivement périclitante et tragique.

    Il y a la mort tragique et il y a aussi la vie tragique. Cette dernière se définit de la même manière que la mort dans ses limites résistantes. La vie tragique est celle qui nie la vie dans son ouverture renaissante, celle qui habite les eaux stagnantes et puantes de la résistance au renouveau. La vie qui s’est limitée fatalement à son idée terminale, à la négation de la renaissance, n’est pas différente de la mort qui s’est limitée à l’idée liminale de la mort. La vie en elle-même, la vie profondément assumée dans l’élan de la renaissance, ne saurait supporter la mort tragique qui est un pur mensonge sur la conscience qui devient, sur la conscience qui désire et se désire, sur la conscience qui pense et se pense, celle qui rêve, celle qui crée… Toutes ces facultés exceptionnelles et proposantes, toutes ces facultés foncières et transcendantes, qui sont propres à la vie pour la mettre sur la liminalité ouverte sont aussi celles de la mort. Il y a la mort qui rêve, il y a celle qui crée et désire. Il y a la mort qui se pense et qui voyage dans la conscience positive de l’ouverture.

    La mort tragique est une illusion. La vie réduite à la mort est une illusion. Rien ne réduit la vie et rien ne réduit non plus la mort. Rien ne réduit la vie à la mort et rien ne réduit la mort à la vie. La réduction est une illusion. La réduction est une invention déviée, une fausse implication, une fausse intrication. Il faut vivre pleinement la renaissance pour transformer et la vie et la mort. Et surtout pour les situer toutes les deux sur le diapason de l’ouverture et de l’intrication positives, sur le diapason de la plénitude.

    .

     

    © MONSIF OUADAÏ SALEH, 2016

     

    .

     

     

    nath magrez

    Photographie Nathalie Magrez

     

     

     

     

     

     

     


    0 0
  • 04/25/16--09:51: ABDELWAHAB MEDDEB
  • ...

    « le monde est un tissu d'épiphanies
    toute chose visible porte en elle
    les traces de l'Invisible
    voir c'est déchiffrer pour interpréter
    l'esprit fouille ce que l'oeil reçoit
    il perçoit plus que l'offre du regard
    toute face tout paysage est enveloppé d'un halo
    où grouillent les atomes au-delà des sens
    et ces atomes emplissent le champ
    au-dedans de traits et des rides
    et des tics qui animent les visages
    comme à la surface des mers
    à la furtive levée du sable »

    ...

    .

     

    ABDELWAHAB MEDDEB

     

    .

     

    PHILIPPE LE FERRAND

    Photographie Philippe Le Ferrand

     

     


    0 0
  • 04/25/16--10:24: TITI ROBIN - LA PETITE MER

  • 0 0
  • 04/25/16--11:12: SABLE MOUVANT
  • ...

    Et le chanteur d'amour
    Embrouillé dans les feuilles
    Roucoule pour l'oreille sourde
    qui l'accueille
    La chanson d'un cœur d'or
    Plus lourde que du plomb

    Et les dates aussi se sont éparpillées
    Dans les gouffres de l'atmosphère
    Les chiffres plus vite brouillés
    Entre les rides sèches de la terre
    Dans tous les recoins des visages
    Nuages de l'enfer arrêtés au passage
    Je glisse sur la palissade
    Par-dessus les feuillards et les épis de blé
    Flatté par le ronron trop doux de ma paresse
    Bercée dans ma prison
    Comme un refrain d'amour

    Mais il y a quelque chose qui grince
    Dans les chevilles
    Qui joignent plutôt mal
    La charpente des jours

    Plus fort que l'ouragan
    qui courbe le fil d'herbe
    Qans les crevasses chargées d'eau
    Plus haut que le splendide cintre de l'orage
    Au summum de son numéro

    Quand la houle se met à rincer durement la coque des navires
    Et le vent à pincer la harpe des agrès
             Je m'en irai plus bas
             Peut-être à la dérive
             Vers un autre côté
    Ou bien je laisserai tomber les gouttes d'or dans la poussière

    Ou bien j'irai mourir
    Dans un creux de la nuit
    Ou bien j'irai laver mon cœur dans la rivière
    Comme un linge souillé des rigueurs du destin


    Mais si le sort permet encore que je m'attarde
    Pour perdre
    Pour gagner
    Au hasard des chemins
    Ce qu'il faut pour sourire
    Et attendre le sang
    Du jour au lendemain
    Alors
             Je prie le ciel
    Que nul ne me regarde
    Si ce n'est au travers d'un verre d'illusion
    Retenant seulement
    Sur l'écran glacé d'un horizon qui boude
    Ce fin profil de fil de fer amer
    si délicatement délavé
    par l'eau qui coule
    les larmes de rosée
    les gouttes de soleil
    les embruns de la mer


    .

     

    PIERRE REVERDY

     

    .

     

    tham53,

    Photographie Thami Benkirane

    http://benkiranet.aminus3.com/


    0 0

    Malgré les âpres traversées de la nuit organique
    lors de la mort de nos chevaux fous
    nos amours à l’encan et nos corps disgraciés
    nous aurions pu errer muets et las
    balayant incertains le bitume des villes
    de nos ombres inachevées

    Pourtant
    chaque matin nous enlaçons l’air frais
    Nous posons notre joue sur le souple oreiller du vent
    et c’est notre manne
    Chaque goutte de pluie est désir sur nos mains tendues
    Chaque trouée est route ronde ouverte
    Chaque maison est ruche
    et les fruits sur nos lèvres sont les plus mûrs

    Nos épaves intérieures n’étoufferont jamais le chant des oiseaux

     

    .

     

    FRANCIS ROYO

     

    .

     

    Bernard Liegeois

    Oeuvre Bernard Liegeois

    http://www.bernardliegeois.com


older | 1 | .... | 74 | 75 | (Page 76) | 77 | 78 | .... | 165 | newer